1 Chapitre VIII : Le Monopole
CHAPITRE VIII : LE MONOPOLE
SECTION I : LE MONOPOLE PUR
I] Hypothèses de base
1) Les origines de la situation de monopole
Un monopole pur est l’entreprise qui est la seule à offrir un certain bien à une infinité d’acheteur. Ce bien n’a pas de substitut. L’origine d’un monopole est lorsqu’on découvre ou invente un nouveau produit. Cette entreprise qui a découvert ce produit va déposer un brevet pour protéger leur produit : c’est aujourd’hui le cas le plus fréquent. Le monopole est l’entreprise qui va innover et qui va protéger son innovation afin d’éviter la concurrence. La deuxième source la plus fréquente du monopole est la puissance publique, protégeant certaines entreprises, comme EDF par exemple. Le monopole vient de l’innovation et de la protection de la puissance publique.
2) La courbe de demande au monopole
La courbe de demande du monopole est la courbe de demande individuelle puisque l’entreprise est le marché.
La courbe de demande au monopole
Contrairement à la concurrence pure et parfaite, le monopole peut définir une stratégie, il est seul sur le marché et a donc le choix de cette stratégie. En monopole, le prix du produit dépend de l’action de la firme. On dit qu’il y a fixation simultanée du prix et de la quantité. Le monopoleur estime que ses ventes sont uniquement fonction du prix et du comportement du consommateur.
2 Chapitre VIII : Le Monopole
3) Les courbes de recettes
Pour simplifier la présentation, supposons que la courbe de demande soit une droit d’équation :
B P . A
Q= +
A 0 b B A a 1 0 a avec
b Q . a P
−
=
=
+
=
La recette moyenne (RM), la recette totale (RT) et la recette marginale (Rm) sont égales à :
b aQ 2 ) Q ( ' RT ) Q ( Rm
Q . b Q . a Q . b Q . a Q . P ) Q ( RT
b Q . a P ) Q ( RM
2
+
=
=
+
= +
=
=
+
−
=
Les courbes de recettes
3 Chapitre VIII : Le Monopole
4)
Points remarquables
a 2 Q b
0 b Q . a 2 0 ) Q ( Rm
: A int po Au
−
=
= +
=
a
Q b
0 b Q . a 0 ) Q ( RM
: B int po Au
−
=
= +
=
Remarques : la recette marginale coupe l’axe des x au milieu du segment [OB]. La recette totale est maximale lorsque la recette marginale est nulle. L’équilibre du monopole ne peut se situer que dans la partie [OA] (lorsque le monopole fonctionne sans entrave).
5) L’élasticité-prix et pouvoir de marché L’élasticité-prix est définit de la sorte :
dQ dP 1 Q
P Q P dP dQ P dP
Q dQ
ep = = =
Donc :
e 1 Q P dQ
dP =
Or, la recette marginale est égale à :
+
= +
=
+
=
+
=
=
=
e 1 P 1 e P
P P e Q
1 Q ) P Q ( Rm
P dQ Q
dP dQ
Q ).
Q ( P d dQ
) Q ( ) dRT Q ( Rm
On peut écrire alors :
P Rm e P
= − On sait que Rm est toujours inférieure à P. Ainsi : Si Rm=0on a : e=−1 (élasticité unitaire) Si Rm0on a : e−1 (élasticité faible) Si Rm0on a : e−1 (élasticité forte) Valeurs de l’élasticité-prix
4 Chapitre VIII : Le Monopole
Remarque : nous allons montrer que l’équilibre du monopole ne peut se situer que dans la partie élastique de la courbe de demande.
II] Détermination de l’équilibre en court période
1) L’optimum classique : la maximisation du profit
Il existe plusieurs objectifs possibles pour l’entreprise dans la situation de courte période.
L’objectif rationnel est la maximisation du profit.
L’optimum classique
) Q ( Cm ) Q ( Rm
dQ 0 ) Q ( dCT dQ
) Q ( dRT dQ
) Q ( d
) Q ( CT ) Q ( RT ) Q (
=
=
−
=
−
=
L’équilibre du monopole
5 Chapitre VIII : Le Monopole
Remarque : le profit du monopole n’est pas toujours aussi favorable que sur le graphique précèdent, il dépend de la position des courbes de coût.
L’équilibre de monopole non rentable
2) Les autres équilibres en situation de monopole
6 Chapitre VIII : Le Monopole
a) Optimum et maximisation du chiffre d’affaire
Certaines entreprises considèrent que la détention de fortes parts de marché est stratégiquement plus importante que la recherche du plus fort profit.
Equilibre avec maximisation du CA
b) Optimum et gestion à l’équilibre
Le monopole peut aller encore plus loin que dans le raisonnement précèdent.
Equilibre avec gestion à l’équilibre
Cette situation ne plait pas aux micro-économistes puisque sur le graphique on constate que pour Q2*, le prix P2* est nettement inférieur au coût marginal.
7 Chapitre VIII : Le Monopole
c) Tarification au coût marginale
Pour éviter que le prix ne reflète pas les efforts entrepris pour produire, le monopole peut décider de tarifer au coût marginal.
Equilibre avec tarification au coût marginal
III] Détermination de l’équilibre en court période
Idem mais avec des courbes de longues périodes.
Equilibre du monopole en longue période
SECTION II : LE MONOPOLE NATUREL
8 Chapitre VIII : Le Monopole
I] Le monopole naturel
1) Définition
On dit qu’il y a monopole naturel sur un marché si toute quantité q peut être produite à un coût moindre par une seule firme que par plusieurs firmes. Dans ce cas, la fonction de coûts est sous-additive (C(Q)C(Q1)+C(Q2) avec: Q=Q1 +Q2).
Fonction de coût sous-additive
La courbe de coût moyen ne remonte pas.
2) La recherche d’un équilibre
9 Chapitre VIII : Le Monopole
On peut démontrer qu’en monopole naturel le coût marginal est toujours inférieur au coût moyen. Le coût moyen est décroissant.
) Q ( CM ) Q ( Cm
0 ) Q ( CM ) Q ( Q Cm
1
: à équivalent est
dQ 0 ) Q ( dCM
: que dire donc
) Q ( CM ) Q ( Q Cm
1 Q
) Q ( CT dQ
) Q ( dCT Q
1
Q dQ
) Q ( dCT Q
) Q ( CT dQ
Q ) Q ( dCT dQ
) Q ( dCM
2
−
−
=
−
=
+
−
=
=
a) Maximisation du profit
Elle suppose que le coût marginal doit être égal à la recette marginale.
b) Maximisation du chiffre d’affaire c) Tarification au coût marginal
Au point A, il y a tarification au coût marginal. Cette tarification en situation de monopole naturel conduit systématiquement au déficit.
La tarification au coût marginal est appelé optimum de premier rang. En monopole naturel, cette stratégie n’est pas intéressante donc le monopole va lui préférer une gestion à l’équilibre.
d) Gestion à l’équilibre
La gestion à l’équilibre consiste à tarifer de telle sorte queCM=Cm. Ce mode de tarification s’appelle optimum de second rang.
On peut observer des monopoles naturels dans des industries de réseau (comme EDF, à un moment). C’est donc un secteur où une entreprise a construit un réseau qui a coûté très cher.
Plus on produit, plus le coût moyen va diminuer.
SECTION III : LA CONCURRENCE
10 Chapitre VIII : Le Monopole
MONOPOLISTIQUE
La concurrence monopolistique a été proposée par Chamberlain et Robinson. Ils ont en même temps réfléchi sur ce qu’ils ont appelé la concurrence imparfaite.
I] Hypothèses et définitions
Un marché est en concurrence monopolistique lorsqu’il comprend un grand nombre de vendeur dont les produits sont différentiés. La concurrence monopolistique n’est pas une situation de monopole. C’est clairement un mixte, un assemblage entre des éléments de monopole à court terme, et des éléments de concurrence à long terme. Le fait que les produits soient différentiés va conduire à rendre captif les consommateurs. Le but est de faire en sorte malgré les concurrents qui présentent des produits proches, d’avoir un petit monopole sur ses produits.
II] L’équilibre en concurrence monopolistique
Les entreprises ont les mêmes courbes de coût. On distingue la courte période et la longue période.
1) En courte période
En courte période, la situation est identique à celle du monopole. Cependant, cette situation est provisoire. En effet, l’entrée dans la branche est possible.
2) En longue période
Les surprofits réalisés par les entreprises en place attirent de nouvelles entreprises dans la branche qui vont proposer aux consommateurs de nouveaux produits.
Evolution de la demande suite aux entrées
11 Chapitre VIII : Le Monopole
Equilibre en concurrence monopolistique