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NOTRE- DAME DE L IMMACULÉE CONCEPTION

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Academic year: 2022

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N O T R E - D A M E D E L ’ I M M A C U L É E C O N C E P T I O N

Presbytère catholique – place de la Cathédrale – B.P. 43394 – 98713 Papeete – Tahiti Téléphone : (689) 40 50 30 00 - Télécopie : (689) 40 50 30 04 - Courriel : [email protected] Site : www.cathedraledepapeete.com - Facebook : cathedrale.depapeete – Twitter : @makuikiritofe Compte CCP n° 14168-00001-875 82 01C068-67 Papeete – N° TAHITI : 028902.031

Prêtre résident :

Père Christophe BARLIER – Presbytère de la Cathédrale – B.P. 43394 – 98713 Papeete – Tahiti Téléphone : (689) 40 50 30 00 - Télécopie : (689) 40 50 30 04 - Courriel : [email protected]

FRADOLPHE COTARD, F.I.C. COMPENDIUM

********************

BREVE BIOGRAPHIE

1832 31 décembre Naissance à Tréguidel - Côte d’Armor - France ;

1854 Campagne de Crimée comme marin d’équipage ;

1858 Campagne d’Italie comme marin d’équipage ;

1860 Campagne de Chine à Pakilao comme marin d’équipage ;

1862 Campagne du Mexique comme marin d’équipage ;

1865 28 juillet Entrée au noviciat des Frères de l’Instruction chrétienne ;

1866 15 août Profès dans la congrégation des Frères de l’Instruction chrétienne ; 01 septembre Quitte Brest à bord de la frégate Nereïde pour Tahiti ;

1867 07 mai Arrivée à Papeete – Tahiti – Polynésie française ;

1878 juillet Directeur par intérim de l’école et des communautés des Frères ; 1887 08 juin Décès à l’Hôpital militaire de Papeete – Tahiti – Polynésie française ;

09 juin Inhumation au cimetière de l’Uranie de Papeete ;

********************

CARNET DU PERSONNEL MISSIONNAIRE DU VICARIAT APOSTOLIQUE DE TAHITI

Néant

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BIBLIOGRAPHIE

COTARD, Pierre-Marie (Frère Adolphe-Marie). (1832-1887). - Religieux des Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel.

Né le 31 décembre 1832 à Tréguidel (Côtes d’Armor). Fils de Laurent Cotard et Françoise Maubuchon. Cinquième d’une fratrie de douze enfants. Marin des Équipages de la flotte. Fait campagne en Crimée en 1854, en Italie en 1858-1859, en Chine en 1860, ou il prend part au combat de Pakilao et au Mexique en 1862, où il est décoré de la médaille militaire, pour sa bravoure. Entre au noviciat le 28 juillet 1865. Profès dans la congrégation le 15 août 1866. Quitte Brest le 1er septembre 1866 avec les frères Elme Denis et Agape Marie Blouin à bord de la frégate Néréide. Passe par l’Afrique du Sud avant d’arriver à Tahiti le 7 mai 1867 comme instituteur. Nommé à l’école publique de Mataiea, il y enseignera pendant vingt ans. En juillet 1878, suite au décès du frère Senery, et au départ précipité de son remplaçant, Frère Priscien, il est nommé Directeur par intérim de l’école et des communautés des Frères. Intérim qu’il assurera jusqu’à l’arrivé du frère Juvénal Farard le 29 mars 1879.

À Mataiea, il jouit d’une réputation d’homme droit et intègre qui a la confiance de tous. Ainsi, un jour le ministre protestant du district vint lui dire : « Frère Adolphe, nous rebâtissons notre temple ; nous avons l'argent nécessaire à cet effet. Une seule chose nous manque : un homme sûr pour nous servir de caissier : veux-tu garder l'argent chez toi ? » Le Frère n'y put consentir ; mais il n'en fut pas moins très touché de cette démarche.

En 1882, la laïcisation des écoles se met en place à Tahiti : « Je viens donc, dans ces circonstances, vous prévenir qu'à partir du 1er octobre prochain, vous cesserez d'avoir la direction des 2 écoles de Papeete et de Papeuriri ». Rapidement, la Colonie doit faire machine arrière, faute d’instituteur, les Frères Adolphe et Prudent Le Chafotec, répondant à un appel au secours lancé pour Mataiea, deux mois après l'ordre de quitter cette école du gouvernement, s'y rendirent le 27 novembre pour y reprendre la responsabilité de l’école qu’on venait de laïciser. « Monsieur le Supérieur, j'ai l'honneur de vous prier de prendre des dispositions pour rouvrir, le plus promptement possible, l'école publique des garçons de Papeuriri. » Le

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gouverneur signait, 3 mois plus tard, deux arrêtés par lesquels il appelait à tenir les écoles publiques du district de Mataiea... des Frères de l’institut de Ploërmel et des Dames de Saint-Joseph de Cluny… volte-face administrative !!!

Meurt le 8 juin 1887 à l'hôpital militaire de Papeete, après quelques jours de maladie. L'aumônier de la division navale du Pacifique, qui l'assista dans ses derniers moments, disait que le F. Adolphe Marie avait eu révélation du jour de sa mort.

Ses obsèques eurent lieu le lendemain, 9 juin. À cinq heures du soir, le convoi funèbre parti de l’hôpital vers la Cathédrale.

Un piquet d’infanterie de marine lui rendit les honneurs réglementaires. Monseigneur Marie Joseph Verdier fit l’absout, et sa dépouille fut conduite au cimetière de l’Uranie. Toute l’Administration de la Colonie, les autres confessions religieuses sont là. Le Directeur de l’Intérieur prononça un discours élogieux : « Je ne puis me taire devant la tombe ouverte d'un homme, qui après avoir servi son pays par les armes avait voulu le servir par son intelligence. Dans cette œuvre si grande de renseignement populaire et plus spécialement dans ce pays, si elle est ardemment préoccupée d'assurer le respect des consciences et des croyances, l'administration ne dédaigne aucune collaboration, ne répudie aucun concours. Elle les accueille tous, au contraire, et c'est ainsi qu'elle contracte chaque jour une dette de reconnaissance envers ceux qui, quelques soit leur habit, combattent le bon combat de la science contre l'ignorance, de la lumière contre l'obscurité.

J'acquitte en partie cette dette de reconnaissance en venant rendre un dernier hommage à l'homme de devoir que fut Cotard. Sous la robe qu'il portait on retrouvait sans effort le marin dont la médaille militaire avait autrefois récompensé la bravoure dans les guerres où le drapeau de la France était engagé. Il était à l'école ce qu'il avait été à son bord. Il accomplissait sa tâche simplement, fidèlement. Je ne sais pas de plus grand éloge à faire d'un homme qui s'était voué à l'éducation de la jeunesse ».

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1832-ACTE DE NAISSANCE -TREGUIDEL

N°23

Du trente un jour du mois de décembre mil huit cent trente deux, à deux heures de l’après midi.

Acte de naissance de Cotard Pierre Marie né le trente un décembre à un heure du matin fils légitime de Laurent Cotard âgé de trente trois ans, profession de marin et de Françoise Maubuchon âgée de trente ans, profession de ménagère demeurant à Tréguidel.

L’enfant présenté à l’Officier de l’État civil a été reconnu être du sexe masculin.

La déclaration de la naissance a été faite par Laurent Cotard père de l’enfant âgé de trente trois ans, profession de laboureur demeurant à Tréguidel.

Premier témoin, Pierre Marie Cotard âgé de vingt un ans, profession de laboureur demeurant à Plélo.

Second témoin, Olivier Guillaume, âgé de trente ans, profession de laboureur demeurant à Tréguidel.

Lecture donnée de ce que dessus les comparans et témoins ont déclaré ne savoir signer que le père présent suivant la loi [Suit la signature du père]

Constaté suivant la loi, par moi Jean marie Perisson, Maire & Officier de l’État civil soussignant.

[Suit la signature de l’officier d’état civil]

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1832-ACTE DE BAPTEME -TREGUIDEL

?

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1887-ACTE DE DECES -PAPEETE

N°57

Décès de Pierre Marie Cotard 8 juin 1887

L’an mil huit cent quatre vingt sept, le neuf juin à deux heures du soir par devant nous, François Cardella, officier de l’état civil de la commune de Papeete, île Tahiti. Ont comparu : 1° Farard Isidore, frère supérieur principal âgé de cinquante neuf ans ; 2° René François Juliard, commis de 1ère casse du commissariat de la marine âgé de vingt neuf ans, tous deux domiciliés à papeete ; lesquels nous ont déclaré que le huit de ce mois à six heures quarante cin minutes du soir Pierre Marie Cotard, en religion Frère Adolphe, âgé de cinquante quatre ans, domicilié à Mataiea, île de Tahiti, fils de Laurent Cotard et de Françoise Maubuchon, né à Tréguidel, département des Côtes du Nord, le trente un décembre mil huit cent trente deux ; est décédé à l’hôpital militaire de Papeete. Après nous être assuré du décès nous avons dressé le présent acte, que nous avons signé avec les témoins, lecture faite.

[Suivent les signatures des témoins et de l’officier d’état civil]

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1887-ACTE DE DECES RELIGIEUX -PAPEETE

Néant

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1867–MESSAGER DE TAHITI N°19–11 MAI P.74 MOUVEMENT DU PORT DE PAPEETE Du vendredi 3 au jeudi 9 mai 1867 inclus

__________

NAVIRE DE GUERRE ENTRÉ

7 mai. Frégate à voiles française Néréide, commandée par M. Prouhet, cap. De frégate, ven. De Nouméa en 43 jours ; 158 passag., MM. Venturini, pharmacien de marine, Gouin, Cotaro, Denis, frères de Ploërmel, et 52 militaires et marins, français, débarquant.

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1883–BULLETIN OFFICIEL DES ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DE L’OCEANIE P.45-46

N° 55. — ARRÊTÉ confiant aux Frères de l’institut de Ploërmel la tenue de l’école publique des garçons du district de Mataiea.

Le Capitaine de vaisseau, Gouverneur des Établissements français de l'Océanie,

Vu l'arrêté du 31 mars 1864 portant création d'une école de garçons dans le district de Mataiea ; Sur la proposition du Directeur de l'Intérieur ;

Après délibération et vote du Comité des finances ; Le Conseil d'administration entendu,

ARRÊTE :

Art. 1er. L'école publique des garçons du district de Mataiea est tenue par les Frères de l'institut de Ploërmel, sous la direction et la surveillance de l'administration locale de la colonie.

Le cadre des instituteurs est fixé à deux.

Art. 2. Pour la tenue de la dite école, les Frères ont droit aux allocations suivantes : Traitement de chaque instituteur, 2.400 fr., soit ... 4.800 Entrelien du matériel scolaire ... 300 Frais de déplacement du supérieur ... 400 Total ... 5.500

Ces allocations, payées au supérieur des Frères à Papeete, dispenseront l'Administration de tous frais d'abonnement avec la congregation pour l'entretien au complet du nombre de Frères nécessaire à l'école de Mataiea.

Art. 3. Sont et demeurent abrogées toutes dispositions antérieures contraires à celles du présent arrêté.

Art. 4. Le Directeur de l'Intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera communiqué et enregistré partout où besoin sera, pour avoir son effet à compter du 20 janvier 1883.

Papeete, le 30 janvier 1883.

Signé : F. DES ESSARTS.

Par le Gouverneur : Le Directeur de l'Intérieur, Signé : Gerville-Réache.

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1887–JOURNAL OFFICIEL DES ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS D’OCEANIE –16 JUIN P.153 Papeete, le 16 juin 1887

NÉCROLOGIE

Jeudi dernier, une foule nombreuse accompagnait à sa dernière demeure M. Cotard (Pierre-Marie), en religion frère Adolphe, instituteur public de Mataiea, décédé à l’hôpital militaire de Papeete le 8 juin courant, après quelques jours de maladie.

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Le convoi funèbre est parti de l’hôpital à 5 heures du soir ; un piquet d’infanterie de marine a rendu les honneurs réglementaires au défunt, qui était décoré de la médaille militaire.

À la cathédrale, l’absoute a été donnée par M. le vicaire apostolique, évêque de Mégare.

L’Administration, l’armée, les écoles publiques et les divers cultes étaient représentés à cette cérémonie. Le frère Adolphe avait porté les armes avant de se vouer à la carrière de l’enseignement. En 1854, il faisait la campagne de Crimée ; en 1858-1859, il était en Italie ; on le trouve en Chine en 1860, où il prend part au combat de Pakilao ; et deux années plus tard, au Mexique, il se signale au combat de San-Lorenzo et à l’attaque de Puebla. Le général commandant en chef le met à l’ordre du jour et lui fait décerner la médaille militaire.

Cotard, ayant payé sa dette à la patrie, choisit alors une autre carrière : il se consacre à l’enseignement primaire, et en 1867, il arrive à Tahiti, où il est nommé instituteur à Mataiea. Le frère Adolphe reste à son poste, toujours modeste et dévoué serviteur, jusqu’au moment ou la mort vient le frapper.

Sur la tombe, M. le Directeur de l’Intérieur rappelle brièvement les services militaires et civils du frère Adolphe ; il fait remarquer à l’assistance que l’Administration, préoccupée d’assurer le respect des consciences et des croyances, ne dédaigne aucune collaboration. Elle accueille avec reconnaissance le concours de tous ceux qui quelque soit leur habit, combattent le bon combat de la science contre l’ignorance, de la lumière contre l’obscurité.

« Sous la robe qu'il portait, dit M. le Directeur de l’Intérieur, on retrouvait sans effort le marin dont la médaille militaire avait autrefois récompensé la bravoure dans les guerres où le drapeau de la France était engagé. Il était à l'école ce qu'il avait été à son bord. Il accomplissait sa tâche simplement, fidèlement. Je ne sais pas de plus grand éloge à faire d'un homme qui s'était voué àa l'éducation de la jeunesse ».

Le Père Michel Béchu remercie M. le Directeur de l’Intérieur des paroles qu’il vient de prononcer sur la tombe d’un homme qui avait consacré sa vie à l’accomplissement de ses devoirs envers son Dieu et sa Patrie.

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1887–L’OCEANIE FRANÇAISE N°136–11 JUIN P.3 NÉCROLOGIE

Les frères de Ploërmel viennent de faire une perte dans la personne de M. Cotard, en religion frère Adolphe, instituteur à l'école publique du Gouvernement à Mataiea, décédé à l'hôpital le 8 juin au soir.

Les obsèques ont eu lieu le 9 à 5 heures du soir. Malgré l'heure avancée, un certain nombre de personnes ont accompagné le cercueil jusqu'au cimetière, où M. le Directeur de l'Intérieur a prononcé le discours suivant : « Je ne puis me taire devant la tombe ouverte d'un homme, qui après avoir servi son pays par les armes avait voulu le servir par son intelligence. Dans cette œuvre si grande de renseignement populaire et plus spécialement dans ce pays, si elle est ardemment préoccupée d'assurer le respect des consciences et des croyances, l'administration ne dédaigne aucune collaboration, ne répudie aucun concours. Elle les accueille tous, au contraire, et c'est ainsi qu'elle contracte chaque jour une dette de reconnaissance envers ceux qui, quelque soit leur habit, combattent le bon combat de la science contre l'ignorance, de la lumière contre l'obscurité.

J'acquitte en partie cette dette de reconnaissance en venant rendre un dernier hommage à l'homme de devoir que fut Cotard. Sous la robe qu'il portait on retrouvait sans effort le marin dont la médaille militaire avait autrefois récompensé la bravoure dans les guerres où le drapeau de la France était engagé. Il était à l'école ce qu'il avait été à son bord. Il accomplissait sa tâche simplement, fidèlement. Je ne sais pas de plus grand éloge à faire d'un homme qui s'était voué a l'éducation de la jeunesse ».

Aussitôt après, le père Michel s'est présenté pour remercier M. le Directeur de l'Intérieur ainsi que les Chefs d'Administration et les personnes qui avaient accompagné le cercueil, de la marque d'intérêt qu'elles donnaient au défunt.

Il a dit que ces remerciements, il les adressait surtout au nom de la population de Mataiea, dont il avait recueilli les impressions le matin même.

Remerciant particulièrement M. le Directeur de l'Intérieur des paroles bienveillantes qu'il venait de prononcer, il a dit qu'elles étaient le reflet des sentiments de tous ceux qui avaient connu le frère Adolphe, qui avait consacré sa vie à l'exécution scrupuleuse de ses devoirs envers son Dieu et sa Patrie.

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MENOLOGUE DES FRERES DE LA MENNAIS –TOME ?– ???– P.688-689 F. ADOLPHE-MARIE (Cotard),

né à Tréguidel (C.-du-N.), le 31 décembre 1832, décédé à Tahiti. (Océanie), le 8 juin 1887, à l'âge de 55 ans, dont 2,2 passés dans l'Institut.1

Le F. Adolphe-Marie entra dans l'Institut le 7 avril 1865, à l'âge de 33 ans. Les campagnes de Chine, de Crimée et du Mexique avaient couvert sa poitrine de médailles, mais, par contre, elles lui avaient laissé une santé languissante.

1 Archives.

(5)

Très pieux et animé d'un grand zèle pour le salut des âmes, il sollicita la faveur de partir pour les missions. Envoyé à Tahiti, il se dépensa sans compter, luttant avec énergie contre les fatigues de sa charge et les rigueurs du climat tropical.

Pendant plusieurs années, il dirigea, avec le F. Prudent (Le Chafotec) comme adjoint, la seconde école fondée dans l'île de Tahiti, celle de Mataiea ou Papeuriri, située à 44 kilomètres de Papeete. L'école devint très prospère et les deux Frères ne tardèrent pas à prendre sur la population, sans distinction de culte, un grand ascendant. Leurs deux noms y sont restés en vénération.

Le trait suivant montre à quel point ils avaient la confiance de tous. “Frère Adolphe, dit un jour au Directeur le ministre protestant indigène, nous rebâtissons notre temple ; nous avons l'argent nécessaire à cet effet. Une seule chose nous manque : un homme sûr pour nous servir de caissier : veux-tu garder l'argent chez toi ?” Le Frère n'y put consentir ; mais il n'en fut pas moins très touché de cette démarche.

Parfois arrivent à l'école le père et la mère d’un des élèves : on se dispute, on crie, on pleure, et c'est le F. Adolphe que l'on choisit pour régler le différend ; ce qui d'ailleurs est vite fait, car sa parole a grande autorité.

En 1887, après 21 ans d’un rude et incessant labeur, le missionnaire sentit que ses dernières réserves de force s'épuisaient

; le 8 juin, il rendit pieusement son âme à Dieu à l'hôpital de Papeete. L'aumônier de la division navale du Pacifique, qui l'assista dans ses derniers moments, disait que le F. Adolphe Marie avait eu révélation du jour de sa mort.

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1975-BIO-BLIOGRAPHIE DU PERE PATRICK O’REILLY P.126

COTARD, Pierre (le Frère Adolphe). 1832-1887. – Religieux des Frères de l’Instruction Chrétienne de Ploërmel. Né le 31 décembre 1832 à Tréguidel (Côtes-du-Nord). Marin des Equipages de la flotte. Fit campagne en Crimée, en Italie et au Mexique, où il est décoré de la médaille militaire, pour sa bravoure. Profès dans la congrégation le 15 août 1866. Arrive à Tahiti le 7 mai 1867 par la frégate Néréide, comme instituteur. Enseigne à l’école de Papeuriri (Mataiea), pendant vingt ans. Meurt le 8 juin 1887 à l’hôpital militaire de Papeete, regretté de tous.

Bibliographie– Voir à son sujet le Journal Officiel des Établissements Français de l’Océanie, 1887, p. 153.

********************

2001–IMPLANTATION MENNAISIENNES EN OCEANIE (1860-1904)–FR JOSEPH LEPORT–T.2 [p.23] ÉCOLES LIBRES CATHOLIQUES A PAPEETE

Dernier acte, signé par un sous commissaire de la Marine, faisant fonction de directeur de l'Intérieur : « J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que l'Administration de la Colonie vient de recevoir une dépêche de M. le Ministre annonçant l'arrivée par le courrier prochain de M. Juventin, instituteur du Brevet Supérieur, nommé Directeur de l'école primaire supérieure des garçons de Papeete »

Je viens donc, dans ces circonstances, vous prévenir qu'à partir du 1er octobre prochain, vous cesserez d'avoir la direction des 2 écoles de Papeete et de Papeuriri, à la charge du budget de la Colonie, et que la direction de celle de Papeete sera confiée à M. Juventin. Je crois devoir vous déclarer, en vous informant de cette décision, qu'elle n'a été en rien motivée par etc… »2

Le lendemain même, le Frère Juvénal Farard signait la déclaration officielle d’ouverture d’une école libre (ouverture non légale comme on le verra ultérieurement, mais tacitement tolérée.) « Je, soussigné, Farard Isidore, né à Javené (Ille-et- Vilaine) le 11.12.28, ex-directeur des écoles publiques de Papeete et de Papeuriri (île de Tahiti), pourvu d’un Brevet de capacité délivré à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 02.08.59, déclare avoir l’intention d’ouvrir une école primaire libre avec pensionnat à Papeete, dans un local situé sur le prolongement sud des rues de la Mission et des Beaux-Arts ». (N.B. Cet emplacement fut abandonné pour un autre, situé dans l'angle formé par la rue de la Mission et la rue Dumont d'Urville).

[p.24] Aucun « passage gratuit » sur un bateau de l'État ne fut proposé aux Frères expulsés, on ne sait pourquoi. Mais l’administration locale se montra bonne mère à l’égard de la communauté : les Frères gardèrent l’usage de leur maison d’habitation (« Nous y allons manger matin et soir, et passer la nuit. ») jusqu’au 28 décembre, date à laquelle « Nous prenons nos repas à l’école libre pour la première fois. Au départ de la rue des Écoles, nous faisons démonter le bâtiment qui nous servait de chapelle : reconstruit sur le nouvel emplacement de notre école, il servira, provisoirement, de dortoir. » En contrepartie, on le verra, les Frères Adolphe et Prudent, répondant à un appel au secours lancé pour Mataiea, 2 mois après l'ordre de quitter cette école du gouvernement, s'y rendirent le 27 novembre pour y reprendre la responsabilité de l’école qu’on venait de laïciser. « Monsieur le Supérieur, j'ai l'honneur de vous prier de prendre des dispositions pour rouvrir, le plus promptement possible, l'école publique des garçons de Papeuriri. » Le gouverneur signait, 3 mois plus tard, deux arrêtés par lesquels il appelait à tenir les écoles publiques du district de Mataiea... des Frères de l’institut de Ploërmel et des Dames de Saint-Joseph de Cluny (« Sur proposition du Directeur de l'Intérieur, après délibération et vote du Comité des finances, le Conseil d'administration entendu, ») : volte-face administrative.

2 voir Lettre du 05 février 1881.

(6)

Mais Paris pinaillait. Au sujet des biens légués par M. Charles Eaton, « [...] il a donc été admis que, par analogie, » les Frères ne pouvaient l'accepter, tranchait Jauréguiberry le 16.03.1880. Quant à la pension, les services rendus par les instituteurs congréganistes pouvaient-ils y donner droit ? Le ministre Cloué étudiait cette question. « [...] M. l'Amiral Jauréguiberry n'a pas accueilli la demande de pension qui lui avait été adressée, et il a de même refusé d'admettre comme services à l'État le temps passé dans une école publique par un instituteur congréganiste. La question du droit à pension pour les membres des congrégations religieuses étant ainsi résolue par la négative, [...] je reconnais qu'il est équitable de rembourser aux communautés le montant des prestations » ou retenues opérées sur leur solde ; mais à des conditions tellement complexes et inopinées... qu'aucun Frère n'en perçut miette.

[p.31] Le retour des Frères en 1882 à Mataiea/Papeuriri, où personne ne fut nommé pour les remplacer, a laissé peu de souvenirs dans les annales des Archives de l’École des Frères... On sait qu'une lettre signée le 4 novembre 1882 (2 mois après la lettre de laïcisation), par le directeur de l'Intérieur, M. Gerville-Réache, avait demandé au directeur principal de

« prendre des dispositions pour rouvrir, le plus promptement possible, l'école publique des garçons de Papeuriri. » On y lit en P.S. « Je soumettrai au Comité des finances, lors de sa prochaine réunion, les propositions que vous avez faites à l'Administration touchant la continuation de vos services sur différents points de la Colonie. » Le nouveau gouverneur, M.

Des Essarts, signait peu après un arrêté « confiant aux Frères de l'institut de Ploërmel la tenue de l'école publique des garçons du district de Mataiea ». Un arrêté analogue confiait l'école des filles aux Soeurs de St-Joseph de Cluny.2

Les deux Frères antérieurement titulaires du poste retournèrent donc à Mataiea : le directeur de l'école, Fr. Adolphe Cottard, âgé de 49 ans, et son adjoint, Fr. Prudent Le Chafotec, 27 ans, arrivé à Papeete en 1877, et qui y enseignait depuis 1880. Ce dernier s'était mis avec entrain à l'étude de la langue tahitienne.

[p.34] Et voilà que mourait à Papeete le directeur de l'école de Mataiea. Huit jours plus tard, on évoquait ainsi la fin du Fr. Adolphe « instituteur public de Mataiea décédé à l'hôpital militaire de Papeete le 8 juin courant, après quelques jours de maladie. [...] Un piquet d'infanterie de marine a rendu les honneurs réglementaires au défunt qui était décoré de la médaille militaire. [...] L'administration, l'armée, les écoles publiques et les divers cultes étaient représentés à cette cérémonie. »

« Sur sa tombe, M. le Directeur de l'Intérieur rappela brièvement les services militaires et civils du Frère Adolphe (il s'était illustré sur les champs de bataille sous le 2nd Empire, Crimée, Italie, Chine, Mexique... et y avait mérité plusieurs décorations dont la médaille militaire. Depuis son arrivée à Tahiti en 1867, il avait enseigné à Mataiea, sauf deux courtes interruptions) ; il fait remarquer à l'assistance que l'Administration, préoccupée d'assurer le respect des consciences et des croyances, ne dédaigne aucune collaboration. Elle accueille avec reconnaissance le concours de tous ceux qui, quel que soit leur habit, combattent le bon combat de la science contre l'ignorance, de la lumière contre l'obscurité. »

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BIBLIOGRAPHIE

SES ECRITS

Articles Néant Livres Néant BIBLIOGRAPHIE

Articles

* Journal Officiel des Établissements Français de l’Océanie - 1883 - p.45-46 ;

* Journal Officiel des Établissements Français de l’Océanie - 1887 - p.153 ;

* L’Océanie Française n°136 - 11 juin 1887 - p.3 ;

* Ménologue des Frères de la Mennais – Tome ? – p.688-689 ;

* Messager de Tahiti n°19 - 11 mai 1867 - p.74 ;

Livres

* LE PORT Joseph – Implantation mennaisiennes en Océanie 1860-1904 – 2 tomes - octobre 2000 et mars 2001 ;

* O’REILLY Patrick - Bio-bibliographie de Tahiti - 1975 - p.126 ;

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TABLE DES MATIERES

Brève biographie ... 1

Carnet du personnel missionnaire du Vicariat apostolique de Tahiti ... 1

Bibliographie ... 1

1832 - Acte de naissance - Tréguidel ... 2

1832 - Acte de baptême - Tréguidel ... 2

1887 - Acte de décès - Papeete ... 2

1887 - Acte de décès religieux - Papeete ... 3

1867 – Messager de Tahiti n°19 – 11 mai – p.74 ... 3

1883 – Bulletin Officiel des Établissements français de l’Océanie– p.45-46 ... 3

1887 – Journal Officiel des Établissements Français d’Océanie – 16 juin – p.153 ... 3

1887 – L’Océanie française n°136 – 11 juin – p.3 ... 4

Menologue des Frères de La Mennais – Tome ? – ??? – p.688-689 ... 4

1975 - Bio-bliographie du Père Patrick O’Reilly – p.126 ... 5

2001 – Implantation mennaisiennes en Océanie (1860-1904) – Fr Joseph LE PORT – T.2 ... 5

Bibliographie ... 7

Table des matières ... 8

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