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Royaume du Maroc. Evaluation de la stratégie et du programme de pays. Document d'orientation. Février 2020

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Royaume du Maroc

Evaluation de la stratégie et du programme de pays

Document d'Orientation

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Table des matières

Equivalents monétaires, poids et mesures ii

Sigles et acronymes ii

I. Introduction 1

II. Contexte du pays 1

A.Géographie 1

B.Contexte politique, économique et sociale 2

C.Secteur agricole et développement rural 6

III. Aperçu du portefeuille et de la stratégie de pays du FIDA 9

IV. Objectifs et méthodologie de l'évaluation 11

A.Performance du portefeuille de projets 12

B.Activités hors-prêts 14

C.Performance des partenaires 15

D.Synthèse de la performance de la stratégie et du programme de

pays 16

V. Eléments clés de l'évaluation 16

A.Questions générales et thématiques de l'ESPP. 16

B.Processus de l'évaluation 17

C.Accord conclusif et partenariat principal d'apprentissage 19

D. Équipe de l'évaluation 19

E. Communication et dissémination des résultats 19

F. Chronogramme provisoire 20

Annexes

Liste des projets financés par le FIDA au Maroc 21

Schématisation des résultats et changements attendus 23

Cadre de l’ESPP 24

Liste des membres du partenariat principal d'apprentissage de l'ESPP 34

Résumé des dons 35

Itinéraire et Calendrier provisoire, Phase de collecte de données 37

Principales recommandations – ESPP (2008) 38

Bibliographie 39

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Equivalents monétaires, poids et mesures

Equivalents monétaires

Unité monétaire = Dirham marocain 1 USD = 9,60 DH (taux Février 2020)

Sigles et acronymes

ADA Agence de Développement Agricole AGR Activités génératrices de Revenus AMC Association de micro-crédit

BAD Banque africaine de développement

BM Banque Mondiale

COSOP Exposé des options et stratégies d’intervention pour le pays CPM Chargé de portefeuille

DH Dirham marocain

DPA Direction provinciale de l’agriculture DRA Directions Régionales Agricoles

ESPP Évaluation de la stratégie et du programme de pays

FAO Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture FMDB Tableau de bord de la gestion financière

GRIPS Système d'information sur les dons et les projets d'investissement

HCEFLCD Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification HCP Haut-Commissariat au Plan

IDE Investissements directs étrangers IIG Indice d’inégalité de genre

INDH Initiative Nationale pour le Développement Humain IOE Bureau indépendant de l'évaluation

KfW Kreditanstalt für Wiederaufbau (Établissement de crédit pour la reconstruction) MAPM Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime

MAPMDREF Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime du Développement Rural et des Eaux et Forêts

MCA Millenium Challenge Account

MEF Ministère de l'économie et des finances NEN Proche-Orient et Afrique du Nord ONCA Office national du Conseil Agricole ONG Organisation non gouvernementale

ONSSA Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires OPEP Organisation des pays exportateurs de pétrole

ORMS Système de gestion des résultats opérationnels PAM Programme alimentaire mondial

PDPEO Projet de développement des parcours et de l’élevage dans l’Oriental PDRMO Projet de développement rural dans le Moyen Atlas oriental

PDRZMH Projet de développement rural dans les zones montagneuses de la province d’Al Haouz

PIB Produit intérieur brut

PMH Petite et moyenne hydraulique

PMV Plan Maroc Vert

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PNABV Plan d’Aménagement des Bassins Versants

PNUD Programme des Nations unies pour le Développement SAU Superficie agricole utile

SSTC Coopération technique Sud – Sud

UE Union Européenne

UNICEF Fonds des Nations unies pour l'enfance

UNOPS Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (United Nations Office for Project Services)

VAA Valeur Ajouté Agricole

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Royaume du Maroc

Evaluation de la stratégie et du programme de pays Document d'Orientation

I. Introduction

1. Suite à la décision de la 128ième session du Conseil d'administration du FIDA de Décembre 2019 (Décision EB 2019/128/R.3/Rev.1), le Bureau indépendant de l'évaluation (IOE) effectue en 2020 une Évaluation de la stratégie et du programme de pays (ESPP) du FIDA au Maroc. Il s'agit, à ce jour, de la deuxième évaluation de ce genre effectuée par IOE au Maroc, la précédente ayant été réalisée en 2007.1 2. L'ESPP a pour objectif principal d'évaluer la performance de la stratégie et du

programme de pays, ainsi que l'impact des opérations du FIDA. La finalité est d'améliorer l’efficacité du partenariat entre le FIDA et le Gouvernement en vue de l'éradication de la pauvreté rurale. Elle couvrira la période 2008-2019. Durant cette période, les travaux menés par IOE, concernant directement les actions du FIDA au Maroc, sont deux évaluations de la performance de projets (le Projet de

développement rural dans les zones montagneuses de la province d’Al Haouz en 2014 et le Projet de développement rural dans le Moyen Atlas Oriental en 2017) et une étude de cas dans le cadre de l’évaluation au plan organisationnel sur

l’approche des chaînes de valeur promue par le FIDA. A cela s’ajoutent trois validations de rapports d'achèvement de projets.2

3. Le présent document d'orientation décrit brièvement le contexte du pays, la stratégie et le programme du FIDA au Maroc, les opérations exécutées, les objectifs et la méthodologie de l'ESPP, ainsi que la description du processus de l'évaluation, en ce qui concerne les étapes importantes. Il s’achève par les annexes incluant la liste des projets et dons financés par le FIDA, une reconstitution de la théorie du changement du programme et la liste des membres du partenariat d’apprentissage de l’ESPP.

II. Contexte du pays

A. Géographie

4. Le Royaume du Maroc est un pays de monarchie constitutionnelle situé à l’extrême nord-ouest du continent africain. Il est situé entre le 21° et le 36° de latitude Nord et entre le 1er et le 17ème degré de longitude Ouest, disposant de façade maritime étendue sur 3446 km de long, s'ouvrant sur la Méditerranée au Nord et l'Océan Atlantique à l’ouest. Il est caractérisé par la présence de zones montagneuses et désertiques. Le pays se distingue à la fois par l'altitude élevée de ses montagnes et par la remarquable extension des plaines et des plateaux. Le Haut Atlas occidental compte plusieurs sommets dépassant quatre mille mètres, dont le djebel Toubkal (4 165 m) qui est le point culminant de toute l'Afrique du Nord. En revanche, les surfaces planes ou peu accidentées couvrent près des deux tiers du pays. Le Maroc a un climat essentiellement semi-aride et aride avec deux saisons principales: un été chaud et sec, un hiver froid et humide. La pluviométrie moyenne, de

346 mm/an, varie de 700 mm à l’extrême nord-ouest, favorable à une agriculture pluviale, à 25 mm/an au sud-est, où l’irrigation est une condition essentielle pour pratiquer l’agriculture.3

1Mission effectuée de Novembre à Décembre 2006 et rapport publié en 2008. Voir les recommandations en Annexe VII.

2Projet de Développement Rural Taourirt-Taforalt en 2011, Projet développement de l’élevage et des parcours dans l’oriental (PDPEO-II) en 2014 et Projet de développement rural dans les zones montagneuses de la province d’Errachidia en 2016.

3Source : FAO. 2015. AQUASTAT Profil de Pays – Maroc.

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5. La population du Royaume, selon les données du dernier recensement, s’élevait à 33,848 millions d'habitants en 2014 (35 219 547 en 2018)4 dont 39.6% vit en milieu rural (Tableau 1). Sur dix ans, le taux d’urbanisation a augmenté de 9.4%, passant de 55.1% en 2004 à 60.3% en 2014. Dans la même période, la population a enregistré un taux d’accroissement global de 13,2% et un taux d’accroissement annuel moyen de 1,25% seulement. La densité de la population est de 80,7 personnes par kilomètre carré (2018), mais la répartition spatiale n’est pas homogène d’une région à l’autre : environ 70% de la population se concentrent dans les 20% des communes les plus peuplés. La taille moyenne des ménages est de 4.6 personnes au niveau national.

Tableau 1

Indicateurs démographiques du Maroc

2007 2013 2018

Population totale (en millions d’habitants) 31 163 673 33 715 693 36 029 138 Population rurale (en millions d’habitants) 13 613 227 13 587 424 13 527 860

Population rurale (en% de la pop totale) 43.6 40.3 37.5

Population (0-14 ans) (% de la pop totale) 29.7 27.9 27.2

Taux de croissance de la population (% annuel) 1.1 1.4 1.2

Densité de la population (habitants/km2) 69.8 75.5 80.7

Source: Banque Mondiale

B. Contexte politique, économique et social

6. Politique et institutions. Au cours des vingt dernières années, le Maroc s'est engagé dans une série de réformes visant la libéralisation progressive de l'économie, la privatisation des entreprises publiques, la restructuration du système financier, le renforcement de l'état de droit et la garantie des droits fondamentaux. Une

nouvelle Constitution a été adoptée en 2011 pour jeter les bases d'une société plus démocratique, d'une plus grande séparation des pouvoirs et d'une plus grande décentralisation. Cette nouvelle constitution fait de la monarchie constitutionnelle du Royaume, une monarchie démocratique, parlementaire et sociale, fondée sur les principes de séparation des pouvoirs et de bonne gouvernance.5

7. Ces réformes se ont été suivies d’une amélioration substantielle de la performance économique et de plusieurs indicateurs de bien-être. Cependant, les inégalités perdurent ai sein de la société marocaine et le gouvernement doit toujours relever des nombreux défis structurels, notamment des inégalités dans l’accès à l’emploi, la hausse du chômage, précarisation des conditions de vie de la majorité de la population rurale, les disparités entre le milieu urbain et rural, et le caractère limité et fragile des ressources naturelles.

8. Découpage territorial. L’administration marocaine est régie au niveau territorial par la déconcentration et la décentralisation.6 En 2015, et conformément aux dispositions de la Constitution de 2011, le Maroc s’est doté d’un nouveau découpage territorial et compte désormais 12 Régions (contre 16 auparavant).7

4Le Maroc en chiffres en 2019 du Haut-Commissariat au Plan du Royaume.

5Voir Hynd Saidi Azbeg (2014). Processus de démocratisation et monarchie constitutionnelle au Maroc. Faculté de Droit.

Université de Bordeaux.

6La déconcentration consiste à créer des structures administratives au niveau territorial et à nommer à leur tête des agents représentant le pouvoir central par voie de délégation législative ou règlementaire (autorités déconcentrées). La

décentralisation consiste à créer des collectivités territoriales, qui pourvoient aux besoins propres de la collectivité sur la base de la loi et sous le contrôle administratif du pouvoir central ou de ses agents.

7Cette reconfiguration a été faite sur la base de principes d’efficience, d’homogénéité, de proportionnalité, d’équilibre, d’accessibilité et de proximité. Ces régions sont : Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Oriental, Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra, Béni Mellal-Khénifra, Casablanca-Settat, Marrakech-Safi , Drâa-Tafilalet, Souss-Massa, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Saguia al Hamra et Ed Dakhla- Oued Ed Dahab. Voir https://www.cfcim.org/magazine/27242, site consulté le 01/02/2020.

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Celles-ci rassemblent 13 préfectures et 62 provinces, qui regroupent 1 538

communes (256 urbaines et 1282 rurales), lesquelles constituent trois niveaux de pouvoirs : la région, la province/préfecture et la commune. Ces entités territoriales ont à leur tête un président de conseil. Les membres des conseils régionaux et communaux sont élus au suffrage universel direct.8

9. Croissance économique. Avec un PIB de 3237 $US par habitant (en 2018), le Royaume du Maroc fait partie des pays à revenu moyen, dans la tranche

inférieure9. Son économie s’est renforcée entre 2000 et 2015 avec une croissance annuelle moyenne du PIB par habitant de 3,3 %10. Au cours de cette période, à la suite des transformations structurelles entamées à partir de 2005, des

performances économiques remarquables ont été enregistrées, ce qui a renforcé la résilience du pays aux chocs, par exemple lors de la crise financière et économique internationale de 2008. Toutefois, la croissance marocaine a ensuite ralenti pour s’établir à des niveaux inférieurs à son potentiel. Parmi les causes de ce

ralentissement se trouvent principalement la volatilité de la production du secteur agricole non irrigué et la baisse de l’activité dans le secteur tertiaire. La croissance du PIB réel devrait continuer de ralentir pour atteindre 2,7 % en 2019, tandis que la croissance non agricole progresse à un taux de 3,4 % (contre 3 % en 2018), à la faveur de l'amélioration de la performance des secteurs des phosphates, des

produits chimiques et du textile.11 Tableau 2

Indicateurs macroéconomiques

2007 2013 2018

PIB (en milliards de dollars) 79 106.8 118.4

Taux de croissance annuel du PIB (%) 3.5 4.5 3.0

PIB par habitant (courants USD) 2 499 3 121 3 237

Croissance du PIB par habitant (% annuel) 2.32 3.06 1.65

PIB par parité de pouvoir d’achat (courants USD) 5 509 7 278 8 586

Valeur ajouté du secteur agricole dans le PIB (%) 10.8 13.4 12.0

Inflation, déflateur du PIB (% annuel) 3.5 1.3 1.6

Source: Banque Mondiale, Base de données, African Economic Outlook, HCP Maroc

10. La croissance du PIB marocaine est fortement tributaire de celle du PIB agricole : le secteur agroalimentaire, qui occupe une place de choix dans l’économie du pays, a connu la croissance la plus rapide entre 2008 et 2018 (6.9% contre une croissance de 3.8%% pour l’ensemble de l’économie).12 Quant au secteur

secondaire, il a enregistré une croissance de 2.2% en moyenne par an entre 2009 et 2017, tandis que le secteur tertiaire progressait de 3.4% en moyenne sur la même période. L'agro-industrie demeure le deuxième plus grand secteur industriel représentant 27% du PIB industriel et 5% du PIB total.

11. Incidence de la pauvreté. La croissance économique décrite ci-dessus a entrainé une hausse de la richesse totale du pays et l'élimination de l'extrême pauvreté, une forte réduction du taux national de pauvreté, une augmentation de l'espérance de vie, un meilleur accès aux services publics de base, notamment l'accès pour tous à l’enseignement primaire, et un développement important des infrastructures

8Il y a un processus de régionalisation avancé en cours, qui aboutira une autonomisation budgétaire des régions. Pour le moment cette autonomisation procède par département ministériel.

9Statistiques de la Banque Mondiale de 2019.

10Banque Mondiale (2018), Diagnostic-pays systématique, Royaume du Maroc.

11 Banque Mondiale (2019) Evolutions récentes – Maroc

12 Source : DEPF Etudes. Le secteur agricole marocain : Tendances structurelles, enjeux et perspectives de développement.

Juillet 2019.

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publiques (Tableau 3). En utilisant le seuil de pauvreté national13, le Maroc est passé de 8.9% en 2007 à environ 4.8% en 2014.14 Le rapport 2019 sur les indicateurs sociaux publié par le Ministère en charge de l’Economie mentionne :

« Au Maroc, les politiques publiques déployées en faveur des secteurs sociaux ont connu une dynamique particulière, confortée par le renforcement des dotations budgétaires allouées aux secteurs sociaux (près de 48,6% en 2018). Ces politiques ont constitué un rempart contre la prolifération de la pauvreté et de la précarité.

Elles se sont avérées opportunes pour conforter les bases d’une société cohésive, qui est la condition sine qua non d’un vivre ensemble harmonieux et apaisé ».15 Tableau 3

Indicateurs de pauvreté au Maroc

Source: Statistiques du Haut-Commissariat au Plan du Royaume

12. Pour le milieu urbain, le taux de pauvreté est passé de 7,6% à 1,6%, entre 2001 et 2014. En milieu rural, ce taux est passé de 25,1% à 9,5% sur la même période.16 Le taux de pauvreté est plus élevé que la moyenne nationale dans les régions du Draa-Tafilalet (14.6%), Béni-Mellal-Khénifra (9.3%), Marrakech-Safi (5.4%), Oriental (5.3%), Fès-Meknès (5.2%) et Souss-Massa (5.1%). Ces régions regroupent 74% de la population pauvre.17

13. Autres indicateurs sociaux. L’indice de développement humain est en

progression constante depuis les années 1990: il est passé de 0,458 en 1990 à 0,676 en 2017 (121e rang sur 189 pays), soit un accroissement de 47,7% au cours de cette période. De nombreux autres indicateurs socioéconomiques indiquent l’amélioration des conditions de vie (voir Tableau 4).18

13Selon le Haut-Commissariat au Plan du Royaume (2016) - Présentation des résultats de l’Enquête Nationale sur la Consommation et les Dépenses des Ménages 2013/2014. Octobre 2016 – le seuil de pauvreté était établi à 4667 DH dans le milieu urbain et à 4312 DH dans le milieu rural, par personne et par an. Il vaut, en moyenne, 2,6 $ US PPA par jour et par personne en milieu urbain et 2,4 $ US PPA en milieu rural (1 $ US PPA = 4,88 DH).

14 Alors que si l'on utilise le seuil de pauvreté des pays à revenus moyens inférieurs (3,20 USD en PPA), elle tombe sous les 8 pour cent., selon le Document du Groupe de la Banque Mondiale. Rapport No. 131039-MA. Cadre de partenariat-pays pour le royaume du Maroc pour la période 2019–2024. Janvier 2019.

15Ministère de l’Economie et des Finances ; Tableau de bord des indicateurs sociaux, de Juillet 2019, p.2.

16Haut-Commissariat au Plan du Royaume (2016), ibid.

17Ces zones rurales connaissent un taux de pauvreté supérieur à la moyenne rurale (9.5%) et représentent 44.3% de la population pauvre. La zone rurale de Marrakech-Safi où vivent près de 15% de la population pauvre, contribue le plus au phénomène de la pauvreté rurale.

18Source : The World Bank DataBank : https://donnees.banquemondiale.org/pays/maroc

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Tableau 4

Indicateurs sociaux

2007 2013 201819

Ratio de la population pauvre en fonction du seuil de pauvreté national (% de la population)

8.9 4.8 p.d.

Accès à une source d'eau amélioré (% de la population rurale) 45 61 70

Indice de développement humain 0.59 0.65 0.67

Indice de fécondité (naissances par femmes) 2.56 2.57 2.45

Taux d'alphabétisation (de la population de plus de 15 ans) 55 69 73

Indice de Gini 0.41 0.39 p.d.

Espérance de vie (années) 72.5 75.0 76

Taux de mortalité infantile des – de 5 ans (pour 1000 naissances)

36.6 27.9 23.3

Sources: Banque Mondiale, PNUD, Base de données de l’UNICEF.

14. Défis sociodémographiques. Entre 2007 et 2014, l’effectif total de la population pauvre est passé de 2,8 millions à 1,6 millions, donc une réduction annuelle

moyenne de 7,8%. Alors que 40% de la population vit dans des zones rurales, les ruraux représentaient 79% des 1,6 million de pauvres et 62% des 5,4 millions de personnes vulnérables (HCP, 2014). Par milieu de résidence, les populations urbaine et rurale ont enregistré des taux de croissance annuels moyens respectifs de l’ordre de 2,1% et -0,07%, ce qui signifie un dépeuplement des campagnes. La dynamique d’amélioration des conditions de vie en milieu urbain, qui résulte de plusieurs facteurs, a contribué à l'augmentation du taux d’urbanisation de 55,1%

en 2004 à 62,4% en 2018.

15. Défis d’emploi des jeunes. Malgré des progrès considérables en termes de réduction de la pauvreté et d’amélioration des indicateurs socio-économiques, le Maroc se heurte encore à un autre défi important, concernant l’emploi des jeunes et des femmes. L'intégration sur le marché du travail des jeunes, qui constituent 44% de la population en âge de travailler, constitue un défi majeur. Selon les données du HCP publiées en 2018, le Maroc a enregistré à la fin de 2017 un taux de chômage de 10,2% contre 9,9 l’année précédente. Chez les 15-24 ans, le taux de chômage a atteint 19,9%. La particularité du Maroc est que le taux de chômage est cinq fois plus élevé au niveau des diplômés du supérieur que pour les non- diplômés : 24,6% et seulement 3,8% respectivement (Banque Mondiale, 2018).

16. Indicateurs relatifs au genre. L’indice d’inégalité de genre (IIG)20 a été de 0,492 en 2018, ce qui place le pays au 118e rang sur 162 pays. A peu près 18,4% des sièges parlementaires sont occupés par des femmes et 28,0% des femmes adultes ont atteint au moins un niveau d’instruction secondaire, contre 34,8% pour les homologues masculins21. Avec 25% des femmes en âge de travailler qui sont actives sur le marché de travail (contre 74,1% pour les hommes) en 2017, le Maroc figure parmi les vingt pays du monde qui ont les plus faibles taux de femmes économiquement actives. Le taux de chômage des femmes demeure lui aussi élevé (16.3 % en 2017 22. Les femmes ne sont pas seulement sous-représentées parmi les travailleurs, mais aussi parmi les chefs d’entreprises et les cadres.

19Il n’y a pas des données officielles après l’année 2014.

20Cet indice fait ressortir les inégalités fondées sur le sexe dans trois dimensions (la santé procréative, l’autonomisation et l’activité économique).

21Voir PNUD, 2018 Indices et indicateurs de développement humain : mise à jour statistique 2018

22 Haut-Commissariat au Plan, 2017.

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C. Secteur agricole et développement rural

17. Importance du secteur agricole. Selon les données du Ministère de l’Economie et des Finances (MEF) du Royaume, le secteur primaire joue un important rôle économique, social et environnemental au Maroc. Il a représenté près de 13,9% du total des valeurs ajoutées aux prix courants durant la période 2008-2017, 12,9%

pour l’agriculture et 1% pour la pêche. Il emploie plus de 4 millions de personnes en 2017, soit 38,7% de la population active occupée.23 La valeur ajoutée du secteur agricole et de la pêche a augmenté en moyenne de 7% sur la période 2008-2017, contre 4% sur la période 2000-2007.24 Cette place de choix et cette performance remarquable du secteur agricole sont la résultante des différentes stratégies et politiques agricoles déployées par le Maroc.

18. Stratégie de développement. Les efforts entrepris pour réduire la pauvreté et l’exclusion sociale au Maroc découlent des stratégies à ce titre, dont par exemple, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH). L’INDH est un programme de lutte contre la pauvreté qui s’inscrit dans une vision globale du développement social et humain. Couvrant la période 2005-2023, elle est destinée à améliorer les conditions d'accès aux services et infrastructures de base, renforcer les capacités, et promouvoir les activités génératrices de revenus et le soutien aux personnes en grande vulnérabilité. Selon la BAD (2017), les priorités annoncées dans les discours royaux et dans le programme gouvernemental servent aussi de cadrage politique, et se traduisent par des documents de politiques sectorielles.

19. Politique sectorielle agricole. Prenant acte des enjeux stratégiques de son secteur agricole, le Maroc a élaboré en 2008 un document de politique sectorielle agricole nommé «Plan Maroc Vert »25 (PMV), avec l’ambition de faire de

l’agriculture le moteur de la croissance et du développement socio-économique du pays sur les douze années suivantes.26 Ce Plan, basé sur une approche holistique et intégrée, a pour but de relancer l’agriculture tout en assurant la sécurité alimentaire des populations et en protégeant les ressources naturelles des

différentes régions du pays. Le PMV, qui est basé sur un modèle d’agrégation des petits et moyensproducteurs autour de projets intégrés, vise également à stabiliser les populations rurales en créant des emplois générateurs de revenus durables. Il couvre la période 2008-2020, et repose sur deux piliers. Le premier pilier concerne le développement d’une agriculture moderne à haute valeur ajoutée et hautement productif qui s’appuie sur les investissements privés organisés autour de nouveaux modèles d’agrégation équitables.27 Le deuxième pilier porte sur l’accompagnement solidaire de la petite agriculture en vue d’améliorer les revenus agricoles des exploitants, soit 550 projets solidaires et un investissement à terme de 20 Milliards DH sur 10 ans. Il est fondé sur une intervention directe de l’Etat au niveau de certaines zones marginales, en prenant en considération la sauvegarde des ressources naturelles.28

23DEPF- MEF (2019). Tableau de bord sectoriel de l’économie marocaine. Royaume du Maroc.

24Au de-là de la production agricole le Maroc a su développer un secteur de l’industrie agro-alimentaire diversifié et compétitif, notamment dans la transformation céréalière, l’industrie du lait et des produits laitiers ou encore la transformation des fruits et légumes. Il représente en 2016, 3,9% du PIB soit 27% de la production industrielle marocaine. ENPARD Méditerranée (2019) Rapport de synthèse sur l’agriculture marocaine ; Projet d’Appui à l’Initiative ENPARD Méditerranée.

25Plan Maroc Vert-Stratégie de développement intégré de l’agriculture au Maroc. MAPM mars 2008.

26Avant cela il a eu la stratégie 2020 du développement rural lancée à la fin des années 90,

27Soit 700 à 900 projets d’agrégation pour 110 à 150 Milliards DH d’investissement sur 10 ans.

28A la date d’écriture du présent papier, les résultats du PMV était en cours d’évaluation et ce en vue de l’élaboration d’une nouvelle stratégie. Selon les informations oubliées sur le site (http://www.agriculture.gov.ma/pages/la-strategie, consulté le 01/02/2020), l’objectif, sera pour l’agriculture moderne, de « développer une agriculture performante, adaptée aux règles du marché, grâce à une nouvelle vague d’investissements privés, organisés autour de nouveaux modèles d’agrégation équitables ». Pour l’agriculture solidaire, ce sera de « développer une approche orientée vers la lutte contre la pauvreté, en augmentant de manière significative le revenu agricole des exploitants les plus fragiles, notamment dans les zones périphériques ».

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20. En outre, la formulation (i) de la stratégie du Développement de l’Espace Rural et des Zones de Montagne (et la conséquente création du Fonds pour le

Développement Rural et des Zones de Montagne pour sa mise en œuvre) et (ii) du Programme de Réduction des Disparités Territoriales et Sociales – PRDTS (2017- 2023) témoignent et confirment la volonté politique de réduire la pauvreté et les inégalités dans les zones rurales et les plus défavorisées.

21. Financement public du secteur agricole. Le financement public a été l’un des principaux leviers du PMV. Le volume d’investissement public global injecté dans le secteur de l’agriculture, qui est passé de 3,5 à 9,5 milliards de dirham entre 2008 et 2017, soit un taux d’accroissement annuel de près de 11,7%.29 Entre 2008 et 2017 les dépenses programmées dans le budget du Ministère de l’Agriculture ont progressé de 3,6 à 11,9 milliards DH, c’est-à-dire un rythme annuel de croissance de 14%. La part des investissements publics agricoles dans l’investissement public global programmé est ainsi passée de 5% en 2008 à 14% en 2017.30 De plus, les dépenses des comptes spéciaux du trésor destinées au secteur agricole et de la pêche ont augmenté de 262% entre 2003 et 2015 pour atteindre 4 800 millions de DH en 2015, dont 65% destinés au Fond de développement agricole, principal instrument du pilier-2 du PMV.

Tableau 5

Part des dépenses agricoles dans les dépenses publiques

2007 2017

Budget total pour le secteur de l'agriculture (en milliards de DH) 194.5 273.5 Dépenses programmées dans le budget du MAPM (en milliards de DH) 3.9 11.9 Investissements public agricoles dans l’investissement public global

programmé (en%)

5 14

Source : Rapport de synthèse sur l’agriculture au Maroc, Loi de Finances 2019.

22. Potentialités agricoles. En 2016, les terres agricoles représentaient au Maroc près de 69%31, toutes fois le pays possède peu de terres fertiles puisqu’une grande partie de cette surface est dédiée aux parcours (53 millions d’ha) et les forêts s’étendent sur 9 millions ha. Les terres cultivables ne couvrent que 8.7 millions d’ha, soit 18% de la superficie totale du pays. Environ 1.4 million d’ha, soit 15% de cette surface sont irrigables, le reste est constitué de terres bour32, avec 55% de la superficie agricole utile (SAU) en bour défavorable et 27% en bour favorable.

23. Production végétale. Au Maroc, on peut distinguer deux types d'agriculture:

i) une agriculture traditionnelle et vivrière, localisée au bour défavorable et les zones de montagne et oasiennes qui occupe 81% de la Superficie Agricole Utile (SAU); et ii) une agriculture moderne dans les zones irriguées et du bour favorable, qui occupe 19% des superficies cultivées et se caractérise par une forte

productivité grâce à l'utilisation de techniques modernes.33 L’importance de la superficie des céréales (59 % de la SAU) ainsi que la jachère (12 % de la SAU),

29Direction des Études et des Prévisions Financières. Le secteur agricole marocain : Tendances structurelles, enjeux et perspectives de développement. Juillet 2019.

30Bien au-delà e l’objectif de 10% d’objectif de la Déclaration de Maputo.

31Source: https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/AG.LND.AGRI.ZS?end=2016&locations=MA&start=2000

32Les zones “bour” représentent les zones d’agriculture pluviale par opposition aux zones irriguées. On distingue le bour

« favorable » correspondant à la surface agricole utile (SAU) des plaines et collines à pluviométrie supérieure à 400 mm et le bour « défavorable » où la SAU est située en zone de montagne et semi-aride.

33Les plaines et collines à pluviométrie supérieure à 400 mm (le bour « favorable ») et les grands périmètres irrigués ont un potentiel de productivité relativement élevé. Ces régions ne représentent que le tiers de la SAU, le quart des exploitations et 64 pour cent du total irrigué du pays. Elles sont, en général, bien desservies en services et infrastructures socio-économiques et disposent des atouts pour être compétitives à l’international. Les zones plus difficiles (plaines et plateaux agricoles semi-arides, montagnes et steppes, zones oasiennes) regroupent les 3/4 des exploitations, 2/3 de la SAU et 36% de la SAU irriguée. Ces espaces d’agriculture traditionnelle correspondent en majorité à des zones à vocation pastorale ou agrosylvopastorale et à une irrigation de type traditionnel alimentée surtout par des eaux de surface.

(12)

témoignent des énormes possibilités d’intensification et de reconversion34. Moins de 1% des agriculteurs - représentant 14% des terres cultivées - ont des exploitations agricoles hautement rentables, commerciales et orientées vers l'exportation. La plupart des petites exploitations sont exploitées par des chefs de ménage âgés ayant un faible niveau d'éducation - plus de 45% des chefs de familles agricoles ont plus de 55 ans et 75% sont analphabètes. Ces chefs de famille manquent de savoir-faire technique et utilisent rarement les technologies modernes. En 2017, la population rurale est de 13,6 millions d’habitants représentant 38% de la

population marocaine. 35 Près de trois quart de cette population (73,7%) tirent son revenu de la branche agriculture, forêt et pêche.36

24. Production animale. Du fait de la grande variété de ses écosystèmes agraires (oasis, montagnes, plaines, plateaux, etc.), le Maroc dispose d’une importante diversité d’animaux domestiques. Le cheptel national est estimé à 29.4 millions de têtes (dont 3.3 millions de bovins, 20.4 millions d’ovins, 5.6 millions caprins et 200.000 dromadaires) en plus d’un important cheptel avicole, équin et apicole.

L’élevage, intéresse 1.5 millions de foyers ruraux, soit 74% du nombre

d’exploitations agricoles et assure 20% de l’emploi du monde rural. Sur la période 2008-2018, l’élevage a représenté 30,6% de la valeur ajoutée agricole.37 Une grande partie des exploitations sont encore de petites tailles et peu productives. 38 25. Défis et contraintes agricoles. Les défis du secteur agricole se posent à deux

niveaux, d’un côté le sous-secteur moderne hautement productif, et de l’autre la petite agriculture. 39 En ce qui concerne la petite agriculture, qui est la cible des actions du FIDA, les contraintes sont nombreuses.Il y avant tout le défi général des capacités institutionnelles (niveau déconcentré et locale) à s’approprier et implémenter efficacement la stratégie nationale de développement rurale, en lien avec les objectifs et approches de développement des territoires ; et la

pérennisation des infrastructures rurales. Il y a ensuite des contraintes plus spécifiques et elles concernent: a) la viabilité (technique, socio-économique et financière) de la petite agriculture et sa résilience effective; b) la gestion des terres et des ressources hydriques, dans un contexte des effets croissants du changement climatique; c) la capacité de la petite agriculture à attirer les jeunes (atténuation de l’exode rural) par des revenus consistants et durables et d) l’intégration

adéquate des segments en amonts et en aval des chaînes de valeur agricoles. Il y a enfin les contraintes de vulnérabilités des ressources naturelles de production telles que décrites ci-après.

26. Vulnérabilité des sols. Au Maroc, les terres sont à 93% arides et semi-arides et les sols sont fragiles en raison de leur contenu en matières organiques inférieure à 2%. Le taux d’érosion hydrique et éolienne est élevé, mais la dégradation des sols par l’érosion hydrique est la plus préoccupante: les sols touchés couvrent une

34 Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts (2018).

Agriculture en Chiffre 2018.

35 FAOSTAT, http://faostat.fao.org/static/syb/syb_143.pdf.

36 HCP, https://www.hcp.ma/Emploi-par-branche-d-activite-de-la-population-active-occupee-au-milieu- rural_a154.html

37Suite à la forte pression sur les ressources naturelles et le développement des échanges avec les grandes zones d'agriculture, les systèmes d'élevage ont connu d'importants changements qui se sont traduits par : i) une réduction dans la mobilité des troupeaux due à la fréquence des sécheresses ; ii) un manque des stratégies prenant en compte l’aléa climatique et le risque associé de déficit fourragère ; et iii) la régression de l’encadrement technique due au brusque désengagement de l’Etat dans un contexte d’offre atomisée caractérisée par milliers d’exploitations avec des cheptels limités.

38Pour la production halieutique, Il a contribué en moyenne à hauteur de 2.3% du PIB, durant les 10 dernières années. Avec un chiffre d’affaires à l’export de 13,2 Md DH (5% de croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires du secteur), le secteur de la pêche assure 10% des exportations totales et 50% des exportations agroalimentaires. Il crée 170 000 emplois directs, 490 000 emplois indirects, et 3 millions de personnes vivent de ce secteur (Plan Halieutis, 2010).

39Elaborés à partir des défis et contraintes mentionnés dans les deux publications ci-après du Ministère de l’Economie et des Finances : Tableau de Bord Sectoriel Agricole de l’Economie Marocaine (2019) et de Le secteur agricole marocain :

Tendances structurelles, enjeux et perspectives de développement (2019)

(13)

superficie de plus de 12 millions d’hectares, soit 18.5% de la superficie totale du territoire national (HCEFLCD40, 2013). La salinisation affecte près de 500 000 ha et cause des pertes importantes en matière de productivité des sols.

27. Vulnérabilité des ressources en eau. Le Maroc a enregistré une forte baisse des disponibilités en eau par habitant de près de 71,5% sur la période 1950-2010, en dessous du seuil du stress hydrique (1.000 m3/habitant/an) et se rapprochant du seuil de rareté absolue 500 m3/habitant/an.41 La variabilité croissante des

précipitations et la fréquence élevée des sécheresses, associées au changement climatique sont responsables de cette situation, avec des répercussions négatives sur les potentiels de rendements agricoles particulièrement dans des régions qui y sont fortement exposées. Il y a aussi l’érosion hydrique qui engendre une perte annuelle de capacité de stockage des barrages par envasement de l’ordre de 75 millions m3. Dans le cadre de sa politique de lutte contre la désertification et la dégradation des terres, le Maroc s’est doté d’un Plan d’Aménagement des Bassins Versants (PNABV) qui fixe les priorités d’interventions et présente les mécanismes financiers et institutionnels de lutte contre les problèmes d’érosion des sols.

28. Financements extérieurs. Les investissements directs étrangers (IDE) vers le secteur agricole comparés aux flux d’IDE totaux sont relativement faibles (1.1% en 2016). Toutefois ils ont sensiblement augmenté à partir de 2008, année de mise en œuvre du PMV: les IDE ont atteint 374 millions DH en 2016 contre 27 millions DH en 2007, alors que sur la même période les flux d’IDE totaux diminuaient de 7%.42 29. En décembre 2018, les financements des bailleurs de fonds et des partenaires

internationaux à la mise en œuvre du PMV s’élevaient à 34 milliards DH, dont 37%

sous forme de dons.43 La Banque Mondiale, le Fonds Qatari pour le Développement, la Banque Africaine de Développement (BAD), l’Union Européenne, l’Agence

Française de Développement, le Fonds Arabe de Développement Economique et Social et de nombreux autres partenaires techniques et financiers ont apporté leur concours au PMV. 44Sur les 17 milliards DH mobilisés durant cette période 11 milliards de DH ont financé des projets et environ 6 milliards de DH étaient des appuis budgétaires

III. Aperçu du portefeuille et de la stratégie de pays du FIDA

30. Depuis 1979, le FIDA a financé 15 projets au Maroc avec un coût total estimé à 1 700 billion USD, et la contribution financière du FIDA a été de 319.5 millions USD (Tableau 6). Parmi ces projets, 12 ont été clôturés et trois sont en cours. Un

dernier projet, le Projet de développement rural des zones de montagne dans la région de Taza, a été approuvé par le Conseil d'administration du FIDA en septembre 2019, et est en attente de ratification45 par le pays. Une partie des projets a été financée par des prêts à conditions intermédiaires (jusqu’à 2007), tandis qu’une autre partie a été financé par des prêts à conditions ordinaires. Plus de la moitié des projets sont partiellement financés par des dons (voir détails en Annexe 1).

40Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification.

41Direction des Études et des Prévisions Financières, op.cit.

42ENPARD Méditerranée (2019) op.cit.

43ENPARD Méditerranée (2019) op.cit.

44En termes de montants, la Banque Mondiale (BM) et la BAD viennent en tête (respectivement 7 et 5.9 milliard de DH sous forme de prêts), devant le Fonds Qatari, le Millenium challenge et le fonds Saoudien (3,2, 2,8 et 2 milliard DH en dons).

45Non encore effectué à la date du 02 Février 2020.

(14)

Tableau 6

Aperçu des opérations du FIDA au Maroc

Indicateurs Données

Nombre total de projets approuvés (depuis 27 juin 1979)

15

Coût total estimé USD 1 700 082 548

Montant total du financement FIDA USD 319 541 819

Principaux co-financeurs OFID, BID

Nombre de bénéficiaires directs ciblés 726 945 ménages

Institutions coopérantes UNOPS (jusqu’a 2005); FIDA

Nombre de projets à partir de Juin 2007 6

Coût total estimé du portefeuille couvert par l'ESPP

402.86 millions Montant total du financement FIDA du

portefeuille couvert par l'ESPP

219.1 millions Financement de contrepartie prévu

(Gouvernement et bénéficiaires) pour le portefeuille couvert par l'ESPP

169.7 millions

Montant du co-financement prévu pour le portefeuille couvert par l'ESPP

14.1 millions Organismes gouvernementaux partenaires MAPM*, ADA, Directions Régionales et Provinciales de de l’Agriculture

*Aujourd'hui connu sous l'appellation de Ministère de l'agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts (MAPMDREF).

Source: FIDA Oracle Business Intelligence, Documents de projets.

31. Les projets appuyés par le FIDA et couverts par l’ESPP (période 2008-2019), sont principalement axés sur i) les aménagements hydroagricoles et le développement des infrastructures rurales; ii)la gestion et conservation des eaux et des sols; iii) la participation et la responsabilisation des communautés iv) le développement des services financiers de proximité; et v) la valorisation des filières agricoles. Jusqu'en 2009, le FIDA s’est concentré sur les trois zones agro-écologiques où l’incidence de la pauvreté est la plus importante, c’est-à-dire les zones montagneuses, les terres de parcours et les zones d’agriculture pluviale du sud (bour). Les projets de la première génération ont promu une approche plus participative dans leur mise en œuvre et ont accordé une attention particulière aux problèmes spécifiques des femmes et des jeunes. La dernière génération des projets FIDA s’est insérée dans le cadre du Pilier II du PMV relatif à la petite agriculture solidaire et vise

l'atténuation de la pauvreté rurale par la diversification et la croissance durable des revenus, notamment des femmes et des jeunes ruraux, par la promotion de

filières. (Voir Tableau 8 pour la liste des projets).

32. Stratégies de pays couvertes par l'ESPP. Le deuxième programme d’options stratégiques (COSOP) pour le Maroc couvrait initialement la période 2008-2014. Le COSOP s’articulait autour de trois objectifs spécifiques à savoir : i) Renforcement de la participation des communautés rurales dans le processus de développement;

ii) Promotion de l’accès des ruraux pauvres notamment des femmes et des jeunes, à des services financiers adaptés et durables; et iii) Amélioration de l’accès à l’eau et aux techniques agricoles améliorées (voir Tableau 7). Il a fait l’objet d’une revue en 2012, qui a permis d’apprécier la performance du Programme à travers les résultats des projets qui y ont contribué. En 2015, la durée du COSOP a été prorogée jusqu’à 2020, et ce pour prendre en compte la formulation d’un nouveau programme national de développement rural destiné aux zones de montagne du Haut et du Moyen Atlas, et pour s’aligner avec la fin du PMV. En Mai 2017, après revue et consultation au plan national, les objectifs du COSOP ont été reformulés pour tenir compte de l’évolution du contexte du pays et pour s’accorder avec les objectifs stratégiques 2016-2025 du FIDA (voir Tableau 7).

(15)

Tableau 7

Objectifs de la stratégie et du programme de pays du FIDA au Maroc

COSOP 200-92014 Examen des Résultats du COSOP 2017

Objectif global Améliorer, diversifier et pérenniser les revenus des femmes, des hommes et des jeunes ruraux pauvres contribuant aux Objectifs du Millénaire pour le Développement 1, 3 et 7 Objectifs

stratégiques

OS 1. Renforcer la participation des communautés rurales dans le processus de développement

OS 2. Promouvoir l’accès des ruraux pauvres, notamment des femmes et des jeunes, à des services financiers adaptés et durables

OS 3. Promouvoir l’accès à l’eau et aux techniques agricoles améliorées

OS 1 : Appuyer l’organisation des populations- cible et renforcer leurs capacités pour le développement territorial

OS 2 : Intégrer les petits agriculteurs dans le développement, à l’amont et à l’aval, de filières adaptées aux zones de montagne et faciliter leur accès à la technologie nécessaire, au financement et à des marchés rémunérateurs OS 3 : Adopter des techniques et promouvoir des pratiques et activités favorisant la résilience par rapport aux changements climatiques, l’utilisation durable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement.

Sources: COSOP 2007 et Note de stratégie pays 2017

33. Gestion du programme-pays. Depuis 2000, le pays a connu trois chargés de portefeuille (CPM) consécutifs du FIDA. À partir de 1996 les projets ont été

supervisés par l’UNOPS en tant qu’institution coopérante, jusqu’à la fin de 2008. A partir de 2009, les projets sont passés sous la supervision directe du FIDA. Le bureau de pays du Maroc est rattaché au Hub de l’Afrique du Nord, au sein de la Division Moyen Orient, Afrique du Nord et Europe (NEN) du FIDA. Le directeur de pays, en même temps chef du Hub, est le gestionnaire du portefeuille du Maroc. Il est basé au siège à Rome où il bénéficie de l’appui d’autres staff de la division. Le bureau de pays, ouvert en avril 2016, est actuellement hébergé par le PNUD et comprend un seul staff, le chargé d’appui au programme.

IV. Objectifs et méthodologie de l'évaluation

34. Objectifs. Les principaux objectifs de l'ESPP sont de: i) évaluer la performance de la stratégie et du programme de pays financés par le FIDA (en termes de résultats et les facteurs explicatifs); et ii) produire des conclusions et des recommandations pour l’amélioration du partenariat entre le FIDA et le Maroc visant à renforcer l'efficacité des activités de développement et d'éradication de la pauvreté rurale.

35. Méthodologie. L'ESPP, conformément aux orientations du Manuel d'évaluation du FIDA46, comprendra quatre domaines d'analyse, sur deux niveaux (Schéma 1). Le niveau 1 représente la dimension opérationnelle du programme de pays. Les trois domaines au niveau 1 sont analysés séparément, mais il sera accordé une

attention particulière aux synergies existantes entre eux et leur capacité à s'aligner mutuellement sur la stratégie du pays. Au niveau 2, représentant la dimension stratégique, l'évaluation de la pertinence et de l'efficacité de la stratégie de pays fournira une synthèse de l'évaluation des trois dimensions précédentes, les reliant aux objectifs du COSOP pour la période couverte. La performance du programme de pays dans chacun de ces quatre domaines sera évaluée sur une échelle de notation allant de 1 à 6 (1 étant la note la plus faible et 6 la plus élevée47). Ces différents aspects sont décrits ci-après.

46 http://www.ifad.org/evaluation/process_methodology/doc/manual_f.pdf

47 L'échelle de notation est: 1= très insuffisant; 2=insuffisant; 3=plutôt insuffisant; 4=plutôt satisfaisant; 5=satisfaisant; 6= très satisfaisant.

(16)

Schéma 1

Domaines d'analyse de l'ESPP

A. Performance du portefeuille de projets

36. En vue d'évaluer la performance des projets, les critères principales d'évaluation, suivants sont pris en compte48:

La pertinence: la mesure dans laquelle les objectifs des projets coïncident avec les besoins des bénéficiaires et du pays, les priorités du Fonds et les politiques des partenaires et des donateurs. Elle suppose aussi d'évaluer la cohérence dans la conception des projets pour l’atteinte des objectifs prévus.

L'efficacité: la mesure dans laquelle les objectifs à court terme des projets ont été atteints ou sont en train de l'être, compte tenu de leur importance relative.

L'efficience: la mesure dans laquelle les ressources (fonds, compétences spécialisées, temps…) des projets ont été converties en résultats de façon économique.

L'impact sur la pauvreté rurale: les effets, positifs et négatifs, induits par les interventions, directement ou non, sur les conditions de vie des ruraux pauvres. Quatre domaines d'impact seront considérés: i) les revenus et avoirs nets des ménages; iii) la productivité agricole et la sécurité alimentaire; ii) le capital humain et social; iv) les institutions et politiques.

La durabilité des avantages: la probabilité de pérennisation des acquis des projets après la cessa des financements extérieurs, en les risques contextuels.

37. En complément des critères susmentionnés, l'évaluation du FIDA intègre d'autres critères spécifiques à savoir:

L'égalité des sexes et autonomisation des femmes: la mesure dans laquelle les interventions du FIDA ont favorisé l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes, par exemple, en ce qui concerne l'accès et les droits des femmes aux actifs, ressources et services; leur participation au processus décisionnel; l'équilibre de la charge de travail et l'impact sur le revenu des femmes, la nutrition et les moyens de subsistance.

L'innovation: la mesure dans laquelle les interventions sont parvenues à introduire des approches novatrices de réduction de la pauvreté rurale.

Reproduction à plus grande échelle: la mesure dans laquelle les

48 L'ensemble des définitions des critères d'évaluation ci- dessous sont tirées du Manuel de l'Evaluation, Deuxième édition, Bureau Indépendant de l'Evaluation, FIDA, Novembre 2015.

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interventions ont été reproduites à plus grande échelle (ou le seront sûrement) à travers les programmes nationaux, des autres partenaires du pays, le

secteur privé et d'autres institutions.

La gestion de l'environnement et des ressources naturelles: la mesure dans laquelle les projets contribuent à des changements positifs dans la gestion des ressources naturelles et la protection de l'environnement.

L'adaptation au changement climatique: la contribution des projets à l'amélioration de la capacité des bénéficiaires dans la gestion efficace des risques climatiques (à court et à long terme), et l’amélioration de leur résilience face au changement climatique.

38. Couverture de l'évolution stratégique et des projets. Conformément au Manuel d'évaluation, les ESPP couvrent généralement une période d'environ 10 années. Dans le cadre de cette ESPP, la période retenue s'étend de 2008 à 2019 et couvrira le COSOP 2008 (prenant fin en 2020), ainsi que l'ensemble des projets mis en œuvre pendant la période (voir Tableau 8 ci-après).

39. Evaluabilité des projets couverts par l'ESPP dépend de leur état d'avancement. Le Tableau 8 présente les dix projets couverts par l'ESPP, et les critères d'évaluation pour lesquels ils seront évalués.

Tableau 8

Projets concernés par l'ESPP 2020

Nom du projet Entrée en

vigueur Clôture

Revue à mi- parcours

Statut

Aire géographique

(Provinces)

Critères d'évaluation

Projet de développement rural

Taourirt-Taforalt 16/10/1998 31/12/2009 06/11/2003 Clôturé

Taourirt, Berkane et Oujda Angad

Tous critères Projet de Développement Rural

dans les Zones Montagneuses de

La Province D’al Haouz 22/01/2002 30/09/2010 26/02/2006 Clôturé Al Haouz Tous critères Projet développement de l’élevage

et des parcours dans l’oriental

(PDPEO-II) 08/11/2004 31/12/2010 14/10/2009 Clôturé Figuig, Taourirt,

et Jerada Tous critères Projet de développement rural dans

le Moyen Atlas Oriental (PDRMO) 20/03/2007 31/03/2015 01/07/2012 Clôturé Boulemane Tous critères Projet de développement rural dans

les zones montagneuses de la

province d’Errachidia 16/09/2008 30/09/2014 03/12/2012 Clôturé Errachidia Tous critères Projet de développement des

filières agricoles dans les zones de montagne de la province d’Al Haouz (PDFAZMH)

21/09/2012 30/09/2019 09/10/2016 Clôturé Al Haouz Tous critères Programme de développement des

filières agricoles dans les zones de montagne de la province de Taza (PDFAZMT)

13/09/2011 30/06/2020 21/11/2015 En cours

Taza Tous critères sauf durabilité Programme de développement

rural des zones de montagne –

Phase I (PDRZM-I) 20/09/2013 31/03/2020 13/11/2017 En cours

Azilal et Sefrou Tous critères sauf durabilité Projet de développement rural des

montagnes de l’Atlas (PDRMA) 19/06/2017 30/06/2024 Pas disponible

En cours

Ouarzazate, Tinghiret Béni

Mellal

Pertinence, Efficience

Projet de développement rural des zones de montagne dans la région de Taza

Pas

disponible 30/06/2027 Pas disponible

en attente

de ratificati

on.

Taza Pertinence

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40. Données disponibles sur le portefeuille. L’évaluation peut compter, pour consolider sa base d’information, sur trois rapports de validation d’achèvement de projet, deux évaluations de la performance de projets et l’étude de cas sur les chaînes de valeur (voir paragraphe 2).49 Aussi, l’ensemble des projets disposent de documents relatifs aux différentes phases de leur état d’avancement respectifs (conception, supervision, mi-parcours, achèvement). Les rapports des études de référence de départ et d’impact à la fin, si disponibles, seront d’une grande utilité pour les recoupements d’informations.50

B. Activités hors-prêts

41. L'ESPP identifiera et évaluera les activités hors-prêts menées au cours de la période retenue. L'analyse des activités “hors prêt” portera sur trois éléments transversaux du programme de pays: la gestion des savoirs, le dialogue politique et

l'établissement des partenariats. Ceci inclura une appréciation des efforts associés du FIDA et du Gouvernement du Maroc dans ces activités. A cela s'ajoute un quatrième élément que constituent les dons. L'ESPP s'interrogera sur le rôle joué par les activités hors-prêts dans l'optimisation de l'impact des opérations du FIDA dans le pays. L'ESPP s'intéressera d'abord à la contribution des activités hors-prêts aux objectifs définis par les stratégies de pays, puis, le cas échéant, elle fera le point sur leur contribution à d'éventuels objectifs supplémentaires.

42. Gestion des savoirs. Dans le domaine de la gestion des savoirs, il s’agira d’apprécier la mesure dans laquelle les mécanismes de partage et diffusion des informations et savoirs générés ont contribué à l’efficacité du programme de pays.

Il aussi important d'évaluer les mécanismes institutionnels mis en place pour favoriser l’apprentissage mutuel, entre les acteurs des projets du FIDA d’une part, et entre les intervenants du secteur agricole en général d’autre part. En outre, l’appréciation de la contribution de ces aspects (voir Encadré 1) pour la mise à l'échelle des actions réussies du FIDA est aussi requise.

Encadré 1

Exemples d’actions hors prêts prévus par le COSOP 2008

Gestion des savoirs et communication

En partenariat avec la Banque Mondiale, il est prévu de constituer un groupe de travail sur le développement rural qui inclut tous les bailleurs de fonds et les instances publiques concernées pour capitaliser et échanger les expériences dans ce domaine. Le FIDA collaborera avec la BM dans le domaine de l’étude sur l’immatriculation foncière et participera à la réalisation d’études complémentaires sur cette question pour l’étendre aux zones rurales éloignées et enclavées. Cette collaboration sous-tendra les activités prévues sous l’objectif stratégique 2. Enfin, pour soutenir les objectifs de l’objectif stratégique 3, une étude sur la reconversion vers des filières plus adaptées et plus rentables dans les zones d’intervention du FIDA sera financée dans le cadre du don au Conseil Général du Développement Agricole.

Partenariats

Le programme-pays établira (entre autres) des partenariats avec :

- Les collectivités locales (Communes, Provinces et Régions), les agences de développement régional, les organisations de la société civile et le secteur privé pour assurer l’encadrement nécessaire et pour intégrer les PDC produits par les projets du FIDA dans les plans de développement communaux et régionaux.

- Le Ministère de l’Economie et des Finances et divers partenaires financiers (tels que l’AFD, la KfW et le Fonds JAIDA) pour le refinancement des AMC et une évolution de la loi sur le microcrédit.

- Le MCC pour l’harmonisation des interventions dans les domaines de la PMH, de la reconversion culturale et de l’intensification des systèmes de production, avec les Agences de bassin dans celui de la gestion des ressources en eau

Source : COSOP FIDA – Maroc, 2008

49Evaluation de performance pour : le Projet de développement rural dans les zones montagneuses de la province d’Al Haouz en 2014 et le Projet de développement rural dans le Moyen Atlas Oriental en 2017). A cela s’ajoutent trois validations de rapports d'achèvement de projets. Validation de rapport de fin de projet pour : Projet de Développement Rural Taourirt-Taforalt en 2011, Projet développement de l’élevage et des parcours dans l’oriental (PDPEO-II) en 2014 et Projet de développement rural dans les zones montagneuses de la province d’Errachidia en 2016.

50Lesdits rapports sont en cours de confirmation au moment de la rédaction du présent document. Ceux disponibles seront mis à la disposition de l’équipe d’évaluation pour exploitation.

(19)

43. Dialogue politique. L’analyse du dialogue politique, apprécie le rôle du FIDA dans l'influence des politiques gouvernementales sur la base des objectifs institutionnels du COSOP, comme par exemple l’amélioration du cadre législatif pour le

microcrédit, et pour la labellisation des produits (voir Annexe 2), ainsi que des thèmes prévus (implicitement ou explicitement). Il y a aussi les enseignements tirés dans le COSOP, avec la prise en compte du contexte des interventions de terrain au cours de la période évaluée.51

44. Partenariats. Au niveau des partenariats, il sera accordé un intérêt particulier à : (i) aux co-financements, (ii) à la contribution du FIDA aux efforts de coordination et d'harmonisation entre les acteurs (mécanismes de concertation entre

partenaires, pour accompagner les choix stratégiques de et harmoniser les approches d'interventions) dans le secteur agricole et (iii) les partenariats établis avec des acteurs non étatiques, du secteur privé et de la société civile.52. Une attention particulière sera accordée au partenariat entre les agences des Nations Unies basées à Rome (FAO et PAM) et les autres partenaires multilatéraux.

45. Dons. Le programme du FIDA au Maroc comprend une bonne vingtaine de dons au niveau national et régional. Les dons nationaux font partie de la couverture des initiatives à évaluer ainsi que la contribution des dons régionaux au programme de pays. L'annexe 4 fait état de la liste des dons et de leur volume financier respectif.

L'ESPP cherchera à répondre à des questions clés concernant le rôle joué par les dons et leur alignement dans le cadre de la stratégie pays du FIDA.53 Pour cela, le questionnement est comme suit: a) Quelles sont les difficultés et les contraintes rencontrées dans le cadre du programme de pays et qui ont été résolues par les dons? b) Dans quelle mesure les dons ont-ils permis d'améliorer la performance du programme-pays? L'ESPP devra apprécier notamment l'efficacité des dons pour le renforcement capacités des structures déconcentrées et des organisations locales (professionnelles agricoles), en termes de capacités et habiletés à jouer leur rôle d'appui et d'accompagnement des producteurs.54

C. Performance des partenaires

46. L'évaluation de la performance des partenaires dans la gestion du programme de pays, y compris certains aspects du processus, sera focalisée sur la performance du FIDA et du Gouvernement. L'évaluation comportera deux dimensions: i) la performance des partenaires au niveau des projets et des activités hors-prêts; et ii) les aspects plus généraux se rapportant à la gestion du programme de pays dans son ensemble et aux processus connexes.

47. L'examen de la gestion du programme de pays dans son ensemble est crucial, car le modèle opérationnel défini pour le pays est un facteur déterminant pour

l'atteinte des objectifs stratégiques, ou d'autres objectifs non prévus au départ.

L'ESPP s'intéressera à l'évolution de la présence sur le terrain du FIDA au Maroc et s'interrogera à déterminer dans quelle mesure l'établissement d'un bureau-pays a permis une meilleure coordination et supervision des activités du FIDA. Par ailleurs, il sera aussi apprécié l’efficacité des arrangements institutionnels et financiers mis en place pour la réussite du programme de pays au cours de la période considérée.

51Etant donné que la période de mise en œuvre du COSOP est longue, des thèmes nouveaux d’engagement sur les politiques apparaîtront en cours.

52Par exemple le COSOP (2008) mentionne explicitement que (p. 1) « En collaboration avec ses partenaires, interviendra pour introduire des améliorations dans la planification communautaire participative et dans l’organisation des populations ciblées, et pour harmoniser les démarches et approches d’intervention. »

53 Cette nouvelle approche d'évaluation des dons fait suite aux conclusions de la récente Evaluation au niveau de l'institution relative à la politique du FIDA en matière de financement sous forme de dons. Celle-ci a souligné l'importance d'un usage des dons qui soit conforme à la stratégie du programme-pays. L'évaluation exclusive des dons provenant du programme régulier de dons du FIDA, telle qu'elle était effectuée dans les ESPP précédentes, ne permettait pas de mettre en évidence la diversité des dons et des activités qu'ils financent.

54A cela s’ajoute la coopération Sud-Sud (SSTC) dans le contexte du Maroc, soutenu par un programme de dons.

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