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LES OSTRACODES DE LA ZONE D’ALGUES DE
L’EULITTORAL DE BANYULS
Gerd Hartmann
To cite this version:
Gerd Hartmann.
LES OSTRACODES DE LA ZONE D’ALGUES DE L’EULITTORAL DE
BANYULS. Vie et Milieu , Observatoire Océanologique - Laboratoire Arago, 1953, 4 (4),
pp.608-612. �hal-02561136�
LES OSTRACODES DE LA ZONE D'ALGUES
DE L'EULITTORAL DE BANYULS
par Gerd HARTMANN, Kiel (i)
Les recherches sur la faune des Ostracodes de l'Eulittoral exécutées en été 1951 et 1952 concernent la côte française des Pyrénées. Tous les exemplaires examinés ont été obtenus par rinçage d'algues. Les échan-tillons ne montraient pas de différences quantitatives et qualitatives essentielles. Ainsi, l'espèce qui sera décrite comme nouvelle, se trouvait dans presque tous les échantillons. Les recherches entreprises dans la zone des Otoplanides de différentes baies rocheuses et les espèces qui y furent trouvées seront mentionnées à la fin de cet exposé.
Toutes les espèces appartiennent au sous-ordre Podocopa.
1. PARADOXOSTOMA PARALLELUM G.-W. Mùller 1894 L'espèce n'était connue jusqu'à maintenant que du golfe de Naples. Je l'ai trouvée régulièrement et en grand nombre dans mes échantillons.
J'ai pu constater que l'organe copulateur accusait des différences avec la description donnée par MÙLLER (T.23, fig. 35). MÙLLER dit : « Am Pénis decken
sich obérer und unteter Ausfatz zum grossen Teil, und es gelingt nicht, oder nur unvollkommen, die Contures heider zu verfolgen. » Chez les exemplaires présents, le prolongement inférieur dépassait toujours le supérieur, qui est courbé anguleusement et tourné vers l'intérieur. L'extrémité de l'inférieur est largement arrondie.
2. PARADOXOSTOMA INTERMEDIUM G.-W. Mùller 1894 (dans FM. Golfe Naples, 1894)
KLIE 1942 a trouvé P. intermedium dans l'Adriatique. Il existe par conséquent trois stations pour l'espèce. Je n'ai pas pu constater de différences dans la struc-ture du pénis tel qu'il fut décrit par KLIE.
L'espèce se trouvait fréquemment dans tous les échantillons.
(1) Contribution à la connaissance de la Faune des Ostracodes de la Médi-terranée.
— 609 —
3. PARADOXOSTOMA CAECUM G.-W. Mùller 1894 (dans F.Fl. Golfe Naples, 1894)
P. caecum n'était connu que de Naples. Je l'ai trouvé plusieurs fois mais
pas fréquemment dans mes échantillons. Je n'ai pas constaté de différence avec les descriptions de MÙLLER.
4. PARADOXOSTOMA RARUM G.-W. Mùller 1894 (dans F.FL Golfe Naples, 1894)
MÙLLER a trouvé cette espèce une seule fois à Naples. Je l'ai constatée
régu-lièrement et assez fréquemment dans mes échantillons. Mes exemplaires corres-pondent parfaitement à celui de Mùller.
5. PARADOXOSTOMA ORNAT A, n.sp.
Description.
Valve de la femelle : le contour de la valve est très simple. Le bord dorsal
est régulièrement arrondi, il est interrompu à l'endroit où il se continue dans le bord antérieur, par un coude accusé. Il s'incurve brusquement vers en bas, en formant le bord antérieur qui, à son tour, rejoint le bord inférieur par une courbe prononcée. Celui-ci est légèrement arrondi à cet endroit. Tout en se continuant régulièrement dans le bord dorsal, le bord postérieur est également interrompu par sa partie dorsale par un léger enfoncement, situé juste devant l'angle posté-rieur, qui est fortement courbé, comme l'antérieur. La partie postérieure du bord inférieur est également légèrement arrondie. Ce bord ne montre pas de particu-larités à part un faible enfoncement dans la région de la bouche. Le contour de la valve du mâle diffère peu de celui de la femelle. La valve de la femelle étant plus longue, celle du mâle paraît plus plate et plus allongée. Chez les deux sexes, la plus grande hauteur est située derrière le milieu. On constate un faible revêtement poilu aux deux extrémités. L'ornementation de la valve est remar-quable. Une grande tache bleue s'étire du bord dorsal par-dessus les insertions des muscles adducteurs jusqu'au voisinage du bord intérieur dans la partie posté-rieure. Il existe une autre tache ovale au coin supérieur postérieur de la valve. Elle est également bleue. Le bord intérieur et la ligne de suture sont réguliers.
Appendices de la femelle : les longueurs des articles terminaux de la partie
dis-tale de la première antenne ont un rapport de 15 : 13 : 4 : 4. La seconde antenne n'a qu'une seule griffe terminale bien développée. La soie en épine a trois articles. La partie moyenne est plus courte que l'article terminal de l'antenne. Le premier prolongement masticateur de la maxille est réduit à un petit tubercule. Il porte deux soies de longueur différente. Les deux prolongements suivant n'ont pas de particularités. Le palpe est marqué par une soie faible. Le revêtement soyeux des thoracopodes est très typique. La première patte est pourvue d'une soie de genou très développée, qui a la même longueur à la base que l'endopodite lui-même. Elle est plus longue que le premier article de la partie terminale. Cette soie est nettement moins développée à la seconde patte ; à la troisième enfin, elle est nor-male. Le premier article de la partie terminale des pattes 2 et 3 est très long. Il n'y a pas de soies au bord postérieur. Les soies du bord antérieur ne sont présentes qu'aux pattes 1 et 2, celle de la dernière est très faible et difficile à voir. Le revête-ment soyeux des articles basaux a donc la formule suivante : 110, 110, 010. Le corps se termine en pointe étirée finement poilue. Le tubercule génital est voûté en demi-cercle.
Les membres du mâle sont identiques à ceux de la femelle. Seul le prolon-gement supérieur du pénis est bien développé. Il est large, en forme de feuille, arrondi à la pointe. Le bord distal du prolongement montre une échancrure dis-tincte. Le prolongement inférieur n'est qu'une bosse plate.
Mesures Longueur Hauteur Femelle 0,59 - 0,61 mm 0,29 - 0,30 mm Mâle 0,47 - 0,49 mm 0,22 - 0,24 mm
Fig. 1. — Paradoxostoma ornata n.sp. — a, habitus. — b, pénis. — c, maxille. — d, patte 1. — e, patte 2. — /, patte. 3. — g, abdomen. — h, extrémité de
— 611 —
6. XESTOLEBERIS LABIATA Brady et Robertson 1874 Syn. Xestoleberis dispar G.-W. Mùller 1894
GRAF a examiné en 1940 la faune des Ostracodes près d'Arbe en Adriatique. Il a fait de X. labiata et X. dispar une seule espèce en supprimant le nom de
X. dispar. Je me joins à cette nomination. Or, X. labiata (syn. dispar) est une
espèce très variable et se confond facilement avec d'autres espèces quant à la structure du pénis et des membres. En effet, je juge un examen de matériel pro-venant de différentes stations comme fort nécessaire.
X. dispar (labiata) était très fréquent dans tous mes échantillons de
l'Eulit-toral. Il était plus abondant en grande profondeur. Dans la cavité de la valve de la femelle, j'ai trouvé des œufs et des larves du premier stade. La longueur de ces larves était 0,14 environ.
7. XESTOLEBERIS PLANA G.-W. Mùller
(F.Fl. Golfe Naples, 1894)
J'ai trouvé X. plana aux mêmes endroits que X. dispar (labiata). Les femelles ont porté également des œufs et des larves au premier stade (sep-tembre 1952).
8. XESTOLEBERIS COMMUNIS G.-W. Mùller 1894
(F.Fl. Golfe Naples, 1894)
X. communis parait être une des espèces les plus répandues de ce genre.
Elle se trouve sur la côte Adriatique (GRAF) et sur les côtes de la Méditerranée examinées par moi (côtes françaises et italiennes), mais elle est moins abondante que X. labiata. La taille et l'ornementation de cette espèce sont très variables, comme disait GRAF.
9. XESTOLEBERIS MARGARITEA G.-W. Mùller 1894
(F.Fl. Golfe Naples, 1894)
J'ai trouvé une seule femelle dans un échantillon de la baie de Banyuls. J'ignore l'extension de cette espèce. Elle n'a pas été signalée pour l'Adriatique par KLIE et GRAF.
10. XESTOLEBERIS PELLUCIDA G.-W. Mùller
(F.Fl. Golfe Naples)
X. pellucida a été trouvé en assez grand nombre à plusieurs stations. KLIE (1942) l'a signalée de l'Adriatique.
11. XESTOLEBERIS PARVA G.-W. Mùller 1894
(F.Fl. Golfe Naples, 1894)
Je n'ai capturé que des femelles en petit nombre dans un échantillon. Elles portaient toutes des œufs. A ma connaissance, cette espèce n'a été signalée jus-qu'à maintenant que du Golfe de Naples.
12. XESTOLEBERIS FUSCOMACULATA G.-W. Mùller 1894
(F.Fl. Golfe Naples)
X. fuscomaculata est connu du Golfe de Naples. Il n'a pas été signalé pour
l'Adriatique par KLIE et GRAF. Dans la collection de GRAF par contre se trouvent quelques exemplaires récoltés en 1933 sur la côte sud d'Alexandrie. Je l'ai cons-taté régulièrement mais en petit nombre dans toute la région examinée par moi. Je ne connais pas d'autres stations.
13. LOXOCONCHA IMPRESSA Baird
14. LOXOCONCHA STELLIFERA G.-W. Mùller
Les deux espèces trouvées fréquemment mais en plus petit nombre que les espèces du genre Xestoleberis, dans tous mes échantillons.
15. LEPTOCYTHERE MEDITERRANEA G.-W. Mùller 1894
(F.FI. Golfe Naples)
Quelques exemplaires capturés une fois dans les algues de la place du Troc.
16. CYTHEREIS SPEYERI G.-S. Brady
Un seul exemplaire a été trouvé dans un échantillon de la jetée de Banyuls.
APPENDICE
Nous n'avons trouvé que trois espèces dans la zone des Otoplanides de différentes criques rocheuses. La plus fréquente était Xestoleberis plana.
Loxo-concha impressa a été trouvé régulièrement. Nous avons récolté en outre deux
exemplaires d'une espèce indéterminable, probablement nouvelle, du genre
Cytherura.
Il y avait également quelques espèces indéterminables dans les algues de l'Eufittoral. Il s'agit de deux espèces du genre Paradoxostoma et d'une espèce du genre Cythereis. Le petit nombre d'exemplaires ne permettait pas la des-cription.
XESTOLEBERIS MARGARITEA G.-W. Mùller
(remarques supplémentaires)
Au cours de mes recherches, j'ai pu constater quelques différences avec la description de G.-W. Mùller en 1896. MÙLLER n'a représenté que la partie droite
de l'organe copulateur. Il n'a pas men-tionné non plus la partie gauche dans sa description. Or, après mes examens, les deux parties ne sont pas pareilles. Tandis que le prolongement droit, figuré par
MÙLLER (T.25, fig. 44) est arrondi, le
gauche se termine en pointe aiguë (voir fig.). Les valves étaient pourvues, outre les trois taches dorsales, de quelques taches plus claires à l'extrémité antérieure et à l'extrémité postérieure chez pres-que tous les exemplaires. Cette dernière, allongée, est parallèle au bord ventral. La longueur des mâles était 0,45 mm.
Malgré ces différences, je range mes exemplaires dans cette espèce.
Fig. 2. — Xestoleberis margaritea. ■ a, pénis. — b, le même en vue dorsale.