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P r é s e n t a t i o n d e G i l b e r t B L A R D O N E Président de l'Association lyonnaise

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Academic year: 2023

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Texte intégral

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Raymond BARRE, Gilbert BLARDONE, Mgr Gérard DEFOIS, Daniel D U F O U R T , Maryse G A U D I E R ,

Marie-Christine LEROY, Henri MOULARD, Maurice NIVEAU, François P E R R O U X , René S A N D R E T T O

/ V A Ï N C R E L E

C H Ô M A G E

P r é s e n t a t i o n d e G i l b e r t B L A R D O N E Président de l'Association lyonnaise

des amis de Fr. PERRÓUX

L E S E D I T I O N S D E L ' E P A R G N E 174, boulevard Saint-Germain, 75297 Paris Cedex 06

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@ Les Editions de l'Epargne, Paris, 1987

Tous droits de reproduction, de traduction ou d'adaptation réservés pour tous pays y compris l'URSS.

ISBN : 2-85015-219-6

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SOMMAIRE

P r é s e n t a t i o n

On ne pactise pas avec le diable par Gilbert BLARDONE P r e m i è r e p a r t i e : Les réalités

Le chômage dans le Monde par Maryse GAUDIER Chômage : complexité de l'analyse et profil des stratégies

par François PERROUX

Nouvelles technologies et création d'emplois par Daniel DUFOURT Quel avenir pour l'emploi ? par Gilbert BLARDONE

Deuxième p a r t i e : Les politiques

La nature du chômage et les difficultés des politiques de l'emploi par René SANDRETTO

Jeunes, emploi, chômage : problèmes de formation par Mgr Gérard DEFOIS

Entreprise et emploi par Henri MOU LARD Ecole et chômage par Maurice NIVEAU Financer l'emploi productif ou la spéculation par Marie-Christine LEROY

Emploi et adaptation au nouveau contexte mondial par Raymond BARRE

TABLE RONDE : Des Machines ou des Hommes ?

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PRÉSENTATION

On ne pactise pas avec le diable

G i l b e r t B L A R D O N E Président de l'Association Lyonnaise

des Amis de François Perroux.

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Au lendemain de la seconde guerre mondiale et durant 25 ans les pays industrialisés à économie de marché ont connu une croissance de leur économie, de leur niveau de vie et de leurs échanges internationaux jamais atteinte auparavant. Il en est résulté le plein emploi des hommes et l'absence de chômage.

A partir des années 1970 sous l'influence de facteurs aussi bien structurels que conjoncturels l'activité économique s'effondre, l'inflation s'accélère, les déficits extérieurs se creusent et le chômage que l'on aurait pu croire à jamais disparu des économies industrielles refait surface 1. Dans les 25 pays de l'OCDE il passe entre 1974 et 1986 de 2 % à plus de 10 % de la population active, soit 31,5 millions de chômeurs dont 19,5 millions pour les seuls européens.

Dans les nations industrialisées le temps de l'expansion et du plein emploi a fait place à celui de la récession et du chômage.

Dans les sociétés d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine, dans le Tiers Monde, les années 1960 ont été, pour beaucoup d'entre elles, celles de la décolonisation et de l'indépendance politique retrouvée.

Sur le plan économique, malgré les programmes de développement, jamais ces sociétés n'ont vraiment réussi à surmonter la faim et à parvenir à l'autosuffisance alimentaire. Avec la faiblesse du dévelop- pement agricole, l'exode rural, l'urbanisation rapide et le chômage massif constituent de véritables casse-têtes pour tous les gouvernements, quelle que soit leur idéologie.

PROGRÈS TECHNIQUE

ET AFFRONTEMENT EST-OUEST

Parmi les facteurs structurels et conjoncturels qui directement dans les pays industrialisés depuis les années 1970, plus indirectement dans le Tiers Monde, ont marqué de leur empreinte cette évolution, deux ont un rôle prépondérant : l'accélération du progrès technique, l'af- frontement Est-Ouest.

L'accélération spectaculaire du progrès technique avec l'apparition de l'informatique, de la robotique et de l'automatisation - véritable troisième révolution, industrielle après celle de l'énergie et de la machine au 18e et 1ge siècle - a bouleversé les structures des coûts de production et donc aussi celles de l'emploi.

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L'affrontement planétaire et spatial des USA et de l'URSS a provoqué, dès les années 1960, un déficit chronique de la balance des paiements des premiers, une arrivée massive de dollars sur les marchés financiers internationaux, de l'ordre aujourd'hui de 2 000 milliards de dollars, la création à partir de là des marchés d'euro-dollars puis de pétro-dollars qui ont alimenté une gigantesque spéculation sur les biens, les valeurs boursières, les monnaies et favorisé une forte inflation ainsi que des fluctuations de plus en plus grandes du dollar lui-même.

Entre 1952 et 1965, la hausse du niveau général des prix exprimée en dollar n'a pas excédé 2 %. Elle a été d'environ 5 % entre 1965 et 1972 pour dépasser ensuite 10 % jusqu'à son maximum de 1980.

Elle est revenue en 1986 autour de 3 %.

De 1950 à 1971 la valeur en dollars des diverses monnaies est restée stable. Depuis 1971, le cours du dollar n'a cessé de fluctuer fortement. Par rapport au mark, par exemple, le dollar s'est dévalorisé de 51 % entre 1971 et 1979. Il s'est revalorisé de 71 % entre janvier 1980 et mars 1985. Il s'est déprécié de 44 % depuis.

Dans le cadre de cet affrontement et de la concurrence sans cesse renforcée entre les USA, l'Europe et le Japon, le développement des entreprises multinationales a contribué fortement à la restructuration du marché mondial autour d'elles ainsi qu'à l'internationalisation des productions, du commerce et de la finance. Leur position dans ces secteurs devient de plus en plus dominante aussi bien dans les pays industrialisés que dans le Tiers Monde. Cela n'est pas sans incidence sur les choix technologiques, les types et les niveaux d'activité économique et d'emploi de ces pays 2.

INFLATION ET CHÔMAGE

L'inflation, les fluctuations des monnaies et les pressions exercées sur les prix des matières premières et des produits manufacturés par les grandes compagnies multinationales ont provoqué le 23 décembre 1973 la réaction des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) qui ont multiplié par quatre le prix du baril de pétrole le faisant passer d'environ 3$ à 12$. Les autres types d'énergie ont suivi ce mouvement. Les structures des coûts de production industrielle dans tous les pays, même ceux du Tiers Monde, se sont trouvées bouleversées par cette explosion des prix de l'énergie. L'inflation mondiale à partir de 1974 passe largement au-dessus des 10 % par an et les déficits extérieurs de tous les pays fortement importateurs d'énergie payable en dollars se sont aggravés, aussi bien en Occident que dans le Tiers Monde.

Les pays socialistes de l'Est européen, eux-mêmes, ont subi sur leurs plans de développement le contre-coup de la décision de l'OPEP et des bouleversements des marchés des pays capitalistes. Les retards

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dans les réalisations économiques et l'amélioration des niveaux de vie se sont multipliés chez eux provoquant des tensions sociales, particu- lièrement spectaculaires en Pologne.

Enfin, facteurs conjoncturels importants, pour juguler l'inflation et le déficit extérieur, incités par le FMI (Fonds Monétaire Interna- tional), tous les pays touchés, industrialisés ou du Tiers Monde, ont mis en place des politiques restrictives dites « d'austérité » ou de

« rigueur » destinées à freiner la création de monnaie, les revenus, l'activité économique, ce qui a provoqué une forte accélération du chômage partout dans le monde.

DES POLITIQUES DÉFLATIONNISTES

Evidemment cet ensemble de facteurs structurels et conjoncturels n'a pas concerné d'une façon identique tous les pays industrialisés ou du Tiers Monde. Leurs effets déséquilibrants ont été très largement fonction des situations particulières à chacun : importance et structure de la population, niveau des ressources naturelles et installées, degrés de dépendance et d'ouverture extérieures, culture et tradition, idéologie et choix de société, organisation politique et administrative plus ou moins centralisée, type d'organisation économique et sociale, niveau de l'information, degré de participation et de concertation entre les agents, moyens économiques, sociaux et financiers mis en œuvre etc.

De même, les politiques tentées pour résorber ces déséquilibres, pour les rendre supportables, ont varié suivant les pays tout en restant, dans leur ensemble, de type déflationniste c'est-à-dire restrictif pour l'activité économique et donc créatif de chômage. Parmi les pays industrialisés trois seulement ont su faire preuve d'un grand réalisme.

Ils ont préféré résoudre leurs déséquilibres et leurs contradictions internes et externes dans le cadre d'une activité économique soutenue et d'un chômage limité plutôt que de pratiquer des politiques défla- tionnistes, ce sont le Japon, les USA et l'Allemagne. Ce dernier pays a, lui aussi, connu récemment une poussée de chômage à partir du moment où son dynamisme interne a fléchi et où son activité économique n'a plus été « tirée » que par ses échanges extérieurs, pourtant très dynamiques.

Les rythmes d'activité plus soutenus, quoique fluctuants, des économies des USA, de l'Allemagne, du Japon ainsi que les politiques d'un certain nombre de pays de l'OPEP ont contribué à éviter l'effondrement du commerce mondial depuis 1973. Les taux de croissance annuels moyens de ce commerce sont cependant tombés de 9 % en 1963-1973 à 4 % entre 1973-1979 et 2 % entre 1979-1984. Le poids de l'Amérique est tel dans les échanges internationaux que la reprise de son économie en 1984 a fait remonter la croissance du commerce mondial à 9 %. En 1985 ce taux est retombé à 3 % par

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suite d'un certain ralentissement de l'économie américaine et de la diminution des achats par les pays du Tiers Monde les plus affectés par les politiques restrictives que leur impose le FMI pour résorber leur déficit extérieur et leur endettement.

LE CHÔMAGE, UNE FATALITÉ ?

Il est difficile d'imaginer que la situation actuelle dans les pays industrialisés les plus frappés par le chômage comme dans les pays du Tiers Monde puisse se perpétuer encore longtemps. Dans ces derniers le mécontentement populaire a déjà provoqué des révoltes sociales et politiques.

Dans les pays industrialisés, les sondages révèlent le sentiment de l'opinion publique sur le chômage : 80 % des personnes interrogées le pla- cent en tête de leurs préoccupations et souhaitent voir les responsables politiques accorder, effectivement, la priorité aux actions pour le résorber.

Parmi les spécialistes, deux courants de pensée s'affrontent.

Certains sont pessimistes. Ils ne sont pas loin d'admettre qu'il s'agit d'un phénomène inéluctable, né de l'accélération du progrès technique et des tensions économiques et monétaires de la dernière décennie. Il leur paraît impossible de maîtriser ces dérèglements et ils n'hésitent pas à envisager pour l'avenir une société sans travail, le seul vrai problème étant alors de nous y préparer à l'image de ces pré-retraités qui deviennent « golfeurs, danseurs de danses folkloriques, joueurs d'échecs ou de cartes... 3 ». Les robots et les systèmes automatiques de production chasseront les hommes des entreprises mais assureront une masse de revenu suffisante pour « qu'il soit possible de payer les gens pour qu'ils pratiquent un sport, jouent d'un instrument de musique, fassent des études et, en fait, pour qu'ils mènent une activité ne nuisant ni aux autres, ni à la Société3. Il est clair que cette vision de l'avenir s'infiltre progressivement dans l'esprit des milieux dirigeants des pays occidentaux. L'objectif n'est plus de trouver du travail à chacun mais un dérivatif qui empêchera les uns et les autres de mourir d'ennui ou de se révolter contre la Société.

Cette fatalité du chômage, d'autres la rejettent4. Pour eux le chômage permanent n'est pas inéluctable, il n'est que la conséquence d'erreurs cumulées d'analyses et de décisions qu'il est toujours possible de rectifier. Entre 1945 et 1970 les sociétés industrielles ont connu le plein emploi. Elles ont même dû faire appel pour que la production couvre les besoins, à des millions de travailleurs immigrés. A ce moment là, aussi, l'opinion pensait que le plein emploi était définiti- vement acquis et les crises économiques éliminées à jamais. Il n'a fallu que quelques années pour que des décisions techniques, écono- miques et monétaires incohérentes renversent totalement cette situation, bouleversent les structures et les comportements. A l'heure actuelle

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nous ne savons plus que faire des travailleurs immigrés et nous les payons pour qu'ils acceptent de rentrer chez eux !

Le monde industrialisé - sauf le Japon - est passé sans transition du plein emploi qu'il croyait définitif au chômage qu'il croît aujourd'hui permanent. De tels retournements de situation, dans des délais aussi courts, prouvent bien que c'est l'homme, et lui seul, qui par ses décisions engendre ce type de déséquilibre. C'est pourquoi vaincre le chômage et retrouver un nouveau plein emploi demeure toujours possible. Quelles que soient les caractéristiques techniques ou écono- miques d'une société on peut l'organiser de telle sorte que chaque homme y trouve une place et y remplisse une fonction.

« L'ÉCONOMIE DU DIABLE »

Depuis 10 ans, avec le chômage, comme le remarque avec humour A. Sauvy4, le diable semble avoir pris possession de l'économie dans les pays industrialisés, sauf au Japon. Ce dernier, en effet, non seulement a relevé les défis que pose à tout pays, industriel ou non, l'évolution rapide du progrès technique mais aussi tous ceux résultant depuis 1974 des contraintes extérieures (fluctuations des prix du pétrole et des matières premières, inflation mondiale, spéculation sur les monnaies, etc.). Les résultats de la politique économique et financière interne et externe japonaise sont spectaculaires : en vingt ans la part du Japon dans le revenu mondial a progressé de 3,2 % à 9,5 % tandis que celle des Etats Unis régressait de 36,3 % à 24,6 %. Le Produit National Brut par habitant et par an vient de dépasser au Japon celui des USA, 17 000 dollars contre 16 000 dollars ; le taux de chômage oscille entre 2 et 3 % de la population active contre plus de 10 % dans les autres pays industrialisés...

Il n'y a pas de miracle japonais mais simplement des choix économiques et financiers judicieux parce que fondés sur la prise en compte de trois facteurs : la nécessité de coopération étroite entre tous les acteurs du jeu économique pour la définition et la réalisation des politiques (Etat, Patronat, Banques, Syndicats, Consommateurs, Epargnants...) ; le développement d'un marché intérieur très actif soutenu par une augmentation moyenne du pouvoir d'achat de 3 % l'an ; la prise en compte des contraintes extérieures avec, pour les maîtriser, un sens aigu des rapports de force sur un marché mondial de plus en plus oligopolistique c'est-à-dire dominé par quelques grands groupes. La création de puissantes sociétés de commerce est l'une des réponses apportée par le Japon à ces contraintes extérieures. Il n'a fallu que dix-huit mois au Japon après le premier choc pétrolier de décembre 1973 pour mettre en place, sur de telles bases, sa nouvelle politique et échapper ainsi à une crise qui depuis 10 ans ronge la plupart des économies des autres pays industrialisés.

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De l'expérience japonaise, mais aussi de celle des USA, de l'Allemagne fédérale... une leçon se dégage : la récession économique et le chômage ne sont pas une fatalité pour les pays industrialisés.

Le chômage permanent et incompressible aujourd'hui, pas plus qu'hier le plein emploi des hommes et des équipements, ne sont inéluctables.

Tout dépend du réalisme dans l'analyse des contraintes internes et externes et de l'adéquation des moyens mis en œuvre pour les surmonter. Tout dépend donc en définitive de la qualité de nos diagnostics, de nos choix et de nos décisions.

RÉALISME ET IMAGINATION

Malgré leur très inégale répartition à l'échelle de la planète, le monde ne manque ni d'hommes ni de ressources pour vaincre la faim, la misère, le chômage. Ce qui par contre semble lui faire le plus défaut pour maîtriser le futur c'est d'abord le réalisme dans l'analyse pour identifier, continent par continent, pays par pays, région par région, localité par localité, le rôle et le poids de chacun des facteurs structurels et conjoncturels dont dépend la situation actuelle, ses contradictions et ses déséquilibres. C'est ensuite l'imagination créatrice dans la réflexion théorique et la conception de politiques économiques, financières, sociales... susceptibles de rendre d'abord les déséquilibres supportables, pour les résorber ensuite et reprendre la marche en avant vers le développement, celui des ressources comme celui des hommes. Pour expliquer le monde aujourd'hui et construire celui de demain les théories d'hier se sont révélées souvent erronées, insuffi- santes, inadaptées. Il est temps qu'un peu partout observations et réflexions reprennent à nouveau, animées par la volonté de fournir à la génération qui monte les outils de réflexion et d'action qui lui permettront de surmonter les déséquilibres actuels et de ne pas pactiser avec « le diable ».

VAINCRE LE CHÔMAGE

L'Association Lyonnaise des Amis de Fr. Perroux, l'Association des Amis du Centre Croissance des Jeunes Nations avec la Société Lyonnaise de Banque comme partenaire, ont organisé une journée de

r é f l e x i o n e t d e d é b a t s s u r l e t h è m e « V a i n c r e l e c h ô m a g e » 5 .

L e s E d i t i o n s d e l ' E p a r g n e o n t a c c e p t é d e p u b l i e r l e s p r i n c i p a u x d o c u m e n t s p r é p a r a t o i r e s e t l e s i n t e r v e n t i o n s à c e c o l l o q u e d a n s u n o u v r a g e c o l l e c t i f . N o u s l e s e n r e m e r c i o n s t r è s v i v e m e n t .

L a p r e m i è r e p a r t i e p r é s e n t e l e s r é a l i t é s d u c h ô m a g e . L a s e c o n d e e s t d a v a n t a g e c e n t r é e s u r l e s p o l i t i q u e s d e l u t t e c o n t r e l e c h ô m a g e . A p r è s u n p a n o r a m a d u c h ô m a g e d a n s l e M o n d e ( M a r y s e G a u d i e r ) , F r . P e r r o u x 6 é v o q u e l e s i n c e r t i t u d e s t h é o r i q u e s e n m a t i è r e d ' e x p l i c a t i o n d u c h ô m a g e e t l e c o n f l i t d e s s t r a t é g i e s q u i e n r é s u l t e . R . S a n d r e t t o ,

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dans la deuxième partie, insistera sur leurs conséquences sur les politiques de l'emploi.

En effet dans les écrits sur le chômage, les contradictions théoriques ne manquent pas. Selon les uns, le chômage actuel proviendrait d'une insuffisance de la demande, il conviendrait donc d'accélérer la croissance économique et d'être ainsi en mesure d'aug- menter le pouvoir d'achat des divers revenus notamment des salaires ; selon les autres, c'est au contraire la production, donc l'offre de biens et services, qui est trop faible et qu'il faudrait relancer par l'investis- sement. Pour cela il ne faut pas alourdir les coûts de production par des salaires trop élevés. Les augmentations de revenus et donc de salaires sont à proscrire. Pour d'autres, enfin, ce serait le taux de profit qui serait malade. La rentabilité nette des entreprises serait, surtout depuis 1980, insuffisante par rapport au taux d'intérêt réel de l'argent emprunté. Dans cette perspective, également, il ne serait pas souhaitable d'accroître les salaires et les charges des entreprises...

D'autres explications sont présentées, toutes aussi contradictoires les unes que les autres. Comment, dans de telles conditions d'incertitude théorique, pouvoir fonder des politiques de lutte contre le chômage efficaces ? Le doute s'installe dans les esprits et l'opinion publique n'est pas loin d'admettre, comme le ministre français du Travail lui- même, que le chômage incompressible est devenu une fatalité avec laquelle on doit se résoudre à vivre.

M. Malinvaud, Directeur Général de l'INSEE*, conscient de cet état de chose, dans un récent colloque organisé à Paris par la Fondation Saint-Simon qui réunissait les plus éminents spécialistes du chômage, n'a pas hésité à dire : « Les théoriciens de l'économie doivent se sentir mal à l'aise quand ils réfléchissent sur ce qui se passe uis quinze ans... » « Les économistes ont peu alerté nos sociétés ce qui les attendait et leur ont mal indiqué la voie à suivre... ».

Si l'on rejette la fatalité et si l'on veut véritablement vaincre le chômage, ce sont ces incertitudes et ces doutes qu'il convient d'abord de lever. C'est l'observation des faits et la réflexion sur leur signification qu'il faut poursuivre plus loin que nous ne l'avons fait jusqu'à présent.

C'est à l'observation et à la réflexion sur les faits que sont consacrées les deux contributions de D. Dufourt et G. Blardone.

D. Dufourt présente les résultats des travaux relatifs aux effets des nouvelles technologies sur l'emploi. Il tente d'apprécier les enjeux des innovations technologiques en référence à la crise du système de production de masse fondé sur le machinisme. Il présente quelques réflexions sur les conditions préalables à l'élaboration d'une politique économique qui s'assigne comme priorité le retour au plein emploi.

G. Blardone s'interroge sur l'avenir de l'emploi. Il lui semble que

* INSEE. Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques.

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la première tâche, consiste, si l'on veut vraiment sortir du chômage, à identifier clairement les facteurs structurels internes et externes dont dépend le niveau de l'emploi dans chaque Société : notamment l'état du progrès technique et de la productivité mais aussi l'organisation du travail, la structure de la population active et la diversité de ses besoins, l'environnement socio-culturel, l'organisation sociale, politique et administrative et sa plus ou moins grande capacité d'adaptation aux changements, le niveau et le rythme de l'activité économique, les types de politiques économiques et financières adoptées, la façon dont se diffuse la richesse dans la Société, la structure des marchés et les contraintes extérieures etc. Cette identification réalisée, la mise en place d'une séquence besoins-production-revenus-emplois serait grande- ment facilitée. Chaque individu serait susceptible d'y tenir soit un emploi soit un rôle ou une fonction, ce qui éviterait de le marginaliser et serait utile à la Société.

Cela suppose l'abandon des approches parcellaires, étroites et mécanicistes de l'emploi, au profit d'une démarche plus large qui prendrait en compte simultanément et de façon articulée les divers aspects du problème : techniques, économiques, financiers, culturels, politiques, administratifs, sociaux, etc.

Les questions de la préparation des hommes aux futurs emplois aussi bien dans l'entreprise qu'à l'école, l'attitude des jeunes face au travail, la place et le rôle de l'éducation dans les politiques d'emploi sont abordées par M.H. Moulard, Président Directeur Général de la Société Lyonnaise de Banque, Mgr Gérard Defois, Recteur des Facultés Catholiques de Lyon. M. M. Niveau, Recteur de l'Académie de Lyon.

M. Pangaud, président de l'Union Patronale Rhône-Alpes (UPRA).

Le débat qui a suivi ces interventions au colloque est repris ici.

Mme M.C. Leroy pose le problème de l'orientation de l'épargne et du crédit vers la création d'emplois plutôt que vers la spéculation.

Enfin M. R. Barre ancien Premier Ministre et Professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, s'appuie sur son expérience particulière- ment riche au niveau international, français et régional pour montrer comment les problèmes de l'emploi se posent dans une économie en adaptation au nouveau contexte mondial, quelles sont les véritables contraintes qui pèsent sur l'emploi et comment les lever.

Le colloque s'est terminé par une Table Ronde sur le thème des

« Machines et des Hommes » animée par Maître Bernardin, avocat, ancien Président de l'Institut d'Eudes Politiques de Lyon. On ne pouvait trouver meilleure conclusion aux textes réunis dans ce volume.

Les principales idées émises par les uns et les autres y sont débattues dans la perspective d'un chômage qui n'est pas une fatalité et d'un retour possible au plein emploi, à condition que nous sachions mettre à profit le temps qui nous est donné, à condition aussi que le réalisme et l'imagination soient au rendez-vous.

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NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

1. Blardone, G. « Chômage - Déficit extérieur - Inflation. Comment en sortir ? », Paris Ed. du Cerf, 1981.

2. Michalet, Ch. A. « Le Capitalisme mondial », Paris, PUF 1976.

3. Macarov, D. « Un monde quasiment sans travail : Comment s'y préparer ? » Revue Internationale du Travail, Genève, BIT N° 124, nov.-déc. 1985.

4. Sauvy, A. « L'économie du Diable », Paris Coll. Pluriel, N° 8310

Van Ginneken, W. « Le plein emploi dans les pays de l'OCDE : Pourquoi pas ? » Revue Internationale du Travail, Genève, BIT N° 195 janv.-fév. 1986.

5. L'ensemble de ces documents a été publié dans la revue de ces deux associations « Informations et Commentaires » N° 54, 57, 58 Revue trimestrielle spécialisée dans les questions économiques, sociales, politiques posées par l'évolution du progrès technique, des Sociétés Industrielles et de leur relations avec le Tiers Monde. La revue publie les documents préparatoires et les comptes rendus des colloques organisés par les deux Associations.

Renseignement Centre de Documentation Croissance des Jeunes Nations, 31, Place Bellecour, 69002 Lyon, Abonnement : 4 N° par an 100 F.

6. Le Professeur François Perroux, Professeur Honoraire au Collège de France, Fondateur de l'Institut de Sciences Economiques et Mathématiques Appliquées, est décédé à Paris le 2 juin 1987. Sa conférence au Colloque de Lyon sur le chômage fut sa dernière intervention publique.

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Les réalités

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Le chômage dans le monde

M a r y s e G A U D I E R Bibliothécaire-Documentaliste Institut international d'Etudes sociales Bureau international du Travail - Genève.

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31 millions de chômeurs environ dans les pays industrialisés, plus de 500 millions dans le Tiers Monde : de tous les chiffres qui nous sont livrés périodiquement et qui sont la représentation plus ou moins réaliste du monde contemporain, ceux du chômage figurent parmi les plus dramatiques. Ils traduisent la misère et le désespoir d'une immense catégorie d'êtres humains privés et de leurs moyens d'existence et de leur dignité.

Comment le chômage a-t-il évolué, au cours des dernières décen- nies ? Quelle est son ampleur aujourd'hui, dans les différentes parties du monde ? Les estimations les plus récentes laissent-elles présager une diminution prochaine du nombre de chômeurs ou, au contraire, incitent-elles au pessimisme ? Quelles sont les conditions, aux plans national et international, d'une amélioration de la situation ?

Notre propos n'est pas d'apporter des réponses nouvelles à ces questions, ni d'exposer des solutions originales, mais plutôt, grâce à un jeu de documents particulièrement révélateurs, de retracer l'itiné- raire, de dégager les caractéristiques et d'éclairer les tendances possibles d'un phénomène qui risque, pendant plusieurs années encore, d'assom- brir la situation économique et sociale d'un grand nombre de pays.

U N E R E D É F I N I T I O N D U C H Ô M A G E E T DU S O U S - E M P L O I

C'est en 1982 que la Conférence internationale des statisticiens du travail révise la définition du chômage, définition qu'elle avait élaborée lors de sa session de 1954. Elle estime, en effet, qu'il est temps d'élargir, de modifier et d'assouplir ce concept, pour améliorer la précision de la mesure du chômage, pour mieux répondre aux spécificités nationales et, en particulier, à celles des pays en dévelop- pement, pour faciliter les comparaisons statistiques internationales et pour prendre en compte les changements récents en matière d'emploi.

Selon la « résolution concernant les statistiques de la population active, de l'emploi, du chômage et du sous-emploi » , un chômeur est

« une personne ayant dépassé un âge spécifié qui, au cours de la période de référence, est sans travail, disponible pour travailler, à la recherche d'un travail ». Cette définition est relativement large, puis- qu'elle compte parmi les chômeurs toute personne sans travail, qu'il

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s'agisse d'un emploi salarié ou non salarié ; disponible pour travailler dans un emploi salarié ou non salarié ; ayant pris des dispositions pour trouver un emploi salarié ou non salarié, c'est-à-dire inscrite dans un bureau de placement ou ayant fait des démarches sur les lieux de travail ou ayant passé ou répondu à des annonces de journaux, etc. Dans certains cas, par exemple quand le marché du travail est inorganisé, les deux premiers critères suffisent. La définition de chômeur s'applique aux personnes temporairement mises à pied, sans lien formel avec leur emploi ; les étudiants, personnes s'occupant de leur foyer ou engagées dans des activités non économiques, disponibles pour travailler et à la recherche d'un travail2.

Quant au terme de « sous-employés », il s'applique aux personnes dont l'emploi est insuffisant par rapport à des normes déterminées ou à un autre emploi possible, compte tenu des qualifications profession- nelles (formation ou expérience pratique). Le sous-emploi est visible lorsqu'il peut être mesuré statistiquement, correspondant à une insuf- fisance du volume de l'emploi. Il oblige des personnes pourvues d'un emploi salarié ou non salarié à travailler en-dessous de la durée normale du travail ; ces personnes sont alors disponibles pour effectuer un travail supplémentaire ou à la recherche de celui-ci. Le sous-emploi invisible est le résultat d'une mauvaise répartition des ressources de main-d'œuvre ou d'un déséquilibre entre la main-d'œuvre et les autres facteurs de production3. Par définition, il ne peut être mesuré ; le volume du chômage, quand il y a sous-emploi invisible, se trouve donc plus ou moins sous-estimé selon les régions et les pays.

L ' É V O L U T I O N D U C H Ô M A G E D A N S L E M O N D E D a n s les pays industrialisés à économie de m a r c h é

C'est à partir des années 1970 que la situation se dégrade, dans ce groupe de pays engagés, depuis 1945, dans une période de croissance rapide, caractérisée, dans le domaine du travail, par le plein emploi quasi général. De 1960 à 1973, le chômage varie entre 4 et 7 % de la population active en Amérique du Nord ; il oscille entre 2 et 3 % dans les pays européens et au Japon.

Dans la plupart des pays, il progresse rapidement de 1973 à 1975, les taux pour l'ensemble des pays de l'OCDE passant de 3,5 à 5,2 % et plafonnant vers les 5 % entre 1976 et 1979. A partir de 1980, la progression s'accélère à nouveau ; entre 1980 et 1983, les taux s'élèvent de 5,2 % à 9 % ; ils atteignent 10 % en Belgique, au Canada, en Espagne, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni... Le chômage s'accroît encore jusqu'en 1983-1984 où il régresse quelque peu. Il y a, en 1985, environ 31 millions de chômeurs dans la zone de l'OCDE, soit un taux moyen de 8,2 % de la population active4.

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Tableau 1 : Taux de chômage dans la zone de l'OCDE

Source : BIT. Annuaire des statistiques du travail. Genève, 1970 et 1986.

Tableau 2 : Taux de chômage en Europe ( % de la population active)

Source : Nations Unies. Commission Economique pour l'Europe. Etude sur la situation économique de l'Europe en 1985-86. Tableau reproduit dans Conférence Régionale Européenne, 4e, Genève, 1987. L'emploi, les relations profession- nelles... Genève, BIT, 1987, p. 9.

Dans les pays de la Communauté Européenne, comme le montre le tableau ci-dessus, le chômage prend des proportions dramatiques.

Il ne cesse d'augmenter, depuis 1980 : le taux moyen, pour l'Europe de l'Ouest, passe de 5,3 à 9,4 % entre 1980 et 1984 ; en Europe

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méridionale, l'accélération est encore plus marquée : il est de 11,6 % en 1980 et de 17,4 % en 1984. La moyenne européenne passe à 11,6% à cette dernière date 5.

Il convient de mentionner ici que le travail clandestin (ou travail au noir) qui s'est considérablement développé dans les pays industria- lisés et que pratiquent un nombre croissant de chômeurs, fausse quelque peu les données et permet de penser que les chiffres du chômage sont plus ou moins surestimés, selon les pays.

Des causes diverses

Les origines de l'essor sans précédent du chômage, dans les pays industrialisés à économie de marché, s'inscrivent tout d'abord dans le ralentissement général de l'économie dont les effets se font sentir dès le début des années 1970. Relevés également par les observateurs, parmi les causes de la dégradation de l'emploi, les bouleversements intervenus dans le système productif international et dans le jeu de la concurrence ; sur le plan extérieur : les crises du pétrole (1973 et 1979), les fluctuations des taux de change et des taux d'intérêt, l'irruption, sur l'échiquier du commerce international, de nouveaux concurrents (Japon et nouveaux pays industriels) ; sur le plan intérieur : l'augmentation des déficits publics, l'inflation, la stagnation, voire le déclin de la demande... Le prix de l'affaiblissement de l'économie et des mesures prises pour améliorer la situation ou, au moins, pour la stabiliser, se traduit en millions de chômeurs. A ces causes, il faut ajouter l'évolution technologique qui, dans un premier temps, a provoqué la suppression de toute une série d'activités et d'emplois traditionnels 6.

En ce qui concerne plus particulièrement l'Europe, les spécialistes de l'emploi avancent trois facteurs susceptibles d'avoir accentué la progression du chômage : « la faiblesse de la demande... ; la hausse des coûts réels de main-d'œuvre et la baisse de la rentabilité qui l'accompagne ; les rigidités des marchés du travail, des capitaux et des produits dans les économies européennes qui, tout en continuant à accroître les coûts réels de main-d'œuvre, freinent les mutations structurelles et technologiques, affaiblissent les incitations et dissuadent

l e s e m p l o y e u r s d ' a u g m e n t e r l e u r s e f f e c t i f s » 7

L e d é b a t r e s t e l a r g e m e n t o u v e r t e n t r e l e s p r o m o t e u r s d e c e s d i f f é r e n t e s e x p l i c a t i o n s , m a i s i l e s t p l u s q u e p r o b a b l e q u e c h a c u n e d ' e n t r e e l l e s a c o n t r i b u é à l a d é t é r i o r a t i o n d e l a s i t u a t i o n .

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Deux préoccupations majeures

L'analyse du chômage dans les pays industrialisés à économie de marché fait ressortir deux tendances particulièrement pernicieuses.

La première est que ce sont les jeunes qui payent le plus lourd tribut au chômage. Depuis 1975, leur situation n'a cessé de se dégrader, avec l'arrivée sur le marché de l'emploi de la génération du baby-boom ; la réticence des employeurs à embaucher des jeunes, inexpérimentés, coûteux en matière de formation et de salaires, en période de difficultés économiques ; la suppression, due aux techniques modernes, de nombreux postes de manœuvres occupés autrefois par les travailleurs débutants.

Tableau 3 : Le chômage des jeunes (% dans la population active totale des jeunes)

Source : « 31 million reasons to fight unemployment. » L'observateur de l'OCDE, (144), jan. 1987, p. 13. (Pour 1986 et 1987, il s'agit d'estimations).

Il faut attendre les deux ou trois dernières années pour voir s'amorcer une légère amélioration grâce aux politiques vigoureuses menées par certains pays en faveur de l'emploi des jeunes ; c'est le cas en Australie, au Canada, en Norvège surtout, mais aussi aux Etats-Unis, en Finlande, au Royaume-Uni, en Suède, en RFA.

Cependant, en 1985, de 22 à 60 % des chômeurs ont moins de 25 ans'.

On remarque que toutes les catégories de jeunes sont désormais confrontées au problème du chômage et non plus seulement les filles, les jeunes les moins instruits, les migrants, les handicapés ou les minorités raciales comme c'était le cas auparavant.

Les femmes constituent également un groupe vulnérable ; malgré une progression spectaculaire sur le marché de l'emploi de 21 pays

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industrialisés, entre 1982 et 1985, elles connaissent un taux de chômage nettement plus élevé que celui des hommes, dans de nombreux pays.

En Belgique et en Italie, par exemple, le taux de chômage des femmes est près du double de celui des hommes. De plus, dans la plupart des pays, le taux de chômage féminin augmente plus rapidement et décroît plus lentement que celui des hommes9.

Les travailleurs de plus de 50 ans et ceux dont la formation est insuffisante ou périmée risquent également plus que les autres de figurer parmi les chômeurs.

L'autre sujet de vive inquiétude est l'augmentation rapide du chômage de longue durée. Mis à part les Etats-Unis où le pourcentage des chômeurs depuis plus d'un an et plus est de quatre points inférieurs en 1985 par rapport à 1983, au Canada et en Autriche où la diminution est sensible, la situation est pire en 1985 que deux ou trois ans plus tôt. Dans les 12 pays européens pour lesquels des statistiques sont disponibles, près de 46 % des chômeurs (6,7 millions de personnes) sont - en 1985 - à la recherche d'un travail depuis un an et plus 10.

Parmi eux, on observe une proportion de plus en plus grande de travailleurs dans la force de l'âge (25-44 ans) : plus de la moitié en Autriche, Belgique, France, Irlande, Norvège, Pays-Bas ; 40 % en RFA et au Royaume-Uni ".

D a n s les p a y s industrialisés à économie planifiée

La situation se présente fort différemment, dans les pays de l'Europe de l'Est, où le plein emploi constitue l'un des objectifs principaux de la politique économique et sociale. Pas de chômage, donc, dans ce groupe de pays, tout au plus de courtes périodes pendant lesquelles les travailleurs ayant perdu un emploi sont inactifs, à la recherche d'un autre travail ; cette démarche peut prendre de 4 à 5 jours en Bulgarie, par exemple, de 18 à 28 jours en URSS12.

Mais il serait totalement irréaliste d'en déduire, d'une part, qu'il n'y a pas de problème d'emploi, d'autre part, que la situation ne changera pas dans les années qui viennent.

De graves difficultés, malgré le plein emploi

Jusque dans les années 1970, les pays socialistes appuyent leur développement sur une population active en constante augmentation, sur une main-d'œuvre se portant vers les secteurs les plus dynamiques de la production, sur des investissements relativement élevés. Mais l'apparition de pénuries aiguës de main-d'œuvre paralyse certaines régions, certaines industries, certains métiers ; car le plein emploi ne signifie nullement l'utilisation maximale des ressources humaines. De

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I N F O R M A T I O N S E T C O M M E N T A I R E S Revue trimestrielle de Sciences Sociales Appliquées

Revue spécialisée dans les problèmes économiques, sociaux, poli- tiques posés par le progrès technique, l'évolution des Sociétés indus- trialisées, le développement du Tiers Monde et ses relations avec l'Occident. Chaque numéro fait le point sur une question d'actualité porteuse d'avenir.

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