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L'effet du genre sur l'indécision vocationnelle et les parcours scolaire : l'intégration des garçons aux études collégiales

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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NICOLAS BOUTIN

L'effet du genre sur l'indécision rotationnelle et les parcours scolaires : l'intégration des garçons

aux études collégiales

Mémoire présenté

à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en Sciences de l'orientation

pour l'obtention du grade de maître es arts (M.A.)

DEPARTEMENT DES FONDEMENTS ET PRATIQUES EN ÉDUCATION SCIENCES DE L'ÉDUCATION

UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC

2011

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RESUME

Au cours des dernières années, de nombreuses recherches et indicateurs ont illustré la situation précaire des garçons en milieu scolaire. Non exclusive au Québec, cette problématique est au cœur des préoccupations scientifiques et sociales, car elle touche un nombre considérable de jeunes hommes de la société québécoise. Dans la lignée des travaux portant sur l'influence du genre en milieu scolaire, ce mémoire s'intéresse à cette problématique sous un angle nouveau, en traitant celle-ci en fonction de l'indécision vocationnelle et du parcours scolaire de la population étudiante qui débute au collégial.

Au cours de la session d'automne 2009, un questionnaire portant sur les caractéristiques sociodémographiques, le parcours scolaire et l'indécision vocationnelle a été administré dans 21 collèges du Québec à 969 étudiantes et étudiants inscrits à leur première session au collégial. L'objectif général de la présente étude est de mesurer l'influence que peuvent avoir certains événements perturbateurs du parcours scolaire, tels que le redoublement scolaire, l'interruption des études et la non obtention du diplôme d'études secondaires, et les caractéristiques sociodémographiques telles que le niveau de scolarité des parents et la perception des étudiants et étudiantes au sujet de l'importance que leurs parents accordent aux études postsecondaires, sur la précision des choix scolaires et professionnels en établissant des comparaisons selon le genre à l'arrivée au collégial. Les principaux résultats font état de l'indécision professionnelle plus marquée des garçons à l'arrivée au collégial et du développement vocationnel généralement plus tardif de ces derniers en comparaison à celui des filles. Les analyses ont également mis au jour les effets significatifs de la perception des étudiants quant à l'importance que leurs parents accordent à la poursuite de leurs études, sur la précision des choix vocationnels et sur les événements perturbateurs vécus au secondaire.

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Ill

AVANT-PROPOS

(REMERCIEMENTS)

Cela fait maintenant plus de deux ans que je travaille auprès de madame France Picard sur des projets de recherche portant sur l'indécision vocationnelle à l'enseignement supérieur. Intéressé depuis fort longtemps aux problématiques en milieu scolaire, j'ai choisi au début de ma troisième année de baccalauréat en Sciences de l'orientation de suivre le cours Orientation en milieu d'éducation donné par Madame Picard. À peine quelques semaines après le début de la session, j'ai appris qu'un projet de recherche traitant de l'indécision vocationnelle venait d'être mis sur pied par Madame Picard et que celle-ci souhaitait recruter des étudiants pour son projet. Fort nerveux en raison de mon manque d'expérience en recherche, mais particulièrement intéressé par son projet, je lui ai souligné mon intérêt, et, après un court entretien, elle a bien voulu me faire confiance et m'inclure dans son équipe de recherche. Trois ans plus tard, je peux maintenant affirmer que mon implication à titre d'assistant de recherche est un point tournant de mon parcours universitaire. Tout au long de ces années, j'ai pu non seulement enrichir mes apprentissages en orientation, mais j'ai également eu la chance de découvrir le métier de chercheur et ce qu'implique la mise en place d'une recherche scientifique. La réalisation de ce mémoire n'aurait sans doute pas été possible sans l'immense soutien de ma directrice et je tiens aujourd'hui à la remercier sincèrement, pour la grande confiance qu'elle m'a accordée tout au long de ces deux dernières années. Madame Picard a su me transmettre sa passion pour la recherche et par la diversité des tâches qu'elle m'a confiées, j'ai pu développer un réel attrait pour la recherche scientifique en orientation et je compte bien poursuivre dans cette voie après mes études.

J'en profite également pour remercier ma conjointe Joannie, qui m'a encouragé et soutenu tout au long de la réalisation de ce mémoire. Concilier l'arrivée de notre bébé et la continuité de mes études a exigé beaucoup de patience de sa part, et malgré tout, elle a toujours su me soutenir dans mon cheminement. Merci également à ma mère, qui au cours de ces quatre dernières années, m'a aidé un nombre incalculable de fois dans la correction de mes travaux universitaires.

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IV

TABLE DES MATIERES

RÉSUMÉ p. ii AVANT-PROPOS p. iii LISTE DES TABLEAUX p. vi LISTE DES FIGURES p. vii INTRODUCTION p. 8

CHAPITRE 1 : CONTEXTE ET PROBLÉMATIQUE p.12 1.1 Contexte p. 12

Les écarts entre les garçons et les filles sur le plan du parcours scolaire dans le

système d'éducation au Québec p.12 Facteurs explicatifs des inégalités selon le genre p.15

Facteurs sociodémographiques : le milieu socioéconomique, la scolarité des

parents et la structure familiale p.15 Facteurs scolaires : les stéréotypes de genre, les difficultés d'intégration à

l'enseignement supérieur et les problèmes d'orientation p. 17

1.2 Problématique p.20 Les différences entre les garçons et les filles sur le plan de l'indécision

vocationnelle p.22 CHAPITRE 2 : CADRE CONCEPTUEL p.26

2.1 Perspective contextuelle et développementale p.26 2.2 Perspective diachronique : le parcours scolaire p.28

2.3 Objectifs et hypothèses de recherche p.33 CHAPITRE 3 : DÉMARCHE MÉTHODOLOGIQUE p.38

3.1 Méthodologie quantitative p.38

3.2 Échantillon ..p.39 3.3 Démarche p.40

3.3.1 Recrutement des collèges participants p.41

3.3.2 Préparation du questionnaire p.42 3.3.3 Contenu du questionnaire p.43 3.3.4 Validité de TEDV-9S en contexte québécois p.45

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3.4 Variables p.48 Variables dépendantes p.48

Variables indépendantes p.48 3.5 Définition opérationnelle des hypothèses de recherche p.48

3.6 Analyses statistiques p.50 Test du khi-carré p.50

Testr p.51 Analyse multivariée : régression logistique p.52

L'analyse de variance (ANOVA) p.52

CHAPITRE 4 : PRÉSENTATION DES RÉSULTATS p.54

4.1 Analyses ayant pour but de tester l'hypothèse 1 p.55 4.2 Analyses ayant pour but de tester l'hypothèse 2 p.56 4.3 Analyses ayant pour but de tester l'hypothèse 3. p.61

4.3.1 Croisement des caractéristiques sociodémographiques avec TEDV-9S p.64 4.3.2 Croisement des événements perturbateurs du parcours scolaire

avecl'EDV-9. p.67 CHAPITRE 5 : DISCUSSION p.69

5.1 Plus d'interruption scolaire chez les garçons : un temps d'arrêt nécessaire? p.69 5.2 La perception de l'importance accordée par les parents aux études

postsecondaires : des effets sur le parcours scolaire au secondaire p.72 5.3 L'importance accordée par les parents aux études postsecondaires : des effets

marqués sur l'indécision des garçons p.74 5.4 Plus d'indécision pour ceux qui ont leur diplôme d'études secondaires p.75

5.5 Apports et limites p.76 Apports p.76 Limites p.77 CONCLUSION p.79 BIBLIOGRAPHIE p.81 ANNEXE 1 p.87

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VI

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Coefficients d'homogénéité alpha de Cronbach aux six sous-échelles de

l'EDV-9 forme scolaire, selon trois populations étudiantes p.46 Tableau 2 : Analyse des items reliés à l'indécision en contexte québécois p.47

Tableau 3 : Comparaison des proportions selon le genre observée sur le plan des

événements perturbateurs du parcours scolaire au secondaire p.55 Tableau 4 : Comparaison de la scolarité des parents, selon le genre p.56 Tableau 5 : Comparaison de la perception de l'importance accordée par les parents aux

études collégiales de leur enfant, selon le geme p.57 Tableau 6 : Régression logistique liée aux événements perturbateurs du parcours scolaire

au secondaire, selon la scolarité des parents et le geme des étudiants p.58 Tableau 7 : Régression logistique liée au redoublement de cours au secondaire, selon la

scolarité de la mère et le genre de l'étudiant p.58 Tableau 8 : Régression logistique liée aux événements perturbateurs du parcours scolaire

au secondaire, selon la perception de l'importance accordée par les parents aux études

supérieures et le genre de l'étudiant p.59 Tableau 9 : Comparaison des proportions enregistrées à l'échelle d'indécision scolaire de

FEDV-9S, selon le genre p.62 Tableau 10 : Comparaison des proportions enregistrées à l'échelle d'indécision

professionnelle de TEDV-9S, selon le genre.. p.62 Tableau 11 : Comparaison des scores moyens enregistrés sur les six sous-échelles de

l'EDV-9, selon le genre p.63 Tableau 12 : Analyse de la variance liée aux effets du genre et de la perception de

l'importance accordée par les parents aux études postsecondaires sur l'indécision p.65 Tableau 13 : Différences enregistrées selon le geme en ce qui concerne la perception de

l'importance accordée par les parents aux études postsecondaires en fonction des

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V i l

LISTE DES FIGURES

F i g u r e 1 : L'approche contextuelle, développementale et diachronique de l'indécision

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INTRODUCTION

Au Québec, la réussite scolaire des garçons fait partie des préoccupations scientifiques et sociales depuis quelques années. Bien que depuis 1986, on remarque une augmentation de la scolarité autant chez les hommes que chez les femmes, le nombre de diplômes secondaires, collégiaux et universitaires (à l'exception du doctorat) obtenus depuis cette même année s'accroît en faveur des femmes, venant ainsi creuser l'écart entre les garçons et les filles (MELS, 2008). Les disparités entre les garçons et les filles dans le système d'éducation québécois sont nombreuses. En effet, très tôt dans le parcours scolaire des étudiants, on observe des écarts selon le genre (majoritairement en défaveur des garçons) sur le plan de la réussite scolaire, de la persévérance, du redoublement, de l'apprentissage de la langue, de la diplomation et des aspirations scolaires et professionnelles (Berger, Motte et Parkin, 2009; Bouchard et St-Amant, 1996; Deblois et Lamothe, 2005; Gagnon, 1999; Pelletier, 2004). Alors qu'au Québec, une formation qualifiante est devenue un élément de base pour l'insertion en emploi des jeunes québécois, on constate que la proportion de garçons qui accèdent aux études collégiales est moins élevée que celle des filles, soit un écart de près de 20% en défaveur des garçons (MELS, 2008). En fait, non seulement les garçons accèdent en moins grand nombre au cégep, mais leur réussite est également plus faible, et ce, tant dans les programmes préuniversitaires que techniques (MELS, 2008). Si la situation des garçons s'avère problématique au collégial, il en est de même quant à leur performance à l'université (Kamanzi, Doray, Bonin, Groleau et Murdoch, 2010). Dans ces conditions, il est possible d'affirmer que la situation des garçons s'avère préoccupante pour l'ensemble du parcours scolaire.

Ce phénomène n'est pas exclusif au Québec. Les préoccupations relatives aux inégalités d'accès aux études postsecondaires sont également d'actualité ailleurs au Canada, notamment en Alberta et au Manitoba qui présentent un taux d'abandon des études avant l'obtention du diplôme d'études secondaires particulièrement élevé et ce, principalement pour les garçons (Berger et al., 2009). Ainsi, au fil du temps, de nombreuses études ont voulu comprendre ce phénomène nouveau qui touche les garçons dans le système

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d'éducation. Les différences selon le genre en milieu scolaire ont été traitées en fonction de l'abandon au secondaire, des aspirations professionnelles, du redoublement, des stéréotypes scolaires, de l'influence du milieu socioéconomique et de l'origine sociale (Auclair et al., 2008; Berger et al., 2009; Bouchard et St-Amant, 1996; Buchmann et DiPrete, 2006; Deblois et Lamothe, 2005; Gagnon, 1999; Pelletier, 2004). Les divers angles à partir desquels les recherches ont traité les problématiques liées au genre ont permis de souligner quelques facettes des inégalités scolaires existantes entre les garçons et les filles et d'apporter une meilleure compréhension de l'influence du geme sur l'orientation et la réussite scolaire. Toutefois, malgré cet apport de connaissances sur le sujet et les nombreuses interventions mises en place par les acteurs du milieu scolaire pour contrer cette situation, les disparités entre les garçons et les filles demeurent une problématique bien présente et difficilement expliquée.

Dans un autre ordre d'idées, diverses analyses effectuées par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) ont illustré la fragilité du choix vocationnel des élèves, garçons et filles, à la fin de leur secondaire et l'influence négative que celle-ci peut engendrer au niveau de la réussite et de la persévérance scolaire. Dans leur enquête, plusieurs soulignaient les difficultés que peut engendrer l'obligation de prendre une décision hâtive à la fin des études secondaires au sujet de l'avenir et certains affirmaient manquer d'information scolaire et professionnelle pour les aider à préciser leur choix (CSE, 2002). Ce manque de confiance au sujet de leur choix peut cependant s'avérer lourd de conséquences, car dans une recherche portant sur l'intégration et la réussite au collégial, Falardeau, Larose et Roy (1988) ont affirmé que l'indécision vocationnelle joue un rôle déterminant dans la réussite scolaire et dans l'abandon des études collégiales. En fait, il semble que l'absence de certitude à l'égard du choix de programme d'études avant l'arrivée au collégial peut entraîner de l'insatisfaction face à sa formation une fois entré au cégep, ce qui, par conséquent, augmenterait le risque de décrochage scolaire (Falardeau et al., 1988).

Tout au long de son parcours scolaire, la population étudiante traverse différentes étapes pour en arriver à la formulation spécifique d'une occupation future. Or, qu'arrive-t-il si le parcours scolaire se déroule plus rapidement que le processus développemental qui

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permet à l'étudiant ou à l'étudiante d'arriver à renonciation de son choix vocationnel? En fait, tel que le mentionne Forner (2007), la prise de décision au sujet de l'avenir scolaire et professionnel s'effectue graduellement et selon une progression qui ne peut correspondre parfaitement au rythme fixé par le système scolaire. Par conséquent, plusieurs se voient dans l'obligation de prendre une décision hâtive à la fin de leurs études secondaires à propos de leur orientation scolaire et professionnelle, ce qui augmente considérablement les risques de modifications éventuelles de leur parcours scolaire (changement de programmes d'études, interruption des études, etc.). Dans ces conditions, comment expliquer que certaines personnes soient prêtes, au terme de leur secondaire, à formuler un choix vocationnel et que d'autres soient indécises à cette même période de leur vie? Est-ce que les nombreuses difficultés rencontrées par les garçons tout au long de leur parcours scolaire peuvent influencer leur degré de certitude à l'égard de leurs choix scolaires et professionnels futurs et, par le fait même, nuire à leur intégration aux études postsecondaires?

Dans le contexte actuel où la réussite des garçons est une problématique sociale préoccupante, il semble pertinent de porter une attention particulière aux différences entre les garçons et les filles sur le plan de l'indécision vocationnelle dans la mesure où cette variable peut influencer la réussite et la continuité des études (Falardeau et al., 1988). La présente recherche quantitative a donc pour objectif d'éclairer la problématique liée aux inégalités scolaires entre les sexes selon un angle différent, à savoir, l'influence des événements perturbateurs du parcours scolaire et des caractéristiques sociodémographiques sur la précision des choix vocationnels des garçons à l'arrivée au collégial en s'appuyant sur des comparaisons selon le geme.

Par définition, l'indécision se caractérise par l'incapacité d'une personne d'effectuer un choix ou de s'engager dans une action particulière lorsqu'il lui est demandé de le faire. (Dosnon, 1996; Forner, 2007). Dans le domaine de l'orientation scolaire et professionnelle, l'indécision se manifeste par l'incertitude quant au choix d'une profession ou d'une formation particulière, ou encore, par un manque de confiance devant ce choix (Dosnon, Wach, Blanchard et Lallemand, 1997). Le concept de parcours scolaire représente, quant à

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lui, tous les événements, passés et présents, vécus par les étudiants et étudiantes à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement scolaire (interruption des études) et ayant eu une influence sur leur orientation scolaire et professionnelle (Doray, Picard, Trottier et Groleau, 2009).

La présente recherche est une analyse secondaire réalisée à partir d'un ensemble de données préalablement colligées. Elle s'inscrit à l'intérieur d'une plus vaste recherche collaborative présentement en cours (CRSH : 2009-2012) dirigée par madame France Picard en collaboration avec madame Chantai Leclerc et monsieur Bruno Bourassa, qui porte sur l'indécision vocationnelle à l'arrivée au collégial. La partie empirique du projet repose sur une méthodologie quantitative. Au cours de la session d'automne 2009, un questionnaire portant sur l'indécision vocationnelle, le parcours scolaire et les caractéristiques sociodémographiques des étudiants et étudiantes a été administré dans 21 collèges du Québec. L'indécision vocationnelle a été mesurée à l'aide de l'Épreuve de décision vocationnelle, forme scolaire (EDV-9S, Forner, 2009)

L'organisation de ce mémoire s'effectuera ainsi : le premier chapitre dresse un portrait des différences existantes entre les sexes dans le système d'éducation québécois sur le plan des parcours scolaires. En outre, il fait état des recherches ayant cerné des disparités selon le geme sur le plan de l'indécision vocationnelle. Le deuxième chapitre applique un cadre conceptuel à la problématique, qui s'appuie sur les théories du développement de l'individu, en abordant la problématique selon trois perspectives, soit contextuelle, développementale et diachronique. Le troisième chapitre précise le choix méthodologique retenu et les étapes du déroulement de la présente étude. Le quatrième chapitre expose les résultats obtenus en prenant soin de préciser les liens significatifs entre le geme, les caractéristiques sociodémographiques, les parcours scolaires et l'indécision vocationnelle. Enfin, le cinquième et dernier chapitre présente une discussion au sujet des résultats de l'étude et effectue des liens théoriques qui précisent le sens des données recueillies.

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CHAPITRE 1

CONTEXTE ET PROBLÉMATIQUE

1.1 Contexte

Dans le système d'éducation québécois, les garçons et les filles présentent de nombreuses disparités, et ce, tout au long de leur parcours scolaire. Afin de mettre en contexte la présente recherche, il semble pertinent de commencer par illustrer globalement les écarts existants actuellement entre les sexes dans le système éducatif québécois qui se traduisent, principalement, dans les inégalités d'accès et de réussite à l'enseignement collégial.

Les écarts entre les garçons et les filles sur le plan du parcours scolaire dans le système d'éducation au Québec

Au Québec, les écarts scolaires entre les garçons et les filles se font sentir dès le primaire où, déjà les jeunes garçons vivent davantage de redoublement que les filles. À ce sujet, Bouchard et St-Amant (1996) reprennent le propos de Brais (1991) et affirment qu'« au primaire, depuis le début des années 1980, les garçons sont 60 % plus nombreux que leurs consœurs à subir des retards scolaires et le redoublage (sic) survient de façon plus précoce chez eux, ce qui quadruple les risques de ne pas terminer leurs études secondaires » (Bouchard et St-Amant, 1996, p. 18). Ainsi, très tôt dans le parcours scolaire des élèves, on remarque une différence significative entre les garçons et les filles sur le plan du redoublement et des retards scolaires. Par ailleurs, il semble que cet important écart augmente considérablement les probabilités de décrochage scolaire chez les garçons ce qui, par le fait même, vient diminuer leur probabilité d'accès aux études supérieures.

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Selon les indicateurs du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), en 2006, « quelles que soient l'année scolaire ou la classe, le redoublement touche toujours davantage les garçons. La proportion de garçons qui redoublent une classe est souvent plus d'une fois et demie supérieure à celles des filles » (MELS, 2006, p. 66). En ce qui a trait à l'abandon des études avant l'obtention du diplôme d'études secondaires, en 2006, 24,1 % de garçons contre 13,7 % de filles avaient interrompu leurs études à l'âge de 19 ans ce qui démontre que la proportion de garçons qui ne terminent pas leur formation au secondaire est beaucoup plus élevée que celle des filles (MELS, 2008). Dans une récente enquête portant sur la population active canadienne, Berger et al. (2009) ont fait état des différences entre les garçons et les filles sur le plan du décrochage scolaire pour les différentes provinces canadiennes. Selon ces données, le Québec serait la province où le pourcentage de garçons qui abandonnent leurs études avant d'avoir obtenu leur diplôme secondaire est le plus élevé (14,4% de garçons contre 8,5% de filles) suivi de près par l'Alberta et le Manitoba.

Certains auteurs affirment que le destin scolaire, notamment, la continuité vers l'enseignement supérieur, se dessine très tôt, et ce, avant même l'école primaire (Maurin, 2007). À ce propos, les recherches de Gagnon (1999) traitant de la réussite des élèves ont permis de démontrer qu'il existe une différence marquée entre les garçons et les filles sur le plan des aspirations professionnelles, et ce, dès le primaire. En fait, Gagnon précise que :

De façon générale, les filles ont des aspirations professionnelles plus élevées que les garçons; leur choix de carrière exige une scolarité plus longue, le plus souvent universitaire [...] la grande majorité des filles, peu importe leur milieu ou leur calibre scolaire, ont déjà réfléchi aux différentes possibilités d'avenir et elles en parlent aisément. Les garçons sont beaucoup plus nombreux à ne pas savoir ce qu'ils veulent faire plus tard et à déclarer qu'ils ont bien le temps d'y penser. L'avenir pour les garçons apparaît plus lointain et sans problème (Gagnon, 1999, p. 133-134).

L'écart entre les garçons et les filles sur le plan des aspirations scolaires et professionnelles se maintient au cours des années suivantes et s'accentue vers la fin du secondaire. Un tel constat provient des analyses de Deblois et Lamothe (2005) qui ont

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observé qu'entre le 2e et le 4e secondaires, les aspirations des jeunes filles sont plus élevées

que celles des garçons, et l'écart s'accentue principalement en 3e et 4e secondaires. En

outre, les aspirations scolaires des filles se maintiennent et restent stables dans le temps tandis que celles des garçons se réduisent tout au long de ces trois années du secondaire (Deblois et Lamothe, 2005).

Les aspirations scolaires et professionnelles plus faibles des garçons ainsi que les difficultés qu'ils rencontrent tout au long de leurs études primaires et secondaires entraînent certaines répercussions à l'étape de l'accès à l'enseignement supérieur et sur le plan de la réussite dans cet ordre d'enseignement. En effet, au collégial, les écarts entre les garçons et les filles sont observables sur le plan de l'accès aux études (un écart de près de 20 % en défaveur des garçons en 2006-2007) et sur le plan des résultats scolaires (MELS, 2008). En comparaison avec les garçons, les filles présentent de meilleurs résultats scolaires et cet écart ne cesse de croître au fil des ans. Les indicateurs soulignent également que les filles obtiennent davantage leur diplôme d'études collégiales (DEC), tant dans les programmes techniques que préuniversitaires. De manière plus spécifique : « Au sein de l'effectif de 1980-1981, la proportion de filles ayant terminé leur formation préuniversitaire avec un DEC dépassait de 4,0 points celle des garçons; pour l'effectif inscrit en 2005-2006, l'écart était de 14,6 points en faveur des filles » (MELS, 2008, p. 78). Enfin, en ce qui concerne l'accès et l'obtention du diplôme universitaire, les statistiques sont similaires à celles du collégial, où les filles sont plus nombreuses à poursuivre leurs études dans ces ordres d'enseignements et obtiennent dans une plus forte proportion leur diplôme de baccalauréat, soit un écart de 8% en faveur des filles (Kamanzi et al., 2010).

Ainsi, force est de constater que les inégalités selon le geme (en défaveur des garçons) dans le système d'éducation québécois sont nombreuses. Les disparités selon le genre se font sentir dès le primaire et ne font que s'accentuer au fil des ans. Inévitablement, les difficultés que rencontrent les garçons se répercutent aux études postsecondaires sur le plan de la continuité, de la réussite scolaire et de l'obtention du diplôme, et ce, tant au collégial qu'à l'université. Dans ces conditions, il est possible d'affirmer que la situation des garçons s'avère préoccupante pour l'ensemble du parcours scolaire.

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Facteurs explicatifs des inégalités selon le genre

Cette section présente divers travaux de recherches qui se sont intéressés aux disparités entre les garçons et les filles dans le système d'éducation. Tel que mentionné précédemment, l'intérêt porté par la recherche scientifique à l'égard de la situation précaire des garçons est relativement récent au Québec. En effet, les recherches ont longtemps centré leur intérêt sur la réalité des femmes notamment en ce qui touche leur entrée massive sur le marché du travail ou l'inégalité d'accès à l'emploi et la formation en comparaison avec les hommes. Bourdon, Charbonneau, Cournoyer et Lapostolle (2007) affirment que peu d'études ont tenté de comprendre les facteurs pouvant expliquer les différences entre les sexes sur le plan de la réussite scolaire. Or, en dépit du nombre d'études plus restreint qui traite de la situation des garçons, il est tout de même possible de présenter certaines recherches ayant cerné quelques facteurs explicatifs des inégalités scolaires selon le genre. La présente section fait état de deux facteurs principaux : 1- les facteurs sociodémographiques et 2 - les facteurs scolaires.

Facteurs sociodémographiques : le milieu socioéconomique, la scolarité des parents et la structure familiale

Parmi les facteurs les plus souvent invoqués comme responsables de la plus faible performance scolaire des garçons, on retrouve l'influence du milieu socioéconomique. Selon une étude réalisée par le Gouvernement du Québec, l'environnement socioéconomique de l'élève aurait un effet significatif sur la réussite des garçons et des filles (MELS, 2005). Plus précisément, les élèves issus de milieux défavorisés éprouveraient davantage de difficultés tout au long de leur parcours scolaire, notamment sur le plan de l'apprentissage de la langue d'enseignement et du redoublement scolaire. À ce sujet, Pelletier (2004) émet l'hypothèse que l'important retard scolaire des garçons et leur propension à l'abandon des études sont liés aux difficultés qu'ils rencontrent dans l'apprentissage de la langue d'enseignement. En fait, selon cette auteure, aucune autre matière scolaire ne présentait des écarts de réussite notables entre les garçons et les filles

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mis à part l'apprentissage du français et de l'anglais. Toutefois, la différence observée entre les sexes, mesurée par l'Épreuve uniforme de français s'élève à neuf points de pourcentage entre les garçons et les filles, en défaveur des garçons (MELS, 2008). Bien qu'il soit possible pour tous les élèves de rencontrer des difficultés pouvant entraîner un retard scolaire ou un redoublement, les facteurs de risques qui peuvent amener à l'abandon des études se multiplient chez les étudiants de milieux défavorisés (MELS, 2008). Ainsi, les élèves les plus à risque d'abandonner leurs études avant d'obtenir un diplôme sont les garçons issus d'un milieu défavorisé. En effet, 11,5 % des garçons issus de ces milieux quittent l'école avant d'avoir leur diplôme en comparaison à 5,5 % des garçons appartenant à un milieu socioéconomique plus aisé (MELS, 2005).

Selon Pelletier (2004), l'origine sociale et en particulier la scolarité de la mère, serait le meilleur prédicteur de l'avenir scolaire des élèves. De nombreuses études ont observé l'existence d'un lien entre le niveau d'éducation des parents et le cheminement scolaire de leurs enfants (Butlin, 1999; Finnie, Lascelles et Sweetman, 2005; Kamanzi et al., 2010). En général, tel que le démontrent les recherches effectuées en Europe, aux États-Unis et au Japon (Alwin, Braun et Scott, 1992; Drylet, 1998; Buchmann et Diprete, 1996; Edward et Pasquale, 2003, dans Vincent-Lancrin, 2008), plus la scolarité des parents est élevée, plus les enfants ont de chance d'accéder aux études supérieures (Vincent-Lancrin, 2008). Il semble donc que le niveau de scolarité des parents a une influence significative sur la réussite et la persévérance des étudiants. Buchmann et DiPrete (2006) ont étudié les causes pouvant expliquer la plus grande performance des filles dans le système d'éducation et elles se sont intéressées à l'influence que peut avoir la structure familiale sur la réussite des garçons et des filles. Ces auteures ont observé que les familles dont le père détient un plus faible niveau d'éducation (pas de diplôme d'études supérieures), ou encore, celles dont le père est absent, donnent un avantage significatif aux filles, car les garçons appartenant à ce type de famille réussissent moins bien que leurs collègues féminines.

En 2002, une étude réalisée en Australie a permis d'observer que les étudiants venant d'un milieu défavorisé et dont les parents accordent une place prioritaire à l'éducation peuvent réussir aussi bien que les étudiants issus de milieux aisés (Lingard,

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Martino, Mills et Bahr, 2002). Dans ces conditions, il semble que l'attitude des parents à l'égard de la scolarisation des enfants puisse diminuer l'influence de l'origine socioéconomique. Choy, Horn, Nunez et Chen (2000) affirment qu'un vaste corpus de travaux s'est intéressé à la situation des étudiants de première génération1 qui accèdent aux

études supérieures et à l'influence de la scolarité des parents sur la réussite de ces étudiants et étudiantes. Par ces études, il a été démontré que le manque de soutien des parents se traduisant par une faible implication de leur part dans les études de leur enfant aurait une influence significative sur les aspirations et le parcours scolaire (Choy et al., 2000).

Ainsi, au-delà du milieu socioéconomique, la structure et la dynamique familiale peuvent s'avérer dés facteurs explicatifs des inégalités grandissantes entre les garçons et les filles dans le système d'éducation. Fait à noter, les filles seraient plus sensibles que les garçons à l'influence de leur environnement social et ces derniers seraient davantage conditionnés par des facteurs relatifs à la motivation personnelle. En outre, la qualité des liens sociaux et familiaux constituerait le facteur de réussite ayant la plus forte influence sur la persévérance scolaire des filles (Roy, 2003). Dans ces conditions, les effets plus marqués que peut avoir l'environnement social sur les étudiantes pourraient s'avérer un facteur explicatif des écarts entre les garçons et les filles au collégial, notamment sur le plan de la réussite scolaire.

Facteurs scolaires : les stéréotypes de genre, les difficultés d'intégration à l'enseignement supérieur et les problèmes d'orientation

Bouchard et St-Amant (1996) ont affirmé que les garçons sont davantage influencés par les stéréotypes de geme véhiculés dans le système d'éducation ce qui, par le fait même, vient influencer leur réussite scolaire. « Un garçon se doit d'être dur plutôt que d'être sensible » (Bouchard et St-Amant, 1996, p. 195) ou encore « pour un garçon, les études ne sont pas nécessaires pour gagner sa vie » (Bouchard et St-Amant, 1996, p. 169) sont

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quelques exemples de stéréotypes sexuels tels que présentés par les auteurs. Dans une enquête réalisée au Québec auprès de 2 249 élèves de 3e secondaire, Bouchard et St-Amant

(1996) ont observé qu'il existe un lien entre l'identification au modèle de sexe et le rendement scolaire. Plus précisément, les garçons adhèrent plus fortement que les filles aux affirmations présentant des stéréotypes sexuels ou des pratiques sexuées et les étudiants masculins qui adhèrent le plus à ces propositions stéréotypées présentent une réussite scolaire plus faible que ceux qui s'affranchissent de ces modèles (Bouchard et St-Amant, 1996). Au fil du temps, plusieurs recherches ont appuyé cette hypothèse en démontrant également que les groupes de pairs masculins influencent de façon importante l'adhésion des garçons aux stéréotypes masculins tels que le rejet de l'école ou le dérangement en classe, ce qui, par conséquent, vient nuire à la réussite de ces derniers (Bouchard, St-Amant et Gagnon, 2000; Hébert, 2001; Lamarre et Ouellet, 1999; Martino, 2000). Par leur enquête, Bouchard et St-Amant en sont arrivés à la conclusion que pour obtenir un meilleur rendement scolaire l'élève doit s'affranchir des modèles de sexes, et ce, tant pour les garçons que pour les filles (Bouchard et St-Amant, 1996). À ce sujet, Pelletier (2004) affirme que :

De nombreuses études réalisées en 1993-1994 et en 1996 par le Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) démontrent qu'il existe une forte corrélation entre l'adhésion aux stéréotypes sexuels et l'échec scolaire tant des garçons que des filles. Inversement, l'affranchissement de ces stéréotypes s'accompagne d'une meilleure réussite (Pelletier, 2004, p. 14).

Par ailleurs, Pelletier (2004) affirme que la construction de l'identité serait influencée par l'environnement culturel et les attentes sociales relatives au geme de l'élève : « les représentations de geme associées à des conceptions de l'effort, de l'intelligence et des domaines d'études, se déploient année après année et contribuent à creuser l'écart entre les garçons et les filles » (Pelletier, 2004, p. 14). Ainsi, on constate que les stéréotypes sexuels et les pressions sociales à l'égard du geme seraient des facteurs pouvant expliquer certains écarts observés entre les garçons et les filles dans le système d'éducation québécois.

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Dans un autre ordre d'idées, diverses études ont mis en évidence les effets que peuvent engendrer les difficultés d'adaptation chez les garçons à leur arrivée au collège sm le plan de leur réussite (Hemmings, Jin et Low, 1996; Larose et Roy, 1993, 1994; Tinto et Goodsell, 1994; Tinto, 1987). Dans le cadre de leurs travaux portant sur l'intégration à l'enseignement supérieur, Tremblay, Bonnelli, Larose, Audet et Voyer (2006) reprennent les propos de Larose et Roy (1993, 1994) et précisent que :

Les défis reliés à l'intégration au collège exposent également les garçons et les filles. Cependant, les mécanismes d'adaptation ne sont pas similaires selon le geme et les transactions des garçons avec le monde scolaire, social et institutionnel sont, de manière générale, moins bien adaptées pour leur cheminement scolaire et leur développement personnel (Tremblay et al., 2006, p.10).

Ainsi, les garçons et les filles vivraient différemment leur intégration aux études collégiales et les stratégies déployées pour s'intégrer à leur milieu influenceraient leur réussite et leur persévérance scolaire. La réussite scolaire serait donc étroitement liée à l'intégration aux études collégiales et le stress vécu par les garçons lors de leur passage du secondaire vers les études postsecondaires ainsi que les complications inhérentes à l'intégration aux études collégiales seraient en grande partie responsables des écarts de réussite entre les garçons et les filles (Larose et Roy, 1993). Tremblay et al., (2006) soulignent que ces difficultés diminueraient le sentiment d'intégration à la nouvelle institution, or, en reprenant les propos de Levesque et Pageau (1991) ils précisent que l'adaptation au cours de ces premières semaines joue un rôle capital dans la continuité et la réussite des études collégiales.

Selon Falardeau et al. (1988), les problèmes d'orientation scolaire et de choix de programme d'études auraient une part de responsabilité face aux difficultés de rendement scolaire des étudiants, et ce, tant chez les garçons que chez les filles. Ces auteurs ont observé que l'indécision vocationnelle pouvait jouer un rôle déterminant dans la réussite scolaire et dans l'abandon des études collégiales. En fait, il semble que l'absence de certitude des étudiants et des étudiantes à l'égard de leur choix de programme d'études avant leur arrivée au collégial peut entraîner de l'insatisfaction face à leur formation une

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fois entrés au cégep, ce qui augmenterait le risque de décrochage scolaire (Falardeau et al., 1988). Par ailleurs, ces auteurs affirment qu'un bon nombre d'élèves entreraient au cégep sans avoir la pleine certitude de leur choix de programme et que plusiems abandonneraient ou échoueraient parce que les contenus des cours ne rejoindraient pas leurs intérêts et leurs aspirations (Larose et Roy, 1993).

En résumé, de nombreuses études ont souligné l'influence des facteurs scolaires ou des caractéristiques sociodémographiques sur la réussite des étudiants et étudiantes, expliquant ainsi certaines disparités entre les garçons et les filles dans le milieu scolaire. Nous avons vu que le milieu socioéconomique, la scolarité des parents, la structure familiale, les stéréotypes de geme et les difficultés d'adaptation, notamment le manque de certitude dans le choix vocationnel, peuvent avoir des impacts significatifs sur le parcours des élèves, et ce, particulièrement chez les garçons.

1.2 Problématique

Au Québec, l'indécision toucherait un étudiant sur deux à la fin de ses études secondaires (Guay, Râtelle, Senécal, Larose et Deschênes, 2006) et selon le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), environ le tiers des étudiants serait indécis à cette étape de leur vie (CSE, 2002). Diverses analyses effectuées par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) ont illustré la fragilité du choix vocationnel des étudiants à la fin de leur secondaire et l'influence négative que celle-ci peut engendrer sur le plan de la réussite et de la persévérance scolaire. En fait, formuler un choix vocationnel, sans prendre un réel temps de réflexion, peut entraîner une baisse de motivation à l'égard des études et accroître le risque d'abandon scolaire à l'arrivée au collégial. En effet, Larose et Roy (1993) ont observé que l'indécision vocationnelle pouvait influencer la réussite scolaire et l'abandon des études collégiales. Selon eux, l'incertitude quant aux choix scolaires et professionnels aurait un effet négatif à l'égard de l'intégration sociale et institutionnelle, ce qui augmenterait le risque de décrochage scolaire.

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Depuis les cinquante dernières années, les chercheurs qui ont étudié l'indécision vocationnelle ont accordé une importance limitée à l'effet du geme sur cette variable (Forner, 2007; Lunnerborg, 1975). D'une part, de nombreuses études n'ont pas effectué de comparaison entre les hommes et les femmes lors de la mesure de l'indécision vocationnelle (Elton et Rose, 1971; Guay et al., 2006; Kelly et Lee, 2002; Osipow, Carney et Barak, 1976; Slaney, Stafford et Russell, 1981) et, d'autre part, certaines recherches ont mis en lumière l'absence de lien entre le geme et l'indécision vocationnelle. À titre d'exemple, Lunneborg (1975), dans une étude longitudinale effectuée auprès de jeunes collégiens, a souligné que l'indécision n'était pas liée au geme, ou de manière plus spécifique, qu'il n'y avait pas de corrélation entre le geme et l'intensité de l'indécision. Diverses études ont par la suite appuyé cette hypothèse concernant l'absence de lien entre le geme et l'indécision ou la prise de décision vocationnelle des garçons (Barrett et Tinsley 1977; Betz et Voyten, 1997; Forner et Autret, 2000; Forner, 1999; Hecklinger, 1972; Neice et Bradley, 1979; Osipow et Gati, 1998; Vondracek, Hostetler, Schulenberg et Shimizu,

1990).

Au fil des ans, l'explication de l'intensité de l'indécision par le geme s'est avérée peu concluante. Toutefois, Miller et Brown (2005) ont récemment critiqué les travaux en développement de carrière en soulignant que des zones demeurent inexplorées, en dépit des cinquante ans de travaux, notamment en ce qui touche les spécificités selon le geme. Au fil du temps, par l'entremise des recherches effectuées au sujet de l'indécision vocationnelle, des conclusions plus nuancées ont aussi émergé à l'égard de l'influence que peut avoir la variable geme sur certains facteurs associés à l'indécision. Ainsi, malgré cette conclusion générale qui découle du corpus des travaux portant sur l'indécision vocationnelle quant à l'effet négligeable du geme sur cette variable, il est possible de discerner, dans certaines études, plusieurs différences entre les garçons et les filles.

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Les différences entre les garçons et les filles sur le plan de l'indécision vocationnelle

Une analyse approfondie des études ayant traité de l'indécision a permis de découvrir l'existence de quelques disparités entre les garçons et les filles, notamment, à l'égard des facteurs qui expliquent la présence de cette indécision.

La validation de l'Epreuve de décision vocationnelle de Forner (2009) effectuée en France auprès de 1152 lycéens de classe de première et de troisième, a souligné que les garçons et les filles se différencient quelque peu sur le plan des facteurs pouvant déterminer leur indécision. En fait, l'indécision des garçons s'explique principalement par un manque de développement vocationnel qui se caractérise par : « une implication insuffisante dans le processus d'orientation (souvent associée à l'idée que ces questions d'orientation pourront être traitées ultérieurement) » (Forner, 2009, p. 7). Cette affirmation vient ainsi appuyer les résultats obtenus par Gagnon (1999), présentés précédemment, au sujet de la préoccupation moins importante qu'ont les garçons face à lem avenir professionnel.

L'indécision des filles serait, quant à elle, davantage marquée par leurs anticipations excessivement pessimistes qui se manifestent par « l'effet d'une attitude générale négative face à soi, au monde et à l'avenir » (Forner, 2009, p. 7). En fait, l'auteur précise que dans l'éventualité où les scénarios envisagés pour l'avenir sont tous perçus comme une situation non souhaitée, l'anticipation face au projet futur se dissipe et laisse place à l'indécision. Par ailleurs, le manque de connaissance de soi et le manque de méthode de décision comme facteurs explicatifs de l'indécision semblent également toucher davantage les filles que les garçons. Forner décrit le manque de connaissance de soi comme « une instabilité de la représentation de soi qui peut être teintée d'anxiété si cette représentation de soi doit être utilisée lors d'une prise de décision » (Forner, 2009, p. 7). Le manque de méthode de décision se définit par le sentiment éprouvé lorsqu'une personne doit formuler un choix entre deux préférences également intéressantes, où elle est incapable de trancher (Forner, 2009).

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Bien que la validation de l'Épreuve de décision vocationnelle, forme scolaire de Forner (2009) a permis de cerner quelques différences selon le geme sur le plan des facteurs de l'indécision, il est à noter qu'elle a également montré que l'intensité de l'indécision n'était pas influencée par le genre, ce qui signifie qu'autant de filles que de garçons seraient indécis face à leurs choix scolaires et professionnels. Dosnon et al. (1997) arrivaient cependant à de toutes autres conclusions au sujet de l'absence de lien entre Iç genre et l'intensité de l'indécision. En effet, leurs recherches traitant de l'influence que peut avoir le geme sur les dimensions de l'indécision vocationnelle ont permis d'illustrer qu'« en ce qui concerne les études, les filles sont un peu plus nombreuses à être définitivement fixées que ne le sont les garçons qui hésitent davantage entre plusieurs voies de formation » (Dosnon et al., 1997, p. 76). Les données de Dosnon sont issues de la passation de l'échelle de Décision-indécision, une version expérimentale du questionnaire élaboré par Forner en 1994. Par ailleurs, selon cette auteure, la maturité vocationnelle des filles se développerait plus rapidement que celle des garçons ce qui, par le fait même, viendrait influencer lem décision relative à la carrière. Par le passé, d'autres études arrivaient également au même constat (Herr et Enderlein, 1976; Westbrook, 1983, dans Schulenberg, Shimizu, Vondracek et Hostetler, 1988). Enfin, en 2003, l'étude de Guay, Senécal, Gauthier et Fernet a montré, qu'au collégial, les garçons sont plus indécis comparativement aux filles et que la motivation et le contexte interpersonnel (parents, pairs) seraient des facteurs pouvant expliquer cette disparité.

Dans le même ordre d'idées, Dosnon et al., (1997) reprennent les propos d'Omvig et Thomas (1977) et précisent que l'âge des étudiants peut influencer la différence d'intensité de l'indécision ressentie entre les garçons et les filles. En fait, il semble que les garçons présenteraient une plus forte indécision que les filles, car ces dernières mûrissent plus précocement que leurs collègues masculins (Dosnon et al., 1997). À ce sujet, Neice et Bradley (1979) avaient également affirmé que l'âge était une variable ayant un important effet sur la précision des choix vocationnels. Ainsi, tout porte à croire que l'âge influence considérablement les différences entre les garçons et les filles sur le plan de l'indécision vocationnelle. Dans ces conditions, Dosnon et al. (1997) émettent l'hypothèse que

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l'indécision des garçons serait davantage liée à des factems développementaux tandis que pom les filles l'indécision serait principalement associée à des facteurs de personnalité.

Dans une autre étude portant sur l'influence que peut avoir le genre sur les facteurs du Career Decision Scale (CDS) (Osipow, Carney, Winer, Yanico et Koschir, 1976 dans Hartman, Jenkins, Fuqua et Sutherland, 1987), Hartman et al. (1987) ont affirmé que le choix vocationnel des filles serait moins influencé par les désirs et aspirations de leurs proches. Un tel constat repose sur les résultats de ces dernières qui semblaient plus détachées que les garçons à l'item: « J'aimerais choisir une certaine profession, mais cela irait à l'encontre des souhaits d'une personne importante pour moi » (Osipow et al., 1976 dans Hartman et al., 1987, p. 1104). Ainsi, les résultats des filles à cet item illustraient que celles-ci étaient plus indifférentes que les garçons quant à la formulation d'un choix professionnel qui irait à l'encontre des désirs de lems proches. Ces résultats viennent toutefois contredire certaines études antérieures rapportant que les filles accordaient une place plus importante que les garçons à l'égard de leurs familles et relations interpersonnelles (Gilligan, 1982; Miller, 1976; Rubin, 1983; Chusmir, 1983 dans Hartman etal., 1987).

Dans le même ordre d'idées, Swanson et Tokar (1991) ont observé, dans une enquête réalisée auprès d'étudiants et d'étudiantes au collégial, qu'il existe certaines différences entre les garçons et les filles sm le plan de la perception des obstacles qui pourraient freiner les aspirations professionnelles et influencer le choix de carrière. Par leurs analyses, ils ont découvert que les réponses qui concernaient les inquiétudes quant à la conciliation travail-famille ont été fournies principalement par des femmes. En contrepartie, les principaux obstacles indiqués par les garçons étaient davantage d'ordre financier. Ainsi, il semble que les garçons et les filles se distinguent quant à la perception des obstacles qui peuvent influencer lem décision relative à lem vie professionnelle.

En résumé, en ce qui touche les effets du geme sm l'indécision vocationnelle, la recension des études permet de déceler l'existence de certains écarts entre les garçons et les

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filles sm le plan de divers facteurs tels que le développement vocationnel, les anticipations pessimistes, la connaissance de soi, les méthodes de prise de décision (Forner, 2007), l'intensité de l'indécision, la maturité vocationnelle (Dosnon et al., 1997; Vondracek et al., 1990) et enfin, les soutiens et obstacles externes tels que l'influence des proches, la conciliation travail-famille et les aspects financiers (Hartman et al., 1987; Swanson et Tokar 1991).

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CHAPITRE 2

CADRE CONCEPTUEL

Le chapitre précédent a permis d'étayer la problématique de la situation précaire que vivent les garçons en milieu scolaire et la recension des écrits a souligné les différents écarts existants entre les garçons et les filles sur le plan de l'indécision vocationnelle et des parcours scolaires. Cette section présente le cadre conceptuel retenu pom étudier la présente problématique.

Ce cadre conceptuel s'appuie sm les théories du développement de l'individu en abordant la problématique selon trois perspectives : 1- la perspective développementale qui accorde une importance particulière aux événements séquentiels du développement de la personne, 2 - la perspective contextuelle qui envisage le développement vocationnel en relation avec le contexte dans lequel il s'effectue, et 3 - la perspective diachronique qui représente la progression des élèves tout au long de lem parcours scolaire à l'intérieur de l'itinéraire officiel prédéfini par le système d'éducation.

Il est à noter que la présente recherche est de nature exploratoire et compte tenu de la rareté des développements théoriques ou conceptuels permettant d'expliquer à la fois le processus de choix scolaire et professionnel, la réussite scolaire des garçons et le parcours scolaire, la construction d'un cadre conceptuel nouveau qui s'inspire des travaux de divers autems s'avérait nécessaire pour mener cette étude.

2.1 Perspective contextuelle et développementale

Les théories développementales présentent la carrière comme un processus en constante évolution qui progresse de façon continue tout au long de la vie (Bujold et

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Gingras, 2000). Selon ces conceptions, un individu traverse, au fil du temps, quelques stades de développement de sa vie vocationnelle et, à l'intérieur de ceux-ci, il est possible de distinguer différentes tâches développementales et attitudes manifestées par l'individu qui indiquent le degré de maturité vocationnelle présent chez ce dernier (Bujold et Gingras, 2000). Ainsi, les approches à caractère développemental définissent la maturité vocationnelle comme un processus graduel de croissance qui s'effectue tout au long de l'adolescence voire même, de la vie entière. En raison du nombre d'années passées depuis l'élaboration de théories développementales et des nombreuses différences entre la société actuelle et l'époque où les travaux de Super ont été menés, Vondracek et Porfeli (2004) ont remis en question la validité de ces théories et présentent une conception théorique permettant d'étudier le développement de carrière dans sa globalité, à savoir, l'approche contextuelle-développementale.

La structure des familles, la nature des écoles et des communautés a changé, et cela donne un contexte très différent [...] tout cela doit être présent à l'esprit de quelqu'un qui retournerait à Middletown aujourd'hui, pour étudier le développement professionnel de la jeunesse contemporaine, dans la ville même où Super et ses étudiants ont conduit lem recherche révolutionnaire (Vondracek et Porfeli, 2004, p. 9)

Pour représenter le cheminement de carrière en intégralité, Vondracek, Lerner et Schulenberg (1986) ont élaboré une conception du développement vocationnel selon une perspective interactionniste. Selon ce modèle, il importe de considérer les différents facteurs contextuels et personnels d'un individu pom analyser son parcours vocationnel dans son ensemble. Vondracek et al. (1986) s'intéresse donc à l'interrelation entre le développement de la personne et le contexte en constante modification dans lequel elle se situe. Cette conception définit l'identité professionnelle comme le résultat de :

l'interaction dynamique entre une personne en développement et le contexte toujoms changeant, à des niveaux multiples qui incluent la famille d'origine de l'enfant (de l'adolescent), et le réseau extra-familial de l'enfant (de l'adolescent) (les pairs, l'école, le travail à temps partiel), la famille de l'adulte et le réseau extra-familial de l'adulte (relations interpersonnelles, travail), ainsi que les macro-contextes tels que l'environnement

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socioculturel, le marché du travail, les conditions économiques et les progrès technologiques (Vondracek et Porfeli, 2004, p.8).

Ce modèle perçoit donc le développement de carrière comme un processus qui se déroule tout au long de la vie à l'intérieur duquel il importe de considérer divers éléments contextuels (par exemple, la famille, le groupe de pairs, le milieu scolaire, etc.). Par ailleurs, selon l'approche contextuelle-développementale, les individus sont perçus comme des acteurs de lem développement, qui peuvent non seulement s'adapter à leur environnement, mais aussi le modifier et l'influencer à leur façon.

Appliquée à la problématique à l'étude, l'approche contextuelle-développementale permet de constater que différents facteurs environnementaux (scolaires et familiaux) peuvent influencer le parcours scolaire des élèves, ou encore, la construction de leur identité professionnelle. Ainsi, tout au long de leur parcours scolaire les élèves sont amenés à vivre différents événements, à la fois positifs et négatifs, qui peuvent influencer la construction de lem identité professionnelle et, par le fait même, faciliter ou entraver la formulation du choix scolaire et professionnel.

2.2 Perspective diachronique : le parcours scolaire

La présentation du modèle théorique élaboré par Vondracek et al. (1986) est faite dans le but d'illustrer la perspective évolutive du développement de carrière d'un individu et de mettre en lumière l'influence que peut avoir le contexte dans lequel ce dernier évolue. Il met en évidence le fait que la construction de l'identité professionnelle, ou le développement vocationnel, s'avère un processus évolutif et continu en interaction constante avec divers factems environnementaux. Influencé par le contexte dans lequel il se situe, l'étudiant se développe sm le plan vocationnel tout au long de son parcours scolaire. De façon progressive, il traverse différentes étapes pom en arriver à la formulation spécifique d'un choix professionnel. À la fin des études secondaires, l'itinéraire officiel prévu par le système d'éducation oblige les étudiantes et étudiants à prendre une décision

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quant à lem avenir scolaire et professionnel. Or, que se passe-t-il si le parcours scolaire d'un étudiant se déroule plus rapidement que le processus développemental qui lui permet d'arriver à l'énonciation de son choix vocationnel?

La progression du parcours scolaire ne se déroule pas toujoms au même rythme que le développement de carrière des adolescents ce qui entraîne, pour certains, une période d'indécision à l'égard de leurs choix scolaires et professionnels. Doray et al. (2009) expliquent que : « l'orientation s'inscrit en outre dans un processus de construction de l'identité professionnelle qui ne se déroule pas nécessairement au même rythme que les cycles d'études au cours desquels les élèves ou les étudiants ont à prendre des décisions relatives à lem orientation » (Doray et al., 2009, p. 6). Ainsi, au moment de la transition entre les études secondaires et collégiales, la prise de décision vocationnelle peut donc se trouver en synchronicité ou en décalage avec le parcours scolaire, influençant alors l'intensité de l'indécision au sujet des choix scolaires et professionnels. Plusieurs étudiants se voient donc dans l'obligation de prendre une décision hâtive à la fin de leurs études secondaires à propos de lem orientation scolaire et professionnelle ce qui augmente considérablement les risques de modifications éventuelles de leur parcours scolaire (changement de programme d'études, interruption des études, etc).

Les données rapportées dans le chapitre précédent ont illustré ies difficultés plus marquées des garçons tout au long de lem parcours scolaire. Ainsi, le nombre plus élevé de redoublements ou encore l'accumulation de retards scolaires font partie des éléments contextuels' qui rendent le parcours scolaire des garçons plus chaotique et discontinué que celui des filles. Bloomer et Hodkinson (2000) les qualifient d'erratiques et Doray et al. (2009) les définissent comme étant atypiques. La variabilité des parcours scolaires et éducatifs n'est donc plus une situation méconnue par la littérature scientifique et les qualificatifs employés par les différents auteurs illustrent clairement la non-linéarité des parcours empruntés par les étudiants.

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Rappelons que le concept de parcours scolaire représente tous les événements, passés et présents, vécus par les étudiants à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement scolaire (interruption des études) et ayant eu une influence sm lem orientation scolaire et professionnelle (Doray et al., 2009). Charbonneau (2006) fait état de la diversité des parcours scolaires que peuvent désormais emprunter les étudiants et les étudiantes de la présente génération. Voici quelques exemples de bifurcations possibles telles que présentées par Charbonneau (2006).

La bifurcation simple se manifeste par les changements d'orientation professionnelle et traduit une prise de contrôle sur son destin, entraînant également certains retards sm l'insertion socioprofessionnelle. La fausse bifurcation, renvoie à l'arrêt volontaire des études pour une dmée relative chez chaque individu. Selon l'auteure, cette période s'avère parfois bénéfique pour la connaissance de soi et l'expérimentation diversifiée des activités extrascôlaires (petits boulots, voyages, etc.). D'une durée temporaire pom certains, cette interruption peut mener à la reprise ultérieure des études et pour d'autres à une entrée permanente sur le marché du travail. La bifurcation permanente s'avère une adaptation à une multitude de changements dans le cheminement scolaire. En fait, pom ces étudiants ou étudiantes, les changements d'orientation et les bifurcations de parcours « se succèdent sans qu'une orientation claire se dessine » (Charbonneau, 2006, p. 126). Dans ce contexte, la non-linéarité devient un mode de vie perçu positivement, comme un enchaînement d'expériences intéressantes. Selon l'approche développementale, cette succession d'activités scolaires et extrascolaires peut se caractériser comme des essais effectués au corns du stade de réalisation, correspondant généralement au début de l'âge adulte (Bujold et Gingras, 2000). En fait, elles représentent des tentatives parfois fructueuses et parfois infructueuses qui, du coup, permettent d'approfondir la connaissance de soi et des occupations professionnelles.

Charbonneau (2006) met ainsi à l'avant plan la non-linéarité des parcours scolaires empruntés par les étudiants de la génération actuelle. Les divers changements de programmes d'études et d'orientation scolaire, l'interruption et la reprise des études, la conciliation travail-études sont toutes des situations courantes qui « témoignent d'une

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diversité de types de temporalités, de la plus continue et linéaire, à la plus discontinue et chaotique» (Charbonneau, 2006, p. 127). À ce sujet, Bessin et Gaudart (2009) ont également mis en lumière l'effet du geme sur les temporalités reliées à la carrière, démontrant alors que la variable geme peut, à elle seule, influencer la perception du temps et, par le fait même, l'importance accordée à la vitesse de prise de décision relative à la carrière.

Les travaux d'Havet (2006) au sujet du parcours des individus permettent de saisir la complexité et la diversité des parcours possibles de la génération actuelle. Imprévisibles et non-linéaires, les parcours sont aujourd'hui empreints d'événements, de ruptures et de transitions qui se doivent d'être considérés par les chercheurs et intervenants en orientation qui s'intéressent au développement de carrière des individus (Havet, 2006). En utilisant les entretiens biographiques pour mieux saisir les déterminants qui caractérisent les différents parcours, Havet a mis en évidence cinq thématiques à considérer dans l'analyse des parcours. Parmi celles-ci on retrouve le contexte de l'enfance et les facteurs sociaux (âge, sexe, origine sociale), le parcours scolaire et l'entrée dans la vie active. (Havet, 2006). Ainsi, l'auteure souligne que certains factems extérieurs à la personne peuvent influencer le trajet des individus. Cette conception appuie donc la recension des écrits présentée dans le chapitre précédent qui soulignait que le milieu socioéconomique, la structure et la dynamique familiale peuvent s'avérer des facteurs contextuels ayant des effets considérables sur le déroulement du parcours scolaire et sur la réussite des élèves.

Au même titre que le souligne l'approche de Vondracek et al. (1986), Havet (2006) précise que les éléments du contexte tels que le geme ou l'origine sociale peuvent influencer le déroulement du parcours et le développement vocationnel des individus. Toutefois, l'auteure affirme également que les impacts des facteurs environnementaux se modifient en fonction du sens que lem attribue la personne. Elle précise que dans un contexte similaire, deux personnes peuvent réagir de façon complètement différente à la situation. « Chacun s'approprie son expérience en fonction du présent, de sa personnalité, de ses représentations, de son éducation, de sa motivation. L'évaluation des facteurs se fait non seulement en fonction des factems situationnels, mais aussi en fonction des factems

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personnels et relationnels » (Havet, 2006, p. 162). Dans ces conditions, est-il possible que les garçons et les filles soient influencés différemment par certains factems environnementaux lors du passage entre les études secondaires et l'arrivée à l'enseignement supérieur ?

Indépendamment du geme, le passage du secondaire à l'enseignement collégial affecte la population étudiante et selon Dixon Rayle et Chung (2007), cette expérience constitue une source de stress considérable pour les jeunes qui débutent à l'enseignement supérieur. Excessif pour certains, le stress vécu au cours de cette transition peut affecter négativement l'intégration, la performance scolaire et la persévérance des étudiants et étudiantes. En s'appuyant sur la théorie de Schlossberg (1989), Dixon Rayle et Chung (2007) précisent le concept d'intégration et emploient la notion de mattering qu'ils définissent comme étant le sentiment de compter aux yeux des autres, ou encore, pom l'établissement fréquenté, et son opposé, c'est-à-dire, le concept de marginalité qui désigne le sentiment de ne pas être accepté par ses pairs. La position occupée par les étudiants et étudiantes entre ces deux pôles influence directement le déroulement de leur première année d'études. Par leur recherche, les auteurs ont observé que le soutien social a un important effet sur le sentiment d'appartenance au collège (mattering) et que le soutien familial joue un rôle positif sur le stress vécu par les étudiants et les étudiantes de première année. En outre, le soutien des pairs influence particulièrement l'intégration scolaire des garçons.

Tremblay et al. (2006) affirment qu'il existe quatre formes d'intégration venant influencer la performance scolaire. Ce sont : l'intégration vocationnelle, scolaire, institutionnelle et sociale. En analysant ces formes d'intégration, on constate que l'intégration vocationnelle, qu'ils définissent comme la détermination de buts clairs associés à des aspirations personnelles et professionnelles, aurait une influence significative sm la motivation et l'investissement des étudiants dans lems projets scolaires (Tremblay et al., 2006). Or, tel qu'il a été mentionné précédemment, il semble qu'une importante proportion de la population étudiante n'aurait pas clairement défini ses choix scolaires et

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professionnels avant l'inscription au collégial, et, de ce fait, la motivation à l'égard des études s'en trouverait affectée.

Doray et al. (2009) précisent que les nombreuses possibilités relatives à l'orientation scolaire et professionnelle offertes aux étudiants et étudiantes à la fin de leurs études secondaires font partie des éléments contextuels pouvant influencer la non-linéarité des parcours scolaires. Dans ces conditions, l'indécision vocationnelle serait également un facteur déterminant dans la progression scolaire des étudiants et étudiantes. Ainsi, l'absence de certitude à l'égard de la formation future peut occasionner de nombreuses bifurcations dans le parcours scolaire telles qu'un retour en arrière pom l'obtention de préalables à la suite d'un changement de programme d'études ou l'abandon des études collégiales pour la formation professionnelle, au secondaire (CSE, 2002).

Au vu de ces affirmations, est-il justifié de croire que les difficultés que rencontrent les garçons tout au long de leur parcours scolaire peuvent influencer leur certitude à l'égard de leurs choix scolaires et professionnels futurs? Les événements perturbateurs du parcours scolaire vécus au secondaire peuvent-ils avoir un lien avec l'indécision vocationnelle à l'arrivée au collégial? Tel qu'il a été rapporté dans le chapitre précédent, Neice et Bradley (1979) ont observé que l'âge était une variable ayant un effet important sur la précision des choix vocationnels. Or, est-ce simplement l'âge qui influence la capacité de formuler un choix à propos de son avenir, ou plutôt les expériences et les événements vécus au cours du parcours scolaire qui s'avèrent des factems déterminants dans le processus de prise de décision? Dans quelles mesmes les facteurs environnementaux qui caractérisent les différentes sphères de vie des adolescents (milieu scolaire, famille, etc.) ont-ils une influence sm l'indécision vocationnelle de ces derniers?

2.3 Objectifs et hypothèses de recherche

L'objectif général de cette étude est de mettre en évidence la problématique liée aux inégalités scolaires entre les sexes en analysant l'influence des événements perturbateurs du

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parcours scolaire et des caractéristiques sociodémographiques sm la précision des choix vocationnels des garçons à l'arrivée au collégial et en s'appuyant sm des comparaisons selon le geme.

Plus précisément, les objectifs spécifiques poursuivis par le présent projet de recherche sont les suivants :

1. Dégager les différences significatives entre les garçons et les filles à leur arrivée au collégial sur le plan des caractéristiques sociodémographiques (scolarité des parents et la perception des étudiants au sujet de l'importance accordée par les parents à l'égard des études postsecondaires), des événements perturbateurs du parcours scolaire (redoublement, interruption des études, non obtention du diplôme d'études secondaires) et de l'indécision (scolaire, professionnelle et les six sous-échelles de l'Épreuve de décision, forme scolaire, Forner, 2009).

2. Déterminer s'il existe un lien entre les caractéristiques sociodémographiques, telles que la scolarité des parents, et la perception des étudiants et étudiantes face à l'importance accordée par les parents aux études postsecondaires, et les événements perturbateurs du parcours scolaire.

3. Évaluer l'incidence des événements perturbateurs du parcours scolaire et des caractéristiques sociodémographiques sur le degré d'indécision des garçons et des filles à leur arrivée au collégial.

La question qui guide la présente étude est : tenant compte de la scolarité des parents et de la perception qu'ont les étudiants au sujet de l'importance accordée par les parents à l'égard des études postsecondaires, quelle est l'influence des événements perturbateurs du parcours scolaire sur l'indécision scolaire et professionnelle des garçons à leur arrivée au collégial?

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L'hypothèse générale de recherche est la suivante : il existe un lien entre les événements perturbateurs du parcours scolaire des garçons, leurs caractéristiques sociodémographiques et l'indécision vocationnelle à leur arrivée au collégial. Cette hypothèse générale se décline en trois hypothèses particulières formulées ci-dessous. La figure 1 à la page suivante illustre le lien entre ces hypothèses de recherche, le cadre conceptuel et les variables à l'étude.

Hypothèse 1 : Peu importe leur programme d'études au collégial, les garçons sont susceptibles d'avoir vécu un plus grand nombre d'événements ayant perturbé leur parcours scolaire au secondaire (redoublement de cours et d'année complète, interruption des études, non obtention du DES), en comparaison avec leurs homologues féminins.

Hypothèse 2 : Une scolarité secondaire ou moindre chez le père et une perception d'une moindre importance de la part des parents en ce qui concerne la fréquentation des études postsecondaires, seraient liées à une plus forte présence d'événements perturbateurs du parcours scolaire chez les garçons.

Hypothèse 3 : Les caractéristiques sociodémographiques et les événements perturbateurs du parcours scolaire des garçons influent sm l'indécision scolaire et professionnelle à leur arrivée au collégial, c'est-à-dire, leur capacité à choisir un programme d'études et une occupation future.

En soumettant ces hypothèses à la vérification empirique, nous serons en mesure de dresser un portrait plus précis de la population étudiante qui débute au collégial, en particulier les garçons, et de préciser les éléments de problématique sous-jacents aux écarts entre les garçons et les filles dans le système éducatif québécois. Ainsi, la présente recherche exploratoire et quantitative permettra de brosser un portrait de la situation des garçons dans le processus de transition au collégial. Sur le plan scientifique, cette étude permettra d'apporter un élément additionnel de connaissances à propos des facteurs explicatifs de la situation scolaire plus précaire des garçons. Enfin, l'aspect novateur de

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notre étude réside dans la combinaison de l'analyse des parcours au secondaire associée à une mesure d'indécision vocationnelle, un angle nouveau pom étudier la situation scolaire plus précaire des garçons, largement mise en évidence par les indicateurs et recherches québécoises.

Références

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