Consigne : lisez le résumé ci-dessous et indiquez le numéro du photogramme correspondant aux différents passages de l’histoire.
Résumé du film
Pendant la Grande Dépression des années 30 aux États-Unis, un faux prêcheur du nom de Harry Powell sévit sur les routes, séduisant des veuves – tout en ayant une sainte horreur de la sexualité – et les assassinant pour leur argent (photogramme ) . C’est ainsi que les jeunes Pearl et John Harper croisent son chemin, dans le sud. Leur père, Ben, a tué deux hommes lors d’un hold-up et, avant d’être arrêté, a caché l’argent dans la poupée de la petite fille, faisant promettre à ses enfants de ne jamais révéler ce secret, même à leur mère, Willa ( photogramme ). Le prêcheur séduit cette dernière et l’épouse (photogramme ) : il a connu Ben Harper en prison ( photogramme ) et espère ainsi extirper le secret de la cachette aux enfants. John est seul à se méfier instinctivement de lui, refusant de révéler où l’argent est caché. Un soir, surpris en train de menacer Pearl pour qu’elle rompe ce secret, Powell tue Willa (photogramme ). Acculés, les enfants s’enfuient à bord de la barque de leur père, non sans avoir avoué où est l’argent. Commence alors pour eux une dérive le long de la rivière, où ils pénètrent un monde presque fantastique. Mais le prêcheur est à leurs trousses.
Ils trouvent refuge chez une vieille dame, Rachel Cooper, qui héberge d’autres enfants ( photogramme ).
Powell finit par les retrouver ; la vieille dame comprend le danger et le menace de son fusil ( photogramme ).
Une nuit, il revient mais Rachel le blesse et appelle la police ( photogramme ). Il est arrêté et jugé devant une foule hystérique. Les enfants, eux, ont trouvé un nouveau foyer.
Photogramme 1 Photogramme 2
Photogramme 3 Photogramme 4
Photogramme 5 Photogramme 6
Photogramme 7 Photogramme 8
Consigne : lisez le résumé ci-dessous et indiquez le numéro du photogramme correspondant aux différents passages de l’histoire.
Résumé du film ( corrigé)
Pendant la Grande Dépression des années 30 aux États-Unis, un faux prêcheur du nom de Harry Powell sévit sur les routes, séduisant des veuves – tout en ayant une sainte horreur de la sexualité – et les assassinant pour leur argent ( photogramme 3) . C’est ainsi que les jeunes Pearl et John Harper croisent son chemin, dans le sud. Leur père, Ben, a tué deux hommes lors d’un hold-up et, avant d’être arrêté, a caché l’argent dans la poupée de la petite fille, faisant promettre à ses enfants de ne jamais révéler ce secret, même à leur mère, Willa ( photogramme 8). Le prêcheur séduit cette dernière et l’épouse ( photogramme 1) : il a connu Ben Harper en prison ( photogramme 5) et espère ainsi extirper le secret de la cachette aux enfants. John est seul à se méfier instinctivement de lui, refusant de révéler où l’argent est caché. Un soir, surpris en train de menacer Pearl pour qu’elle rompe ce secret, Powell tue Willa ( photogramme 2). Acculés, les enfants s’enfuient à bord de la barque de leur père, non sans avoir avoué où est l’argent . Commence alors pour eux une dérive le long de la rivière, où ils pénètrent un monde presque fantastique. Mais le prêcheur est à leurs trousses. Ils trouvent refuge chez une vieille dame, Rachel Cooper, qui héberge d’autres enfants ( photogramme 7). Powell finit par les retrouver ; la vieille dame comprend le danger et le menace de son fusil ( photogramme 6). Une nuit, il revient mais Rachel le blesse et appelle la police ( photogramme 4). Il est arrêté et jugé devant une foule hystérique. Les enfants, eux, ont trouvé un nouveau foyer.
Consigne : à l’aide du photogramme de votre choix, rédigez un paragraphe démontrant que la mise en scène inscrit ce film dans le registre du conte.
Photogramme 9
Photogramme 10
Photogramme 11
Consigne : à l’aide du photogramme de votre choix, rédigez un paragraphe démontrant que la mise en scène inscrit ce film dans le registre du conte.
Photogramme 9
La mise en scène inscrit ce film dans le registre du conte. Le réalisateur débute le film par une vieille femme sous un ciel étoilé tenant la Bible entre ses mains et qui énonce comme morale : « méfie- toi des faux prophètes ». Le ciel confère un aspect féérique à l’image, la Bible évoque les vieux grimoires des contes et la morale est un avertissement à destination des enfants et plus largement de l’humanité.
Photogramme 10
La mise en scène inscrit ce film dans le registre du conte. Dans une scène, les enfants contemplent la cage d’un oiseau suspendue derrière une fenêtre. La cage apparaît en ombre chinoise ainsi que la maison donnant une impression d’irréel faisant penser à une illustration d’un livre de conte.
Ciel étoilé : aspect féérique
Grimoire -vieux livre de conte mystérieux
Morale du conte : un avertissement à destination des enfants et plus largement de l’humanité
Photogramme 11
La mise en scène inscrit ce film dans le registre du conte. Dans une scène en contre-plongée on aperçoit les enfants sur la rivière et au premier plan une toile d’araignée. Celle-ci évoque les ambiances poussièreuses et menaçantes des vieilles demeures dans les contes.
- Autres idées d’éléments d’un conte : les animaux (tortue, crapaud ou grenouille, lapin, renard, chouette qui attaque lapin), la position de Powell sur l’escalier de la cave
(Frankenstein, mort-vivant, Dracula, aspect figé, caricatural), réaction de Powell quand il se fait tirer dessus (cri aigüe, course, saut, se cache dans la grange), la musique, les enfants : héros supérieurs aux adultes, la solution apportée par le petit John (argent à l’origine de tout le mal, de tous leurs déboires, il dit vouloir le rendre à Powell en le frappant avec la poupée, l’argent s’en échappe comme un abcès crevé), etc.
- Faire réfléchir les élèves sur la morale : « Méfiez-vous des faux prophètes » : des apparences, des séducteurs (à partir d’un photogramme représentant Powell relevez les caractéristiques qui font de ce personnage un faux prophète et un séducteur)
- Réfléchir sur les autres messages du film : les adultes produisent leur propre malheur : l’argent, le fanatisme, la vengeance aveugle(sous la forme du lynchage), la justice dont le rôle est de punir plus que de protéger (au tribunal le doigt devant John, pointant le coupable et la voix demandant à John d’identifier ce dernier sans prendre en compte ce que l’enfant a vécu), la société des adultes qui abandonne une multitude d’enfants errants, les adultes qui se méfient des enfants pourtant plus lucides qu’eux (John considéré comme un menteur) ou qui leur font porter des responsabilités trop lourdes pour leur âge (le secret de l’argent caché), la force de l’innocence qui sait que le malheur vient du désir de posséder ce qui est matériel (John qui se méfie dès leur première rencontre de Powell ou qui frappe ce dernier avec la poupée d’où s’échappe l’argent en faisant comprendre que tous les malheurs viennent de là), la grand-mère qui, grâce à sa lucidité parvient à tenir tête à Powell qui, en apparence, lui est supérieur (force physique, séduction, rouerie, facilité à s’exprimer, etc.)
Comparaison du chapitre 6 de Candide de Voltaire (Comment on fit un bel auto−da−fé pour
empêcher les tremblements de terre, et comment candide fut fessé) avec le fanatisme présent dans le film.
CHAPITRE SIXIÈME COMMENT ON FIT UN BEL AUTO−DA−FÉ POUR EMPÊCHER LES TREMBLEMENTS DE TERRE, ET COMMENT CANDIDE FUT FESSÉ Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du pays n'avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple un bel auto−da−fé ; il était décidé par l'université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler. On avait en conséquence saisi un Biscayen convaincu d'avoir épousé sa commère, et deux Portugais qui en mangeant un poulet en avaient arraché le lard : on vint lier après le dîner le docteur Pangloss et son disciple Candide, l'un pour avoir parlé, et l'autre pour avoir écouté avec un air d'approbation : tous deux furent menés séparément dans des
appartements d'une extrême fraîcheur, dans lesquels on n'était jamais incommodé du soleil ; huit jours après ils furent tous deux revêtus d'un san−benito, et on orna leurs têtes de mitres de papier : la mitre et le san−benito de Candide étaient peints de flammes renversées et de diables qui n'avaient ni queues ni griffes ; mais les diables de Pangloss portaient griffes et queues, et les flammes étaient droites. Ils marchèrent en procession ainsi vêtus, et entendirent un sermon très pathétique, suivi d'une belle musique en faux−bourdon. Candide fut fessé en cadence, pendant qu'on chantait ; le Biscayen et les deux hommes qui n'avaient point voulu manger de lard furent brûlés, et Pangloss fut pendu, quoique ce ne soit pas la coutume. Le même jour la terre trembla de nouveau avec un fracas épouvantable. Candide, épouvanté, interdit, éperdu, tout sanglant, tout palpitant, se disait à
lui−même : « Si c'est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ? Passe encore si je n'étais que fessé, je l'ai été chez les Bulgares. Mais, ô mon cher Pangloss ! le plus grand des philosophes, faut−il vous avoir vu pendre sans que je sache pourquoi ! Ô mon cher anabaptiste, le meilleur des hommes, faut−il que vous ayez été noyé dans le port ! Ô Mlle Cunégonde ! la perle des filles, faut−il qu'on vous ait fendu le ventre ! » Il s'en retournait, se soutenant à peine, prêché, fessé, absous et béni, lorsqu'une vieille l'aborda et lui dit : « Mon fils, prenez courage, suivez−moi. » https://www.ebooksgratuits.com/blackmask/voltaire_candide.pdf
Revoir la scène de la repentance (31’10 à32’04) Photogramme 12
1) Quels éléments sur ce photogramme peuvent suggérer une forme de fanatisme ?
2) Quel rapprochement pouvez-vous faire entre cette scène et le chapitre de l’autodafé dans Candide ?
Photogramme 13
3) Qu’est-ce qu’un lynchage ?
4) En quoi cette pratique s’oppose-t-elle aux valeurs défendues par les philosophes des Lumières ?
5) A l’aide des 3 photogrammes ci-dessous (14,15,16,17), relevez les caractéristiques du pasteur Powell qui font de lui un manipulateur.
6) En quoi l’attirance éprouvée par la plupart de ceux qui le croisent s’oppose-t-elle aux idées des Lumières ?
Photogramme 14
La violence de la justice (autre valeur des Lumières) Photogramme 15
Photogramme 16
Photogramme 17
1) Quels éléments sur ce photogramme peuvent suggérer une forme de fanatisme ? Yeux exorbités, regard dans le vague, impression d’une transe, une voix qui formule des injonctions, les flammes pour la purification.
2) Quel rapprochement pouvez-vous faire entre cette scène et le chapitre de l’autodafé dans Candide ? Les flammes purificatrices comme dans l’autodafé, la manipulation de la foule fanatisée, une forme de ridicule : le pasteur assassin qui enjoint à la foule la pureté, la repentance, la défiance envers l’Eglise qui manipule les esprits et persuade les êtres humains de leur culpabilité mais aussi les gesticulations et les cris de Willa et de la foule.
3) Qu’est-ce qu’un lynchage : de l’américain « to lynch » de « loi de Lynch » mettre à mort sommairement quelqu’un ou lui faire subir des violences sans jugement régulier, en parlant d’un groupe, d’une personne (http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/lyncher/48231).
Durant l'intense période de contestations contre le régime colonial qui précéda la guerre d'indépendance des États-Unis, un certain Charles Lynch (1736-1796), « patriote » de l'État de Virginie, décida de réformer la façon dont la justice était appliquée dans sa région.Juge de paix, il instaura des procès expéditifs menant parfois à des exécutions sommaires à l'encontre des défenseurs de la
couronne britannique. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lynchage
4) En quoi cette pratique s’oppose-t-elle aux valeurs défendues par les philosophes des Lumières : rappel de l’affaire Calas et d’une époque où la justice ressemblait à une forme de lynchage, droit à un procès équitable, droit à la défense, présomption d’innocence, refus de la torture, etc.
Art. 9. Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.
https://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Constitution/Declaration-des-Droits-de-l-Homme-et-du- Citoyen-de-1789
Autre réflexion possible : violence inutile (violence inutile symbolisée par John qui porte les mains à son ventre semblant éprouver des crampes devant la douleur d’autrui) : les coups portés par la police au père de John (au début du film) et au faux pasteur (à la fin du film).
5) A l’aide des 3 photogrammes ci-dessous (13,14,15), relevez les caractéristiques du pasteur Powell qui font de lui un manipulateur : beau parleur, prestance, séduisant, d’apparence
« lisse », simulateur (pleure, montre exagérément sa peine), etc.
6) En quoi l’attirance qu’éprouve la plupart de ceux qui le croisent s’oppose-t-elle aux idées des Lumières : usage de la réflexion pour lutter contre une forme d’aveuglément, ne pas se fier aux apparences, permettre l’élaboration d’un jugement argumenté, refuser le fanatisme, ne
pas renoncer à son propre esprit et à sa capacité de penser, etc. Exemple des textes contre la peine de mort qui va à contre la tendance populaire à penser que l’élimination du criminel éradiquera le crime.
- Autre réflexion possible : Le spectateur de la fiction La Nuit du Chasseur fuit- il la réalité ? Non : ce film, par sa morale, nous enjoint de prendre garde aux « faux prophètes » c’est-à- dire de nous méfier des apparences, il évoque des thèmes qui ont intéressé les philosophes des Lumières (fanatisme, l’aveuglement des passions, les conditions du justice équitable). Ce film est ainsi une réflexion sur la société en général.