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HAL Id: tel-01776465

https://hal.univ-lorraine.fr/tel-01776465

Submitted on 24 Apr 2018

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registres de martelages du XVIIIe siècle : Essai de biogéographie historique

Xavier Rochel

To cite this version:

Xavier Rochel. Gestion forestière et paysages dans les Vosges d’après les registres de martelages du XVIIIe siècle : Essai de biogéographie historique. Histoire. Université Nancy 2, 2004. Français.

�NNT : 2004NAN21030�. �tel-01776465�

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AVERTISSEMENT

Ce document est le fruit d'un long travail approuvé par le jury de soutenance et mis à disposition de l'ensemble de la communauté universitaire élargie.

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col Université Nancy 2

joctorale Langages,Temps, Société

-

Gestion forestière et paysages dans les Vosges d'après les registres de martelages du XVllle siècle

Thèse de doctorat N.R. en géographie Soutenance : 28 mai 2004

JURY

M. Paul Arnould, Professeur à I'Ecole Normale Su périeu re

M.Yves Bastien, Ingénieur en chef du G.R.E.F, Professeur de sylvicdture à IIE.N.G.R.E.F.

Mme Andrée Corvol, Directeur de Recherches au C.N.R.S.

M. Jean-Jacques Dubois, Professeur à l'Université de Lille I M. André Humbert, Professeur à l'université IVancy 2

M. Jean-Pierre Husson, Professeur à l'université Nancy 2, directeur de thèse

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Avant-propos

Ce travail n'aurait pas été entrepris ni achevé sans le soutien de M. Jean-Pierre Husson qui, par sa disponibilité, son sens critique et ses conseils attentifs, s'est montré le directeur de thèse idéal.

Mes remerciements vont également à Mme Andrée Corvol et MM. Paul Arnould, Yves Bastien, Jean-Jacques Dubois et André Humbert pour avoir accepté de faire partie du jury.

Aucun travail de recherche qui se veut sérieux n'est purement personnel ; celui- ci doit beaucoup à tous ceux qui l'ont inspiré, nourri, aidé sous quelque forme que ce soit. Merci aux enseignants du département de géographie de l'université Nancy 2, avec une mention particulière à Laurent Wahl pour avoir réussi m e supporter avec patience, pendant les dernières semaines, dans notre mètre cube de bureau ; ainsi qu'à Dominique Brion au CERPA, Waltraud Koerner, Jean-Luc Dupouey qui m'a accueilli à de nombreuses reprises au centre 1.IV.R.A. de Charripenoux, Monsieur Jean-Claude Rameau avec lequel j'ai eu le privilège de redécouvrir les forêts du Cantal sous un jour que je ne connaissais pas, Mme Elisabeth Johann de l'Université de Vienne, Ian D.

Rotherham, mon frère Olivier et Francis Vottero pour leurs conseils en informatique, Marion Amalric et Aline Stevenoot à Lille, Jean-Paul Rothiot, Guillaume Huot-Marchand, Charles Kraemer et les archéologues du LAM-Est, Seb Jeandemange et Jean-Marie Blaising du P.C.R. «anthropisation du milieu rural durant les périodes historiques en Lorraine», le personnel des bibliothèques et des services d'archives que j'ai été amené à fréquenter : Archives départementales des Vosges, Archives départementales de Meurthe-et-IYoselle, bibliothèque de IIE.N.G.R.E.F., bibliothèque inter-universitaire de Nancy 2, centre de documentation de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Nancy, mairie de Raon-I'Etape, niédiathèque du Tilleul de Gérardmer, et bibliothèques municipales de Nancy, Epinal, Remiremont.

Ce travail n'aurait pu être mené à bien sans le soutien de mes parents. Qu'ils en soient remerciés ici, mais aussi et surtout pour avoir su éveiller chez moi, très tôt, l'amour du grand air, de la montagne, et de la forêt vosgierine.

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Introduction

Au premier janvier de l'an 2000, un quotidien dfEpinal publiait les résultats d'~in sondage sur les Vosges vus par les Vosgiens1. Parmi les emblèmes susceptibles de mieux représenter le département, les forêts de sapin arrivaient largement en tête avec 44 O/O des réponses, loin devant les images dlEpinal (16 %), la montagne (14 %) et un quatrième symbole lui-même lié à la forêt, la ligne bleue des Vosges (13 O/O). Le sapin apparait donc corrime I'erriblème indiscutable d'un département dont il n'occupe pourtant que le tiers oriental ; on souligne son importance dans l'économie et les dangers qui le menacent, tout en faisant preuve à son sujet d'une naïve ignorance révélée par l'inévitable couplet sur les pluies acides, qui ont «écrété sa cime et fait tomber ses épines».

Le passé de ces forêts si présentes, si profitables, et pourtant si méconnues, est encore obscur à certains égards, au delà des clichés de la schlitte et du sagard, I I est vrai que les archives relatives à la gestion des forêts sont souvent abondantes dès les débuts de I'Epoque Moderne. Comment une richesse aussi vitale que la forêt pourrait- elle être passée sous silence dans les écrits qui nous sont parvenus, en particulier dans un espace montagnard qui en tirait l'essentiel de ses ressources, par I'exploitation du bois et le pâturage des troupeaux ? Aussi des historiens et des géographes ont-ils pu utiliser avec profit les archives de I'Epoque Moderne, notammment, contribuant ainsi au mouvement récent qui a conduit les spécialistes de diverses disciplines à s'intéresser de plus en plus près au passé des paysages que l'on dit naturels. Mais I'exploitation des archives a surtout été profitable en ce q ~ i i concerne les forêts de basse altitude.

La gestion des forêts peut être approchée à partir d'un type de soLirces particulièrement fécond : les registres de martelages, où étaient enregistrées toutes les opérations effectuées sur le terrain par les forestiers. Ces documents ont déjà été utilisés avec grand profit en ce qui concerne des forêts de plaine ou de basse altitude, exploitées selon les prescriptions de la fameuse ordonnance de 1669. Mais ils n'ont encore été utilisés systématiquement dans aucun massif montagneux. I I en résulte un flou entourant la gestion passée des forêts de montagne avant le Code forestier de 1827 et les innovations du XIXe siècle.

A lire certains auteurs, il n'y a pas de gestion du tout : les sociétés montagnardes défrichent, se servent en bois pour leurs besoins immédiats ; le commerce du bois est absent de ces régions forcément inaccessibles, ou du moins enclavées. Certains vont jusqu'à affirmer que la sylvicuture n'y existe pas au XVIIIe siècle2. Les forêts de montagne sont donc sous-exploitées, si ce n'est à travers quelques abattages de bois de mâture3. Chez d'autres auteurs domine une vision catastrophiste héritée du discours des reboiseurs du XIXe siècle. Le pasteur montagnard est un destructeur de forêts ; il ne cherche qu'à étendre ses pâturages, et déclarera une guerre des Demoiselles à qui voudra l'en empêcher. Dans la plupart des cas, on considère que les techniques mises en oeuvre ne peuvent être que primitives4. La montagne n'est-elle pas Lin lieu

'

La Liberté de l'Est, «regard sur un siècle vosgien», supplément au numéro du samedi l e r janvier 2000.

'

Gény 1971.

Guinier, Oudin, Schaeffer, 1947, p. 219-220 ; Jacamon 1983 ; Moriniaux 2000, p. 48.

Jéhin 1993, index, «furetage ou jardinage».

3

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d'archaïsmes ? Les efforts des forestiers pour étendre les forêts résineuses ne peuvent dater que de la grande époque de la sylviculture française, à partir du second quart du XIXe siècle.

I I est vrai que quelques travaux de valeur ont contribué à estomper les idées reçues. Mais les registres de martelages peuvent permettre d'éclairer mieux encore la genèse de nos paysages forestiers. Leur étude systématique à l'échelle du versant lorrain des Vosges a donc été entreprise. Trois axes fondamentaux ont été explorés.

- Le premier axe concerne les paysages. La plupart des cantons forestiers exploités sont décrits en détail à chaque procès-verbal de martelage ; on dispose surtout de données chiffrées particulièrement intéressantes, portant sur les essences représentées et la structure du peuplement. I I est ainsi possible de reconstituer un paysage forestier à l'échelle d'un petit massif, ou de cartographier des données à une échelle plus large, par exemple sur le territoire d'une maîtrise,

- Le second axe concerne la gestion des paysages forestiers ainsi décrits. Que ce soit dans les forêts feuillues collinéennes ou montagnardes, ou dans les forêts mixtes d'altitude, les registres de martelages apportent toutes les informations nécessaires à la compréhension des techniques sylvicioles de I'Epoque Moderne.

- Le troisième axe est à la jonction des deux premiers : il s'agit d'étudier I'irripact de la gestion forestière sur les paysages forestiers. On a cherché à comprendre, en particulier, comment et pourquoi les activités humaines ont pu marquer la composition des forêts. Entre I'avalaison du sapin, la proportion de feuillus au sein des forêts mixtes, la disparition presque complète des chênaies montagnardes, cette problématique est particulièrement riche.

Ce travail de biogéographie historique s'organisera en trois volets. I I s'agira dans un premier temps d'en cerner les enjeux, par un état des lieux suivi d'un état de la question, d'établir un recensement des sources utiles et en particulier des registres de martelages, puis de présenter un protocole d'étude qui se veut adapté à la nature très particulière des sources utilisées.

L'étude en elle-même suivra une démarche, désormais classique en géographie, de progression scalaire. La forêt vosgienne sera donc abordée dans le cadre des flux régionaux qu'elle induit à l'époque considérée, puis dans le cadre des paysages vosgiens dans leur ensemble, et enfin seulement en elle-même. Comment expliquer, en effet, la gestion appliquée à une forêt si l'on ne connaît pas le contexte dans lequel elle est mise en oeuvre, les motivations des gestionnaires, les enjeux liés à l'exploitation des forêts? Plus concrètement, peut-on comprendre que les forestiers favorisent telle ou telle essence sans connaître sa valeur, pour les populations environnantes et pour les propriétaires des forêts ?

La seconde partie sera donc consacrée à la place de la forêt vosgienne dans un cadre large, d'abord à l'échelle des échanges régionai~x qu'elle alimente, puis dans le cadre des géosystèmes communautaires montagnards. La troisième partie ainsi préparée abordera enfin les espaces boisés eux-mêmes au travers des trois axes de recherche défirris.

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Premiere partie

Une approche rétrospective des paysages forestiers vosgiens

Le versant lorrain du massif vosgien est un espace éminemment forestier ou, pour reprendre les mots du géographe Georges Savoi-iret, une «montagne-forêt». Le taux de boisement, voisin de 70 O/O, fait de l'arbre une réalité paysagère incontournable qui marque aussi bien l'économie régionale que les mentalités. Les Vosges lorraines représentent donc un terrain d'études potentiellement fécond en matière de biogéographie historique. En effet, l'exploitation de la ressource forestière n'y est pas récente ; corrime toute activité lucrative, elle a laissé des archives abondantes qui témoignent de l'enjeu qu'elle représente depuis longtemps.

L'exploitation ici entreprise de ces archives bénéficie du développement des thématiques environnementales lors des trois derriières décenriies, au sein de différentes disciplines ; elle s'appuie sur un mouvement récent qui s'attache spécialement à prendre en corripte le passé des paysages dits « naturels », soit pour éclairer leur genèse, soit pour aider à leur gestion.

Cette première partie a pour objectif d'exposer le contexte et la nature de ce travail. Se succèderont ainsi un état des lieux et un état de la question, le tout étant clos par l'exposé des objectifs de l'étude et des méthodes employées.

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P.P.

Les forêts de montagne en France et dans les Vosges : un état des lieux

1.1.1. Un emblème, un enjeu

1:l s'agit ici de présenter les forêts concernées par cette étude en respectant la démarche multiscalaire propre à la géographie : avant d'aborder plus précisément le terrain d'étude défirii, il convient de replacer les forêts étudiées dans un cadre plus large. L'Inventaire Forestier National distingue trois grands groupes au sein des régions forestières françaises : les forêts des plaines et collines, les forêts méditerranéennes et les forêts de montagne. Le massif vosgien relève évidemment de la dernière catégorie, où plus qu'ailleurs, la forêt est omniprésente, productive et fragile. Elle représente de ce fait un emblème, un enjeu capital et un terrain d'études fécond.

Si la montagne française est un milieu éminerriment forestier, c'est d'abord parce que les taux de boisement y sont particulièrement élevés. D'après l'Inventaire Forestier National, alors que la forêt occupe 27 O/O de la France métropolitaine, elle occupe 4 1 O/O des régions forestières de montagne, et 70 O/O du massif vosgien.

Cette présence forestière qui marque si fortement le paysage et les esprits va aujourd'hui en s'accroissant. Si à l'échelle des deux dernières décennies, le taux de boisement est relativement stable dans les Vosges, le Jura et les Alpes, il est en augmentation constante sur le pourtour du Massif Central, notamment.

- Les massifs montagneux ne se distinguent pas seulement par leur imposante masse forestière, mais aussi par la richesse des peuplements. Au sein-de la forêt française, les volumes sur pied les plus importants se trouvent dans les forêts d'altitude : les trois départements dans lesquels ils dépassent en moyenne 250 mètres cubes par hectare sont les Vosges, le Bas-Rhin et la Haute-Savoie. Dans les Vosges, I'accroissement moyen est proche de 7 mètres cubes par hectare et par an, et ces résultats remarquables à l'échelle nationale sont en progression (5,5 mètres cubes par hectare et par an en 1973). Dans les Vosges et le Jura, le rapport de la récolte à la productivité primaire (taux de prélèvement) est particulièrement élevé par rapport à la moyenne française1.

1:I est vrai que dans un milieu montagnard, la valeur de cette forêt riche ne se limite pas à la production de bois. Elle est également liée à son rôle écologique et hydrologique. Mais l'évolution récente de la montagne française, en particulier en moyenne montagne, tend à renforcer le poids relatif de la forêt dans l'économie locale.

Dans le courant du XXème siècle, l'abandon total des cultures céréalières, le repli sur l'élevage (de moins en moins extensif) et la conversion des anciennes terres en prés ou prairies, n'ont pas suffi à sauver une agriculture mal adaptée à son terrips. La déprise,

!e recu! des anciennes pratiques pastorales nnt conduit à des rehoisernents çoi~?~ent massifs, en particulier sur les anciens parcours. Du fait de la fragilité de l'agriculture montagnarde, les activités liées à la forêt prennent donc une importance croissante dans le tissu économique :

Barthod 1998.

6

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- d'abord parce que la filière bois-papier représente encore une source d'emplois non négligeable,

-

ensuite parce que les revenus des forêts communales (souvent très étendues en montagne) sont particulièrement bienvenus pour les communes qui ne sont pas arrosées par les revenus du tourisme,

-

enfin parce que l'avenir de I'agric~ilt~ire de montagne dépend d'une pluri-activité qui a longtemps caractérisé les sociétés montagnardes, mais qui s'est délitée et doit aujourd'hui renaître2.

Malgré les problèmes de main-d'oeuvre et d'accessibilité, l'économie des moyennes montagnes françaises est peut-être appelée à retrouver un caractère forestier très affirmé, d'autant que la forêt, avec la neige et les alpages, prend un place importante dans l'image des massifs montagneux, en particulier auprès des touristes.

La forêt est donc à la fois pour les montagnes françaises un emblème et un enjeu.

Emblème et enjeu, la forêt l'est peut-être plus encore dans les Vosges que dans tout autre massif français. Le département de ce nom reste l'un des trois départements français les plus boisés, bien que le taux de boisement (qui est actuellement de 48 %) ait accusé une légère baisse entre les deux derniers cycles de l'Inventaire Forestier National. Le massif vosgien proprement dit, occupé à 70 O/O par la forêt, est le massif montagneux le plus densément boisé de France. Pour reprendre les termes du géographe vosgien Georges Savouret, «le massif vosgien est

...

une montagne-forêt»3, par analogie avec les montagnes hercyniennes en -wald de l'Europe centrale telles que la Forêt-Noire, massif jumeau des Vosges.

Figure P. La forêt dans l'image de marque des Vosges : affiche de F. Hugo drAlési, vers 1895. Source : Bibliothèque Nationale.

. . . De Montard 1992.

Savouret 1985, p. 6.

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Figure 2. Les taux de boisement des régions boresti8res du Nord-Est d e la France (source : Inventaire Forestier National).

Les valeurs sont réparties par quintiles.

Le taux de boisement de la majorité des régions forestières ici présentées est supérieur à la moyenne française qui est à l'heure actuelle de 26 O/O selon I'I.F.IV.

Les régions forestières de montagne se distinguent par un boisement particulièrement dense ; il en est de même sur le pourtour des massifs.

En ce qui concerne les Vosges, les taux les plus élevés sont atteints dans les Vosges gréseuses :

- la région forestière 678, qui correspond aux Vosges du IVord, appelées « basses Vosges gréseuses » par I'1.F.N. (78,1°/o) - la région 887 («hautes Vosges gréseuses ») (77,l %)

Figure 3. Les volumes sur pied dans les rég3ons forestières du Nord- Est de la France (source : Inventaire Forestier !Vational).

Les valeurs sont réparties par quintiles.

Les volumes sur pied (volume marchand des arbres constituant les peuplements d'une région donnée, rapporté à la surface des forêts de production, calculé en mètres cubes par hectare) sont ici, comme les taux de boisement, souvent supérieurs à la moyenne française (149,5 m3/ha).

Là encore, les régions forestières de montagne se distinguent par des valeurs élevées, montrant la richesse des forêts montagnardes.

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Figure 4. La part des conifères dans le volume sur pied des régions forestières du Nord-Est (source : Inventaire Forestier National).

Les valeurs sont réparties par quintiles.

La part des conifères est en France de

39 O/O. Seules les régions forestières de

montagne présentent ici des valeurs comparables. On note dans la région forestière 887 hautes Vosges gréseuses») un taux exceptionnel de 84 O/O de conifères.

National).

Figure 5. La part des forêts privées

Les valeurs sont réparties par quintiles.

Régionforestièredemontagne

1oà28%

n

La part des forêts privées est de 72 O/O sur l'ensemble du territoire national selon I'1.F.N. On voit bien ici que les taux sont le plus souvent nettement inférieurs dans la France du Nord-Est. Pour une fois, le massif vosgien présente des chiffres très différents de ceux du Jura, où la forêt privée reste importante.

dans les régions forestières du Nord-Est (source : Inventaire Forestier

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L'assimilation entre le massif et ses forêts n'est pas récente, et l'on ne retiendra comme exemple que la description des Vosges par le géographe Bruzen de la Martinière en 1741 : le massif, «grande chaîne de montagnes, couverte de Bois», porte le nom latin révélateur de Vogesus saltus. On peut encore signaler que dans le patois de la Haute-Meurthe, montéie désigne aussi bien la montagne que la forêt qui l'occupe. Le dicton «aller è le montéie, ça n'allèr è Iè guire» se traduirait par «il est aussi dangereux d'aller charger le bois en forêt que d'aller à la guerre^^.

Ainsi un grand forestier comme Huffel peut-il clamer en 1926 que «la région montagneuse la plus importante au point de vue forestier dans notre pays est celle des Vosges, où s'est conservé, mieux que partout ailleurs, un manteau presque continu de sapinières d'une grande richesse. C'est aussi celle dont nous connaissons le mieux l'histoire forestière»5. Cette dernière affirmation n'est sans doute plus de mise aujourd'hui. Au reste, depuis la silva vosagus antique, l'arrivée de Saint Déodat, évêque de Nevers, de Saint Romary ou de Saint Colomban venus se retirer dans cette «solitude affreuse des Monts-Vôge~»~, l'image du massif vosgien est restée celle d'une ligne rendue bleue par les résineux, et barrant l'horizon oriental : la forêt est sans coritredit l'élément dominant de l'image de marque des Vosges, en particulier pour les 800000 touristes qui se pressent chaque année dans le département7. Le sapin, la schlitte occupent en bonne place les publications à caractère publicitaire (figure 1). Ainsi s'expliquent les résultats du sondage cité en introduction, qui montre que même métamorphosé, par la magie des pluies acides et la qualité de notre presse régionale, en épineux à la cime écrétée, le sapin reste le fier symbole du département et du massif.

La forêt est aussi un enjeu capital pour les Vosges. Dans la région de grand tradition forestière qu'est la Lorraine, le secteur bois-papier est l'un des plus considérables en termes d'emploi. I I représente 14 O/O de l'emploi industriel lorrain, soit 25000 salariés environ : c'est plus que l'automobile, autre secteur majeur, mais bien moins que les industries sidérurgiques et métallurgiques, pourtant en déclin. Face à l'affaiblissement des autres grands secteurs traditionnels de I'industrie Lorraine, la filière bois-papier présentait un visage relativement serein avant les contrecoups de l'ouragan Lothar. Elle se distingue encore par son fort impact paysa-ger, du fait de sa dispersion en nombreuses petites unités. La carte (figure 6) ne prend en corripte que les établissements de 50 salariés et plus, et ne représente donc qu'imparfaitement la répartition de I'industrie du bois en Lorraine.

Le sciage, s~irtout, est essentiellement représenté par de petites et moyennes unités, dispersées dans toute la région mais formant une concentration importante dans le massif vosgien. I I représente environ 2000 erriplois directs dans la région. En 1973, on comptait encore 453 scieries en Lorraine ; elles n'étaient plus que 290 en 19908. Les plus petites scieries, sans séchoir, principalement équipées d'une déligneuse

...

Mathis s.d.

Les méthodes de l'Aménagement forestier en France. Etude historique. Nancy/Paris/Strasbourg : Berger- Levrault, 1926, 231 p. (cf. p. 24).

Voyage de Dom Martène et Dom Durant, 1709 ; cité par JOUVE (1881) p. 43.

Source : http://www.vosges.com/français/capev.htm~ site du Comité d'Aménagement, de Promotion e t d'Expansion des Vosges. Issu d'un «Comité des Promenades» fondé au XIXe siècle, l'Office du Tourisme de Gérardmer prétend être «Ifancêtre de tous les offices de tourisme et syndicats d'initiative de France».

(14)

Figure et plus

Figure 7. L'industrie du papier en Lorraine : établissements de 50 salariés et plus (source : C.C.I. de Meurthe-et-Moselle)

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et d'une scie à ruban, peuvent subsister tant bien que mal grâce au débit sur liste.

Par ailleurs, elles seules peuvent efficacement valoriser les très gros bois ; les grosses scieries préfèrent des arbres de 60 cm de diamètre environ, mais les arbres de diamètre supérieur sont encore nombreux dans la forêt vosgienne, malgré une politique active de rajeunissement des forêts. Les scieries les plus dynamiques se sont regroupées sous le label Sélection Vosges, premier label du secteur en France.

A l'industrie du bois proprement dite s'ajoute I'industrie papetière, dont l'enracinement dans les Vosges est pluriséculaire. La filière représente aujourd'hui 6000 emplois directs en Lorraine. Les papeteries sont aujourd'hui de grosses unités employant généralement plusieurs centaines de personnes et intégrées à de grands groupes. :[l en est ainsi à Etival-Clairefontaine (figure 8) ; ou encore à Anould, où les papeteries du Souche, fondées en 1820, occupent ai~jourd'hui près de 300 salariés et sont intégrées ail groupe américain International Paper. Les papeteries de Golbey, au Nord dlEpinal, sont I'une des 24 unités de production d'un grand groupe norvégien, Norske Skog, troisième producteur mondial de papier de presse. I I s'agit d'une implantation récente, I'une des grandes papeteries les plus modernes d'Europe : la première tranche a été achevée en 1992, et complétée en 1999 pour produire jusqu'à 600000 tonnes par an. Cette implantation s'est faite en partie grâce à la proximité des forêts du massif vosgien. Les bois de faible diamètre utilisés dans la papeterie représentent un marché extrêmement important pour la sylviculture des sapinières et la mise en valeur des plantations d'épicéas. Les produits des éclaircies, notamment, trouvent là l'un de leurs principaux débouchés. Mais le papier de récupération concurrence désormais le bois comme matière première de la production papetière. Les papeteries de Golbey, quant à elles, utilisent les deux types de matières premières.

Figure 8. La forêt, ressource économique : les papeteries de Clairefontaine.

Source : Chambre de Commerce et d'Industrie de Nancy.

12

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F R A N C E

u

régionale agence 6.N.r.

III

.

11 01 0

zone rouge

O.N.F.

1

Region Lorraine

taillis et tailfi5 suus

futaie feuillue

I[

,, is~hyèfe 1 WO mm ,' :!- futaie deconifères

futaie feuillus

$

ou futaie mixte g

2

Y

Figure 9. Les forêts lorraines en 2004.

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1.1.2. Unité et diversité de la forêt vosgienne

La hêtraie-sapinière, toute emblématique qu'elle soit, est un écosystème relativement jeune, né après la dernière période glaciaire d'un mouvement de (re)conquête du sapin à partir des péninsules balkanique et italienne. La mise en place de la végétation au post-glaciaire, telle qu'elle est reconstituée par la palynologie, se traduit dans un premier temps par la large domination des pollens d'Herbacées, signe de formations ouvertes. Débute ensuite une période d'afforestation. Des essences pionnières apparaissent : pin, bouleau, noisetier. Le réchai~ffement progressif permet enfin l'installation de forêts stables et plus fermées. A partir de la période du Boréal, puis surtout au cours de l'Atlantique se développent les essences dites post-pionnières, et en particulier le chêne. Ce n'est qu'au cours du Subboréal et du Subatlantique que le contrôle de l'espace vosgien est pris par le hêtre et le sapin. La hêtraie-sapinière est donc une formation récente, née il y a moins de 5000 ans. Cette succession guidée par les changements climatiques et les capacités de colonisation des différentes essences peut être résumée par le tableau suivant (Dion 1985, Rameau 2001, Schnitzler et Mercier 2001).

Les caractère généraux des forêts du massif cachent une diversité certaine. I I n'est pas question ici de rééditer les travaux déjà effectués sur la biogéographie du massif vosgien, qui a déjà donné lieu à une littérature abonciante, et en particulier à la thèse du géographe Jean Dion (1985). On ne cherchera donc qu'à résumer les principales caractéristiques biogéographiques des forêts du versant lorrain des Vosges, en évoquant d'abord leurs caractéristiques générales, avant d'aborder les variantes observables : suivant l'ordre classique de l'étagement de la végétation, puis en fonction des gradients hydrique et trophique.

L'afforestation progressive du massif vosgien dates extrêmes période

Préboréal Boréal

Atlantique

Subboréal

Subatlantique IO000

9500

8400

5000

2750

état forestier Colonisation par le bouleau, le pin

Raréfaction des essences strictement pionnières, au profit de postpioririières.

Le chêne et d'autres feuillus prennent progressivement une place dominante.

Sous un climat relativement chaud et sec, la chênaie domine les formations végétales vosgiennes.

Un refroidissement amène de brusques changements. Le hêtre et le sapin, présents en très petit nombre depuis 6000 B.P. éliminent progressivement la chênaie.

Le sapin atteint son extension maximale.

(B.P.) 9500 8400

5000

2750

2250

L'épicéa prend enfin une importance notable, à partir de 2000 B.P. environ ; le pin est plus présent ; plus généralement, impact croissant des activités humaines.

2250 Actuel

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On le sait, les forêts vosgiennes se caractérisent par la domination d'une formation en particulier : la hêtraie-sapinière, dominée par le sapin (Abies alba Mill.) qui représente plus de 50 O/O du volume sur pied du massif1. Le sapin est très souvent accompagné du hêtre, lui aussi presque omniprésent lorsque les forêts ont conservé un certain degré de naturalité : dans les Vosges, seuls les sols à hydromorphie permanente ou temporaire lui sont vraiment défavorables (Jacamon 1983). Les feuillus sont presque toujours subordonnés au sapin, au point que le terme hêtraie-sapinière est souvent inversé en sapinière-hêtraie.

Dans la nomenclature phytosociologique, ces forêts se rattachent en majorité aux hêtraies du Luzulo-Fagetum. Cet habitat est banal dans l'Est de la France, et il comporte peu d'espèces rares ; mais par sa rareté relative à l'échelle européenne, il a été classé d'intérêt communautaire dans le cadre du programme Natura 2000. Ainsi des formations en apparence tout à fait banales sont-elles susceptibles d'être soijmises à des mesures spéciales de gestion dans les années à venir2. Ces mesures ne se justifient pas nécessairement par les caractères floristiques du la hêtraie-sapinière,

mais elles pourront aider à sauvegarder la remarquable richesse faui-iistique des forêts vosgiennes : le grand tétras, la chouette de Tengnialm, le faucon pèlerin ou encore la gélinotte des bois méritent une attention particulière, ne serait-ce que par leur valeur d'espèces parapluies.

Bien qu'affublées du nom de hêtraies par les phytosociologues, les forêts vosgiennes du Luzulo-Fagetum sont le plus souvent des hêtraies-sapii-iières ou hêtraies- sapinières-pessières, caractérisées par la présence de la luzule blanchâtre (Luzula luzuloides), et du polytric élégant (Polytrichum formosum). On note souvent la présence de la canche flexueuse (Deschampsia flexuosa), du myrtillier (Vaccinium myrtillus) et de la fougère aigle (Pteridium aquilinum), trois acidiphiles qui témoignent de la pauvreté des substrats siliceux, gréseux (dans les basses Vosges) ou cristallins (dans les Hautes Vosges). Les sols montrent très souvent une tendance à la podzolisation.

Les habitats sont parfois très dégradés, transformés par plantation en pessières monospécifiques, comme en forêt domaniale de Haute Meurthe ; ailleurs, ils ont pu garder l'essentiel de leur richesse écologique, et présentent encore des variantes particulièrement intéressantes. En effet, les caractères généraux de la hêtraie-sapinière se déclinent en une multitude de formes en fonction de l'étagement et des gradients écologiques.

Au dessous de 500 m environ, les forêts relèvent de Irétage.collinéen ; ce sont généralement des chênaies-charmaies du Galio-Carpinetum. Les essences dominantes sont le hêtre (Fagus sylvatica) et le chêne sessile (Quercus petraea), selon des proportions variant selon les traitements sylvicoles passés et actuels : le régime du

Bartoli 1998, p. 31. La composition des forêts vosgiennes se distingue de celles du Jura par la part relativement importante occupée par le pin sylvestre, et la moindre importance de l'épicéa.

lVeuf massifs relevant essentiellement du Luzulo-Fagetum sur le versant lorrain des Vosges sont retenus comme sites Natura 2000 (S.I.C.) et en attente de classement en Z.S.C. : le Bambois à Saulxures-sur- Moselotte, une partie de la forêt domaniale de Gérardmer, les massif du Grand Ventron, Vologne, Haute- Meurthe-Straiture, Saint-Maurice et Bussang, le Bousson et Grand-Cheneau, Longegoutte et le Gehant, le cirque de Blancherner.

15

(19)

taillis, en particulier, a largement favorisé le chêne et les bois blancs (anciennes forêts à vocation industrielle) alors que la futaie et le taillis sous futaie ont certainement agi en faveur du hêtre. Le charme est souvent abondant, lorsque la sylviculture lui a permis de se maintenir ou de se développer.

Au dessus de 500m, la végétation prend un caractère montagnard affirmé.

Les précipitations annuelles sont toujours supérieures à 1000 mm. Dans les trouées, apparaissent deux bons marqueurs de I'étage montagnard, I'épilobe en épi (Epilobium angustifolium) et la digitale pourpre (Digitalis purpurea). Dans des stations plus abritées, apparaissent le prénanthe pourpre (Prenanthes purpurea) ou encore la fétuque des bois (Festuca altissima)

.

Chez certains auteurs, I'étage montagnard inférieur est censé être dominé par la hêtraie acidiphile, presque pure ; le sapin n'y serait qu'introduit (Dion 1985, Jacamon 1983). Pour d'autres, dans les Vosges, le hêtre est subordonné au sapin dès I'étage montagnard inférieur (Rameau 1999). Les habitats prennent donc la forme de hêtraies pures (d'origine anthropique ou non), mais aussi et surtout de hêtraies-sapinières ou de sapinières (le sapin étant introduit ou non). Les hêtraies sont dégradées par deux siècles de sylviculture en futaie équienne, donc de peuplements fermés, monospécifiques, sans véritable strate herbacée, qui ont pu accentuer le caractère acide des sols. Cet étage est partic~ilièrement anthropisé ; les plantations ont touché des surfaces irriportantes, qu'il s'agisse de sapins (Abies alba), d'épicéas (Picea abies), de mélèzes (Larix decidua), de douglas (Pseudotsuga menziesii) ou encore de pins Weymouth (Pinus strobus).

A partir d'une altitude de 500 m environ, I'étage montagnard moyen est le domaine presque exclusif de la hêtraie-sapiriière ; les peuplements y sont dominés par le sapin, dans une moindre mesure par le hêtre. Climat et végétation prennent certains caractères océaniques (quelques stations d'Osmonde royale, par exemple).

Au delà de 900 à 950 m, I'étage montagnard supérieur se distingue du précédent par la présence spontanée de l'épicéa, en mélange avec le sapin et le hêtre (on peut parler de hêtraie-sapiiiière à épicéa). La flore présente des caractères d'altitude plus nets ; on note la présence de nombreuses espèces d'altitude telles que le Sceau de Salomon à feuilles verticillées (Polygonatum verticillatum), le toujours très courant prénanthe pourpre (Prenanthes purpurea). Le substrat correspond généralement à des roches granitiques ou métamorphiques, parfois couronnées de placages résiduels de grès ; la litière est épaisse sur des sols pauvres, le plus souvent podzolisés.

Au delà de 1100 à 1200m, la hêtraie dite «d'altitude» ou «sommitale» relève de I'étage subalpin. Elle se caractérise par la domination très nette du hêtre, l'absence du sapin, la présence d'épicéas disséminés. Sont également présents I'alisier blanc (Sorbus aria), le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia), plus rarement I'alisier de Mougeot3 (Sorbus mougeotii Soyer-Will. & Godron). On note la présence plus ou moins abondante de pianîes de mécjaphûi-biaie, et plüs pârticulièremeiit de

la

caractéristique ûs2/1!2 à feuilles de gouet (Rumex arifolius). Au delà de I l 0 0 à 1200 m, la hêtraie s'efface pour laisser la place aux chaumes, landes sommitales à Nardus stricta assimilables à des alpages, dont l'origine est controversée depuis les travaux de Pierre Boyé (1903). On

DU nom du naturaliste vosgien Jean-Baptiste Mougeot (1776-1858).

16

(20)

- - - 3

1 I i type d'habitat absent des Vosges

I - _ - - - - J

Figure PO. Grands types d'habitats dominés par le sapin, d'après Rameau 2001 (forme modifiée).

AA = sols très acides ; b = sols calciques ; XX = conditions très sèches ; hh = conditions très humides.

1. hêtraie-sapinière mésoxérophile calcicole 2. hêtraie-sapinière calcicole à neutrophile 3. hêtraie-sapinière acidicline

4. hêtraie-sapinière acidiphile

5. sapinière hyperacidiphile à Bazzania et Sphaignes non turficoles

6. sapinière hyperacidiphile sèche à Leucobryum glaucum, Vaccinium vitis-idaea 7. sapinière de bas-fonds à Sphaignes.

(21)

tend aujourd'hui à considérer que la majorité des chaumes correspondent à des faciès de dégradation liés à l'activité pastorale ; mais si-ir les stations les plus défavorables à la forêt, l'existence de lambeaux de landes primaires est probable, bien que contestée4.

Quel que soit l'étage considéré, la hêtraie-sapinière peut être divisée en faciès différents que l'on peut résumer en trois ensembles, suivant en cela la thèse de Jean Dion (1985) :

-

1. la sapinière à hêtre avec peu de plantes acidiphiles (canche flexueuse, myrtille), sur mull forestier, occupe les meilleurs stations (colluvions, grès supérieurs). La productivité atteint 8 à 9 m3/ha/an.

-

2. la sapinière xérophile à pin sylvestre occupe les sols pauvres, particulièrement sur des versants exposés au sud. L'humus brut se traduit en surface par la présence abondante de la callune et de nombreuses acidiphiles, dont la fougère aigle (Pteridiurn aquilinurn) ; les sol est souvent recouvert de coussins d'une mousse gris-bleuâtre, Leucobryum glaucum (parfois récoltée pour être utilisée en fleuristerie). La productivité est faible : 3 à 5 m3/ha/an.

-

3. un type intermédiaire à myrtilles et mousses, n'ayant ni la richesse du premier type ni la pauvreté du second, le plus souvent sans hêtre abondant, ni pin sylvestre, ni sous-bois de callune. On peut encore diviser ce type en trois faciès en fonction d'un gradient hydrique (hygrophile, mésophile, xérophile).

Bien entendu, cette classification simplifiée n'est qu'imparfaitement adaptée aux multiples habitats relevant de la hêtraie-sapinière. D'autres typologies ont été proposées. Celle établie par Jean-Claude Rameai-i (figure 10, page précédente) utilise le graphe désormais classique associant les gradients hydrique et trophique.

1:I faudrait ajouter aux diverses variantes de la hêtraie-sapinière des habitats moins fréquents, occupant des stations particulières. On a donc cherché à présenter ici de façon schématique les principaux habitats si~sceptibles d'être rencontrés sur le versant lorrain des Vosges, soi-is la forme de onze courtes fiches récapitulatives5.

Ces fiches ne concernent que les habitats naturels, et ne prennent pas en compte les plantations qui occupent aujourd'hui des surfaces importantes.

...

«L'existence de formations asylvatiques naturelles, dénommées «chaumes primaires» sur les sommets vosgiens les plus exposés aux vents d'ouest, semble confirmée par les travaux des géomorphologues et des palynologues» (Schnitzler, Mercier, 2001, p. 19)

Cahiers d'habitat Natura 2000. t. 1 : Habitats forestiers. Paris : la Documentation française, 2001, 2 vol.

339 et 423 p.

Manuel d'interprétation des habitats de l'Union européenne EUR 15/2, 1999. (s.1.) Commission européenne,

132 p.

(22)

EUR 15-9130 CORINE -41.1 3,43.13

hêtraies, hêtraies-sapinières neutrophiles à acidiclines

Classification phytosociologique

-

Asperulo-Fagetum Essences principales

-

Fagus sylvatica, Abies alba

Espèces indicatrices ou remarquables

-

Festuca altissima, Mercurialisperennis

Hêtraies, hêtraies-sapinières des meilleurs stations ;il s'agit d'un habitat rare, sur granites, en bas de versants, caractérisé par sa grande richesse spécifique.

EUR 15-9110 hêtraies, hêtraies-sapinières,

sapinières acidiclines

Classification phytosociologique

-

Luzulo-Fagetum Essences principales

-

Fagus sylvatica, Abies alba

Espèces indicatrices ou remarquables

-

Luzula luzuioides, Polytrichum formosum

Cet habitat occupe dans les Vosges des stations peu acides,sur des sols colluviaux de bas de versant o u sur les grès supérieurs ;aux étages collinéen et montagnard.Selon les stations et l'action anthropique, l'habitat peut présenter un faciès de hêtraie (où le chêne peut être présent), de hêtraie-sapinière ou de sapinière pure. La flore est ordinairement banale.

EUR 15 - 9410 sapinières, sapinières-pessières

acidiphiles à hyperacidiphiles

Classification phytosociologique

-

Vaccinio-Piceetea

Essences principales

-

Abies alba, Picea abies; Fagus sylvatica

Espèces indicatrices ou remarquables

-

Lycopodes; Blechnum spicant; éventuellement Listera cordata, Sphagnum sp. pl.

Sapinières ou sapinières-pessières sur substrats siliceux,avec sols podzolisés, parfois tourbeux.

Cet habitat mirite une attention particuliere par les espPces rares et/ou protPgPes qu'il est susceptible de receler.

(23)

EUR 1 5 - 9 1 ~ 0 aulnaies, aulnaies-saulaies ripicoles Classification phytosociologique

-

Alnetea glutinosae

Essences principales

-

Alnus glutinosa, Salixaurita

Espèces indicatrices ou remarquables

-

espèces mésohygrophiles à hygrophiles Formations des fonds de vallée, normalement dominées par l'aulne glutineux. On trouve aujourd'hui tous les stades de transition entre les prairies drainées-irriguées en voie d'abandon et I'aulnaie proprement dite; les formations qui ne sont pas totalement boisées sont très souvent envahies par une peste végétale, la Balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera).

CODES

EUR 15-91Do tourbières boisées

CORINE - 44.A4

1

Classification phytosociologique

-

Sphagno-betuletalia Essences principales

-

Picea abies, Betula pubescens, Sorus aucuparia

Espèces indicatrices ou remarquables

-

sphaignes et lycopodes

Tourbières colonisées par une végétation forestière. II s'agit d'un habitat prioritaire dans le cadre de Natura 2000,qui mérite une protection vigilante par sa relative rareté et la flore qu'il recèle.Type d'habitat assez fréquent néanmoins dans les Hautes Vosges, exceptionnellement occupé par Pinus uncinata (la Morte Femme, quelques autres stations des environs de Gérardmer).

sapinières xérophiles à pin

EUR 15 - non identifié sylvestre, pineraies

Classification phytosociologique

-

Vaccinio-Piceetea (Dicrano-Pinion) Essences principales

-

Abies alba, Pinus sylvestris, (Fagus sylvatica)

Espèces indicatrices ou remarquables

-

Leucobryum glaucum, Vaccinium vitis-idaea;

Vaccinium myrtillum abondant. La flore est très acidiphile.

Sur versants séchards, surtout exposés au Sud ;ou sur les sommets des plateaux gréseux.Cet habitat présente tous les faciès de la sapinière à pins sylvestres à la pineraie presque pure ;le heîre est toujours présent, le plus souvent cantonné en sous-étage par les forestiers. La race locale de pin sylvestre est de grande qualité (Saint-Dié).

(24)

chênaies acidiphiles montagnardes

EUR 15 - non identifié

Classification phytosociologique

-

Quercenion robori-petraeae ? Essences principales

-

Quercus petreae

Espèces indicatrices ou remarquables

-

Luzula luzuloides, Deschampsia flexuosa

Chênaies montagnardes des versants exposés au sud, peut-être un habitat de substitution des hêtraies du Luzulo-Fagion qui serait alors dû à l'activité humaine (anciennes rapailles). Habitat souvent dégradé par enrésinement.

CODES

EUR 15 - 9140 hêtraies d'altitude

CORINE - 41.1 5

E

Classification phytosociologique

-

Aceri-Fagetum

Essences principales

-

Fagus sylvatica dominant; Acer pseudoplatanus, Sorbus aucuparia, Sorbus aria, Sorbus mougeoti

Espèces indicatrices ou remarquables

-

plantes de mégaphorbiaie, plantes subalpines.

Polygonum bistorta, Rumex arifolius

En limite de végétation forestière, habitat largement dominé par le hêtre où quelques

résineux peuvent être dispersés. Malgré son intérêt écologique et sa relative rareté cet habitat n'a pas été classé prioritaire dans le cadre de Natura 2000.

EUR 15 -9170 hêtraies-chênaies à charme

Classification phytosociologique

-

Galio-Carpinetum

Essences principales

-

Fagus sylvatica, Quercus petraea, Carpinus betulus

Espèces indicatrices ou remarquables

-

Absence de plantes montagnardes comme Prenanthes purpurea

Habitat cité pour mémoire ;habituellement à l'étage collinéen,quelques incursions au montagnard cependant.

(25)

érablaies d'éboulis

Classification phytosociologique

-

Tilio-Acerion

Essences principales

-

Acerpseudoplatanus, Ulmus glabra, Taxus baccata Espèces indicatrices ou remarquables

-

Lunaria rediviva, Actaea spicata

Formations feuillues sur éboulis fixés dominées par l'érable sycomore. Des formes de transition avec la hêtraie d'altitude et les différents types de hêtraies-sapinières existent. II s'agit d'un habitat classé prioritaire dans le cadre de Natura 2000.

EUR 15-9410 pessières d'éboulis

Classification phytosociologique

-

Vaccinio-Piceetea

Essences principales

-

Picea abies domnant ; Abies alba, Betulus pendula, Sorbus aucuparia.

Espèces indicatrices ou remarquables

-

Bazzania trilobata, Huperzia selago, Sphagnum sp. pl.

Pessières sur éboulis siliceux fixés par la végétation, à flore très acidiphile, de l'étage montagnard supérieur.

1.1.3. La forêt dans le paysage vosgien

Une première approche par les statistiques forestières

Les statistiques de l'Inventaire Forestier National, ai_ixquelles il a déjà été fait appel, montrent des différences très nettes entre les deux régions forestières du massif vosgien proprement dit : la région 88.7 (maladroitement appelée «hautes Vosges gréseuses»

par III.F.N.) et la région 88.8 («Vosges cristallines»). Ces statistiques peuvent être utilisées pour une première approche des deux grandes régions paysagères vosgiennes, assez proches des régions forestières de III.F.N., que sont les Vosges gréseuses et les hautes Vosges. On a également considéré les données concernant la région 88.6, dite

«co!!ines soi's-vosgiennes qui correspond au pourtour du massif vosgien (étage montagnard inférieur notamment).

Les types de forn~ationsvégétales, tels qu'ils sont recensés par I'I.F.N., représentent un premier critère de distinction intéressant. Les régions forestières montagnardes se distinguent bien évidemment par la part importante prise par les formations résineuses ou mixtes. Les résineux semblent occuper dans les basses Vosges une place plus importante que dans les Vosges cristallines.

(26)

Futaie de feuillus Futaie de conifères Futaie mixte Autres

Figure 11. Types de formations végétales en France et dans les régions forestières 886, 887 et 888 (source : Inventaire Forestier National). La catégorie «autres» regroupe

essentiellement des taillis et taillis-sous-futaie.

Les figures 12 et 13 permettent une approche plus fine des essences présentes ; tout en gardant la distinction entre les données nationales et les trois régions forestières considérées, elles distinguent les forêts domaniales, corrimunales et privées.

La répartition des essences appréciée au moyen des surfaces terrières est particulièrement intéressante (figure 12). L'épicéa et le sapin constitueiit l'essentiel des peuplements montagnards vosgiens, alors qu'à l'échelle française ils ne représentent qu'une part très modeste. A l'inverse, hêtre et chêne ne représentent pas plus du quart des surfaces terrières des régions forestières 88.7 et 88.8, ce qui contraste fortement avec les données nationales.

Des différences notables s'observent eiitre régions forestières. Les feuillus restent importants sur le pourtour des Vosges (88.6), sauf dans les forêts privées, très largement enrésinées. Le sapin domine inégalement les forêts montagnardes. En forêt soumise, il est beaucoup plus présent dans les basses Vosges que dans les Vosges cristallines, où il est concurrencé par l'épicéa. En forêt privée, le sapin n'est jamais dominant et l'épicéa représente de 40 à 50 O/O des surfaces terrieres.

La Figure 13 concerne les boisements et reboisements artificiels de moins de 40 ans ; elle permet d'apprécier les essences privilégiées par les forestiers, et dont la part est en progression. Le sapin se montre beaucoup plus discret que dans les statistiques générales de la figure 12- L'kgicéa est presque partout dominant, sauf dans les «collines sous-vosgiennes ouest». II est cependant concurrencé par une essence importée d'Amérique du Nord, le douglas ou «sapin de Douglas» (il ne s'agit pas d'un sapin), Pseudotsuga menziesii, qui est désormais la première essence de reboisement en France et en Europe. Dans les trois régions forestières vosgiennes, les gestionnaires de forêts privées semblent plus timorés que lei~rs homologues des forêts publiques, et restent fidèles à l'épicéa.

(27)

DOMANIAL

/ / i / ., 2. I I i i

COMMUNAL , ,' , ,. , , , ,

PRIVE

Hautes Vosges 887 gréseuses

DOMANIAL ,' , , , ,. . ,* .'

COMMUNAL ., ., , ., , t

PRIVE

Vosges cristallines 888

DOMANIAL

886

COMMUNAL Collines sous-vosgiennes

(ouest) PRIVE

DOMANIAL COMMUNAL

I

chêne épicéa sapin

#

pin syl.

France

autre

Figure 12. Part des essences dans les surfaces terrières en France et dans les régions forestières 886, 887 et 888 (source : Inventaire Forestier National). La catégorie «autres»

des données nationales est en grande partie constituée par le pin maritime.

(28)

DOMANIAL COMMUNAL PRIVE

Hautes Vosges 887 gréseuses

DOMANIAL

COMMUNAL Vosges cristallines 888

PRIVE

DOMANIAL

COMMUNAL 886

Collines sous-vosgiennes PRIVE

(ouest)

-

DOMANIAL

I

France

épicéa douglas autres

Figure 13. Part des essences dans les surfaces des boisements, e t des reboisements

- artificiels âgés de moins de 40 ans en France et dans les régions forestières 88.6, 88.7 e t 88.8 (source : Inventaire Forestier National)

(29)

L'organisation des paysages des Vosges gréseuses

Les forêts des basses Vosges paraissent donc moins diversifiées, plus dominées par les résineux que celles des Vosges cristallines. Une approche basée sur l'observation de terrain confirme cette irripression (figures 14 à 18).

Les paysages des basses Vosges sont dominés par la masse imposante du plateau armé par le grès vosgien, dont le rebord peut être considéré comme la dernière côte du bassin de Paris, bien qu'il ne s'agisse pas à proprement parler d'une cuesta. Le grès triasique vosgien, coloré en rose par les oxydes de fer, atteint parfois 500 mètres d'épaisseur en une seule strate massive et continue, affectée d'un pendage vers l'Ouest ou le Nord-Ouest ; il est couronné d'un poudingue résistant («conglomérat principal»), et forme avec lui des reliefs tabulaires étroits, dont l'altitude varie généralement entre 450 et 850 m. Ce plateau occupe des surfaces importantes sur une largeur variant de quelques kilomètres seulement entre Epinal et Bruyères, à une trentaine de kilomètres dans le massif du Donon ou le massif de la haute Mortagne. Les fonds de vallée sont plats et occupés par des sols hydromorphes, à tendance tourbeuse.

A l'exception des bases colluvionnées des versants, les substrats sont donc toujours acides, particulièrement pauvres. La forêt est omniprésente. Les Vosges gréseuses sont aujourd'hui le domaine presque exclusif de l'arbre : on a vu que le taux de boisement de la région forestière 88.7 atteint 77%. La forêt relève essentiellement des étages montagnards inférieur à moyen ; l'étage montagnard supérieur est également présent autour du Donon (1009 m), point culminant des Vosges gréseuses.

Seuls les fonds de vallée présentent des paysages plus variés. Ils étaient autrefois largement défrichés, occupés par des prés de fauche et quelques cultures sur les bases des versants. :I:Is sont aujourd'hui en grande partie occupés par des reboisements récents, équiennes et monospécifiques, dominés par l'épicéa, localement appelés

«hagis». On note également des cas de retour spontané à la forêt. Tous les stades de transition de la prairie à la forêt sont susceptibles d'être rencontrés. Quelques prés sont encore entretenus, leur système de drainage régulièrement curé. Beaucoup de prairies récerriment délaissées sont en voie d'envahissement par la mégaphorbiaie.

Des bouquets de saules et d'aulnes annoncent le passage à I'aulnaie presque pure. Le peuplier est présent par exception ; l'aulne, aujourd'hui promu au rang d'essence noble par les organismes de la forêt publique, est planté depuis peu.

Dans un contexte agricole déprimé, l'habitat, sen-ii-dispersé, constitue souvent le derriier rerripart face aux reboisenients. Des îlots ouverts subsistent donc autour des villages, des hameaux, des habitations isolées. Bien souvent, même ces derniers espaces libres sont indirectement marqués par la forêt, par l'intermédiaire de très nombreuses scieries, parfois encore en activité, parfois converties en résidences secondaires, mais souvent ruinées.

L'oppositioii entre les plateaux forestiers et les étroits corridors des vallées défrichées, qui semblerait a priori avoir caractérisé les paysages des basses Vosges jusqu'à une époque récente, n'a pas toujours été, puisque des découvertes archéologiques récentes ont mis en lumière d'importants réseaux de parcellaires et d'habitats de l'époque gallo-romaine sur les sommets tabulaires des Vosges sarroises (Moselle). Les principales voies de communication, qui empruntent aujourd'hui les

(30)

vallées, longeaient les sommets des interfluves jusqu'au XVIIIème siècle. Les figures 16 et 17 sont particulièrement instructives à cet égard.

Figure 14. Les reboisements dans la vallée de la Meurthe aux Chatelles.

Vue prise de la Pierre d'Appel, à 492 m d'altitude ( 2 0 0 3 ) .

Les vallées de la Meurthe e t de la Plaine se réunissent à Raon-I'Etape, à environ 300 m dla!titude. E!!es sont ici enserrées par le plateau des \/nçgeç gréseuses, occupé p a r des f o r ê t s ( ) o ù coexistent des faciès r é s i n e u x (hêtraies- sapinières, pineraies) e t des chênaies sessiliflores. Axe important, le fond de vallée est occupé p a r une voie de chemin de fer, une r o u t e nationale à quatre voies ( p ) , une ligne électrique à moyenne tension. :Il est t r è s l a r g e m e n t reboisé (

0

) ; l'épicéa domine, mais les feuillus prennent par endroits une place importante. On remarque aussi une u n i q u e peupleraie

(O).

27

(31)

Figure 15. Le p l a t e a u d e la haute ~ o r t a ~ n e (Vosges gréseuses)

Le plateau est occupé par des forêts dominées par le sapin ( ) ; seules les vallées à f o n d plat p r é s e n t e n t des paysages plus variés. Les l i m i t e s communales des Rouges-Eaux, au Nord, ainsi que les limites des f o r ê t s domaniales de Bois-de-Champ et de Mortagne, a u Sud e t à l'Est, témoignent de I'ancienne extension des forêts (,--,), qui o n t depuis envahi une partie notable des fonds de vallée. L'habitat est semi- dispersé ; il e s t s u r t o u t disposé en hameaux ( ).

D'anciennes scieries sont disposées à intervalles réguliers ( ) au long des cours d'eau, m o n t r a n t l'importance passée des activités forestières.

La scierie de Chèvrefosse, à l'ouest, n ' a fermé ses portes qu'en 2002.

Ci-contre, en haut, c a r t e I.G.N. a u 1/25000 3617 OT "Saint-Dié" ; en bas, le hameau de Géru (2003), v u e prise de la forêt communale de

~~~~è~~

.,fi.--

V c 1 3 le massif de Rortajrne. Paririi les habitations alignkes à la base des versants se r e m a r q u e I'ancienne scierie dont la halle de sciage est entourée de deux b â t i m e n t s e n dur.

(32)
(33)

Figure 16. La vallée du ruisseau de Châtillon, une vallée forestière des Vosges gréseuses

En h a u t à droite, carte I . G . N . au 1/50000 de Cirey-sur-Vezouze, 1985 ; en bas, carte sur toile de 1 9 3 1 "Abreschwiller-Dabo" du Club Vosgien. Cette vallée f o r e s t i è r e d u massif du Donon e s t représentative de ces vallées des Vosges gréseuses,

noyées dans un océan de forêts résineuses (

O),

seul u n é t r o i t corridor en f o n d de vallée é t a i t autrefois libre d'arbres. De p a r t e t d ' a u t r e de la vallée, Les sommets du plateau sont occupés par u n réseau de voies de communation très anciennes entre Lorraine e t Alsace, via le col du Donon : ici, le Grand e t le Petit Chemin d'Allemagne ( ,--.).

Les forêts sont ici privées, divisées en massifs d e quelques centaines d'hectares ; chaque massif était équipé d'une à deux scieries hydrauliques ( o ) aujourd'hui abandonnées, parfois ruinées o u disparues. De 1913 à 1965, un réseau de voies de 0,6 m d'écartement desservait certaines propriétés ( - ' - ' ) ; le train forestier transportait les tronces des chantiers d'exploitation aux scieries, e t assurait ensuite l'expédition des planches e t pièces de charpente (Philbert 1996).

(34)
(35)

D E R A M B E R V I L L E R S

Figure 17. les environs de la tranchée du Haut du Bois (Vosges gréseuses)

S u r le p l a t e a u gréseux, La f o r ê t ( ) e s t dominée p a r la hêtraie-sapinière ; o n n o t e u n arbre remarquable ( 0 ) constitué p a r u n sapin e t u n h ê t r e accolés. Les l i m i t e s d e la f o r ê t d o m a n i a l e d e Rambervillers t é m o i g n e n t de I'ancienne extension des

* - -

f o r ê t s (,-\ ), de m ê m e que certains chemins (:. -.).

Les espaces défrichés se l i m i t a i e n t à u n e é t r o i t e vallée, a u sud, appelée la Colline des Eaux (les vallées é t a i e n t a u t r e f o i s appelées "collines" e n Lorraine) ; ainsi qu'à u n e tranchée défrichée de p a r t e t d ' a u t r e de la r o u t e d e Rambervillers à Saint-Dié, a u j o u r d ' h u i presque t o t a l e m e n t reboisée. Les anciennes fermes ( rn ) acensées au m o m e n t d e la création de la t r a n c h é e n e s o n t plus q u e des r u i n e s r é p a r t i e s a u l o n g de I'ancienne r o u t e (A). La nouvelle r o u t e e m p r u n t e aujourd'hui la colline des Eaux. Une réserve biologique domaniale (

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), fréquentée p a r le Grand Tétras, a é t é m i s e en place dans les c a n t o n s les m o i n s accessibles p o u r le public.

Ci-contre, à droite : e x t r a i t de la carte I.G.N. au 1/25000 3617 OT

"Saint Dié" ; le débouché d e la tranchée vers Rambervillers.

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