N°577 - 25 OCTOBRE 2002 - L’HEBDOMADAIRE DU SYNDICAT NATIONAL DES ENSEIGNEMENTS DE SECOND DEGRE
SOMMAIRE : Page 2 L’actualité après la grève • Lettre du SNES au ministre • Les cinq fédérations de l’Education nationale écrivent au Premier ministre • Page 3 CO-Psy, MI-SE, aides-éducateurs dans la grève • Décentralisation : assises de Nantes • Page 4 Préparation du congrès du SNES : contributions sur le service public • Page 5 Entrée dans le métier • Stage philosophie • Page 6 Pratique
Carrières
C’est le moment !
Edito
Grosse ficelle
Interpellé par le SNES sur le retard dans la publication des postes aux concours 2003, Luc Ferry a annoncé la création d’un groupe d’audit des besoins de renouvellement de nos professions. Il sera présidé par un inspecteur général des finances, comprendra des inspecteurs généraux de l’Education nationale et devrait rendre ses conclusions à la mi-décembre.
Venant après des déclarations de Xavier Darcos remettant en cause le plan pluriannuel de recrutement obtenu de haute lutte en 2000, cette annonce ne peut qu’inquiéter. Alors que ses propres services, de la DPD à la DPE en passant par le service des pensions à la Baule, travaillent depuis plusieurs années à harmoniser leurs prévisions et aboutissent à des chiffres qui fond l’accord (1), ce ministère découvre le besoin de vérifier leur véracité. 19 000 départs, cela ne serait-il pas exagéré ? Ne serait-il pas urgent de diminuer sensiblement le nombre de postes mis aux concours ? Au moment où l’Union européenne publie un rapport (2) pointant la France parmi le groupe de pays ayant les plus importants problèmes de
renouvellement des générations, et que les experts de l’OCDE s’apprêtent à conclure dans le même sens, la ficelle est un peu grosse. La date choisie pour la remise de la copie, au-delà de la clôture des inscriptions aux concours, présente pour nos ministres le double avantage de ne pas décourager les candidats et de ne pas polluer le débat budgétaire 2003 avec de mesures impopulaires qui vont concerner la rentrée 2004.
Les conséquences de tels choix sont imparables. Soit un recours accru à la précarité pour couvrir les besoins réels ; Claude Allègre a déjà expérimenté la méthode en baissant de 10 % chaque année les postes aux concours : 20 000 contractuels ont dû être embauchés pour assurer les besoins d’enseignement et de remplacement. Soit, en cohérence avec la volonté de diminuer la dépense publique, une compression de ces besoins par le non-remplacement de tous les départs à la retraite et la suppression à terme de plusieurs milliers d’emplois d’enseignant. Exit de surcroît la nécessité de créer des prérecrutements, et de rendre nos métiers plus attractifs par une amélioration des conditions de travail et des carrières.
Il y a décidément bien des raisons de poursuivre l’action dans la période qui vient, et de donner au SNES, qui a fait du défi du renouvellement de nos professions un axe majeur de ses interventions, une représentativité renforcée dans les élections professionnelles du 3 décembre.
Jean-Marie Maillard, cosecrétaire général (1) Education et Formation, n° 63, avril-juin 2002.
(2) Eurydice. L’offre et la demande d’enseignants au niveau secondaire inférieur général, septembre 2002.
Grève du 17 octobre
Un succès de bon augure
U ne grève suivie à plus de 60 % dans les lycées et collèges. Tous les chiffres, y compris ceux du ministère, montrent que c’est, et de loin, le mouvement le plus fort depuis le prin- temps 2000 qui avait conduit au départ de Claude Allègre. Le Monde annonçait la participation de plus de 50 000 per- sonnes à l’ensemble des quelque 80 manifestations organisées un peu partout en France.
Une forte dimension unitaire puisqu’au- delà des 5 fédérations (FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Education, FERC-CGT, FAEN) qui avaient pris l’initiative de l’appel, le mou- vement a été rejoint par FO et Sud-Edu- cation, l’UNEF, la FIDL et les parents d’élèves de la FCPE.
Une très bonne compréhension de l’opi- nion publique puisque le baromètre CSA enregistrait 73 % d’opinions favorables.
Une couverture médiatique exception- nelle. Le bilan de la journée du 17 octobre est donc largement positif et plutôt de bon augure pour la suite.
En face, nos ministres tentent d’afficher la sérénité, parlent de « grève préven- tive » mais cachent mal une nervosité grandissante et leur gêne, au Parlement
notamment, pour défendre leur budget et leurs options. En tout état de cause ils entendent « assumer la politique de réduction du déficit budgétaire qui est celle du gouvernement » et prendre donc leur « part de l’effort collectif » Les 5 fédérations de l’Education se sont adressées de nouveau au Premier ministre dès le 17 pour lui demander de revoir sa position (voir page 2).
Le SNES vient d’adresser au ministre de l’Education nationale une lettre allant dans le même sens (voir page 2).
Le bureau national du SNES a fait le point de la situation, avec l’ensem- ble des sections académiques, le 18 octobre. L’opinion générale est qu’il faut s’appuyer sur la dynamique du mou- vement pour l’élargir. D’où deux idées principales : d’une part, il faut mainte- nir le cadre unitaire ; d’autre part un nouveau temps fort est indispensable avant la fin novembre. Sur les modalités de ce temps fort les avis sont partagés.
Certains pensent que le meilleur moyen d’associer les parents à notre action est d’appeler à une manifestation nationale un dimanche. Les autres, la majorité, pensent que le meilleur moyen de réus-
C ’est le moment parce que voici novembre et le temps revenu de faire acte de candidature pour les promotions, de vérifier sa nota- tion pour ne prendre aucun retard, avec les conséquences sur son avan- cement.
Le supplément joint à cette US vous donne le maximum d’éléments pour suivre votre carrière.
Voici à nouveau les fiches syndicales pour fournir à vos élu(e)s les moyens de défendre votre situation individuelle dans les commissions paritaires.
Avancement d’échelon, listes d’apti- tude, hors-classes sont des acquis sta- tutaires et s’effectuent selon des règles transparentes et communes que, par l’action, nous avons améliorées et que les élu(e)s du SNES font respecter dans l’intérêt de tous et de chacun.
C’est le moment parce qu’il y a encore
En bref…
L e SNES mène campagne depuis la rentrée avec un slogan « l’école en tête » et un objectif, les élections professionnelles du 3 décembre 2002.
Dans le cadre de cette campagne, il a décidé de diffuser à l’ensemble de la profession une collection de cinq fas- cicules qui rassemblent, d’une manière simple, les grandes lignes des positions
et propositions du SNES. Le premier fascicule Une école plus juste, une société plus juste vous a donné les grandes lignes du projet éducatif du SNES. Le deuxième Pour un service public qui donne le meilleur a permis d’aborder la question de la nouvelle étape de décentralisation. Le quatrième et le cinquième à
« L’école en tête »
Pour une profession plus forte
avec d’autres, des initiatives qui pour- raient permettre de dépasser le stade actuel des mobilisations sectorielles : énergie, éducation et bientôt transports.
C’est dans cet esprit qu’elle sera très attentive à ce qui pourrait évoluer au sujet de la journée de manifestation des cheminots du 26 novembre. Ce sera aussi le sens de ses démarches auprès des organisations de la fonction publique pour que puissent être prises sans attendre toutes les initiatives néces- saire sur les salaires, les retraites et la décentralisation. ■
Bernard Boisseau
beaucoup à faire pour nos carrières.
Rendre motivant le salaire des débuts de carrière, offrir un déroulement attractif de celle-ci Suite p. 2
Suite p. 2
sir est d’appeler à une nouvelle grève assortie d’une manifestation nationale à Paris ou en 5 pôles régionaux. C’est l’idée que défendra le SNES dans la FSU qui tiendra un bureau fédéral délibéra- tif le lundi 4 novembre juste avant une nouvelle rencontre des fédérations de l’Education qui devrait prendre des déci- sions.
Pour le SNES, donner des suites au mou- vement, c’est aussi agir au quotidien dans les établissements, en appeler aux parents d’élèves et aux élus (cf. propo- sitions ci-contre sur le budget). C’est encore toute une série d’initiatives plus particulières :
• MI-SE et aides-éducateurs à l’occasion de la table ronde organisée par le minis- tère le 4 novembre (rendez-vous unitaire à 15 h devant le ministère cf. p. 3) ;
• documentalistes le 13 novembre ;
• journée de la précarité le 20 novembre ;
• rendez-vous CO-Psy à l’occasion des
« Assises régionales des libertés locales ».
Cette mobilisation réussie de l’éducation donne aussi à la FSU des responsabili- tés toutes particulières pour prendre,
Non-titulaires : toujours pas payés !
De nombreux contractuels et vaca- taires n’ont toujours pas perçu leur traitement ou n’ont reçu pour l’heu- re qu’une avance.
Les procédures de paiement sont lourdes : signature du PV d’instal- lation et du contrat sont indispen- sables pour lancer dans les trésore- ries générales les ordres de paiement.
Or les non-titulaires ne reçoivent que tardivement ces contrats.
Nous alertons le cabinet du ministre pour que les collègues soient rapi- dement payés. Nous demandons que soient réactivées les procédures que nous avions obtenues pour les MA qui consistaient en la mise en place de chaînes d’acomptes pluri-mensuelles.
Ces retards sont inacceptables. Des recours sont possibles, sous forme de requête en référé provision. Le SNES met à la disposition de ses syndiqués des modèles de recours.
Vous pouvez aussi contacter le sec- teur juridique et ses représentants dans les S3.
Budget :
le débat reste ouvert
Le budget a été soumis en première lecture à l’Assemblée nationale, le 22 octobre, il va maintenant suivre son chemin entre Sénat et Assem- blée. Les ministres, qui n’avaient pas jugé utile de présenter eux- mêmes leur budget, ont justifié les suppressions d’emplois et de cré- dits qui touchent essentiellement le second degré. Les amendements présentés par le groupe socialiste tendant à rétablir les postes de MI- SE et les emplois d’aide-éducateur supprimés ont été repoussés par la majorité. Le projet de budget a été voté sans changement. Le terme du processus parlementaire ne mettra pas fin au débat public sur les choix budgétaires du gouvernement. Ne serait-ce que parce que chaque année est voté un collectif budgétaire (voi- re plusieurs). Tout doit être fait pour maintenir la pression. Le secrétariat national fait les propositions sui- vantes :
• Faire connaître à nos collègues l’intégralité des débats au Parlement.
Le site du SNES (www.snes.edu) permettra d’accéder jour après jour à l’ensemble des comptes rendus analytiques.
• Recenser dans chaque établisse- ment les besoins en personnels en- seignants, administratifs, Atos. Chif- frer très précisément les conséquences pour l’établissement des suppressions au plan national de 5 600 surveillants, de 20 000 aides-éducateurs et de plu- sieurs dizaines de milliers de CE-S.
Un CA extraordinaire peut être le moyen de faire le point de la situation.
• Informer les parents d’élèves et interpeller avec eux les parlemen- taires et responsables de la circons- cription.
Non à la guerre en Irak
Une délégation américaine (très ap-
plaudie) était présente à la mani-
festation du samedi 12 octobre pour
dire non à la guerre en Irak. Le
SNES et la FSU étaient présents à
cette manifestation.
L ’ A C T U A L I T E
Pour une profession plus forte (Suite de la page 1) C’est le moment ! (Suite de la page 1) paraître dans les prochaines semaines
seront intitulés Pour des élus qui se battent pour vous et Pour de meilleures perspectives de carrière et pour un métier épanouissant. Le fas- cicule joint à cette US, Pour une pro- fession plus forte, porte sur le syndicat, les raisons que l’on peut avoir de se syndiquer, les forces, mais aussi les fra- gilités du SNES, l’état du syndicalisme français, le rôle de notre fédération, la FSU, et plus généralement la conception que nous avons du syndicalisme. Ces cinq fascicules ne présentent pas des positions qui seraient figées. Au contraire, l’objet même de ces fasci- cules est de susciter la discussion. Plu- sieurs centaines de réunions ont été
organisées, avec les S2 et les S3, depuis le début de l’année. Les membres du secrétariat national sont prêts à parti- ciper à celles dont vous pourriez prendre l’initiative dans les prochaines semaines. Les fascicules ont aussi pour fonction d’être l’un des supports de la préparation du congrès national du SNES qui se tiendra à Toulouse en mars 2003. Chacun des numéros de l’US pré- sentera des questionnements liés aux thèmes des fascicules qui nous per- mettront d’entrer dans la phase de pré- paration active du congrès. C’est le cas pour ce numéro de l’US avec les ques- tions liées au deuxième fascicule sur le service public. ■
Bernard Boisseau
Paris, le 17 octobre 2002 Monsieur Jean-Pierre Raffarin
Premier ministre Hôtel Matignon
57 rue de Varenne, 75700 Paris SP Monsieur le Premier ministre,
Les personnels de l’Education et de la Recherche publiques vien- nent de montrer, par leur participation massive à la grève et aux manifestations, leur attachement au service public, leur volonté de le voir jouer tout son rôle, leur exigence des moyens nécessaires pour son amélioration.
Ils attendent désormais de premières réponses : celles-ci impliquent que le projet de loi de finances soit modifié et permette des choix d’avenir.
Cela implique aussi que soient données toutes les garanties que seront préservés et améliorés le service public, ses principes fon- dateurs, les missions et le statut de ses personnels.
Nous en appelons solennellement à vous pour que ces attentes ne soient pas déçues et qu’un véritable dialogue social s’établisse.
Nous sommes prêts à toutes les rencontres et tous les débats dans cette perspective mais, faute de réponse satisfaisante, notamment dans le cadre du débat budgétaire prévu à l’Assemblée à partir du 22 octobre, nous examinerons rapidement les suites à donner à l’ac- tion de ce jour.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de nos sentiments respectueux.
FAEN, Secrétaire général, Bernard Groseil FERC-CGT, Secrétaire général, Christian Dubot FSU, Secrétaire général, Gérard Aschieri
SGEN-CFDT, Secrétaire général, Jean-Luc Villeneuve UNSA Education, Secrétaire général, Patrick Gonthier
LA LETTRE DES FÉDÉRATIONS DE L’ÉDUCATION NATIONALE
La syndicalisation
2
➤POURQUOI SE SYNDIQUER?
➤LESNES : FORCES ET FRAGILITÉS
➤LA SITUATION SYNDICALE ENFRANCE
➤LE RÔLE DE LAFÉDÉRATION SYNDICALE UNITAIRE, LA FSU
➤LESNES ET LA POLITIQUE
➤NOTRE CONCEPTION D’UN SYNDICALISME D’ACTION, DE REVENDICATION, DE PROPOSITION
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©ELLEN TREASURE
L’ é c o l e e n t ê t e
P our une professio n p lus forte
Après le succès de la grève
Les syndicats s’adressent aux ministres
LA LETTRE DU SNES
et des perspectives de promotion et de mobilité professionnelle sont des nécessités impérieuses à un moment où les besoins de recrutement sont considérables et vont le demeurer pen- dant plusieurs années. C’est loin d’être le souci premier de nos ministres.
Une étude du ministère lui-même (DPD, note d’information 02.33) montre pourtant « un sentiment de manque de reconnaissance et un salaire jugé insuffisant », l’insatisfac- tion face au salaire concerne les trois quarts des enseignants.
Sans doute faut-il y voir une part des éléments qui expliquent la dange- reuse érosion du nombre de candi- dats aux concours dont la presse s’est
fortement fait l’écho à la rentrée.
C’est donc bien pour une nouvelle étape de revalorisation qu’il faut agir.
Porteuses d’intérêt général, ces exi- gences doivent être entendues et, après le 17 octobre, notre action doit se poursuivre. Nul doute aussi qu’elles le seront d’autant mieux que, le 3 décembre, nombreux vous serez à renouveler et renforcer par votre vote la représentativité du SNES. C’est de cette représentativité, de votre confiance que les élu(e)s du SNES tirent leur force et leur efficacité dans les commissions paritaires, dans l’in- térêt de la profession et du service public d’éducation. ■
Nicole Sergent
Paris le 24 octobre 2002 Monsieur le Ministre,
Les personnels du second degré se sont fortement mobilisés le 17 octobre et sont prêts à poursuivre leur mouvement si le gouverne- ment ne modifie pas profondément sa politique de la jeunesse et de l’éducation. Dominée par une poli- tique strictement sécuritaire, la politique gouvernementale n’a pas pris la mesure des besoins de for- mation et de qualification, elle ignore qu’une grande partie de la violence des banlieues est direc- tement liée à l’absence de pers- pective, d’insertion civique et pro- fessionnelle des jeunes et aux difficultés économiques dont sont victimes de très nombreuses familles dans notre pays. Notre système éducatif est encore loin de créer les conditions d’un accès élargi aux savoirs et aux diplômes.
Les dispositions arrêtées par le gouvernement, dont nous voyons la traduction concrète dans le projet de loi de finances, font le choix de sacrifier les mesures de prévention de la marginalisation sociale et suppriment des dispositifs qui, bien que très imparfaits permettent à de nombreux jeunes de vivre. La sup- pression de 5 600 postes de MI- SE, de 20 000 aides-éducateurs, de dizaines de milliers de CE-S sans véritable solution alternative, va priver de ressources un grand nombre de jeunes de milieu modeste et poser des problèmes considérables dans la plupart des établissements. L’abandon du plan de création d’emplois et de recru- tement prive 3 000 précaires de possibilités de titularisation et com- promet le renouvellement de notre profession au moment où les can- didats se font plus rares. A chaque fois, ce sont des jeunes qui se trou- veront sans ressources.
Plus grave encore, vous semblez croire que notre système éducatif pourrait encore progresser à
moyens constants, alors que le noyau dur de l’échec scolaire réclame, selon tous les rapports consacrés à cette population, du
« sur mesure » évidemment très consommateur de moyens humains. Ou bien vous avez fait le choix, sans oser le dire, de limiter la scolarisation et de contenir tout essor des qualifications. Nous res- tons pourtant convaincus que nous n’avons pas le choix. Les coûts à terme de l’échec scolaire seront beaucoup plus lourds pour notre société que les investissements que nous pourrions faire aujourd’hui pour sortir de nombreux élèves de leurs difficultés.
Nous notons enfin que vous êtes resté sourd à toutes nos proposi- tions pour expérimenter des solu- tions nouvelles au collège ou pour créer des passerelles promotion- nelles au lycée. Vous avez recon- duit des dispositifs de réforme pourtant critiqués par de très nom- breux enseignants, comme la géné- ralisation des TPE en Terminale avec épreuves facultatives ou la généralisation d’ IDD qui mordent fortement sur les apprentissages de base et qui, dans les conditions actuelles, aideront plutôt les meilleurs que les plus faibles. Vous vous apprêtez à modifier profon- dément la réglementation du bac- calauréat au risque de déstabiliser l’examen
Enfin, le gouvernement prépare une nouvelle phase de décentrali- sation de l’Éducation nationale qui, loin de conduire à une réflexion qui permettrait d’accen- tuer la synergie entre l’effort des régions et des collectivités terri- toriales en complémentarité de l’action de l’Etat, risque d’atomi- ser la politique éducative, d’am- plifier les inégalités géographiques et de mettre les personnels de l’Education nationale sous la dépendance des intérêts locaux ; le processus engagé inquiète pro- fondément les personnels et parti- culièrement les CO-Psy et les ser- vices d’orientation.
Nous pensons qu’il est urgent que
vous clarifiiez vos positions sur tous ces sujets et que vous engagiez des discussions sur tous ces points.
• Nous vous demandons de revoir le projet de budget en renonçant aux suppressions d’emplois et de
crédits, en revenant aux engage- ment triennaux de votre prédé- cesseur , en répondant aux besoins de recrutement qui doi- vent inclure les besoins réels de remplacement, la résorption de la
précarité, la réduction des HS et en créant des prérecrutements incitatifs.
• Nous vous demandons de renoncer à substituer aux étu- diants surveillants un nouveau système d’emplois ouverts à d’autres catégories de personnes et au statut moins avantageux, et d’améliorer le statut actuel et la gestion de la surveillance ; nous demandons par ailleurs la créa- tion d’emplois statutaires de la fonction publique pour couvrir les nouvelles tâches qui ont été couvertes par les aides-éducateurs dans le second degré (assistance informatique, aide aux élèves handicapés).
• Nous vous demandons d’ouvrir des discussions sur ce qu’il fau- drait faire en faveur des élèves en difficulté au collège et au lycée pour réduire le nombre des sorties sans diplôme ni qualification et pour augmenter le nombre des bacheliers généraux et technolo- giques.
• Nous vous demandons d’exa- miner les carrières , les condi- tions de travail et de service des enseignants du second degré, pour rendre la profession plus attractive et pour régler les contentieux catégoriels, notam- ment les injustices dont sont vic- times les AE devenus certifiés sans reclassement et les CO-Psy privés de hors-classe.
• Nous vous demandons un exa- men critique des forces et fai- blesses des actuelles lois de décen- tralisation pour en améliorer les effets et permettre aux régions, départements et communes non pas de se partager les préroga- tives de l’Etat, mais de mieux contribuer à la réussite des jeunes et à la lutte contre les inégalités.
Nous vous prions d’agréer, Mon- sieur le Ministre, l’assurance de nos salutations respectueuses. ■ Bernard Boisseau, Gisèle Jean, Jean-Marie Maillard, Denis Paget, Frédérique Rolet, Cosecrétaires généraux
Les photos de la manifestation parisienne sont de Thierry Nectoux et Clément Martin
AIX-MARSEILLE NANCY CHARTRES AMIENS STRASBOURG
L’US N
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L ’ A C T U A L I T E
En bref…
Carnet de santé
On peut être médecin et ignorer le droit : ce pourrait être le titre d’une fable, c’est simplement la réalité dans une académie du sud de la France. Chacun sait que la qualité de fonctionnaire dépend de l’aptitude physique à exercer la fonction, jusque-là rien que de très normal. Où les choses deviennent sérieuses, c’est lorsqu’on confond visite d’aptitude et visite chez le pédiatre ! En effet, on exige des postulants certificats de vaccination et carnet de santé ! On ne saurait trop conseiller à ce médecin-conseil la lecture du Code de la Sécurité sociale en son article L 162-1-2 :
« Quiconque enfreint ce principe de confidentialité [du carnet de santé non communicable pas plus au médecin du travail, qu’à l’employeur] est passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 100 000 F ».
Gageons que titulariser des profs en cherchant la petite bête n’en vaut pas la chandelle. A quand la demande des carnets de notes de l’école primaire pour les futurs enseignants ?
Catherine Gourbier
Une bonne gestion ?
Recruté en décembre 1997 par contrat de droit public dans l’attente d’un recrutement ultérieur comme aide-éducateur (une étrange procédure inventée par Allègre en 1997 dans l’attente de la mise en œuvre de la loi sur les emplois-jeunes), un jeune collègue avait pris se fonctions au collège Jean-Perrin à Paris pour un service de 39 heures allant jusqu’en mars 1998. N’ayant pas l’heur de plaire au principal, il se voyait licencié oralement avant le terme fixé.
Avec l’aide du SNES, il saisissait alors le tribunal administratif, qui vient de condamner l’État à lui verser ses traitements jusqu’au terme prévu par le contrat, outre intérêts depuis presque cinq ans, outre encore 100 5 de frais de procédure, le tout dans les deux mois, sauf à supporter une astreinte de 50 5 par jour de retard (1) ?
Une bonne leçon, mais aussi une nouvelle illustration des bavures et des gaspillages auxquels conduit trop souvent la gestion locale des personnels.
Francis Berguin
(1) Trib. Adm. de Paris, 4 juillet 2002, M. Christian Suzanne, n° 9913011/7.
Le dessin de la semaine
MI-SE et aides-éducateurs
nouvelle action le 4 novembre
nir des AE eux-mêmes et des besoins des établissements : secré- tariat de CDI, animation informa- tique, animation socioculturelle, aide à l’intégration, sont des mis- sions utiles qui contribuent à amé- liorer le fonctionnement des éta- blissement et la réussite des jeunes. Il faut les transformer en emplois stables.
Le 4 novembre à 15 heures, au ministère, se tiendra une table ronde sur les assistants d’éduca- tion, le SNES y fera valoir ses revendications et propositions, et appelle les MI-SE et aides-éduca- teurs à se faire entendre en étant présents au ministère à la même heure.
Les sections académiques enver- ront chacune plusieurs représen- tants.
Cette action sera unitaire puisque le SNUIPP, le SGEN, le SE, l’UN- SEN-CGT et l’UNEF seront pré- sents à ce rendez-vous. Venez nombreux. ■
Gisèle Jean, Elizabeth Labaye
A près le 24 septembre, premier coup de semonce, et la grève de tous les personnels le 17 octobre, particulièrement suivie par les MI-SE, un stage syndical de 3 jours a réuni les surveillants de toutes les académies.
Très mobilisés, les MI-SE ont réaf- firmé leur détermination à pour- suivre l’action pour le maintien et l’amélioration du statut d’étudiant- surveillant et contre la suppres- sion des 5 600 postes.
Pour l’instant, le ministère fait la sourde oreille et persiste dans son projet « d’assistant d’éduca- tion ».
Il tente de convaincre l’opinion que les MI-SE ne réussissent pas leurs études et qu’il faut donc les sup- primer ! pour leur bien, sans doute ! Pour les 20 000 aides-éducateurs qui devront quitter leur emploi en fin d’année, l’heure est également à la mobilisation.
Les revendications du SNES de création de nouveaux emplois tiennent compte à la fois du deve-
CO-Psy
Pour le service
public d’orientation
pas du goût de certains et doive laisser la place à des informations univoques et partielles.
De même, polarisées sur les ques- tions d’insertion, les régions ris- quent de minorer l’importance de la prévention des abandons, du suivi et de la contribution à la réus- site scolaire à laquelle participent les conseillers d’orientation-psy- chologues. Elles sont déjà très insistantes pour que les CIO se regroupent avec d’autres structures régionales d’aide à l’insertion et ne verraient pas d’un mauvais œil le déplacement des activités des per- sonnels et des CIO aux sorties du système scolaire.
Ces orientations sont convergentes avec les mesures qui stigmatisent la jeunesse, abandonnent l’ambi- tion des 80 %, suppriment des postes et organisent le démantè- lement de l’Éducation nationale, fonction par fonction.
Le SNES ne les accepte pas. Il appelle tous les personnels à infor- mer largement les parents et les enseignants de ces projets et à dis- cuter des formes que doit prendre la suite de l’action dans les semaines qui viennent. ■
Paris, le 17 octobre 2002
L es conseillers d’orientation- psychologues et les directeurs de CIO se sont fortement mobilisés ce jeudi 17 octobre. Ils ont voulu montrer leur opposition au budget de pénurie qui ne prévoit encore cette année aucune créa- tion de poste et leur inquiétude face aux projets gouvernementaux de décentralisation.
Il s’agit en effet ni plus ni moins d’une opération de sabordage du service public d’orientation orga- nisée avec la bénédiction du MEN.
Les répercussions sur le travail en direction des jeunes et des familles seront évidentes.
Ayant en main toutes les cartes en matière de carte scolaire, les régions seront nécessairement ten- tées de faire pression sur les col- lègues et les lycéens afin qu’ils orientent leurs choix vers des filières correspondant aux besoins économiques locaux immédiats.
L’orientation des jeunes serait ainsi soumise au marché économique local.
Il est à craindre que l’information objective, pluraliste et indépen- dante que les conseillers d’orien- tation-psychologues ont à cœur de travailler avec les jeunes ne soit
L e 18 octobre, dehors 3 000 manifestants à l’appel de la CGT, FO, FSU et G10 44.
Dedans, les ministres Sarkozy, Devedjian, Fillon et Bachelot, des personnalités, J. Arthuis, L. Guyot, J.-M. Ayrault, maire de Nantes vont se donner la parole devant 2 000 élus locaux, chefs d’entre- prise, chefs de service, représen- tants du monde associatif et syn- dicalistes. Dehors, les discussions s’animent sur les projets de trans- ferts : carte scolaire, carte univer- sitaire, orientation, santé, culture, sports, transport, tourisme, envi- ronnement.
La parodie de concertation en dit long sur les intentions. Dix jours avant, les ateliers départementaux montraient surtout le souci de pré- parer l’opinion à des décisions déjà élaborées.
Dedans, un débat pipé, univoque s’efforçant d’opposer des mesures
« répondant à une aspiration par- tagée par tous les citoyens » à des crispations d’un autre âge... Il faut « réaliser des gains de pro-
ductivité, inscrire la décentralisa- tion dans la nouvelle organisation européenne ».
Dehors, on s’inquiète des risques de privatisation et de précarisa- tion, sur fond de baisse du nombre
de fonctionnaires. Dedans, on se veut rassurant : « l’expérimentation est limitée dans le temps, dans son champ, et elle est réversible ; à l’issue, trois possibilités s’offrent : pérennisation, généralisation ou retour en arrière » nous dit P. Devedjian.
Les représentants de la FSU n’au- ront pas la parole dedans.
Ils diront dehors que la Région travaille depuis longtemps avec ses « partenaires » public, privé confessionnel, patronal à mettre en territoires la formation profes- sionnelle au profit de l’apprentis- sage.
L’incantation de la « proxi- mité » donnerait-elle plus de légi- timité à une décentralisation qui paraît se soucier moins d’égalité, de démocratie, de laïcité que d’économies, de transferts d’im- pôt et de délestages ? « C’est dans l’œil du cyclone que la situation est la plus calme » dixit Sarkozy, inquiet d’une météo sociale dégradée. ■
Le secrétariat académique
Décentralisation
Nantes ouvrait le bal des assises
L’ é c o l e e n t ê t e
avec le SNES
le 3
décembre
Valeurs de la République et décentralisation
d’être rendues publiques visent à donner aux collectivités territo- riales de nouveaux espaces de compétences et de libertés qui sont considérables. Cela relance le débat de l’égalité entre les terri- toires et entre les citoyens. Egalité en ce qui concerne les règles qui régissent la République avec la possibilité qui serait donnée aux régions de pouvoir adapter sur leur territoire la loi et les règlements.
Egalité aussi dans les capacités de financement des collectivités ter- ritoriales pour assurer partout et pour tous un accès satisfaisant à tous les services publics, question décisive alors qu’il est envisagé de donner aux collectivités terri- toriales la possibilité de pouvoir créer librement des impôts. Les moyens financiers et humains que notre pays entend consacrer aux
missions de service public, la façon de les répartir sur le territoire sont des questions essentielles pour assurer l’égalité entre les citoyens.
La question de la mise en place de mécanismes régulateurs forts entre les territoires est donc d’une actualité brûlante.
C’est aussi le débat sur la démo- cratie, en particulier locale, qui doit être relancé. Les citoyens aspi- rent de plus en plus à pouvoir être des acteurs dans tous les choix qui ont des conséquences sur leurs conditions de vie, ce qui implique sans aucun doute une meilleure place dans la vie publique locale des associations et des organisa- tions syndicales. L’Etat n’a pas su prendre en compte cette aspira- tion. Même au niveau de ses com- pétences déconcentrées, l’Etat fait trop souvent peu de place aux
citoyens qu’ils soient personnels ou usagers. Trop souvent, l’Etat apparaît comme décidant indé- pendamment des aspirations et des problèmes des citoyens, peu sou- cieux de dialoguer pour construire les réponses les plus pertinentes, bref, lointain, même si les déci- sions sont prises localement. Pour autant est-ce par principe mieux lorsque les compétences sont exer- cées par une collectivité territo- riale ? Comment impliquer les habitants des cités, des quartiers difficiles dans la vie publique et dans les choix qu’ils ont aujour- d’hui le sentiment de subir ? La question de l’exercice démocra- tique d’une mission est-elle réglée par le simple fait que c’est une collectivité territoriale qui l’exerce? Quel bilan peut-on tirer, à cet égard, des vingt années de
mise en œuvre des lois de décen- tralisation ? Est-ce l’Etat dans ses compétences actuelles qui est condamné ou bien est-ce l’Etat dans ses modes de fonctionnement et dans les moyens qu’il entend se donner pour remplir ses mis- sions qu’il faut transformer ? L’avenir de l’Etat est-il de se can- tonner dans un rôle de régulateur corrigeant les inégalités créées par la libre concurrence et par les choix faits par les collectivités ter- ritoriales ? Comment et par qui doit être assurée l’action publique avec l’indépendance que cela sup- pose vis-à-vis des lobbies finan- ciers, philosophiques ou religieux ? Ce sont toutes ces questions que le SNES souhaite mettre en débat dans la perspective du prochain congrès. ■
Daniel Robin
Le débat sur la
décentralisation renvoie à bien des égards aux valeurs de la République et à leur devenir dans le cadre de la
décentralisation telle qu’elle est, à ce jour, envisagée par le gouvernement.
C e débat concerne bien sûr le système éducatif, mais il est, de par sa nature, bien plus large puisqu’il touche à la place et au rôle de l’Etat dans des missions essentielles.
Les propositions de modifications de la Constitution qui viennent
CONTRIBUTIONS. L’US poursuit la publication de contributions* dans le cadre de la préparation du prochain congrès national du SNES qui se déroulera à Toulouse au printemps 2003. Cette seconde série de contributions porte sur le service public d’éducation. Elle est à mettre en relation avec le fascicule (ci-contre) envoyé à tous les syndiqués qui traite du même thème.
* Une première série de contributions (consacrées à l’échec scolaire et au partenariat) a été publiée dans l’US n° 575 du 14 septembre 2002).
Des établissements scolaires plus démocratiques
L es lois de décentralisation du début des années 80 en créant les conseils d’administration, structure décisionnelle dans les col- lèges et les lycées, avaient donné l’espoir d’un fonctionnement plus démocratique dans les établisse- ments. Cela fut vécu comme un progrès mais le fonctionnement des établissements n’est pas aujour- d’hui à la hauteur des espoirs que ces lois avaient pu susciter.
Le poids de l’exécutif, le chef d’établissement, est vécu comme excessif. Le fonctionnement des instances (CA, commission permanente) ne permet pas aux personnels et aux usagers de par- ticiper effectivement à l’élabora- tion et à la préparation des déci- sions. Le suivi de toutes les questions qui sont à traiter dans le cadre de l’autonomie de l’éta- blissement demande du temps et des compétences qui manquent pour permettre aux personnels et aux usagers (parents et élèves) de bien assurer leur mandat. L’espace d’initiative pédagogique des ensei-
gnants n’est pas reconnu dans sa dimension collective et bon nombre de décisions sont prises dans ce domaine dans des condi- tions peu démocratiques. Ces dif- ficultés apparaissent d’autant plus fortes que les établissements sont de taille importante. Beaucoup de parents et d’élèves se sentent étran- gers aux décisions prises dans l’établissement. L’absence de lieux permettant un dialogue entre les parents, les élèves et les membres des équipes pédagogiques ne fait que renforcer ce sentiment d’une institution difficilement accessible.
Améliorer la démocratie dans les établissements nécessite d’agir sur tous ces sujets.
Permettre une meilleure partici- pation des membres de la com- munauté scolaire nécessite du temps et des compétences : quel temps faut-il dégager ? comment ? Quelle formation, assurée par qui, faut-il mettre en place ? Quels droits syndicaux nouveaux pour les personnels mais aussi pour les usagers ?
Permettre une participation active de tous à l’élaboration des déci- sions nécessite de réfléchir sur le fonctionnement des instances de l’établissement. Faut-il revoir l’exécutif de l’établissement ; pré- sident du CA élu ? Elections de vice-présidents ? Mise en place d’une instance plus réduite chargée entre chaque réunion du CA d’éla- borer les propositions qui seront présentées au conseil d’adminis- tration ?
Comment améliorer le fonction- nement pédagogique des établis- sements en donnant une légitimité reconnue aux initiatives pédago- giques collectives des enseignants en faisant en sorte que ce ne soit pas l’administratif qui pilote le pédagogique? Comment faire pour que ces initiatives soient prises de façon transparente et démocra- tique ?
Voilà quelques questions sur les- quelles le débat est nécessaire dans le cadre de la préparation de notre prochain congrès. ■
D. R.
H ier improbable tant l’école paraissait être au centre du consensus républicain autour des valeurs de la laïcité, de la citoyenneté et du service public, la marchandisation de l’éducation est devenue une menace.
Cependant, agiter des slogans contre la marchandisation brandie comme un épouvantail ne suffira pas : il faut s’engager dans des batailles concrètes.
L’édition privée a sa place à condi- tion que la pluralité des ressources et la liberté de choix des ensei- gnants soient respectées. Mais les nouvelles technologies donnent une chance historique au service public de jouer son rôle dans la production de ressources éduca- tives multimédia et dans la coor- dination des initiatives prises par les enseignants pour échanger
savoirs et pratiques. Les compé- tences sont dans le service public, comment les mobiliser au CNDP, dans les CRDP, le tissu associatif et syndical ? Des décharges, des détachements ? Avec quel statut ? Reconnaissance de fonctions nou- velles d’assistance dans les éta- blissements pour permettre un réel usage des TICE ?
Comment permettre la coopéra- tion autour des logiciels libres ? C’est aussi exiger un financement public quand du matériel pédago- gique est sponsorisé par une entre- prise à des fins commerciales, quand la formation des enseignants est effectuée par Intel et Micro- soft.
Considérer des activités éducatives comme un marché conduit à leur dénaturation et à des pratiques ségrégatives. C’est pourquoi il faut
défendre et étendre la place du ser- vice public dans la formation pro- fessionnelle initiale et continue, dans le soutien scolaire pour réduire les inégalités.
Réussir une grève contre le recul du financement public de l’éducation vaut mieux que mille discours.
Combattre la conception libérale de l’éducation, fondée sur l’utili- tarisme, la mise en concurrence des individus, la gestion des éta- blissements calquée sur celle des entreprises, c’est lui opposer le projet politique d’une école de l’égalité, de la solidarité, de l’émancipation, de la démocratie.
Et il y a beaucoup à faire ! C’est aussi participer au vaste mouvement qui, au plan interna- tional, s’oppose à ce que l’éduca- tion devienne une marchandise. ■ Daniel Rallet
La marchandisation de l’école
©NICOLEJOYE
Les citoyens aspirent de plus en plus à pouvoir être des acteurs
dans tous les choix qui ont des conséquences sur leurs
conditions de vie.
L’US N
O577 - 25 OCTOBRE 2002 - 5
SMS Le SNES interpelle le ministère
En 2001/2002, le ministère avait pris des engagements sur la voie technologique SMS.
• Agrégation : la procédure de consultation de la maquette effectuée, la décision politique devait intervenir au mois de juin pour une mise en place du concours en 2003.
• Poursuite d’études :
1. BTS : une enquête de faisabilité devait être commandée aux services compétents
2. Classes préparatoires aux concours paramédicaux et sociaux : leur création était envisagée par le ministère pour répondre à une demande importante de renouvellement des personnels soi- gnants et sociaux.
Les enseignants de SMS ne veulent pas faire encore une fois les frais de changement de gouvernement.
Ils demandent que les engagements soient tenus au nom de la continuité de l’Etat car leurs revendications répondent à une élé- vation générale des qualifications que nécessitent les évolu- tions économiques et sociales.
C’est sur cette base que le SNES a demandé à être reçu par le ministère dans les plus brefs délais.
Dominique Balducci, Mireille Schöhn
STAGIAIRES IUFM
Stages et réunions
Grenoble : 5 et 6 novembre.
Nice : 7 novembre.
Rouen : 20 novembre.
Créteil : 21 novembre.
Toulouse : 27 et 28 novembre.
Ces réunions sont ouvertes à tous, syndiqués et non-syndiqués.
Contactez la section académique du SNES afin de vous y ins- crire.
EVALUATIONS CINQUIÈME
Problème en mathématiques ?
Imposées à la rentrée 2002, les évaluations en Cinquième ont sus- cité de nombreuses interrogations tant sur leur pertinence que sur leur forme.
D’après les premières remontées d’établissements, les résultats en mathématiques seraient bien en deçà du niveau constaté en Sixième l’année précédente. Il semblerait que les exercices proposés et leur codage soient en fort décalage avec le pro- gramme et les instructions officielles.
Le SNES interpelle le ministère sur cette question pour obtenir des précisions et des explications. Faites nous part de vos réac- tions !
Ingrid Huet [email protected]
BACCALAURÉAT
Le ministre persiste et signe
Le ministère confirme sa volonté d’introduire le contrôle continu et local. Après le vote du CSE, les textes définitifs viennent d’être transmis par la DESCO avant publication ; ils modifient l’article 3 (enseignements nouveaux pouvant être obligatoires avec une évaluation facultative sur 3 ans maximum) et l’article 16 met- tant les IA-IPR comme membres du jury à part entière. Quant à l’arrêté et la circulaire, ils maintiennent l’évaluation dans l’établissement du candidat, y compris avec les enseignants de l’établissement et ne règlent pas de façon satisfaisante la ques- tion des candidats libres et des établissements hors contrat.
Le SNES continue à intervenir pour éviter cette publication en l’état. La prochaine US Magazine y reviendra, mais il est indis- pensable de débattre dès maintenant dans les établissements des enjeux et des formes d’action possibles.
Roland Hubert
ENSEIGNANTS DOCUMENTALISTES
Rassemblement national le 13 novembre
Nous avons été reçus en audience le 22 octobre par M. Crema- deils, chargé de mission auprès des ministres. Nous avons fait état de la situation catastrophique due à l’insuffisance des recru- tements au CAPES, dénoncé tous les palliatifs pour masquer la pénurie d’enseignants documentalistes, rappelé notre exaspération sur l’aggravation de nos conditions de travail, la non-résolution des contentieux statutaires. Le compte rendu de cette audience sera sur snes.edu et dans une US spéciale, adressée à l’en- semble de la profession, qui proposera un dispositif d’action. En particulier, un rassemblement national mercredi 13 novembre à 14 heures, 5, rue Las Cases, Paris 7
e. Contactez les sections et collectifs documentalistes académiques.
Jean-Pierre Hennuyer [email protected]
ERRATUM
Article sur les VS
US n° 576 du 12 octobre, page 7.
Dans l’exemple de calcul, il fallait lire 0,5 h année et 0,5 h d’IDD.
METIER
Formation
Stage philo
L e stage national du 18 octobre sur l’enseignement de la philosophie constitue une étape très encourageante.
Venus nombreux (plus d’une cinquantaine) et parfois de loin, les collègues présents à Paris ont travaillé ensemble dans un esprit cordial et constructif.
Le fait est d’autant plus notable qu’une assez grande diversité de positions s’est exprimée, issue de nos différences tant en termes d’expérience que de parcours. Dès lors, force est de constater la variété de nos approches pédagogiques, avec l’exigence réaffirmée de démocratisation.
Plusieurs points essentiels peuvent déjà être considérés comme acquis suite à cette journée, notamment la place cen- trale du dialogue, pour éviter toute forme d’isolement, et le danger de toute position dogmatique.
L’élaboration progressive, dans les mois qui viennent, de revendications partagées par l’ensemble des syndiqués sera donc cruciale. Certaines questions fédératrices comme les horaires en séries technologiques ou la reconquête des TL, ainsi
qu’un réajustement égalitaire pour les séries S (3 h + 1 dédou- blée), représentent les premiers axes de mobilisation possibles.
Il s’agira donc, à l’avenir, de préciser nos revendications visant le renforcement d’un cadre adapté pour exercer notre métier en respectant l’égalité de traitement des élèves et leur hétérogénéité. Cela passe probablement par une acceptation collective et institutionnelle de la diversité des pratiques, mais exige aussi de réels efforts en termes de formation continue et d’accompagnement des collègues en difficulté.
La multiplicité des positions fait que l’horizon qui se dessine est celui d’une mise à la tâche. Poursuivons donc la dynamique enclenchée : préparons ensemble le congrès du SNES et le col- loque du mois de mai. Le groupe philo fera par ailleurs tout son possible, en fonction des délais, pour consulter les syndi- qués à propos du projet de programme du GEPS Fichant.
NB : les comptes rendus des ateliers seront bientôt sur le site national des Observatoires. ■
Pour le groupe philo, Nicolas Jouvenceau ACTE I. Le SNES intervient pour faire évoluer la circulaire
afin de rendre ce dispositif plus ambitieux (temps et contenus de formation). Au final, le texte de cadrage est plus intéressant dans ses objectifs, mais les insuffisances persistent en ce qui concerne les conditions et les moyens de mise en œuvre. En clair : adapter la demande aux moyens du bord, aux « ressources locales ».
ACTE II. Les moyens dans les académies sont trop limités et sont soit concentrés sur quelques collègues néo-titulaires, soit distribués aux professeurs titulaires censés devenir
« accompagnateurs », soit s’évaporent ailleurs.
BILAN. BIG BANG. On se trouve face à :
• Mille et une situations différentes : néo-titulaires déchar- gés ; néo-titulaires surchargés, la formation se faisant en dehors du service et malgré cela parfois présentée comme obligatoire (!) ; collègues dont la formation est inscrite sur le temps de service.
• Mille et une formations particulières parfois faiblement adaptées au profil des nouveaux collègues.
• En ce qui concerne les « accompagnateurs », quand ils existent, la situation est tout aussi variée !
Alors face à cet « embrouillamini » nous devons rappeler certains principes : ce qui est en « plus » du temps de service ne peut être imposé et l’offre de formation continue pour être attractive, doit être sérieusement enrichie. Mais rien n’est réglé.
ACTE III. La fin de la pièce reste à écrire. Deux scénarios sont possibles.
ACTE III : Rideau ? Dans ce scénario, on laisse le dispositif se désintégrer de lui-même. Fin de l’histoire.
ACTE III : ACTION ? Dans ce scénario, nous bataillons pour obtenir l’amélioration du dispositif.
ACTE III. ACTION
Nous proposons d’opter pour le scénario « Action »,
considérant qu’il faut saisir cette initiative ministérielle malgré toutes ses lacunes, parce qu’elle a le mérite d’être un point d’appui, une reconnaissance de l’idée que nous développons depuis longtemps : l’insertion professionnelle dans un métier complexe et polymorphe doit être progressive.
Quelles revendications ? A terme, le SNES demande que les néo-titulaires bénéficient d’une demi-décharge de service et de renforts de formation lors des premières années d’exercice.
Cette formation complémentaire doit prendre en compte la nouvelle situation dans laquelle se trouvent les nouveaux enseignants. Elle ne peut pas être une répétition de la formation initiale. Elle doit permettre des allers-retours entre la pratique et la théorie.
Cela passe par la constitution de collectifs de professeurs dans lesquels les questions sont mises en débat.
Cela passe par une offre de formation « théorique » qui éclaire le sens du métier et sa pratique quotidienne . Un certain nombre de contenus de formation doivent être développés :
– approfondissement de questions peu ou pas étudiées pour les concours mais présentes dans les programmes ; – appréhension de pratiques pédagogiques diversifiées et des logiques sous tendues, afin de « faire » en conscience ; – observation et analyse des tensions qui complexifient l’activité professionnelle : évolution du public scolaire et de la demande sociale, dynamiques de groupe, histoire de l’école...
Débattons-en, apportez-nous vos témoignages et remplis- sez le questionnaire « Quelle aide à l’insertion profession- nelle ? » sur notre site. www.edm.snes.edu (page « jeunes profs »). ■
Anne-Françoise Carré
Entrée dans le métier
Big-bang dans l’accompagnement ?
L’histoire débute en 2001, le ministère Lang propose un dispositif dit « d’accompagnement » pour les entrants dans le métier. Expérimenté en 2001, il est progressivement généralisé.
Cette année il doit concerner tous les néo-titulaires. A terme, en 2005, les néo-titulaires devraient bénéficier de trois semaines de formation la première année et de deux semaines la seconde.
MOUVEMENT 2003
DERNIÈRE MINUTE
Affectations en lycée professionnel
Après la lettre des syndicats concernés de la FSU (SNES et SNUEP) adressée au ministre le 21 octobre, une réunion unitaire a abouti le 23 octobre à une lettre commune de 5 fédérations syndicales pour exiger du ministre la modification du projet de note de service « mutations 2003 ».
Un point plus précis sera fait dans une prochaine US.
Consultez le site snes.edu.
Après les arrêts Griesmar et Choukroun
Faire valoir ses droits
N ous avons déjà évoqué (l’US n° 575 du 14/09/2002) les décisions du Conseil d’État reconnaissant aux hommes les mêmes droits que les femmes pour le cal- cul de la retraite (prise en compte de la bonification pour enfants), pour les conditions d’entrée en jouissance et pour le calcul de la pension de réversion. En effet, les articles L 12 b, L. 24 et L. 38 et suivants du code des pensions civiles et militaires sont incompatibles avec le principe d’égalité des rémunérations édicté par l’article 141 du traité de la Communauté européenne. La même question peut se poser pour d’autres aspects, par exemple l’appréciation des condi- tions d’entrée en jouissance du congé de fin d’activité.
Nul ne sait aujourd’hui comment le gouvernement réagira pour l’avenir, la question étant intégrée aux réformes des retraites qui seront élaborées dès 2003. Mais le ministre de la Fonction publique nous a clairement fait savoir qu’il ferait tout pour faire échec aux droits de nos collègues masculins qui sont partis en retraite ou qui vont partir cette année. Il faudra donc aller au contentieux.
Nous avons donc monté un dossier avec nos avocats, qui proposent d’assurer d’éventuels recours pour les syndi- qués qui le souhaitent, une participation financière de 250 € TTC leur étant demandée. Les collègues inté- ressés sont invités à prendre contact avec le S4 (secteur de l’action juridique, Renée Daube ou sec- teur rémunérations-statuts, Eric Staelen). Un dossier présentant la marche à suivre leur sera adressé.
L’enjeu en vaut la chandelle, pour les retraités masculins, comme d’ailleurs pour les femmes et les enfants via le montant, alors revalorisé, des pensions de réversion le cas échéant.
Toutefois, chacun doit savoir que les obstacles juridiques sont loin d’être inexistants, et que le Conseil d’État peut se livrer à des interprétations juri- diques « opportunes », c’est-à-dire opportunistes lorsque des considérations financières sont en jeu, ce qui est le cas.
Les chances de succès sont donc sérieuses mais pas à 100 %, étant souligné que l’inaction juridique revient à renoncer à des droits rappelés par la Cour de justice des Communautés européennes. A chacun de se déter- miner en pleine connaissance de cause. ■
Francis Berguin, Elizabeth Labaye
U n appel à candidatures est paru au BO n° 36 du 3 octobre 2002 (consultable sur notre site www.hdf.snes.edu/recrutement/maecoop/candmae.htm) . Il vise à la fois les postes dans un service ou établisse- ment relevant du MAE (conseillers et attachés de coopé- ration) et les postes d’assistant technique (enseignants, conseillers pédagogiques) à l’étranger. Les postes dans les établissements français à l’étranger (AEFE) ne relèvent pas de cette circulaire mais d’une circulaire spécifique à paraître début novembre.
La liste et les profils des postes sont consultables sur le site Internet du ministère (www.education.gouv.fr) ainsi que sur le nôtre (voir adresse ci-dessus). Sont concernés les personnels titulaires du ministère de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche (MJENR), qu’ils soient en activité ou non, à l’étranger ou sur le territoire national.
Les candidatures seront déposées par voie électronique, un formulaire I n t e r n e t p e r m e t t a n t d e s a i s i r directement la candidature sur le site Internet du ministère (www.education.gouv.fr - rubrique
« Europe et International »). Elles doivent être déposées entre le 17 octobre et le 14 novembre 2002 à minuit, heure de Paris. Des listes complémentaires devraient être publiées en janvier et en mars 2003. Une procédure spéciale vaut pour les directeurs d’institut de recherche et des chercheurs (voir circulaire).
Malgré les interventions répétées du SNES, il n’y a pas encore consultation des commissions paritaires ministérielles (CCPM) pour ce type de recrutement. Nous allons encore intervenir en ce sens auprès du MJENR et du MAE. Néanmoins, nous avons obtenu la mise en place d’un groupe de travail dans lequel le SNES est représenté pour suivre les opérations de recrutement. Il est donc important que les collègues qui déposent un dossier nous en informent ([email protected]) et nous transmettent la fiche
syndicale correspondante (à réclamer au secteur Hors de France ou à télécharger à l’ adresse suivante : www.hdf.snes.edu/recrutement) accompagnée de toute pièce permettant d’appuyer la candidature. Cela nous est indispensable pour intervenir efficacement et pour faire progresser la transparence au MAE.
... et en Andorre
La note de service n° 2002-194 du 25/9/2002 précisant les conditions dans lesquelles les candidats à un poste en principauté d’Andorre doivent déposer leur candidature est parue au BO n° 36 du 3/10/2002 (disponible sur notre site Internet www.hdf.snes.edu/recrutement/andorre/2003).
Peuvent faire acte de candidature tous les personnels titulaires ou stagiaires (les stagiaires ne peuvent être candidats que s’ils sont susceptibles d’être titularisés au 1/9/2003) des différentes catégories de personnels de l’enseignement public relevant du ministère de l’Education nationale, directement à l’adresse suivante : ministère de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche – direction de l’enseignement scolaire – service des établissements – mission DOM-TOM – Andorre – DESCO-MDT – 110, rue de Grenelle, 75357 Paris cedex 07, en précisant leur grade, leur situation administrative exacte et leur adresse personnelle complète.
Les personnels enseignants du second degré participant au mouvement interacadémique sont autorisés à participer au mouvement de l’Andorre. Ils sont priés d’en faire connaître les résultats dans les meilleurs délais à la mission DOM- TOM - Andorre.
Les candidats à un poste en Andorre obtenant un changement d’académie dans le cadre du mouvement interacadémique, ne pourront pas être affectés en principauté d’Andorre, que leur situation administrative les ait contraints ou non à participer à ce mouvement.
La date limite de réception des lettres de demande de dossier de candidature adressées directement à la mission DOM-TOM-Andorre est fixée au 16/12/2002 inclus. ■
P R A T I Q U E
Recrutement
Au ministère des
Affaires étrangères...
Vient
de paraître
BON DE COMMANDE
M. ou Mme : ... Adresse : ...
...
Commande : ...
...
A adresser à ADAPT, 237, bd Saint-Germain, 75007 Paris, avec le chèque correspondant (port gratuit), libellé à l’ordre d’ADAPT.
Aventures d’écriture
Les ateliers d’écriture se multiplient dans des lieux et des milieux très différents. D’où vient ce plaisir d’écrire individuellement mais en groupe, à partir d’un déclencheur ou de contraintes formelles ? Écrivains et enseignants témoignent ici de pratiques très variées dans des lieux divers et s’interrogent sur la place et la viabilité de ce type d’écriture dans l’ins- titution scolaire. Ont apporté leur contribution à cet ouvrage : M. Bernanoce, F. Bon, S. Cadinot, M. Ducom, S. Fabre, R. Fregni, M. Ménassé, D. Paume, C. Oriol-Boyer, A. Roche, F. Swiathly, N. Voltz, et sur le site de F. Bon : remue.net, J.-M. Barnaud, B. Bernardi, F. Bon, V. Breyer.
Recueil d’articles et d’entretiens, coordonné par Véronique Vanier. 135 pages, 14 €.
Entre terre et ciel, à la découverte des sciences de l’atmosphère et de l’espace
Bernard Authier, l’un des acteurs de cette grande épopée du XX
esiècle que fut la conquête de l’espace nous emmène au coeur des missions scienti- fiques les plus exemplaires, celles qui ont renouvelé la compréhension de l’atmosphère, de la magnétosphère, de l’ionosphère, et même l’étude de la Terre elle-même. Il nous fait découvrir aussi comment les questions que l’on se posait autrefois sur l’air ont contribué à l’émergence de la chimie
et de la physique scientifiques, puis comment les avancées de celles-ci ont à leur tour permis de renouveler les recherches sur les enveloppes de la Terre. Trois photographies de Henri Cartier-Bresson, réalisées lors de campagnes de tir, illustrent cet ouvrage
Coédition VUIBERT-ADAPT, Octobre 2002 - 208 pages, 23 euros(port gratuit)
Fabre, le miroir aux insectes
Patrick Tort, spécialiste de Darwin, raconte ici la vie de Jean-Henri Fabre, célèbre naturaliste et personnage pittoresque, dont les « Souvenirs ento- mologiques » furent un modèle d’écriture pour des générations d’écoliers, mais fait surtout une analyse critique de sa démarche scientifique.
Coédition VUIBERT-ADAPT, 368 pages dont 32 de reproductions en couleur, 35 €.
Les fondements de la biologie
Le XIX
esiècle de Darwin, Pasteur et Claude Bernard Paul Mazliak, qui a déjà publié une histoire de la biologie au XX
esiècle, brosse ici le panorama d’une science naissante, à l’époque où apparaît le mot même de « bio- logie ». Il le fait dans une langue limpide et accessible à tous, à travers les trois figures les plus marquantes du siècle dans ce domaine : Darwin, Pasteur et Claude Bernard.
Coédition VUIBERT-ADAPT, 2002, 352 pages, 30 euros (port gratuit)
L e livre Le nouvel ordre éducatif mondial : OMC, Banque mondiale, OCDE, Commission européenne, par Christian Laval et Louis Weber (coord.), éditions Nouveaux Regards/ Syllepse, sera disponible le 10 novembre prochain (144 pages, 10 € , franco de port).
Cet ouvrage est consacré aux organisations internationales qui aujourd’hui influencent, pour ne pas dire déterminent, les politiques nationales d’ éducation. Au-delà des différences dont il convient de tenir compte si on veut décrypter une réalité complexe, on est frappé par un bruit de fond commun. Il est dans les mots, qui sont ceux de la vulgate libérale ordinaire : rentabiliser les investissements, diminuer les coûts, former à la flexibilité et à l’adaptabilité, entretenir l’employabilité. S’y ajoutent des notions comme le capital humain et le capital social. Ce qui, au total, permet de percevoir les contours et les hiérarchies d’un nouvel ordre éducatif mondial.
L’OMC, la Banque mondiale, l’OCDE et la Commission européenne voient d’abord dans l’éducation et la formation un instrument au
service de l’économie. Elles veulent y adapter les systèmes éducatifs, les rendre plus flexibles, généraliser la logique managériale
directement importée des entreprises. Voire faire de l’éducation une marchandise, dont la vente sur un futur marché national et international de la formation obéirait aux règles ordinaires des transactions commerciales, et transformer les établissements scolaires en fournisseurs de services. Les auteurs refusent cette perspective.
Elle ne ferait qu’aggraver les problèmes nombreux auxquels l’éducation fait face aujourd’hui, partout dans le monde. La mondialisation libérale de l’éducation n’est pas une catastrophe naturelle. Elle est le résultat d’une politique choisie par les gouvernements. La combattre, c’est aussi vouloir une société plus humaine et plus juste dans laquelle l’éducation est un droit humain fondamental. ■
Les commandes peuvent être adressées dès maintenant à l’Institut de la FSU (3/5, rue de Metz, 75010 Paris, tél. : 01 44 79 90 41, fax : 01 48 00 08 93, mél : [email protected], Internet : http://www.institut.fsu.fr
L’US N
O577 - 25 OCTOBRE 2002 - 7
« Le nouvel ordre éducatif mondial », une nouvelle publication de l’Institut de la FSU
P R A T I Q U E
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