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Un au : SiI mois : Suisse . . . 6fr. 3 fr.

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Paraissant tous les vendredis à Bienne

Provenant de la Suisse . . 20 et. la ligne

» de l'étranger. . 25 » •»

Minimum d'une annonce 50 centimes Les annonces se paient d'avance

P r i x du numéro 10 centimes B u r e a u x : R u e Neuve 3 8 '

\

, \ NOS I.

Ensuite d'eniente entre les Comités de la Solidarité horlogère, paraissant à la Chaux-de-Fonds et de la Fédéra/ion hor- logèrc suisse, paraissant à Bienne, ces deux organes du mouvement horloger ont opéro leur fusion. La Solidarité horlogèrc cesse de paraître ; elle remet, à la Fédé- ration horlogère suisse, le service de ses abonnements, de ses dépôts, de ses an-

nonces et de sa vente au numéro.

La rédaction de la Solidarité aura, dans les colonnes de la Fédération, la place à laquelle lui donne droit sa qualité d'inter- prète des idées et des désirs de la popu- lation horlogère de la plus importante de nos cités industrielles. M.Eugène Fer veut bien accepter celte collaboration.

Au début de la campagne entreprise en vue du relèvement de notre industrie nationale, il paraissait que deux journaux pouvaient se consacrer à la cause com- mune ; un examen plus attentif de la situation a fait prévaloir l'opinion con- traire.

LaChaux-de-Fonds vient d'être désignée comme siège du Secrétariat permanent de la future Fédération des intérêts hor- logers ; Bienne conservera le journal créé par son initiative. Satisfaction est ainsi donnée aux vœux légitimes des deux localités.

BienneetChaux-de-Fonds,ler

m

ars1887.

LES COMITÉS

de la

Fédération horlogère suisse et de la

Solidarité horlogère.

BIENNE,

le 4 mars 1887.

C'est avec un sentiment de vive salis- faction, que nous annonçons à nos abonnés et à nos lecteurs, l'entente cordiale que nous venons de conclure avec la rédaction et l'administration de la Solidarité hor- logère.

On n'abandonne pas sans réflexion, et sans en avoir bien pesé les conséquences, la publication d'un organe, surtout lors- qu'elle est née spontanément de circons- tances pressantes et impérieuses. Nous le savons, ce n'est pas sans regret que la rédaction de la Solidarité horlogère a pris une résolution qui comportait pour elle un sacrifice pénible. Mais ce sacrifice est fait sur l'autel de l'entente et de la con- ciliation ; et, par cela même, il contri- buera à rendre plus solidaires les intérêts, hs vœux et les aspirations de nos diffé- rentes régions horlogères.

Après avoir parcouru brillamment une courte mais utile carrière ; après avoir affirmé sa vitalité par une polémique énergique, vaillante, toute montagnarde,

^Solidarité horlogère nous apporte, en se soudant à nous, le précieux concours de collaborateurs dévoués à la cause que nous défendons. Nous pourrons donc, mieux que par le passé encore, répondre aux nécessités d'une situation qui impose à tous, l'examen sérieux et attentif du diffi- cile problème de la rénovalion horlogère.

Une grande responsabilité, partagée jusqu'ici par les deux organes qui s'étaient

mis au service de la cause commune, nous incombe désormais. Nous l'acceptons sans crainte, assurés que nous sommes, du concours de toutes les bonnes volontés, de toutes les courageuses initiatives.

La fédération des intérêts horlogers de la patrie suisse, but suprême de nos efforts, ne sera pas obtenue sans de gran- des difficultés. L'égoïsme, le particularis- me, l'indifférence sont les ennemis contre lesquels il faudra énergiquemeni com-

battre ; la victoire sera donc disputée.

Mais ceux que les circonstances ont placés à la tête du mouvement ont la conviction qu'ils luttent pour une cause utile à l'en- semble ; ils iront vaillamment dans la voie qu'ils se sont tracée.

Déjà les ouvriers ont jeté les bases de leur organisation. Les fabricants et chefs d'ateliers ne peuvent ni ne doivent rester spectateurs indifférents d'un mouvement basé sur l'entente et ayant pour but la solidarisation de nos plus chers intérêts ; leur rapide organisation est une néces- sité, qu'ils se hâtent.

On a dit que la recherche de conditions meilleures pour le plus grand nombre était une utopie. On a dit que nos popu- lations industrielles n'étaient pas aptes à traiter les questions qui se rattachent à leur existence même. On a dit que le grand mouvement d'union et de concorde qui doit unir dans une commune pensée patrons et ouvriers nous conduirait aux abîmes et qu'il constituait une entreprise coupable. Ne nous laissons pas arrêter par ces manifestations de l'égoïsme ou de la peur ; mais soyons prudents pour ne pas risquer de compromettre les intérêts commerciaux de notre industrie horlogère et sachons attendre, s'il le faut, pour que les résultats obtenus nous soient définitive- ment acquis.

Entre la froide ironie de ceux qui pré- tendent qu'il n'y a rien à faire et l'en- thousiasme irréfléchi de ceux qui vou- draient tout obtenir, il y a place pour de légitimes revendications que le bons sens pratique de nos populations ne poussera pas au-delà des limites du possible.

Que chacun donc apporte sa pierre,

tant petite soit-elle, à l'édifice solide et

durable que nous voulons construire.

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A V I S

Nous lirions n o s abonnée d u d e h o r s de b i e n vouloir n o u e faire p a r v e n i r franco d'ici a u SO m a r e p r o c h a i n , le m o n t a n t de l ' a b o n n e m e n t p o u r 1881J p a r Ir. IO ( m a n d a t ou timbres-poste).

P a s s é ce t e r m e , l ' a b o n n e m e n t s e r a prier p a r m a n d a t d ' e n c a i s s e m e n t .

L'ADMINISTRATION.

LA QUESTION SOCIALE

Un sujet qui par sympathie, et par nécessité, mérite de fixer l'attention générale, est sans contredit la question sociale ; aujourd'hui, elle préoccupe tous les esprits du monde civilisé. Tous les pays, sous l'empire de celte inquiétante situation, cherchent plus ou moins à en conjurer les funestes con- séquences ; la solution est urgente, je dirai plus, elle s'impose. Il est donc du devoir de la société toute entière de la résoudre, par nécessité d'abord, parce qu'elle est menacée dans sa sécurité, et par sympathie ensuite, parce que nous ne devons ni nepouvons.rester indifférents aux souffrances de nossembj^bles.

Avant tout il est indispensable de bien définir le vrai sens de ce que l'on nomme : la ques- tion sociale.

A mon avis, c'est un mécontentement, un malaise général, produit par les difficultés de l'existence, dont la crise industrielle et com- merciale est la cause, et dont l'origine remonte à bien plus de 50 ans. A dire vrai, ce malaise social n'a pas été constant, il a eu de longues .intermittences, par exemple, depuis la révo- lution de 1830 jusqu'à la fin du règne de Ls.

Philippe, le commerce et l'industrie ont eu 18 années de paix et de prospérité. Mais à la chute de cette monarchie remplacée par la République, la question sociale fit sa réappa- rition d'autant plus accentuée, qu'on était en pleine crise, conséquence inévitable d'un changement de gouvernement et de forme surtout.

Après la Révolution de février 1848, qui eut le triste privilège d'instituer les chantiers nationaux, ceux qui détenaient le pouvoir ou qui avaient envie de l'accaparer, firent au Luxembourg défi conférences, dans lesquelles la révolution sociale et les théories les plus subversives furent ouvertement prèchées. Le droit de prospérité, la tyrannie du capital, le droit au travail, lecommunisme, lesocialisme, tous ces sujets furent discutée et commentés devant une foule anxieuse et souffrante, sur laquelle ils firent la plus profonde impression ; aujourd'hui, la guerre à la société est cons- tante.

Rien loin de se résoudre,la question sociale s'aggrave chaque jour par suite de la persis- tance de la crise commerciale et industrielle, dont on prévoit si peu la fin que l'on peut dire, avec raison, qu'elle est devenue l'état normal. Tant que cette situation ne sera pas modifiée, le mécontentement, le malaise, et l'agitation seront en permanence.

La cause principale du malaise social actuel git dans la substitution du travail mécanique au travail à la main ; en d'autres termes, c'est l'introduction et l'emploi de la machine dans le domaine industriel. Cette introduction re- monte bien au-de là d'un demi siècle et s'est faite sans bruit, petit à petit, sans même lais- ser soupçonner qu'elle deviendrait plus tard une puissance avec laquelle il faudrait compter. A l'origine, elle eut pour champ d'activité la grande industrie ; plus tard elle s'est adaptée à la petite industrie, et aujour- d'hui il n'y en a pas une seule dans laquelle elle n'ait pénétré avec un plein succès. Même celle qui par la finesse et la précision de son

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LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUfSSE

travail, paraissait présenter des difficultés insurmontables, notre industrie nationale, l'horlogerie en un mot a été conquise comme toutes les autres.

Maintenant, les pièces les plus délicates de la montre sont faites à la machine avec une perfection et une précision remarquables, et la facilité de production, que la fabrication mécanique a procurée est telle, que 3 à 400 montres par jour, et par fabrique, est une production moyenne pour de nombreuses fabriques suisses. Oui, l'industrie périclite parce que les machines ont remplacé les bras, et qu'en facilitant la fabrication, elles ont triplé, quadruplé la production qui, outre passant les besoins et la demande, a amené la dépréciation de la main-d'œuvre, et l'abaissement des salaires. C'est un fait irréfragable que l'on produit maintenant dans un mois plus de marchandises qu'on en pro- duisait dans une année il y a 8 ou 10 ans.

Une des plus déplorables conséquences de la facilité de production, c'est la possibilité donnée à la spéculation de s'emparer de cer- tains objets pour trafiquer à vil prix. Ce qui a nui à l'industrie horlogère suisse, c'est Ie bon marché qu'elle a toujours eu en vue dans le but de faciliter l'écoulement ; mais ce qui l'a tuée, c'est le bon marché illimité qu'elle a fait pour plaire à certains marchands que je m'ab- stiens de nommer et: qui ne s'inquiètent pas du tout de savoir si l'ouvrier peut vivre de son travail.

La dépréciation de la main-d'œuvre, l'abais- sement des salaires sont si vrais, si réels, que beaucoup de chefs de maisons établis dans les villes viennent s'installer dans les campagnes, parce que là, disent-ils, l'ouvrier peut vivre à meilleur marché et plus paisiblement que dans la ville, où la \'ie matérielle est plus chère et l'agitation en permanence.

Une autre perturbation, non moins funeste que l'introduction de la machine a apportée à l'industrie, c'est la facilité d'établissement de beaucoup d'industries dans des contrées où elles étaient totalement inconnues. L'esprit actuel des populations en général est de ne plus être tributaires de l'étranger pour des objets qu'elles peuvent créer chez elles ; c'est l'application effective de ce principe qui dans un temps plus rapproché qu'on ne le pense nous conduira forcément au libre échange ; l'horlogerie en est la preuve convaincante ; elle se fabrique maintenant dans bien des localités, où jadis elle était entièrement ignorée. Voilà ce qui me fait dire non sans raison que la machine a opéré une véritable révolution dans l'industrie, et quelle est le redoutable et funeste concurrent du travail- humain. Cette vérité renferme la vrai ques- tion sociale actuelle.

L'équilibre entre les besoins et la produc- tion est rompu et tant qu'il ne sera pas rétabli, l'industrie et le commerce souffriront, la so- ciété sera agitée et sans sécurité, or sans sécurité pas de travail et sans travail pas de prospérité. On aura beau s'évertuer, s'ingénier à créer de nouvelles industries, à trouver de nouveaux débouchés, on finira toujours par succomber sous la redoutable et funeste con- currence de la machine, voilà la vraie cause du malaise général.

Je sais que la chose n'est pas facile, et qu'il y a là un véritable problème à résoudre, mais nous ne devons pas nous laisser arrêter par les obstacles ; bien au contraire, nous devons réunir tous nos efforts pour chercher à rendre à la société sa prospérité et sa sécurité. C'est un sujet qui nous intéresse tous directement, et devient ainsi pour nous une nécessité et un devoir à remplir. Quel service et quel im- mense bienfait ce serait pour l'humanité toute entière, si l'on parvenait à faire reprendre à l'industrie son indispensable et constante activité.

En terminant, je m'adresse à tous les amis de l'humanité, à tous ceux qui par leur posi- tionneurs capacités, leur expérience, peuvent faire la lumière dans ce sujet si complexe.

Qu'ils se pénétrent bien de l'absolue néces- sité d'une solution nécessaire à la sécurité et à la prospérité de la société toute entière.

A l'œuvre donc, hommes de cœur et de dévouement, et vous aussi intéressés, indus- triels, négociants, fabricants et ouvriers ; que chacun, selon ses facultés, apporte son tribut à la solution du problème suivant :

A quoi employer désormais tes bras inoc- cupés, ou plutôt devenus superflus, par suite de l'introduction et de l'emploi de la machine dans le domaine industriel 9

Genève, février 1887. L. F.

> - • » • «

NOUVELLES DES ASSOCIATIONS Organisation de la Fédération des faiseurs

d'échappements.

Le Comité directeur des faiseurs d'échappe- ments convoque une assemblée de délégués des sections existantes et en formation pour le 13 et 14 mars, à 10 heures du matin, au Mattenhof, à Bienne, avec les tractandas sui- vants :

1° Appel des délégués ; 2° Nomination du Rureau ;

3° Organisation du Syndicat professionel ; 4° Elaboration d'un règlement central ; 5° Question des apprentissages ; 6° Tarifs sur les prix minimums ;

7" Désignation du siège du Comité central ; 8° Imprévu.

Les délégués de chaque section devront se présenter avec un projet de règlement central (statuts), un projet de règlement des appren- tissages, un projet de tarifs des prix concer- nant les grandeurs des échappements cylin- dres 12 lignes, 13 et 14 lignes, 15 à 20 lignes, avec fournitures et sans fournitures, un projet de tarifs des prix concernant les grandeurs des échappements ancres 14 et 15 lignes, 16 lignes, 17 à 20 lignes et le prix des parties détaillées.

Nous rendons attentifs les ouvriers qui tra- vaillent sur les échappements Boston et Roskopf, à présenter un projet de tarifs spécial.

Les garnisseurs d'ancres de Bienne et en- virons ayant été reçus dans la Société, nous prions toutes les autres sections d'en faire de même, au moins provisoirement, et de présen- ter un tarif.

Chaque section est priée d'envoyer le nom et le nombre des délégués qui assisteront à l'assemblée, pour le 10 mars, au président (M. Adolphe Gindrat, Stadtgarten, Bienne), afin d'être à même de trouver les logis.

En outre, nous recommandons à chaque section et sous-section d'envoyer au moins, un délégué. Le Comité directeur.

Assemblée des ouvriers horlogers des Franches-Montagnes,

le20 février, à l'Hôtel du Soleil, au Noirmont^

Deux délégués du Comité fédératif du syn- dicat des ouvriers repasseurs, démonteurs et remonteurs accompagnaient M. J. Perrenoud à cette assemblée, qui comprenait 200 per- sonnes, venues des différentes localités des Franches-Montagnes.

L'assemblée est ouverte par le président de la section des repasseurs et remonteurs du Noirmont. Il résuma en peu de mots la posi- tion qui est faite aux ouvriers de cette région.

Un des délégués du Comité fédératif des ouvriers remonteurs prit ensuite la parole pour expliquer h l'assemblée quelles étaient les vues de la Fédération, il insista sur c&

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point, que les ouvriers ne se groupaient pas pour faire la guerre aux chefs d'ateliers et fabricants ; que bien au contraire les uns et les autres devaient marcher la main dans là main, travailler d'un commun accord au relèvement de notre belle industrie, que le succès de cette grande entreprise ne serait assuré qu'à cette seule condition.

Puis M. James Perrenoud, attendu avec impatience, expliqua avec le talent qu'on lui connaît, les causes qui ont ammené l'industrie horlogère, dans la situation où elle se trouve actuellement, et indique les moyens de remé- dier à cette fâcheuse situation. Il attira prin- cipalement l'attention des auditeurs sur la guerre que se font mutuellement les ouvriers, en baissant les prix, ainsi que les moyens dont se servent certains spéculateurs pour gâcher complètement les prix de notre belle industrie. Par quelques paroles chaleureuses,·

il fait appel à tous les intéressés, les invitant à former des sections le plus vite possible.

Des bravos prolongés terminent la confé- rence, puis deux citoyens des Franches- Montagnes prennent successivement la parole pour remercier M. James Perrenoud, pour les explications qu'il a longuement développées au sein de cette assemblée, espérant qu'elles porteront de bons fruits dans leur région.

E.

Nous croyons devoir publier les deux lettres suivantes:

Bienne, le 2 mars 1887.

Monsieur F. Heng, président de la Société des ouvriers graveurs et guillocheurs de Bienne.

Nous recevons une lettre du groupe d'ou- vriers qui a pris l'initiative de l'opposition aux résolutions du Congrès du 23 janvier, dans laquelle on nous dit que le court résumé que nous avons publié dans le numéro du 25 février du journal, de l'assemblée générale du 19 février de voire Société, est inexact et incomplet.

Nous vous prions de bien vouloir nous dire ce qui en est.

Veuillez recevoir, Monsieur, nos salutations empressées.

Rédaction de la Fédération horlogère suisse.

Bienne, le 2 mars 1887.

Mons. le rédacteur de la Fédération horlogère, Bienne.

Le résumé que vous avez publié de l'assem- blée générale de la Société des ouvriers gra- veurs et guillocheurs de Bienne, tenue le 19 février, ne contient aucune inexactitude.

Avant de voter la cotisation de 50 centimes, une discussion a eu lieu sur l'organisation générale des ouvriers comme elle a été prévue au Congrès du 23 janvier ; puis lecture a été faite du protocole de l'assemblée du Comité central du 15 février, à Sonceboz.

L'assemblée a voté, à l'unanimité, l'or- ganisation autonome des ouvriers — ce qui ne préjuge en rien la question de se rallier à 'la Fédération des patrons lorsqu'elle sera faite — et une approbation unanime a été donnée aux résolutions prises par le Comité central ouvrier dans sa séance du 15 février.

Recevez, Monsieur, mes meilleures saluta- tions. FRITZ HENG.

DE LAJRIVURE

La matière qui dépasse l'ajustement de deux pièces est destinée à servir de rivure.

— L'opération par laquelle on écrase cette matière s'appelle river. - River est donc fixer ensemble deux pièces ajustées. — La

rivure étant la consécration d'un travail fini, on ne doit toucher à une rivure qu'en cas de force majeure, c'est-à-dire pour corriger un travail mal exécuté.

Ainsi, dans le cas où il faudrait diminuer d'épaisseur le dessous d'un coq, pour le dé- gager, afin de lui donner des jours de sûreté, on doit enlever le tenon de l'oreille avant de faire l'opération ; après avoir opéré, on lime cylindrique le bout du tenon ; on le remet en place et puis on le rive.

Ne pas limer le dessous de la roue de canon pour lui donner du jeu.

Eviter autant que possible de toucher à la rivure d'un pignon pour diminuer l'épaisseur de la roue rivée. — Dans le cas où l'on serait obligé de diminuer l'épaisseur de la roue, on doit toujours conserver aux pièces la place primitive de leur ajustement et refaire Ia rivure avec un poinçon percé à bout rond ou conique. — Si les pièces ont perdu leur première place, on doit refaire leur ajuste- ment au tour afin de ne pas faire un engre- nage irrégulier.

Il existe cependant un cas où l'on ne tient pas compte de la rivure. Ainsi, pour rem- placer un-cylindre, on commence générale- ment par chasser du balancier la rivure de l'assiette de l'ancien cylindre, quitte à fausser le balancier par cette opération. Il est cepen- dant plus court et plus naturel de chasser simplement le cylindre hors de sa virole et de ne remplacer strictement que le cylindre.

On évite ainsi de faire l'ajustement du balan- cier et celui qui reçoit la virole du spiral. De plus, Ie trou de l'assiette de l'ancien cylindre donne exactement la grosseur du cylindre à remplacer, et les hauteurs, pour Ie pivotage du cylindre, sont par le fait tout indiquées.—

Il arrive quelquefois que le balancier tourne mal rond ; ce cas ne se produit que dans les montres de qualité inférieure, dans lesquelles l'assiette du cylindre avait un mauvais ajuste- ment ou le cylindre lui-même était décentré par un mauvais pivotage. Quoi qu'il en soit, on peut toujours se rendre compte si le ba- lancier est centré en le plaçant sur un arbre lisse.

Il est certainement difficile de faire changer une habitude contractée depuis longtemps ; mais nos marchands de fournitures rendraient un bon service à tout bon entendeur en lui donnant à choisir des cylindres nus et d'au- tres à viroles. Pour aller plus vite dans le rhabillage, il serait utile d'en avoir de tous, afin de les utiliser selon les circonstances.

Ouvrier liorloger, reliens de U leclure.

Qu'on doil le plus souvent respecter la rivure, L . DUREL.

N O U V E L L E

Voyage à l'intérieur d'une montre.

(Suite.)

Vous voyez que Ie balancier — comme l'homme hélas — est ondoyant et divers, sans cesse balloté entre deux courants d'idées ; l'un personnifié par la fourchette, le lançant dans l'espace avec ce bel enthousiasme de la pre- mière jeunesse, qui ne connaît pas d'obstacles, l'autre, représenté par le spiral, le premier ministre sage et prudent, modérant cette exubérance de vie et ne laissant pas l'impul- sion se continuer au-delà du point utile. — Moins heureux que le balancier, tout homme n'a pas en lui cette pondération mathématique de l'action. Parfois les freins sont trop faibles pour résister à la force impulsive et au pre- mier tournant, l'on se casse le cou ; ou la force est impuissante contre les freins trop serrés et la machine s'embourbe dans l'ornière.

Amis lecteurs, quoique nous ne soyons plus dans la saison des souhaits, laissez-moi vous en faire un et me le faire à moi-même : Ayons dans nos actions, un bon réglage et varions le moins possible du plat au pendu.

Je viens de parler de réglage, car il ne suffit pas que le balancier se démène ainsi que nous le voyons faire, encore est-il nécessaire que ses oscillations soient réglées d'une façon mathématique. Pour résoudre ce problème, il faut que le spiral développe un nombre déterminé de vibrations^ lesquelles précipite- ront ou retarderont la marche de la montre, de telle sorte que la roue de grande moyenne fera rigoureusement un tour complet dans l'espace d'une heure.

Je vous expliquerais bien volontiers lathéorie des vibrations, du réglage, des courbes du spiral, etc., si je connaissais moi-même toutes ces choses par le menu, mais cela n'étant pas, je m'autorise de l'exemple de la plus belle fille du monde, ne donnant que ce qu'elle a.

J'espère obtenir sur ce point — comme sur les autres · - l'admission des circonstances très atténuantes, eu égard surtout à la fatigue considérable, qu'eût provoqué chez le lecteur un exposé des nombres de vibrations et au danger qu'il y a de soulever ces questions de courbes, car n'a-t-on pas vu, il y a quelques années, une de nos grandes cités horlogères divisée en courbistes et anti-courbistes ? Hâtons-nous de le dire, tout est redressé maintenant,— maisjugez du dangeretsachez- moi bon gré de l'éviter dans la mesure du possible.

A cette laborieuse et judicieuse explication, nous avons bien et les uns et les autres, acquis le droit de nous reposer quelques instants.

Prenez des sièges, si d'aventure vous en trouvez dans notre montre, essuyons-nous le front et récapitulons quelque peu les inci- dents, observations et enseignements du voyage. — Nous avons vu une bonne partie des organes de la montre et activité ; la force motrice développée par le ressort, transmise par le rouage, modifiée par l'échappement et réglée par les bons offices du balancier et de son coadjuteur le spiral, permet à notre vieille amie et bonne connaissance, la respectable roue de grande moyenne, de faire tranquille- ment son petit tour à l'heure, seulement, nous n'avons encore pu constater aucun résul- tat pratique de tout ce travail.

Ayez un peu de patience, elle aura d'ail- leurs sans plus tarder sa récompense. Nous allons nous introduire dans les dessous im- pénétrables et mystérieux du cadran. Toute- fois, avant que de vous engager, vous ferez bien de jeter un coup d'œil au cadran lui- même. Vous avez, mille fois déjà, regardé un cadran de montre, vous savez, comme tout le monde, qu'il est parcouru par deux aiguilles, l'une plus grande que l'autre. Tout cela est fort bien, mais vous êtes-vous jamais deman- dés, comment il se peut faire, qu'étant ajus- tées l'une au-dessus de l'autre, ces aiguilles soient animées de vitesses de rotation inéga- les ? — Vous n'avez jamais poussé aussi loin votre désir de savoir. Je m'en doutais d'ail- leurs et épargnerai tout compliment à votre talent d'observation, puisqu'il suffit de voir souvent la chose la plus paradoxale du monde pour Ia trouver très naturelle et logique. — Après tout, c'est précisément pour vous livrer la clé du mystère que vous êtes priés de passer sous le cadran. Baissez les têtes, il n'y a guère de place et je crains fort pour les coiffures des dames.

Tout le monde y est-il ? C'est bien ! Aucun accident? C'est mieux encore !

Ne vous étonnez pas de retrouver la roue de grande moyenne. — Oh ! c'est bien elle, mais vue de dessous cette fois. La roue de grande moyenne entraîne concentriquement, un pignon percé nommé la chaussée. La chaus-

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102 LA FÉDÉRATION HORLOGÈRE SUISSE

sée (sans être un disciple de St-Crépin, patron des cordonniers), chausse une roue dite de canon qui s'ajuste sur la tige même de la chaussée, comme sur un gros pivot. La marche de cette roue de canon est réglée par un pignon rivé à une roue dite de minuterie entraînée elle-même par la chaussée.

Toute cette théorie d'entraînement mutuel, vous paraît sans doute peu claire ? Pourtant il fallait bien décrire ce qui passait sous nos yeux, fût-ce même au risque d'être ennuyeux.

Encore un petit effort de bonne volonté et vous vous rendrez compte de la marche des aiguilles.

L'aiguille des minutes étant fixée sur une tige formant le prolongement du pignon de grande moyenne, axe de la roue de même nom, cette aiguille en suivra donc le mouve- ment et fera en une heure un tour complet de cadran, correspondant à une révolution complète de la roue de grande moyenne.

Voilà donc le mouvement de la grande aiguille expliqué, elle n'est que le doigt indi- cateur de la roue de grande moyenne, laquelle comme nous l'avons constaté antérieurement reçoit par le réglage une impulsion lui faisant faire mathématiquement un tour à l'heure, ni plus, ni moins.

Passons à la petite aiguille, celle qui marque les heures. C'est ici qu'entre en scène la roue de minuterie, qui a pour fonction d'imprimer à la roue de canon un mouvement douze fois plus lent, dès lors à ne faire parcourir à l'aiguille d'heure, commandée par la roue de canon, qu'un seul douzième de cadran, lors- que la grande aiguille fait tout le tour, soit dans l'espace d'une heure. Comme le cadran est divisé en douze heures, le chemin par- couru sera celui d'une heure à l'autre des divisions du cadran. C'est aussi simple que vous le voyez. (A suivre.)

NOUVF.LLFS DIVERSES

— Une société civile, ayant pour objet l'établissage d'une montre nouvelle et toutes les opérations que nécessite cet établissage ou qui en découlent, vient d'être constituée.

Elle a pris la dénomination de Société de la Montre nouvelle.

Son siège a été fixé à Paris; provisoirement rue de Berne, 9; son comptoir d'établissage est à Morleau (Doubs).

La durée est limitée à cinq ans, à partir du 1er janvier 1887.

M. Proust a apporté à la société un ensem- ble d'études, projets, plans, dessins et pro- messes de traités permettant d'établir, dans des conditions exceptionnelles de simplicité et de bon marché, une montre nouvellement inventée. Quant à la Banque de Crédit Fran- çais, elle apporte, à titre de commandite, une somme de 50,000 fr,, qu'elle s'est obligée à verser.

U n i o n «les f î l a t e u r s s u i s s e s d e c o t o n d ' E g y p t e . — Beaucoup de personnes ne se rendent pas encore compte de l'intensité de la poussée qui oblige l'industrie horlogère suisse à rechercher en vue de son développe- ment ultérieur les moyens de substituer des conditions viables d'existence aux dangers de la situation actuelle. Elles n'admettent pas l'utilité de l'association des efforts ou croient à l'impossibilité de les discipliner. L'associa- tion des brodeurs suisses qu'on leur cite comme exemple de ce qu'une entente in- telligente peut produire leur apparaît comme une exception unique et par conséquent ne démontrant rien.

Sans parler des nombreuses associations industrielles étrangères qui travaillent au relèvement de leur branche, nous avons à

signaler en Suisse, une nouvelle manifestation de l'esprit de solidarité professionnelle et de la confiance inspirée par l'action-collective : l'union des filateurs suisses de coton d'Egypte.

Constituée à fin janvier dernier, cette union avait déjà une dixaine de jour après sa fon- dation, réussi à grouper les propriétaires de 123,000 broches.

Des statuts de cette union, nous relevons qu'elle a pour but de réagir contre l'écart qui existe entre les prix du coton brut et ceux du coton filé. Le moyen qu'elle se propose d'em- ployer pour atteindre ce résultat est la fixation d'un prix de vente minimum, qui ne pourra être éludé par des rabais, escomptes, resti- tutions, prolongations du terme de paiement ou autres manœuvres qualifiées et punies comme contraventions aussi bien que l'inob- servation du prix lui-même. Le comité inflige des amendes aux contrevenants qui, lorsque l'amende dépassera 500 francs, pourront re- courir à l'assemblée générale. La sortie de l'union avant le terme d'une année pour laquelle elle est constituée, sera passible d'une amende de 500 francs. La contribution est fixée à 4 francs par personne. G.

C h e m i n e d e 1er. — Le Conseil fédéral a pris la décision suivante : En exécution de la disposition prescrite à lettre f de l'art. 2 de l'arrêté fédéral concernant les tarifs de che- mins de fer suisses, après avoir entendu la conférence des administrations de chemins de fer suisses, vu le 'rapport de son départe- ment des postes et des chemins de fer, le Conseil fédéral arrête : 1° Le délai d'expé- dition pour les marchandises ordinaires, fixé à deux jours par l'art. 98, lettre b, chiffre 1, du règlement de transport, est limité à un jour. 2° Les compagnies sont invitées à mettre cette modification en vigueur à partir du 1e r

avril prochain déjà et à l'annexer au règle- ment de transport par un supplément.

B o u r s e d e s m é t a u x . — Londres, 23 février. Argent en barre à 46 1. st. 5/16. — Cuivre Chili en barres, comptant, calme, à 39 1. st. 5 sh. ; dito 3 mois 40 1. st. — Etain beau étranger compt., détroit 1011. st. 2 sh. ; Australien 101 1. st. 12 sh. 6 d., beau étran- ger détroit à 3 mois 102 1. st. ; anglais en lin- gots 1041. st. 10 à 105 1. st. — Autres métaux.

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V e r r e s d e m o n t r e i n c a s s a b l e s — Un Japonais vient d'inventer un procédé qui per- met de fabriquer du papier avec dès algues marines. Ce papier, très résistant,est tellement transparent, qu'on peut l'employer en guise de vitres. Il reçoit très bien les différentes couleurs et imite parfaitement les anciens vitraux. Cette découverte intéressante n'a rien de surprenant, en raison de la nature muci- lagineuse des algues.

I / h o r l o g e r i e e n A l l e m a g n e . — Une réunion des horlogers de Berlin a eu lieu der- nièrement dans le but de chercher le moyen de ne pas nuire à l'écoulement des montres or et argent de provenance suisse dont les commerçants se trouvent en ce moment en possession. Tous ces préliminaires sont faits pour prévenir, autant que possibles l'effet que doit produire la loi de contrôle qui sera mise en vigueur le 1er janvier 1888. Cette loi ren- drait impossible l'écoulement des montres non contrôlées, attendu qu'à partir de ce jour toutes les montres de provenance étrangère seront contrôlées à leur entrée à la frontière.

Une pétition doit être adressée au gouver- nement dans le but d'obtenir que les montres

déjà importées soient marquées d'un poinçon de transformation ou bien munies d'une plom- bée ; ce dernier mode endommagerait moins la boîte de la montre.

La loi de contrôle qui sera mise en vigueur le 1e r janvier 1888, concernant les montres est la suivante :

1° Sur les boîtes de montres or, le fin ne- peut être que de 585/1000 et plus, et sur celles en argent seulement de 800/1000 et plus ;

2° Le signe du fin sur les boîtes de montres- or et argent, sera fait par un timbre faisant connaître le nombre de millièmes, ainsi que le nom de la maison pour laquelle le timbre·

aura été autorisé ;

3° L'indication du fin sera à la charge du vendeur des dites marchandises ;

4° Seront punis d'une amende de 1,000·

marcs, ou d'un emprisonnement, tous ceux des commerçants qui ne se conformeront pas à la loi.

Les chiffres du fin allemand ne correspon- dent pas exactement avec ceux de la Suisse attendu que la loi créée en Allemagne exige 585/1000 au moins de fin pour 14karats, tan- dis que celle de la Suisse accepte 483/1000*

pour 14 karats.

Cette loi esteonsidérée en Allemagne comme un remède radical pour diminuer la contre- bande qui se fait sur les frontières.

Par les quelques lignes qui suivent on peut se faire une idée de la situation et des opéra- tions de contrebande qui se font à la frontière.

Il y a quelque temps, un étranger, arrivant à la frontière, descendit à l'hôtel. Une heure après il alla à la poste recevoir des petits co- lis qu'il remit à un emballeur afin de les réu- nir en un seul, et comme il était pressé de partir pour la Suisse, il donna l'adresse de la destination, et le pria de faire l'expédition à.

son nom. L'emballeur, qui soupçonnait que ces divers paquets contenaient de la dyna- mite, avisa la police, qui fit ouvrir les colis et l'on y trouva 30 montres. D'après les re- cherches faites par la préfecture allemande, on a découvert, dit le Moniteur de la bijou- terie et de l'horlogerie, qui se publie à Paris, que le propriétaire de ces montres était le nommé Eugène Karecker, de Bienne, lequel ne pouvant justifier qu'il avait payé les droits d'entrée, les montres furent saisies et vendues au bénéfice de l'Allemagne.

I l e r e m p l o i d e s v e r r e s d ' o p t i q u e e t d e m o n t r e s . — Beaucoup d'horlogers font le commerce des objets d'optique : lunettes, pince-nez, etc., et par suite sont appelés à les réparer.

Nul ne sera fâché, je pense, d'apprendre- un moyen simple d'assujettir les verres qui ne tiennent pas dans la monture, sans les changer et sans être obligé de limer pour les resserrer.

Voici comment j'opère : Je prends une feuille d'étain, comme on s'en sert pour em- paqueter le tabac, Ie chocolat ; j'en enlève une petite bande que je place dans la rainure de la monture et je remets le verre. Aupara- vant, on desserre un peu la vis pour donner un peu de jeu. Quand on resserre la vis, le verre presse la feuille d'étain dans la rainure et l'y assujettit complètement. Avec un canif on coupe ce qui dépasse, et l'œil le plus exercé pourrait à peine distinguer cette gar- niture.

J'emploie le même moyen pour les verres de montre, quand la lunette n'est pas ronde et laisse à une place passer la poussière, ce qui arrive souvent et ce à quoi l'on ne peut remédier qu'en arrondissant la lunette, travail qui n'est pas toujours facile.

Là où il y a trop de jeu, je mets une feuille d'étain et j'atteins parfaitement le but cherché.

Il arrive à tous les horlogers de manquer de verres de tel numéro, et de n'en avoir que de trop petits ou de trop grands. Alors il faut

(5)

limer ces derniers, ce qui entraîne toujours une perte de temps. Dans ce cas, je prends un verre plus petit et je garnis la rainure avec une feuille d'étain. Assurément, il n'y a pas de règle sans exception, et si l'on a un verre à remettre à une montre d'or à lunette faible, on ne peut recourir à cet expédient ; mais avec des montres fortes d'or ou d'argent, on l'emploiera toujours avec avantage.

CORRESPONDANCES PARTICULIÈRES

Bienne, le 2 mars 1887.

Monsieur le Rédacteur,

Permettez-moi, Monsieur le rédacteur, d'emprunter les colonnes de votre estimable journal pour insérer les lignes suivantes :

Dans sa dernière assemblée, le Comité de la Société des repasseurs, démonteurs et remonteurs a décidé d'envoyer une circulaire à chaque sociétaire pour les inviter à donner les noms de tous les ouvriers qui, à leur con- naissance, ne font pas partie de la dite société.

Une circulaire sera de même adressée à messieurs les fabricants pour les prier d'aider la Société, dans la limite du possible, en invi- tant leurs ouvriers à s'en faire recevoir dans le plus bref délai, vu qu'à partir de l'assem- blée générale qui aura lieu sous peu, la mise d'entrée sera augmentée.

Toute personne se dévouant à ce but mon- trera qu'elle est vraiment partisan de la Fédération horlogère et qu'elle a à cœur le relèvement de notre belle industrie.

Il serait fort à désirer que le Comité de messieurs les fabricants se réunit en assem- blée avec le Comité central de Bienne, dans le but de rechercher les meilleurs moyens à prendre pour amener tous les patrons et ouvriers'non-sociétaires à renforcer la Société par leur adhésion.

Il ne serait pas bien équitable que les ouvriers qui n'ont encore eu aucun frais, pro- fitassent de la mise en vigueur des tarifs.

Aussi est-il à souhaiter que la meilleure entente ait lieu entre le Comité des fabricants et celui des ouvriers, sur les mesures les plus rigoureuses à prendre vis-à-vis des non-

sociétaires. Z.

Assemblée des fabricants et chefs d'ateliers, le 21 février, à St-Imier.

Cette réunion avait lieu,sous les auspices du bureau de la Chambre ide commerce qui avait pris l'initiative de* cette, convocalion et manifestait son existence; en soulevant une discussion sur une question palpitante d'in- térêt. M. J. Perrenoud rapportait sur l'objet de la réunion. Il résulterait, nous dit-il, des derniers événements que l'on commettrait une grave imprudence en cherchant la réali- sation immédiate d'une hausse quelconque.

U faut d'abord déblayer le terrain à bien des égards et, entre autres questions,M.Perrenoud signale celle des agences de renseignements à l'étranger qui, loin d'être utiles aux fabri- cants-établisseurs, les poussent souvent dans un abîme, bien involontairement, il est vrai, mais qui n'en est pas moins réel. Allez, a dit M. Perrenoud, avec notre; système élémen- taire de nous renseigner, demander, dans n'importe quelle ville venue, de quelque peuple que ce soit, des renseignements sur tel particulier qui désire devenir votre client.

On vous répondra, ce qui. est vrai, qu'il est bon par exemple pour 3,000 francs. Vous lui accordez confiance pour un montant en mar- chandises de pareille somme, sans qu'il vous soit venu à la pensée que k20 ou 30 fabricants sur renseignements identiques en faisaient tout autant que vous, de jsorte qu'avec une fortune réelle de 3,000 francs, ce marchand horloger obtenait un crédij. de fr. 90,000.

Après un exposé complet et clair d'une situation pénible, dont les causes échappaient jusqu'ici à bien des observateurs soucieux de notre avenir industriel, l'assemblée passe à la votation de l'ordre du jour fixé par la Chambre de commerce.

Deux propositions surgissent. L'une de former une association des établisseurs seuls et de grouper entre eux les chefs d'ateliers, ' tandis que la seconde demandait une asso-

ciation unique pour les fabricants et les chefs d'ateliers.

{ L'assemblée se prononce unanimement en faveur du groupement distinct des établis- seurs et des chefs d'ateliers.

Des comités provisoires sont nommés dans les deux groupes. Il se composent : celui des établisseurs, de MM. Ferd. Bourquin, A. Jean-

neret, Ed. Fallet et pour les chefs d'ateliers J. P. Muller, fabricant de pendants ; Rob.

Gygax, monteur de boîtes et H. Neukomm, qui seront chacun chargés de l'élaboration des statuts et de provoquer les assemblées ultérieures.

Note de la Rédaction. — Le Congrès des associations ouvrières, du 23 janvier, a pris une résolution tendant à réunir les fabricants et chefs d'ateliers, dans les mêmes syndicats, ce qui nous paraît plus rationnel que de réunir les chefs d'ateliers aux ouvriers.

Nous pensons que la décision prise par l'assemblée dont notre correspondant de St- Imier nous rend compte se rapporte à une organisation particulière des fabricants et chefs d'ateliers et qu'elle n'implique pas une manière de voir nouvelle, en ce qui concerne le groupement définitif des forces horlogères dans la future Fédération.

Ce groupement doit être, selon nous : D'un côté les fabricants et chefs d'ateliers, de l'autre les ouvriers.

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3 F » e t i t e P o s t e . Mm»E. V., St-Imier. Prix trop dlevé.

M. B. H., Locle. Le projet de statuts élabore" parl'ln- tercantonale sera soumis prochainement à une assemblée de délégués ie celte société. Ensuite le projet définitif sera discuté par une assemblée générale des délégués d«s astocia- tions patronales et ouvrières.

M. S. T., Genève. Le meilleur moyen serait do réunir tous les intéressés on assemblée générale. On s'occupe de cette question.

M. A. N., Chaux-de-Fonds. C'est de la poldiquo pure, sans aucun rapport avec la fédération des intérêts horlogers.

Choisissez un journal politique.

M. M. F., .s, Bienne. Attendez l'adoption du projet défi- nitif; ce sera encore assez lot.

Le rédacteur responsable : Fritz HUGUENIN.

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