ÉTUDE DU COMPORTEMENT
D’ANDRENA CARANTONICA PEREZ
AU COURS DE LA FLORAISON DES POMMIERS
DE LA VARIÉTÉ GOLDEN DELICIOUS
Yerhaltensstudie
anAndrena carantonica Perez während der Blütezeit
vonGolden delicious Apfelbäumen
J. CHANSIGAUD
Station de Recherches sur l’Abeille et les Insectes
Sociaux,
LN.R.A.91440 Bures-sur-Yvette
SUMMARY
STUDY OF THE
Andrena CC trClntottlca
BEHAVIORDURING THE BLOOMING OF THE GOLDEN DELICIOUS APPLE TREES
The author
keeps
Andrena carantonica Perez undergreenhouse
conditions in order to note the main characteristics of its nest, whilestudying
the behavior of this bee in the environment.The
flights
of A. carantonica takeplace
inspring
when Golden deliciousapple
trees areblooming.
The number of wild bees ispractically
the same between 10 °C and 16 °C whereas theproportion
ofhoney
bees is muchhigher
from 13 °C on. More over A. carantonicagathers
a rather
important quantity
ofpollen
from fruit trees. Forexample,
A. carantonica takes part in thepollination
of theapple
trees in the La Minière orchard near Versailles.However,
as far as
pollination
isconcerned,
theparticipation
of wild bees will have more influence on thefructification,
if the latter takesplace
at temperatures between 10 °C and 13°C,
these tempera- turesbeing
detrimental to theactivity
ofApis mellifica
L.RÉSUMÉ
L’auteur élève en serre Andrena carantonica Perez afin de noter les
principales
caracté-ristiques
du nid de l’abeille dont il étudie par ailleurs le comportement dans le milieu naturel.Les vols d’A. carantonica interviennent au
printemps,
au moment de la floraison des pom- miers Golden delicious. Le nombre des abeilles sauvages est à peuprès
le même entre 10 °C et16 °C tandis que la
quantité
d’abeillesdomestiques
estbeaucoup plus
élevée àpartir
de 13 °C.De
plus
l’Andrène récolte unequantité
relativementimportante
depollen
provenant des arbres fruitiers.Ainsi,
Andrena carantonicaparticipe
à lapollinisation
despommiers
du verger de La Minièreprès
de Versailles.Toutefois,
en matière depollinisation,
l’intervention de l’abeille sauvage auradavantage
d’incidence sur la mise à fruit si celle-ci seproduit
à destempératures
oscillant entre 10 °C et 13
°C;
cestempératures
étant défavorables à l’activitéd’Apis mellifica.
INTRODUCTION
Les abeilles sauvages que l’on
rencontre enmilieu rural dans les vergers de la région parisienne appartiennent pour la plupart à la famille des Andre- nidae. AP1 ASIEWICZ (1971)
afait la
mêmeconstatation à la
suited’une série de
prospections effectuées dans
unverger situé près de Lublin
enPologne.
Nous
avonscommencé l’étude des espèces dont les temps de vol
sontles
plus longs par rapport à la floraison des poiriers
etdes pommiers. En accord
avec
C HAMBERS (1946),
nouspensons
eneffet que le synchronisme
entrel’acti-
vité pollinisatrice
etles dates de floraison
estfonction de la durée plus
oumoins longue des périodes de vol. C’est la raison pour laquelle
nous avonschoisi de travailler
surAndrena carantonica Perez, (synonyme d’Andrena jacobi Perkins)
dont les temps de vol s’échelonnent depuis la
miavril jusqu’à la fin du mois de mai.
Le travail
estbasé
surl’étude de trois sujets principaux : le premier
concerne
la
structuredu nid; le second
a traità la fréquence relative des vols
en
fonction des variations de température; le troisième sujet
serapporte à la
nature
des charges de pollen d’ A. carantonica. Dans le second thème,
nouscomparons
au même momentle comportement de l’abeille sauvage
aveccelui
d’Apis mellifica.
1. - POSITION
SYSTÉMATIQUE - RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
CYCLE ET
PÉRIODE
DE VOL - ORGANES REPRODUCTEURSA l’intérieur de la superfamille des Apoïdea, Andrena carantonica appar- tient à la famille des Andrenidx dont le genre principal
estAndrena;
cegenre
a
été
notammentdécrit par H E mCxE (1930)
etM ICAENER (1944).
Divers
travauxmentionnent la présence d’A. carantonica
enEurope occidentale, moyenne
etseptentrionale, (C HAMBERS 1946, KocouxEx 1966).
Dans le bassin parisien, la période de vol des abeilles
commence aumois
d’avril
ets’achève
au coursde la dernière décade du mois de mai. Les pontes interviennent
aumois de mai. D’après
nosélevages, le développement larvaire
serait de
unmois environ
etl’apparition des premiers imagos interviendrait à la fin du mois d’août;
cesderniers n’émergeant du sol qu’au printemps de
l’année suivante.
Les ovaires
sont aunombre de deux
etchaque ovaire comporte trois ovarioles,
soitsix
autotal.
II. -
ÉLEVAGES
L’étude des abeilles primitives à l’extérieur présente de sérieuses diff l cultés :
tles populations
sont engénéral peu importantes, la découverte des sites de nidification
estaléatoire
et tout cequi
sepasse à l’intérieur du nid demeure caché. Les biologistes
ontdonc cherché à élever les abeilles primitives. Le précurseur
enla matière
estOvE M EIDELL qui, dès 1935,
construit unterrarium
lui permettant d’élever
certainesabeilles primitives. Plus tard, d’autres
chercheurs
commeB ATRA (1964), S TEINER (1965), S TOCKAMMER (1966)
mettentau
point des cages adaptées à l’habitat particulier des abeilles qu’ils désirent
étudier. Nous
avons nousmêmes mis
aupoint
undispositif qui permet d’obtenir la nidification d’Andrena carantonica.
Matériel
etméthodes
Le 30 avril
1973,
à l’aide d’un filetfauchoir,
nous avonscapturé
douze femelles d’A. caran-tonica sur les fleurs de Taraxacum sp dans le verger de La Minière
près
de Versailles. Ces abeilles ont été ensuiteplacées
dans une serre vitrée de 1,80 m sur1,50
m et de 1 m de haut. Constitué d’unmélange
de terre et desable,
le sol de la serreatteignait
uneprofondeur
de 50 cm.Pour construire leurs
nids,
les abeilles avaient le choix entre un limonargileux
et un limonsableux. La terre destinée à la nidification des abeilles a été
prélevée
à l’extérieur entre 20 cm et 40 cm deprofondeur;
elle était ensuite transferrée dans des boîtes en bois de 15 cm de côtéet de 40 cm de haut. Pour
chaque
type de sol nous avons constitué quatre boîtes de nidification, soit huit au total.La boîte de nidification
comprend
deuxparties amovibles, (Fig.
3A).
Cedispositif
permetl’observation
partielle
du nid dans la mesure où la motte de terre conserve sa forme initiale et ne s’effrite pas : il faut doncprocéder
parétape,
ne pas découvrir entièrement la motte de terre dont une moitié reste tour à tour solidaire d’un des éléments de laboîte,
au fur et à mesure desinvestigations, (Fig.
3B).
L’observation
partielle
du nid àlaquelle
nous venons de faire allusion concerne le conduitprincipal :
celui-ci se situefréquemment
sur l’un des côtés de la motte de terre; du conduitprin- cipal
partent lesgaleries
secondaires à l’extrémitédesquelles
aboutissent lescellules, (Fig.
3C).
Ces dernières ne sont pas
toujours visibles,
pasplus
d’ailleurs que lesgaleries
secondaires que l’on arrive à découvrir en creusant le sol à l’aide d’ungrattoir.
Commencée le 30
avril, l’expérimentation
s’est achevée à la fin du mois dejuin.
Pendantcette
période,
la terre des boîtes de nidification a étérégulièrement
humidifiée parpulvérisation
d’eau à la surface du sol toutes les
quarante-huit
heures. Au cours de la secondequinzaine
dumois de
juin,
les enceintes à l’intérieurdesquelles
les abeilles avaient nidifié ont été transferrées successivement aulaboratoire,
afin d’étudier la structure du nid conformément auxexplications
du
paragraphe précédent.
Nous avonségalement
évalué l’humidité de la terre des boîtes de nidification : un échantillon de terre dont lepoids
varie de 100 à 150 g a étéprélevé
tous les dixcentimètres à
partir
de la surface du sol de la boîte.Rappelons
que l’humidité du sol s’obtient par la différence entre lepoids
de terre humide et lepoids
de terre sèche d’un échantillonqui,
dans le cas
présent,
aséjourné pendant plusieurs jours
au laboratoire à unetempérature
situéeentre 20 °C et 25 °C. La valeur obtenue X 100
rapportée
aupoids
initial de l’échantillonrepré-
sente le pourcentage d’humidité.
Pour obtenir la nidification des abeilles dans des zones de terre
précises
il estindispensable
d’empêcher
celles-ci de nidifier au hasard dans la serre.Lorsqu’il s’agit
d’une enceinte peu volu-mineuse,
cela ne pose pas deproblèmes particuliers :
il suffit de recouvrir le sol d’une dalle enciment par
exemple
surlaquelle
ont étépercés
un certain nombre d’orifices.Chaque
orificeest destiné à recevoir une boîte de nidification dont les neuf dixième de la hauteur sont insérés dans la terre,
(Fig. 4).
Le
dispositif d’élevage
que nous venons de décrire ne constitue pas un terrarium compa- rable à celui de MEIDELL à l’intérieurduquel
lesApides
sont soumis à des conditions strictement artificielles. Nos Andrènes sont en effetplacées
dans une serre et restentdépendantes
de cer-tains facteurs
abiotiques
du milieu naturel,(température
et duréed’éclairement).
Structure du nid
Il
estdélicat d’interpréter des résultats provenant d’une cage d’élevage :
l’obtention d’une construction atypique
esttoujours possible lorsque la vie
de l’insecte s’écarte du milieu naturel. C’est pourquoi
nous nerelatons ici que les caractéristiques du nid susceptibles de
sereproduire dans la
nature.A partir des 12 Andrènes qui
ontété récoltées,
nous avonsobtenu
endéfinitive cinq nids, lesquels
ontété approvisionnés
enpollen : quatre
ontété construits dans le limon sableux
et undans le limon argileux, (tableau 1).
Le diamètre de l’entrée du nid
estde 8
mm etla hauteur du tumulus qui
l’entoure de 20
mmenviron, (figure 5).
Quel que soit le type de sol, le conduit principal atteint
uneprofondeur de
20 à 30
cm.Le diamètre du conduit principal
etdes galeries secondaires
estde 5
mm.Les cellules
sontgénéralement construites
entre15
et30
cmde profondeur
dans
une zoneoù l’humidité du sol
estde 18-20 % pour
unlimon argileux
etde
11-12
% pour
unlimon sableux, (tableau 1).
Les divers types de nids des abeilles primitives
sontdéfinis par la position
des cellules dans le sol :
cesdernières
sontplacées bout
àbout,
soitpédonculées,
soit sessibles,
soitconcentrées
en unrayon
souvententouré d’une cavité. Dans,
le sol, la cellule du nid d’A. carantonica
est enposition horizontale; prolongeant
la galerie secondaire, elle peut
êtreà
unedistance de 20
mmdu conduit prin- cipal, (figure 6). Il s’agit par conséquent d’une cellule pédonculée dont la longueur
estde 15
mm.Comme chez la plupart des abeilles primitives, la cellule présente
unesymétrie bilatérale, (figure 7).
Description de l’ceuf
L’oeuf de couleur blanche
mesure entre2,1
et2,3
mm,(figure 8); légère-
ment
courbé
en arc,il
estpondu à la face supérieure de la balle de pollen.
Durée de développement
La température moyenne hebdomadaire de la
serrepour la période du
30 avril
au15 juin
aété de 18 °C, (1:
1°C).
Le
11juin,
nous avonstransferré de la
serre aulaboratoire
uneboîte de nidification dans le but d’observer l’état de croissance des larves. Parmi les larves que
nous avonsretirées de leurs cellules, certaines étaient
enfin de développement. Élevées
aulaboratoire à l’obscurité
cesdernières
ontpris le
stade prénymphal à la fin du mois de juin
et audébut du mois de juillet. Les nymphes
sontapparues à la fin du mois de juillet
et audébut du mois d’août.
Nous
avonsobtenu des imagos à la fin du mois d’août, soit
centjours environ après les premières pontes qui
ont eulieu
au coursde la seconde quinzaine du
mois de mai. Étant donné qu’il s’agit vraisemblablement d’une espèce univol-
tine ce
résultat laisse supposer que l’insecte hiverne à l’état adulte dans les conditions naturelles.
III. -
FRÉQUENCE
RELATIVE DES VOLS D’A. CARANTONICA EN FONCTION DES VARIATIONS DETEMPÉRATURE
Les abeilles sauvages que l’on
rencontre auprintemps
surles fleurs des
arbres fruitiers
onthabituellement
unseuil thermique d’activité inférieur à celui de l’abeille domestique. Cette constatation
aété faite
notammentpar B
OHART (1952). Ainsi, l’activité d’A. carantonica
estmoins perturbée que celle
d’Apis me l li,fica à des températures inférieures à 13 °C, (températures moyennes relevées à 2 M
sousabri).
Sans préjuger de la valeur pollinisatrice de l’abeille, le fait mérite d’être
souligné
au momentoù les spécialistes s’accordent à reconnaître qu’une polli-
nisation précoce
estindispensable
pourla
miseà fruit, lorsque l’année
estfroide,
compte
tenudu développement ovarien de la fleur, (W. H. H EYDECKER , 1972).
Matériel
etméthodes
Les observations ont été faites en 1971 dans le verger de La Minière
près
de Versailles surdes
pommiers
en fleurs de la variété Golden delicious. Isolé au milieu d’uneplaine
où dominentles cultures
céréalières,
ce verger constitue l’une desprincipales
sources depollen
pour lesApides
sauvages semultipliant
auprintemps
dans cebiotope.
Les dénombrements d’abeilles ont été
entrepris
du 30 avril au 5mai;
ils coïncident avec le début et la fin de la floraison despommiers. Chaque jour,
le matin de 10 à 11h, l’après-midi pendant
uneheure,
entre 13 et 15h,
nouscomptions
les abeillesdomestiques
et sauvagespré-
sentes sur les fleurs.
Contrairement aux deux années
précédentes,
les comptages n’ont pas été faits sur l’en- semble du verger maisuniquement
sur les sixpremières
haies fruitières de lapartie
sud du ver-ger. Pendant une
heure,
nous nous sommesdéplacés
lelong
desrangées d’arbres,
sansjamais
repasser à la même
place;
lelaps
de temps nécessaire aux observations dechaque
rang d’arbres étant de dixminutes.
La surface que nous avons ainsiprospectée représente
lecinquième
de lasurface totale du verger
qui
est de deux hectares. Nous n’avons pas effectué de capturessysté- matiques d’insectes, excepté
pour A. carantonica :quelques
individus ont étécapturés
pour être déterminés au laboratoire. La méthode des comptages est donc visuelle :Apis mel l i,fica
etAndrena carantonica sont les seules
espèces qui
ont été déterminéessur-le-champ.
Nous avons, p arconséquent, entrepris
au même moment trois comptages distincts : les deuxpremiers
concernent
respectivement
A.mellifica
et les abeilles sauvages engénéral, (sauf A. carantonica);
le troisième comptage étant réservé aux individus de cette dernière
espèce, (tableau 2).
Comme nous
l’indiquions
dans uneprécédente publication,
cette méthode al’avantage
dedonner un meilleur éventail des
espèces présentes
étant donné laprolongation
des observationspendant
une heure. Par contre, il est certain que sur unlaps
de temps aussilong,
les chances derecenser
plus
d’une fois un insecte ne sont pasnégligeables.
C’est d’ailleurs la raison pourlaquelle
on effectue les comptages sur unepériode plus
courte. De cefait,
les effectifs ne peuvent être considérés comme absolus. Nous utilisons donc le motfréquence
pourdésigner
laquantité
d’abeilles observées car, dans le cas
présent,
ce termeintègre
un facteur mobilité des insectesqui
favorise l’abeilledomestique plus
mobile que les abeilles solitaires.Ainsi, d’après
les dénom-brements effectués
pendant
uneheure,
le matin etl’après-midi,
nous pouvons connaître la fré- quence relative des abeilles appartenant à l’une desespèces
ci-dessus par rapport au total desobservations, (pour
l’ensemble desabeilles), pendant
le même temps et sur le même parcours.Répartition des populations d’abeilles sauvages
Dans la partie du verger que
nous avonsprospectée, la population des
abeilles sauvages y compris celle d’A. carantonica représente
enfin de matinée
34,5 %
et endébut d’après-midi 21,2 % du total des Apides dénombrés,
(oolonnes 6 + 7 du tableau 2). Parmi les abeilles sauvages, la population
d’A. carantonica
estla plus importante : elle représente selon l’horaire des
comptages 26 % puis 15 % du total des pollinisateurs dénombrés.
Activité de vol d’A. carantonica
etd’Apis mellifica
Le nombre des pollinisateurs sauvages,
notammentcelui des abeilles de
l’espèce A. carantonica
resterelativement stable
au coursde la journée tandis
que la fréquence relative des vols de l’abeille domestique
estbeaucoup plus
élevée l’après-midi par rapport à la matinée, (tableau 2, colonnes 5-6-7).
Dans le but de comparer le comportement d’A. carantonica
aveccelui
d’Apis mellifica principal pollinisateur des arbres fruitiers, rappelons que
l’activité de vol des abeilles domestiques
estfaible à
unetempérature inférieure
à 13 °C, (L A1 VG RIDGE 1970). Ainsi,
au coursde la floraison, l’augmentation du
nombre des abeilles domestiques
entre10
et11 h
estdue à l’élévation graduelle
de la température :
nousobservons
unecorrélation très positive
entreles deux paramètres, (tableau 3). L’accroissement de la population des abeilles domes-
tiques
intervient surtoutà partir de 13 °C; la fréquence relative des vols variant du simple
audouble
entre12,8 °C
et13,5 °C, (tableau 3). Par contre, il n’y
apas de relation de
causeà effet
en cequi
concernela population d’A. carantonica dont le nombre d’individus
està peu près
constantde 10 °C à 16 °C, (tableau 3).
IV. - NATURE DES CHARGES DE POLLEN D’A. CARA1VTO1VICA
Les abeilles solitaires
ousociales
nevisitent pas n’importe quelle fleur : il
existe
unespécificité alimentaire. Mais, très peu d’abeilles récoltent le pollen
sur une
seule plante; la majorité d’entre-elles
visite ungrand nombre de fleurs appartenant à différentes espèces végétales. Cependant,
enprésence de plusieurs
sources
de pollen, certaines abeilles dites oligolectiques fréquentent
unnombre
limité de plantes. Ainsi, à partir d’une étude des charges de pollen, C HAMBERS (1946)
amis
enévidence la préférence d’Andrena varians Kirby
etd’Andrena
hcemorrhoa Fabricius pour le pollen des arbres fruitiers.
Les espèces oligolectiques
ontgénéralement
uneadaptation à la plante
hôte : l’activité des abeilles
estplus
oumoins synchronisée
avecla floraison des plantes à proximité desquelles elles nidifient. Andrena carantonica paraît
à
cesujet bien adaptée
aucycle végétatif des pommiers du verger de La Minière. Aussi
avons nousjugé intéressant de
testerle degré de spécificité
alimentaire de l’abeille sauvage à l’intérieur de
cebiotope.
Matériel
etméthodes
Les
charges
depollen
que nous avonsanalysées proviennent
d’insectescapturés
sur lesfleurs des
pommiers
les 6 et 7mai;
c’est-à-dire tout à fait en fin de floraison. Trois fois parjour,
le matin à 11
h, l’après-midi
à 14 h et 17h,
nous récoltionschaque
foiscinq
abeilles au hasarddu verger, soit 15 abeilles par
jour.
Nous avons ainsiprélevé
30 insectes pour les deuxjournées
consécutives. Les
Apides
étaient ensuite tués au cyanure et lescharges
depollen
retirées des organes collecteurs.La méthode de
préparation
despollens
est cellequi
estpréconisée
par LouvEAux etMauaizio
(1970) :
lescharges
depollen
sont mises ensuspension
dans de l’eau distillée.Quelques
gouttes de la
suspension
sont ensuiteprélevées puis placées
à la surface d’une lame surlaquelle
le
pollen
adhèrelorsque
leliquide
estévaporé.
L’élimination des substanceslipidiques
dupollen
s’effectue par une série de
lavages
à l’alcool 100° et à l’étheréthylique.
Une goutte deglycérine- gélatine
est ensuitedéposée
sur lapréparation
que l’on recouvre d’une lamelle. L’étude d’une tellepréparation
porte en moyenne surplus
de 400grains
depollen.
Les différentes provenances du
pollen
sontindiquées
dans le tableau 4. Les fleurs d’ad- ventices ou deplantes
cultivées environnantes étaient surtout constituées mises à part celles despommiers,
depissenlits
et de colzas au même stadephénologique
que les arbres fruitiers.Nous avons
regroupé
lespollens
peu nombreux provenant de diverses sources,(Chêne,
Bourse àpasteur...), dans
la dernière colonne du tableau 4.Résultats
Il est
intéressant de
constaterque les récoltes de pollen
serépartissent
essentiellement
entreles pommiers
etles colzas, (tableau 4). Or,
cesderniers
sont
environ à
unkilomètre du verger tandis que les Taraxacum
enfleurs
sont auvoisinage immédiate des arbres fruitiers. Il y
adonc de la part de l’abeille sauvage
unepréférence marquée
pourle pollen des fleurs des pommiers
etdes
colzas.
CONCLUSION
La nidification d’A. carantonica
en serre intervientdans
unlimon argileux
ou un
limon sableux. Cependant,
cedernier semble plus propice
àla nidification
lorsque la
terre estprélevée
surle terrain à
uneprofondeur de
30 à40
cm.L’étude du comportement d’A. carantonica
auprintemps pendant la
floraison des arbres fruitiers fait apparaître, d’une part
uneactivité de vol inférieure à celle de l’abeille domestique, d’autre part
undegré certain de spécificité alimentaire. Ce dernier critère indique que l’abeille sauvage participe
à la pollinisation des pommiers du verger de La Minière. Toutefois, l’activité pollinisatrice de l’Andrène n’intervient pas immédiatement après l’émergence :
la femelle s’alimente
surles fleurs pendant quelques jours
et cen’est vraisem- blablement qu’à partir d’un certain stade de développement ovocytaire qu’elle
commence à
construire
sonnid
età récolter du pollen. De
cefait, la partici- pation de l’abeille
àla pollinisation
seraplus efficace si l’état de maturité auquel
nous venons
de faire allusion coïncide
avecle début
etla pleine floraison,
aumoment où
précisément les températures peuvent
êtreinférieures
à 13°C;
ces
températures étant défavorables à l’activité d’Apis mellifica.
Reçu
pourpublication
en mai 1975.Eingegangen
im Mai 1975.REMERCIEMENTS
Nous remercions Madame ROGER
Sylviane
du laboratoire de Bures-sur-Yvettequi
a bienvoulu se
charger
de la détermination despollens.
ZUSAMMENFASSUNG
Die
Wildbienen,
denen man im ländlichen Milieu des Pariser Gebietesbegegnet, gehören
zumeist zur Familie der Andrenidae. ANASIEWICZ
(1971)
hat im Verlauf einer Reihe vonUntersuchungen
in einerObstanlage
in der Nähe vonLublin/Polen
diegleiche Beobachtung gemacht.
Wir haben unsere
Untersuchungen
mit den Artenbegonnen,
derenFlugzeiten
im Verhält-nis zur Blütezeit der Birnen- und
Apfelbäume
amlängsten
dauern. InÜbereinstimmung
mitC H
nrtsEas
(1946)
sind wir tatsächlich derAnsicht,
dass derSynchronismus
vonBestäubungs- tätigkeit
und Blütezeiten eine Funktion der mehr oderweniger lange
währendenFlugperioden
ist. Aus diesem Grunde haben wir Andrena carantonica Perez
(Synonym
Andrenajaco6i
Per-kins),
derenFlugzeit
sich von MitteApril
bis Ende Maierstreckt,
für unsere Arbeitausgewählt.
Die Arbeit
gründet
sich auf dieUntersuchung
dreierHauptfragen :
die erste betrifft dieNestanlage,
die zweite bezieht sich auf die relativeHäufigkeit
derFlüge
alsFolge
vonTempe- raturschwankungen,
die dritte befasst sich mit derZusammensetzung
der Pollenlasten vonAndrena carantonica. Im zweiten
Fragenkomplex
wird das Verhalten der Wildbienen mit demvon
Apis mel l ifica
L. zumgleichen Zeitpunkt verglichen.
Das Ziel der im Glashaus
durchgeführten
Aufzuchten war dieErforschung
derNestanlage
dieser Biene. Eine
Erläuterung
derErgebnisse
istjedoch
rechtschwierig,
da esjederzeit möglich ist,
eineatypische
Nestkonstruktionanzutreffen,
wenn sich das Leben des Insekts ausserhalb des natürlichen Milieusabspielt.
Deshalb berichten wir hier nur vonNesteigenschaf-
ten, wie sie vermutlich in der freien Natur ebenfalls vorkommen.
Beim Nestbau hatten die Bienen die Wahl zwischen einem
tonigen
und einemsandigen
Lehm. Der Nestbau
erfolgt
in beidenBöden,
doch wird dersandige
Lehm von den Bienenbevorzugt,
da die Erde 30-40 cmausgehoben
wird.Wie auch der Boden beschaffen sein mag, der
Hauptgang
erreicht eine Tiefe von 20-30 cm.Im
allgemeinen
sind die Zellen bei 18-20% Bodenfeuchtigkeit
imtonigen
Lehm und 11-12%
Bodenfeuchte im
sandigen
Lehm zwischen 15 und 30 cmlang.
Die verschiedenen
Nesttypen
derprimitiven
Bienen werden durch dieLage
der Zellen im Boden bestimmt : sie stossenaneinander,
sindgestielt
oderungestielt,
manchmal zu einerWabe
zusammengefasst
und von einer Grubeumgeben.
Die Brutzelle von A. carantonica
liegt waagerecht
in derErde;
beiVerlängern
des Neben-ganges kann sie 20 mm vom
Hauptgang
entfernt sein(Abb. 6). Folglich
handelt es sich umeine
gestielte
Zelle von 15 mmLänge.
Mit beendeter
Entwicklung
haben sichLarven,
die wir vom Glashaus ins Laborgebracht haben,
gegen EndeJuli/Anfang August
verpuppt. DieImagines schlüpften
EndeAugust
oderAnfang September.
Da es sich um eine Arthandelt,
die nur eine Generation im Jahr hervor-bringt, liegt
dieVermutung nahe,
dass das Insekt unter natürlichenBedingungen
alsImago
überwintert.
Die
Flüge
von A. carantonicaerfolgen
imF’rühling
zur Blütezeit der Golden delicious-Apfelbäume.
BeiTemperaturen
zwischen 10 °C und 16 °C kann die Zahl derfliegenden
Wild-bienen als konstant
angesehen
werden.Dagegen
nimmt die Zahl derfliegenden
Individuen vonApis mellifica
beiTemperaturen
über 13 °C stark zu.(Tab.
2 u. 3; s. 8 u.9).
Ausserdem sam-melt Andrena eine
verhältnismässig
bedeutendeMenge
Pollen aus den Obstblüten. Der Pollen wirdhauptsächlich
ausApfelblüten
und ausRaps
geerntet, obwohl dieRapsfelder
etwa 1 kmvon der
Obstanlage
entferntsind,
während in unmittelbarer Nähe der Löwenzahn blüht. In diesemBiotop zeigt
die Wildbiene eineausgesprochene
Vorliebe für Obst- undRapspollen.
Die
Untersuchungen
des Verhaltens von Andrena carantonica machendeutlich,
dass es sich einerseits um einegeringere Flugtätigkeit
als beiApis mel l ifica handelt,
andererseits umeinen
gewissen
Grad von Besonderheit derErnährung.
Dies letzte Kriterium deutetdaraufhin,
dass Andrena an der
Bestäubung
derApfelblüten
in derObstanlage
von La Minière bei Ver- saillesbeteiligt
ist.Allerdings
setzt diePollensammeltätigkeit
nicht unmittelbar nach demSchlüpfen
ein. Das Weibchen ernährt sich zunächst ein paarTage
auf denBlüten,
und wahr- scheinlichbeginnt
es erst mit Erreichen einesgewissen
Stadiums derOvarentwicklung
mit demNestbau und dem Pollensammeln. Aus diesem Grund wird der Anteil dieser Bienen an der
Bestäubung
wirksamersein,
wenn derangesprochene
Reifezustand mit demBeginn
der vollenBlüte
zusammenfällt,
zu einer Zeit alsoeintritt,
wo dieTemperaturen weniger
als 13 °C betra-gen können und somit für die
Tätigkeit
vonApis mel l ifica ungünstig
sind.RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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