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UFR LETTRES, PHILOSOPHIE, MUSIQUE, ARTS DU SPECTACLE ET COMMUNICATION
DEPARTEMENT DE PHILOSOPHIE
LICENCE 1 DE PHILOSOPHIE
Contenus des cours 2020 - 2021
MISE A JOUR AU 18/01/2021
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Calendrier universitaire
Année universitaire 2020-2021- MAJ
Adopté en CFVU le 13 février 2020 et en CA le 10 mars 2020 et modifié en CFVU le 11 juin et en CA le 07 juillet 2020
Activités pédagogiques 2020-2021 du 31 août 2020 au 30 juin 20211 Le calendrier des activités de prérentrée sera précisé sur le site web de l’université.
1er semestre du 19 octobre au 31 janvier 2021
Suspension des activités pédagogiques :
Du 19 décembre 2020 au soir au 04 janvier 2021 au matin
Examens semestre 1 : (contrôle terminal et épreuves finales du contrôle continu) 18 janvier au 30 janvier 2021 2
2ème semestre du 01 février 2021 au 20 mai 2021
Suspension des activités pédagogiques :
Du 20 février 2021 au soir au 01 mars 2021au matin Du 24 avril 2021 au soir au 03 mai 2021 au matin Du 12 mai 2021 au soir au 17 mai 2021 au matin
Examens semestre 2 : (contrôle terminal et épreuves finales du contrôle continu) Du 03 mai 2021 au 20 mai 20212
Session 2
(semestres 1 et 2 – contrôle continu et contrôle terminal) du 10 juin 2021 au 30 juin 2021
Dispositif de soutien : du 10 juin 2021 au 16 juin 2021
Examens session 2 : du 17 juin 2021 au 30 juin 2021
1 Possibilité de soutenir des mémoires ou rapports de stage jusqu’au 30 septembre dans le respect du calendrier défini par chaque composante et sous réserve de l’évolution de la réglementation. . A titre dérogatoire, les étudiant.e.s de M2 pourront effectuer leur stage de M1 non-réalisé jusqu’au 31 décembre 2021 et soutenir leur mémoire ou leur rapport au plus tard le 18 décembre 2021.
2 Les examens de préparation au PIX, du SUAPS et de la DA VPE sont susceptibles de se dérouler en dehors de cette période.
NB : le calendrier des Licences pro, de certains masters 2, des préparations concours, des certifications, des formations rattachées aux instituts et écoles internes, des formations LEA et MIASHS, des formations rattachées aux sites délocalisés des UFR et des formations rattachées au Service de la Formation Continue peut faire l’objet d’adaptations spécifiques.
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SEMESTRE 1
UE 101 - PH00101V : LA PHILOSOPHIE ET SES OBJETS 1 (PHILOSOPHIE GENERALE) - 50 heures – 7 ECTS
4 GROUPES AU CHOIX
Groupe 1 : M. RACINE
Pourquoi s’intéresser à la vérité ?
La réponse à cette question semble évidente au premier abord : intuitivement, n’est-il pas clair que la vérité est une valeur positive qui s’oppose à la fausseté, au mensonge, à l’illusion ? Mais d’un autre côté, certains considèrent que nous serions entrés dans une ère de la post-vérité : depuis une certaine élection américaine notamment, il serait devenu manifeste que nos sociétés tolèrent parfaitement des dirigeants qui se moquent de manière affichée de la vérité.
Il est très douteux que notre époque soit vraiment singulière : le mensonge politique ne date pas d’hier et en admettant que la vérité soit une valeur, elle est en concurrence avec beaucoup d’autres : à première vue, nombre d’actions humaines n’ont pas prioritairement pour fin la recherche de la vérité. Est-ce un tort ? Ne devrions- nous pas nous soucier davantage de la vérité de nos croyances ? N’avons-nous pas une responsabilité à cet égard ?
Par ailleurs, peut-on au moins soutenir que pour le philosophe ou encore le scientifique la vérité constitue un idéal qu’il faut rechercher par dessus tout ? Quelle place nos sociétés accordent-elles (ou devraient accorder) à ces discours censés être animés par l’intérêt pour la vérité ?
Bibliographie
Nous aborderons le conflit entre Platon et les sophistes :
Platon : Théétète (discussion de la position de Protagoras, au début)
Pour une présentation historique des sophistes, cf. par exemple, J. de Romilly, Les grands sophistes dans l’Athènes de Périclès
Pour une discussion contemporaine : Engel-Rorty, A quoi bon la vérité ? Williams, Vérité et véracité
Des extraits seront mis en ligne en octobre sur la plate-forme IRIS, accessible à tous les étudiants ayant finalisé leur inscription, à partir de l’ENT
4 Groupe 2 : M. SOULADIE
L’art et la métaphysique
Faut-il chasser les poètes de la cité, comme le pense Platon, ou est-il, au contraire, plus sage d’en exclure les métaphysiciens, ainsi que le suggère Nietzsche ? À travers l’exemple de la tragédie grecque nous tenterons de comprendre les divers liens que les philosophes ont pu tisser entre l’art et la métaphysique.
Le but de ce cours est d’aborder les rapports entre tragédie grecque et
philosophie, de comprendre pourquoi les philosophes ont pu, de diverses manières, prendre le phénomène de la tragédie attique au sérieux. Rejetée en tant qu’elle serait néfaste pour la cité, qu’elle détournerait de la recherche de la vérité ou, au contraire, admirée en tant que purgation cathartique vectrice d’un certain équilibre social dans l’Antiquité, considérée au dix-neuvième siècle comme un des plus sûrs moyens de nier le vouloir vivre ou, à l’inverse, comme la plus haute glorification de l’existence, la tragédie grecque a toujours intrigué et inspiré nombre philosophes, qui se sont refusé à voir en elle un simple divertissement.
Si le cours portera essentiellement sur Nietzsche (1ère et 3e période) et Platon, il nous offrira également l’opportunité d’aborder les philosophies d’Aristote,
Schopenhauer et des présocratiques.
Bibliographie
- Platon, République.
- Nietzsche, Friedrich, La Naissance de la tragédie.
- Nietzsche, Friedrich, Crépuscule des idoles, trad. J.-C. Hémery, Paris, Gallimard, Folio Essais ou Œuvres philosophiques complètes (tome VIII).
Pour compléter :
- Aristote, Poétique.
- Schopenhauer, Arthur, Le monde comme volonté et comme représentation, tome I, trad. M. Dautrey, C. Sommer et V. Stanek, Gallimard, coll. Folio Essais.
o Nous conseillons tout particulièrement cette traduction.
- Platon, Phèdre.
- Vernant, Jean-Pierre, L’Univers les dieux les hommes. Récits grecs des origines, Paris, Seuil, coll. Points.
- Les tragédies d’Eschyle, Sophocle et Euripide.
Groupe 3 : M. MIRAVETE
Les Présocratiques ou la naissance de la rationalité et de la philosophie
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Les conceptions des présocratiques semblent au premier abord constituer une masse de thèses éparpillées et particulièrement ésotériques. Elles forment pourtant les pièces d’un même puzzle. Chaque penseur présocratique est un personnage conceptuel : il incarne la résolution d’un problème précis. Notre tâche sera d’identifier clairement ces problèmes et surtout de les articuler entre eux, dans le but de faire apparaître le récit fondateur de la science et de la philosophie.
Note : ce cours sera l’occasion de présenter simplement de nombreux concepts fondamentaux de la philosophie (substance, essence, apparaître, Idée, transcendantal, condition de possibilité, théorie de la connaissance, théorie de l’être, etc.) et de préparer ainsi les étudiants à la lecture d’auteurs postérieurs (Platon, Kant, etc.). Il sera pour cette raison une introduction à la philosophie dans son ensemble.
Bibliographie : J.-P. Dumont (éd.), Les écoles présocratiques, Paris, Folio, 1995.
Groupe 4 : M. TOMAS
La question semblera peut-être étrange pour certains qui arrivent en première année de licence, tant l’image de la matière donnée par le cours de philosophie de terminale ou une représentation personnelle de la discipline ont pu déjà fixer une réponse apparemment claire à cette question vaste et fondamentale. Pourtant, la philosophie aime tant les questions qu’elle peut investiguer sur sa propre nature et se faire ainsi son propre objet. Quelle est sa finalité ? Comment appréhender son histoire ? Qu’est- ce que « créer un concept » ? Quel statut occupe-t-elle face aux autres sciences, dont elle est, pour beaucoup, une origine ? Loin du nombrilisme complaisant et stérile, l’examen de ces questions permettra d’expérimenter une des qualités premières de la philosophie : un esprit critique qui ne fuit pas l’autocritique, autrement dit un courage d’affirmer autant que de douter.
Bibliographie principale (ces œuvres seront étudiées en TD)
Aristote, Métaphysique, trad. M.-P. Duminil et A. Jaulin, GF, Paris, 2008.
Descartes, Méditations métaphysiques. Objections et réponses, GF, Paris, 2011.
Platon, Gorgias, trad. M. Canto-Sperber, GF, Paris, 1993.
Platon, Phédon, trad. M. Dixsaut, GF, Paris, 1991.
Bibliographie complémentaire :
Bénatouil Thomas, Le scepticisme, GF collection « Corpus », 1997.
Deleuze Gilles et Guattari Félix, Qu’est-ce que la philosophie ? éd. Minuit, 1991.
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Hadot Pierre, Qu’est-ce que la philosophie antique ? Folio Essais.
Hansel-Love Laurence (dir.), La philosophie de A à Z, éd. Hatier.
Merleau-Ponty Maurice, Eloge de la philosophie, Folio Essais.
Revault d’Allones Myriam, La faiblesse du vrai. Ce que la post-vérité fait à notre monde commun, Seuil, Paris, 2018.
Vesperini Pierre, La philosophie antique, Fayard, 2020.
UE 102 – PH00102V : PROBLEMES DE PHILOSOPHIE MORALE ET POLITIQUE - 25 heures – 4 ECTS
4 GROUPES AU CHOIX
Groupe 1 : M. VETTER
La crise de la démocratie.
La démocratie est devenue un terme creux qui ne désigne plus rien de clairement déterminé tant ses principes ne sont plus pensés ou rediscutés. C’est un idéal politique moderne qui a été mis en œuvre sous diverses formes au cours des derniers siècles et qui est devenu une « marque déposée » par les régimes politiques occidentaux pour servir de vitrine à leur modèle culturel qui promeut une certaine conception de la liberté individuelle. Mais aujourd’hui cet idéal politique semble en crise d’un côté avec le développement de ce que l’on appelle les « démocratures » dans lesquelles les élites ont confisqué le pouvoir au peuple, et d’un autre côté avec le populisme qui cherche à faire croire au peuple à son pouvoir direct et spontané. C’est pourquoi il semble nécessaire de réinterroger le sens de la démocratie pour comprendre ce qui définit un peuple et en quoi ce peuple peut-il exercer le pouvoir politique.
Bibliographie.
Platon, République.
T. Hobbes, Léviathan (1651).
B. Spinoza, Traité théologico-politique (1670).
JJ. Rousseau, Du contrat social (1762).
A. de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1835).
J. Rancière, La haine de la démocratie (2005).
Groupe 2 : M. MOLINO
Ibn Khaldûn : gouverner les hommes et organiser la violence
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Le cours aura pour objectif de dégager une théorie politique de l’œuvre majeure d’Ibn khaldûn : la Muqaddima, qui se veut une introduction à l’histoire universelle.
Ibn Khaldûn a souvent été présenté comme un précurseur du matérialisme historique:
le Machiavel ou le Marx arabe du 14ème siècle. Matérialiste il l’est indéniablement dans sa méthodologie : l’origine du pouvoir est pensée à partir de la nécessité de contraindre les hommes à coopérer pour qu’ils puissent se reproduire dans leur existence matérielle. Mais à partir de son étude anthropologique des sociétés tribales et des sociétés étatiques il a développé une analyse originale du pouvoir et de son corollaire : la violence. Le politique peut se concevoir à partir de l’œuvre d’Ibn Khaldûn comme l’organisation et la coordination de la violence. Celle-ci est vecteur d’unité sociale grâce à l’esprit de corps dans les sociétés tribales en étant dirigée vers l’extérieur : l’attaque des tribus ennemies et la défense de la communauté. Dans les sociétés étatiques l’affaiblissement de l’esprit de corps nécessite l’établissement d’une autorité politique (wazi’) qui dirige la violence vers l’intérieur comme régulation de l’agressivité naturelle.
Loin d’être la négation du politique la violence est consubstantielle au politique : elle est la condition de possibilité de la préservation d’une totalité et d’une unité sociales.
Lorsqu’un groupe social perd sa capacité de violence la communauté s’effondre, à l’image de la ville Damas ravagée par les troupes de Tamerlan sous les yeux impuissants du philosophe.
Bibliographie commentée :
-Ibn Khaldûn, Discours sur l'histoire universelle. Al-Muqaddima , sinbad Actes Sud C'est l'oeuvre étudiée durant ce cours. Dans l'idéal tout le monde se la procure. Dans les faits elle coûte 27,90 euros. Si vous ne pouvez pas vous le procurer vous avez accès librement sur internet à une traduction un peu datée du Baron de Slane ici:
http://classiques.uqac.ca/classiques/Ibn_Khaldoun/Ibn_Khaldoun.html
- Yves Lacoste, Ibn Khaldoun, Naissance de l'Histoire, passé du tiers monde, La découverte
Livre intéressant pour donner un aperçu d'ensemble de la pensée d'IK et de voir en quoi il est précurseur dans les sciences sociales. Cet essai a l'avantage de donner une vision très moderne de l'oeuvre de Khaldoun. Des partis pris de rapprochement avec Marx seront discutés dans le cours.
-Abdessalam Cheddadi, Voir l'introduction de Cheddadi à l'oeuvre de Kaldûn dans l'édition de la muqqadima à la pleiade (Gallimard). Disponible à la BUC.
-Georges Labica La muqqadimat, extraits choisis
Il peut être intéressant de commencer par rentrer dans l'oeuvre d'Ibn Khaldûn en lisant ces extraits choisis, classés thématiquement. Cela permet d'éviter de se noyer
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d'emblée dans une oeuvre colossale et d'en sortir avec une bonne vision d'ensemble des textes importants. Assez court il se rapidement. Disponible à la BUC
Ibn Khaldûn et la fondation des sciences sociales.
Recueil d'articles tirés des actes d'un colloque dirigé par Georges Labica sur Ibn Khaldûn où chaque auteur d'article tente de montrer la modernité du philosophe à partir de sa discipline (sociologie, philosophie et histoire). Disponible à la BUC
Pour aller plus loin:
-Claude Horrut, Ibn Khaldûn, un islam des lumières. Disponible à la BUC et en libre accès sur internet ici :
http://classiques.uqac.ca/contemporains/horrut_claude/ibn_khaldun_islam_de s_lumieres/ibn_khaldun.html
- Gabriel Martinez-Gros, Ibn Khaldûn et les sept vies de l'Islam
- Hamit Bozarslan, Le luxe et la violence, domination et contestation chez Ibn Khaldûn
Groupe 3 : MME TAHAR –
Lorsqu’on parle d’un peuple, on parle d’une multitude d’individus qu’on désigne sous le terme de « peuple » parce qu’ils ont quelque chose en commun. On peut souligner d’emblée que ces individus sont humains : on ne parle pas de « peuple » pour désigner un groupe d’animaux. On peut éventuellement parler de population. Le peuple n’est donc pas la population : ce que les individus ont en commun, et qui fait qu’on les appelle « peuple » n’est pas le peuplement d’un territoire (le peuple juif pendant longtemps n’a pas eu de territoire). Leur unité n’est pas non plus une unité naturelle, une unité de l’espèce. On ne parle pas plus du « peuple des poissons » que du
« peuple humain ». Il y a une unité dans un peuple on ne parle pas de peuple pour désigner tout groupe d’individus humains : un groupe de personnes attendant le bus n’est pas un peuple Un peuple est une unité formée de plusieurs individus liés non pas par des caractéristiques naturelles, mais culturelles ; il faut ajouter à cela une dimension socio-politique : qu’on parle du peuple français ou du peuple juif, dans le deux cas, on parle d’un groupe d’individus qui forment une certaine communauté et qui peut avoir un rôle d’acteur politique. D’où l’ambiguïté de la réalité désignée sous le terme du peuple : le peuple rassemble une multiplicité d’individus, considérés du point de vue culturel et politique comme formant une unité, et plus précisément un sujet collectif. Valery relève la contradiction dans Regards sur le monde actuel : « Le mot peuple désigne tantôt la réalité indistincte et présente nulle part, tantôt le plus grand nombre opposé au nombre restreint des individus plus fortunés ou plus cultivés. ».
D’un côté, on a un peuple un, mais dont on ne sait où trouver l’unité, de l’autre on a une multiplicité d’individus dont l’unité semble fictionnelle, voire qui semble contredire cette unité. L’objet de ce cours sera de tenter de prende en charge cette contradiction,
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et de comprendre ce qui peut fonder l’unité du peuple au-delà de la simple dénomination, ce qui caractérise un rassemblement humain comme étant un peuple.
Groupe 4 : M. MANSUETO
La loi
Tantôt instrument d’encadrement du pouvoir, tantôt instrument de répression, tantôt moyen de réalisation de la liberté et de l’égalité entre les individus, tantôt outil de domination, la loi, cette règle que nul n’est censé ignorer, pose problème. Acte par lequel s’exerce le pouvoir politique sous la forme du Droit, la loi est comme suspendue entre des exigences contradictoires et se trouve aujourd’hui mise en question. Aussi : pourquoi la loi ? Quelle légitimité reconnaître à la loi ? Et que peut-on attendre de la loi ?
Déroulement du cours
Après un travail de problématisation, on proposera un parcours historique de la notion de loi, de l’époque romaine à la Révolution française et au mouvement de codification du droit qui consacrent la suprématie de la « loi-expression de la volonté générale ».
(I). Il s’agira alors de s’interroger sur les raisons d’être de la loi, d’en rechercher le fondement philosophique. (II) Le propos se prolongera autour du rapport entre droit naturel et droit positif, loi morale et loi juridique. (III)
On examinera alors les critiques de la loi, chez Marx et dans l’anarchisme, d’un côté, dans le libéralisme, d’un autre côté : quelle place pour la loi, dans la balance entre liberté et égalité ? (IV)
Le dernier temps du cours traitera du devenir contemporain de la loi. Entre les critiques liées à l’inflation législative, à son caractère trop général et abstrait, et la montée en puissance du contractualisme et du paradigme économique, la loi apparaît en crise.
Dans une société dans laquelle « l’idéal d’une gouvernance par les nombres tend à supplanter celui du gouvernement par les lois » (Alain Supiot), quel avenir pour la loi (V) ?
Bibliographie (II)
Hobbes, Éléments de la loi naturelle et politique Léviathan
Locke, Second traité du gouvernement civil Montesquieu, De l’esprit des lois
10 Rousseau, Du contrat social
Beccaria, Des délits et des peines
Constant, De la liberté des anciens comparée à celle des modernes, 1819, in Écrits politiques
(III)
Kant, Doctrine du droit
Hegel, Principes de la philosophie du droit Kelsen, Théorie pure du droit
(IV)
Marx, La question juive
Hayek, Droit, législation et liberté (V)
Alain Supiot, Critique du droit du travail
La gouvernance par les nombres. Cours au Collège de France (2012- 2014)
UE 103 – UE DE LA DISCIPLINE ASSOCIEE - 50 heures – 7 ECTS
Au choix : Les programmes sont disponibles auprès des différents départements ACD0101V Danse cirque 1: Connaissance patrimoine - Pratique scénique (contrôle continu obligatoire)
ACT0101V Théâtre 1: Histoire du théâtre M-A-18e s. – Dramaturgie (CC obligatoire) LC00101V Langue, littérature et civilisation latines 1
LC00102V Langue, littérature et civilisation grecques 1 LM00101V Littérature française-littérature comparée PE00101V Français niveau 1
SO00101V Découverte de la sociologie
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UE 104 – UE DE LA DISCIPLINE ASSOCIEE - 25 heures – 4 ECTS
Au choix : Les programmes sont disponibles auprès des différents départements
ACD0102V Pratique scénique cirque 1(Contrôle Continu obligatoire) ACT0102V Etudes visuelles 1(Contrôle Continu obligatoire)
LC0A104V Civilisation latine 1 LC0B104V Civilisation grecque 1 LM00102V Linguistique (syntaxe) PE00102V Connaissance du métier
SO00102V Les théories de la socialisation
UE 105 - PH0105V – ANALYSE DES REGIMES DE TEXTUALITE - 25 heures – 3 ECTS
3 GROUPES AU CHOIX (suivre les deux parties)
Partie Philosophie :
Groupe 1 : MME KRATOCHVIL
Le texte et son double
On sait que Platon envisage de chasser les poètes de sa Cité idéale, Callipolis, « la cité de Beauté ». La raison en est connue. Les poètes, comme les peintres ou les sculpteurs, ne s’intéressent pas tant à la vérité de leur modèle qu’à sa façon d’apparaître. Le philosophe, en revanche, perçoit dans leurs ouvrages la doublure truquée d’une autre réalité. Avec les droits de cité, Platon refuse aux poètes un droit fondamental : celui de former de vraiment belles idées.
Lorsque, dans les années vingt, le mouvement surréaliste prit son essor, le jugement de Platon s’est trouvé renversé. Louis Aragon affirme « qu’il y a d’autres rapports que le vrai (le réel) que l’esprit peut saisir, et qui sont aussi premiers, comme le hasard, l’illusion, le fantastique, le rêve ». André Breton, dans le Manifeste du surréalisme, s’imagine que le monde finirait « non par un beau livre, mais par une belle réclame pour l’enfer ou pour le ciel ».
Notre cours construit une expérience de pensée, une polémique : les surréalistes entrent dans la Cité de Platon ; quels sont les arguments qui naissent de cette confrontation ? Comment chaque partie défendra-t-elle sa vision d’un texte, d’une image qui méritent d’être diffusés ? Le texte, est-il matière mentale « première » ou représentation ? Et quel est son rapport au réel, à la vie dans la société ?
12 Textes de base :
· Platon, La République, X (et III, 392 c-398b)
· Aragon, Une vague de rêves, Paris, Seghers, 2006 (35 p.)
· Breton, « Premier manifeste du surréalisme » (1924), in Manifestes du surréalisme, Paris, Gallimard, 1985, coll. « Folio » (17 p.)
https://inventin.lautre.net/livres/Manifeste-du-surrealisme-1924.pdf Pour aller plus loin :
· Clément Rosset, Le réel et son double, Paris, Gallimard, 1976, coll. « Folio
»
Groupe 2 : M. MOLINO
L’INVENTION DE L’HISTOIRE
Comment écrit-on l’histoire? Assurément l’histoire ne s’écrit pas de la même manière que la philosophie. Tandis que l’écriture philosophique prétend pouvoir se passer de références empiriques, l’histoire ne peut s’écrire qu’à partir des vestiges du passé.
Pourtant, l’écriture de l’histoire suppose de construire du sens et pas simplement d’énumérer des faits. Comment se construit le sens historique? Ce sens existe-t-il hors du texte qui le fait apparaître? Ces problèmes épistémologiques se redoublent de problèmes de philosophie de l’histoire. La philosophie a pu prétendre dégager un sens non pas d’une histoire mais de l’Histoire : comment dégager une rationalité de l’histoire et du social sans plaquer sur le réel des concepts vides de tout référent empirique ? L'histoire peut désigner trois choses : un récit avec un fil narratif ; la connaissance du passé ; le passé effectif. Ecrire l’histoire c’est avoir pour ambition de réunir ces trois sens : l’historien se réfère au passé effectif (il doit dire le vrai) ; il accède à ce passé au moyen d’une méthode scientifique par l’intermédiaire de « traces » (les vestiges présents du passé : monuments, archives, chroniques etc.) ; il met en scène cette reconstitution du passé dans un récit. Ce cours aura d’abord pour objectif de présenter quelques problèmes classiques en épistémologie de l’histoire : si le passé des hommes ne peut être connu qu'au moyen de « traces » est-il jamais possible de le connaître réellement? Et s'il n'est transmis qu'au moyen d'un récit l'histoire n'est-elle pas condamnée à être subjective? Que peut signifier l’objectivité en histoire si « l’histoire n’a pas pour ambition de faire revivre, mais de re-composer, de re-constituer, c’est-à-dire de composer, de constituer un enchaînement rétrospectif » (Ricoeur) ? Il s’agira ensuite d’interroger le sens même de l’activité de l’historien d’un point de vue anthropologique : dans quel type de société naissent les historiens ? De Thucydide à Braudel y a-t-il une évolution vers l’objectivité, un progrès scientifique ? Ou bien seulement un changement de fonction de l’activité d’historien ? Enfin, nous poserons les jalons d’une réflexion sur ce que peut signifier une philosophie de l’histoire : écrire l’histoire n’est-ce pas nécessairement donner un sens rétrospectifs aux actions humaines ? Cela peut-il conduire le philosophe à dégager un sens général de l’action humaine, une « raison dans l’histoire » (Hegel) ou cela doit-il au contraire inciter à la prudence face à la multiplicité des sens possibles de l’histoire ?
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Bibliographie commentée (je ne donne ici que quelques indications de lectures facilement accessibles - au double sens de compréhensibles et trouvables en librairie ou en bibliothèque - une bibliographie plus large sera discutée en cours)
L’histoire, textes choisis et présentés par Nicolas Piquet, Paris, GF, 1998 : bonne introduction à l’épistémologie et à la philosophie de l’histoire. La collection se présente sous une forme de différents textes majeurs autour de l’histoire introduits à chaque fois par Nicolas Piquet.
Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, Paris, Seuil, 1971. Livre important qui balaye un grand nombre de questions épistémologiques en s’appuyant sur de nombreux exemples.
Paul Ricoeur, Histoire et vérité, Paris, Seuil, 1967, chap1 : « objectivité et subjectivité en histoire ». Ce chapitre pose les jalons d’une réflexion sur le sens de l’objectivité en histoire. Essentiel pour le cours, c’est à lire absolument.
Paul Ricoeur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Seuil, 2000. Œuvre majeure du philosophe, vous lirez à profit au moins la deuxième partie sur l’épistémologie de l’histoire.
Claude Levi-Strauss, Race et histoire, Paris, folio 1987 (conférence de 1952 prononcée devant l’UNESCO). Conférence très célèbre de l’anthropologue Levi- Strauss qui discute notamment l’idée de progrès dans une perspective ethnologique qui décentre le regard.
Claude Levi-Strauss, Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958. Vous lirez avec profit l’introduction « histoire et ethnologie ».
Groupe 3 : MME LAROUEG
« Philosophie pratique, jugement critique et actualité »
En dehors de l’exercice en lui-même, à quoi sert une analyse de texte ?
Pourquoi un commentaire de texte littéraire et une explication de texte philosophique ne se réalisent-ils pas de la même manière ? Peut-on dire d'un texte qu'il porte en lui- même une valeur philosophique objective ? N'est-ce pas l'emploi ou la lecture que l'on en fait qui lui confère cette valeur ? Qu'est-ce qui distingue un texte à prétention philosophique d'un autre ? Est-ce le fond, la forme du texte qui nous permet d’en juger, ou est-ce si relatif que cela dépende du regard que l’on porte sur lui ?
Dans ce cours, nous distinguerons différents procédés d'écriture à dimension philosophique, pour en dégager des principes exclusifs, et des principes communs.
Nous pourrons ensuite les comparer à d'autres formats d'écriture. De ces analyses, nous définirons des critères d'évaluation qui permettront de construire un regard philosophique sur nos lectures du quotidien de toutes natures, et d’ainsi apprendre à
“lire”, afin de proposer à la discipline une application pratique du jugement critique.
14 Partie Méthodologie Documentaire : M. SAUBION
La lecture d'ouvrages et d'articles de revues universitaires est indispensable à la formation des étudiants en Philosophie. L'objectif du cours de méthodologie documentaire est d'aider les étudiants à acquérir des compétences en matière de recherche documentaire mais aussi à prendre du recul face à la surabondance de ressources informationnelles et à utiliser d'autres outils que Google pour trouver des documents pertinents dans le cadre de leurs études.
Ainsi la notion de "document" sera interrogée et resituée dans l'histoire de l'écriture, du livre et de la technique. Les questions de "fiabilité" des sources et de plagiat seront abordées. Le cours se conclura par la réalisation d'un panorama des ressources indispensables en Philosophie.
L'évaluation de ce cours se fera par un questionnaire en ligne qui sera disponible sur la plate-forme IRIS à la fin du semestre.
UE 106 – LANGUES VIVANTES ou OPTIONS hors DA ou DP – 25 HEURES - 3 ECTS
UE 107 - PH00107V – METHODOLOGIE DU TRAVAIL UNIVERSITAIRE - 25 heures – 2 ECTS
3 GROUPES AU CHOIX
Groupe 1 et Groupe 2 : M. KUNSTLER
L'objectif de ce cours est de travailler sur les méthodes de la dissertation et, plus généralement, de la discussion philosophique. L'idée directrice du cours sera de partir d'une analyse de nos désaccords et débats ordinaires pour étudier la fonction et les procédures du travail philosophique. Le cours sera progressif, et abordera successivement les points suivants :
1) La spécificité de la discussion philosophique 2) Le travail sur une thèse philosophique 3) L'analyse de l'argumentation
4) Le travail sur un problème philosophique.
5) Les méthodes de définition.
6) L’usage des exemples.
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Bibliographie Platon, Le Gorgias, Flammarion.
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, PUF, Quadrige.
Jean-Jacques Robrieux, Rhétorique et argumentation, Payot.
Jay F. Rosenberg, Philosopher, Editions Markus Haller.
Pierre Wagner, Logique et philosophie, Ellipses.
Simon Blackburn, Penser, Une irrésistible introduction à la philosophie, Champ Flammarion.
Groupe 3 : MME TAHAR - cours non communiqué à ce jour
SEMESTRE 2
UE 201 - PH00201V – PROBLEMES DE PHILOSOPHIE ANTIQUE ET MEDIEVALE 1- 50 heures – 8 ECTS
3 GROUPES AU CHOIX
Groupe 1 : M. COURTIL
Sujet : Introduction à la philosophie stoïcienne Présentation du cours
Etudier la philosophie stoïcienne pose un problème de taille : il ne reste plus rien des nombreux ouvrages qu’ont rédigés les anciens Stoïciens fondateurs de l’école, si ce n’est les citations ou résumés, souvent déformés, qu’ont pu en faire leurs adversaires (Cicéron en tête) ou certains compilateurs comme Diogène Laërce. Pour saisir la pensée stoïcienne dans sa globalité, il est donc nécessaire de la reconstituer à partir de ces divers témoignages, mais aussi des textes des Stoïciens ultérieurs (Sénèque, Epictète, Marc-Aurèle). Ce n’est qu’à ce prix qu’il est possible de comprendre ce que fut réellement le stoïcisme, loin de l’austérité résignée dans laquelle on a pu souvent l’enfermer.
Le but du présent cours est de proposer une introduction générale à la philosophie stoïcienne dans son ensemble, vu comme un système dont chaque élément permet de comprendre le tout. Pour cela, nous partirons à chaque fois des textes grecs et latins en traduction (principalement les Fragments des Anciens Stoïciens, Cicéron et Sénèque), afin de restituer la véritable pensée du stoïcisme, loin des clichés et des préjugés construits par la postérité.
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Nous tenterons également de replacer cette pensée dans son contexte, celui des philosophies hellénistiques, et nous tâcherons de la mettre en regard avec l’autre grande école à laquelle elle a souvent été opposée, l’épicurisme.
Nous aborderons en outre la pensée stoïcienne dans une perspective historique, en partant de l’ancien stoïcisme jusqu’au stoïcisme romain, et examinerons rapidement l’influence qu’elle a pu exercer sur les systèmes de pensée postérieurs.
Nous entrerons ensuite plus profondément dans les textes en passant en revue les différents thèmes fondamentaux de la pensée stoïcienne tels qu’ils sont présentés et traités dans les Lettres à Lucilius de Sénèque.
Pour prolonger et illustrer cette présentation générale, nous traiterons d’un thème en particulier, au premier plan de la pensée stoïcienne : le problème de la douleur physique.
Éléments de bibliographie (permettant un travail personnel)
- Textes sources :
• Cicéron, Les Tusculanes, 3 volumes (D. Robert ; P. Grimal ; Ch. Labre), Arléa, 1996.
• Épictète, Manuel, GF, 1964 ; Entretiens, GF, 1999.
• Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, GF, 1964.
• Sénèque, Entretiens, Lettres à Lucilius, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1993.
• F. ILDEFONSE, Les Stoïciens I : Zénon, Cléanthe, Chrysippe, Les Belles Lettres, 2000.
• A.A. LONG, D.N. SEDLEY, Les philosophies hellénistiques II : Les stoïciens, GF, 2001.
• P.-M. SCHUHL, É. BREHIER, Les Stoïciens : Diogène Laërce, Plutarque, Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle, Gallimard, coll. « Pléiade », 1962.
- Etudes :
• J. BARNES, J.-B. GOURINAT, Lire les stoïciens, PUF, 2009.
• Th. BENATOUÏL, Faire usage : La pratique du stoïcisme, J. Vrin, 2006.
• É. BREHIER, Chrysippe et l’ancien stoïcisme, PUF, rééd. 1951.
• J.-Ch. COURTIL, Sapientia contemptrix doloris, le corps souffrant dans l’œuvre philosophique de Sénèque, Peeters, « Latomus », 2015.
• C. LEVY, Les Philosophies hellénistiques, Livre de poche, 1997.
• J.-J. DUHOT, Épictète et la sagesse stoïcienne, Livre de poche, rééd. 2003.
• J.-B. GOURINAT, Le stoïcisme, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2007.
• G. RODIS-LEWIS, La Morale stoïcienne, PUF, 1970.
• D. SAMB D., Étude du lexique des stoïciens, L’Harmattan, 2009.
Validation de l’UE
La validation de l’UE se fera en contrôle continu par un examen intermédiaire comprenant des questions de cours, et par un examen final (commun avec le contrôle terminal) d’une durée de 4 heures, avec le choix entre deux sujets, une dissertation ou une explication de texte.
17 Groupe 2 : M. TOMAS
Les métamorphoses de la dialectique platonicienne
A la fin d’une année de terminale au lycée ne restent souvent de Platon que quelques images incontournables : le disciple de Socrate, l’ennemi des sophistes ou encore l’allégorie de la caverne. Ce cours se proposera d’aller au-delà de ces images. Il s’agira de situer Platon parmi les autres « disciples » de Socrate, d’en mesurer la singularité tout en déterminant quelle image il donne du « père de la philosophie », selon l’expression de Cicéron. On mesurera ensuite la spécificité de la dialectique socratique dans les dialogues platoniciens. Il s’agira également de mieux cerner le rapport à rhétorique et à la sophistique et de comprendre cette expression du Sophiste a priori étonnante : la « noble sophistique ». Puis, on s’attachera à saisir le nouveau rapport à la vérité et la réalité qu’instaurent les Formes, autrement traduites par « Idées », tout en évaluant la nécessité du passage par les mythes et les raisons de l’évolution de la dialectique dans les dialogues
Bibliographie du cours :
Platon, Gorgias, trad. M. Canto-Sperber, GF, Paris, 1993.
Platon, Phédon, trad. M. Dixsaut, GF, Paris, 1991.
Groupe 3 : M. CELERIER
D’Héraclite à l’empereur Julien : unité et diversité de la philosophie antique Ce cours se propose d’aborder l’histoire de la philosophie antique dans sa diachronie la plus large, des Présocratiques aux derniers philosophes de l’Antiquité tardive de façon à reposer la question toujours actuelle : Qu’est-ce que la philosophie antique ? A travers un parcours chronologique, nous suivrons plusieurs thèmes fondateurs : le rapport de la (ou des) philosophie(s) antiques à la nature, au mythe, à l’art, au discours, au divin et au pouvoir. Ce parcours s’articulera autour de trois grands moments : Platon (l’avant et l’après Platon), la philosophie à Rome, et enfin le renouvellement de la philosophie dans l’Antiquité tardive, avec le christianisme et le néoplatonisme. Le cours nous donnera aussi l’occasion de nous intéresser aux questionnements contemporains sur la philosophie antique (P. Hadot, P. Vesperini).
Bibliographie
Un manuel indispensable : M. Canto-Sperber (dir.), Philosophie grecque, PUF, Paris, 1998.
Les grands textes antiques du cours : Héraclite, Fragments, (éd. GF J.-Fr. Pradeau) Platon, Phèdre (éd. GF Luc Brisson)
Aristote, Poétique, (éd. Le livre de poche classique ou autre) Plotin, Traités 1-6, (éd. GF J.-Fr. Pradeau)
18 Lucrèce, De la nature, (éd. GF ou autre)
Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, suivi du Manuel d’Epictète (éd. GF) Saint Augustin, Les Confessions (éd. GF ou autre)
Pour le vocabulaire, les petits fascicules Ellipses :
L. Brisson, J.-Fr. Pradeau, Le vocabulaire de Platon, 1998 Pierre Pellegrin, Le vocabulaire d’Aristote, 2001
Agnès Pigler, Le vocabulaire de Plotin, 2003
Des bibliographies plus détaillées sur chaque auteur et les différentes écoles philosophiques seront fournies pendant le cours.
Études contemporaines sur la philosophie antique et ses prolongements : - I. et P. Hadot, Apprendre à philosopher dans l’Antiquité, L’enseignement du Manuel d’Épictète et son commentaire néoplatonicien, 2004 (Le Livre de Poche références) - P. Hadot, Le voile d’Isis, Essai sur l’histoire de l’idée de Nature, 2004 (Folio-essais) - P. Vesperini, La philosophie antique, Essai d’histoire, 2019.
- P. Vesperini, Lucrèce, Archéologie d’un classique européen, 2014 - P. Vesperini, Droiture et mélancolie, Sur les écrits de Marc-Aurèle, 2016
UE 202 – PH00202V – PROBLEMES DE PHILOSOPHIE DES SCIENCES - 25 HEURES – 4 ECTS
3 GROUPES AU CHOIX
Groupe 1 : M. MIRAVETE
La structure des révolutions scientifiques de Thomas Kuhn
Ce cours est une introduction à la philosophie des sciences et à certaines de ses questions essentielles par la lecture d’un de ses textes majeurs. En 1962, Thomas Kuhn (1922-1996) publie effectivement La structure des révolutions scientifiques. Depuis, cet ouvrage est devenu un classique de la philosophie des sciences. Nous verrons ce qu’il nous apprend sur les problèmes fondamentaux de cette discipline et plus généralement sur les controverses intellectuelles des années 70 (relativisme, structuralisme, etc.).
Note : Les notions scientifiques seront exposées de manière simple. Les étudiants découvriront certaines conceptions emblématiques issues de la chimie, de l’astronomie ou encore de la théorie de la relativité. Ce cours ne nécessite aucune formation
scientifique préalable. Il permettra aux étudiants d’acquérir quelques premières idées indispensables à la compréhension des sciences actuelles et de leurs méthodes.
Bibliographie : Kuhn, T., La structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 2018.
19 Groupe 2 : M. RACINE
La science : réalisme et progrès scientifique
Il s’agit de s’interroger sur deux caractéristiques qui semblent essentielles aux théories scientifiques : d’une part, nous avons tendance à considérer qu’une théorie scientifique est vraie, ou qu’elle doit être telle pour être considérée comme véritablement scientifique. On suppose que la science nous dévoile quelque chose du réel. On parle alors de réalisme. D’autre part, la science est un domaine dynamique où l’on voit se succéder les différentes théories. Cette succession peut être vue de manière optimiste et l’on parlera alors de progrès.
Mais si nous progressons vers la vérité, cela ne signifie-t-il pas aussi que les théories qui nous semblent vraies ne le sont pas encore ? Est-ce cohérent de parler de degrés de vérité ? Faut-il considérer que la succession des théories scientifiques au cours de l’histoire, bien loin d’être le signe que nos théories sont de plus en plus vraies, pourrait en fait signifier qu’elles sont probablement fausses, dans la mesure où elles sont destinées à être remplacées ? Ne serait-il pas plus simple de parler d’efficacité, par exemple ? Cela signifierait alors renoncer au réalisme. Si on abandonne la perspective réaliste, n’est-on pas conduit à reconnaître que le changement scientifique peut être motivé par bien d’autres facteurs que le souci de la vérité ?
Bibliographie
Barberousse (dir.), Précis de philosophie des sciences
Michael Esfeld, Philosophie des sciences: une introduction, 2017 Kuhn, La structure des révolutions scientifiques
Larry Laudan, La Dynamique de la science (Bruxelles: Pierre Mardaga, 1987).
Groupe 3 : M. SOULADIE remplacé par M. WOLFE
Cet enseignement est une introduction à l’épistémologie, comprise comme philosophie des sciences et théorie de la connaissance. Son ambition est de fournir aux étudiants une connaissance solide des grands thèmes et figures de la philosophie des sciences, discipline qui a connu un essor remarquable au cours du 20e siècle. Il s’agit par là d’aiguiser leur esprit critique vis-à-vis des différents discours que l’on peut tenir sur l’activité scientifique, et de les former à l’exercice d’une argumentation rigoureuse, mobilisant une connaissance précise d’exemples tirés de l’histoire des sciences ou de la pratique scientifique contemporaine. Nous chercherons dans ce cours à : développer une pratique de l’analyse philosophique d’énoncés scientifiques ; à clarifier les rapports entre histoire des sciences et philosophie des sciences ; à étudier des contextes contemporains d’interprétation des sciences
1. Quelques contextes : Cercle de Vienne et épistémologie historique 2. Approches de la philosophie des sciences :
a. Lois de la nature
b. Contexte social et politique de la science
c. Vérité scientifique, paradigmes, contextualisme 3. Le problème de la réduction
4. Philosophie de la biologie, de la physique – même combat ?
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Bibliographie (seuls certains de ces textes seront utilisés en cours !)
Barberousse, A., Kistler, M., et Ludwig, P. La Philosophie des sciences au XXe siècle, Paris, Flammarion, 2000
Bitbol, M. et Gayon, J. (dir). L'épistémologie française, 1830-1970, Paris, PUF, 2006 Gayon, J. « La philosophie et la biologie », in J.-F. Mattéi (dir.), Encyclopédie philosophique universelle, vol. IV: Le Discours philosophique, Paris, PUF, 1998, p. 2152- 2171.
Haraway, D. « Manifeste cyborg: science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXe siècle » [1991] in Manifeste cyborg et autres essais: sciences - fictions - féminismes, anthologie, établie par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan, Paris, Exils éditeurs, 2007, p. 29-92
Jacob, P. (dir)., De Vienne à Cambridge, Paris, Gallimard, 1996
Kupiec, J.-J. (dir.), La vie, et alors ? Une histoire critique de la biologie, Paris, Belin, 2013 Macherey, P. sur Ludwig Fleck, Genèse et développement d’un fait scientifique (Entstehung und Entwicklung einer wissentschafftlichen Tatsache, 1935), traduction, Les Belles Lettres, 2005 :
https://philolarge.hypotheses.org/files/2017/09/06.-02-2008.pdf et https://philolarge.hypotheses.org/files/2017/09/13-02-2008.pdf
Mossio, M., Umerez, J. « Réductionnisme, holisme et émergentisme », in T. Hoquet & F.
Merlin (dir.), Précis de philosophie de la biologie, Paris, Vuibert, 2014, pp.157-168
Nagel, E. The Structure of Science, Londres, Routledge Kegan Paul, 1961 ; 2e edition revue, Indianapolis, Hackett, 1979
Popper, K. « La logique des sciences sociales ». In T. Adorno & K. Popper (dir.). De Vienne à Francfort : la querelle allemande des sciences sociales, Bruxelles, Editions Complexes, 1979, pp. 73-105 (Original publié en allemand, 1969)
Rheinberger, H.-J., Introduction à la philosophie des sciences, trad. de l’allemand par Nathalie Jas, Paris, Éd. La Découverte, coll. Repères, 2014
Schaffner, K. « Approaches to Reduction », Philosophy of Science, n° 34, 1967, p. 137- 147
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UE 203 – UE DE LA DISCIPLINE ASSOCIEE - 50 heures – 8 ECTS
Au choix : Les programmes sont disponibles auprès des différents départements ACD0201V Danse cirque 2: Connaissance patrimoine Pratique scénique (CC obligatoire)
ACT0201V Pratique théâtrale 1 (contrôle continu obligatoire) LC00201V Langue, littérature et civilisation grecques 2 LC00202V Langue, littérature et civilisation latines 2
LM00201V Littérature française (16e-18e)-littérature comparée PE00201V Mathématiques niveau 1
SO00201V Initiation à l'enquête de terrain en sociologie
UE 204 – UE DE LA DISCIPLINE ASSOCIEE - 25 heures – 4 ECTS
Au choix : Les programmes sont disponibles auprès des différents départements
ACD0202V Analyse de spectacle 1(contrôle continu obligatoire) ACT0202V Etudes visuelles 2 (contrôle continu obligatoire) LC0A204V Civilisation latine 2
LC0B204V Civilisation grecque 2
LM00202V Linguistique (phonétique/phonologie) PE00202V Culture scientifique
SO00202V Approches méthodologiques en sociologie
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UE 205 – PH00205V – SENS ET VALEUR D’UN PROJET D'ÉTUDE - 25 HEURES – 3 ECTS
2 GROUPES AU CHOIX
Groupe 1 : MME SERBAN remplacé par M.OTTMANN et M. SOULADIE Le philosophe et son œuvre : paradoxes du projet philosophique
La philosophie se distingue des autres disciplines académiques et scientifiques en ce qu’elle prescrit apparemment un rapport singulier entre le philosophe et son œuvre.
Pour illustrer les conséquences théoriques et pratiques de ce constat et aider les étudiants à saisir les enjeux de la constitution de leur propre « projet philosophique », l’attention se portera sur un certain nombre de paradoxes caractérisant la façon dont un philosophe se réalise dans son œuvre. L’enquête se déroulera en deux temps. D’abord, dans les quatre premières séances, nous parcourrons une série de descriptions paradigmatiques de l’entrée en philosophie (chez Aristote, Spinoza, Kant et Hegel) pour problématiser la notion-même de projet philosophique. Comment d’une part entrer en philosophie sans un projet déterminé (qu’il soit simplement thématique ou plus emphatiquement sotériologique) ? Mais comment d’autre part formuler un projet philosophique sans y être déjà entré ? Au cours des huit dernières séances, l’attention sera ensuite portée de manière plus détaillée à une saisie particulière du rapport du philosophe à son projet et à son œuvre, à travers une lecture cursive d’Ecce homo de Nietzsche, un ouvrage qui expose à en croire son sous-titre « comment on devient ce que l’on est ».
Éléments de bibliographie :
Les textes lus pendant les quatre séances d’introduction seront mis à disposition des étudiants. Pour la suite du cours, il faudra se procurer le texte d’Ecce Homo de Nietzsche, de préférence dans la traduction de J.-C. Hemery dans la collection Folio Gallimard.
Groupe 2 : MME LAROUEG
« Conformité, Liberté et Performance »
L’idée selon laquelle le travail façonne celui qui le fait est courante. En revanche, il est plus rare de considérer que l’on puisse façonner son travail à son image, et qu’il demeure valeureux. Le plus souvent, nous nous représentons qu’il existe une façon de bien faire, et que progresser consisterait uniquement à s’y conformer. Souvent, ces idées nous viennent de loin, et nous oublions de les remettre en question, ne serait-ce que parce que nous oublions de les voir, de les entendre nous conseiller. Pourtant, si nous ne les identifions pas, nous ne pouvons pas vérifier la pertinence de leur conseil, de ce que nous considérons être un travail bien fait. Il faudra pourtant le réévaluer pour être certain qu’une mauvaise idée ne nous empêche pas de faire bonne route. Car la compétence n’est pas toujours le fait de la conformité aux attendus, et s’il peut exister une façon de bien faire, il peut aussi en exister beaucoup d’autres à imaginer ou à proposer.
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Bien sûr, il y a la question de la méthode, à côté de laquelle nous ne pouvons pas passer.
Mais la méthode est un cadre qui ne nie pas la singularité et dans lequel peut s’introduire la liberté : elle se portera même caution de sa valeur. Il faudra tout de même y donner du sens, et donc l’interroger pour la comprendre.
Par ailleurs, les grands projets de recherche, ceux qui ont un petit peu changé le monde à leur façon, sont des projets pour lesquels les savoirs et compétences acquis et investis n’ont été que les moyens d’une fin souvent toute personnelle. Et si être le moyen de la pensée qui a permis de changer le monde n’est pas une mince affaire, cette pensée, cette fin, n’a pas été héritée des techniques et connaissances apprises, mais elle a germé dans un esprit, dans une frustration, dans un fantasme, une subjectivité, une histoire.
Dans ce cours, nous tenterons de mettre concrètement en perspective les enseignements d’un parcours d’études en philosophie, et donc de placer l’étudiant au cœur de son travail, de son projet, afin de prévenir les épreuves à venir pour mieux les apprivoiser.