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Contribution à l'étude de la peptogénie · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1896-97 Ko 30

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE

de

LA PEPTOGÉNIE

**T —TTii

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenuepubliquement le 9 Décembre 1896

PAR

Pierre-Hippolyte-Emile MAGE

Ancien interne des Hôpitaux de Bordeaux

Ancien aide d'anatomie de la Faculté de Médecine deBordeaux Lauréat de la Faculté de Bordeaux (Médaille d'argent, concours 1892)

Lauréat du concours d'externat des Èôpitaux (concours1894)

Membre de la Société d'Anatomie et de Physiologie normales et pathologiques de Bordeaux

Né à Boussac (Creuse), le 21 septembre 1871.

MM. FERRÉ, professeur... Président.

de NABIAS, professeur... \ MESNARD, agrégé >Juges.

CASSAËT, agrégé )

Le Candidatrépondra aux questions qui lui serontfaites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.

Examinateurs de la Thèse

BORDEAUX

IMPRIMERIE Y. CADORET

'17 rue montméjan 17

1896

(2)

FACULTÉ

DE

MÉDECINE

ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. PITRES Doyen.

PROFESSEURS MM. MICE.,

AZAM Professeurs honoraires.

Clinique Interne.. . . Cliniqueexterne.A. A Pathologie interne....

Pathologieetthérapeu¬

tiquegénérales Thérapeutique

Médecineopératoire...

Clinique d'accouchements

Anatomiepathologique

Anatomie

Anatomie générale et histologie

MM.

PICOT.

PITRES.

DEMONS.

LANELONGUE.

PUPUY.j

VERGELY.

ARNOZAN.

MASSE.

MOUSSOUS.

COYNE.

BOUCHARD.

VIAULT.

Physiologie Hygiène

Médecine légale Physique

Chimie

Histoire naturelle Pharmacie Matière médicale

Médecine expérimentale...

Cliniqueophtalmologique.

Clinique

Clinique gynécologique..

MM.

JOLYET.

LAYET.

MORACHE.

BERGONIE.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

deNABIAS.

FERRÉ.

BADAL.

PIÉCHAUD.

BOURSIER.

AGREGES EN EXERCICE :

section de médecine (Pathologie interneet Médecine légale).

MM. MESNARD.

CASSAET.

AUCHE.

MM. SABRAZES.

Le DANTEC.

Pathologieexterne

section de chirurgie et accouchements MM. VILLAR.

BINAUD.

BRAQUEHAYE

Accouchements MM. RIVIERE.

CHAMBRELENT.

Anatomie.

section des sciences anatomiques et physiologiques

S MM. PRINCETEAU. I Hhysiologie MM. PACHON.

CANNIEU. Histoire naturelle BEILLE.

section des sciences physiques

Physique MM. SIGALAS. | Pharmacie M. BARTHE.

Chimie etToxicologie.. DEN1GÈS. |

COURS COMPLÉMENTAIRES :

Cliniqueinterne desenfants MM. MOUSSOUS.

Cliniquedes maladies cutanéesetsyphilitiques DUBREUILH.

Cliniquedes maladies des voies urinaires POUSSON.

Maladies dularynx, des oreillesetdu nez MOURE.

Maladies mentales RÉGIS.

Pathologie externe DENUCÉ.

Accouchements RIVIÈRE.

Chimie DENIGÈS.

Le Secrétaire de la Faculté: LEMAIRE.

Pardélibérationdu 5 août 1879, la Facultéaarrêtéqueles opinionsémisesdans les Thèses qui lui sont présentées doivent être considérées comme propres à leursauteurs, et qu'elle n'entend leurdonner ni approbation ni impiobation.

(3)

A LA MÉMOIRE DE MON PÈRE

A MA MÈRE

A MES FRÈRES

A MES PARENTS

A MES AMIS

(4)
(5)

À Monsieur le Docteur LANDE

Médecin desHôpitaux.Médecin légiste.

Chevalier de laLégion d'honneur.

A MES MAITRES DE LA FACULTÉ ET DES HOPITAUX

A Monsieur le Docteur MASSE

Professeur deMédecine opératoire à la Faculté de Médecinede Bordeaux.

Officier del'Instruction publique.

(6)

A MES CAMARADES D'INTERNAT

Cordial souvenir ; et en particulier à notre excellent ami le DocteurBreffeil, méde¬

cinrésidant del'hôpital Saint-André.

(7)

A mon Président de Thèse

Monsieur le Docteur FERRÉ

ProfesseurdeMédecine expérimentale àla Faculté de Médecine de Bordeaux, Officierd'Académie.

(8)
(9)

AVANT-PROPOS

A la veille de quitter la Faculté et les Hôpitaux, nous som¬

mes heureux de pouvoir publiquement exprimer à nos maîtres

notre reconnaissance.

Pendant les deux ans que nous sommes resté aide d'anato- mie à la Faculté, MM. Masse, Bouchard, Princeteau, Villar

nous ont appris à aimer l'anatomie et la médecine opératoire.

Nous vouons ànos professeurs l'expression de notre plus sin¬

cère gratitude.

Nous nous souviendrons toujours avecplaisir desdeuxannées passées comme stagiaire et externe dans le service de M. Du-

bourg ; elles compteront parmi les plus utiles de notre exis¬

tence.

Nousavonsdébuté commeinterne dans le service de M. Lande.

C'est ici que nous avons bien des dettes de reconnaissance à

acquitter. Que de fois, dans lecours denotre carrière médicale,

nous serons heureux de mettre en pratique les principes clini¬

ques que notre excellent maître savait nous enseigner dans ses

longues causeries au lit du malade ! Nous sommes heureux de la direction qu'il a donnée ànos études médicales etnous n'ou¬

blierons jamais les circonstances qui nous ont permis d'appré¬

cier sa rare bonté, et de tout cœur nous lui exprimons notre reconnaissance et dévouement.

Nous adressons à MM. Bouvet etDumur, dont nous avons été l'internependant des mois trop courts,nosplus sincères remer¬

ciements.

Mage 1*

(10)

iO

C'est à plus d'un titre que M. le professeur agrégé

Auché

mérite toute notre reconnaissance; nous avons été son interneà

l'hôpital, son élève à la Faculté.

Que M. le D1 Beaudrimont, pour tout ce qu'il a fait pour nous dans le peu de temps que nous sommes resté son interne, reçoive l'assurance de notre sincère reconnaissance. Nous regrettons que des circonstances inattendues nous empêchent

de profiter plus longtemps de ses excellents conseils et de ne pouvoir par notre dévouement lui témoigner notre vive grati¬

tude.

M. le professeur Vergely et M. le professeur agrégé Cassaët

ont droità tous nos remerciements pour les indications si pré¬

cieuses qu'ils ont bien voulu nous fournir pour notre thèse.

Nous gardons de M. Courtin, chirurgien des hôpitaux, une éternelle reconnaissance pour nous avoir préparé au concours d'internat.

Nous adressons à M. Sellier, chef des travaux pratiques de physiologie, nos remerciements les plus sincères pour nous

avoir inspiré le sujet de notre thèse.

M. le professeur Ferré nous permettra de lui réserver une

place à part dans ce tribut de reconnaissance.

Pendanttoute la durée de nos études, il a bien voulu s'occu¬

per de nous avecbeaucoup de bienveillance; il a été pour nous le guide le plus précieux qu'un étudiant puisse rencontrer pen¬

dant le cours de ses études. Il vient encore de nous donner une

preuve nouvelle de l'affectueux intérêt qu'il nous a toujours témoigné en acceptant la présidence de notre thèse; nous en

sommes d'autant plus heureux que nous conserverons ainsi toujours le souvenir du meilleur des maîtres.

Qu'il reçoive le témoignage de notre reconnaissance et de

notre profond dévouement.

(11)

CONTRIBUTION A L'ÉTUDE

DR

LA PEPTOGÉNIE

INTRODUCTION

Dans le sucgastrique, ily a deux éléments essentiels : l'acide chlorhydrique et la pepsine; si l'un des deux vient à manquer, l'élaboration des albuminoïdes dans l'estomacestimpossible.

La pepsine seule nous occupera; nous nous restreindrons

même et n'étudierons que le phénomène de la peptogénie qui

intéresse également le physiologiste et le médecin.

Pour donner une notion d'ensemble de cette fonction de

l'estomac, nous reproduisons textuellement un passage que

nous trouvons dans le traité de physiologie de nos maîtres,

MM. les professeurs Viault, Jolyet, Ferré, Bergonié :

« L'excitation mécanique de la muqueuse stomacale ne fait apparaître qu'unsuc acide mais sans pepsine, tandis que l'ex¬

citationproduitepar les aliments amène la sécrétion d'un suc

riche en ferment. Schiff a fondé sur ce fait une théorie déjà esquissée par Corvisart. Pour lui la formation de la pepsine dépend de certaines substances dites peptogènes(bouillon, dex- trine, peptone), qui doivent être introduites dans le sang par

(12)

- 12 -

l'absorption afin d'arriver

dans les capillaires des glandes et

d'y fournir aux cellules

les matériaux de la pepsine. S'il n'y

a

pas de peptogènes

dans le

sang,

les glandes

ne

sécrètent

que

du suc acide impropre à la digestion. En

injectant de la dex-

trine dansle sang d'un lapin, celui-ci a pudigérer ensix heures

75 grammes d'albumine,

c'est-à-dire plus qu'un chien quatre

fois plus gros.

Les

peptogènes

des aliments seraient absorbés

parl'estomac et,

revenant rapidement dans les capillaires péri-

glandulaires de

la

muqueuse,

faciliteraient la formation de la

pepsine ».

C'est auprofesseur

Schiff

que

revient l'honneur d'avoir décou¬

vert cette importante fonction.

Après lui,

bien des physiologistes

se

sont occupés des subs¬

tances peptogènes,

mais

une

expérimentation clinique, métho¬

dique etrigoureuse reste à

faire

;

aussi,

voyons-nous

la plupart

de nos traités de thérapeutique mentionner l'emploi de ces substances comme nutriments, mais non commepeptogéniques.

C'estlà, à notre avis, un oubli regrettable.

Dans certains cas de maladies longues, dans beaucoup de

convalescences de maladies graves,une diète prolongée a éténécessaire, il arrive bien souvent que les tentatives, même

les pluslégères,

d'alimentation, causent des accidents dange¬

reux, parce que l'estomac

semble avoir perdu l'habitude de

sécréter. C'est ainsi que, dans certaines

affections du foie, du

rein, de l'estomac, dans la fièvre

typhoïde

et

dans bien d'autres

cas où lerégime liquide est imposé,

l'estomac

se

révolte quand

il faut revenir au régime ordinaire, la guérison est entravée;

« si bien que des malades

qui auraient guéri s'ils eussent été

soutenus, meurent, sans avoir eu, pour

ainsi

dire,

le

temps

de

guérir ».

(Corvisart).

Combien sont nombreuses les maladies qui retentissent sur l'estomac et, en enrayant ses fonctions, hâtent

la

mort!

Com¬

bien de fois, dans tous ces cas, les praticiens, pénétrés

de

ces vérités, n'essayent ils pas de

nourrir les malades

en

leur don¬

nant des aliments, mais le défaut de principe digestif fait que

ces derniers ne sont point digérés ! Notre

travail, basé

sur

de

(13)

nombreuses observationscliniques, nous permetde croire qu'on peut réellement améliorer l'état de ces malades convalescents qui refusent toule alimentation.

Schiff, qui le premier a appliqué ses découvertes à la clini¬

que, dit : « Qu'on peut nourrir ceux dont l'estomac, par fai¬

blesse ou impuissance, ne digère point ».

Dans son enthousiasme pour sa découverte,Schiff a-t-il peut-

être exagéré; mais nous espérons établir comme un fait clini¬

que certain que, pour sipeu que l'estomac soit actif, les pepto- gènes sont un adjuvant puissant de la digestion, et qu'ils sont

doués d'une propriété thérapeutique dont certains malades peuvent retirer le plus grand profit.

C'est là le but que nous avons cherché à atteindre, mais nous

avouons que notre tâche est bien au-dessus de nos efforts. Dans

cette étude les obstacles se dressent à chaque pas. Les expérien¬

ces physiologiques, chimiques, cliniques sont hérissées de diffi¬

cultés; et à la veille de présenter à nos juges le travail qui doit

couronner nos études, nous reconnaissons que malgré les longs

mois que nous y avons sacrifiés nous n'avons pas épuisé tout

notre sujet.

Nous ne nous occuperons que de la peptogénie stomacale.

Mais lespeptogènes agissent égalementsurlepancréas. Schiffet

Corvisart sont arrivés à la conclusion suivante :

« La dextrine fournit au sang une matière apte à développer

dans le pancréas le ferment particulier qui digère les corps albuminoïdes ». Il y a encoreun nouveau sujet à traiter.

Le plan que nousavons suivi dansnotretravailestle suivant :

Après unhistoriquerapidenous relatons dansun mêmechapitre

les expériences fondamentales de Schiffet nos expériences per¬

sonnelles.

Nous consacrons ensuite un long chapitre aux observations cliniques; elles sontclasséesméthodiquement. Nousavonsappli¬

qué la peptogénie non seulement dans la plupart des affections

de l'estomac, mais aussi dans un certain nombre de maladies

une suralimentation était nécessaire. 11 y a certains cas dans lesquels on commettrait une réelle faute enles employant; dans

(14)

- 14

d'autres au contraire leur emploi est utile et nécessaire aux malades.

Nous avons réservé un chapitre spécial pourle mode d'emploi

des peptogènes.

Nos conclusions terminent notre travail.

(15)

HISTORIQUE

Un historique complet de la digestion n'entre point dans le

cadre de notre sujet.

Depuisles mémorablestravaux de Spallanzani sur les diges¬

tions artificielles, le suc gastrique a été l'objet de recherches

incessantes. Nous citerons les noms de Réaumur, Braconnot, Tiedmann, Gmelin,- Beaumont, Blondlot, Corvisart; ce sont eux

qui contribuèrent le plus aux progrès de la physiologie stoma¬

cale.

Tiedmann sacrifiaitunanimalàunmomentprécis de la diges¬

tion, et ses expériences ont porté sur plusieurs centaines de

chiens.

Beaumont avait un chasseur canadien affecté d'une fistule sto¬

macale.

Blondlot pratiquait ainsi que Claude Bernard desfistules sto¬

macales.

Montègre avait la faculté de vomir volontairement.

Enfin nous arrivons à Schiff(1865). Avec une méthode et une

précision extrêmes il reprittoutes les expériences de ses prédé¬

cesseurs et parmi les nombreuses découvertes qu'il fît, il mit en lumière d'une façon complète le phénomène de la peptogénie.

Le point de départ de sa découverte a été une observationde

Blondlot qui avait remarqué que le sucgastrique, retiré par une irritation mécanique de l'estomac à jeun, était inactif. A son tour Schiff, à la suite d'une série d'expériences, démontraquele

suc, retiré de l'estomac dans les conditionsindiquéesparBlond¬

lot, était dépourvu de propriétés digestives et ne contenait que

(16)

peu ou pas depepsine. C'est ainsi que, par l'introduction dans

l'estomac de matières inertes, comme des cailloux, on produit

une sécrétion plus oumoins abondante, mais incapable de digé¬

rer des substances albuminoïdes. Pour faire sécréter « un véri¬

table suc gastrique », il faut que « certaines substances aientété

introduites dans le sang »; ce sont ces substances, appelées par Schiffpeptogènes, qui vont fournir auxcellules dites principales

de l'estomac les matériaux de la pepsine.

On admet aujourd'hui que, dans ces cellules, on trouve, non pas de la pepsine, mais un zymogène « mère du ferment »

appelée propepsine; cette substance, soluble dans l'eau et dans

laglycérine,ne digère pas les albuminoïdes, mais se transforme

très facilementen pepsine, surtout parle contact deIICl étendu.

Nous ne pousserons pas plus loin cet historique;aprèsSchiff,

il restait peu à faire au point de vue expérimental; le côté cli¬

nique seul est à compléter.

Nous ne pouvons cependant passer sous silence l'opinion de

Paul Bert sur la peptogénie. Qui veut trop prouver, dit-il, ne prouve rien. « J'avoue que de pareils chiffres me donnent plus

de défiance pourla méthodeque d'enthousiasme pour les résul¬

tats ».

Il fit une seule expérience sur deux chiens et arriva à des conséquences diamétralement opposées à la théorie de Schiff.

Il termine son travail en disant :

« Certes, je me garderai de rien conclure, mais de pareils

faits ne portent-ils pas avec eux un enseignement? ».

Malgré l'opinion de Paul Bert, nos expériences personnelles

tendent à affirmer l'opinion de Schiff.

Lephénomène de la peptogénie a acquis aujourd'hui droit

de cité dans la science et nos professeurs ont mission de nous

l'enseigner.

A notre Faculté, c'est M. le professeur Ferré, il y a quelques années, en remplaçant le regretté professeur Oré, qui faisait

devant ses auditeurs des expériences très concluantes sur la peptogénie.

(17)

PEPTOGÉNIE EXPÉRIMENTALE

L'étude de la digestion stomacale reçut une impulsion nou¬

velle quantEberle, en1834, parvint à préparer un suc gastrique

avec lequel on pouvait faire des digestions artificielles. Il infu¬

sait dans de l'eau la membrane muqueuse de l'estomac. Cette

infusion possède les propriétés caractéristiques du suc gastrique

naturel etle procédé d'Eberle nous sera d'un grand secours

pour toutes les études qui vont suivre. Les premières expé¬

riences d'Eberle sur le pouvoir digestif des infusions stomacales

ne furent pas toujours suivies de succès. Les aliments, au lieu

d'être digérés, passaient souvent à la putréfaction. Ces insuccès

tenaient à deux causes : la première fut signalée par Gmelin, professeurà l'Université de Heidelberg ; la deuxièmepar le pro¬

fesseur Schiff. Gmelin démontra que le suc gastrique actif doit toujours être acide et Schiffque la sécrétion stomacale n'estpas

continue, mais intermittenteetne déverse sesproduitsaudehors

que sous l'influence de certainesirritations périodiques. Aussile procédé d'Eberle ne peut-il être applicable à l'estomac qu'à un

moment donné de l'activité de cet organe.

Nous avons mis à profit les observations de Gmelin et Schiff

et avec cette méthode parinfusion d'Elerbe nous avons pu obte¬

nir detrèsbonnes digestions artificielles. Ce procédénousdonne

à chaque instant la mesure du pouvoir digestif de la

totalité de

l'estomac.

Dansnos expériences sur la peptogénie, nous avions

besoin

de déterminer l'état de l'estomac à un moment précis; à ce

moment, il fallait arrêterl'absorption etl'excrétion de l'organe;

le meilleur procédé pour atteindre ce but était de

sacrifier

Mage -

(18)

18

l'animal. On arrête ainsi l'horloge à l'heure voulue, comme le

disait Schiffqui a beaucoup employé ce procédé par infusion.

Il en a retiré de si bons résultats qu'il a pu dire : « Le procédé

par infusion est, sans contredit, celui dontl'application a le plus

contribué à faire avancer nos connaissances sur le chimisme de la digestion stomacale; aussi voit-onjournellement tomber dans

les erreurs les plusgrossières les physiologistes qui en ont mé¬

connu la valeur ».

Nous indiquons notre mode opératoire à propos de chaque expérience.

Nous nous sommes également servi de fistules gastriques.

Notre excellent ami M. le Dr Beylot, préparateur d'histologie,

a bien voulu nous prêter son bienveillant concours pour ces

expériences qui lui sont familières.

Pour établir une fistule gastrique, il y a plusieurs procédés :

Bassow, Blondlot, Schiff, Claude Bernard.

Nous avons employé le procédé de M. le professeur Ferré.

Avant d'exposer nos expériences, nous croyons utile de faire

une étude succincte de la pepsine pour prouver à combien de mécomptes on s'expose ense servant de ce produit. C'est ainsi

que les titres peuvent varier de 10 à 500 (nous expliquerons

dans le cours de ce chapitre ce qu'on entend par titre d'une pepsine.

La pepsine est un ferment soluble du sucgastrique. Entrevue

par Beaumont et Millier, elle a été découverte par Schwann en

1836 et isolée seulement en 1839 par Wasmann et Papenheim.

C'est Corvisart qui l'a introduite dans lathérapeutique.

Elle est sécrétée par les cellules principales, adélomorphes

des glandesgastriques. Ellen'estpas un composé chimiquement défini, elle appartient au groupe des fermentssolubles, qui pré¬

sentent « comme propriétés générales la faculté d'adhérer aux

précipités pulvérents que l'on provoque dans leurs solutions, de

nepastraverserles membranesdialysantes, d'être solubles dans

certains véhicules comme la glycérine, et enfin de perdre leur

actionphysiologique lorsqu'on les chauffe à une certaine tem¬

pérature, 80° » (Delbove).

(19)

19 -

La pepsine n'existe pas à l'état de produit complet dans les

cellules ; celles-ci ne contiennent qu'une substance inactive appelée propepsine parSchiffet qui se « transformeen pepsine

sous l'influence de IICl dilué » (Debove).

Les procédés de fabrication sont nombreux.

Pepsine anglaise. On racle les estomacs de porc, de veau

ou de mouton etl'on fait dessécher à basse température (35 à 40°) le magma obtenu. Ce produit est très altérable.

Pepsine allemande. Elle esttrès impure, elle renferme des phosphates et sulfates de chaux. Pour l'obtenir on traite des

estomacs parl'eau acidulée d'acide pliosphorique ou sulfurique,

on filtre et on précipite parl'eau de chaux, il se forme un pré¬

cipité calcique qui entraine la pepsine.

Or, au lieu de reprendre la pepsine dans une deuxième opé¬

ration, ontermine là la fabrication, d'où la vente d'un produit

défectueux.

Pepsine américaine. C'est un saccharure de pepsine à haut

titre; la pepsine qui y entre est obtenue enfaisant macérer pendant plusieurs jours des estomacs de porc dans de l'eau

acidulée de HC1, et, après filtration, en saturant la liqueur par deux fois son poids de NaCl le ferment monte à la surface du liquide devenu très dense; on le recueille, on le lave et on le mélange avec du sucre de lait.

Procédés français. Le codex français ne donne plus de procédé de fabrication officielle de la pepsine; l'ancien codex

donnait unprocédé inapplicable, aussi les producteurs depep¬

sine ont-ils chacunun procédé spécial.

Il est regrettable qu'on ne songe pas à utiliser le glycériné

de pepsine, nous en avons préparé pour nos expériences per¬

sonnelles; ce produit est à untitre beaucoup plus élevé que la grande moyenne des autres pepsines, il varie entre 70 et 100.

Nous avons simplement fait pendant 48 heures et à 40° une infusion de muqueuse stomacale d'un animal peptonisé une heure avant sa mort.

La pepsine se présente dans le commerce français sous trois

(20)

- 20 -

formes : pepsine en paillettes,

pepsine extractive, pepsine

amy¬

lacée.

Cette troisième forme prête à la falsification et

cependant

c'est la seule qui figure au

codex

et

qu'on puisse prescrire ha¬

bituellement, parce qu'on est certain

de la

trouver

dans toutes

les officines : c'est un mélange à titre variable (20ou 24)

d'ami¬

don et de pepsine.

La pepsine amylacée

du codex doit titrer 20, c'est-à-dire

que

20 gr. de fibrine de porc doivent être

peptonisés

par

1

gr.

de

pepsine à la température

de 50°

et

pendant 6 heures. Voici

comment s'effectue le titrage d'après le codex : dansun

petit

flacon on met 10 gr. de pepsine de porc, 50 gr.

d'eau distillée

acidulée avec de 1IC1 (0 gr. 60) et 0 gr. 50de

pepsine. Le flacon

est placé dans une étuve à 50°

pendant 6 heures;

on

agite de

temps en temps. Au

bout de

ce temps

la peptonisation doit être

complète, c'est-à-dire que

l'acide nitrique

ne

doit

pas

troubler

laliqueur filtrée.

Le titre des pepsines varie de 50 à

500 (Dujardin-Beaumetz).

On livre souvent des produits qui ne titrent pas

plus

que

4

ou 6 et qui cependant dissolvent 40 à

50

gr.

de fibrine. Ces

produits frauduleux

renferment souvent

un

acide qui leur

per¬

met de transformer l'albumine en albuminose, produit soluble

mais quiprécipite par

l'acide nitrique, réaction qui

ne se pro¬

duit pas avec les peptones.

L'étude de la pepsine ne serapas poussée

plus loin, elle est

suffisante pour prouver

combien

ce

produit est impur, combien

il estvariable dans sa composition.

Nous pourrions endire autant

des peptones. Cependant entre

les mains de quelques fabricants,

les

peptones

sont suffisam¬

mentbien préparées pour être

employées

en

thérapeutique.

C'est parl'action

combinée de HC1 et de la pepsine

que

les

matières albuminoïdes se transforment en peptones, pourvu que la température

soit suffisante. Cette transformation

se

fait

en plusieurs stades.

Le premier est

représenté

par

la syntonine

ou

acidalbumine

précipitée par l'acide

azotique, elle apparaît dès le premier

quart d'heure de la

digestion.

(21)

Dans un deuxième stade, cette syntonine se transforme en

propeptone ou

hémialbuminose, enfin

au

troisième stade

appa¬

raissent les peptones.

Meissner décrit une série de composés, susceptibles de pren¬

dre naissance pendant une digestion de

substance albuminoïde

: parapeptone, métapeptone,

dyspeptone, peptone A B C. A et B

sont précipités parle ferrocyanure

de potassium, la peptone C

ne l'est point et elle serait la seule

absorbable. Ce qui est

cer¬

tain c'est que la propeptone est un composé

complexe. Et

au¬

jourd'hui ontend à

abandonner la dénomination de Meissner et

on dit quedans ledeuxième

stade de la digestion, il

se

forme

une

série de composés qu'on a

réunis

sous

la dénomination de

pro¬

peptone

(protoalbuminose, dysalbuminose, heteroalbuminose,

deuteroalbuminose).

Les procédés employés

dans l'industrie

pour

la préparation

des peptones sont à peu

près les mêmes. Les proportions des

éléments mis en présence sont :

6 gr. de HCl de densité 1,18 pour 1000 gr.

d'eau.

Pepsine extractive 10 gr. pour500gr. de viande

hachée.

Température de 44° à -48°.

Durée de ladigestion, de 20 à24 heures.

Une solution de peptone dans

l'eau

ne

doit

pas

précipiter

par l'acide

azotique.

Avant d'exposer nos

expériences personnelles

nous

allons

reproduire

l'expérience fondamentale de Schiff qui lui a fait

découvrir le phénomène

de la peptogénie.

Expérience I

Chienvorace,grandetfort, à

fistule stomacale spacieuse. Repas

copieux de

viande de cheval, jusqu'à satiété complète. Le chien

est enfermé jusqu'au

lendemain,

sans

nourriture. L'estomac

étant trouvé vide au bout de 12 à 14heures, on

introduit

par

la

fistuleun poids

déterminé d'albumine cuite.

(22)

22 -

(Notons quel'estomac estépuiséparunrepasd'épreuve).

Au bout de six heures on constate que l'albumine estintacte.

L'expérience est répétée cinq fois, le résultat est toujours le

même.

Il fait deux autres expériences en laissant boire à l'animal

de l'eau; le résultat esttoujours le même.

L'eau est remplacée par 20 gr. dedextrine; 4 gr. d'albumine

sont dissous; si on fait usage de viande crue aulieu de dextrine

il y a 5 gr. 1, d'albumine dissous.

Il varie ses expériences et arrive à la conclusion suivante :

« Après l'achèvement d'une digestion copieuse, le pouvoir digestif de l'estomac vide, par rapport à l'albumine, est à peu

près nul; mais il augmente en proportiontrès notable, lorsque,

avec l'albumine, on introduit dans l'estomac une quantité

modérée de certains autres aliments ».

De multiples expériences lui permettent d'affirmer qu'après

la fin de la digestion d'un repas copieux, l'estomac renferme

un liquide acide mais dépourvu de pepsine, et si l'on fait prendre des peptogènes (dextrine, bouillon), ce liquide acide

devient peptique.

Expérience II

Voici une autre expérience de Schiff bien caractéristique;

nousla reproduisons in extenso.

On introduit dans l'estomac d'un chien, après une digestion préparatoire, une quantité mesurée d'albumine cuite. On per¬

met à l'animal de boire ou l'on injecte de l'eau par la fistule.

Au bout de 6 heures, l'albumine est inattaquée.

On replace le sac de tulle avec la portion d'albumine et en même temps on injecte, par la fistule, de l'extrait aqueux de

viande crue, extrait préparé àfroid par le massage rapide dans

l'eau.

Au bout de 5 heures, l'albumine a diminué considérablement et proportionnellement à la quantité d'extrait injectée.

(23)

Expérience III

M. le professeur Ferré a répété

dans

son cours, comme démonstration, une expérience de Schiff sur

la peptogénie. En

voici le résumé :

Deux chiens, d'un poids àpeu près le même,

font chacun

un

fort repas d'épreuve. Douze

heures après, ils absorbent

une

même quantité de viande;

seulement l'un d'eux, A,

a

pris,

une

heure avant son repas, une substance peptogène

(solution de

dextrine par la voie rectale); ils sont

sacrifiés

en

même temps

en pleine digestion. Chez

le chien A, elle est beaucoup plus

avancée que chez l'autre.

M. Ferré fait remarquer que l'expérience n'est

cependant

pas

absolumentdémonstrative.

Expérience IV (personnelle).

Trois lapins sont sacrifiés

àjeun;leur poids

est

compris entre

1,700 et 1,800 gr. Deux ont été

peptonisés

une

heure avant leur

mort. Le 1 a reçu, dans le tissu cellulaire sous-cutané, une solution de 4 gr. de peptone, dissous dans

la glycérine.

Le 2, un fort lavement de 40 gr. de glycérine tenant en dissolution 7 gr. de peptone. L'orifice du rectum est

maintenu

fermé avecune pinceforcipressure.

Le

3

sert

de témoin.

Dans 3 ballons renfermant chacun 100 gr. cl'eau distillée et

4gouttesde HC1pur, onmet

la

muqueuse

stomacale des lapins.

Dans leballon1, celle dulapin1.

» » 2, » » 2.

» » 3, » » 3.

\ Danschaque récipient, on metun bloc

j d'albumine cuite de1gr.

Ils sontplacés à l'étuve à

42°. Six heures après,

on

les retire

et on constate qu'avec la muqueuse

du lapin

1,

on a

fait

digérer 0gr. 21

d'albumine;

avec

celle du lapin n° 2, 0

gr.

25

et avec celle du 3, 0 gr. 04.

(24)

Mais ce qu'il y a de plus intéressant à noter, c'estque, avec le liquide duballon n° 3 (lapin non peptonisé), l'acide

nitrique

donne un précipité, ce qui indique qu'il existe encore des albu-

minoses, substances solubles dans l'eau et dues à l'action de

l'acide agissant à une température de 42° sur de l'albumine.

Dans les autres ballons, pas de précipité par l'acide azotique

ni par le ferrocyanure de potassium. Ce qui indique une diges¬

tion complète.

Expérience VI (personnelle).

Trois chiens de même taille dans la même journée sont à

trois reprises différentes sollicités à manger un même

poids de

viande de cheval; l'un d'eux (n° 1), une heure avant chaque

repas, absorbe cinq grammes de peptone

dans du bouillon de

viande.

A partir du deuxième jour

d'expérience, les

nos

2

et

3

ne veu-

ventfaire que deux repas par jour,

tandis

que

le chien

pepto¬

nisé (n° 1) fait ses trois repas.

Quelques

jours après, on

fait la

contre-épreuve; c'est le n° 2 qui est

seul peptonisé, il

mange plus que les autres.

Enfin le3 à sontour prend seul des substances peptogènes (bouillon et peptone) et c'est lui quiacette

fois

le

plus d'appétit.

Expérience VII (personnelle).

Lespeptones ontunpouvoirpeptique plusactif dans la dextrine.

On pratique à un chien

bien

portant une

fistule stomacale;

six jours après l'opération on introduit par la

canule

de très petits fragments d'os très secs; sous

l'influence de

ces corps étrangers le suc gastriqueestsécrété ; on le

retire

par

la canule.

On le divise en deux parts égales; chacune est placée dans un

tube à essai avec un gramme d'albumine cuite et deux gouttes

(25)

de HCL; puis on fait opérer la digestion artificielle dans une étuve à 40°. Au bout de 7 heures et demie, la dissolution de

l'albumine est complète dans les deux tubes; il reste un petit flocon, un petit voile, c'est ce que Meissner appelle de la dys- peptone (elle est formée par

la nucléine

non

digestible qui

se trouvait mélangée à la matière albuminoïde).

On recommence la même expérience; seulement, une heure

avant de produire la sécrétion du suc

gastrique,

on

lui fait

prendre une solution de 5 grammes

depeptone.

En 4 heures la dissolution d'un gramme d'albumine est com¬

plète.

Avec la dextrine, employée comme substance peptogène,

il

faut 6 heures pour amener ladigestion complète du

bloc d'albu¬

mine.

Dans nos calculs nous négligeons le précipité insignifiant

d'albuminose que nous produisons avec

l'acide nitrique; il n'y

ajamais eu de précipité par le ferrocyanure

de potassium.

Il estévident quelephysiologiste et le

chimiste qui voudraient

savoir l'action du suc gastrique après l'administration des subs¬

tances peptogènes ne

seraient point satisfaits de

ces

résultats,

parce que le liquide

retiré de la canule

se compose

de salive, de

mucus œsophagien et de suc gastrique.

Pour éviter

ce

mélange

il aurait fallu nourrir l'animal par sa canule stomacale et

prati¬

quer une fistule

œsophagienne; seulement

nous

n'aurions point

atteint le but que nous recherchons. Dans nos

expériences

sur

les animaux, nous avonsvoulu nous rapprocher le

plus possible

de ce qui se passe chez

l'homme;

et

le problème à résoudre

était le suivant : Quels sontles avantages qu'on peutretirer de l'absorption de peptogènes une

heure avant

un

repas?

Expérience VIII

Uneplusgrandequantité depepsine facilite ladigestion.

Du seul faitque la

valeur expérimentale de la peptogénie est

démontrée, il s'en suitque la

formation d'une plus grande

quan-

(26)

tité de pepsine favorise la digestion; l'expérience très simple le

prouve.

On fait digérer à l'étuve à 4.0° un gramme d'albumine cuite

en employant tour à tour 0 gr. 15 de pepsine, 0 gr. 50, puis

un gramme de la même pepsine.

Dans chaque expérience la quantité de IIC1 reste la même

ainsi que la température. Les résultats obtenus au bout de

15 heures d'étuve sont :

Avec0gr. 15depepsine il y a0gr. 18 d'albumine digérée.

0 gr.40 » » 0gr.25 » »

1 gr. » » 0gr. 30 » »

On peut doncpenserqu'enaugmentant la quantité depepsine

dans unestomac on va rendre la digestion plus rapide; c'est le

but que nous avons voulu poursuivre en clinique.

Expérience IX (reproduite inextenso).

SCIÏIFF.

Lespeptones absorbées par l'intestin grêle ne sont paspeptogènes.

Deux petits chiens, de la même portée, sont mis en expé¬

rience 17 heures après un repas préparatoire abondant.

Au premier, on injecte sous la peau du dos 4 grammes de peptone neutralisée. On éthérise le second et on injecte

dans

son duodénum 9 gr. de la même peptone. Après l'injection, on referme l'ouverture de l'intestin à l'aide d'uneligature embras¬

sant exactement lesbords de la solution de continuité.

Les deux chiens sont tués après six heures et demie.

Chez le premier, le tissu cellulaire du dos est encore gonflé

de liquide, preuve que la peptone injectée n'a pas été absorbée

en totalité. Malgré cela, l'infusion stomacale du premier digère dix-sept fois plusd'albumine quel'infusion stomacale du second.

« J'airépété cette expérience surdes chiens adultes de grande

tailleauxquels j'ai injectédans le duodénum jusqu'à 30grammes de dextrine. Jamais je n'ai obtenu, avec l'estomac de ces ani-

(27)

maux, si auparavantils avaient digéré un repas copieux, une

digestion supérieure à celle que peut opérer l'estomac d'un

chien tué àjeun » (SchifF).

Conclusion : Les peptogènes, absorbés par le duodénum, ne

chargent pas l'estomac.

Il estinutile de reproduire d'autres expériences. SchifF a fait

àpeu près toutes celles qu'on pouvait faire. Parles expériences qui précèdent nous avons voulu établir que :

La peptogénie peut être facilement provoquée par l'em¬

ploi de certaines substances dites peptogènes.

Lespeptones ont un pouvoir plus actif que la dextrine.

3° Une plus grande quantité de pepsine facilite la digestion.

Les peptones absorbées par l'intestin grêle ne sont pas

peptiques.

(28)

PEPTOGÉNIE CLINIQUE

L'action du suc gastrique sur les aliments est

essentiellement

une opération chimique. Je

citerai les

propres

paroles de Schift

:

« De ce qui se passe dans nos éprouvettes, nous pouvons

conclure à ce qui a lieu dans l'estomac.

Le résultat final des

digestions artificielles est

chimiquement

et

physiologiquement

le même que celui auquel aboutit

l'élaboration vitale,

et ce

qui

le prouve, c'est que nous pouvons

nourrir

un

animal de

ce pro¬

duit artificiel, en lui épargnant complètement le travail de

la

digestion proprement dite. La digestion est

donc

une

action chi¬

mique et, pour qu'elle se

produise, il suffit chez le vivant qu'on

fasse engendrer à l'estomac du suc gastrique

normal. Tel est le

but de la peptogénie »

(Schiff).

11 suffira donc de provoquer ce phénomène découvert par Schiff pour faciliter l'acte

chimique de la digestion.

Les observations cliniques que nous allonsprésenter ontpour but d'établirquecertainesgastropathies peuvent être

améliorées,

voiremêmeguériesparlespeptogènes.Nous

n'avons point

relevé

toutes les observations dans lesquelles le traitement peptogéni-

que aété fait. Dansle service

de M. le Dr Lande, dont

nous

étions

l'interne, nousl'avons employé les cinq derniers mois que nous y sommes resté sur tous les malades qui

pouvaient

en

retirer

un certain bénéfice. Il nous est resté une excellente impression de

ce traitement.

Nos observations sont classées de la façon suivante :

1er groupe : En provoquant la formation d'une plus grande quantité de pepsine on rend la digestion plus facile.

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