Un Instrument de Formatîon
proFess'ionneLLe ?(,)
Jacques
AUDRAN*
Résumé Les «listesdediffusion »sedéveloppentassezrapidementsurInter net et les enseignants qui s'abonnent à une liste professionnelle d'éducation, qu'ellesoit thématiqueoudisciplinaire,sont de plusen plus nombreux. Il apparaîtqueceslistessontà la foisdeslieux pro¬
pices à l'échange d'information, mais aussi aux débats
ente
membres. Cetarticle, tiré d'une rechercheportantsurlespratiques et les conceptionsdes enseignantsde l'écoleprimaire ayantchoisi de constuireunsiteWebdanslecadredeleur pratiqueprofessionnelle, interroge, surcesujetparticulier,l'utilitéformative de cetoutilenétu¬diantla naturedes échanges etdesdébats, compris comme« actes delangage»,dansla communautédesabonnés. Ceséchangessem¬
blentparticiper dela constuctiond'une identitéprofessionnelle des membressurla base d'une réflexiond'ordreinstitutionnel.
Abstact
"Broadcasting lists"are developing quiterapidlyon theInternetand theteacherswhosuscribe toaprofessional listof
education,whetherit
isbased on athemeora subject matter, are becoming moreand morenumerous.It appears thatthese listsare placeswhichareboth favourable to an exchangeof
information and also to debates betweenmembers. Thispaperisdrawn from a research concerning /fiepractices andconceptionsof
the primary school teachers who have chosen to create a Website within the contextof
their125
* - JacquesAudran, Université deProvence,déptdessciencesdel'éducation, laboratoire CIRADE,
group
derecherche enévaluationetapprentissage(GREA).1 - Cetarticlereprendprtiellementle texted'unecommunicationeffectuéedanslecadre du 14"colloque dePADMEE-Europeà Aix-en-Provence enjanvier2001, intitulée« Les outils technologiquesdecommunication,catalyseurs ourévélateursdanslaformation?Lecasd'une listedediffusion professionnelle».
Un Instrument de Formatîon
proFess'ionneLLe ?(,)
Jacques
AUDRAN*
Résumé Les «listesdediffusion »sedéveloppentassezrapidementsurInter net et les enseignants qui s'abonnent à une liste professionnelle d'éducation, qu'ellesoit thématiqueoudisciplinaire,sont de plusen plus nombreux. Il apparaîtqueceslistessontà la foisdeslieux pro¬
pices à l'échange d'information, mais aussi aux débats
ente
membres. Cetarticle, tiré d'une rechercheportantsurlespratiques et les conceptionsdes enseignantsde l'écoleprimaire ayantchoisi de constuireunsiteWebdanslecadredeleur pratiqueprofessionnelle, interroge, surcesujetparticulier,l'utilitéformative de cetoutilenétu¬diantla naturedes échanges etdesdébats, compris comme« actes delangage»,dansla communautédesabonnés. Ceséchangessem¬
blentparticiper dela constuctiond'une identitéprofessionnelle des membressurla base d'une réflexiond'ordreinstitutionnel.
Abstact
"Broadcasting lists"are developing quiterapidlyon theInternetand theteacherswhosuscribe toaprofessional listof
education,whetherit
isbased on athemeora subject matter, are becoming moreand morenumerous.It appears thatthese listsare placeswhichareboth favourable to an exchangeof
information and also to debates betweenmembers. Thispaperisdrawn from a research concerning /fiepractices andconceptionsof
the primary school teachers who have chosen to create a Website within the contextof
their125
* - JacquesAudran, Université deProvence,déptdessciencesdel'éducation, laboratoire CIRADE,
group
derecherche enévaluationetapprentissage(GREA).1 - Cetarticlereprendprtiellementle texted'unecommunicationeffectuéedanslecadre du 14"colloque dePADMEE-Europeà Aix-en-Provence enjanvier2001, intitulée« Les outils technologiquesdecommunication,catalyseurs ourévélateursdanslaformation?Lecasd'une listedediffusion professionnelle».
professional practice;itdealswiththeformativeusefulness
of
thisnew tool by studying the contentof
the exchanges and debates, consideredas "actsof
language", in thecommunityof
subscribers.Theseexchangesseemtobe
part of
theconstructionof
a professional identityof
thesememberson the basisof
a reflexionof
aninstitutional nature.Introduction
Ledéveloppementd'Internetestdésormaisinscrit demanièrevolontaire danslespro¬
grammesde l'école. Toutefois lesorientationsactuelles des textes ministérielsvisent surtoutl'emploideces technologiesen situationd'enseignement. Or, il sembleutile de s'interroger sur les influences réciproques entre Internet etla sphère éducative (Audran,2000)quandils'agitde laformationetdutravaildesenseignants,ycom¬
prisendehors delaclasse.La rechercheprésentéeicitente
d'apprter
quelquesélé¬mentséclairantssurla manière
pr
laquelleInternetpeufcontribuer à la formafion desenseignantspr
l'échangeentrepirs.
Cetterecherche a été réaliséeà partirde l'analysede
props
échangés dans une liste dediffusion hébergéepr
les serveurs informatiques de l'Éducation nationale oùdes enseignantschargés de promouvoir l'usage de l'informatiqueà l'école pri¬maire font
prt
deleurs difficultésetdeleurs succèsdans leurfonction, échangent desinformationstrèspointues etseformentaux techniquesnaissantes.Maissur cette124 liste, en marge des échanges
prtant
sur les pratiques, les membres s'entraident, s'invectivent,prennent laproie prfois pur
contesterlalégitimitédeschoixdeleur hiérarchie, tout cela dans un espace qu'ils saventcontrôlépar elle. Au sein d'une base,constituéedeplusdeux millemessagesdepuis la création dela listeen 1999, des échanges autour de thèmes clairement identifiés permettent de suivre des momentsfortsetlespréoccupationsde la «tribu »,oude certainsdesesmembres.Cetteapprochesemblepouvoiréclairercertainstypesderelations existant entreune activitéd'autoévaluation,comprisecommeuneprisededistance etun repéragepar
rapprt
àun projetprofessionnelqui tientà la fois àla natureetauxcontenus des informations échangées, maisaussiauxdébatsd'idéesorganisésau seinde laliste.professional practice;itdealswiththeformativeusefulness
of
thisnew tool by studying the contentof
the exchanges and debates, consideredas "actsof
language", in thecommunityof
subscribers.Theseexchangesseemtobe
part of
theconstructionof
a professional identityof
thesememberson the basisof
a reflexionof
aninstitutional nature.Introduction
Ledéveloppementd'Internetestdésormaisinscrit demanièrevolontaire danslespro¬
grammesde l'école. Toutefois lesorientationsactuelles des textes ministérielsvisent surtoutl'emploideces technologiesen situationd'enseignement. Or, il sembleutile de s'interroger sur les influences réciproques entre Internet etla sphère éducative (Audran,2000)quandils'agitde laformationetdutravaildesenseignants,ycom¬
prisendehors delaclasse.La rechercheprésentéeicitente
d'apprter
quelquesélé¬mentséclairantssurla manière
pr
laquelleInternetpeufcontribuer à la formafion desenseignantspr
l'échangeentrepirs.
Cetterecherche a été réaliséeà partirde l'analysede
props
échangés dans une liste dediffusion hébergéepr
les serveurs informatiques de l'Éducation nationale oùdes enseignantschargés de promouvoir l'usage de l'informatiqueà l'école pri¬maire font
prt
deleurs difficultésetdeleurs succèsdans leurfonction, échangent desinformationstrèspointues etseformentaux techniquesnaissantes.Maissur cette124 liste, en marge des échanges
prtant
sur les pratiques, les membres s'entraident, s'invectivent,prennent laproie prfois pur
contesterlalégitimitédeschoixdeleur hiérarchie, tout cela dans un espace qu'ils saventcontrôlépar elle. Au sein d'une base,constituéedeplusdeux millemessagesdepuis la création dela listeen 1999, des échanges autour de thèmes clairement identifiés permettent de suivre des momentsfortsetlespréoccupationsde la «tribu »,oude certainsdesesmembres.Cetteapprochesemblepouvoiréclairercertainstypesderelations existant entreune activitéd'autoévaluation,comprisecommeuneprisededistance etun repéragepar
rapprt
àun projetprofessionnelqui tientà la fois àla natureetauxcontenus des informations échangées, maisaussiauxdébatsd'idéesorganisésau seinde laliste.ÉTAT DES
LIEUX Les listes de diffusion
Une « listedediffusion »est un espacede communicationsurInternet(Beaudoin, Veikovska, 1999)proche ducourrierélectronique,auseinduquel sont échangés des
pints
devue, des conseilstechniques,desréflexions contributives. Leprincipede la listedediffusion estdemettreà ladispsition
desmembresabonnés à la liste une adresseélectroniqueuniquepintant
sur unserveur spécialiséprmettant
à chacun desmembresde s'adresserà l'ensembledesabonnés.Unautomateinformatiquesur leserveurestchargé dediffuserles messages,mais, généralement,pur
évitertout débordement,unou plusieurs membres« modérateurs» régulentmanuellementles fluxdesmessagesavantl'expéditionà l'ensembledesabonnés.Les contributions sont « publiées » vers les boîtes aux lettres électroniques des membreset
puvent
êtreluescommen'imprte
quelcourrierélectroniquegrâce àun logiciel de messagerie (2). Afin que l'abonné puisse suivre le fil des échanges, la rubrique« objet» des messages issusde la listecompile
deséléments distinctifs permettant delesrepérerfacilement(pur
éventuellementlesarchiver manuellement ouautomatiquement). Cetterubriquefaciliteainsi lerapprochement de ceuxquiserapprtent
àunmême sujet.On parlealorsdethread(oufilde discussion). Comme leremarqueGillet(2000,p.62) surune listedediffusion«l'espir
d'entreprendre une revueexhaustive des messages s'avèrevite illusoire ». Les threadsprmettent
doncd'isolerdeséchangescohérentsautourd'un sujet etainsi delimiterlechamp d'investigation.D'autres modalités d'échanges existent sur Internet (forums, « chats » ou cau¬
settes...), mais la liste dediffusion présente l'intérêt de pouvoir faire l'objet d'un archivage
pr
lesmembres etdeconstituer,pur
lechercheur,unemine derensei¬gnements surlespratiques professionnelles.
La liste et ses membres
Lalistequi afait l'objetdecetterecherche,etdontquelques échanges sontprésen¬
tés ici àtitred'exemples, est
compsée
de membresqui sedéfinissent eux-mêmes comme«instituteursanimateurseninformatique»(LAI).Elleaétécréeenmars 1999
à lasuited'un séminaire interacadémique destinéauxIAI. Initialementgéréepr
unIA1et uneinspectricede l'écoleprimaire,la «modération»aétéélargiedès les pre¬
miersmoisdefonctionnementà desinstituteursouprofesseurs des écoleschargésde 2 - CommeOutlookExpressdel'éditeur Microsoft ou Messenger de l'éditeurNefscap.
12$
ÉTAT DES
LIEUX Les listes de diffusion
Une « listedediffusion »est un espacede communicationsurInternet(Beaudoin, Veikovska, 1999)proche ducourrierélectronique,auseinduquel sont échangés des
pints
devue, des conseilstechniques,desréflexions contributives. Leprincipede la listedediffusion estdemettreà ladispsition
desmembresabonnés à la liste une adresseélectroniqueuniquepintant
sur unserveur spécialiséprmettant
à chacun desmembresde s'adresserà l'ensembledesabonnés.Unautomateinformatiquesur leserveurestchargé dediffuserles messages,mais, généralement,pur
évitertout débordement,unou plusieurs membres« modérateurs» régulentmanuellementles fluxdesmessagesavantl'expéditionà l'ensembledesabonnés.Les contributions sont « publiées » vers les boîtes aux lettres électroniques des membreset
puvent
êtreluescommen'imprte
quelcourrierélectroniquegrâce àun logiciel de messagerie (2). Afin que l'abonné puisse suivre le fil des échanges, la rubrique« objet» des messages issusde la listecompile
deséléments distinctifs permettant delesrepérerfacilement(pur
éventuellementlesarchiver manuellement ouautomatiquement). Cetterubriquefaciliteainsi lerapprochement de ceuxquiserapprtent
àunmême sujet.On parlealorsdethread(oufilde discussion). Comme leremarqueGillet(2000,p.62) surune listedediffusion«l'espir
d'entreprendre une revueexhaustive des messages s'avèrevite illusoire ». Les threadsprmettent
doncd'isolerdeséchangescohérentsautourd'un sujet etainsi delimiterlechamp d'investigation.D'autres modalités d'échanges existent sur Internet (forums, « chats » ou cau¬
settes...), mais la liste dediffusion présente l'intérêt de pouvoir faire l'objet d'un archivage
pr
lesmembres etdeconstituer,pur
lechercheur,unemine derensei¬gnements surlespratiques professionnelles.
La liste et ses membres
Lalistequi afait l'objetdecetterecherche,etdontquelques échanges sontprésen¬
tés ici àtitred'exemples, est
compsée
de membresqui sedéfinissent eux-mêmes comme«instituteursanimateurseninformatique»(LAI).Elleaétécréeenmars 1999
à lasuited'un séminaire interacadémique destinéauxIAI. Initialementgéréepr
unIA1et uneinspectricede l'écoleprimaire,la «modération»aétéélargiedès les pre¬
miersmoisdefonctionnementà desinstituteursouprofesseurs des écoleschargésde 2 - CommeOutlookExpressdel'éditeur Microsoft ou Messenger de l'éditeurNefscap.
12$
126
ceIvped'activitéou détachésenCDDP (Centresdépartementauxdedocumentation pédagogique).
Cepndant,
uneenquête menée durant l'année 1999 montrait que tous lesdéprtementsn'étaientps
représentésdemanièreéquilibrée.La liste comptait, au moisde février2000, 365 abonnés,
ps
nécessairementtous IAIcarlaprocédured'abonnement automatiquenepeutvérifier l'identité de chaque membre.Touteslesinformations quiy circulentnesontdoncps
contrôlables,cequi nevaps
sanspser
quelques difficultésméthodologiques. Cepndant, contraire¬ment à cequi sepasse surd'autreslistes, dès lespremiers échanges, lesmembres, ont pris soin de signer explicitement leurs messages (nom, prénom, fonction et départementd'origine), ce qui
put prmeftre
d'attribuer une certaine authenticité aux contributions. Laprticiption
desabonnésesttrèsinégale.Unrelevéstatistique surles messagesdel'année 1999montreque30%desabonnésétaientémetteurs de70 %des messagesetquelapluprt
des membres nefaisaient querecevoirles messages sansjamaisprficipr
à lavie de laliste. Cesobservationsont pulégère¬ment évoluer sur la période examinée mais ces taux de
particiption
sont très proches de ceux observéspr
Drof-Delange (2001) sur une liste de professeurs deSES.Les IAI sontdesenseignants quin'ont
ps
de statutspécifique maisbénéficient, de manière inégale,d'horaireslégèrementaménagésvoire de décharges partielles de classepur
assurer lesuivi desactions pédagogiquesliéesà l'usagede l'informa¬tique dans l'enseignementprimaireet
pur participr
aux actionsdeformationdes enseignants. Les fonctions desIAI (quivarientconsidérablementselon lessituations locales), etl'appllation
IAI elle-même, ne sont pas institutionneUementvalidées et sontdonc largement débattues au seinde la liste. Lesdébats viennentdonc renfor¬cerlesentiment
d'apprtenance
àune «tribu informatique»(Breton, 1990, p.47), partageantunecultureet une vision du monde,dontlescontoursne sontpasarrê¬tésune fois
pur
toute, maisquiseretrouve surunecommunautéd'intérêts.Le
pint
de vue quiconsisteàmettrel'accent surlesperformances techniquespinte
rarementlecaractèreversatiledestechnologies dela communicationetleur
prtée
sur leplan du développementdel'identité tantpersonnellequeprofessionnelledes usagers (Chandler, 1998). La listede diffusion est, àcetitre, une modalité instru¬
mentaled'Internetparticulièrement intéressanteà étudiersousl'anglede laforma¬
tion. Loin du défi que
put
représenter Internet en termes d'innovations, cette technologie « ordinaire »apprte
aux IAI les moyens d'évaluerau quotidien leur proprerôle au seindel'institution. C'estdonc ici, dans la relation épistolaire entre les membres, qu'il est intéressant de voir si la listeput
prendre une dimension formatrice.126
ceIvped'activitéou détachésenCDDP (Centresdépartementauxdedocumentation pédagogique).
Cepndant,
uneenquête menée durant l'année 1999 montrait que tous lesdéprtementsn'étaientps
représentésdemanièreéquilibrée.La liste comptait, au moisde février2000, 365 abonnés,
ps
nécessairementtous IAIcarlaprocédured'abonnement automatiquenepeutvérifier l'identité de chaque membre.Touteslesinformations quiy circulentnesontdoncps
contrôlables,cequi nevaps
sanspser
quelques difficultésméthodologiques. Cepndant, contraire¬ment à cequi sepasse surd'autreslistes, dès lespremiers échanges, lesmembres, ont pris soin de signer explicitement leurs messages (nom, prénom, fonction et départementd'origine), ce qui
put prmeftre
d'attribuer une certaine authenticité aux contributions. Laprticiption
desabonnésesttrèsinégale.Unrelevéstatistique surles messagesdel'année 1999montreque30%desabonnésétaientémetteurs de70 %des messagesetquelapluprt
des membres nefaisaient querecevoirles messages sansjamaisprficipr
à lavie de laliste. Cesobservationsont pulégère¬ment évoluer sur la période examinée mais ces taux de
particiption
sont très proches de ceux observéspr
Drof-Delange (2001) sur une liste de professeurs deSES.Les IAI sontdesenseignants quin'ont
ps
de statutspécifique maisbénéficient, de manière inégale,d'horaireslégèrementaménagésvoire de décharges partielles de classepur
assurer lesuivi desactions pédagogiquesliéesà l'usagede l'informa¬tique dans l'enseignementprimaireet
pur participr
aux actionsdeformationdes enseignants. Les fonctions desIAI (quivarientconsidérablementselon lessituations locales), etl'appllation
IAI elle-même, ne sont pas institutionneUementvalidées et sontdonc largement débattues au seinde la liste. Lesdébats viennentdonc renfor¬cerlesentiment
d'apprtenance
àune «tribu informatique»(Breton, 1990, p.47), partageantunecultureet une vision du monde,dontlescontoursne sontpasarrê¬tésune fois
pur
toute, maisquiseretrouve surunecommunautéd'intérêts.Le
pint
de vue quiconsisteàmettrel'accent surlesperformances techniquespinte
rarementlecaractèreversatiledestechnologies dela communicationetleur
prtée
sur leplan du développementdel'identité tantpersonnellequeprofessionnelledes usagers (Chandler, 1998). La listede diffusion est, àcetitre, une modalité instru¬
mentaled'Internetparticulièrement intéressanteà étudiersousl'anglede laforma¬
tion. Loin du défi que
put
représenter Internet en termes d'innovations, cette technologie « ordinaire »apprte
aux IAI les moyens d'évaluerau quotidien leur proprerôle au seindel'institution. C'estdonc ici, dans la relation épistolaire entre les membres, qu'il est intéressant de voir si la listeput
prendre une dimension formatrice.PRÉSENTATION
DELA
RECHERCHELes fils de discussion
Pourl'analyse,quatrethèmesabordés durantlessixderniersmoisontété isolés. Ces fils de discussion (threads) se sont déroulés chacun sur trois ou quatre jours d'échangesautourd'unthèmeayanttrouvé unelarge adhésion
prmi
lesmembres.Au sein des listes, Anis (1998, p. 224) distingue deux usages: « transmettre des informations ou
[...]
véhiculerdesdébats, très rapidement, au sein de publics de toutesdimensions réunispr
despréoccuptionscommunes». Dans lecasqui nous intéresse,ontétéécartéslesbrefséchangeséclaircissantunpint
extrêmementtech¬niquequi, bienqu'ayantunedimension indiscutablement(in)formatrice(au sensde
l'apprt
d'information), neconstituentps
un fil de discussion. Ensuite, les thèmes retenusl'ontétésoitparcequ'ilsprmettaient d'établirlerepéraged'unesituationde terrain(thread1),soitparcequ'ils ouvraientundébatsurdesprisesde décisionliées à lafonction professionnelle(thread 2),soitparcequ'ilsdébouchaientversuneques¬tionpluslarge(thread3et 4).Cesfilsont égalementétéchoisis
pur
leur cohérence, car chacun a donné naissance, en quelque sorte, au fil suivant. Du thread 1 au thread4, onput
suivre une discussion, cequi est méthodologiquementimprtant
du
pint
de vuedel'analysedesdiscours. Lechangement defucorrespnd
alors à des glissements de sens comme onpuf
les observer dans des débats oraux. Les quatre threads s'enchaînent de manièrelogique:Thread1 :«FAI(3)
pur
lesécoles»:lesmembresdébattentdesconditions d'accès,pur
lesécoles,àdesfournisseursd'accèsInternetinstitutionnelsouprivés.(22mes¬sagesdu30.01.2000au3.02.2000).
Thread2:« FAI gratuits »: de la question des pssibilités deconnexion dérive la questionde la gratuité d'accès à Internet etdel'égalitédes écolesà cetaccès. (15 messages,du3.02.2000au 5.02.2000).
Thread
3:
« LibertéetFAI »: ledébat pssede l'égalitéd'accèsaux questions de liberté du choix (ou liberté tout court)pur
un établissement. (8 messages du 6.2.2000au 15.02.2000).Thread4: « LessitesWeb, libertéou vitrine»: ladiscussion prendun tourcritique surles manipulationsetl'« effet-vitrine »
puvant
existersur leWeb et la manière dont certains utilisent ce médiapur
« exister ». (7messages du 18.03.2000 au 21.03.2000).Danscesquatre threads, lamoyennedesmotsécritspartexte estsupérieure àcent, faitinhabituel
pur
cetyp
d'écrit,généralementconcis. Lesheuresd'expéditiondes messages sont tout à fait surprenantes (certains expédient leurs messages entre3 - FAI :fournisseur d'accèsInternet institutionnelouprivé.
127
PRÉSENTATION
DELA
RECHERCHELes fils de discussion
Pourl'analyse,quatrethèmesabordés durantlessixderniersmoisontété isolés. Ces fils de discussion (threads) se sont déroulés chacun sur trois ou quatre jours d'échangesautourd'unthèmeayanttrouvé unelarge adhésion
prmi
lesmembres.Au sein des listes, Anis (1998, p. 224) distingue deux usages: « transmettre des informations ou
[...]
véhiculerdesdébats, très rapidement, au sein de publics de toutesdimensions réunispr
despréoccuptionscommunes». Dans lecasqui nous intéresse,ontétéécartéslesbrefséchangeséclaircissantunpint
extrêmementtech¬niquequi, bienqu'ayantunedimension indiscutablement(in)formatrice(au sensde
l'apprt
d'information), neconstituentps
un fil de discussion. Ensuite, les thèmes retenusl'ontétésoitparcequ'ilsprmettaient d'établirlerepéraged'unesituationde terrain(thread1),soitparcequ'ils ouvraientundébatsurdesprisesde décisionliées à lafonction professionnelle(thread 2),soitparcequ'ilsdébouchaientversuneques¬tionpluslarge(thread3et 4).Cesfilsont égalementétéchoisis
pur
leur cohérence, car chacun a donné naissance, en quelque sorte, au fil suivant. Du thread 1 au thread4, onput
suivre une discussion, cequi est méthodologiquementimprtant
du
pint
de vuedel'analysedesdiscours. Lechangement defucorrespnd
alors à des glissements de sens comme onpuf
les observer dans des débats oraux. Les quatre threads s'enchaînent de manièrelogique:Thread1 :«FAI(3)
pur
lesécoles»:lesmembresdébattentdesconditions d'accès,pur
lesécoles,àdesfournisseursd'accèsInternetinstitutionnelsouprivés.(22mes¬sagesdu30.01.2000au3.02.2000).
Thread2:« FAI gratuits »: de la question des pssibilités deconnexion dérive la questionde la gratuité d'accès à Internet etdel'égalitédes écolesà cetaccès. (15 messages,du3.02.2000au 5.02.2000).
Thread
3:
« LibertéetFAI »: ledébat pssede l'égalitéd'accèsaux questions de liberté du choix (ou liberté tout court)pur
un établissement. (8 messages du 6.2.2000au 15.02.2000).Thread4: « LessitesWeb, libertéou vitrine»: ladiscussion prendun tourcritique surles manipulationsetl'« effet-vitrine »
puvant
existersur leWeb et la manière dont certains utilisent ce médiapur
« exister ». (7messages du 18.03.2000 au 21.03.2000).Danscesquatre threads, lamoyennedesmotsécritspartexte estsupérieure àcent, faitinhabituel
pur
cetyp
d'écrit,généralementconcis. Lesheuresd'expéditiondes messages sont tout à fait surprenantes (certains expédient leurs messages entre3 - FAI :fournisseur d'accèsInternet institutionnelouprivé.
127
minuit et deux heures du matin!). Les messages sont rédigés en grande majorité (90 %) en dehors des heures habituellesde travail scolaire, soittrès tard soittrès tôt, soit le mercredi ou leweek-end. Cettecaractéristique peut sevérifier sur l'en¬
semble des messages. Cela confirme bien queces enseignants prennent connais¬
sance et rédigent leurs messages en dehors de leur temps de service, alors que ces activités pourraient entrer dans letemps institutionnel consacré à leurs tâches professionnelles(4).
Les événementsverbaux étudiés ici sont assezreprésentatifsdeséchangesdecette liste et de l'alternance entre discours informatif, discours
plémique
et discours réflexif.Aspects méthodologiques et grille de lecture
Letype de recueil choisidès le
déprt
conduit àprivilégierl'analysequalitativedes messagespur
traiter la question de la dimension formative de l'instrument, maispse
des problèmes méthodologiques propres à l'analyse comprehensive de contenu. Lechoixdes threads,ens'appuyantsur ladistinction d'Anis, a permisde faireensortequel'analyseprte
aussi biensurlesmessagesinformatifs(àl'excep¬tion, comme ilaétédit, desquestions/répnsesisolées) que surlesmessages-com¬
mentaires.
L'apprt
des travaux de linguistique pragmatique réalisés autour de la notion d'actes aelangage(Austin, 1962; Searle, 1972) sembleopératoiresurces messages.Toutefois,cesontlestravaux deGrice(1979)surlalogique de laconver¬sationqui semblent présenterle plusd'intérêtici. D'unepart
prce
qu'ils sesituent 128 I au niveau de la logique de l'échange conversationnel, et d'autreprt prceque
Griceapprte
unedimension cognitiveàl'acte de langageindirectetnon-naturelde
Searle.Grice distingue la phrase(auniveaudes mots)del'énoncé(audelàdes mots,
tenant compte du contexte d'énonciation) et introduit les notions de principe de
coopération (qui repose surlefaitqueles participnts
s'attendent àceque chacun
contribue à la conversation de manière rationnelle). À prtir
de là, Grice (1979,
pp.62-63)distinguequatremaximesquelesinterlocuteurssontamenésàrespecter:
maxime dequalité(lelocuteurestcenséénoncer la vérité),maximede quantité(les éléments du discours doivent être ni en surnombre ou en nombre insuffisant), maxime de relation(lediscoursdoitêtrecohérent aveclediscoursdesautresouson proprediscours), maxime de manière(le message nedoit
ps
êtreambigu).Toute transgressiond'unemaximeconstitue un indice laissant penser quel'auteur énonce intentionnellementun messagequise situeau-delà desmots,cequeGriceapplle
implicature.
4 - On
put
pnserquedesbesoinsd'archivage,ou desconsidérations matérielles(absence deconnexion institutionnelle,indispnibilitédespstes),incitentlesmembresà utiliser depré¬férenceleurordinateurprsonnel.
minuit et deux heures du matin!). Les messages sont rédigés en grande majorité (90 %) en dehors des heures habituellesde travail scolaire, soittrès tard soittrès tôt, soit le mercredi ou leweek-end. Cettecaractéristique peut sevérifier sur l'en¬
semble des messages. Cela confirme bien queces enseignants prennent connais¬
sance et rédigent leurs messages en dehors de leur temps de service, alors que ces activités pourraient entrer dans letemps institutionnel consacré à leurs tâches professionnelles(4).
Les événementsverbaux étudiés ici sont assezreprésentatifsdeséchangesdecette liste et de l'alternance entre discours informatif, discours
plémique
et discours réflexif.Aspects méthodologiques et grille de lecture
Letype de recueil choisidès le
déprt
conduit àprivilégierl'analysequalitativedes messagespur
traiter la question de la dimension formative de l'instrument, maispse
des problèmes méthodologiques propres à l'analyse comprehensive de contenu. Lechoixdes threads,ens'appuyantsur ladistinction d'Anis, a permisde faireensortequel'analyseprte
aussi biensurlesmessagesinformatifs(àl'excep¬tion, comme ilaétédit, desquestions/répnsesisolées) que surlesmessages-com¬
mentaires.
L'apprt
des travaux de linguistique pragmatique réalisés autour de la notion d'actes aelangage(Austin, 1962; Searle, 1972) sembleopératoiresurces messages.Toutefois,cesontlestravaux deGrice(1979)surlalogique de laconver¬sationqui semblent présenterle plusd'intérêtici. D'unepart
prce
qu'ils sesituent 128 I au niveau de la logique de l'échange conversationnel, et d'autreprt prceque
Griceapprte
unedimension cognitiveàl'acte de langageindirectetnon-naturelde
Searle.Grice distingue la phrase(auniveaudes mots)del'énoncé(audelàdes mots,
tenant compte du contexte d'énonciation) et introduit les notions de principe de
coopération (qui repose surlefaitqueles participnts
s'attendent àceque chacun
contribue à la conversation de manière rationnelle). À prtir
de là, Grice (1979,
pp.62-63)distinguequatremaximesquelesinterlocuteurssontamenésàrespecter:
maxime dequalité(lelocuteurestcenséénoncer la vérité),maximede quantité(les éléments du discours doivent être ni en surnombre ou en nombre insuffisant), maxime de relation(lediscoursdoitêtrecohérent aveclediscoursdesautresouson proprediscours), maxime de manière(le message nedoit
ps
êtreambigu).Toute transgressiond'unemaximeconstitue un indice laissant penser quel'auteur énonce intentionnellementun messagequise situeau-delà desmots,cequeGriceapplle
implicature.
4 - On
put
pnserquedesbesoinsd'archivage,ou desconsidérations matérielles(absence deconnexion institutionnelle,indispnibilitédespstes),incitentlesmembresà utiliser depré¬férenceleurordinateurprsonnel.
le
Dèslerecueil desdonnées,lechoixdesthreadsaétéréalisédemanièreàcequ'ils soientlisibles en termesd'implicature.Ilfaut
rappler
iciquel'implicature gricéenneput
êtredéclenchée soitdemanière dite conventionnellepr
l'emploi d'éléments de phrases,soitdemanière conversationnelle (non-conventionnelle)en s'appuyantsur leséléments implicitesdela conversation. Unprticipant
joue,pr
exemple, de la juxtapsitiondesidées:«Onpeutdemander uneconnexion[...],
celametplusd'un mois»,pur
ironisersurlasituation.Enfinlesrupturesdesmaximesgricéennes sont de bons indicateursdesfiguresde rhétorique employéespr
lesauteurspur
attirerl'attention sur un
pint
précis (litote, ironie, etc.) commepr
exemple: « Onrecherchedesvolontairespour la retanscription en LOGO»,trait d'humour
rep-
santsurl'implicite (LOGO étantunlangage«
pssé
de mode»à l'école)quineput
toucher que la communautédesanimateurseninformatique.
Lesprticularitésdescodesélectroniques (Anis, 1998, p. 212)ont dûêtreprisesen compte égalementcarun certain nombre d'éléments sémiotiques issus des textes, topogrammesetlogogrammes conventionnelssont
prteurs
d'unsensbiensupérieur à celui des mots: l'émotion classique évoquant un rire grasen est un exemple. Lapnduation
dans lesmessagesa un rôletrèsimprtant.
On remarque notamment, entermesd'implicature conversationnelle, que l'usagedespints
desuspension est trèsrépndu pur
indiqueraudestinatairequ'ilput
laisserlibre cours à son inter¬prétation en se référant aux messages antérieurs: « Les gens demandent une connexionailleurs... »,sous-entendu «unFAIgratuit».
Ce sontdonccesnotions quiont servi àtirer, à
prtir
descommentaires,des élé¬ments invariants ou récurrents prmettantde mettreen évidenceces actes de lan-
|2ç
gages indirects,l'orientation de larechercheétant iciexploratoireetcomprehensive.
Analyse conversationnelle
Thread1
Le thread1,à lasuited'une simplequestiondumodérateursurlesconditions d'ac¬
cèsàInternetdanslesécolesselonlesdéprtements,est
compsé
d'un ensemble de contributions(22messages)quidélivrentunétatcomplet de la questionenmoinsde trois jours, sans«langue debois », immédiatementsuivid'une vague decommen¬taires, enforme de protestations, qui s'adressent,au-delàdesmembres, à l'institu¬
tionmêmequiamisenplacela liste.On a donc bien làunactedelangage où la
pluprt
desmembresducollectifexprimentplusou moinsdirectementvers un desti¬nataire suppse attentif une certaine déception et de la lassitude. La déception semble
prter
sur ledécalageexistantentrelalourdeuradministrative et la rapidité d'évolution de la technologie. Un commentaire présentà la fin d'unmessagelance undébatsur lethème«CommentgérerunsiteWebsion n'aps
d'accèsdirectau leDèslerecueil desdonnées,lechoixdesthreadsaétéréalisédemanièreàcequ'ils soientlisibles en termesd'implicature.Ilfaut
rappler
iciquel'implicature gricéenneput
êtredéclenchée soitdemanière dite conventionnellepr
l'emploi d'éléments de phrases,soitdemanière conversationnelle (non-conventionnelle)en s'appuyantsur leséléments implicitesdela conversation. Unprticipant
joue,pr
exemple, de la juxtapsitiondesidées:«Onpeutdemander uneconnexion[...],
celametplusd'un mois»,pur
ironisersurlasituation.Enfinlesrupturesdesmaximesgricéennes sont de bons indicateursdesfiguresde rhétorique employéespr
lesauteurspur
attirerl'attention sur un
pint
précis (litote, ironie, etc.) commepr
exemple: « Onrecherchedesvolontairespour la retanscription en LOGO»,trait d'humour
rep-
santsurl'implicite (LOGO étantunlangage«
pssé
de mode»à l'école)quineput
toucher que la communautédesanimateurseninformatique.
Lesprticularitésdescodesélectroniques (Anis, 1998, p. 212)ont dûêtreprisesen compte égalementcarun certain nombre d'éléments sémiotiques issus des textes, topogrammesetlogogrammes conventionnelssont
prteurs
d'unsensbiensupérieur à celui des mots: l'émotion classique évoquant un rire grasen est un exemple. Lapnduation
dans lesmessagesa un rôletrèsimprtant.
On remarque notamment, entermesd'implicature conversationnelle, que l'usagedespints
desuspension est trèsrépndu pur
indiqueraudestinatairequ'ilput
laisserlibre cours à son inter¬prétation en se référant aux messages antérieurs: « Les gens demandent une connexionailleurs... »,sous-entendu «unFAIgratuit».
Ce sontdonccesnotions quiont servi àtirer, à
prtir
descommentaires,des élé¬ments invariants ou récurrents prmettantde mettreen évidenceces actes de lan-
|2ç
gages indirects,l'orientation de larechercheétant iciexploratoireetcomprehensive.
Analyse conversationnelle
Thread1
Le thread1,à lasuited'une simplequestiondumodérateursurlesconditions d'ac¬
cèsàInternetdanslesécolesselonlesdéprtements,est
compsé
d'un ensemble de contributions(22messages)quidélivrentunétatcomplet de la questionenmoinsde trois jours, sans«langue debois », immédiatementsuivid'une vague decommen¬taires, enforme de protestations, qui s'adressent,au-delàdesmembres, à l'institu¬
tionmêmequiamisenplacela liste.On a donc bien làunactedelangage où la
pluprt
desmembresducollectifexprimentplusou moinsdirectementvers un desti¬nataire suppse attentif une certaine déception et de la lassitude. La déception semble
prter
sur ledécalageexistantentrelalourdeuradministrative et la rapidité d'évolution de la technologie. Un commentaire présentà la fin d'unmessagelance undébatsur lethème«CommentgérerunsiteWebsion n'aps
d'accèsdirectauserveur » etfustige les craintes que l'administration éprouve à laisser aux ensei¬
gnants larespnsabilité éditorialedescontenusdessitesWeb d'école:
«
A
monavisil
estpratiquementimpossiblede réaliserunsiteécoleétapepar
étape et de le mettre àjourrégulièrementsansaccèsFTP(5).A
l'époque delacommuni¬cation rapide,
il
est quandmême navrantde devoirattendre plusieurs jours ou semainespoureffectuer unepetitemodificationtelleerreur de lienoufauted'ortho¬graphe. C'estundéfautcourantdessites institutionnels. Unaccès FTPestà l'étude mais
il y
adesréticencesnotamment denosadministrations, (pasd'accèsauRecto¬rat nià l'IUFM). J'espère une solution, sinon leshébergeursgratuits ouprivésvont être sollicités et les serveurs que toutcontribuable paye ne contiendrontque des liens. »
110
On voitqu'unetellecontributionlaisse planerunemise en gardeà peinevoilée: si l'institutionnefait
ps
confianceà sesagents ils iront créerleursitechezun héber¬geur privé gratuit.
Lethread1 estessentiellementinformatif et constituelesocleréférentieldes threads suivants. On
put
considérer que l'ensemble deces informations constitue lespré¬misses(ausenspragmatique) delaconversation. Cesmessagessontassezrépétitifs etconstituentdéjà une base de connaissance sur une« réalité» deterrain. Néan¬
moins, l'analyse conversationnelle révèledéjààceniveaudesimplicaturesconven¬
tionnelles. L'institution « Education nationale » est marquée explicitement ou implicitement dans ce threadcomme peu présenteet peu performante en termes d'infrastructures technologiques. On
put
même noter une certaine insistance:«Chacun se débrouille avec », « chacun sedébrouille », « chacun faitcomme
il
peut», « c'estunsacrésacdenqud
», « onnouspromet... ». Plusfinement, l'ab¬sencede l'État peut êfre soulignée
pr
la mention de l'excellenced'une collectivité territoriale,ou ironiquement(« lerectorat»offre« uneadresse»)pr
l'emploides guillemetsqui encadrentleverbe offrir. Seuls, trois messagesontuneappréciation plutôtpsitive.
Thread!
Le
pssage
au thread 2 marque uneétap
quand l'un des contributeurs s'étonne que les autres membres acceptentimplicitement etquasi unanimement le recours auxfournisseursd'accès privés. Celaapur
effetde créerunclivage entrelespar¬tisans d'un service public qui interviendrait activement sur le terrain des TIC et d'autresmembresàfasensibilité différentequi prennent simplementactede lafaible
5 - FTP(FileTransfertProtocol) est un moyen
pur
lesanimateursd'intervenir directementsur leserveurpur
transférerdesfichiersoumettreà jourdessitessansautorisationinstitution¬nelleponctuellespécifique.
serveur » etfustige les craintes que l'administration éprouve à laisser aux ensei¬
gnants larespnsabilité éditorialedescontenusdessitesWeb d'école:
«
A
monavisil
estpratiquementimpossiblede réaliserunsiteécoleétapepar
étape et de le mettre àjourrégulièrementsansaccèsFTP(5).A
l'époque delacommuni¬cation rapide,
il
est quandmême navrantde devoirattendre plusieurs jours ou semainespoureffectuer unepetitemodificationtelleerreur de lienoufauted'ortho¬graphe. C'estundéfautcourantdessites institutionnels. Unaccès FTPestà l'étude mais
il y
adesréticencesnotamment denosadministrations, (pasd'accèsauRecto¬rat nià l'IUFM). J'espère une solution, sinon leshébergeursgratuits ouprivésvont être sollicités et les serveurs que toutcontribuable paye ne contiendrontque des liens. »
110
On voitqu'unetellecontributionlaisse planerunemise en gardeà peinevoilée: si l'institutionnefait
ps
confianceà sesagents ils iront créerleursitechezun héber¬geur privé gratuit.
Lethread1 estessentiellementinformatif et constituelesocleréférentieldes threads suivants. On
put
considérer que l'ensemble deces informations constitue lespré¬misses(ausenspragmatique) delaconversation. Cesmessagessontassezrépétitifs etconstituentdéjà une base de connaissance sur une« réalité» deterrain. Néan¬
moins, l'analyse conversationnelle révèledéjààceniveaudesimplicaturesconven¬
tionnelles. L'institution « Education nationale » est marquée explicitement ou implicitement dans ce threadcomme peu présenteet peu performante en termes d'infrastructures technologiques. On
put
même noter une certaine insistance:«Chacun se débrouille avec », « chacun sedébrouille », « chacun faitcomme
il
peut», « c'estunsacrésacdenqud
», « onnouspromet... ». Plusfinement, l'ab¬sencede l'État peut êfre soulignée
pr
la mention de l'excellenced'une collectivité territoriale,ou ironiquement(« lerectorat»offre« uneadresse»)pr
l'emploides guillemetsqui encadrentleverbe offrir. Seuls, trois messagesontuneappréciation plutôtpsitive.
Thread!
Le
pssage
au thread 2 marque uneétap
quand l'un des contributeurs s'étonne que les autres membres acceptentimplicitement etquasi unanimement le recours auxfournisseursd'accès privés. Celaapur
effetde créerunclivage entrelespar¬tisans d'un service public qui interviendrait activement sur le terrain des TIC et d'autresmembresàfasensibilité différentequi prennent simplementactede lafaible
5 - FTP(FileTransfertProtocol) est un moyen
pur
lesanimateursd'intervenir directementsur leserveurpur
transférerdesfichiersoumettreà jourdessitessansautorisationinstitution¬nelleponctuellespécifique.
implication de l'État. Chacun
apprte
des arguments (techniques,plitiques),
lespour
et les contre prennent alternativement laproie
dans la discussion, et deux camps sedessinentpu
àpu.
Lesunsdéfendentainsilesvaleursde l'institution:
« L'entreprisecitoyenne, laconstuctiondela sociétédel'informationduXXIs...
il
ne faudraitpasoublierquederrière tout çaily
a de formidables enjeuxcommerciaux!Etquecelan'ajamaisfaitbonménageavecl'école.Il mesemblequelorsquelapos¬
sibilitéestofferteauxécolesdepouvoirseconnedersurunFAIinstitutionnel,
il
ne fautpas hésiter, même sic'estplus long à obtenir, que çarame un peu plus (et encore...là aussiil
faudraitvoir). »Les autres, déclarentexploiter sans étatd'âme les pssibilités offertes par les FAI privés:
«Je
n'ai
pasl'impression delivrerde pauvres âmesinnocentes (trèsnombreusesje l'avoue,j'ai
connectéplusd'unevingtaine d'écoles avecdes FAIgratuits!)caril
suf¬fit
dansl'Explorer de choisirlapaged'ouverturepar
défaut:je leur"colle"celledu rectoratde X..'.'.'Conclusion, nos chèrestêtes blondes sontfrustrées,ellesnevoient aucunepub... »Unefoisde plus, l'ironien'est
ps
en reste: « J'espèreau moins quel'Explorerest institutionnel!!!»etcertainsmessagesrepsentsurdesimplicaturesoriginalesà la manièredes programmeurs,pur
signaler unepsition
originalequi sedémarque desdeux camps:«"MODE
GROGNON:ON"
Wanadoo, ils sontpartout.
Toutd'abord, 95 %des écoles quiontune connexion viaWanadoo ontdes pro¬
blèmes,çafaitrêver. Laraisonprincipaleà mon avis, c'est quelesgenssontobligés de réaliserdesinstallenaveugle avecforceCDRoms. Il fautarrêterdeprendreles enspourdes demeurés,
il
fautdonnerlechoix. Free, Fnac,Mageosetcompagnie r'ontcompris depuis longtemps, vive leparamétragelibre!
Deuxièmement,pourquoiinstaller (àX.parexemple)desrouteurs, dès
qu'il y
aun réseau?Ilfaut m'en démontrer l'intérêt. Parconte
leparamétagedelaconnexion n'est plus accessible lorsquela boîteestrefermée. Bonjourlemonopole!Etdevinez quiest leprestataire:Wanadoo,si,si!
Vive Sambar, leproxy gratuithttp://www.sambar.com/
"MODEGROGNON: OFF. »
Ces messages s'appuientsurdes figuresrhétoriques
pur
renforcerleurprtée
sur l'auditoire.D'une certainemanièreilsréussissentbien danscetteentreprisecarbien¬tôtappraissentdescontributionsplusradicales.
f,
151 implication de l'État. Chacun
apprte
des arguments (techniques,plitiques),
lespour
et les contre prennent alternativement laproie
dans la discussion, et deux camps sedessinentpu
àpu.
Lesunsdéfendentainsilesvaleursde l'institution:
« L'entreprisecitoyenne, laconstuctiondela sociétédel'informationduXXIs...
il
ne faudraitpasoublierquederrière tout çaily
a de formidables enjeuxcommerciaux!Etquecelan'ajamaisfaitbonménageavecl'école.Il mesemblequelorsquelapos¬
sibilitéestofferteauxécolesdepouvoirseconnedersurunFAIinstitutionnel,
il
ne fautpas hésiter, même sic'estplus long à obtenir, que çarame un peu plus (et encore...là aussiil
faudraitvoir). »Les autres, déclarentexploiter sans étatd'âme les pssibilités offertes par les FAI privés:
«Je
n'ai
pasl'impression delivrerde pauvres âmesinnocentes (trèsnombreusesje l'avoue,j'ai
connectéplusd'unevingtaine d'écoles avecdes FAIgratuits!)caril
suf¬fit
dansl'Explorer de choisirlapaged'ouverturepar
défaut:je leur"colle"celledu rectoratde X..'.'.'Conclusion, nos chèrestêtes blondes sontfrustrées,ellesnevoient aucunepub... »Unefoisde plus, l'ironien'est
ps
en reste: « J'espèreau moins quel'Explorerest institutionnel!!!»etcertainsmessagesrepsentsurdesimplicaturesoriginalesà la manièredes programmeurs,pur
signaler unepsition
originalequi sedémarque desdeux camps:«"MODE
GROGNON:ON"
Wanadoo, ils sontpartout.
Toutd'abord, 95 %des écoles quiontune connexion viaWanadoo ontdes pro¬
blèmes,çafaitrêver. Laraisonprincipaleà mon avis, c'est quelesgenssontobligés de réaliserdesinstallenaveugle avecforceCDRoms. Il fautarrêterdeprendreles enspourdes demeurés,
il
fautdonnerlechoix. Free, Fnac,Mageosetcompagnie r'ontcompris depuis longtemps, vive leparamétragelibre!
Deuxièmement,pourquoiinstaller (àX.parexemple)desrouteurs, dès
qu'il y
aun réseau?Ilfaut m'en démontrer l'intérêt. Parconte
leparamétagedelaconnexion n'est plus accessible lorsquela boîteestrefermée. Bonjourlemonopole!Etdevinez quiest leprestataire:Wanadoo,si,si!
Vive Sambar, leproxy gratuithttp://www.sambar.com/
"MODEGROGNON: OFF. »
Ces messages s'appuientsurdes figuresrhétoriques
pur
renforcerleurprtée
sur l'auditoire.D'une certainemanièreilsréussissentbien danscetteentreprisecarbien¬tôtappraissentdescontributionsplusradicales.
f,
151
152
Thread3
Lepremiermessageduthread3 ef sonpamphlet qui distingue libertéetlibéralisme (« Lemot exact à employer dansce casn'est pasLIBERTEmaisLIBERALISME,cen'est paslamêmechose!») « greffent»un nouveausujet,alors quelethread 2setarit, enattirantl'attentiondesmembressurlethème LibertéetFAI. Latournuredes inter¬
ventions
prd pu
àpu
de vuelesujetdedépart(les FAIgratuits)pur
glisservers une dimension plusplitique
encore, celle des missions de l'école. Leton devientplémique
etdanslemêmetempslesprticipnts
semblents'enliserdansundébat idéologique. L'emploi des majuscules (cequi revient àcrierdans les écrits électro¬niques)ou une
pnctuation
exclamafiveendonnedesindicationsvisibles en termes d'implicatureconventionnelle(« Vo//àla réponse que j'attendais!»). Ledébatverse dans la présentationd'opinion efs'exprimeparlesprisesdepsition
radicales:« //fautfaire propredans les têtes »ou dessuites de
pintes
ironiques, « obligerles enseignantsànefumerquedesproduitsdela Seita »,prfois
engagées,« etdirequ'il y
adixans,onabattaitunmur!».Leclivage entrelesdeux
psitions
s'affirme etledébat tourneàl'affrontement:«L'écolepubliquen'est pas tenuedeselaisser faire, deselaisserentraînerlesyeux fermésdansunsecteurmarchandoùelle
n'a
passaplace. »« Au lieu de nousreplier frileusementdans nos écoles, nous ferions mieux d'ap¬
prendreànos élèvesà vivre danslemonde réel. »
A
cepint
paroxystique chacun campe sur sespsitions
efl'on assisteà l'interven¬tion du modérateur qui
propse
adroitement un « sondage »pur
mettre fin aux querelles:«Pourterminer (provisoirement) le débat (intéressant) sur le type deFAIproposé aux écoles, je vous propose un petit sondage (qui ne servira à rien mais permettra d'avoir latempératuredes IAI surcesujet)encliquant simplement sur2des4pro¬
positionsci-dessous(chaqueclic généreraun message
qu'il
suffira de poster SANS RIEN AJOUTER). »Lesrésultatsparaissentquatrejours plustard:
« Du9.2.2000au 12.2.2000: 80votants
pur
137votesexprimés(sur365abon¬nésà laliste)
L'Education nationaledoit
propser
un FAI institutionnel:OUI:
57; NON:
18Je
propse
auxécolesdes'abonner àun FAIgratuit:OUI:
38; NON: 24».
152
Thread3
Lepremiermessageduthread3 ef sonpamphlet qui distingue libertéetlibéralisme (« Lemot exact à employer dansce casn'est pasLIBERTEmaisLIBERALISME,cen'est paslamêmechose!») « greffent»un nouveausujet,alors quelethread 2setarit, enattirantl'attentiondesmembressurlethème LibertéetFAI. Latournuredes inter¬
ventions
prd pu
àpu
de vuelesujetdedépart(les FAIgratuits)pur
glisservers une dimension plusplitique
encore, celle des missions de l'école. Leton devientplémique
etdanslemêmetempslesprticipnts
semblents'enliserdansundébat idéologique. L'emploi des majuscules (cequi revient àcrierdans les écrits électro¬niques)ou une
pnctuation
exclamafiveendonnedesindicationsvisibles en termes d'implicatureconventionnelle(« Vo//àla réponse que j'attendais!»). Ledébatverse dans la présentationd'opinion efs'exprimeparlesprisesdepsition
radicales:« //fautfaire propredans les têtes »ou dessuites de
pintes
ironiques, « obligerles enseignantsànefumerquedesproduitsdela Seita »,prfois
engagées,« etdirequ'il y
adixans,onabattaitunmur!».Leclivage entrelesdeux
psitions
s'affirme etledébat tourneàl'affrontement:«L'écolepubliquen'est pas tenuedeselaisser faire, deselaisserentraînerlesyeux fermésdansunsecteurmarchandoùelle
n'a
passaplace. »« Au lieu de nousreplier frileusementdans nos écoles, nous ferions mieux d'ap¬
prendreànos élèvesà vivre danslemonde réel. »
A
cepint
paroxystique chacun campe sur sespsitions
efl'on assisteà l'interven¬tion du modérateur qui
propse
adroitement un « sondage »pur
mettre fin aux querelles:«Pourterminer (provisoirement) le débat (intéressant) sur le type deFAIproposé aux écoles, je vous propose un petit sondage (qui ne servira à rien mais permettra d'avoir latempératuredes IAI surcesujet)encliquant simplement sur2des4pro¬
positionsci-dessous(chaqueclic généreraun message
qu'il
suffira de poster SANS RIEN AJOUTER). »Lesrésultatsparaissentquatrejours plustard:
« Du9.2.2000au 12.2.2000: 80votants
pur
137votesexprimés(sur365abon¬nésà laliste)
L'Education nationaledoit
propser
un FAI institutionnel:OUI:
57; NON:
18Je
propse
auxécolesdes'abonner àun FAIgratuit:OUI:
38; NON: 24».
ThreadA
Ledébatestdoncclos (sur desrésultatsquisoulignentlecaractèreparadoxalde la situation)etl'on
purrait
croire quecetéchangeaétéstérilepourlesmembres.Tou¬tefois, l'examend'un quatrième thread(« Les sitesWebliberté ouvitrine? ») nais¬
santun
pu
plusd'unmois plustard,semblemontrer le contraire.Lethèmededéprf
yestrepris, maison
put
constaterque parrapprt
aupremierthreadqui constitue unesortederéférentiel, iltémoigne à lafoisd'une prise de conscience etd'unepro¬ductiondeconnaissances:
«Pour lesite"animateurinformatique"delacirconscription queje meproposaisde mettreenplace surWanadoo (FAI fournipar l'IA, vous suivez?),
il
m'a carrément étédemandé detransformermapaged'accueilquinedevrait plus contenirqu'un lienversle sitequisera installésur leserveuracadémique. (Vous êtesperdus dans mesexplications? Tantpis etdommage: vouspouvez toujours m'interroger). Ceci parce que l'Inspecteura
académievoudraitavoirundroitderegardsur chacundes sitesd'écolequiseraientun morceau de lavitrine de l'Education nationale. Jene savaispasqueMonsieur l'Inspecteur d'académiepouvaitsuivrelessites d'écolede si près!»Cequi débouche surun questionnementqui éclaire tout autrement ledébatd'ori¬
gine:
«Jemedemandedonc,moiaussi, quiestpropriétairedusite?Quiestresponsable despagesinstallées? Lepourquoi d'unetelleexigence?Pourquoi
y
aurait-ilunetelle différence de traitement entre unjournald'écoleetunsiteInternet?Doit-on s'auto- censurer?Querisque-t-on? Quellessontles "erreurs"oules"fautes"qui vontête
sanctionnées?»
Delà,part alorsl'élaborationd'unsystèmedeprémissesàpartirde nouvelles contri¬
butionsdesmembresqui renforcent donc ainsilesconnaissancesproduites:
« Oui, [..
.]
c'est une"demande"du rectorat que defaireréférencerlessitesd'écoles surleserveuracadémique. "Demande"qu'onnous ainvité à transmettreauxcol¬lèguesquiselancent dansla création d'unsite.»
« Dans ledépartementde l'X. aussi, mais uniquementpourlessitesdesconseillers pédagogiques etdesanimateurs informatiques hébergés
par
leserveuracadémique,il
aétéexigé lepassage àla moulinetteaunepersonne uniquequiestchargée de"formater"et de
"mette
dansunenorme"lespageshébergées. »Toutefoison
put
constater cette fois que la partde commentairesaccompgnant
l'étatdes lieuxestplusimprtante
etfait référence à d'anciennes interventions sans enreprendrel'argumentaire de façon détaillée:«N'est-ce pasM.?», «le message deR.me laisseunefoisdépluspensif».Cetappuiprmet
depropser
denouveaux thèmes:Ml ThreadA
Ledébatestdoncclos (sur desrésultatsquisoulignentlecaractèreparadoxalde la situation)etl'on
purrait
croire quecetéchangeaétéstérilepourlesmembres.Tou¬tefois, l'examend'un quatrième thread(« Les sitesWebliberté ouvitrine? ») nais¬
santun
pu
plusd'unmois plustard,semblemontrer le contraire.Lethèmededéprf
yestrepris, maison
put
constaterque parrapprt
aupremierthreadqui constitue unesortederéférentiel, iltémoigne à lafoisd'une prise de conscience etd'unepro¬ductiondeconnaissances:
«Pour lesite"animateurinformatique"delacirconscription queje meproposaisde mettreenplace surWanadoo (FAI fournipar l'IA, vous suivez?),
il
m'a carrément étédemandé detransformermapaged'accueilquinedevrait plus contenirqu'un lienversle sitequisera installésur leserveuracadémique. (Vous êtesperdus dans mesexplications? Tantpis etdommage: vouspouvez toujours m'interroger). Ceci parce que l'Inspecteura
académievoudraitavoirundroitderegardsur chacundes sitesd'écolequiseraientun morceau de lavitrine de l'Education nationale. Jene savaispasqueMonsieur l'Inspecteur d'académiepouvaitsuivrelessites d'écolede si près!»Cequi débouche surun questionnementqui éclaire tout autrement ledébatd'ori¬
gine:
«Jemedemandedonc,moiaussi, quiestpropriétairedusite?Quiestresponsable despagesinstallées? Lepourquoi d'unetelleexigence?Pourquoi
y
aurait-ilunetelle différence de traitement entre unjournald'écoleetunsiteInternet?Doit-on s'auto- censurer?Querisque-t-on? Quellessontles "erreurs"oules"fautes"qui vontête
sanctionnées?»
Delà,part alorsl'élaborationd'unsystèmedeprémissesàpartirde nouvelles contri¬
butionsdesmembresqui renforcent donc ainsilesconnaissancesproduites:
« Oui, [..
.]
c'est une"demande"du rectorat que defaireréférencerlessitesd'écoles surleserveuracadémique. "Demande"qu'onnous ainvité à transmettreauxcol¬lèguesquiselancent dansla création d'unsite.»
« Dans ledépartementde l'X. aussi, mais uniquementpourlessitesdesconseillers pédagogiques etdesanimateurs informatiques hébergés
par
leserveuracadémique,il
aétéexigé lepassage àla moulinetteaunepersonne uniquequiestchargée de"formater"et de
"mette
dansunenorme"lespageshébergées. »Toutefoison
put
constater cette fois que la partde commentairesaccompgnant
l'étatdes lieuxestplusimprtante
etfait référence à d'anciennes interventions sans enreprendrel'argumentaire de façon détaillée:«N'est-ce pasM.?», «le message deR.me laisseunefoisdépluspensif».Cetappuiprmet
depropser
denouveaux thèmes:Ml