LE SAUMON DE L'ATLANTIQUE AU
QUE BEC
RAPPORT SUR LE SAUMON ET PLAN DIRECTEUR POUR
L'AMÉNAGEMENT DE CETTE RESSOURCE
PAR
WILFRED M.CARTER CONSEILLER TECHNIQUE
MINISTÈRE DU TOURISME , DE LA CHASSE ET DE LA PÈCHE
LE SAUMON DE L'ATLANTIQUE (Salm° solar, L.)
AU QUEBEC
RAPPORT SUR LE SAUMON ET PLAN DIRECTEUR POUR
L'AMENAGEMENT DE CETTE RESSOURCE
par
WILFRED M. CARTER CONSEILLER TECHNIQUE
MINISTERE W TOURISME, DE LA CHASSE ET DE LA PECHE
FÉVRIER 1968
TABLE DES MATIERES
1. AVANT-PROPOS
2. INTRODUCTION
3
1. L'aperçu du problème
3
11. Le mandat
4
111. La solidarité des ressources
5
1V. Les principes qui ont servi de guides dans cette étude 5
V. Reconnaissance
7
3. L'HISTORIQUE DU SAUMON
9
1. Les débuts historiques du saumon
9
11.
Le
saumon aux Etats-Unis10
111. Le saumon au Québec 12
4. REMARQUES GENERALES SUR LA BIOLOGIE DU SAUMON
30
1. Distribution 30
11. Le cycle de vie 31
111.
La migration33
1V. Le taux de survie 36
V. Les fluctuations des populations
39
5. LA VALEUR ECONOMME DE LA PECHE AU SAUMON
41
1. L'évaluation des activités récréatives
41
11. L'étude de la valeur économique des piicheries de saumon
44
111. Les valeurs respectives de la pèche sportive et de
la pêche commerciale du saumon 45
1V. La contribution apportée à l'économie par l'opération
de certains clubs privés 48
•II
III
6, LES STRUCTURES ADMINISTRATIVES 53
1. L'inefficacité des structures administratives
existantes 55
11. Le partage des responsabilités administratives 56 Ill. Les centres administratifs régionaux 58
1V. Organigramme d'une administration régionale typique 62-A V. Le Conseil du Saumon de l'Atlantique 62
Vl. Le Comité Interministériel 65
V11. L'Institut de Recherche 69
V111. Les Comités régionaux d'aménagement 70
7, LA LEGISLATION 73
1. Les principales catégories d'abus 74
11. Pénalités minimums 74
111. Les grandes divisions de la législation 75 1V. La division de la province en zones 76
V. Les règlements généraux 101
Vl. Les règlements spéciaux 101
V11. L'exploitation des populations de saumons 103 V111. Les perdis spéciaux pour la poche au saumon 108
IX, La pollution des eaux 108
X. La solidarité des ressources . 111
Xl. La réserve des trois chaînes 113
X11. Le partage des responsabilités administratives 114 X111, LA PRINCIPALE RECOMMANDATION DU RAPPORT 116
iv
8. EXPROPRIATION 118
1. La présentation d'un mémoire au comité d'enquête 119 11. Les pouvoirs d'expropriation pour fins récréatives 119 9. L'AMÉNAGEMENT DES RIVIERES A SAUMON 120 1. Les catégories des projets d'aménagement 121
11. Les projets spéciaux 123
111. Les canaux artificiels de fraie 127 I.V. Les structures réglant le débit des eaux 129 V. Les projets d'aménagement des zones 130
10. EXPLOITATION 138
1. Les droits de pêche exclusifs 138
11. L'évolution sociale 1/44
111. La propriété des ressources récréatives 1114 1V0 Les politiques générales d'exploitation proposées 145
V. Les politiques d'exploitation proposées dans les zones 148 Vl. Le partage de l'exploitation des rivières 164 V11. Le Service des Parcs
a) Critiques re: statistiques 162 b) Critiques re: l'exploitation des rivières 164
11. LES POURVOYEURS EN CHASSE ET PEwil 174
1. Les normes d'opération 174
'
12. TARIFS DES BAUX 176
1. Calcul inéquitable des tarifs 176
11. Les critères recommandés pour fixer les tarifs 176
111. Une formule de base 177
1V. L'encan public 180
13. LA PROTECTION 182
1. La solidarité de la protection et l'aménagement
des ressources 182
11. Les recommandations générales 184
111. La protection et le braconnage 186 1V. La protection du saumon - les responsables 187 V. Les gardiens des clubs privés - recommandations 190 Vlo Le rôle des Comités régionaux d'aménagement 191
V11. Les périodes de surveillance 192
V111. Cours pour les gardiens et les guides 193 1X. Guides licenciés pour les non-domiciliés 193
X. Recommandations 195
14. LA RECHERCHE 197
1. L'aménagement solidaire de la recherche 197 11. La recherche, hier et aujourd'hui, 198 111. Station de recherche - rivière Nabesipi 199
1V. La recherche, plus ou moine 201
V. La recherche, méthode à suivre 201
Vl. Recherche pure - recommandation 202
QI
V11. Recherche appliquée - recommandation 203
Viii. L'Institut de Recherche 203
1X. Conclusions 208
15. LES PECHERIES DE SAUMONS DU GROENLAND 210
1. Historique 210
11, Provenance du saumon 211
111. Recommandation ,213
16. SOMMAIRE DES RECOMMANDATIONS 214
17. APPENDICES 219
18. REMERCIEMENTS 232
19. BIBLIOGRAPHIE . 233
INDEX DES FIGURES
Page Figure no. 1 Les rivières à saumon du Québec 8 Figure no. 2 Les routes de migration du saumon 78 Figure no. 3 Les rivières à saumon, zone no. 1 86 Figure no. 4 Les rivières à saumon, zone no. 2 87 Figure no. 5 Les rivières à saumon, zone no. 3 88 Figure no. 6 Les rivières à saumon, zone no. 14 89 Figure no. 7 Les rivières à saumon, zone no. 5 90 Figure no. 8 Les rivières à saumon, zone no. 6 91 Figure no. 9 Les rivières è saumon, zone no. 7 92 Figure no. 10 Les rivières à saumon, zone no. 8 93 Figure no. 11 Les rivières à saumon, zone no. 9 94 Figure no. 12 Les rivières à saumon, zone no. 10 95 Figure no. 13 Les rivières è saumon, zone no. 11 96 Figure no. 14 Les rivières à saumon, zone no. 12 97 Figure no. 15 Les rivières à saumon, zone no. 13 98 Figure no. 16 Les rivières à saumon, zone no. 14 99 Figure no. 17 Saisons de pêche à la ligne et
règlements spéciaux pour chaque zone 100 Figure no. 18 Un 'obstacle" à la migration 117 Figure no.\ 19 Les feux de forêts dans les bassins
d'écoulement des principales rivières
Gaspésienne 137
Figure no. 20 Plan d'exploitation, Rivière St.-Jean 173 Figure no. 21 Périodes requises pour les gardiens sur
les rivières à saumon 192
VII
INDEX DES TABLEAUX
Page
Tableau no. 1 Saumons exportés de Québec, Gaspé
et New Carlisle, 1820 - 1837 22
Tableau no. 2 La pêche au saumon sur la rivière
Jacques Cartier '22
Tableau no.
3
Captures sportives, club Bonaventure, 23 1883 - 1967Tableau no.
4
Captures sportives, rivière Godbout, 241859 - 1967
Tableau no.
5
Captures sportives, club Ste-Marguerite, 25 1894 - 1967Tableau no. 6 Captures sportives, rivière Grande Cascapédia, 26 1879 - 1967
Tableau no.
7
Captures sportives, club Moisie, 27 1858 - 1967Tableau no.
8
Captures sportives, Québec, 1930 - 1967' 28 Tableau no. 9 Captures commerciales du saumon au Québec, 291929 - 1967
Tableau no. 10 Valeur relative de la pêche sportive
et commerciale,
1956 45
Tableau no. 11 Valeur relative de la pêche sportive
et commerciale,
1966 46
Tableau no. 12 Nombre de Permis de Pêche vendu dans
le Québec, 1960 - 1966
47
Tableau no. 13 Statistiques de trois clubs à saumon
dans le Québec, 1966 51
Tableau no. 14 Des statistiques économiques de trois
clubs à saumon sur la rivière Matapédia 52
VIII
"Sur terre, comme dans l'air et au sein des eaux, se perpétue une vie animale admirable et variée, extrêmement curieuse et que parachève le grand cycle de la création. Malheureusement, notre attitude â l'égard des animaux est, en général, fort différente de celle de Saint-François d'Assise. Dans notre aveuglement et notre ignorance, nous allons même jusqu'à détruire de précieux auxiliaires".
(Claude Melançon)
AVANT-PROPOS
"Un pays privé de sa liberté peut la reconquérir, un pays divisé peut être réuni, mais un pays dont les ressources naturelles ont été détruites, doit inévitablement être puni par la pauvreté, la dégradation et la décadence."
Gifford Pinchot.
Nous venons à peine de sortir d'une période d'obscurité relative, période de notre histoire dont nous nous souviendrons à
jamais comme étant la "Révolution Traquille", où l'émancipation sociale, depuis si longtemps attendue, a engendré un esprit de création au
Québec, et où la perfection technologique qui s'en suivit, a commencé à faire disparaître l'état de décadence qui a, pendant longtemps, retardé le progrès et la grandeur, à tous les niveaux de l'activité huMaine.
Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase que l'on pourrait appeler la "Crise Tranquille", puisque l'emploi que nous
ferons des ressources naturelles mises à notre disposition, déterminera notre vraie grandeur ou notre incompétence déplorable.
Tout au cours de l'histoire, le point de vue économique a toujours eu la priorité sur les coutumes, la culture et l'esthétique.
Les abus et le gaspillage sont économiquement indésirables. Même si nous nous efforçons de faire le plus de choses possible, le plus vite possible, et chaque chose mieux que la précédente, le degré de notre succès ou de notre échec sera déterminé par l'habilité que nous démontrerons dans l'exploitation de nos ressources naturelles, afin de répondre aux besoins matériels de notre société, de même qu'au besoin angoissant qu'a chaque individu, de quitter cette foule eni- vrante de temps à autre, pour entendre, voir et sentir l'intimité de la nature.
Si nous réussissons, nous serons les premiers de tous les pays du monde à y parvenir. C'est tout ce que nous en retirerons, mais c'est la meilleure des récompenses.
Gaspé, P. Q. W.M. Carter
1968
2
.
INTRODUCTION
Un bon nombre de personnes ont affirmé, à plusieurs reprises, que nos populations de saumons de l'Atlantique se trouvent actuelle- ment dans une situation précaire, et que nos politiques d'aménagement et d'exploitation ne répondent pas exactement aux besoins tout à fait particuliers de cette précieuse ressource. Si ces paroles dépeignent fidèlement la situation actuelle du saumon de l'Atlantique au Québec, nous assisterons inévitablement à la disparition graduelle de ce fameux poisson des eaux de nos rivières. L'absence du saumon de certaines rivières, telles que les rivières Jacques-Cartier et Saint- Charles, près de Québec, où il existait jadis en abondance, appuie malheureusement ces paroles, (Chambers, 1912).
Toutefois, le saumon de l'Atlantique est complètement dis- paru de plusieurs autres rivières figurant autrefois au nombre des meilleures rivières à saumon du monde. Citons par exemple, La Seine, en France, le Rhin, en Allemagne, la rivière Hudson à New York et la Tamise, en Angleterre.
On a même osé affirmer qu'au cours de l'histoire, les popu- lations de saumons de 1'Aiantique ont toujours eu une tendance à diminuer à travers le Monde„ et ceci porte à croire à sa disparition éventuelle.
Cependant, partout où le saumon de l'Atlantique a cessé d'exister, nous pouvons ordinairement en attribuer le déclin et la 'disparition à des actions volontaires de l'homme, et à son indiffé-
rence évidente vis-à-vis des besoins particuliers des ressources na- turelles confiées à une société industrielle.
A la demande de l'honorable Ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, l'auteur fait ici l'historique de la pêche au saumon de la province de Québec, et expose les problèmes auxquels cette ressource aura à faire face dans l'avenir. Il fait aussi plusieurs recommandations spéciales pour les modifications et les innovations qu'il juge nécessaires, voire même essentielles, â la sauvegarde et à la survie de cette précieuse ressource qu'est le saumon de l'Atlantique au Québec.
Certaines politiques du système d'aménagement qui est ac- tuellement en vigueur dans la province de Québec, ont dû être criti- quées, mais toutes les critiques sont faites dans un but constructif.
En effet, la plupart des suggestions sont faites dans le but d'amé- liorer certaines politiques d'aménagement devant être réformées.
De plus, le mécanisme administratif actuel a été critiqué, puisqu'il s'est avéré inadéquat. Les individus responsables de l'adaptation d'un système administratif démodé et encombrant aux besoins de plus en plus compliqués d'une politique moderne d'aménagement, ne sont pas innocents, mais ils ne doivent pas être les seuls à prendre le blâmé pour les faiblesses et l'échec d'un tel système.
4
Les ressources naturelles sont ordinairement solidaires les unes des autres. Il est donc impossible d'élaborer un programme d'aménagement efficace pour une des ressources de cet ensemble, sans nécessairement tenir compte de toutes les autres. Le saumon de l'At- lantique est une ressource naturelle faisant partie d'un tout; il est alors impossible d'élaborer une bonne politique d'aménagement pour cette ressource, sans prendre en considération toutes les autres res- sources qui en sont solidaires. Lorsque certaines recommandations semblent à prime abord dépasser le rôle de ce rapport, il faudrait se rappeler ce principe de solidarité qui existe entre les ressources naturelles.
Ce rapport a été basé sur les principes suivants, de même que les recommandations qui y sont faites. Si nous désirons vraiment un bon aménagement de nos ressources naturelles, ces principes doivent essentiellement nous servir de guide.
1) Puisque c'est une créature vivante, le saumon est plus facilement affecté par l'indifférence et la négligence
de l'homme, que la plupart des autres ressources naturel- les. Si cette ressource était respectée et exploitée
judicieusement, elle ne serait jamais menacée d'extinction.
2) Le saumon de l'Atlantique ne respecte aucune frontière politique ou géographique. L'avenir du saumon de l'Atlan- tique.au Québec dépend donc des politiques d'aménagement
de son milieu naturel, adoptées à la fois au niveau national et international.
3) Une responsabilité administrative partagée dans le do- maine de l'aménagement d'une ressource, est inefficace et ne peut qu'engendrer le gaspillage et la perte de cette ressource.
) Il est impossible de déterminer avec précision la vraie valeur d'une ressource naturelle, par des critères éco- nomiques exclusivement. En effet, la valeur intrinsè- que d'une ressource naturelle telle que le saumon de l'Atlantique, dépasse de beaucoup la valeur que l'indus- trie et le commerce peuvent lui attribuer.
5) Tout bon aménagement de nos ressources naturelles devrait prendre les dispositions nécessaires pour en assurer l'exploitation. Toute politique encourageant la sous- exploitation d'une ressource en favorise le gaspillage, et toute politique en encourageant une sur-exploitation, en favorise la destruction.
6) Le plus grand nombre possible de sportifs devraient pou- voir jouir des possibilités récréatives de nos ressources naturelles, en autant que la qualité ou la quantité de ces ressources n'en sera pas affectée.
7) Le milieu naturel requis au saumon de l'Atlantique com- plique énormément l'aménagement de cette ressource dans
6.
des circonstances ordinaires, et le rend impossible sans le secours d'une législation constructive et rigoureu- sement appliquée.
Plusieurs personnes ont contribué à l'élaboration de ce rapport,.
en mettant leurs connaissances et leur expérience à notre disposition, permettant ainsi une plus grande objectivité dans le contenu de ce rapport. Ces personnes sont toutes des autorités dans le domaine du, saumon de l'Atlantique, et sont répandues à travers le monde, y com- pris notre propre petit coin de pays. Je les en remercie sincèrement.
Le vif intérêt porté par le Ministre du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, l'honorable G. Loubier, au bien-être de cette précieuse ressource, a rendu possible l'élaboration de ce rapport.
'Je désire lui exprimer ma gratitude, de même qu'là tolites les autres personnes qui y ont collaboré de quelque façon que ce soit.
Gaspé, P. Québec. Février 1968. W.M. Carter
7.
8.
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Figure no.
L'HISTORIqUE DU SAUMON
La présence du saumon de l'Atlantique dans nos rivières de la province de Québec, remonte fort probablement à l'époque de la décrue des glaciers, qui recouvraient jadis tout ce secteur du conti- nent nord-américain. Au cours de cette période, le sud-est du Canada était en majeure partie recouvert de grands lacs d'eau douce, et nous supposons que ceux-ci ont donné refuge à plusieurs espèces de poissons d'eau douce des plus combattifs, au nombre desquels figuraient très probablement les ancêtres du poisson que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Saisie salar, le saumon de l'Atlantique,
Suivant la décrue des grands glaciers, ces poissons réussi- rent à gagner le nord en quittant les lacs, pour remonter le long de la côte est de l'Amérique du nord, se frayant un chemin à travers les estuaires, et remontant ainsi nos rivières. Les connaissances actuel- les acquises sur le saumon de l'Atlantique, les endroits où il existait autrefois en abondance, de même que la forme adoptée au Canada par
l'évolution de la croûte terrestre après la période glaciaire, tout ceci m'incite â croire que notre saumon était originairement un poisson d'eau douce qui aurait plus tard acquis ses caractéristiques anadromes.
Nous ne possédons que très peu de connaissances au sujet des débuts historiques du saumon de l'Atlantique (Saimo salar). En Europe, sa présence a été signalée, il y a environ 12,000 ans, par de superbes portraits peints sur les murs d'anciennes cavernes, au nord-ouest de
9.
l'Espagne (Netboy, Anthony). Selon les copies d'anciens manuscrits, le mot saumon aurait été employé pour la première fois en l'an 78 A.D., dans un livre de Pline l'ancien, ou le Naturaliste, livre intitulé:
"Historia Naturalis", où il écrit: "In aqgtania salmon fluviatilis marinis omnibus praefertur" (Legendre, 111,anney)„ ce qui signifie:
"En Aquitine, le saumon de rivière est préféré à tous les poissons de mer".
Au cours des siècles, lorsque l'hémisphère nord était encore en majeure partie recouverte de glaciers, les déplacements successifs de ces immenses masses de glace ont transformé de vastes sections de la surface terrestre. L'eau provenant des terres a été transportée pour former de nouvelles rivières et de nouvelles mers. Tout en per- mettant au saumon de se frayer un chemin jusqu'à nos rivières, cette décrue des glaciers les a aussi transportés et dispersés à travers la majeure partie de l'Europe et de l'Asie.
Lorsque l'homme des temps modernes apparut, le saumon exis- tait déjà en abondance dans des milliers de cours d'eau de l'hémisphère nord, plus particulièrement en Islande, en Irlande, en Ecosse, en France, dans les Pays-Bas, au Danemark, en Allemagne, en Suisse, en Pologne, en Norvège, en Finlandee ,en Espagne et en1 Russie,
En Amérique du nord, ce magnifique poisson argenté devait, • plus tard, être retrouvé dans presque toutes les rivières situées au
nord de la rivière Hudson, jusqu'aux rives de la baie d'Ungava.
10.
Watson (1876) écrivit qu'aux alentours de 1870, le lac Champlain et ses affluents regorgeaient tellement de saumons, que les fermiers en remplissaient des charrettes en les transperçant d'un coup de fourche, ceci, à mime les frayères. Nous ne sommes pas
certains si ces poissons, tout comme les milliers de saumons qui au- raient supposément réussi à s'introduire jusque dans des rivières situées au-delà de Toronto, étaient des saumons provenant de la mer, ou tout simplement quelques descendants d'anciennes populations de saumons d'eau douce, qui auraient apparemment déjà existés dans des grands lacs d'eau douce situés à l'intérieur des terres.
A l'est des Etats-Unis d'Amérique, les rivières Connecticut et Merrimack furent longtemps reconnues comme d'excellentes rivières à saumon. En effet, on dit que la rivière Connecticut regorgeait de saumons jusqu'en 1797, lorsqu'ils commencèrent à disparaître à cause 'de la construction d'un barrage infranchissable sur les basses sec-
tions de la rivière. Quant à la rivière Merrimack, la construction de barrages à Lowell, Lawrence et Manchester, aux alentours de 1792, mit fin à la'renomMée de Cette rivière autrefois reconnue comme étant la meilleure rivière à saumon de tous les Etats-Unis d'Amérique
(Kendall, p. 78).
Le saumon commença à se retirer peu à peu, puis disparut compléteMent des lieux qu'il avait jadis l'habitude de fréquenter.
.11, est disparu du Portugal, de la Suisse, de la Hollande, du nord-est
11.
des Etats-Unis d'Amérique, et de la province d'Ontario au Canada.
Il est presque disparu,de la France et de l'Espagne. Aux Etats-Unis d'Amérique, un effort soutenu de la part du Département des Pêcheries de l'état du Maine promet quelque peu, mais les résultats sont terri- blement lents.
Dans la province de Québec, les écrits des Frères Mineurs Récollets et les Relations des Jésuites constituent d'anciens témoi- gnages de la grande abondance du saumon et d'autres poissons dans nos rivières. Dans son livre traitant de la Gaspésie, le Père Chrestien le Clercq (Nouvelle Relation de la Gaspésie) écrit des
"quantités prodigieuses de toutes sortes de poissons, la morue, le saumon, le hareng, la truite, la perche, le maquereau, le flet,
l'alose, l'esturgeon, "truckers", le brochet, "pondfish", l'anguille, le calmar, le maskinongé, l'huftre, l'éperlan, la raie, l'aiglefin...".
Le premier Seigneur de l'Ile d'Anticosti, le célèbre explo- rateur du Mississipi, Louis Jolliet, fut un des premiers vrais pé- cheurs de saumons de la province de Québec. On raconte qu'il aurait jadis, avec son partenaire Jacques de Lalande, capturé jusqu'à 5 ou
6
milles saumons dans les rivières de la otite nord (Margry, cité par Ernest Gagnon dans Louis Jolliet, 1902: 165).Aux alentours de 1715, un auteur inconnu, écrivant au sujet de la côte nord du golfe Saint-Laurent, affirma: "Mais ce qui mérite une attention particulière, c'est que la pèche que nous pouvons faire du saumon, de la morue, du phoque, du morse et dé la baleine, le long
12.
de ces quatre cents milles de côtes, peut produire une plus grande richesse que les meilleures mines d'or du Pérou, etc..." (Chambers, 1912: 6)).
Les documents historiques font en outre souvent référence à la pêche au saumon, mais les commerçants anglais, français et amé- ricains à qui avait été accordé un droit de pêche presque exclusif sur toutes les régions fréquentées par le saumon, ont toujours semblé s'y intéresser plus ou moins. La pêche à la morue était la plus populaire, même si plusieurs autres espèces de poissons, tel
que nous l'avons déjà mentionné, contribuaient é divers degrés au total des prises. C'était à l'époque où plusieurs nations, au lieu de cher- cher à s'enrichir dans les mines d'or, faisaient fortune par des pêches des plus abondantes, au large des cites de Terre-Neuve et du golfe Saint-Laurent. Selon plusieurs historiens, les Norvégiens auraient jeté leurs filets dans ces eaux, bien longtemps avant la découverte de l'Amérique, lors du célèbre voyage de Christophe Colomb.
(Antiquates Americana° 1837; Histoire du Danemark, Paul-Henri Mallet).
Vers le début du 19ème siècle, certaines personnes réalisè- rent que la morue, le saumon, et d'autres espèces de poissons habi- tant les eaux du golfe Saint-Laurent, ne constituaient pas une res- source inépuisable. Un nouveau projet de loi, ajouté à la législation de la province de Québec en 1823, était en partie ainsi énoncé: "...
le besoin pressant d'une intervention législative qui préviendrait la ruine imminente d'un secteur négligé, mais des plus profitables,
13.
du commerce de la province de Québec avec l'Europe, les Antilles et l'Amérique du sud". (Chambers, 1912: 125-126). Il y était de plus énoncé: "Les meilleurs endroits pour la pèche au saumon sont:
la rivière Restigouche, l'amont de la baie des Chaleurs et Gaspé, la plupart des rivières situées le long de la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à partir de Gaspé, jusqu'à la rivière du Sud, se déversant dans le fleuve à Saint-Thomas, sur la rive nord, toutes les rivières assez considérables, à partir de La Malbaie en dencen- dant".
Nous ne possédons que très peu de statistiques sur le début des echeriss du Canada, et le saumon y figure souvent au. nom- bre de plusieurs autres poissons. Le tableau no. 1 indique un cer- tain nombre de saumons exportés à partir de Québec, Gaspé et New Carlisle, au cours de la première partie du 19ème siècle (Chambers, 1912: 121, 1314). Ces chiffres ne sont pas du tout complets, et
nous supposons que ces saumons ont tous été capturés par des pêcheurs commerciaux.
Les écrits traitant du saumon mentionnent souvent la pèche à la ligne, mais il semble que l'aristocratie et les officiers mili- taires, de grade supérieur, se réservaient le droit de la pèche
sportive du saumon. Quant aux autres personnes pèchent ces rivières, leur seul but était de se procurer ce délicieux poisson, comme nour- riture, et leur attirail de pêche n'était qu'un attirail de fortune (Nettle, 1857: 28, 29, 38, 39, 71, 78, 82, 84, 85, 86, 90, 111, 128).
14.
Les statistiques de la pêche au saumon sur la rivière Jacques-Cartier, près de Québec, pour la période de 1850 à 1856, peuvent être considérées comme les premières statistiques que nous possédons au sujet de la pêche sportive au saumon (Tableau no. 2 ).
Bouchette affirma que cette rivière contenait du poisson en abondan- ce, plus particulièrement, du saumon (Nettle, 1857: 60). La rivière Jacques-Cartier, "pittoresque, extraordinaire, combinant de mille façons, une grandeur incomparable, une beauté et une magnificence", était le rendez-vous préféré des amateurs de la pêche au saumon de Québec, de Montréal, et plusieurs autres endroits. On dit que le saumon y était autrefois capturé par milliers; dans ses dossiers
de 1850 â 1856, Charles Langevin rapporte y avoir capturé dés saumons par centaines; à l'époque où Nettle écrivit son livre intitulé:
"Salmon Fisheries of the St. Lawrence" (1857), on ne pouvait à peine qu'y compter quelques douzaines de saumons. Aujourd'hui, et depuis plus de cent ans déjà, aucun saumon n'a été capturé dans cette rivière.
Que s'est-il passé ?
Peut-être obtiendrions-nous une certaine satisfaction à pou- voir en attribuer la cause à la pollution provenant de quelque indus- trie, ou à la décimation de nos saumons adultes dans quelque pays lointain, comme nous le faisons si facilement aujourd'hui. Cependant,
nous savons que la seule et unique cause responsable de la perte de nos populations de saumons de la rivière Jacques-Cartier, ne peut être attribuée qu'a la perversité de l'homme et à l'absence de règle- ments appliqués avec rigueur, afin de protéger cette précieuse
15.
ressource. La foène à une extrémité de la rivière et le filet à l'autre, voici les instruments qui ont servi à détruire les pêches
merveilleuses de cette rivière (Nettle, 1857: 69).
D'autres importantes rivières de la province de Québec ont ainsi, ou â peu près ainsi, été détruites, et cette destruction se continue de la même façon aujourd'hui. La rivière des Escoumains, jadis le paradis des pêcheurs du Québec, où "on y capturait des
milliers de saumons par année" (Nettle), a été complètement détruite par la construction d'un barrage ne comportant aucun moyen de passage pour le poisson, ceci, près de l'embouchure de la rivière, et depuis lors, aucun saumon n'y a été capturé (Nettle, 1857: 29). En 1966, les propriétaires du barrage se virent contraints par le Ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, d'y construire des passes migratoires, et peut-être cette rivière reprendra-t-elle sous peu sa place au nombre des importantes rivières à saumon de la province de Québec. Dans la section "Législation" de ce rapport, certaines recommandations précises sont faites dans le but de restreindre, et nous osons l'espérer, dans le but de mettre fin aux principaux abus qui, s'ils ne sont pas arrêtés, seront un jour responsables de la perte de cette précieuse ressource qu'est, au Québec, le saumon.
Plusieurs sportifs enthousiastes ont plus tard raconté leurs propres expériences de pêche à la ligne, dans des livres imprimés par des particuliers, avec un nombre limité d'exemplaires. Aucune autre récréation ne peut se glorifier de posséder un aussi grand nom- bre de récits d'expériences personnelles. Nous en avons retiré
16.
plusieurs précieux renseignements au sujet de la pêche à la ligne sur quelques-unes de nos rivières à saumon, dont certaines acquirent une renommée mondiale comme productrices de quantités incroyables de saumons cédant aux efforts continus d'une foule de pêcheurs
sportifs. Citons les rivières Cascapédia, Moisie, York, Bonaventure et Romaine au nombre de celles-ci. La liste des noms des pêcheurs attitrés de ces rivières, constitue un vrai bottin mondain des per- sonnages les plus importants du gouvernement, du commerce et de l'industrie.
Nombre de ces livres ne sont que des "histoires" de pe-
°heurs qui, après avoir capturé de 20 à 30 saumons au cours d'une seule journée, n'auraient abandonné leur ligne que lorsque leur bras, épuisé, aurait refusé de la soutenir un moment dé plus.1
La grosseur de ces poissons ne connaissait de limite que dans l'imagination de ces pêcheurs, et il n'y avait en toute évidence jamais de témoin, à ces prises merveilleuses, pour un confirmer le poids. Toutefois, aucun des héros de ces histoires de pêches mer- veilleuses faites au Québec, ne pourrait surpasser les dimensions gigantesques du saumon enregistré en 1109, dans les dossiers de Limerick, en Irlande. "Cette année, on a capturé à Luimnech (Lime- rick), un saumon mesurant 12 pieds de long, 12 travers de main, ceci, sans être fendu sur la largeur, et ayant une nageoire pectorale de 3 mains 2 doigts de longueur" (Hennesey, Chronicum Scotorum, p. 317).
1 Communications personnelles de Charles Fremont, longtemps directeur général de la Chasse et de la Pêche de la province de Québec, lui- même, enthousiaste pêcheur sur la célèbre rivière Moisie.
17.
Le plus gros saumon d'une authenticité établie capturé au Québec, par un pêcheur sportif, pesait 55 livres et demie. Il fut pris par Esmund Martin sur la rivière Cascapédia, en 1939, et
battit le record de cette rivière. En effet, R.G. Dun y avait capturé un saumon de 54 livres 16.29 juin, 1886. On rapporte aussi qu'un saumon de 74 livres aurait été capturé par M. A.K. Sloane, sur la rivière Romaine, mais ce rapport n'a rien d'authentique (Kendall, p. 20).
Nous ne possédons malheureusement pas de statistiques com- plètes des pêches sportives faites sur toutes les rivières à saumon de la province de Québec, Nous avons cependant accès aux dossiers tenus par les pêcheurs sportifs des rivières Bonaventure, Godbout, Sainte-Marguerite, Cascapédia et Moisie (Voir tableaux nos. 3,4,5,6,7) dossiers contenant le détail de tous les saumons capturés sur ces rivières, au cours des 100 dernières années, par les membres des principaux clubs de pêche établis sur ces rivières. Le détail des prises faites sur ces mêmes rivières, par d'autres pêcheurs indivi- duels au par les braconniers, n'apparaissent cependant pas dans ces dossiers.
En faisant un retour en arrière dans l'histoire de la pêche au saumon de la province de Québec, nous pouvons remarquer plusieurs allusions faites au sujet du déclin alarmant dans le nombre des prisés,' de même que diverses recommandations faites danà le but d'en arrêter
18.
ou d'en renverser règlements ont été des pêcheries. La 1
le courant. Nous pouvons aussi remarquer que des formulés dés 1807, 'afin de diminuer les efforts loi de la pêche de 1824 interdissait plusieurs
19.
abus qui avaient jadis fortement nui à la pêche au saumon, abus tels que: l'emploi de la foéne dans les frayères, l'emploi d'obsta- cles dans les rivières afin de guider le saumon vers les filets, etc... L'honorable Joseph Cauchon, Officier des Terres de la Cou- ronne, écrivit dans son rapport annuel au Gouverneur Général du Canada en 1857, que: "les produits des pêches de saumons du Bas- Canada diminuent graduellement. Le nombre total des saumons captu- rés sur les côtes du Canada dans le bas Saint-Laurent, de même que le golfe, y compris la dits du Labrador, au cours de l'année l856, n'a pas dépassé 2,500 barils. Une diminution s'est fortement fait sentir dans ce secteur des pêcheries. Il est évident que si nous ne prenons pas des mesures de protection plus efficaces que celles qui ont été adoptées jusqu'ici, ce sera l'extermination de cette précieuse ressource" (Chambers, 1912: 162).
En 1937, le Ministre des Mines et des Pêcheries, l'hono- rable Onézime Gagnon, établit la "Commission de Québec pour l'étude du saumon", et dit: "Un sérieux problème d'ordre scientifique con- cerne le saumon de l'Atlantique. Pour des raisons que l'on ignore, ce poisson diminue graduellement d'une façon assez générale et nombre . de rivières en sont ainsi affectées" (Delding et Préfontaine, 1938:
7)•
1
Voir Loi de la Pêche, no. 47, Georges III, chapitre 12, section 14.
Dans son rapport de 1951, M. W.J.M. Menzies mentionne à plusieurs reprises, le déclin se manifestant dans les pèches de saumons du Canada. Il fait surtout ressortir le déclin marqué de nos populations de saumons, au cours des 20 derniéres années.
Nobbs dirigea souvent son attention sur ce qu'il appela:
"La situation critique de l'industrie du saumon de l'Atlantique au Québec" (Nobbs, 1949, Document no. 3).
Une foule d'opinions et très peu de connaissances, voici ce qui existe depuis longtemps au Québec, tout comme ailleurs, sur le saumon de l'Atlantique. Il est difficile de séparer le réel de l'imaginaire, mais ee qui ressort assez nettement de l'analyse des faits historiques que nous venons de faire peut être résumé comme
suit:
1. Le saumon de l'Atlantique est disparu complètement de quelques rivières de la province de Québec, où il exis- tait jadis en abondance. Le nombre de saumons remontant plusieurs autres rivières de la province de Québec, à l'époque de la migration, diminue graduellement.
2. Diverses recommandations d'ordre positif ont été Tormu- lées, ici et là, dans le but d'améliorer le sort de la pêche commerciale comme de la pêche sportive. Elles n'ont pas été appliquées, ou elles n'étaient pas assez efficaces pour renverser le courant.
20.
En 1967, cette ressource est encore en voie de déclin quant au nombre des prises, et l'accessibilité aux rivières de la province de Québec est de plus en plus limitée. lemme si les prises de la pèche commerciale augmentent, il y a définitivement un nombre plus restreint de saumons qui remontent un nombre plus restreint de nos rivières. La tendance du saumon au cours des siècles indique une décroissance continue de l'espèce. Désirons-nous, ou pouvons- nous contrèler les facteurs influençant cette décroissance ? Ceci n'a pas encore été établi. Ces facteurs ne relèvent pas tous direc- tement de la juridiction de la province de Québec.
L'histoire mesurera l'efficacité de nos plus récents efforts pour renverser le courant suivi par cette précieuse ressource qu'est le saumon de l'Atlantique,
21.
ANNEE QUANTITE ENDROIT
1
1820
8
barils GaspéL 1821 62 barils Gaspé
1825 416 tierces et 401 barils Québec
1828
434
tierces et 191 barils Québec1828 260 barils New Carlisle
1830 351 barils New Carlisle
1835 60 barils New Carlisle
1837 66 barils New Carlisle J
Tableau no. 1. Saumons exportés de Québec, Gaspé et New Carlisle, 1820 - 1837.
ANNEE MOIS CAPTURES
1850 20 juin - septembre 210
1851 20 juin - septembre 221
1852 20 juin - septembre 142
1853 20 juin - septembre 165
1854 20 Juin - seytembre 48
1855 20 juin - septembre 50
1856 20 juin - septembre
47
Tableau no. 2. La pêche au saumon sur la rivière Jacques Cartier (Nettle 1857, p. 10)
22.
Année No. de
___Qaumon Année No. de
_Ammon Année No. de
saumon Année No. de saumon 1 ,
1883 49 1911 127 1936 489 1961 88
1884 22 1912 109 1937 572 1962 149
1885 17 1913 41 1938 330 1963 134
1886 73 1914 45 1939 360 1964 633
1887 161 1915 52 1940 780 1965 276
1890 106 1916 193 1941 783 1966 239'
1891 37 1917 256 1942 523 1967 181
1893 302 1918 287 1943 371
1894 63 1919 110 1944 467
1895 50 1920 158 1945 426
1896 450 1921 275 1946 457
1697 330 1922 351 1947 475
1898 151 1923 204 1948 558
1899 53 1924 63o 1949 393
1900 143 1925 608 1950 414
1901 173 1926 371 1951 345
1902 392 1927 330 1952 503
1903 225 1928 232 1953 248 .
1904 112 1929 272 1954 225
1905 193 1930 544 • 1955 186
1906 520 1931 176 1956 309
1907 72 1932 517 1957 264
1908 119 1933 595 1958 270
1909 187 1934 593 1959 258
1910 170 1935 465 1960 63
Tableau no. 3. Captures sportives, club Bonaventure 1883 - 1967
23.
Année No. de
saumon Année saumon No. de,
Année No. de
saumon Année No. de saumon
1859 167 1886 265 1913 290 1940 192
186o 47 1887 169 1914 410 1941 263
1861 252 1888 369 1915 608 1942 201
1862 279 1889 231 1916 232 1943 341
1863 194 1890 504 1917 288 1944 264
1864 164 1891 234 1918 303 1945 200
1865 477 1892 171 1919 145 1946 289
1866 526 1893 221 1920 331 1947 237
1867 427 1894 205 1921 375 1948 262.
1868 273 1895 187 1922 452 1949 ' 400
1869 515 1896 340 1923 397 1950 559
1870 399 1897 252 1924 201 1951 ' 261
1871 509 1898 232 1925 246 1952 296
1872 217 1899 315 1926 428 1953 335
1873 132 1900 256 1927 338 1954 280
1874. 633 1901 363 1928 184 1955 271
1875 177 1902 543 1929 373 1956 500
1876 227 1903 548 1930 695 1957 572
1877 395 1904 328 1931 197 1958 386
1878 239 1905 263 1932 149 1959 364
1879 183 1906 521 . 1933 257 1960 324
1880 151 1907 416 1934 265 1961 422
1881 32 1908 387 1935 340 1962 359
1882 271 1909 531 1936 132 ' 1963 386
1883 174 1910 390 1937 212 ' 1964 484
1884 262 1911 271 1938 159 1965 451
1885 309- 1912 .514 1939 345 1966 376
1967 1442 .
Tableau no.
4.
Captures sportives, rivière Godbaat 1859 - 196724.
25.
Année Na, de
saumon Année No. de
saumon Année saumon
No. de No.
Année de
saumon
1894 122 1918 234 1942 50 1966 388
1895 78 1919 22 1943 145 1967 348
1896 180 1920 143 1944 81
1897 52 1921 89 1945 90
1898 62 1922 160 1946 58
1899 102 1923 446 1947 126
1900 188 1924 481 1948 155
1901 98 1925 215 1949 146
1902 183 1926 134 1950 247
1903 293 1927 107 1951 231
1904 53 1928 78 1952 256
1905 171 1929 128 1953 214
1906 172 1930 130 1954 331
1907 175 1931 113 1955 241
1908 90 1932 67 1956 328
1909 )41 1933 44 1957 343
1910 65 1934 136 1958 424
1911 28 1935 57 1959 678
1912 163 1936 70 1960 568
1913 193 1937 18 1961 482
1914 89 1938 6 1962 460
1915 452 1939 42 1963 495
1916 273 1940 59 1964 749
1917 170 1941 56 1965 554
Tableau no. 5. Captures sportives, club Ste-Marguerite 1894 - 1967
26.
Année No. de
s umon Année No. de
saumon Année ' No-. de
saumon Année No. de saumon
1879 -647 1912 255 1936 1052 1960 139
1884 1913 271 1937 647 1961 154
1885 1245 1914 248 1938 641 1962 302
1886 1915 371 1939 598 1963 323
1887 1916 628 1940 759 1964 277
1917 749 1941 959 1965 288
1894 1918 661 1942 1000 1966 271--
1895 1919 498 1943 776 1967 266.--
1896 1920 529 1944 763
1897 1921 329 1945 689
1898 1922 894 1946 502
1899 1923' 774 1947 438
1900 1924 1363 1948 217
1901 3440 1925 1595 1949 672
1902 1926 2173 1950 376
1903 1927 1054 1951 454
1904 1928 468 1952 705
1905 1929 703 1953 462
1906 1930 678 1954 435
1907 1931 504 1955 383
1908 1932 673 1956 430
1909 1933 650 1957 311
1910 223 1934 760 1958 262
1911 155 1935 772 1959 140
Tableau no.
6.
Captures sportives, rivière Grande Casoapédia 1879 - 196727.
Année saumon No. de
Année No. de
saumon Année No. de
saumon Année No. de saumon
1858 40 1909 502 1933 554 1957 535
1862 318 1910 403 1934 602 1958 559
1863 132 1911 501 1935 668 1959 435
1869 138 1912 685 1936 891 1960 553
1871 325 1913 618 1937 499 1961 594
1890 199 1914 720 1938 716 1962 613
1891 165 1915 754 1939 1041 1963 646
1892 305 1916 293 1940 820 1964 892
1893 152 1917 503 1941 947 1965 676
1.894 117 1918 2 1942 829 1966 660
1895 191 1919 375 1943 1078 1967 501
1896 441 1920 158 1944 897
1897 193 1921 493 1945 742
1898 199 1922 868 1946 677
1899 96 1923 1096 1947 961
1900 161 1924 1146 1948 1739
1901 34 1925 1781 1949 1152
1902 329 1926 2026 1950 914
1903 285 1927 1544 1951 484
1904 287 1928 995 1952 1362
1905 178 1929 1187 1953 903
1906 412 1930 986 1954 477
1907 415 1931 899 1955 474
1908 507 1932 608 1956 505
Tableau no, 7. Captures sportives, club Moisie 1858 - 1967
Année Livres Année Livres
1930 110,000 1949 -
1931 110,000 1950 104,000
1932 113,000 1951 -
1933 106,000 1952 -
1934 123,000 1953 -
1935 108,000 1954 -
1936 99,000 1955 -
1937 83,000 1956 -
1938 69,000 1957 -
1939 84,000 1958 -
1940 79,000 1959 -
1941 88,000 1960 --
1942 78,000 1961 -
1943 75,000 1962 114,000
1944 88)000 190 142,000
1945 89,000 1964 137,000
1946 75,000 1965 151,000
1947 - 1966 152,000
1948 - 1967 114,057
Tableau no. 8. Captures sportives du saumon au .Québec
1930 -'1.967
Année No. de livres Année No. de livres
1929 982,500 1949 890,303
1930 1,510,080 1950 800,774
1931 1,220,220 1951 783,617
1932 991,000 1952 665,145
1933 1,192,600 1953 470,667
1934 842,932 1954 420,369
1935 798,777 1955 400,60o
1936 83o15oo 1956 375,585
1937 880,069 1957 279,077
1938 919,870 1958 452,764
1939 757,180 1959 570,626
1940 788,876 1960 578,993
1941 1,241,023 1961 562,011
1942 822,136 1962 453,727
1943 849,866 1963 443,172
1944 872,334 1964 478,022
1945 742,315 1965 581,266
1946 530,333 1966 576,919
1947 722,354 1967 502,165
1948 969,946
Tableau no. 9. Captures commerciales du saumon au Québec 1929 - 1967
29.
REMARQUES GENERALES SUR LA BIOLOGIE DU SAUMON
Rares sont les espèces de poissons qui ont fait couler autant d'encre que le saumon. En effet, des centaines de volumes ont été écrits à ce sujet, au cours des siècles. Toutefois, nombre de ceux-ci n'étaient que la narration des expériences personnelles de pécheurs sportifs, auxquelles avaient été ajoutées plusieurs
observations d'intérêt, de la part des guides, ceci afin de rehausser le contenu "scientifique" de ces livres. A de rares exceptions près, aucun ne transmet de nouvelles informations biologiques fondées ou, des expériences faites sur le saumon.
Le livre le mieux informé et le plus exact, au point de vue scientifique, sur la biologie du saumon, est actuellement celui de J.W. Jones.1
Le saumon de l'Atlantique, Salmo saler L., est un poisson anadrome, ce qui signifie tout simplement que ce poisson remonte de la mer en rivière afin de se reproduire. Au cours de cette montée, il doit faire face à toutes sortes d'imprévus.
Nous pouvons le retrouver entre le 1 bine et le 75 éme degré de latitude de lehémisphére nord. En effet, le saumon de 1 3he Salmon, J.W. Jones, Collins, London.
30.
l'Atlantique fraye, en abondance plus ou moins grande, dans les ri- vières du Canada, de l'Islande, de la Norvège, de la Suède, de la Russie, des Iles Britanniques, dee Etats-Unis d'Amérique, du Groan- land, de la France et de l'Espagne. Nous ne pouvons cependant consi- dérer que les six premiers pays, ci-haut énumérés, comme étant d'im- portants producteurs de saumons.
Dans tous ces pays, le saumon de l'Atlantique constitue une seule et même espèce, ayant adoptée différentes caractéristiques
de race. Ces différences ne sont aucunement d'ordre morphologique, mais elles semblent plut8t provenir de diverses habitudes qui auraient rendu le saumon capable de s'adapter à divers milieux.
Le cycle de vie du saumon débute sous la forme d'un oeuf fertilisé enfoui sous une épaisseur de gravier de 8 à 24 pouces, ceci au fond d'une rivière. Cet endroit a été soigneusement choisi par le poisson mère, et nous le retrouvons invariablement dans les eaux rapides et peu profondes. Dans des conditions idéales, le nid sera toujours situé au début de rapides, là où le courant commence à accélérer.
Nous devons cependant ajouter que le saumon peut frayer dans des conditions indésirables, et nous savons que cela s'est déjà produit avec succès, ceci, afin de répondre à son puissant
31.
instinct de reproduction.
Dans les rivières à saumon de la province de Québec, l'é- poque de la fraie varie entre la fin de septembre, pour les rivières situées plus ou moins au nord, et la mi novembre, pour les rivières se déversant dans la baie des Chaleurs. Le 15 novembre, nous pouvons dire que la fraie est terminée dans toutes les rivières à saumon du Québec. L'incubation s'étend en moyenne sur une période de 160 à 200 jours.
Après être sorti du gravier au printemps, le jeune saumon passe de, 2 à 7 ans en rivière, où il se nourrit et grandit. L'espace et la nourriture dont il dispose, de même que la température de l'eau, déterminent la durée de son séjour en eau douce. Dans les rivières à saumon dans le sud de la province de Québec, le saumon y passe en moyenne les 2 ou 3 premières années de sa vie. Dans les rivières au nord, le jeune saumon y séjourne en moyenne de
5
à 7 ans.Le saumonneau s'achemine ordinairement vers la mer au prin- temps, après la première débâcle, lorsque la crue diminue. Le point le plus fort de cette migration se situe entre le 15 mai et le 30 juin, pour toutes les rivières se déversant dans le fleuve et le golfe Saint-Laurent, de même que dans la baie des Chaleurs. Il se 1
W.
Saunders (Fisheries Research Board, St. Andrews, N. B.), signaleque des saumons auraient frayé au pied d'un barrage, dans les eaux saumâtres de l'estuaire d'une rivière de l'Ile du Prince Edouard.
Les oeufs auraient été fertilisés au cours d'un reflux de marée, lorsque la salinité de l'eau au pied du barrage était négligeable.
L'incubation s'est faite normalement.
32.
pourrait qu'il existe une migration de saumonneeux à l'automne au Québec, mais aucune vérification n'a été faite à ce sujet.
Le saumonneau passe de 1 à
5
ans à se nourrir avec voracité en mer, avant de retourner en eau douce pour se reproduire. Un sau-monneau qui retourne en rivière, après avoir passé seulement une année en eau salée, est ordinairement appelé castillon (grilse).
Toutefois, la plupart des saumons qui remontent dans les rivières de la province de Québec, ont déjà passé 2 ou 3 ans en mer. Ils pèsent approximativement de 8 à 14 livres, lors de leur arrivée en eau douce, mais à l'époque de la fraie, ils ont, en moyenne, perdu 20% de ce poids. D'après nos connaissances actuelles, le saumon cesse complè- tement de se nourrir une fois en eau douce.
Les saumons dépassant cette moyenne de poids ont, soit passé plus de temps en eau salée, ou ils ont déjà frayé, lorsqu'ils étaient plus jeunes et plus petits, et ils reviennent maintenant frayer pour une deuxième, une troisième, ou même une quatrième fois.
M'oins de 15 % de tous les saumons remontant les rivières de la province de Québec, ont déjà frayé.
La montée du saumon dans les rivières du Québec commence aux alentours du 15 mai et se poursuit jusqu'en octobre. Dans les régions situées plus au sud de la province, la principale période de migration se situe entre le 15 mai et le 15 juillet, tandis qu'elle
33.
ne commence pas avant le ter août dans les rivière du nord de la province. Il existe en outre une deuxième montée bien déterminée, plus tard au cours de la saison, dans certaines rivières de la province de Québec, plus particulièrement dans les rivières de la Gaspésie.
De gros saumons, des femelles pour la plupart, sont ordi- nairement en tete de la migration. Elles sont dtabord suivies de plus petits poissons des deux sexes, puis, de plusieurs gros saumons mâles. La venue de castillans (grilse) annonce ordinairement la fin de cette migration. Au Québec, il ne semble pas exister aucune uni- formité dans les proportions de castillans mâles-femelles. En 1967, par exemple, nous n'avons trouvé aucune femelle au nombre des 33 castillans échantillonnés dans la rivière Godbout, et des 20, échan- tillonnés dans la rivière Saint-Jean, tandis que 62 % dos 288 cas- tillons échantillonnés dans la rivière Etamamiou étaient des femelles.
Au cours de cette même expérience, nous avons aussi trouvé que 48 % des 148 castillans échantillonnés dans la rivière Miramichi, au Nouveau-Brunswick, étaient des femelles.
Il a été prouvé récemment que certains saumons, capturés commercialement au large des c8tes sud-ouest du Groenland, provenaient des rivières de la province de Québec.1
A mon avis, cet endroit ne constitue pas le seul pâturage marin d'alimentation pour notre saumon, et' nous supposons qu'il existe ailleurs de tels endroits.
1 Voir la section de ce rapport traitant plus en. détail de la pêche au saumon du Granland.
3)4.
Le mécanisme influençant le saumon à remonter en eau douce, puis à en redescendre, n'a pas encore été complètement expliqué. Une récente publication de Haller (Underwater Guidepoets, 1966) semble donner la meilleure explication à date de cette merveilleuse naviga- tion. Il décrit les expériences qui lui ont permis de constater que le mécanisme sensoriel du saumon, pouvant percevoir les variations
du milieu, le guide dans sa migration en lui permettant de se rendre de la rivière à la mer, de s'y tracer un chemin, puis de retourner à sa rivière d'origine.
Ln plus de retourner è sa rivière d'origine, le saumon de l'Atlantique rejette affluent après affluent, lors de sa montée en
eau douce, jusqu'à ce qu'il parvienne finalement à l'affluent même d'oû il est sorti comme saumonneau, plusieurs années auparavant.
Dans quelques-uns de nos travaux, noua avons remarqué qu'à l'époque de la migration, le saumon adulte semble être porté à choisir une section particulière de sa rivière d'origine plutêt qu'une autre.
Après avoir accompli avec succès son retour en eau douce, de mana quo la montée de sa rivière d'origine, auedelà d'obstacles et de barrières de toutes sortes, le saumon arrive à un endroit approprié à la fraie, et c'est là que les oeufs et la laitance, les- quels répèteront un cycle de vie identique, sont déposés à travers le gravier, puis recouverts.
35.
Il n'y a pas encore eu assez de travail de recherche d'ac- compli au Québec pour pouvoir évaluer, avec quelque précision, quels sont les taux de survie du saumon, aUX diverses étapes de sa migration.
Les possibilités d'élevage d'une rivière à saumon sont des plus variables, et elles dépendent d'une foule de facteurs tels que l'espace et la nourriture disponibles, l'abondance des prédateurs, etc.. Il est faux d'affirmer qu'une rivière à saumon peut produire un nombre X de saumonneaux, à moins que ces calculs soient basés sur les données obtenues après avoir fait l'étude de la productivité de cette rivière particulière. Il est difficile d'évaluer le degré de productivité naturelle dTune rivière à saumon, à cause des possi- bilités d'élevage apparemment variables de ces rivières.
Nous savons que, dans les rivières de la province de Qué- bec, un saumon femelle perte une moyenne de0 oeufs par livre de poids total. Il nous reste à déterminer combien de ces oeufs
par- viennent
à l'estuaire de la rivière 2 ou3
ans plus tard, au stage de saumonneaux en migration.Selon Bison (1967), en milieu naturel, le taux de survie, du stage d'oeufs au stage d'alevins, pour la rivière Pollett au Nouveau-Brunswick, est en moyenne de
7 %,
et ce nombre d'alevins auraient produit de5
à 6 saumonneaux de 2 ana par 100 verges carrées de. fond de rivière. Pour les rivières â saumon d'un degré de qualité36.
comparable à celle-ci, nous pouvons donc estimer avoir besoin de 40 è 50 livres de saumons femelles adultes, pour chaque mille de rivière de 10 verges de largeur, afin de conserver nos populations de saumons.
Dans la province de Québec, il semble important de donner priorité à la détermination de l'état général de nos rivières è eau- mon, et ceci dans tous ses aspects. En effet, il est impossible de faire une évaluation ,sûre des possibilités de production d'une rivière, tant que l'état général de celle-ci n'aura pas été déterminé.
Dernièrement, l'ensemencement de saumonneaux élevés en pis- ciculture, dans les rivières où los possibilités de reproduction naturelle ont été diminuées par des facteurs quelconques, est devenu de plus en plus populaire. De telles expériences ont démontré en Suède, que le taux de survie, du stage saumonneau è saumons adultes, avait atteint' une moyenne de plus de 10 % (Carlin, 1966).
Le taux de survie, du stage saumonneau è saumons adultes, n'a pas encore été définitivement établi en Amérique du nord. Nous pouvons cependant affirmer avec assez de certitude que ce taux sera beaucoup moins élevé qu'en Suède. Dans l'Etat da Maine, le degré de productivité naturelle de saumonneaux a été évalué è 1 ou 2 pois- sons par unité de 100 verges carrées de superficie propre â la nutri- tion. Le taux de survie de ces saumonneaux, parvenus au stage adulte, est estimé de 1 è 2 % (Everhart, 1967). De telles expériences menées
37.
au Canada ont indiqué un taux de survie naturelle beaucoup plus élevé que celui de l'Etat du Maine, c'est-à-dire, d'environ 8 %, du stage saumonneau au stage adulte (Elson, 1957). Noue supposons que le taux de survie des saumonneaux élevés en pisciculture est considérablement moins élevé. Nous avons en effet toujours employé, au Québec, une moyenne de 3 % comme taux de survie totale, du stage de saumonneaux élevés en pisciculture, au stage d'adultes, ceci, afin de pouvoir calculer le coat des dépenses et des gains de nos stations d'élevage de saumonneaux.
Un facteur important à Oonsidérer, dans l'évaluation du nombre des retours de saumons adultes à leur riviére d'origine, est l'effort croissant des pêches commerciales de saumons du Groenland, puisque ce facteur peut fausser toue nos calculs. Apparemment, une seule rivière du Groenland produit un nombre restreint de saumons.
Tout le reste des saumons, capturés au large des Gâtes du Grognland, proviennent du Canada, des Etats-Unis d'Amérique, des lies Britanni- ques et de l'Europe.1
Nous avons déjà affirmé qu'il existe une foule d'opinions sur le saumon, mais qu'il existe trés peu de connaissances certaines.
Toutefois, il est évident qu'il s'agit ici d'une ressource naturelle en voie de déclin. Le rapport exact qui existe entre ce déclin et la biologie du saumon n'a pas encore été nettement établi.
1
Voir la section de ce rapport traitant des pêches au saumon du GreUand, peu' :elTul ce exblê;.rc d'importimee considérable pour la province de Quebee.
38.