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UN CAS DE MÉLANISME CHEZ VIPERA ASPIS DANS LES PYRÉNÉES

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UN CAS DE MÉLANISME CHEZ VIPERA ASPIS

DANS LES PYRÉNÉES

Renaud Saint Girons, Roger Fons

To cite this version:

Renaud Saint Girons, Roger Fons. UN CAS DE MÉLANISME CHEZ VIPERA ASPIS DANS LES

PYRÉNÉES. Vie et Milieu , Observatoire Océanologique Laboratoire Arago, 1977, XXVII, pp.145

-146. �hal-02996375�

(2)

Vie et Milieu, 1977, Vol. XXVII, fasc. 1, sér. C,pp. 145-146.

DOCUMENTS FAUNISTIQUES ET ÉCOLOGIQUES

UN CAS DE MÉLANISME

CHEZ

VIPERA ASPIS DANS LES PYRÉNÉES

Fréquent chez Vipera berus, où il intéresse souvent des popu-lations entières, le mélanisme est beaucoup plus rare parmi les autres Vipères européennes. En ce qui concerne Vipera aspis, en dehors de certaines régions des Alpes suisses et italiennes (KRAMER,

1971; NAULLEAU, 1973), le mélanisme est tout à fait exceptionnel. En France, PHISALIX (1968) en cite un cas dans le Puy-de-Dôme

mais, à notre connaissance, ce phénomène n'avait jamais été signalé dans les Pyrénées. C'est pourquoi il nous a semblé intéressant de rapporter la découverte récente d'une Vipère noire dans le massif du Carlitte.

L'animal, une femelle subadulte, a été capturé dans la forêt de Barrés, entre Mont-Louis et le lac des Bouillouses, vers 1700 m d'altitude, au bord de la rivière (Têt), au milieu d'une prairie hu-mide abritant une population de Lacerta vivipara. A première vue, la Vipère paraît entièrement noire, à l'exception de la gorge à la-quelle un piqueté blanc donne une teinte générale grise et du bord externe des ventrales de la partie antérieure du corps où sont dis-séminés de petits points clairs. Toutefois, un examen attentif, fait après la mue et en éclairage oblique, permet de distinguer des séries de petites taches paravertébrales brun sombre à reflets dorés for-mant, de chaque côté, une ligne sinueuse fréquemment interrompue.

Les Vipères aspics du versant septentrional des Pyrénées se distinguent de la forme nominale — à laquelle appartiennent les Vipères du nord de l'Espagne et celles de la majeure partie de la France, y compris les Albères — par un zig-zag dorsal continu et beaucoup plus large, des taches latérales plus grandes (PHISALIX,

(3)

146 R. SAINT GIRONS, R. FONS

et SAINT GIRONS, 1965) (1). La dizaine de spécimens que nous avons

pu observer dans la forêt de Barrés, vers 1900 m et beaucoup plus

près du lac des Bouillouses, appartiennent indiscutablement à la forme pyrénéenne de Vipera aspis, bien que des caractères moins accusés trahissent déjà un certain échange de gènes avec les popu-lations du Roussillon et/ou de l'Espagne septentrionale. Chez la Vipère mélanique capturée un peu plus bas, les lignes paraverté-brales peu distinctes délimitent un zig-zag dorsal élargi également caractéristique de la forme pyrénéenne.

Il serait intéressant de rechercher, dans la région comprise entre Mont-Louis et le lac des Bouillouses, si le mélanisme reste un phé-nomène exceptionnel, ou s'il concerne un pourcentage notable de la population et aussi quel est l'aspect des jeunes. En effet, parmi les Vipères, le mélanisme peut être dû soit à l'assombrissement pro-gressif de la teinte de fond des téguments au cours des deux pre-mières années, ce qui est le cas habituel chez Vipera berus, soit à l'élargissement également progressif, puis à la confluence, des mar-ques dorsales et latérales, comme cela se produit dans certaines po-pulations de Vipera aspis des Alpes (NAULLEAU, 1973).

DUGUY, R. & H. SAINT-GIRONS, 1969. Etude morphologique des

popula-tions de Vipera aspis (Linnaeus, 1758) dans l'ouest et le sud-ouest de la France. Bull. Mus. natn Hist. nat, Paris, 41 : 1069-1090. KRAMER, R., 1958. Eine neue Rasse der Aspisviper aus dem siidwestlichen

Frankreich, Vipera aspis zinnikeri, n. sbsp. Vischr. naturf. Ges.

Zurich, 103 : 321-326.

KRAMER, E., 1971. Revalidierte und neue Rassen der europâischen

Schlangenfauna. Lavori Soc. ital. Biogeogr., n.s., 1 (1970) : 667-676. NAULLEAU, G., 1973. Contribution à l'étude d'une population mélanique

de Vipera aspis, dans les Alpes suisses. Bull. Soc. Sci. nat. Ouest Fr.,

71 : 15-20.

PHISALIX, M., 1968. La livrée des Vipères de France (d'après des notes

manuscrites inédites). Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 40 : 661-676.

(1) Les populations de Gascogne, intermédiaires entre celles des Pyrénées et la forme nominale, ont été élevées au rang de sous-espèce par KRAMER

(1958), sous le nom de Vipera aspis zinnikeri. Pour ne pas compliquer la no-menclature, on admet généralement que ce taxon inclut les Vipères des Pyré-nées françaises, qui constituent en réalité l'extrémité méridionale d'un poly-cline concordant mais continu.

BIBLIOGRAPHIE

Reçu le 13 juin 1977.

Renaud SAINT GIRONS

Bohallard, Puceul 44390 Nort-sur-Erdre

Roger FONS

Laboratoire Arago 66650 Banyuls-sur-Mer

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