Éditorial. 2019. Revue canadienne de bibliothéconomie universitaire 5: 1–3. ht tps://doi.org/10.33137/cjal-
rcbu.v5.32717.
Éditorial
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es membres du comité de la recherche et de l’érudition de l’ACBES ont été invitésà diriger la rédaction de ce numéro spécial de la Revue canadienne de bibliothéconomie universitaire. Il vise à favoriser une meilleure compréhension de l’environnement de recherche des bibliothécaires universitaires au Canada, ainsi qu’à continuer d’articul- er une fondation savante pour éclairer le travail de ce comité et des autres. À cette fin, ce numéro contient divers travaux théoriques, qualitatifs et quantitatifs de bibliothé- caires universitaires du Canada qui traitent de la recherche en bibliothéconomie uni- versitaire en déterminant comment, pourquoi, où et quand elle a lieu. Ils examinent sous un angle critique la relation entre nos travaux de recherche et d’érudition et les entités politiques et historiques plus larges de notre travail en tant que bibliothécaires universitaires.
La prévalence et l’importance du rôle de la recherche dans les responsabilités des bibliothécaires universitaires au sein des établissements universitaires
canadiens varient grandement. Toutefois, il est largement reconnu que pour prévoir le temps et créer l’espace requis pour mener des recherches universitaires, il faut trouver un équilibre entre son travail d’érudit et d’autres fonctions et engagements professionnels. Deux articles permettent de mieux comprendre comment le temps et le soutien façonnent la recherche et le travail d’érudition des bibliothécaires. À partir d’une série d’entrevues avec des bibliothécaires universitaires, Karen P. Nicholson présente une analyse qualitative critique de l’effet des conceptions néolibérales du temps sur l’autogestion du travail de recherche des bibliothécaires. Cette recherche suggère qu’au moins certains bibliothécaires universitaires du Canada sont tenus de respecter des normes de rendement ambiguës et des délais impraticables en ce qui concerne l’érudition. De plus, les données qualitatives et quantitatives de l’enquête de Maha Kumaran et Carolyn Pytlyk suggèrent qu’en dépit de la disponibilité constante de temps consacré, de pairs et de financement, les bibliothécaires universitaires manquent de soutien systématique et global pour leurs recherches.
Deux articles donnent un aperçu des perceptions des bibliothécaires
universitaires à l’égard de la recherche et de l’érudition. Maureen Babb a interrogé
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des bibliothécaires et des membres du corps professoral non-bibliothécaires afin de mieux comprendre les similitudes et les différences dans la façon dont ces groupes perçoivent les bibliothécaires qui font de la recherche et des travaux d’érudition. Bien que la recherche des bibliothécaires soit généralement perçue positivement, l’étude a mis en lumière la nécessité d’une plus grande sensibilisation et d’une meilleure promotion de l’érudition par les bibliothécaires. La méthode de recherche visuelle de Kristin Hoffmann et Lise Doucette pose un regard particulier sur les perceptions du processus de recherche par les bibliothécaires qui occupent un rôle unique comme chercheurs et praticiens. Les résultats permettent de mieux comprendre comment les bibliothécaires perçoivent et équilibrent leurs rôles en tant que chercheurs et praticiens par des moyens nouveaux et productifs.
Deux articles explorent la nécessité et l’importance d’un examen attentif et critique de la façon dont les méthodes et les outils de notre recherche ont été générés dans les cadres du colonialisme, de l’impérialisme et du capitalisme. Ces articles fournissent aux lecteurs des réflexions et des interventions visant à les orienter vers des pratiques de recherche plus justes et mieux informées sur le plan social.
Dans « Recherche et bibliothéconomie autochtones au Canada », Deborah Lee remet en question les approches communes à la recherche avec les communautés autochtones. Elle guide les bibliothécaires vers l’adoption de solutions de rechange plus collaboratives et plus respectueuses à nos approches actuelles, soulignant « que l’humilité, la réciprocité, la responsabilité et l’engagement à long terme sont des valeurs essentielles pour mener des recherches auprès des peuples et des communautés autochtones ». D’un point de vue plus théorique, Michael Dudley propose un « paradigme discursif-transactionnel ». Il soutient que cette approche permettra de découvrir les fondements et les hypothèses de l’application et de l’évaluation des systèmes d’organisation du savoir, en vue de refléter et de récupérer les formes de connaissances historiquement marginalisées.
Les trois critiques de livres de ce numéro spécial ont une forte synergie avec ses articles de recherche. À l’étude : The Self as Subject: Autoethnographic Research into Identity, Culture, and Academic Librarianship, sous la direction d’Anne-Marie Deitering, Robert Schroeder et Richard Stoddart; Being Evidence Based in Library and Information Practice, sous la direction de Denise Koufogiannakis et Alison Brettle; et Research Methods for Librarians and Educators: Practical Applications in Formal and Informal Learning Environments, sous la direction de Ruth Small et Marcia Mardis. Nos critiques de livres fournissent des évaluations utiles des travaux visant à soutenir et à améliorer la recherche des bibliothécaires.
Dans l’ensemble, les articles de ce numéro ont un double objectif : ils donnent un aperçu du contexte dans lequel les bibliothécaires universitaires s’engagent dans
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la recherche et l’érudition, et ils donnent un aperçu de la façon dont la recherche et l’érudition peuvent être renforcées et encouragées au sein des bibliothèques universitaires du Canada. Dans un environnement de recherche et d’érudition incertain, évolutif et parfois disparate, de nombreuses questions demeurent.
Néanmoins, les bibliothécaires universitaires font preuve d’un engagement envers l’avancement de la recherche au sein de leur profession. En tant qu’éditeurs invités de ce numéro, les membres du comité de la recherche et de l’érudition de l’ACBES espèrent encourager l’engagement à la fois à l’égard de la richesse de la recherche des bibliothécaires universitaires du Canada et des enjeux cruciaux des bibliothèques universitaires auxquels il faut s’attaquer afin de faire progresser les gains réalisés.
Qu’il s’agisse de créer de nouveaux modèles de soutien à la recherche, de résister à l’intrusion de la logique néolibérale ou de veiller à ce que nos recherches, nos méthodes, nos systèmes et nos outils respectent les principes de justice pour les peuples et les communautés autochtones, ces articles entameront des conversations importantes, susciteront d’autres questions et inspireront et orienteront la recherche future.
Le comité de la recherche et de l’érudition tient à remercier deux formidables rédactrices de la RCBU, Lisa Richmond et Kristin Hoffmann, pour leurs précieux conseils tout au long du processus de préparation de ce numéro. Nous remercions également les pairs examinateurs qui ont contribué à donner à ces articles leur forme actuelle par leurs idées et leur expertise. Enfin, nous remercions sincèrement les bibliothécaires qui ont rédigé les articles et les critiques de ce numéro spécial.
Selinda Berg, University of Windsor Dominique Taylor, University of Manitoba Jenaya Webb, University of Toronto Melanie Boyd, University of Calgary David Tkach, University of Calgary Roger Chabot, Western University Brianne Selman, University of Winnipeg