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Optimisation de la stabilisation des algues vertes en baie de Saint Brieuc sur le site de traitement de déchets de
Launay-Lantic
J. Kerloc’H
To cite this version:
J. Kerloc’H. Optimisation de la stabilisation des algues vertes en baie de Saint Brieuc sur le site de traitement de déchets de Launay-Lantic. Sciences de l’environnement. 2011. �hal-02596600�
KERLOC’H Julien Juin-juillet 2011
Rapport de stage
Optimisation de la stabilisation des algues vertes en baie de St Brieuc sur le site de traitement des déchets de Launay-Lantic.
CemOA : archive ouverte d'Irstea / Cemagref
Remerciement
Je tenais à remercier les personnes ci-dessous, sans qui ce stage et ce rapport n’auraient pas été possible :
Nicolas AUVINET, mon maître de stage, qui m’encadré, guidé tout au long de ce stage et avec qui j’ai pris plaisir à travailler.
A toute l’équipe du Cemagref, pour son accueil.
Jean-Yves LE GUERN et Mark BRIAND et toute l’équipe du SMITOM Launay-Lantic, pour leur disponibilité et leur amabilité lorsque je leur rendais visite.
A toutes les personnes qui m’ont permis de faire ce stage.
.
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Tables des matières
Rapport de stage ...1
1 Les marées vertes, le fléau breton ...6
1.1 Les raisons de la nocivité des algues vertes et les domaines touchés ...6
1.1.1 Présentation des algues...6
1.1.2 Conséquences...6
1.1.2.1 Sanitaire : ...6
1.1.2.2 Touristique ...7
1.1.2.3 Economique ...7
1.1.2.4 Biodiversité, écosystème ...8
1.2 La Bretagne, la région la plus touchée en France pour différentes raisons...9
1.2.1 Zones les plus touchées en Bretagne ...9
1.2.2 Conditions de la prolifération des ulves ...10
1.2.3 Causes de la prolifération ...12
2 Moyens mis en œuvre contres les algues vertes...14
2.1 Solutions envisagées et envisageables contre cette menace...14
2.1.1 Ramassage ...14
2.1.2 Traitement ...15
2.1.2.1 Stabilisation...15
2.1.2.2 Co-compostage...15
2.1.2.3 Méthanisation ...15
2.1.2.4 Autres possibilités ...16
2.1.3 Lutte...16
2.2 Proposition du SMITOM Launay-Lantic ...17
2.2.1 Historique...17
2.2.2 Présentation du site de Launay-Lantic ...18
2.2.2.1 L’usine ...18
2.2.2.2 La préfermentation ...19
Un grappin alimente les trémies des 2 tubes de pré-fermentation. ...19
2.2.2.3 Le convoyage ...19
Un tapis roulant ou convoyeur transporte les ordures du tube jusqu'à la tour d’affinage. ...19
2.2.2.4 L’affinage...20
2.2.2.5 La maturation ...21
2.2.2.6 Le compost ...22
2.2.3 Projet de traitement des algues vertes ...23
2.2.3.1 Principe ...23
2.2.3.2 Contexte ...23
2.2.3.3 Méthode de traitement ...23
2.2.3.4 Description projet ...24
2.2.3.5 Coût ...24
2.2.3.6 Gestion ...24
2.2.3.7 Conditions d’admissions des algues...24
2.2.3.8 Protection et sécurité ...25
2.3 Etude du suivi des algues et neutralisation du sulfure d’hydrogène pour optimiser le traitement ...25
2.3.1 Suivi des algues vertes au cours du traitement ...25
2.3.1.1 Le traitement ...25
Afin de s’assurer du bon fonctionnement du traitement, plusieurs paramètres sont vérifiés : .25 - Température. Des sondes sont placées dans le mélange en différents endroits. ...25
- Teneur en oxygène. De même des sondes sont placées dans le mélange en différents endroits. Cependant les données obtenues ne sont pas très fiables. Le dispositif n’étant pas adapté à la situation. ...26
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- Teneur en H2S. Mesuré ponctuellement par un analyseur TESTO. ...26
- Aspect du mélange. Données visuelles et subjectives. Ce sont ces données qui déterminent la prolongation du traitement ou son passage au crible. ...26
2.3.1.2 L’échantillonnage ...26
2.3.1.3 Principe ...26
2.3.1.4 Base de référence...26
2.3.1.5 La caractérisation ...27
2.3.1.5.1 Echantillon 1...27
2.3.1.5.2 Echantillon 2...29
2.3.1.5.3 Echantillon 3...31
2.3.1.5.4 Conclusion...32
2.3.2 Neutralisation du sulfure d’hydrogène ...33
2.3.2.1 Principe ...33
2.3.2.2 Ratio 1/1000 en tas ...33
2.3.2.3 Ratio 1/250 en tas ...35
2.3.2.4 Ratio 1/125...35
2.3.2.5 Conclusion ...37
Bilan...38
Bibliographie...39
Figures et Tableaux utilisés...41
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Introduction
Depuis les années 70, les littoraux bretons se font envahir en périodes printanière et estivale par des algues vertes (ulves) [Ménesguen et Piriou, 1995]. Cet échouage massif d’ulves a des répercussions sanitaires et économiques sur la région. En effet, ces algues en putréfaction émettent des odeurs d’œuf pourri liées à l’émanation du H2S. A de fortes concentrations, ces émanations deviennent mortelles comme en témoigne le décès d’un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grève.
Depuis 2000, 60 000 m3 d’algues ont été ramassées chaque année notamment dans les Côtes d’Armor et le Finistère. Pour les Côtes d’Armor, le coût s’élève chaque année à 500 000€
sans tenir compte de la perte liée au tourisme.
Afin d’assurer un traitement adapté et donc sans risque le Syndicat Mixte Intercommunal des Ordures Ménagères (SMITOM) de Launay-Lantic a proposé à la préfecture un projet de traitement confiné pour 20 000 tonnes d’algues vertes en ventilation forcée et insufflation d’air chaud en bâtiment fermé. Cette proposition a été acceptée par l’Etat avec un important soutien financier dans le cadre du plan gouvernemental de lutte contre les marées vertes lancé en février 2010.
Ce site est idéal pour s’occuper du traitement des algues vertes. Tout d’abord pour sa proximité avec une des zones les plus touchées par ces algues à savoir la baie de Saint-Brieuc et ensuite pour le fait que l’usine a été modernisée en 2004.
Un mémoire a été fait en 2010 sur l’optimisation du traitement des algues vertes. Ce rapport reprend et continue cette étude. Cette année là, l’échouage massif d’ulves était faible ; une diminution de près de 75% des tonnages moyens (moyennes des tonnages entre 1987-2009) en baie de Saint-Brieuc.
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1 Les marées vertes, le fléau breton
1.1 Les raisons de la nocivité des algues vertes et les domaines touchés
1.1.1 Présentation des algues
Ces algues vertes appartiennent majoritairement au groupe des Chlorophycées (surtout Ulva armoricana et Ulva rotundata) (Merceron, 1998) et prolifèrent essentiellement au printemps et en été. Leur rapidité de croissance est très élevée, elles peuvent doubler leur biomasse en trois jours grâce à une multiplication asexuée par fragmentation. De plus, elles ont une capacité importante d’échanges avec leur environnement car elles présentent un rapport surface volume élevé (Wallentinus, 1984 ; Rosenberg et Ramus, 1982).
Figure 1 : Photo algues vertes
1.1.2 Conséquences 1.1.2.1 Sanitaire
:
Le H2S est un gaz toxique considéré comme un poison à large spectre. L'inhalation prolongée de sulfure d'hydrogène peut causer la dégénérescence du nerf olfactif (rendant la détection du gaz impossible) et provoquer la mort après quelques mouvements respiratoires. L'inhalation du gaz, même en quantité relativement faible, peut entraîner une perte de connaissance.
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L'exposition à des concentrations inférieures peut avoir comme conséquence des irritations des yeux, de la gorge, une toux douloureuse, un souffle court et un épanchement de fluide dans les poumons [DUCREUX Pierre, 2010].
Tableau 1: risques et symptômes liées au H2S
Concentration en ppm Risques et symptômes pour l’homme
>1000 Le décès par arrêt cardiaque survient en quelques minutes
>500 Perte de connaissance, coma, troubles cardio-vasculaire, œdème pulmonaire et si l’exposition n’est pas interrompue la mort survient rapidement
>100 Irritation des yeux, nez, bronches
Il y a eu plusieurs cas de décès liés à l’émanation de H2S provenant des algues vertes, deux chiens au Hillion en 2008, un cheval à Saint-Michel en Grève le 28 juillet 2009 après s’être enlisé. Son cavalier a été retrouvé inconscient et sauvé par des ramasseurs d’algues.
Un chauffeur de 48 ans est mort alors qu'il effectuait son troisième déchargement de benne d’algues vertes à Lantic, tout cela prouve bien les dangers de ces algues.
Récemment, 33 sangliers ont été retrouvés mort dans l’embouchure du Gouessant. Dans cette zone, à 10 cm de profondeur dans la vase, les taux de H2S mesurés ont atteint le seuil de détection de l’appareil qui est de 500 ppm. Cette concentration est mortelle comme le montre le tableau ci-dessus. Les algues vertes ne sont pas officiellement incriminées dans la mort de ces sangliers (des examens complémentaires vont être faits), la qualité de l’eau étant une autre possibilité (source Ouest-France).
1.1.2.2 Touristique
Le H2S, en plus d’être mortel à fortes concentrations, a une odeur d’œuf pourri vraiment désagréable. De plus en termes d’esthétisme, l’échouage massif de ces algues détériore les plages et les côtes, ce qui n’incite pas vraiment les touristes à venir sur le littoral breton.
1.1.2.3 Economique
Le manque à gagner pour le tourisme est évident. A cela s’ajoute le coût pour les collectivités bretonnes du ramassage et du traitement de ces algues s’élevant à plus de 800 000 euros en 2009 pour un volume de 60 500 m3 d’algues. Le gouvernement a lancé un plan de lutte contre les algues vertes avec une enveloppe de 130 millions d'euros sur 5 ans dont voici les détails :
Tableau 2: Plan de lutte de l'Etat contre les algues vertes
Coût par an en euros Part Etat
Connaissance 200 000 50%
Ramassage 700 000 50%
Expérimentation 140 000 30%
Traitement 8 000 000 80%
Fonctionnement 500 000 50%
Méthanisation ANC
Conditions permettant de soutenir une vingtaine de projets Majoration aide +10% pour un taux de 30%
Mesures agricoles 16 000 000 100%
Total ~130 000 000/ 5 ans
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Ces ulves ont aussi une influence négative pour le secteur de la pêche. Les algues s’engluent dans les filets entravant la pêche de façon importante.
Un autre problème lié plus généralement à tous les bateaux, est que les ulves bouchent la crépine, c'est le filtre que l'on trouve à l'extrémité du système d'aspiration d'eau situé sous la coque des bateaux et qui sert à refroidir le moteur.
Une grille qu'il est impossible de déboucher en mer, sauf à prendre le risque de se pencher avec un outil par-dessus bord. Si le refroidissement ne se fait plus, le moteur chauffe et peut tomber en panne entraînant des risques pour l’équipage.
1.1.2.4
Biodiversité, écosystème
La prolifération des ulves n’a pas que des répercussions sur l’Homme mais sur tout le milieu naturel.
En effet cette prolifération peut avoir des impacts sur :
- Le schorre (milieux naturels à végétation basse situés en bordure haute des vasières littorales) : Les ulves recouvrent partiellement les prés-salés dès le printemps, essentiellement sur le front de progression. Les algues constitueraient une pellicule suffisamment épaisse pour empêcher la lumière de pénétrer et donc limitent l'activité photosynthétique (synthèse réalisée à l'aide de l'énergie lumineuse) de la végétation en pleine période de croissance. Les algues limiteraient donc l'extension des prés-salés.
De plus les algues sont dégradées par des bactéries aérobies entraînant une consommation en oxygène importante et la production de composés sulfurés. Cela entraîne une diminution de la biodiversité du marais maritime. Il ne peut donc plus jouer son rôle d'épurateur, favorisant ainsi l'arrivée d'autres polluants dans le milieu marin.
- Le macrofaune benthique (au fond de la mer) : Avant le stade de zone morte, l'impact d'une surdensité ou d'une couverture d'algues vertes sur la composition du benthos n'est pas très clairement compris. Globalement la composition et la richesse du benthos ne semble pas toujours modifiée. Certaines études ont mis en évidence une augmentation de l'abondance des gastéropodes (classe de mollusques) et des amphipodes (ordre de crustacés) herbivores. On observe également une augmentation de la densité du benthos prédateur que certains auteurs relient à l'augmentation de la faune.
- L'avifaune (oiseaux, chauves-souris, etc.) : Lors des périodes de marée verte, les ulves couvrent des zones exploitées par les oiseaux en quête de nourriture. Ainsi, les passereaux ont un accès pus difficile aux insectes habituellement présents dans le marais maritime ainsi que les limicoles aux coquillages fouisseurs et aux vers enfouis dans le sable.
Elle peut aussi entraîner :
- Une asphyxie locale du milieu : Une forte biomasse algale immergée a pour conséquence de faire varier considérablement la teneur en oxygène dissous entre le jour et la nuit, pouvant nuire la nuit à la faune aquatique. Plus localement en haut estran, l'accumulation et la dégradation de volumes très importants d'algues peuvent entraîner une anoxie dans la colonne d'eau et induire une mortalité importante de la faune. A long terme, les assemblages benthiques pourraient être dominés par des espèces opportunistes et s'accompagner d'une diminution de la biomasse et de la richesse spécifique.
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- Une zone marine à forte écotoxicité : Les toxines libérées par les algues peuvent être mortelles pour la faune (A. Chapelle, P. Souchu, 2001) jusqu’à créer des zones marines mortes [Merceron, 1987], [Chapelle et al, 1994].
1.2 La Bretagne, la région la plus touchée en France pour différentes raisons
1.2.1 Zones les plus touchées en Bretagne
Les zones les plus touchées en Bretagne sont la baie de Concarneau, la baie de Douarnenez, la Lieue de Grève et la baie de Saint-Brieuc comme indiquées sur la carte ci-dessous
Figure 2: Zones les plus touchées par les algues vertes Baie de
Douarnenez
Lieue de Grève
Baie de Concarneau
Baie de Saint Brieuc
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1.2.2 Conditions de la prolifération des ulves
D’après l’étude de Ménesguen, A et al. Ces ulves ont besoin de quatre conditions (résumé par le tableau 3 ci-après) pour se développer :
- Un apport en azote lors de la phase de croissance. Cet apport est en majeure partie d’origine terrigène car le substrat, essentiellement des sédiments marins, ne peut satisfaire la demande algale en azote. C’est ce nutriment qui est le nutriment limitant pour la croissance des ulves.
- Une faible dispersion de la masse d’eau. Les zones les plus favorables sont donc les lagunes (domaines marins les mieux protégés). Cependant dans certains estrans, suivant la topographie des fonds océaniques, le déplacement de la masse d’eau peut être quasiment nul malgré des coefficients de marée importants (Garreau, 1993). Cela a pour effet de ne pas disperser les algues qui peuvent s’y accumuler ainsi que les nutriments dissous nécessaires à leurs développements. C’est le cas pour la baie de Lannion comme en témoigne la figure ci-dessous. Les traits en bleu représentent le courant résiduel. On observe que proche des côtes, ce courant est quasiment nul ; l’eau est pratiquement « statique ».
Figure 2: courants résiduels de marée en baie de Lannion
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- Une luminosité importante pour la photosynthèse. Ce qui est le cas dans les lagunes peu profondes ou les littoraux bretons qui ont un sable très clair qui reflète la lumière.
Ainsi la baie du Mont Saint Michel qui présente pourtant toutes les autres conditions n’est pas envahie. Ses eaux sont plus troubles et le substrat est beaucoup plus foncé car composé de beaucoup d’argile (tangue). En automne – hiver, la luminosité est trop faible pour une prolifération massive.
- Une température assez chaude. Au moins 12-13°C. Une eau froide à tendance à ralentir la prolifération de ces algues. La température est donc un facteur limitant, ainsi en automne – hiver, du fait de températures plus basses, la croissance des ulves est freinée.
Tableau 3: Conditions nécessaires au développement des ulves
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1.2.3 Causes de la prolifération
La prolifération massive des ces ulves ne peut avoir lieu sans un apport important de nutriments en particulier l’azote. Cet apport est un apport terrigène, essentiellement d’origine agricole. L’azote est utilisé par les agriculteurs pour fertiliser les sols et provient aussi des déjections des bovins, des porcins et des volailles. Rappelons que la Bretagne est la première région agricole française avec 50% des élevages porcins et de volailles et 30% des élevages bovins pour une région représentant 7% du territoire.
Les sols bretons concentrent donc une grande quantité d’azote mais tant que celui-ci reste dans les sols il n’y a aucune influence sur les algues vertes. Et c’est ici que le problème se trouve, tout l’azote ne reste pas dans les sols. Nous sommes dans une région tempérée pluvieuse, les précipitations lessivent les sols et emportent les nitrates excédentaires. Les précipitations peuvent lessiver les sols de deux façons :
- En eau de surface ou de ruissellement. L’eau au contact du sol va se charger en azote et ruisseler jusqu'à la rivière. La pollution est pratiquement immédiate.
- En eau souterraine. L’eau chargée en nitrates va s’infiltrer dans le sol au lieu de ruisseler. L’eau va ainsi s’infiltrer jusqu'à une nappe d’eau souterraine et la polluer.
Les nappes sont pratiquement toutes reliées à des rivières, c’est d’ailleurs celles-ci qui les alimentent en période de sécheresse. Les rivières sont donc polluées plusieurs mois plus tard.
Des études ont été menées en Bretagne pour connaitre le taux d’azote dans les rivières. Le Réseau de Contrôle et de Surveillance (RCS) comporte 87 points de suivi et remplace depuis 2007 le réseau national de bassin. Les valeurs de concentration qui apparaissent sur le graphique ci-dessous, et qui sont utilisées pour la carte, sont des percentiles 90. C’est cet indicateur qui est retenu pour la caractérisation de l’état de la masse d’eau, en application de la DCE. Ces valeurs ne sont donc pas des moyennes, elles représentent pour un point d’observation donné la concentration pour laquelle 90 % des mesures étaient inférieures.
Percentile 90 moyen de la concentration en nitrate dans les eaux superficielles en Bretagne
Figure 3 : Concentration en nitrates des cours d'eau breton
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La Directive cadre sur l’eau fixe les limites de concentration des nitrates dans les cours d’eau à 50mg/L. Cependant une valeur guide de 25 mg/l est néanmoins recommandée.
Cette valeur est proposée afin de réduire les nitrates vers un taux acceptable pour le milieu.
Voici un tableau récapitulatif de la qualité d’eau :
Figure 4: Norme qualité eau douce
En 2008, les rivières ont en moyenne une concentration de 38 mg/L alors qu’à partir de 10 mg/L le phénomène de prolifération d’algues peut avoir lieu (Ménesguen, 1998).
Cependant ces chiffres ne sont qu’une moyenne de tous les cours bretons. Il existe une disparité entre ceux-ci comme le montre la carte ci-dessous.
Figure 5: Carte de la concentration en nitrates en Bretagne
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On remarque que les zones de fortes concentrations en nitrates correspondent pratiquement aux zones les plus touchées par les ulves (voir carte 1.2.1).
Les rivières sont polluées en nitrates, il serait maintenant intéressant de connaitre la quantité d’azote qu’elles déversent dans la mer.
Figure 6: Estimation des flux d'azote provenant des nitrates
L’évaluation des flux est effectuée à partir des flux des principaux bassins versants de la région Bretagne. Avec un écoulement superficiel de 11,7 milliards de m3 d’eau, le flux est évalué à 75 900 tonnes d’azote soit 39,8 kg N/ha de surface agricole utilisée. Ce flux rejeté en mer bien qu’inférieur à 2007 reste élevé par rapport aux années antérieures dans un contexte d’une année à hydraulicité normale avec un été très pluvieux. Il y a d’importantes variabilités du taux d’azote rejeté dû en majeure partie à la différence de pluviométrie d’une année à l’autre et à la quantité d’azote dans le sol.
2 Moyens mis en œuvre contres les algues vertes 2.1 Solutions envisagées et envisageables contre cette menace
2.1.1 Ramassage
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) conseille aux collectivités de ramasser les algues dans les 24h après échouage, puisque les algues sont encore fraîches et n’émettent donc pas d’H2S.
Pour transporter ces algues de manière efficace, il faut qu'elles prennent un minimum de volume. Lorsqu’elles s’échouent, elles sont gorgées d’eau, il est donc important de les sécher.
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Une mise en andain de 24h permet de diminuer le volume des algues de 2/3, il faut donc trouver le bon compromis entre la fraîcheur de l’algue et son volume. Toujours dans ce même sens, il faut ramasser le moins possible de sable et de galets avec les algues.
De plus en 2010 des essais de ramassage d’algues en mer ont commencés. Cela permettrait d’avoir des algues plus propres que celles ramassées sur la plage.
Le principe est le suivant : un tracteur tire derrière lui un tapis métallique dans quelques dizaines de centimètres d’eau sur lequel sont chargées les algues grâce à un batteur qui tourne à l'avant. Les algues sont ensuite stockées dans un godet percé à l'arrière, permettant d'éliminer une partie de l'eau qu'elles retiennent. Cependant cet outil demande à être amélioré en quantité et en qualité d’algues ramassées.
2.1.2 Traitement 2.1.2.1 Stabilisation
Les algues sont mélangées avec des déchets verts et conditionnées pendant un mois. Il est aussi possible d’insuffler de l’air chaud dans l’andain pour diminuer le temps de séjour à 2-3 semaines. Cela permet d’obtenir un produit sans risque d’intoxication au H2S. Cependant le mélange n’est pas assez riche en Carbone pour que le processus de compostage ait lieu.
2.1.2.2 Co-compostage
Dans ce cas, les algues sont toujours mélangées à des déchets verts mais aussi à du compost urbain (compost d’ordure ménagère). Ce dernier apporte la quantité nécessaire de Carbone pour que le processus de compostage ait lieu. Le produit fini sera donc un compost qui pourra peut être répondre aux normes en vigueur sur le compost.
2.1.2.3
Méthanisation
C’est un processus naturel et biologique qui dégrade la matière organique en absence d'oxygène en un biogaz le méthane. Elle peut être réalisée de deux manières :
CO2 + 4 H2 → CH4 + 2 H2O CH3COOH → CH4 +CO2
On pourrait croire que cette solution est la solution miracle, création de biogaz et utilisation du digestat comme amendement mais il n’en est rien. D’une part parce que pour utiliser ces algues il faudrait effectuer un tri poussé, car il ne faut pas de macrodéchets ni de galets et cela a un coût. D’autre part, ces algues contiennent du sel et du sable. Le premier est un inhibiteur de la production de méthane et le second sédimentera dans les installations augmentant ainsi le coût pour le nettoyage et diminuera le rendement qui n’était déjà pas exceptionnel. De plus ce traitement ne résout en rien le problème lié à l’azote, en effet tout l’azote présent initialement dans les ulves se retrouve dans le digestat qui sera épandu.
Voici un schéma du principe de méthanisation pour le lisier.
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Figure 3: Principe de la méthanisation
2.1.2.4 Autres possibilités
D’autres traitements et utilisations peuvent être envisagés comme : - Dans les biomatériaux
- En alimentation humaine et animale. Ces algues sont riches en minéraux, vitamines et fibres.
- En Agro-alimentaire. Elles peuvent être utilisées comme gélifiant ou épaississant.
- En cosmétique. Les ulves sont riches en polysaccharides (ulvanes) qui peuvent servir dans la création de principes actifs. Les ulvanes ont des vertus anti-inflammatoires et cicatrisantes qui peuvent être intéressantes
2.1.3 Lutte
Le principal moyen d’action pour lutter contre la prolifération de ces algues est de limiter l’apport d’azote dans l’eau de mer par les rivières. Pour cela plusieurs mesures peuvent être mises en place par un plan gouvernemental:
- Un réaménagement du territoire. Les zones naturelles humides doivent représenter une plus grande superficie du bassin versant. Ces zones ont une capacité dénitrifiante qui permet de limiter la quantité d’azote rejetée dans les rivières.
- Une amélioration de l’agriculture pour limiter l’apport excédentaire d’azote dans les sols. Pour cela, il faut éviter la surfertilisation des sols, les sols nus l’hiver, et le labourage des terres à l’automne sans culture capable d’utiliser les nitrates.
- Des contrôles plus fréquents pour vérifier la fertilité des sols et le respect du calendrier d’épandage…
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2.2 Proposition du SMITOM Launay-Lantic
2.2.1 Historique
Le SMITOM Launay-Lantic regroupe 3 communautés de communes (34 communes) qui sont représentées au sein du comité syndical par une trentaine d’élus. Le SMITOM gère les déchets ménagers de plus de 40 000 habitants permanents et le double l’été.
L’usine de Launay-Lantic fût construite en 1980. A l'origine, c’était une usine de compostage d’ordures ménagères et un centre d’enfouissement. Elle fût bâtie sur d’anciennes prairies humides au sol argileux propice à l’enfouissement de déchets. L’argile est une roche pratiquement imperméable qui confine très bien les déchets. Les fuites sont donc très peu probables. C’est pour cette raison qu’en France les déchets nucléaires sont stockés dans de l’argile. Les ordures amenées à l’usine sont traitées dans un tube de pré-fermentation (voir 2.2.2.2), avant d’être séparées dans un trommel (voir 2.2.2.4), pour ensuite être compostées pendant plusieurs mois en mélange avec des déchets verts (voir 2.2.2.5).
L’usine a connu en 2004 une modernisation visant à mieux gérer les pointes estivales et à produire un meilleur compost ; un deuxième tube fut installé et le système d’affinage amélioré.
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2.2.2 Présentation du site de Launay-Lantic 2.2.2.1 L’usine
Figure 4: Présentation de l'usine
Les camions passent au niveau du pont bascule, les ordures vont être pesées et leurs radioactivités contrôlées puis les camions déchargent les déchets au bâtiment de réception.
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2.2.2.2 La préfermentation
Figure 5: La préfermentation
Un grappin alimente les trémies des 2 tubes de pré-fermentation.
2.2.2.3 Le convoyage
Figure 6: Le convoyage
Un tapis roulant ou convoyeur transporte les ordures du tube jusqu'à la tour d’affinage.
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2.2.2.4 L’affinage
Figure 7: L'affinage
Dans cette tour, plusieurs opérations de tri mécanique vont séparer la matière organique des métaux, verre, plastiques et autres refus de compostage. Un trommel ou crible rotatif sépare 3 flux en fonction de 2 mailles : 30mm et 150mm. La fraction des supérieurs à 150 mm comme de nombreux plastiques de grandes tailles partent dans les refus.
Pour la fraction 30-150mm, un overband sépare les métaux, orientés vers une benne spécifique pour valorisation, des autres produits, orientés vers une benne de refus.
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La matière organique compostable se situe donc dans la fraction inférieure à 30mm. Cette fraction subit un double tri balistique (ou tri par rebond-adhérence) sur 2 tapis sélectionneurs disposés en série.
Le verre et les piles, plus denses, sont alors écartés du flux. Un crible à toiles (ou crible Liwell) termine ces opérations de tri en séparant par ses mailles carrées de 10 mm une fraction supérieure, riche en petits plastiques (les cotons-tiges par exemple), du produit le plus pur possible en matière organique. En sortie d’affinage, il reste 39,6% de compost frais, 45,4% de refus et 1,9% de métaux ferreux. La dégradation biologique de la matière organique a induit une perte de masse de 9 % par rapport au flux entrant d’ordures ménagères résiduelles (OMr) et de biodéchets.
2.2.2.5 La maturation
Le mélange, mis en box, s’échauffe (60-70°C) sous l’action de l’activité microbienne. La fermentation commence. Le mélange restera 2-3 semaines dans le box avant de finir sa maturation pendant trois mois sur la plate forme extérieure.
Figure 8: La maturation
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2.2.2.6 Le compost
Le compost obtenu sera revendu aux agriculteurs comme amendement.
Figure 9: Le compost
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2.2.3 Projet de traitement des algues vertes 2.2.3.1 Principe
Le procédé de traitement, adapté par le Groupe CNIM aux algues vertes, est basé sur la déshydratation par ventilation d'air chaud (produit par une chaudière à bois). Les nouveaux box confinés vont permettre d'éviter les odeurs grâce à des biofiltres dédiés, de supprimer la production d'hydrogène sulfuré grâce à l'oxygénation permanente du mélange et de récupérer les lixiviats grâce à des pipettes en fond de box. La capacité des box est de 20 000 tonnes d'algues vertes.
2.2.3.2 Contexte
Le montant des travaux s'élève à 2 100 000 € pour la mise aux normes des odeurs de l'usine et à 3 600 000 € pour les box de traitement des algues vertes.
Lancée en mars grâce au concours financier et administratif de l'État, la construction de ces box, réalisée dans un délai de 4 mois par le Groupe CNIM, va permettre de traiter jusqu'à 20 000 tonnes d'algues dans des conditions environnementales maîtrisées, dès l’été 2010.
Le SMITOM de Launay-Lantic a passé un marché de construction-exploitation pour son usine de compostage en 2009.
Ce marché concerne, en tranche ferme, l'exploitation de l'usine de compostage pour sa capacité actuelle et la construction des équipements permettant une meilleure gestion du compostage en aérobie et une gestion des odeurs conforme à la nouvelle réglementation de 2008. Cette tranche ferme comprend le traitement des algues vertes collectées sur le territoire du syndicat, soit 2500 t/an en mélange avec les végétaux et le compost d'OMR.
Ce marché intègre aussi une tranche conditionnelle relative à une extension de capacité de l'usine de compostage qui comprend la construction de 2 casiers ventilés avec traitement d'air pour le compost supplémentaire.
Dans ce cadre, moyennant des adaptations techniques spécifiques aux algues vertes, ces casiers, réalisés au printemps 2010, permettent de traiter 10 000 tonnes d'algues.
2.2.3.3 Méthode de traitement
Les quantités de déchets broyés disponibles ne permettent pas de traiter 10 000 tonnes d'algues par an. Les algues sont donc stabilisées en mélange avec un substrat ligneux (refus de criblage de végétaux, broyat de palettes ou autre) qui sera récupéré par criblage pour être ensuite réutilisé. Un stock de ce substrat devra être constitué à cet effet.
La problématique principale du traitement des algues d'échouage est leur composition : essentiellement de l'eau, du sable et un peu de matière organique, mais extrêmement fermentescible.
Composition des algues vertes d'échouage d'Hillion : Sable : 30 %, MO sèche des algues 8 % et Eau : 62 %.
Si l'on considère que le mélange doit être ramené à une humidité de 30 % pour être stabilisé, pour 300 t d'algues traitées, il faut perdre entre 125 et 150 t d'eau en 2 semaines. Cela conduit à dimensionner l'aéraulique et le traitement des jus en conséquence.
L'air des box algues est traité par un biofiltre indépendant pour ne pas perturber le fonctionnement du biofiltre compost (composition des gaz différente).
Le dimensionnement des box est compatible avec un remplissage rapide (un ou deux jours) de façon à éviter que le personnel d'exploitation soit amené à ré-intervenir dans un box où des algues sont en début de fermentation pour finir de le remplir (risque d'exposition aux gaz).
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2.2.3.4 Description projet
La première tranche du projet proposé par la CNIM est le traitement de 10 000 tonnes d’algues par an.
Les box de 38 m x 10 m sont divisés en 2 parties indépendantes pour recevoir 300 t d'algues chacun.
Les algues sont mélangées à un support structurant dès leur arrivée sur le site à raison d'une tonne d'algues pour 1,5 m3 de structurant. Le mélange d'un volume estimé à 500 m3 est introduit dans un box ventilé et confiné pendant 2 semaines.
Le rythme de livraison d'Hillion en 2009 était de 250 t d'algues par jour. Si l'on ajoute les livraisons des autres plages, un box est rempli en une journée environ.
L'air de ventilation est chauffé quand la montée en température naturelle du mélange n'est pas suffisante pour un assèchement suffisamment rapide des algues.
L'air des box est capté sur toute la longueur du box pour limiter la condensation sur les parois (qui viendrait réhumidifier le produit) et traité sur un biofiltre spécifique qui sera couvert pour maximiser l'évaporation d'eau.
Les jus et condensats sont réinjectés dans les box de compost urbain pour l'humidifier et limiter ainsi la charge des lagunes de traitement. Le biofiltre compost est lui aussi couvert pour évaporer le maximum d'eau issue des jus d'algues.
2.2.3.5 Coût
Le montant global des investissements nécessaires au traitement des 10 000 t d'algues supplémentaires est de 1 700 000 € HT.
Le coût de fonctionnement (hors amortissement) est évalué entre 20 et 25 € HT/t d'algues.
Si une partie de l'amortissement doit être financée par la facturation du traitement, la question se pose de la durée d'amortissement prise en compte qui est fonction de l'évolution des marées vertes et de la variabilité entre 2 saisons.
Cette seconde tranche consiste à doubler les installations (construction de 4 box de 300 t supplémentaires) et la plateforme de stockage du structurant. Cette tranche supplémentaire porte la capacité du site à 20 000 t.
Son coût peut être estimé en première approche à 1 700 000 € (sous réserve qu'un transformateur supplémentaire ne soit pas nécessaire).
Par ailleurs dans le cadre d'une gestion organisée par le SMETTRAL sur 3 plateformes de 10 000 t, ces box permettraient, à terme, une absorption des plus gros pics de production d'algues sur Hillion.
2.2.3.6 Gestion
En cas de gestion des algues par le SMETTRAL (Syndicat Mixte d’Etudes, de Tri et de Traitement des déchets ménagers sur la zone centRALe des Côtes d’Armor) autour de 3 plateformes, le fonctionnement pourra être organisé comme suit : les algues seront dirigées sur chaque plateforme à tour de rôle (une semaine sur trois). Une équipe mobile tournera sur les sites accueillant les algues avec le matériel nécessaire (chargeurs et retourneurs d'andains) de façon à optimiser les moyens humains et matériels. La capacité de traitement pour un chargeur et un retourneur est estimée à 250 tonnes par jour.
2.2.3.7 Conditions d’admissions des algues
Les algues, pour être acceptées par l’usine, doivent répondre à un cahier des charges, afin de s’assurer d’une qualité minimale pour le traitement.
Ce cahier des charges a été mis en place par les collectivités responsables de l’élimination, le SMITOM de Launay-Lantic et le prestataire du traitement.
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Tableau 4: Qualité des algues vertes
Fraîcheur Sable (en masse) Galet >30mm (en volume)
Macrodéchets / vase
Algues admissible
< 10 ppm H2S < 30% < 5% abs Algues non
admissible
> 10 ppm H2S > 30% > 5% présence
La présence importante ou non de sable n’est pas en elle même problématique pour le traitement. Cette valeur est indiquée afin de s'assurer que le traitement porte majoritairement sur des algues et non sur du sable avec des algues.
Par contre la présence de galets et de macrodéchets est importante puisqu’ils sont dangereux lors de certaines étapes du traitement et à fortiori, ils peuvent perturber celui-ci. Lors de retournement du mélange en andain par andaineuse, les pâles de la machine, tournant à grandes vitesses, éjectent certains galets à plusieurs mètres. De plus les chocs répétés des galets avec les pâles ont tendance à les abîmer. Les macrodéchets, comme les filets de pêche, peuvent s’enrouler autour de l’axe des pâles et bloquer l’andaineuse. Lors du criblage après traitement, les galets supérieurs à 15 mm vont rester avec le structurant et continuer à gêner le traitement lors d’un nouveau mélange.
2.2.3.8 Protection et sécurité
Les engins intervenant sur les algues sont équipés de cabines climatisées. Leur circuit d'air sera pourvu de filtres spécifiques H2S et NH4. Les chauffeurs sont équipés d'équipements de protection individuelle (analyseur portatif et masque à gaz en cabine).
Tout le personnel de l’usine ainsi que les visiteurs doivent porter un détecteur portatif, chaussures de sécurité et gilets jaunes.
2.3 Etude du suivi des algues et neutralisation du sulfure d’hydrogène pour optimiser le traitement
2.3.1 Suivi des algues vertes au cours du traitement 2.3.1.1 Le traitement
Les camions benne déversent les algues sur la plate-forme prévue à cet effet. Les ulves y sont alors mélangées avec du structurant avec un ratio volumique de 2 volumes de structurant (déchets verts) pour 1 volume d’algues à l’aide d’un chargeur. Ce mélange est ensuite placé en andain. Puis l’andaineuse retourne l’andain d’une vingtaine de mètres en 5-10 min. C’est lors de cette phase que le risque de projection de galets est important.
Après cette étape, un chargeur amène le mélange dans les box dédiés. Dans ces box les algues seront séchées grâce à l’insufflation d’air chaud (50°C), le ratio de 2/1 a été choisi afin de réduire le temps de séchage et donc de traiter plus d’algues.
En moyenne le temps de séchage est inférieur à vingt jours. De plus les box sont pourvus de pipette permettant la collecte du jus.
Afin de s’assurer du bon fonctionnement du traitement, plusieurs paramètres sont vérifiés : - Température. Des sondes sont placées dans le mélange en différents endroits.
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- Teneur en oxygène. De même des sondes sont placées dans le mélange en différents endroits. Cependant les données obtenues ne sont pas très fiables. Le dispositif n’étant pas adapté à la situation.
- Teneur en H2S. Mesuré ponctuellement par un analyseur TESTO.
- Aspect du mélange. Données visuelles et subjectives. Ce sont ces données qui déterminent la prolongation du traitement ou son passage au crible.
2.3.1.2 L’échantillonnage
Un bon échantillonnage doit être représentatif de l’objet choisi. On doit ainsi tenir compte : - De la granulométrie de celui-ci. Plus elle est grosse plus la quantité à prélever sera
importante.
- De la taille. Quand l’objet est de grande taille on doit effectuer plusieurs petits échantillonnages à différents endroits afin de s’affranchir du changement possible de composition dans l’espace. Les petits échantillons sont rassemblés en un échantillon qui sera représentatif de l’objet.
Dans un échantillon il faut que :
- Tous les éléments constitutifs de la cible aient une probabilité non nulle d’être prélevés.
- Tous les éléments constitutifs de la cible aient la même probabilité d’être prélevés.
2.3.1.3 Principe
Un même mélange sera échantillonné à différentes étapes de son traitement. A t= 0, l’échantillonnage a été fait directement sur l’andain nouvellement formé, pour t= 8 et t= 12 jours, il a été fait dans les box après le retrait de quelques godets. L’échantillon sera séché pendant environ une semaine dans une étuve à 80°C. Une fois l’échantillon sec, il sera criblé à différents diamètres. D’abord à 100 mm, puis 20 mm et 8 mm. Les sous fractions supérieures à 8mm seront caractérisées (composition de chaque sous fraction). La fraction inférieure à 8 mm quant à elle sera d’abord quartée (opération consistant à ne garder qu’une partie représentative de la fraction afin de faciliter et réduire le temps des manipulations) puis tamisée à 5 et 2 mm. Les trois sous fraction ainsi obtenues seront ensuite incinérées pendant 8 heures à 550°C pour calculer leurs pertes au feu. La perte au feu correspond à la quantité de matière organique (M.O) présente dans l’échantillon. La quantité de MO de la fraction > 8mm est calculée à partir d’une table de référence. Elle donne le coefficient de MO présente dans l’élément en fonction de différents critères (nature de l’élément, taille de la maille…). Au départ la table utilisée était une table pour ordures ménagères (OM) qui n’est pas adaptée pour ce type de mélange composé majoritairement de déchets verts, d’algues vertes et de sable.
Une nouvelle table sera faite donnant, pour chaque élément sa part de MO en fonction de sa taille et du nombre de jours de traitement qu’il a subit en box. Afin d’éditer cette table les éléments seront incinérés dans les mêmes conditions que décrites précédemment.
Trois box ont été suivis, le premier pendant 8 jours, les échantillons prélevés dans ce box sont appelés P1. Le second et le troisième ont été suivis 14 jours, les prélèvements sont appelés respectivement P2 et P3. Les analyses on été faites sur des échantillons à t= 0 jours, t= 8jours et 14 jours de traitement.
2.3.1.4 Base de référence
La base OM n’étant pas assez adaptée à ce mélange, une nouvelle base spécifique au mélange algues vertes plus déchets verts a été faite. Chaque élément a été incinéré à 550°C pendant 8 heures. Les incinérations ont été faites sur les éléments de l’échantillon P3 à 8 jours et 14 jours de traitement ainsi que sur l’échantillon P2 à 14 jours de traitement. La base pour les éléments à 0 jour de traitement a été faite à partir des données à 8 et 12 jours de traitement.
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Il serait intéressant d’effectuer directement des mesures à 0 jour de traitement pour compléter cette base. Il n’y a pas eu de mesures faites sur les échantillons P1, P2, P3 à 0 jour de traitement ainsi que sur P2 à 8 jours de traitement.
La décision de refaire une table a été prise après une comparaison entre la quantité de MO mesurée dans les échantillons et la quantité de MO donnée par la table OM. Grâce à cette vérification, on s’est rendu compte que l’utilisation d’une nouvelle table spécifique à ce mélange serait plus juste. Mais à cet instant, les échantillons P1-0, P2-0, P3-0, P2-8 n’étaient plus disponibles.
La table (annexe 1) permet de connaitre la quantité de MO présente dans l’élément en fonction de sa nature, de sa taille et de son nombre de jours de traitement.
De plus une vérification de la nouvelle base a été faite sur des sous-échantillons de sous fraction (20-100 et 8-20) restantes de P2-8. Les résultats théoriques sont assez proches des résultats expérimentaux (annexe 2).
Cependant cette nouvelle table demande à être complétée. Afin de l’optimiser, de nouvelles mesures doivent être faites pour d’autres mélanges à 0, 8 et 14 jours de traitement. Pour des problèmes logistiques (disponibilité des algues sur sites, capacité d’analyse au Cemagref et le temps imparti), d’autres analyses n’ont pu être faites pour compléter cette table.
2.3.1.5 La caractérisation 2.3.1.5.1 Echantillon 1
L’étude complète sur cet échantillon se trouve en annexe 3 et 4.
Nom
Nb jour traitement
Masse % Masse
fraction
%
Fraction Masse % Masse fraction
% Fraction
Putrescibles > 100 37,2 0,6 69,0 0,6
Autres putrécibles > 100 - -
Papiers > 100 - -
Cartons > 100 - -
Complexes > 100 - -
Textiles > 100 - 25,0 0,2
Plastiques > 100 31,8 0,5 6,0 0,1
Combustibles non classés > 100 - -
Verre > 100 - -
Métaux > 100 - -
Incombustibles non classés > 100 - -
Déchets ménagers spéciaux > 100 - -
Putrescibles 20 à 100 736,3 11,7 2030,0 18,7
Autres putrécibles 20 à 100 - -
Papiers 20 à 100 4,2 0,1 -
Cartons 20 à 100 - -
Complexes 20 à 100 - -
Textiles 20 à 100 3,0 0,0 35,0 0,3
Plastiques 20 à 100 9,1 0,1 16,0 0,1
Combustibles non classés 20 à 100 13,2 0,2 34,0 0,3
Verre 20 à 100 - -
Métaux 20 à 100 - -
Incombustibles non classés 20 à 100 18,4 0,3 131,0 1,2
Déchets ménagers spéciaux 20 à 100 - 0,0
Putrescibles 8 à 20 930,7 14,8 1129,0 10,4
Autres putrécibles 8 à 20 2,8 - 17,0 0,2
Papiers 8 à 20 - -
Cartons 8 à 20 - -
Complexes 8 à 20 - -
Textiles 8 à 20 0,2 0,0 2,0 0,0
Plastiques 8 à 20 1,1 0,0 2,0 0,0
Combustibles non classés 8 à 20 - 1,0 0,0
Verre 8 à 20 - 1,0 0,0
Métaux 8 à 20 - -
Incombustibles non classés 8 à 20 105,8 1,7 171,0 1,6
Déchets ménagers spéciaux 8 à 20 - -
5 à 8 557,9 8,9 557,9 8,9 1268,3 11,7 1268,3 11,7
2 à 5 1147,6 18,3 1147,6 18,3 1842,5 17,0 1842,5 17,0
< 2 2673,7 42,6 2673,7 42,6 4063,2 37,5 4063,2 37,5 total 6273,0 99,96 6273,0 100,00 10843,0 100,00 10843,0 100,00
0 8
16,6 1,1
12,5
1323,0 12,2 20-100
>100
8-20
69,0
784,2
Echantillon 1 P1-0
100,0 0,9
2246,0 20,7
1040,6
P1-8
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Les « % fractions » entre l’échantillon à 0 jour de traitement et ceux à 8 jours sont assez proches. Il y a une même tendance entre les deux échantillons. C’est la sous fraction < 2 mm qui est la sous fraction la plus importante, environ 40% da la masse totale. Cette sous fraction est essentiellement composée de sable, ce dernier est donc le principal composant de l’échantillon.
On observe une différence pour les mailles 20-100 et 8-20 entre les deux échantillons. Cela est dû aux déchets verts (DV) dont la plus part ont une taille proche de la maille de 20 mm.
Parfois, ils sont plus grossiers et ne passent pas la maille de 20 mm, d’autres fois ils sont plus fins et passent cette maille.
Echantillon 1
Nom P1-0 P1-8
Nbre de jours de
traitement 0 8
Masse brute 10405 18405
Masse sèche 6280 10894
% de MS 60,4 59,2
>100 1,1 0,9
20-100 12,5 20,7
8-20 16,5 12,2
5-8 8,9 11,7
2-5 18,3 17,0
<2 42,6 37,5
Composition(en
%)
Total 100,0 100,0
>100 75,0 74,5
20-100 81,0 79,8
8-20 69,5 70,8
5-8 49,6 23,0
2-5 36,7 18,2
<2 11,8 7,3
MO (en %)
Total 38,6 34,2
P1-0 et P1-8 ont une tendance commune à avoir une plus grande quantité de MO dans la maille 5-8 et une faible quantité dans celle < 2 mm. Dans cette fraction, il y a surtout trois types d’éléments : les petits morceaux de déchets verts, les algues vertes et le sable. Le déchet vert et les algues vertes (AV), contenant une part plus importante de MO, se retrouvent préférentiellement dans la maille 5-8 mm et 2-5 mm tandis que le sable, qui ne contient pas de MO, se retrouve essentiellement dans la maille < 2 mm.
La fraction > 8mm présente un plus fort taux de MO que celle < 8 mm. Cela est logique car elle est composée majoritairement de déchets verts qui contiennent environ 80 % de MO alors que la fraction < 8 mm est composée majoritairement d’algues vertes et de sables qui contiennent respectivement 20% et 1% de MO.
On remarque une diminution du taux de MO dans la fraction < 8 mm entre les deux échantillons. Il semblerait qu’il y est une perte de MO au cours du temps ce qui est confirmé par la diminution du taux de MO total au cours du temps.
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2.3.1.5.2 Echantillon 2
L’étude complète sur cet échantillon se trouve en annexe 5, 6 et 7.
Nom
Nb jour traitement
Masse %
Masse fraction
%
Fraction Masse %
Masse fraction
%
Fraction Masse %
Masse fraction
% Fraction
Putrescibles > 100 - 216,5 2,4 -
Autres putrécibles > 100 - 0,0 -
Papiers > 100 - 0,0 -
Cartons > 100 - 0,0 -
Complexes > 100 - 0,0 -
Textiles > 100 - 0,0 -
Plastiques > 100 22,9 0,4 0,0 -
Combustibles non classés > 100 - 0,0 -
Verre > 100 - 0,0 -
Métaux > 100 - 0,0 -
Incombustibles non classés > 100 - 0,0 -
Déchets ménagers spéciaux > 100 - 0,0 -
Putrescibles 20 à 100 583,4 9,3 712,6 7,9 640,5 8,5
Autres putrécibles 20 à 100 30,6 0,5 - -
Papiers 20 à 100 - - -
Cartons 20 à 100 - - -
Complexes 20 à 100 - - -
Textiles 20 à 100 - 0,8 0,0 0,7 0,0
Plastiques 20 à 100 2,0 0,0 6,3 0,1 0,2 0,0
Combustibles non classés 20 à 100 - - -
Verre 20 à 100 - - -
Métaux 20 à 100 - - -
Incombustibles non classés 20 à 100 8,6 0,1 168,2 1,9 102,1 1,4
Déchets ménagers spéciaux 20 à 100 - - -
Putrescibles 8 à 20 419,0 6,7 645,0 7,2 286,4 3,8
Autres putrécibles 8 à 20 28,8 0,5 40,0 0,4 40,4 0,5
Papiers 8 à 20 - - -
Cartons 8 à 20 - - -
Complexes 8 à 20 - - -
Textiles 8 à 20 2,0 0,0 0,1 0,0 0,1 0,0
Plastiques 8 à 20 0,3 0,0 0,3 0,0 0,4 0,0
Combustibles non classés 8 à 20 - - -
Verre 8 à 20 - 0,3 0,0 -
Métaux 8 à 20 0,5 0,0 - -
Incombustibles non classés 8 à 20 24,9 0,4 73,0 0,8 88,8 1,2
Déchets ménagers spéciaux 8 à 20 - - -
5 à 8 357,5 5,7 357,5 5,7 1150,9 12,8 1150,9 12,8 570,5 7,6 570,5 7,6
2 à 5 982,1 15,6 982,1 15,6 1628,9 18,1 1628,9 18,1 1481,7 19,7 1481,7 19,7
< 2 3832,4 60,9 3832,4 60,9 4354,2 48,4 4354,2 48,4 4320,8 57,4 4320,8 57,4 total 6295,0 99,97 6295,0 100,00 8997,1 100,00 8997,1 100,00 7532,6 100,00 7532,6 100,00
5,5
>100
20-100
8-20 475,5 7,6 758,7 8,4
624,6
P2-14
- -
743,5 9,9 Echantillon 2
P2-0 P2-8
22,9 0,4 216,5 2,4
0 8 14
9,9 887,9 9,9
416,1
Les « % fractions » pour l’échantillon à 0 jours et à 8 jours de traitement sont assez proches et, comme pour l’échantillon 1, présentent une même tendance. L’échantillon à 0 et 12 jours de traitement possède une quantité importante d’éléments < 2 mm, respectivement 61% et 57% de la masse totale, ce qui signifie que cet échantillon a une plus forte teneur en sable. P2- 8 contient moins de sable ; même si l’échantillon est représentatif de l’ensemble, il peut y avoir quelques petites hétérogénéités. Les algues ont une teneur plus ou moins importante en sable.
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Echantillon 2
Nom P2-0 P2-8 P2-14
Nbre de jours de traitement 0 8 12
Masse brute 9876 14169 10323
Masse sèche 6305 8994 7528
% de MS 63,8 63,5 72,9
>100 0,4 2,4 0,0
20-100 9,9 9,9 9,9
8-20 7,6 8,4 5,5
5-8 5,7 12,8 7,6
2-5 15,6 18,1 19,7
<2 60,9 48,4 57,4
Composition(en
%)
Total 100,0 100,0 100,0
>100 66,5 83,9 0,0
20-100 78,6 69,5 75,2
8-20 67,1 70,7 58,8
5-8 34,1 26,1 18,7
2-5 21,3 23,9 10,7
<2 5,8 7,1 4,4
MO (en %)
Total 21,9 26,0 16,7
Cet échantillon présente un taux de MO plus important dans la fraction > 8mm que celle < 8 mm et ce pour les mêmes raisons. Les différences de taux de MO pour les sous fractions > 8 mm s’expliquent par la part plus ou moins importante du déchet vert dans chaque sous fraction.
La tendance est la même entre P1 et P2 pour la fraction < 8 mm : une quantité plus importante de MO dans la sous fraction 5-8 et une quantité plus faible dans la sous fraction < 2 mm.
Tout comme l’échantillon P1 on observe une perte de MO au cours du temps de 22% à 17%.
De plus on remarque une augmentation de la matière sèche au cours de temps (64% à 73%).
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