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De l'entorse sacro-iliaque · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1897-93

N" 81

D

E

L'INTOltSI SACRO-MAP

—0 gipinriia—

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

présentée et soutenue publiquement le 9 Mars 1898

PAR

Louis-Henri-Raphaël ROUSSEAU

Internedel'Hôtel-Dieud'Orléans

à Tours (Indre-et-Loire), le 2

septembre 1871.

iMM. LANELONGUE,

BOURSIER, professeur....

professeur.... Président.

VILLAR* agrégé }Juges.

BINAUD, agrégé.

Le Candidatrépondra aux questions

qui lui seront faites sur les diverses

parties de l'Enseignement

médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE

Y. CADORET

17 RUE MONTMÉJAN 17 1898

(2)

FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES Doyen honoraire.

PROFESSEURS :

MM. MICÉ 1

AZAM > Professeurshonoraires.

DUPUY

Clinique interne.

Clinique externe Pathologieetthérapeu¬

tique générales Thérapeutique

Médecineopératoire...

Clinique d'accouchements

Anatomiepathologique

Anatomie

Anatomie générale et histologie

Physiologie

MM.

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LANELONGUE.

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maladies

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Cliniquemédicale des ma¬

ladies des enfants

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A.

AGREGES EN EXERCICE :

section de médecine (Pathologie interneetMédecine légale).

MM. SABRAZÈS.

MM. MESNARD.

CASSAET.

AUCHÉ. Le DANTEC.

Pathologieexterne

section de chirurgie et accouchements MM.YILLAR.

BINAUD.

BRAQUEHAYE

Accouchements MM. RIVIERE.

CHAMBRELENT.

Anatomie.

section des sciences anatomiques et physiologiques

MM. PRINCETEAU. I Physiologie MM. PACHON.

Physique MM

ChimieetToxicologie..

CANNIEU. 1 Histoire naturelle

section des sciences physiques SIGALAS. I Pharmacie DEN1GÈS.

I

COURS COMPLÉMENTAIRES :

BEILLE.

M. BARTHE.

Clinique desmaladies cutanéesetsyphilitiques MM. DUBREUILH.

Clinique des maladies des voiesurinaires POUSSON.

Maladies dularynx, desoreillesetdunez MOURE.

Maladies mentales RÉGIS. ,

Pathologie externe DENUCÉ.

Pathologie interne RONDOT.

Accouchements RIVIÈRE.

Chimie DENIGÈS.

Le Secrétaire de la Faculté: LEMAIRE.

Pardélibération du 5 août 1879, la Facultéaarrêté queles'opinions émises dans les Thèses qui lui sont présentées doivent être considérées comme propres à leurs auteurs, et qu'elle n'entend leur donner ni approbation ni improbation.

(3)
(4)
(5)

A MESMAITRES

DES HOPITAUX D'ORLÉANS

A MES MAITRES

DES HOPITAUX DE BORDEAUX

(6)
(7)

A mon Président de thèse

Monsieur le Docteur M. LANELONGUE Professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine,

Chevalier de laLégiond'honneur, Officier de l'Instruction publique,

Membrecorrespondant de l'Académie de Médecine, Membre de l'Académie de Bordeaux.

(8)

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(9)

D E

L'ENTORSE SACRO-ILIâQUE

AVANT-PROPOS

Ayant

eu

l'occasion d'examiner un certain nombre de

cas de

lumbago traumatique, et poussé à l'étude de

cette affection par

la lecture du travail publié sur l'en¬

torse

pelvienne

par

notre maître à l'Hôtel-Dieu d'Orléans,

le Dr

Deshayes,

nous avons

été frappé par la constatation

de certains

symptômes différant, dans quelques cas, de

ceux du tour de rein

ordinaire. 11

nous aparu

intéressant

de

séparer

ces cas

des affections décrites jusqu'ici sous

le nom

général de lumbago traumatique et nous avons pensé à faire de cette étude le sujet de notre thèse.

Avant

d'aborder

notre

sujet, qu'il nous soit permis

d'adresser

l'expression de notre reconnaissance à nos

maîtres de la

Faculté de Bordeaux

et

à

nos

chefs de

l'Hôtel-Dieu d'Orléans.

Que M. le D1' Deshayes, qui nous a donné l'idée pre¬

mière de ce travail et

qui

nous a

prodigué ses conseils,

reçoive l'expression de notre gratitude.

Nous remercions

également M. le professeur Lane- longue de l'honneur qu'il nous a fait en acceptant la pré¬

sidence de notre thèse.

(10)

HISTORIQUE

La

plupart des

auteurs ont considéré le tour de rein comme ,une affection

exclusivement musculaire,

tenant soit au

rhumatisme

des muscles de la masse

lombaire,

soit à une

rupture musculaire

ou

tendineuse

de la masse commune ou des

grands fessiers.

Devillers, dans

sa thèse

(1), aborde

cette

question de l'entorse sacro-iliaque, mais n'en fait qu'une étude

super¬

ficielle.

M. le Dr

Deshayes

a nettement

différencié

l'en¬

torse

sacro-iliaque du lumbago traumatique dans

un tra¬

vail

communiqué à la Société de médecine

du

Loiret,

tra¬

vail

qui

nous a

servi de gtiide

et

qui

nous a

été d'un grand

secours, notamment pour

l'étude des symptômes

et

du diagnostic de l'affection qui

nous occupe.

11

semble,

en

effet,

que,

dans

un

certain nombre

de cas,

les douleurs

du

lumbago

se

rattachent moins

à une

lésion musculaire

qu'à

une

arthropathie. La connaissance

de certains caractères tenant à la nature et au

siège de la

douleur doit faire ranger une

partie des

cas

de lumbago traumatique parmi les affections

articulaires et

permet

d'en faire de

simples

entorses.

D'ailleurs cette

étude, faite dans

le but de

séparer du lumbago musculaire

ces cas que nous rangeons

parmi les

entorses,

n'a

pas un

but exclusivement théorique. Les

modifications que

devront subir, dans

ces cas,

le

pronos¬

tic et le traitement en font un

sujet également plein d'in¬

térêt au

point de

vue

pratique.

(1) Thèsede doctorat. Paris, 1889.

(11)

ANATOMIE

Quelles

sont

les articulations

l'entorse peut donner

lieu à des

symptômes

se

rapprochant de

ceux

du lumbago

musculaire ? Ce sont : l'articulation sacro-lombaire et

l'articulation

sacro-iliacpie. De la première,

nous ne nous occuperons

point et

nous nous

bornerons à l'étude de

l'articulation

sacro-iliaque.

L'articulation

sacro-iliaque est rangée

par

la plupart

des auteurs

parmi les ampliiarthroses, d'autres la pla¬

cent dans les

diartbroses; M. Farabœuf la

considère

comme une articulation absolument

spéciale n'ayant

pas

d'analogue dans l'économie. Elle

se compose,

d'après la plupart des auteurs, de deux surfaces articulaires

à peu

près planes recouvertes de cartilages articulaires, elle

est munie d'une

synoviale et d'une capsule renforcée de liga¬

ments articulaires.

Le sacrum,

qu'on

a

décrit

comme un

coin s'enfonçant

de haut en bas et d'avant en arrière entre les deux os

iliaques, est plus justement regardé maintenant

comme

un coin

s'enfonçant de bas

en

haut

et

d'avant

en arrière entre les deux os

iliaques. Les efforts exercés de haut

en

bas sur le sacrum

agiront

comme ceux

exercés d'arrière

en avant;

c'est-à-dire qu'ils n'auront

pas pour

résultat d'enfoncer

lesacrum en bas et en arrière suivantsa direc¬

tion en écartant les os

iliaques, mais de le

repousser

sui¬

vant ses faces en avant et en bas.

L'union du sacrum et des os

iliaques

est

solidement

maintenue par une

capsule, renforcée

surtout

à la partie postéro-supérieure

par une

série de ligaments nombreux

et résistants. Le sacrum semble

suspendu

par un

faisceau

(12)

de

ligaments très puissants (ligaments sacro-iliaques pos- téro-supérieurs, ligaments interosseux) à l'épine iliaque

postéro-supérieure, au bord postérieur de l'os iliaque et à

la

partie de

sa

lace interne voisine de ce bord.

Ces attaches

sacro-iliaques supportent tout l'effort qui

s'exerce sur la face p

stéro-supérieure du sacrum et limi¬

tent seules le mouvement

naturel de propulsion de cet os

en bas et en avant, mouvement

auquel aucune saillie

osseuse ne

s'oppose efficacement.

L'articulation

sacro-iliaque ainsi étroitement enserrée

semble absolument

immobile. Elle jouirait cependant de

certains mouvements, peu

étendus il est vrai. Selon cer¬

tains auteurs, ce

seraient de simples mouvements de glis¬

sement;

selon d'autres, des mouvements de bascule autour

d'un axe

transversal passant vers le tiers postérieur de la

facette sacrée et

produisant l'abaissement de la partie

supérieure du sacrum pendant que l'inférieure se relève

et

réciproquement, ce mouvement est limité par le liga¬

ment interrosseux

d'un

côté et

les ligaments sacro-sciati-

ques

de l'autre.

M. Farabeuf a une autre

conception de l'articulation sacro-iliaque. Son élève, le docteur Max Posth, dans une

thèse récente

intitulée Le

sacrum,

n'envisage

pas

cet

os

comme un coin renversé

simplement suspendu à ses liga¬

ments

postérieurs. Il

y a

toujours une portion de l'auri-

cule pour

faire clef de voûte.

Il considère le sacrum comme une

noix enserrée entre

les branches d'un

casse-noix, les

os

iliaques formant les

branches, les ligaments postérieurs de l'articulation for¬

mant la

pièce de réunion et la symphyse pubienne repré¬

sentant la main serrant

les deux branches. Pour permet¬

tre au sacrum

qui forme clef de voûte un mouvement de

propulsion

en

avant et en bas, il faudrait un écart assez

considérable de la

symphyse pubienne.

Cependant le sacrum ne serait pas immobile, la surface

articulaire formeune

rainure curviligne à concavité postéro-

(13)

A 1

15

supérieure recevant

une

saillie correspondante delà surface

articulaire

iliaque. Une pression de la colonne lombaire

aurait pour

effet de faire glisser le

sacrum

dans

cette

rai¬

nure,

lui faisant décrire

un mouvement

arqué ayant

pour

centre un

ligament très

court

étendu de la face interne de

la tubérosité

iliaque

au

premier tubercule conjugué du

sacrum,

c'est le ligament

vague ou

axile.

Le mouvement

arqué du

sacrum en

bas

et en

arrière

ou mouvement de nutation est limité par une

série de freins.

D'abord à la

partie antérieure de l'articulation deux

faisceaux fibreux : l'un descend

obliquement de l'os ilia¬

que sur

l'aileron du

sacrum

et

couvrant

à

peu

près deux

centimètres de la

partie supérieure de l'interligne articu¬

laire;

un autre

faisceau fibreux descendant obliquement

au-devant de la

partie inférieure de l'interligne, tendant

même à enrouler ses fibres

jusque derrière le bord du

sacrum comme pour

mieux limiter le relèvement de la pointe sacrée

en

arrière dans la nutation. De

ces

deux 4 ligaments, l'un empêche la base du

sacrum

de s'abaisser

en avant,

l'autre la pointe de

se

relever

en

arrière. Ces

faisceaux

ligamenteux

ne

permettent qu'un jeu de cinq

millimètres.

Mais le véritable frein de nutation est le

ligament

vague

ou axile dont la torsion limite ce mouvement.

Comme

résultat,

ce mouvement

de

nutation et contre- nutation revient au même que

le mouvement de bascule

décrit par

les autres auteurs, il

y a

toujours abaissement

de la base du sacrum et relèvement de sa

pointe.

n 4

(14)

PATHOGÉNIE

L'articulation sacro-iliaque est

une

articulation très

serrée, à

tel point même

que

beaucoup d'auteurs lui refu¬

sent toute

espèce de mouvement; elle se trouve par cela

même très

exposée à l'entorse.

Cependant

nous

avons vu, en étudiant l'anatomie de

l'articulation,

que

le

sacrum

jouissait de certains mouve¬

ments de bascule ou, comme

le

pense

M. Farabeuf, d'un

mouvement

arqué qui revient

au

même au point de vue qui

nous occupe.

Il est naturel de chercher la genèse de

l'entorse dans

l'exagération de

ces

mouvements physio¬

logiques.

Que

se

passe-t- il,

en

effet, au moment d'un effort vio¬

lent fait pour

soulever

ou

déplacer un fardeau? La pres¬

sion, agissant de haut

en

bas, s'exercera uniquement sur

la face

postéro-supérieure du sacrum, repoussant cet os

en avant et en bas. La

force agit surtout

sur

la partie supérieure de l'os, tendant à exagérer son mouvement

naturel de bascule. Ce seront

les ligaments postéro-supé-

rieurs de l'articulation et les

ligaments inter-osseux qui

résisteront à cette

pression. Ces ligaments, tendus au maximum,

seront

généralement trop résistants pour se

rompre,

mais seront suffisamment tiraillés dans certains

cas pour

donner lieu à

un

premier degré d'entorse.

M. Farabeuf fait

jouer

un

grand rôle

au

ligament vague

ou axile allant

du pourtour de la pyramide iliaque au premier tubercule conjugué sacré; c'est le ligament inter¬

osseux de

beaucoup d'auteurs. La torsion de ce ligament

limiterait le mouvement

de nutation du

sacrum et,

dans

(15)

17

ce cas,

il faudrait attribuer les douleurs de l'entorse à

une torsion

exagérée de

ce

ligament.

Ou bien faut-il attribuer cette douleur à la

rupture des

deux

petits faisceaux fibreux qui descendent obliquement

au-devant de

l'interligne articulaire et

que nous avons étudiés en

parlant de l'anatomie de l'articulation ?

La lésion aura d'autant

plus de chance de

se

produire,

que

la contraction des muscles sacro-lombaires

sera

plus

violente et tendra à relever

plus fortement

en

haut et

en arrière la

pointe du

sacrum.

La

position

que

prend le

corps

pendant l'effort

a une

grande influence

sur

la production de la lésion. Si le far¬

deau est

enlevé, le

corps

étant

presque

dans la rectitude

ou

légèrement penché

en

avant, l'entorse n'a

pas

beau¬

coup

de chance de

se

produire,

car

la direction du

sacrum

dans ce cas se

rapproche de la verticale et l'angle qu'il

forme avec la colonne vertébrale est ouvert au

maximum,

c'est dans cette

position

que

les muscles sacro-lombaires agissent le moins efficacement

sur

lui

;

ils ont, en effet,

moins d'action sur une

tige

presque

rectiligne

que

sur les

branches d'un

angle plus

ou

moins fermé.

Au

contraire, si l'effort

se

fait, le

corps

étant forte¬

ment

penché

en

arrière, l'ensepure lombaire s'accentue,

les muscles sacro-lombaires ont une action

plus efficace,

le mouvement de l'extrémité

supérieure du

sacrum en

bas

et en avant,

déjà commencé,

ne

demande qu'à s'exagérer

etles

ligaments

suspenseurs

du sacrum, devenus verticaux,

supportant seuls toute la pression, se trouveront facile¬

ment surdistendus.

11 en est de même

lorsqu'un individu veut soulever

un fardeau

trop éloigné de

sa

base de sustentation, comme

le malade

qui fait le sujet de notre observation; la

colonne dorsale

exagère

sa

courbure

en

avant,

par

contre

l'ensellure lombaire s'accentue pour

mettre les muscles

sacro-lombaires dans l'attitude

la plus favorable à l'effort utile; ils

ont en

effet, dans

ce cas, une

énergie considéra-

Rousseau 2

(16)

18

ble à

développer. La situation des ligaments

suspenseurs du sacrum se trouve alors la même que

dans le

cas

où le

corps

est fortement penché

en

arrière.

11 existe encore un autre cas

l'articulation

sacro-

iliaque

est

très exposée à l'entorse, c'est lorsqu'il

se pro¬

duit des chocs violents et

répétés

sur

les ischions, le

corps

étant penché

en

arrière. Ces conditions

se trouvent réalisées chez les

jeunes cavaliers qui trottent longtemps penchés

en

arrière

et surtout sautent les obstacles dans cette

position.

Lesacrum, au moment du

choc, subit

une

forte pression

à sa

partie postéro-supérieure, pression d'autant plus vio¬

lente que

les muscles antérieurs de l'abdomen, fatigués

par

l'exercice prolongé,

ne secontractent pas assez

éner- giquement

pour

s'opposer à

une

ensellure exagérée

au moment du choc. Les

ligaments

suspenseurs

subissent

alors une traction assez violente pour amener

dans

cer¬

tains cas l'entorse.

La

production de l'entorse sacro-iliaque produite

par

le

saut d'un obstacle

pendant

un

exercice d'équitation fait

le

sujet de l'observation de la thèse

du Dr Devillers.

Du reste, ce

rôle de l'équitation dans la production de

l'entorse

sacro-iliaque

a

déjà frappé certains

auteurs.

On

trouve dans l'article

sacro-iliaque du Dictionnaire

ency¬

clopédique:

«

Les

mouvements

qui s'effectuent dans

cette articulation sont à peu

près nuls, mais elle n'est

pas moins une des

jointures qui fatiguent le plus,

car

elle

est la voie de transmission du

poids du

tronc et

des membres supérieurs à la base de sustentation, aussi bien dans

la

position assise

que

dans la position verticale. L'exercice

de

l'équitation

est surtout

fatigant

pour

les symphyses

ilio-sacrées;

les douleurs

dont se

plaignent

souvent

les jeunes cavaliers après

un

exercice violent

et

prolongé

ne

siègent

pas

seulement dans les

muscles et ne sont pas

de simples lumbagos. Notre collègue, le D1' Delorme, agrégé

du

Val-de-Grâce,

a constaté que

les muscles dans

ces cas

(17)

19

ne

présentaient

aucune

sensibilité; au contraire, la dou¬

leur était nettement

localisée

au

niveau des jointures sacro-iliaques, elle augmentait

par

la pression et les

mouvements du bassin. Aussi

n'hésite-t-il

pas

à l'attribuer

à un diastasis

léger, à

une

sorte d'entorse de ces articu¬

lations, résultant de chocs violents et répétés qui

accom¬

pagnent les premiers essais d'équitation ».

Enfin il est un dernier cas

dans lequel peut

se

produire

l'entorse

sacro-iliaque, c'est lorsque le sujet, comme celui qui fait l'objet de notre observation personnelle, exécute

un saut dans de mauvaises

conditions. Par exemple si le sujet tombe

sur

les talons, surtout sur un seul pied, sans

fléchir suffisamment les

jambes

pour

amortir le choc et le

corps

étant penché

en

arrière.

L'unilatéralité de la

lésion dans la plupart des

cas

s'explique facilement; le sujet, en effet, n'a pas le plus

souvent les deux

pieds

sur

le même plan horizontal et

l'une des articulations

supporte ainsi

une

plus forte pres¬

sion que sa

congénère. L'inégalité de pression explique

encore l'unilatéralité de la

lésion, lorsque l'un des pieds

est

plus avancé que l'autre, lorsque le corps est penché

d'un côté ou

qu'un des bras supporte une plus grande partie du poids,

sans

compter l'inégalité de résistance qui

doit être

fréquente entre les ligaments des deux articula¬

tions similaires.

(18)

SYMPTOMATOLOGIE

Traçons maintenant le tableau symptomatologique de

l'entorse de l'articulation

sacro-iliaque.

Nous avons vu, en

étudiant la pathogénie de l'entorse sacro-iliaque,

que

cette affection nécessitait,

pour se pro¬

duire,

un

effort violent

et exercé

dans

une

attitude défec¬

tueuse.

Aussi voyons-nous que

la lésion

se

produit de préfé¬

rence chez les hommes

accomplissant de rudes travaux

et

portant de lourdes charges, tels

que

charretiers,

manœu¬

vres, etc.

Voici comment se

passent habituellement les choses

: Un homme

jusque là

en

bonne santé éprouve soudain

une vive douleur en soulevant ou en

déplaçant

un

lourd far¬

deau ;

dans certains

cas

la douleur

est

accompagnée d'un

craquement.

Le travailleur dans certains cas continue son ouvrage

malgré la souffrance, le plus souvent il est obligé de

sus¬

pendre immédiatement

son

travail; dans le

cas

il

a eu le courage

de continuer, il est bientôt forcé de s'arrêter.

Tantôt il

peut

se

traîner jusqu'à

sa

demeure

soutenu par des

camarades,

tantôt

la marche

est

complètement impos¬

sible et on est

obligé de le

ramener

chez lui

en

voiture.

L'impotence fonctionnelle

est

portée à

son

maximum lors¬

que

la lésion est bilatérale.

Arrivé chez

lui, le malade

ne

peut rester assis, il

est

obligé de

se

mettre

au

lit. La douleur alors quelquefois s'atténue,

souvent

elle

est encore

plus violente qu'au

moment de l'accident.

Le malade demeure immobile sur le

dos,

tout mouve-

(19)

ment fait pour

s^asseoir

ou pour se

tourner sur le côté lui

estaffreusement douloureux.

Cependant la douleur, après avoir chassé le sommeil pendant

une ou

deux nuits, finit par se calmer laissant le

malade

prendre

un peu

de

repos.

Les fonctions de la vie de nutrition

s'exécutent

en

général normalement.

Tels sont les

symptômes spontanés,

ceux

qui permet¬

tent de faire le

diagnostic

vague

de tour de reins, d'effort, diagnostic dont

on se

contente la plupart du temps.

Mais si l'on examine le

malade plus à fond, si l'on

se donne la

peine de préciser le siège et les caractères de

la

douleur,

on

peut alors arriver à

un

diagnostic plus précis.

Pour

cela, il

est

nécessaire de faire coucher le malade

sur le ventre ou, à

la rigueur,

sur

le côté, de façon à

pou¬

voirbien examiner la

région malade. La plupart du temps,

le blessé ne se soumettra à ce

changement de position

très douloureux

qu'après

une

résistance énergique. Mais

en

procédant

avec

patience et douceur et en enserrant le

bassin de

façon à éviter autant

que

possible les

mouve¬

ments de

l'articulation,

on

arrive

à mettre son

malade

dans une attitude à peu

près supportable.

On

peut alors examiner convenablement la région

douloureuse. On ne remarquera

rien d'anormal à la

vue :

aucune saillie

extraordinaire,

aucun

défaut de symétrie,

aucune

ecchymose.

La

palpation fournit,

au

contraire, des données très précieuses.

Mais avant d'entrer dans

l'étude des signes fournis

par

la

palpation, si

nous

examinons la configuration normale

de la

région qui

nous occupe, nous voyons

qu'elle pré¬

sente undétail

important

que ne

signalent

pas

les traités

d'anatomie

topographiques et qui est indiqué seulement

dans

quelques

ouvrages

d'obstétrique

: ce

sont deux fos¬

settes

symétriques situées

en

haut et de chaque côté de

(20)

]a

région sacrée. Elles répondent

exactement aux

deux épines iliaques postérieures

et

supérieures.

Or, chez

nos

blessés, la palpation est parfaitement

sup¬

portée dans toute l'étendue des fessiers

et

de la

masse

sacro-lombaire, bien supportée également

sur

la ligne

médiane de

l'épine lombaire, mais elle devient doulou¬

reuse à mesure que

la main approche de la fossette dont

nous venons de

parler. La pression du doigt à cet endroit

arrache un cri ou au moins une

plainte

au

patient.

Cette douleur si nette,

si précise, parfaitement locali¬

sée, est

d'une importance capitale; elle existe tantôt d'un

seul côté, tantôt

des deux côtés, selon

que

la lésion

est uni ou bilatérale.

Lorsque la lésion est unilatérale,

un

léger

coup

frappé

avec la main sur la

partie externe dé la crête iliaque

ne

provoque aucune

douleur du côté sain. Mais, lorsque la

même

percussion est exercée

sur

le côté malade, elle

réveille au niveau de l'articulation

sacro-iliaque

une

vio¬

lente douleur.

Une

pression exercée

sur

la branche horizontale du pubis du côté blessé peut réveiller aussi la douleur.

Enfin, si

en

faisant coucher le malade

sur le

côté, la

cuisse étant fléchie sur le ventre, on

vient

à exercer un

léger choc

sur

l'ischion, du côté malade,

on provoque

la

même douleur.

De

plus,

comme

l'articulation sacro-iliaque est réunie

à la

symphyse pubienne

par une

tige

osseuse

rigide, il

s'en suit que

les changements de rapports entre les

sur¬

faces articulaires

sacro-iliaques doivent

se transmettre

aux surfaces articulaires de la

symphyse pubienne. L'en¬

torse de l'articulation

sacro-iliaque doit donc retentir plus

ou moins fortement sur la

symphyse pubienne.

La

symphyse, dans le

cas

d'entorse sacro-iliaque, est,

en

effet,

presque

toujours douloureuse à la palpation

ou à la

pression au-dessus de la

verge ou

au-dessous,

en

ayant soin de relever fortement les bourses

en avant.

(21)

23

Si l'on

frappe l'ischion

ou

la branche horizontale du pubis,

en

même temps

que

la douleur postérieure

sacro-

iliaque le blessé

accuse une

autre douleur, moins vive il

est

vrai,

en avant

à l'interpubis.

(22)

DIAGNOSTIC

DIFFÉRENTIEL

L'affection avec

laquelle

on

confond

presque

toujours

l'entorse de l'articulation

sacro-iliaque

est

celle qu'on désigne

sous

le

nom

de lumbago-traumatique, effort,

tour de rein. Et ceci se

comprend, le

tour

de rein

est une

affection très

fréquente tandis

que

l'entorse sacro-iliaque

est assez rare;

déplus, les circonstances

à peu

près iden¬

tiques dans lesquelles

se

produisent les deux lésions

et la

bénignité habituelle dans les deux

cas n'ont pas

poussé

les médecins à

approfondir le diagnostic différentiel

et les ont

empêchés de séparer

ces

deux lésions.

Cependant, le lumbago musculaire peut être facilement

différencié de l'affection

qui

nous occupe.

En effet, si le lumbago

par

rupture musculaire (rupture musculaire hypothétique du

reste

dans bien des

cas, car souvent,

comme le dit le docteur

Heldenbergh (1), il doit s'agir

d'une contraction

brusque du muscle

entraînant une sorte

de

crampe) présente

avec

l'entorse pelvienne deux im¬

portants symptômes

communs,

savoir

:

la

douleur lom¬

baire et

l'impotence fonctionnelle; la douleur, dans le

cas

de

myopathie, est

vague et

n'occupe

pas

essentiellement

ces

points précis et fixes

que nous avons

décrits dans

la

symptomatologie de l'entorse sacro-iliaque. Le choc

sur

l'ischion,

sur

la branche horizontale

du

pubis

et sur

la symphyse

ne provoque aucune

douleur. De plus, l'impo¬

tence fonctionnelle n'est

jamais poussée, dans le

cas

de

lumbago musculaire,

au

degré d'acuité qu'elle présente

dans le cas

d'entorse.

(1)De l'entorse de l'articulation sacro-vertébrale (extrait de la Belgique médicale).

(23)

25 -

Le

lumbago rhumatismal sera encore plus facile à sépa¬

rer de l'entorse

sacro-iliaque. En effet, outre

son

début différent, l'affection rhumatismale

a une

localisation

en¬

core moins

précise

que

le lumbago

par

rupture muscu¬

laire, de plus la bilatéralité de la lésion et les antécédents

rhumatismaux

fréquents du malade permettront de fixer

le

diagnostic.

Les mêmes

considérations

et

la durée de l'affection

per¬

mettront facilement

d'écarter

toute

idée d'entorse dans le

cas de rhumatisme

lombaire chronique.

Le début différent

de l'affection,

sa

marche

toute autre, l'existence de

points douloureux autres que ceux que nous

avons décrits pour

l'entorse pelvienne, l'absence de dou¬

leur

interpubienne permettront de différencier l'entorse

sacro-iliaque de la névralgie sciatique et de la névralgie

lombo-abdominale deValleix.

Le

diagnostic peut encore hésiter entre l'entorse sacro- iliaque et l'entorse sacro-lombaire, ces deux lésions ont,

en

effet, des symptômes communs

:

même douleur lom¬

baire subite et

aiguë, même impotence fonctionnelle.

Cependant, le diagnostic différentiel des deux lésions

est facile.

En

premier lieu, leur mécanisme est différent.

En

effet, l'entorse sacro-lombaire

ne

peut avoir comme origine qu'un mouvement d'extension exagérée de la co¬

lonne

lombaire,

tout mouvement

de propulsion

en

avant

étant rendu

impossible

par

les apophyses articulaires in¬

férieures de la

cinquième lombaire qui viennent se cram¬

ponner

derrière les apophyses articulaires du sacrum.

L'entorse

sacro-iliaque exige,

pour

se produire, surtout

une

pression violente de haut en bas et d'arrière en avant.

C'est cette force

qui est le principal facteur et l'extension

de la colonne

vertébrale, quand elle existe, ne sert qu'à

mettre l'articulation dans une

position plus favorable à la production de l'entorse.

Mais outre le mécanisme

différent dans les deux

cas,

(24)

26

on ne trouve pas

les mêmes points douloureux. L'entorse sacro-lombaire

ne se

révèle, suivant

le

docteur

Helden-

berg, qui

en a

fait

une étude

particulière,

que par un

seul point douloureux, localisé

exactement à la

partie du

ra- chis située

immédiatement au-dessous

de

l'apophyse épi¬

neuse de la

dernière

vertèbre

lombaire, tandis

que

l'en¬

torse

sacro-iliaque présente

un

point douloureux dans

la fossette située au niveau de

l'épine iliaque postéro-supé-

rieure et un retentissement dans

l'articulation

sacro-lom¬

baire

lorsque l'on frappe l'ischion

ou

le pubis. Il

y a en outre la douleur

interpubienne qui n'existe

pas

dans le

cas

d'entorse sacro-lombaire.

Les

affections

de

l'articulation sacro-iliaque

peuvent seules

reproduire à

peu

près

tous

les signes énoncés

comme

caractéristiques de l'entorse.

Cela se

comprend,

car

l'entorse

n'est en somme

qu'une arthrite, arthrite

légère, il

est

vrai,

mais

suffisante

pour

fournir

une

grande partie des symptômes des arthrites.

Il y aura

donc à faire

le

diagnostic différentiel

de l'en¬

torse

sacro-iliaque d'avec le rhumatisme

de cette

jointure,

surtout le

rhumatisme blennorrhagique, ainsi qu'avec les différentes

autres

arthrites.

Mais les

commémoratifs, la

coexistence d'une

blennor-

rhagie dans certains

cas,

de la puerpuéralité dans d'au¬

tres,

d'empâtement, d'abcès

par

congestion de la région sacro-iliaque, éloigneront bien vite l'idée d'une simple

en¬

torse.

La

précision du diagrostic dans le

cas

d'entorse

sacro-

iliaque n'est

pas sans

importance pratique. Les

assuran¬

ces contre les accidents de travailont

quelquefois à s'oc¬

cuper

de

cette

question.

Les assureursont à mettre en

garde

contre

les

tendan¬

ces conscientes ou

inconscientes qu'ont les travailleurs

à attribuer toutes leurs

maladies

aux

accidents

de travail.

Les tours de

reins,

en raison de leurs caractères

vagues et leur

confusion habituelle

avec des

affections qui n'ont

(25)

rien de

traumatique, étant trop facilement exploités par

les

travailleurs, les

assureurs ont

été obligés d'exclure systématiquement tous ces cas du bénéfice de l'assu¬

rance.

Les

signes si nets de l'entorse pelvienne permettront à l'expert de

ranger un

certain nombre de ces cas de tours

de reins

parmi les affections de nature traumatique et

d'en faire bénéficier

justement les blessés.

Les médecins militaires ne seront pas

obligés de

ren¬

voyer

systématiquement tous les soldats qui, après quatre

ou

cinq jours

se

plaignent encore des douleurs du lum¬

bago. Ils pourront renvoyer les simulateurs et maintenir au

repos

les hommes présentant les signes de l'entorse sacro-

iliaque.

(26)

PRONOSTIC

Le

pronostic de l'entorse sacro-iliaque est généralement

bénin et les malades sont en état de marcher et même de travailler au bout d'une

quinzaine de jours. Cette bénignité

se

comprend,

car

il

ne

saurait

y

avoir dans le

cas

qui

nous occupe

de

graves

lésions articulaires. Les ligaments,

en

effet,

sont

trop solides

pour se rompre,

des violences

capa¬

bles d'amener cette déchirure

détermineraient plutôt

une fracture du sacrum ou de l'os coxal.

Les

simples tiraillements qui constituent la lésion dont

nous faisons

l'étude, tiraillements qui

ne

s'accompagnent

pas

de déchirures des parties molles

et

d'épanchements

articulaires comme dans les entorses des

diarthroses,

ne sauraiententraîner une

impotence fonctionnelle de longue

durée.

Cependant, chez les sujets arthritiques, tuberculeux

ou

dans le cours d'une

blennorrhagie, il

est

possible

que cette

lésion, légère

en

elle-même, appelle

sur

l'article

une

affection

plus

grave.

Sans

compter

que

les

moyens

de contention

ont

perdu

à la suite de l'entorse une

partie de leur résistance

et que l'articulation se trouve ainsi naturellement

prédisposée à

une récidive de la

lésion,

comme nous en voyons un

exemple dans

une

de

nos

observations.

(27)

TRAITEMENT

En

rangeant l'entorse sacro-iliaque parmi les affections

musculaires ou

névralgiques,

on

est amené à employer,

comme dans ces

affections, les révulsifs

et

les calmants

:

sangsues,

ventouses, cataplasmes, glace, pommade, vul¬

néraires,

etc.,

mais dans le

cas

d'entorse, il est évident

que ces

différents remèdes

ne

sauraient avoir aucune effi¬

cacité.

Ledécubitus àlui seul ne suffitpas

à calmer la douleur,

le moindre mouvement la réveille. Une

seule chose donne

la

tranquillité

au

malade, c'est l'immobilité du bassin,

on l'obtient à l'aide d'un

bandage fortement serré placé entre

les trochanters et les crêtes

iliaques. Le bon résultat de

ce moyen

mécanique

ne

pourrait se comprendre dans le

cas de

lumbago musculaire

ou

névralgique.

Le

bandage doit être appliqué le plus tôt possible et gardé continuellement, il doit être maintenu quelques jours après

que

le malade

a

commencé à reprendre ses occupations. Seul il permet

au

malade de prendre un peu

de repos

et de faire quelques mouvements.

Le massage ne

provoquerait ici qu'une douleur inutile,

car il

n'y

a

ni épanchement, ni exsudât à résorber, ni rai¬

deur à

assouplir

pour

pouvoir légitimer son emploi.

Si

pendant les premières nuits la douleur, malgré le bandage,

ne

permet

pas

de repos au malade, un peu d'opium

ou

de morphine amèneront le calme.

Ces médicaments et

quelques laxatifs s'il y a un peu de constipation

par

suite du séjour au lit, constitueront tout

le traitement.

(28)

OBSERVATIONS

Nous

reproduisons d'abord six observations de M. le

Dr

Deshayes dont les detix premières, quoique dépour¬

vues de tout

détail, lui

ont

permis cependant, grâce au

souvenir

qu'elles lui ont laissé, de reconnaître les mêmes

symptômes dans les observations suivantes. Ces six obser¬

vations ont été

communiquées à la Société de médecine

du Loiret

(novembre 1896).

ObservationI

10

septembre 1892.

L..., ouvrierde

G..., entrepreneur de marbrerie. f

Entorse sacro-iliaque

gauche.

Observation II

28 décembre1892.

P..., ouvrier

de G..., entrepreneur de serrurerie.

Entorse sacro-iliaque

droite.

Reprise

du travail le 10 janvier 1893.

ObservationIII

27

juillet 1893.

Gui..., ouvrier

de B..., fabricant d'engrais.

Entorsesacro-iliaque

droite.

Douleurlocale

spontanée à la pression

:

impossibilité de la station

debout sur le membre

droit; douleur

par

contre-coup dès qu'on

frappe en

dessous,

en

côté, etc. Guérison le 4 août suivant.

(29)

31

Observation IV 15 décembre 1893.

II..., charretier de B..., marchand de fer.

^

Diastatis sacro-iliaque, tour de reins, douleurs vives

au

niveau des

épines

iliaques

postérieures et supérieures

égales

des deux côtés, douleur àlapression également à lasymphyse pubienne.

Soulagement

en serrantle bassin.

Reprise dutravail le 26 décembre 1893.

Observation V

1ermars 1895, date de la blessure de L..., charretier de L...,

épi¬

cier engros.

Examiné le 4 maçs, on constate :

Entorse

pelvienne

double, douleuràla pressionauniveau dessym¬

physe sacro-iliaques, spontanée et réveillée par

la

pression directe

etaussi par les chocs sur la crête

iliaque.

Reprise du travail vers le 10mars.

Observation VI

G..., 38 ans, ouvrier de B..., marchand de vins.

Blessé le 8 octobre 1896.

Examiné le 12 octobre.

Entorse

sacro-iliaque

gauche et

pubienne.

Le choc de la crête

iliaque

gauche provoque douleuren arrière; lechoc de l'ischiongauche produit douleuren arrière età gauche et aussi àla

symphyse pubienne

;

le

choc de l'ischion droit donne dou-

S leur seulement à la symphyse

pubienne;

la pression surla branche horizontale du pubis gauche donne douleur en avant et aussi en arrière à lasymphyse sacro-iliaque gauche.

Ce blessé queje viens d'observer tout récemmentétait très souf¬

frant, presque dans l'impossibilité de se retourner surson lit; s'il y

(30)

32 -

arrivait, c'était avec

de vives douleurs et en y mettant beaucoup de

temps. En

l'aidant, néanmoins, je suis arrivé à le mettre debout,

mais toutle poids

de

son corps se

portait sur le membre inférieur

droit; il était dans

l'incapacité absolue de se tenir sur le gauche et,

par conséquent,

de marcher. Il n'arrivait à se déplacer qu'en s'aidant

des mains et sans

quitter le sol de

son

pied droit.

Un bandage fortement

serré autour du bassin lui procure un sou¬

lagement

immédiat considérable, même pour garder le lit.

Grâce àce bandage,

il

peut, au

bout de quelques jours, se lever,

même sortir et

reprendre

son

travail, quoique toujours un peu souf¬

frant, le 26

octobre.

Observation YII

(personnelle).

M..., soldatau

76e d'infanterie.

Entorse sacro-iliaque

droite.

,

Ily a

trois mois, le malade,

en

sautant un fossé, est retombé lour¬

dement surle talon droit. Il

ressentit à

ce

moment

une

violente dou¬

leuràlarégion

sacro-lombaire.

Ladouleurfutsiviolenteque

le malade fut

sur

le point de tomber ;

il regagna

péniblement

sa

maison soutenu par ses camarades. Il resta

cinq

jours

au

lit et

une

quinzaine de jours sans pouvoir travailler.

Le malade a toujoursun peu

souffert depuis

ce

moment.

Il y a

dix jours,

au gymnase,

en se courbant brusquement en

arrière, il

ressentit

une

violente douleur au même endroit.

Ilse couche etle lendemain, étant

dans l'impossibilité de marcher,

entre àl'infirmerie.

Le malade,aumoment

de notre

examen,

n'éprouve plus que de très

légères

douleurs

en se

remuant, mais il présente encore une douleur

assezvive auniveau de

l'épine iliaque postéro-supérieure droite lors¬

qu'on y exerce une

certaine pression ; légère douleur à la même

région

lorsque l'on frappe fortement sur l'ischion du même côté.

Pasde douleurauniveaudela

symphyse ni du côté gauche.

Impotence

fonctionnelle encore assez marquée.

Huitjoursaprès

notre

examen

le malade est à peu près guéri, mais

ressent encoreunelégère

douleur pendant la marche.

(31)

ObservationVIII

Due àl'obligeance de M. leDrDeshayes.

B..., 3 août 1897.

Examiné le 6 août.

Entorse

sacro-iliaque

droite.

Cet homme,

placé

au seuilde sa porte élevé de trois marches, dé¬

posait au bas des marchesun seau contenantunevingtaine de litres.

Il tenait le seau aubout du bras, letroncpenchéenavant etle bassin légèrement fléchi sur les cuisses, lorsqu'il ressentituneviolente dou¬

leur dans la région lombaire. Le malade est

obligé

de se mettre au lit.

La

palpation

est très douloureuse auniveau de la fossette du côté droit; choc sur l'ischion droit produit de la douleuren arrière et à droite.

Symphyse douloureuse

à la

palpation.

La pression sur la branche horizontale du pubis droit donne douleur en avant etaussi

enarrière au niveau de lasymphyse sacro-iliaque

droite.

Le malade est dans

l'impossibilité de

se

lever

etne peutse remuer

qu'au prix de vives douleurs.

Un

bandage

très serré luiprocure un

soulagement

marqué. Huit jours après, ilpeut se

lever

etreprendre peu à peu ses occupations.

Rousseau 3

(32)

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(33)

i

CONCLUSIONS

L'entorse

sacro-iliaque est une affection assez rare.

Elle

exige,

pour

se produire, un effort violent accompli

dans une

attitude défectueuse.

Elle

présente un ensemble de signes qui permettent de

la

différencier facilement du lumbago traumatique avec lequel elle

a

presque toujours été confondue.

Le

pronostic de cette affeetion est généralement bénin

| et l'impotence de peu de durée.

L'immobilisation

de l'articulation constitue le seul trai¬

tement.

Vu bon a imprimer : Vu:Le

Doyen,

Le Président dela thèse, B. DE

NABIAS.

M. LANELONGUE.

VU ET PERMIS D'IMPRIMER: Bordeaux, le 24 février 1898,

LeRecteur:

A. COUAT.

v

21,820. Bordeaux,Y. Cadoret, impr., rue

Montméjan, 17.

t

(34)

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