P. K RÉE
Exponentielles et fonctionnelles de Schwinger en analyse gaussienne non commutative
Annales mathématiques Blaise Pascal, tome 3, n
o1 (1996), p. 227-242
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EXPONENTIELLES ET FONCTIONNELLES DE SCHWINGER EN ANALYSE GAUSSIENNE NON COMMUTATIVE
P. Krée
Institut de
Mathématiques
de JussieuUniversité de PARIS VI
«The
exponential
... is the mostimportant
function in Mathematics»
[R] Chap.l, p.l.
.Résume : En vue de
plonger l’analyse gaussienne
usuelle dans uneanalyse bosonique
etfermionique plus générale,
on commence par définir et par étudier lesexponentielles
et lesTransformées de
Laplace (TL)
associées. Ces dernières sont en fait les fonctionnelles deSchwinger.
Summary :
In order to imbed usual Gaussiananalysis
into a moregénéral
bosonic andfermionic
analysis
webegin
with the definition and with thestudy
ofcorresponding exponentials
andLaplace
Transforms(TL).
The last ones are, infact,
theSchwinger
functionals.
1 - INTRODUCTION
1. Généralités
Le groupe de recherche de A. Badrikian et notre
équipe
ont collaboré pour étudier dans le cadre desprobabilités
et del’analyse
réelleclassique, l’analyse gaussienne
et sesinteractions avec la
physique classique [B], [BK], [DKW].
Nous avons a cette occasionbeaucoup apprécié
lesgrandes qualités
humaines et de chercheur de A. Badrikian. Cetexposé
aucolloque
dédié à la mémoire de Albert concerne des travaux faits dansl’optique
de la
géométrie
Non Commutative(NC).
Le but est de créer uneanalyse complexe
NC
plus générale, qui interagit
avec laphysique quantique,
et oùl’analyse gaussienne classique
trouve un cadre naturelplus général
mais très différent de son cadreclassique.
On commence pour ça par étudier les
exponentielles
NC et cequi correspond
à la TL.L’existence d’un tel
plongement
n’est passurprenante.
En effet dansplusieurs
travauxqui
sont à la base de
l’analyse gaussienne classique
comme parexemple
ceux créant l’isométrie deWiener-Segal,
le calcul différentiel de L. Grossgénéralisé,
le calculpseudo
différentielgaussien,
les méthodes combinantl’algèbre, l’analyse complexe
etl’analyse
fonctionnelle sont fondamentales[S], [EDPoo], [Ki], [L]
... Lesexposés
récents du mêmetype [B], [K2], [K3]
montrent que cetteapproche
seprêtait
très bien aux interactions avecl’analyse stochastique
car elle montrait tout de suite que lesopérateurs
différentiels fondamentaux sont legradient généralisé
et ladivergence 6
alors quel’analyse stochastique suggérait
que lesopérateurs
différentiels fondamentaux sont legradient
pour les fonctions usuelles etl’opérateur
nombre. Cetteapproche permet
aussi de choisir danschaque
cas des espaces fonctionnelsadaptés
detrajectoires
et de classes defonctions,
cequi permet
parexemple
de résoudre le
problème
de lareprésentations
desmartingales quantiques [K3].
Elle estaussi
plus générale puisqu’elle s’applique
aussi aux processus de Poisson et deLevy [D].
.L’exposé
oral concernaitbeaucoup
lesaspects fermioniques développés
avec E. Carlen[CK].
Mais comme cesaspects présentés
seulspeuvent
sembleréloignées
de lagéométrie
etde
l’analyse gaussienne, l’exposé
écritqui
suit concerne aussi lesaspects bosoniques,
doncaussi
[HK].
.L’auteur remercie P. Malliavin pour son intérêt pour ces travaux.
2.
Principe
de la démarchePartons de la
physique
en considérant un oscillateurharmonique supposé
audépart classique
avec un Nombre deDegrés
de Liberté(NDL) égal
à un.L’énergie
de cetopérateur
étant
H(q, p)
= p2 2m + m03C92 q2 /2 (
I.1)l’état
statistique
de cet oscillateur à latempérature
T est donné par la mesure deprobabilité
f(q,p) ~ Ecl(f) =
~ ~ f 03C1DqDp
où =Z-1e-03B2H(q,p) (L2)
où Z est choisi pour que = 1 et où
~i
= On sait que laperturbation
de telsoscillateurs conduit encore
aujourd’hui
à des travaux extrêmementintéressants,
que dans le cas nonperturbé E~~
est conservé par le flothamiltonien,
que q et p sontindépendantes
et
gaussiennes
centrées. Mais(1.2)
n’estplus
valable si NDL est infini. De la même manière de nombreuxproblèmes mathématiques
très intéressantsapparaissent quand
onperturbe
l’oscillateur
harmonique quantique d’énergie H(Q,P).
Comme le montre lechapitre
3 de[M]
le cas NDL = 1 est trivial.
L’énergie
a alors des niveauxd’énergie quantifiés En
=hW(n+ 2 ).
Notant alors
~n
une fonction d’onde normaliséecorrespondant
àEn,
l’étatstatistique
del’oscillateur
harmonique quantique
est modélisé par l’état suivant00
f
=f(Q, P)
--~E(f )
=Tr(pf)
où p = ~~n (L3)
0
où Z est choisi pour que
E( I )
= 1. Là encore E est conservé par le flot hamiltonien.Mais
Q
et P ne sontplus indépendantes, quoique
leurs lois soientgaussiennes.
Mais laformule
(1.3)
n’estplus
valable si NDL est infini. Et comme le montre[M]
latechnique
des fonctions
caractéristiques
NC nepermet
ni deperturber
le cas NDL =1,
ni mêmed’étudier des
systèmes
libres où NDL est infini. On a donc besoin d’un outil et d’un calcul pour travailler avec ces états E en dimensionquelconque
ou pourperturber
ces états. Onva commencer pour ça à étudier
mathématiquement
les fonctionnelles deSchwinger.
Pour faire le lien avec
l’analyse gaussienne
il faut commencer par toutcomplexifier, puis
la repenser en termesalgébriques
et en termesgéométriques,
defaçon
à travailler avecles espaces de
Heisenberg
de[C].
Comme ce deuxième travail estdéjà
fait[B], [K2], ~K3~
on
part
avec lesconcepts
fondamentauxd’espace gaussien
dualisé(MQ
~ ZQ...HQ ~03A9Q, EQ) (7.4)
et
d’homomorphismes
associés.A droite de ce schéma on retrouve la notion usuelled’espace probabilisé gaussien.
Au milieu les troispetits points symbolisent
la dualité entrel’espace reproduisant HQ
et son dualZq.
Le sous espaceM~
du dual de~Q, qui apparaît
tout àgauche,
est fondamental. En effetMQ
doit être choisi au mieux pourchaque problème,
etde
plus [B], [K2], [K3]
montrent quel’algèbre symetrique S(MQ) idéntifée
auxpolynomes cylindriques
réels surSI~
est vraiment l’ossaturealgébrique
de lathéorie,
lesconcepts purement
ensemblistes étant auxiliaires. En effet étant unealgèbre,
elle a un calculdifférentiel associé
qui intéragit
avec la théorie de la mesure. Ainsi enanalyse gaussienne classique,
on est amené àgrossir
cette ossature à l’aide decomplétions
très variées. D’abordune
complétion
est nécessaire pour définir lesexponentielles
surMQ ,
cequi permet
ensuite de définir les T L~a ----~ =
(7.5)
puis
d’autrescomplétions
sont nécessaires pour définir les LP pour p oo, les espaces de Sobolevgaussiens
...Par
conséquent
on commence par introduire lescomplexifiés
M =MQ
+ iMQ
deMQ
et Z =
ZQ
+ iZQ
deZ
; ainsi lacompléxifiée C~Q
=S(M)
deS(MQ)
est unealgèbre
involutive commutative. Puis en
ajoutant
aux variables dutype Q
des variables dutype
P on va introduire une
algèbre
involutive non commutative a oùaq
seplonge. L’algèbre
a a donc un calcul différentiel associé. Puis considérant a comme une donnée de base on va introduire des
complétions
très variées de a.II - L’ALGEBRE INVOLUTIVE a =
Hb(M ~ M)
ET SON CALCUL DIFFER- ENTIEL1. Généralités sur les
algèbres Hb(X)
On travaille avec des espaces vectoriels et des
algèbres (associatives)
sur K = IR ouC. La théorie des
algèbres
deHeisenberg
et le calcul différentiel associé sedéveloppent
enimitant les théories
correspondantes
pour lesalgèbres
de Clifford[CK],
mais enremplacant
la
catégorie
des espacesquadratiques (X.q)
par celle des espaces alternés. Un tel espace(X, p)
est défini par un espace vectoriel X muni d’une forme bilinéaire alternée. Etant donnés deux espaces alternés(X, p)
et(Y, cp’)
unhomomorphisme
de vers(Y, ~p’)
est défini par toute
application
linéaire L de X dans Y telle que =cp(x, x’).
Une
application h
de à valeurs dans unealgèbre
unifère A est dite deHeisenberg
sih( x) h(x°) - h(x’) h(x) = cp( x, x’).
Comme pour les
algèbres
deClifford, l’algèbre
deHeisenberg Hb(X)
est définie par unecertaine
application
linéaire J : X ---~Hb(X)
et par unepropriété
universelle disant que touteapplication
deHeisenberg
de source(X, cp)
à valeurs dans unealgèbre
unifère Aquelconque
seprolonge
àHb(X)
en unhomomorphisme.
L’existence se prouve en considérant la
surjection canonique
del’algèbre
tensorielleT (X )
= surHb(X)
=T (X )/T (cp)
où est l’ideal bilatèreengendré
par leséléments du
type
x~ x’
- x’ 0 x -x’).
On notel’image
par J deTj(X).
Noter que dans le cas
particulier
où(X, cp)
est totalementdégénéré i.e.,
cp =0,
alorsHb(X )
=S(X ).
On obtient ainsi un foncteur Hb de lacatégorie
des espacesquadratiques
à valeurs dans la
catégorie
desalgèbres unifères, qui
à la sommeorthogonale
de toutcouple d’espaces
alternésavec j =
1 ou2,
faitcorrespondre
leproduit
tensoriel desalgèbres
Les dérivations directionnellesVu
dansHb(X)
sont définies enpartant
de la
proposition
suivante concernant les dérivations dansT(X) puis
en passant auquotient
par
T(03C6).
2. Lemme
Soit u arbitraire dans le dual
algébrique
X * del’espace
vectoriel X .a)
Il existe une et une seuleapplication linéaire ~u
dansT(X )
telle que0394u1 =
0 et~x
b’i E T(X) (II.1)
De
plus Du
est une dérivation telle queVu et v E X*
Vu Vv - Vv Du
= 0.(11.2) b)
Finalement pour touteforme
bilinéaire alternée cp surX, Vu
laisse stable l’idealT(p).
Considérant alors
l’espace
alterné totalementdégénéré (X*, 0), (IL2)
montre quel’application
u -+V,
à valeurs dansEnd(Hb(X ))
estHeisenberg.
D’où unhomomorphisme d’algèbres S(X*)
~End(Hb(X))
que l’on note 8 ~~03B8.
On obtient ainsi des formulesanalogues
à celles concernant lespolynômes cylindriques.
Parexemple,
on se ramènefacilement au cas où n = dim X est fini. On considère alors une base
(~~)
=(~1, ...~n)
de X et la base dual de
X *,
et l’on utilise des multi-indices a =(a;)
=(ai, ...an);
/3
=(/3~ ).
Notant alorsVj
la dérivation dans la direction de x J on obtient comme pour toutmonôme ~ ~
usuel_ ,Q; (I1.3)
où par convention le membre de droite est nul si
Q;
= 0. Plusgénéralement
si 8 = xa =De
est noté va et~03B1(03BE03B2)
se calcule comme si03BE03B2
était un monome usuel. Ondéfinit de même les derivées
globales.
D’où des formules et un calculqui
sont les mêmesque pour les
polynômes
usuels.3.
Proposition (translation
externe et formule deTaylor)
Pour tout espace alterné
(X,03C6)
on note la sommeorthogonale
de(X, p)
et de
(X, o) ;
et pour tout x deX,
l’élémentcorrespondant
de la deuxièmecopie
de X estnoté x’.
a) L’application
T : x -~--~ . + x’ est deHeisenberg.
Elle seprolonge
donc en unhomomorphisme T
:Hb(X)
---~Hb(X
®X) noté ~
--~F(~
+~’) appelé
translationexterne.
b )
Pour n = dim Xfini
et pour toute base(~_)
de Xorthogonale
parrapport
à s, on a pourtout
élémentF(~) _
deHb(X)
F(03BE + 1’)
=03BE’03B1/03B1!
=03A3~lF(03BE).03BE’~l/l! (I L4)
a l
Il est utile de noter que l’élément F de
Hb(X)
nes’interprète
pas intuitivement(et rigoureusement
si c~ =0)
comme une fonction surX,
mais comme une fonctionsur tout espace U en dualité avec X. D’ailleurs pour retrouver la formule de
Taylor
usuelle
F(~
+a)
= ... àpartir
de(I1.4),
on note que pour a dansU, l’application
V : x +
y’
--> x +a( y’ )
deX ~
X dansHb(X)
est deHeisenberg.
Donc lacomposée
de T et de V est un
endomorphisme
F ~F(03BE
+a)
deHb(X) appellé
translation interne d’intensité a et2~(~
+a)
se deduit de(I1.4)
en yremplacant les
par lescomposantes
a;de a.
4.
Proposition (dérivations
etcommutateurs)
Soit
(X, y~)
un espace alterné et soit L linéaire de X dans X *définie
parL(x)
= ~p(., x),
Alors pour tout x
fi~é
~F ~ Hb(X) ~L(x)F = [F,x] (II.5)
En effet et
~., x~
sont des dérivations surl’algèbre Hb(X) qui
coîncident endegré
1.5. Définition des
expressions
ordonnées d’éléments et desproduits
de Wicka)
Soit b = une base ordonnée del’espace
alterné(X,
de dimensionfinie
N. Posant
03BEj
= onappelle expression
ordonnée de toute F deHb(X ) l’expression
de F comme combinaision linéaire des monômes~a
où les~3
sont ordonnésdans l’ordre croissant des indices
j.
. Onappelle produit
de Wick de deux éléments F etG de
Hb(X )
l’élément :F(~) G(~)
: deHb(X )
dontl’expression
ordonnée se déduit duproduit G(~)
enreplaçant
les~~
dans l’ordre croissant des indices mais sans tenircompte
des relations de commutation.b)
Considérons parexemple
le casparticulier
où X est la sommeXi
~.XZ
de deuxespaces en dualité de dimension n, munis de deux bases ordonnées et
(~j)
endualité et telle que :
03C6(ei, ej)
= = 0 et =03B4ij.
Posant b =
..., ~n), 03BEi = J (ei)
et ~j _J(~j)
tous les03BEi
et tous les ~j commutent entre eux et = .L’expression
ordonnée de de tout élément F deHb(X1~X2)
est doncl’expression
de F comme combinaison linéaire des monômes03BE03B1~03B2.
En utilisant
(IL5)
onpeut
démontrer ceci6. Théorème
(expression
ordonnée de toutproduit)
Les notations sont celles du
point Alors quels
que soient F et G dansHb(X1
~X2) (FG) (~~ rl )
=~a
~ ~" G(~~~) ’ ,(I L6)
On introduit maintenant des involutions.
On
rappelle
quel’anti-espace
d’un espace vectorielcomplexe
M estl’espace
vectorielM défini pour le groupe additif de M et par le
produit
par les scalairesÀ; m)
-~ am. Onnote alors m -~ m
l’anti-isomorphisme
M --> M défini parl’application identique
de M.Les
algèbres
deHeisenberg
involutives sont construites en utilisant ceci.7. Théorème
Soit
(X,cp)
un espace alternécomplexe
avec uneconjugaison compatible
Ci.e.,
telle queSP(Cx, Cx’)
=a )
Alors C seprolonge
d’une seule manière en une involution surHb(X).
b )
Deplus
soit A unealgèbre
involutive et soit L uneapplication
deHeisenberg
de Xdans A telle que
L(Cx)
=L(x)*.
. Alorsl’homomorphisme L
associé à L estinvolutif.
Une telle
application
L est dite*-Heisenberg.
8.
L’algèbre
involutive,Hb(M ~ ’M~)
On
rappelle
que «le»complexifié
de tout espace vectorielcomplexe
est toutcouple (VC, in j )
formé par un espacecomplexe
Vc et par uneapplication
IR-linéairein j
de Vdans Vc telle que toute
application
IR-linéaire de V dans un espacecomplexe
W admetun seul
prolongement
en uneapplication
0152-linéaire de Vc dans W .On
peut complexifier
deplusieurs
manières tout espace vectoriel réel V mais toutcomplexifié
V~ de V estisomorphe
à V + iV muni de sa structurecomplexe
usuelle.L’espace
V + iV estappellé
lecomplexifié
en x +iy
de V. . Considérons ainsi un espacecomplexe
M dense dans l’hilbertien Z etl’espace
réel sousjacent Mr.
Lecomplexifie
enz + z de
Mr
est défini parMrinj M ~ M
z ----; (z + z)I ~ (I1.7)
Ici
V2 qui peut
êtreremplacé
apriori
par tout réel non nul a été choisi pour quein j
soitisométrique.
Leproduit
scalaire(z, z’)
est noté z.z’ poursimplifier.
Alors lacomplexifiée
de
l’application
bilinéairep’(z.z’)
= i Im est la forme bilinéaire alternée suivante surX=MeM
03C6(u
+iL’ , v + v ) _ u’.v - u.v’ ( II.8)
Parfois cp est
remplacé
parhc~ où h >
0représente
la constante de Planck. On note que(M
0M,
muni de saconjugaison
naturelle u + i~’ - u’ + ic verifie leshypothèses
de(I1.4).
Parconsequent Hb(M
0M)
est involutive.On a des calculs similaires dans le cas
fermionique
mais où lesalgèbres
deHeisenberg
sont
remplacées
par desalgèbres
de Clifford[CK].
9. Debut de l’étude des
opérateurs
de convolutionSoit
(X,cp)
alterné et soit g une série formelle sur X .L’opérateur
de convolution desymbole 9
dansHb(X)
est défini comme étantl’application
linéaire suivante deHb(X)
dans lui-même :
.f (~)
"_’(f (~
+~~~~ 9(x~)) ( II. 7)
où les crochets
symbolisent
une contraction relative aux lettresduales ~’
etxr,
c’est-à-dire entreS(X )
et les séries formelles.L’étude de ces
opérateurs
se ramène immédiatement au cas de la dimension finie. Alors si(e J )
et sont des bases duales dans X et X* de dim. r~,l’application (IL?)
est notée~g
car vu(II.4)
g(x) -‘- Eg/3 ~03B2 03B1!
~~g = 03A3g03B1 ~03B1 03B1!. (77.10)
Ainsi les
~g
forment unealgèbre
commutative unifèreisomorphe
àl’algèbre
Pôl(X)
desséries formelles sur X.
Pour g fixé,
dim Xfinie,
et pour tout multi-indice a lepolynôme caractéristique
d’ordre « de~g
est défini parHa(~)
= =((~
+~r)a~ 9(xr)~. (11.11)
D’où immédiatement de nombreuses relations
algébriques
entre cespolynômes, qui
sontanalogues
à celles connues pour lespolynômes
de Hermite dansle
casparticulier
oùX = = 0 et = exp
-~.
.Pour définir en
général
la fonctiongénératrice
desHa,
on introduit pour tout entier N fixé et pour toute forme linéaire u =03A3uj ~j
= sur ..J( la combinaison suivante deségalités (11.11)
~ (~ "~’
rf
’
~ ’
9(x )i (IL12)
et on cherche à passer à la limite
quand
N --~ oo. Le cas = 0 est trivial car tous lestermes du
développement
de(~+~r)a commutent,
et il aapparaît
à droite uneexponentielle
usuelle
qu’on peut
définir comme élément d’uncomplété
de5’(X ).
Le cas où cp~
0 estmoins facile car il
apparaît
à droite uneexponentielle
noncommutative,
a définir dans uncomplété
convenable deHb(X ).
On verra à la sectionIV, quatre
théorèmesqui permettent
de faire tendre N vers l’infini dans(11.12).
Mais donnons d’abord desexemples.
III - DEUX EXEMPLES D’ALGEBRES INVOLUTIVES
Hb(Xl
®X2)
1. Relation avec les
symboles classiques
Considérons la somme
Zr
=Zp
de deuxcopies
d’un même espaceeuclidien, Zr
est muni de
l’application
bilinéaire alternée+ p,
qr
+Pr)
= z(q.p’
-(III.1)
Munissons la somme des
complexités Xi
=ZQ
etX2
en x +iy
des espaces réelsZQ
etZp,
de lacomplexifiée
de On se propose de montrer quel’application
desrésultats
qui précèdent
àl’espace
alterné(Xi
Et) muni d’une base b obtenue enjustaposant
deuxcopies
d’une base orthonormée deZQ
donne en fait le début du calculpseudo
différentielclassique.
En effetl’espace
de L. Schwartz S =S(ZQ)
étantplongé
dans
L2(ZQ, dq)
soit 8l’algèbre
involutive desapplications
linéaires continues des,
dontl’adjoint
induit unopérateur
linéaire continu de S. Parexemple,
pour u et varbitraires
dans
ZQ,
B contientl’opérateur Qu
deproduit
par la forme linéaire u.q surZQ
et aussil’opérateur Pv
= On vérifie alors quel’application
R u + v ~Qv
+Pu
deX1 ~ X2
dans B est
*-Heisenberg.
Elle définit donc unhomomorphisme
Hb
(X1
~X2)~B
qui composé
avecl’application a
desymbole classique
définit unebijection
linéaireHb(X1 ~ X2)~S(X1
®X Z )
.Pour que cette
bijection
soit unisomorphisme d’algèbres,
il fautremplacer
leproduit
dansS(X1
~X2) correspondant
auproduit
des fonctionspolynômes
par leproduit
défini parla formule
exprimant
lesymbole classique
deR(FG)
à l’aide dessymboles
deR(F)
et deR(G).
2. Relation avec les
symboles
de Wick en dimension finiePour tout espace hermitien
M;
munissonsX i
0X2
= M ® M de la formealternée .
définie par
(11.8). On peut
aussiappliquer
les résultatsqui précèdent
à(M ® ~p)
eta la base b de
M e
M obtenue enjuxt aposant
toute base orthonormée( e; )
de M avecla base
(ëi)
de M. On voit de même quel’algèbre
involutiveHb(X1
~X2)
est dans cecas
isomorphe
àl’algèbre
desopérateurs
linéaires F de Fock(M)
dont lesymbole
deWick
appartient
àS(M
~M).
Mais pour quel’application
F - soit unisomorphisme d’algèbres
deM)
surM),
on doitremplacer
leproduit
usuel des
polynômes
sur M S M par unproduit
tel que FwGw =(F
o Lestechniques cylindriques
de[Ki], [EDPoo], [KR]
et enparticulier
le lemme suivantpermettent
d’etendre la théorie en dimensionquelconque.
3. Lemme des
Systèmes
Cohérents Uniformément Bornés~K1~, [EDP oo]
Soit B un espace de Banach
complexe
muni d’unefamille filtrante
croissante(.8a)
desous espaces de Banach dont la réunion est dense dans B. Notant
ia
eti03B103B2
lesinjections canoniques Ba
- B etBa
~ B03B2, soit SCUB l ’ensemble desSystèmes
v. =(va)
dansIIBa qui
sont Cohérents etUniformement
Bornés au sens suivantB03B1
CB03B2
~ v03B1 = i*03B103B2(v03B2)
et
~v~
= sup~v03B1~
oo.C’est clairement un espace normé
a)
Alorsl’application
A : ~ -(iâ(.~))«
est une isométrie de B sur SCUBqui
est donccomplet.
b) Supposons qu’il
existe pour toutBa
uneapplication
linéaireisométrique j«
de’B03B1
dans ’B telle que
iâ
= u pour tout u dans’B03B1
. On suppose aussi queU
Imj«
estdense dans’ ’B. Alors
Vu
e’
Bj«
o - u dans’B.
Pour prouver
a),
il suffit de remarquer que A estl’adjointe
del’injection canonique de U B«
dans B et que cetteinjection
estisométrique.
Pour prouverb),
on note que les .normes des
applications
linéairesLa
=ja
oiâ
de ’B dans lui-même sont uniformementmajorées
et queLa
coïncide avecl’application identique de’B
sur V= U
Imj«.
En effetpour tout v = de V on a
Lav
=j« iâ jo(u)
=j«(u)
= v. Comme V est dense dans’B on termine par un
argument
en~%2.
IV - EXPONENTIATION DANS CERTAINES ALGEBRES
TOPOLOGIQUES
1. Définition
Une
algèbre
unifère B estappellée
bientopologisée
si B est muni d’unetopologie
localement convexe
separée
telle que ~i soitsequentiellement complet
et telle que leproduit
soit
sequentiellement
continu. Enparticulier
unealgèbre
involutive unifère B est dite bientopologisée
si deplus
l’involution estsequentiellement
continue.2. Définition de
l’exponentielle
exp(sb)
pours ~ S
Soit B une
algèbre
bientopologisée.
Soit b un élément de B et soit S un ouvert connexedu
plan complexe
contenantl’origine.
On dit que exp(sb)
existe pour s dans S s’il existeun
fonction holomorphe
G de S dans ~ telle queG(o) =1, G’(0)
= b ets et
s’
E S avec s +s’
E S ~G(s
+s’)
=G(s)G(s’) (IV.1)
Comme une telle
fonction
G estunique
si elle existe on pose exp(sb)
=G(s).
Notons que si exp
(sb)
existe pour s dans .un certain ouvert S commeci-dessus,
alorsnécessairement =
bk
et~r > 0
~pk 03A3~0 pk(bk) rk/k! ~ (IV2)
et l’on retrouve ainsi le cas
particulier
où ~i est unealgèbre
involutive unifère de Banach..
3. Théorème 1
(deux propriétés
del’exponentielle)
a)
Soient B etB1
deuxalgèbres unifères
bientopologisées
et soit h unhomomorphisme
séquentiellement
continu de B dansB1.
Si b dans B est tel que exp(sb)
existe pour tout s, alors ezpsh(b)
existe pour tout s et c’est h(exp (sb)).
b)
Soient a et b deux éléments de B tels queezp(sa)
etexp(sb)
existent pour tout s ettels que existe À
complexe satis f aisant
ia, bJ
= ~1(IV:3)
Alors exp
s(a
+b)
existe pour tout s etes(a+b)
_esaesbe-03BBs2/2
=esbesae+03BBs2/2 (IV.4) c~
Soit ~ une*-algèbre unifère
bientopologisée
et soit b un élément de cettealgèbre
telque sb soit
ezponentiable
pour tout s. Alors sb*peut
êtreezponentié
et(e’b)* (IV.5)
Commençons
par deuxexemples
commutatifs.4. Les
algèbres
bientopologisées
et03B8’(V)
On renvoie pour les détails à
[KO]
et[O].
Pour tout 8 > 1 onpose t =1- é.
Pour toutespace hermitien
V, l’espace
des fonctions entièresf
sur V à croissanceexponentielle
d’ordre 8 et de
type
arbitrairementpetit
est unealgèbre
de Fréchet nucléaire commutative bientopologisée.
Pour toute base orthonormée de V lesdéveloppements
deTaylor
deséléments
f
de~’~(V)
sont ainsi caractériséstopologiquement
=
{f
=03A3f03B1v03B1,
dm =1, 2,
...,=
|f03B1|2) oo} (IV.6)
L’antidual est donc
l’espace
des fonctions g =03A3g03B1v03B1
sur V telles que pour uncertain entier m : :
~g~m = (03A3|03B1|! m-|03B1| |g03B1|2)
oo(IV.7)
l’antidualité étant définie par
.
(f,g)
= 03A303B1!f03B1
9a(IV.8)
De
plus
latopologie
d’antidual fort est limite inductive destopologies
des espaceshilbertiens définis par
(III.7).
Deplus G8.(V)
fort est aussil’espace
des fonctions entières d’ordre 8’ sur V dont letype
est arbitrairementgrand. L’algèbre 03B8’(V)
est aussi bientopologisée.
Noterqu’on
a unisomorphisme
03B8’(V)
~’ F03B8(V) fort~.
(IV.9)
tel que
Eg(v03B1)
=03B1!903B1
pour tout multi-indice a. On en déduit que g coîncide avec la fonction suivanteappellée
la transformée deLaplace
deEg
u --~
Eg(u)
=(IV10)
Noter que et ne
dependent
pas en fait de la structure hermitienne de V.5. Théorème 2 d’extension de
~g
àHb(X)03B8
Soit 8 > 1. Soit un espace alterné
compleae
et soit fi =Hb(X)03B8
lecompleté
deHb(X )
pour latopologie
induite parF03B8(X).
a)
Alors la translation externe seprolonge
d’une seule manière en uneapplication
linéaire continue
~ -
b)
On suppose ginversible,
g etg-1
E03B8’(X).
Alors{~g
seprolonge
en unhoméomorphisme
B ~~ B ( IV.I2 )
Notons que cet enoncé et sa preuve ne
supposent
pas que leproduit
deHb(X )
seprolonge
en uneapplication sequentiellement
continue fi x fi -~fi,
pour deux raisons.D’une
part
la fonnule deTaylor
est la même que dans le cascommutatif ;
deplus (III.12)
est la
composée
de(III.11)
avecl’application
linéaire continueIdB ~
g. Le théorème 2 estsuffisant pour étudier la limite pour N ---~ oo du membre de
gauche
de(IL12).
6. Théorème 3 de passage à la limite dans
(IL12)
Les
hypothèses
et les notations étant celles du théorème2,
on suppose encore deux chos es :a~
Pour leproduit prolongeant
continuement celui deHb(X ),
B est unealgèbre
bientopologisée.
b)
Pour touteforme
linéaire u = surX, 03BEu
=peut
êtreezponentié
dansB.
Alors on a
l’égalité
suivante dans B~~ H ~ u A .= e~~ g(u) (IV.13)
Cette formule donne la fonction
génératrice
despolynômes Ha.
Le théorème suivant donne des cas NC interessants où leshypothèses a)
etb)
sont satisfaites et il donne aussiexplicitement exp(03BEu).
7. Théorème 4
Les notations sont celles de la
partie b)
de ladéfinition
5 duparagraphe
2. On munitdu
produit
noncommutati f ~’;
G -~ FGdéfini
par le théorème 6 duparagraphe
2. Alors pour tout 8 >
1,
ceproduit
est continu pour latopologie
induite parF03B8(X1 ~ X2)
sur
X2).
Dans ces conditions fi =Hb(X1
®X2)03B8
est unealgèbre
bientopologisée.
Le théorème 1 montre alors que
l’élément 03BEv
+ ~u de Bpeut
êtreexponentié
dans Bpour tout
(u, v)
fixé dansYi
0X2.
Deplus
~+~ = ~~
g~~-~~/2 =
e~e~ (fV.14)
Cette théorie
s’applique
enparticulier
aux deuxexemples
de la section III.On notera la différence suivante avec la théorie commutative. Dans celle ci les «états cohérents ))
eu
= 03A3 H03B1(03BE)u03B1 03B1!
g-1(u) (III.15)
Qf
°
sont des éléments de
L~,
alorsqu’ici
cesexponentielles
sont desopérateurs
linéaires.V - FONCTIONNELLES DE SCHWINGER
(OU
FONCTIONNELLESGENERATRICES)
On
peut
aussi[HK]
étendre au cas NC la théorie del’orthogonalité
despolynômes
de
Hermite,
la théorie de la transformation unitaire de[S]
et aussi la théorie du calcul différentiel et des espaces de Sobolevgaussiens
de[Ki], [EDP~].
Vues lestechniques cylindriques
onpeut
se ramener au cas de la dimension finie. Lapremière étape
consiste àtrouver des extensions NC des mesures
gaussiennes .E~.
1. Définition
L’espace
M étanthermitien, on
munit X =M ?
M de laforme
alternée 03C6. Pourtout 03B8 >
1,
on noteHb(M ~ M)03B8 l’algèbre
involutiveHb(M ~ M)
munie de latopologie
induite par
Af).
Lafonction génératrice
de touteforme
linéaire continue E ~~rM)03B8
estdéfinie
comme lafonction
suivante sur M~ M
E(~ > ~i~ _ - e-~
On définit encore la fonction
génératrice
normale et la fonctiongénératrice
anti-normale de E par .E~, ~)
=e~ E(~ u’)
=.
(V2)
ÊA(u,u’)
=eu.u’ 2 Ê(u,u’)
=ezu’) (V.3)
La fonction
génératrice
normaleÊN
de Epermet
de calculer tous les moments m03B103B2 de J5comme dans le cas
commutatif,
lesproduits
étant dans l’ordre normalm~ = ===~
E~(~ u’)
= S~ ~ ~ (~.4)
Comme l’action de toute forme linéaire continue E sur
Hb(M
ne fait pas intervenirla structure
d’algèbre,
onpeut appliquer
ici les résultats sur la transformation deLaplace
des formes linéaires continues sur
F03B8(M ~ M).
2. Théorème
Pour tout espace hermitien M et pour tout 8 >
1, l’application
E ~ÊN
realise unisomorphisme topologique :
Hb
(M
~M)é
-.-~~e~ (M
~M). (V.5)
3. Retour à l’oscillateur
harmonique
Par la transformation de
Bargmann,
l’étatstatistique
de cet oscillateurpeut
êtreinterprété
comme un état surl’algèbre
desopérateurs
continus de Fock(C).
A des constantesprès
cet état s’écrit avec 0 c 1B ~
G’c(B)
=Tr(pB),
où p =(1- c) 03A3~0 ct û ® ul l! (V.6)
Les moments de
G~
sont doncG’c (zkzl)
=Dkl
(1 ck
lec)k
kL(V:7)
Mais par ailleurs pour tout t >
0,
la forme linéaire continueGt
surHb(0152 ~0152)2
telle que26, 2i’ = etuu’ Y.8
a
d’après (V.4)
les moments suivantsGt(zkzl)
=03B4klk!tk (Y.9)
En
comparant (V.7)
et(V.9)
on en déduit deux choses. D’abord si t = l’étatstatistique G’c
a pour fonctiongénératrice
normalisée exp tuu’. Ensuite la forme linéaire continueGt
sur
Hb(0152 ®C)Z
dont la fonctiongénératrice
normalisée est(V.8)
est un état surHb(C ~0152)
ce
qui
n’était pas evident apriori.
Parproduit
tensoriel et translation de tels états on endéduit ceci
4. Définition des états
quasi-libres
et théorèmeL’espace
M étanthermitien,
~ = M ® .M est muni de laforme
alternée pdéfinie
par Pour touteforme sesquitinéaire positive u’)
sur M et pour touteforme
linéaire.~ sur
M,
lafonction
suivante est clairement un élément de ~M)
N (u, u.) = (V.10)
Alors la
forme
linéaire continue G surHb(M~M)2
dont lafonction génératrice
normaliséeest est un état sur
Hb(M
®M).
Ces états coîncident avec les états