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Domaines singulièrement perturbés en optimisation de formes

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Academic year: 2021

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HAL Id: tel-01748151

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Submitted on 4 Apr 2007

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Domaines singulièrement perturbés en optimisation de formes

Antoine Laurain

To cite this version:

Antoine Laurain. Domaines singulièrement perturbés en optimisation de formes. Mathématiques

[math]. Université Henri Poincaré - Nancy 1, 2006. Français. �NNT : 2006NAN10178�. �tel-

01748151v2�

(2)

UFR S.T.M.I.A.

École Doctorale IAEM Université Henri Poincaré - Nancy I D.F.D. Mathématiques

Thèse

présentée pour l’obtention du titre de

Docteur de l’Université Henri Poincaré, Nancy-I

en Mathématiques par

Antoine LAURAIN

Domaines singulièrement perturbés en

optimisation de formes

Thèse soutenue publiquement le 16 juin 2006

Composition du jury

Président du jury : Antoine HENROT Professeur, Ecole des Mines de Nancy

Directeur de Thèse : Jan SOKOLOWSKI Professeur, U.H.P., Nancy I

Rapporteurs : Michel DELFOUR Professeur, Université de Montréal, Canada

Michel PIERRE Professeur, ENS Cachan, Antenne de Bretagne

Antoni ZOCHOWSKI Professeur, Université de Varsovie, Pologne

Examinateurs : Sergej NAZAROV Professeur, St-Petersbourg, Russie

Evariste SANCHEZ-PALENCIA Professeur, Paris VI

Institut Élie Cartan Nancy, Laboratoire de Mathématiques, B.P. 239, 54506 Vandœuvre-lès-Nancy Cedex

1

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(4)

Remerciements

Je voudrais remercier avant tout mon directeur de thèse Jan Sokolowski qui a suivi avec attention l’évolution de mon travail et m’a toujours beaucoup aidé. J’ai pu consta- ter autour de moi que tous les directeurs de thèse n’étaient pas aussi attentionnés. De plus, les nombreuses et longues discussions que nous avons pu avoir ont été pour moi une source d’inspiration importante. J’ai découvert que la recherche est avant tout une communauté où l’on trouve des gens amicaux aussi bien que des concurrents avec qui il est important de discuter et de partager ou confronter ses connaissances.

Je suis très reconnaissant à Jan de m’avoir toujours poussé à participer à de nom- breux colloques, et de m’avoir fait rencontrer beaucoup de monde. Je pense notam- ment à Michel Pierre, dont l’aide à été précieuse pour mes travaux, ainsi qu’à Virginie Bonnaillie-Noël, Gregory Vial, Martin Costabel et Monique Dauge pour leur acceuil à Rennes. Je pense également à Sergej Nazarov, Antoni Zochowski qui de plus m’ont fait l’honneur de faire partie de mon jury de thèse. Merci de même à Antoine Henrot pour avoir été président du jury et merci pour son excellent cours de Dea. Je remercie aussi chaleuresement Michel Delfour et Evariste Sanchez-Palencia de m’avoir fait l’honneur de leur présence au jury. Merci enfin a Günther Leugering pour l’invitation à Erlangen.

Je pense également à tous les doctorants que j’ai pu rencontrer au cours de mes voyages, merci à Filippo et à tous les italiens pour les bons moments passés à Lyngby.

Bonne chance à Lekbir pour ses problèmes de Levelset, merci à Katarzyna pour sa bonne humeur, bonne continuation à Ioana pour sa thèse à Metz, bonne chance aussi à Oleg pour la suite de sa carrière et encore merci pour l’invitation, merci aussi à tous ceux que j’ai pu oublier.

Merci à tous les gens du labo pour la bonne ambiance et plus particulièrement aux autres doctorants et aux amis que je connais depuis déjà plusieurs années maintenant a l’université : Pierre, François, Simon à Elie Cartan mais aussi Pascal, Vincent et ceux qui sont arrivés après, Stéphane, Yannick, Lucas, etc... Bonne chance à tous, j’espere que je pourrais assister à votre soutenance !

Merci bien sûr à ma famille et particulièrement à mes parents pour leur soutien tout au long de mes études, ainsi qu’à mes amis en dehors de l’université, car il y a une vie en dehors de la fac, si si c’est vrai ! Merci à Thomas et à Julie pour la bonne humeur à Nancy, et merci à Anne-So pour cette fameuse soirée, ça fait aussi partie de la thèse ! Merci à ma famille pour s’être interessé à ce que je faisait, même si ça n’est pas toujours facile à expliquer. Enfin je tire mon chapeau à mes parents qui se sont levés à quatre heures du matin pour préparer le pot de thèse, qui, évidemment, était délicieux !

3

(5)

Pour Nico...

4

(6)

Table des matières

Introduction 7

Chapitre I. Structure des dérivées de forme dans des domaines fissurés 11

1.. Enoncé du théorème de structure 13

2.. Perturbations normale et tangentielle 16

3.. Preuve du Théorème de structure 22

4.. Le théorème de structure en dimension deux 24

5.. Perturbations normale et tangentielle 26

6.. Preuve du Théorème de structure en dimension deux 28 Chapitre II. Exemples d’application du théorème de structure 31

1.. Conditions de Neumann sur la fissure 33

2.. Conditions de Dirichlet sur les faces de la fissure 42 3.. Problème avec conditions unilatérales sur les faces de la fissure 44 Chapitre III. Extensions auto-adjointes et optimisation topologique 53

1.. Problème de Dirichlet en dimension 2 55

2.. Estimations pour le Laplacien en dimension trois 61

3.. Perturbation de la position du trou 68

4.. Extension auto-adjointe et approximation de l’énergie en dimension trois 70 5.. Un problème d’optimisation de formes utilisant des extensions auto-adjointes 72 Chapitre IV. Une méthode "levelset" en optimisation de formes 77

1.. Introduction 79

2.. Le problème linéaire 80

3.. Le problème non-linéaire 106

4.. La formulation "levelset" 108

5.. L’algorithme d’optimisation de forme 109

6.. Méthode numérique pour l’équation "levelset" 110

7.. Résultats numériques 111

Conclusions et perspectives 121

Bibliographie 123

5

(7)
(8)

Introduction

En optimisation de formes, de nombreux résultats ont déjà été obtenus dans le cas de domaines à frontière régulière et pour des perturbations régulières de ces domaines.

Ces résultats permettent à l’heure actuelle des applications en mécanique et dans l’in- dustrie. Par contre, l’étude de domaines non-réguliers, tels que des domaines fissurés par exemple, et l’étude de perturbations singulières telles que la création d’un trou dans un domaine est plus récente et plus complexe. Ce nouveau domaine de recherche est l’abou- tissement logique du précédent, et il est de plus motivé par de multiples applications industrielles, car en pratique, les hypothèses de régularité ne sont pas toujours vérifiées, au contraire.

Des résultats d’existence pour des problèmes d’optimisation de formes dans des do- maines fissurés ont été obtenus en [13] [12][19]. Nous nous interessons quant à nous aux conditions d’optimalité en optimisation de formes. Les outils tels que la dérivée topolo- gique introduite dans [60],[61] permettent d’appréhender ces perturbations singulières de domaines et leur utilisation est maintenant fréquente.

Ce travail traite différents aspects de perturbations singulières de domaines. Dans une première partie, nous nous interessons à la structure de la dérivée au sens de Fré- chet de fonctionnelles de forme pour des domaines fissurés. Dans une deuxième partie, nous étudions la modélisation d’une perturbation singulière d’un domaine à l’aide d’ex- tensions auto-adjointes du Laplacien. Enfin, dans une troisième partie on décrit une application numérique de la dérivée topologique pour créer des trous dans un domaine afin de maximiser la fonctionnelle d’énergie associée à un problème modèle.

Dans la première partie, nous nous intéressons donc à la structure de la dérivée de forme pour des domaines fissurés. Dans son mémoire de 1907 [29], Hadamard constate que la dérivée d’une fonctionnelle de forme dépendant d’un domaine Ω dans une direc- tion ξ ne dépend que de la composante normale de la trace de ξ sur le bord de Ω. Ce résultat de structure connu sous le nom de théorème de structure a été démontré par Zolésio dans sa thèse en 1979 [ 71 ], et le cas de la dérivée seconde a été étudié par Bucur et Zolésio dans [14]. Dans le cas d’un ouvert régulier, de classe C 1 ou lipschitzien par exemple, la dérivée dépend uniquement des perturbations de la frontière du domaine en direction de la normale. On pourra consulter [18][44] et [66] pour des résultats détaillés dans le cas régulier, et [54] pour une approche simillaire à la nôtre dans le cas régulier.

Ce résultat est utilisé systématiquement dans les problèmes d’optimisation de formes.

Cependant en pratique une telle régularité n’est pas toujours vérifiée. En particulier, ce théorème de structure n’est plus valable pour des domaines contenant des fissures, qui

7

(9)

8 INTRODUCTION

ne sont pas lipschitziens.

Au cours de sa thèse ([22]), Gilles Frémiot a dégagé un théorème de structure pour la semi-dérivée eulérienne du premier ordre dans le cas de domaines fissurés en dimension deux. La première partie de cette thèse s’inscrit dans la continuité du travail de Gilles Frémiot en généralisant ce théorème de structure à d , d ≥ 2, et en donnant la structure de la dérivée seconde. En fait, la méthode utilisée pour parvenir aux résultats est diffé- rente et intéressante en soi. En effet nous généralisons ici une méthode développée par Michel Pierre et Arian Novruzi dans [54]. Sous des hypothèses plus fortes que celles de Gilles Frémiot, à savoir la Fréchet-dérivabilité de la fonctionnelle de forme, on obtient le théorème de structure au premier et au deuxième ordre, et il est possible de l’obtenir facilement à n’importe quel ordre avec cette méthode.

En dimension deux, on retrouve le résultat de Frémiot au premier ordre, à savoir qu’en plus du terme classique, deux nouvelles contributions apparaissent dûes aux ex- trémités de la fissure. En dimension supérieure, un nouveau terme apparaît en plus du terme classique, dû à la frontière de la variété à bord représentant la fissure.

Dans la deuxième partie, nous étudions la perturbation singulière d’un domaine et la modélisation de cette perturbation à l’aide d’extension auto-adjointes d’opérateurs.

On considère habituellement des perturbations d’un ouvert qui modifient seulement sa frontière, interdisant notamment les changements de topologie, alors qu’ils apparaissent naturellement dans de nombreuses applications. D’un point de vue théorique, si u est la solution du Laplacien dans un domaine Ω, il est possible de modéliser la perturbation de u dûe à l’apparition d’un trou dans Ω par une perturbation du Laplacien dans le domaine Ω sans trou. Cette technique utilisant la théorie des extensions auto-adjointes (voir [39] et [1]) a été développée par Serguei Nazarov dans [47][50][51][53]. Nous dé- crivons cette modélisation, puis nous montrons comment elle peut être utilisée pour un problème d’optimisation de forme. En définissant une fonctionnelle d’énergie approchée pour ce problème modèle, on retrouve notamment la formule de la dérivée topologique usuelle.

Dans la troisième partie, on propose une application numérique de la dérivée topo- logique. On cherche à maximiser l’énergie associée à la solution du Laplacien dans un domaine Ω. En ajoutant des termes de volume et de périmètre, on peut montrer qu’il existe une unique solution optimale à ce problème de maximisation. On procède ensuite à la résolution numérique du problème en utilisant une méthode de gradient pour faire varier la frontière et en calculant la dérivée topologique pour savoir où créer des trous si nécessaire.

Dans le premier chapitre, nous énonçons et démontrons tout d’abord le théorème

de structure dans le cas de domaines fissurés de d , d ≥ 3. La preuve de ce résultat est

basée sur l’utilisation du théorème des fonctions implicites, et sur le principe que toute

perturbation θ d’un domaine Ω peut être décomposée de la façon suivante

(10)

INTRODUCTION 9

I + θ = (I + Φ(θ)n) ◦ H(θ) sur Σ H(θ) = (I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) ◦ h(θ) sur γ

avec Φ(θ) et H(θ) les perturbations normale et tangentielle, respectivement, sur la sur- face Σ de dimension d − 1, frontière de Ω. Les fonctions φ n (θ) et φ ν (θ) sont les per- turbations normales de la courbe γ dans les directions n et ν, où n et ν forment une base orthogonale du supplémentaire à l’espace tangent à γ, et h(θ) est la perturbation tangentielle sur la variété γ ⊂ Σ de dimension d − 2. Cette idée a été introduite dans [54] pour des domaines réguliers et nous la généralisons ici au cas de domaines fissurés.

Nous étudions également le cas de 2 qui est un cas dégénéré du précédent. Nous donnons le théorème de structure et sa démonstration. La démonstration pour d , d ≥ 3 doit être adaptée au cas de la dimension deux et on obtient un résultat similaire mais plus simple.

Dans le deuxième chapitre, nous donnons quelques applications du théorème de structure pour des domaines fissurés de 2 . En effet, par rapport au cas régulier, la structure de la dérivée comprend deux nouveaux termes dûs aux extrémités de la fissure et il intéressant de les calculer.

Tout d’abord, nous considérons le Laplacien avec conditions de Dirichlet sur la fron- tière extérieure et conditions de Neumann sur la fissure. Nous prouvons la Fréchet- différentiabilté jusqu’à l’ordre deux de la fonctionnelle d’énergie, ce qui nous permet d’appliquer le théorème de structure. On étudie ensuite le même problème avec des condi- tions de Dirichlet sur la fissure. On obtient de la même manière la Fréchet-dérivabilité au premier ordre et on peut calculer les coefficients grâce au théorème de structure.

On étudie ensuite un problème non-linéaire avec conditions unilatérales sur les faces de la fissure. Dans ce cas, on ne peut pas montrer la Fréchet-dérivabilité de la fonction- nelle mais on peut tout de même appliquer un théorème de structure qui requière des hypothèses plus faibles. En utilisant la notion de polyhédricité des cônes convexes, on peut également définir une dérivée seconde directionnelle.

Dans le troisième chapitre , nous considérons le Laplacien avec conditions de Di- richlet posé dans un domaine Ω à frontière régulière. Ce problème est singulièrement perturbé par la création d’une petite cavité ω ε dans Ω. Nous procédons à l’analyse asymptotique de ce problème quand ε → 0. On définit ensuite une extension auto- adjointe dépendante de ε du Laplacien. Cette extension est définie sur le domaine Ω, et on montre que le nouveau problème est une approximation au premier ordre du pro- blème initial. On définit ensuite un problème d’optimisation de formes utilisant cette approximation et on montre qu’on peut retrouver la formule classique de la dérivée to- pologique à partir d’une fonctionnelle d’énergie approchée.

Dans le quatrième chapitre, on applique la notion de dérivée topologique à un problème numérique. On montre qu’il existe une solution au problème de maximisation de l’énergie pénalisée par le volume et le périmètre, pour des problèmes linéaire et non- linéaire. On obtient ensuite des résultats numériques de maximisation de la fonctionnelle.

Le domaine Ω initial est un carré dont la frontière est fixe au cours des itérations. A

(11)

10 INTRODUCTION

l’aide de la dérivée topologique, on change la topologie du domaine en créant des trous

dans Ω. On perturbe ensuite la frontière intérieure à l’aide d’une méthode classique de

gradient de forme. Le domaine Ω est modélisé par la méthode "levelset".

(12)

CHAPITRE I

Structure des dérivées de forme dans des domaines fissurés

11

(13)
(14)

Structure des dérivées de forme dans des domaines fissurés

1.. Enoncé du théorème de structure

L’étude de la sensibilité par rapport à la forme pour des domaines fissurés a des applications importantes. On pourra consulter [15] pour un aperçu des applications en mécanique des fractures et une liste de rédérences sur le sujet. La structure de la déri- vée par rapport au domaine pour des domaines fissurés a été montrée dans [ 22 ], mais certains résultats avaient déjà été établis dans cette direction en [ 21 ][ 27 ][ 7 ]. Dans [ 20 ], une approche directe permet de traiter le problème avec conditions unilatérales sur les faces de la fissure. On considère dans [ 36 ], [ 37 ] respectivement, le problème avec condi- tions unilatérales sur les faces de la fissure pour une équation scalaire et pour le système de l’élasticité, où l’on obtient notamment la formule de Rice-Cherepanov. Des résultats plus récents ont été obtenus en [40] et [5], et pour un problème inverse en [4].

Dans son mémoire datant de 1907, Hadamard note que la dérivée d’une fonction- nelle de forme dans une direction ξ ne dépend que de la trace de ξ sur le bord de Ω et seulement de la composante normale de cette trace. Ce résultat est vrai pour des domaines Ω dont la frontière est suffisament régulière, pour plus de détails, on pourra consulter [31], [66]. Les domaines contenant des fissures ne sont mêmes pas lipschitziens, par conséquent on ne peut pas leur appliquer un tel résultat. Par contre, il est possible de généraliser ce résultat de structure aux domaines fissurés. Une telle généralisation à été faite en [ 22 ], pour la dérivée première, dans le cadre de la semi-dérivée eulérienne de fonctionnelles de formes. Une telle analyse est difficilement réalisable pour des déri- vées d’ordre supérieur, notamment pour la dérivée seconde qui est importante pour les applications.

Nous nous proposons donc ici, en généralisant une méthode introduite en [54], de donner le théorème de structure pour les dérivées d’ordre un et deux dans des domaines fisurés, dans le cadre de la différentiabilité au sens de Fréchet. Ce théorème permet d’ob- tenir une formule de représentation pour les dérivées par rapport au domaine. Avant de donner le théorème de structure, nous allons définir une classe F k (Ω) de domaines fis- surés.

Dans la suite, U est un ouvert borné de d , d ≥ 3 avec une frontière lisse. L’ensemble U est appelé le fourre-tout et les perturbations θ définies plus loin laissent U globale- ment inchangé. Soit également k ∈ , k ≥ 1.

Les domaines : On note O k =

D b U ; D ouvert borne de classe C k . (I.1)

13

(15)

14 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

PSfrag replacements

S

Σ γ

n

ν

Fig. 1. La fissure S

De classe C k signifie que, pour tout x ∈ ∂D, il existe un voisinage ouvert ω x de x dans

2 et ξ x : ω x → de classe C k tels que

∇ ξ x 6 = 0 sur ω x , ξ xx ∩ ∂D) = 0, (I.2) ξ xx ∩ D) ⊂ [ −∞ , 0[, ξ xx \ D) ¯ ⊂ ]0, + ∞ ] (I.3) On remarque que n = ∇ ξ x / |∇ ξ x | définit localement le vecteur unitaire normal sortant à D.

Domaines fissurés : Soit D ∈ O k . La frontière ∂D = Σ de D est une variété fermée de dimension d − 1. Soit γ une sous-variété fermée et connexe de Σ de dimension d − 2 et de classe C k telle que Σ \ γ a deux composantes connexes S et S 0 . Alors S est appellé une fissure et on définit le domaine fissuré par Ω = U \ S (voir la figure 1).

Soit Ω 0 un domaine fissuré, on a alors,

γ 0 ⊂ Σ 0 = ∂D 0 , S 0 ∪ S 0 0 = Σ 0 \ γ 0 Ω 0 = U \ S 0

et on note n le vecteur normal unitaire sortant de D. La codimension de γ 0 est deux, c’est à dire que le supplémentaire dans d de l’espace tangent à γ 0 est de dimension deux. On définit alors le vecteur ν tel que (n, ν) soit une base orthonormée de cet espace.

Pour un domaine Ω 0 donné, on introduit le domaine perturbé Ω θ de Ω 0 pour un champ de vecteurs donné θ. On restreint l’étude à des perturbations du sous-ensemble D, i.e. la frontière extérieure ∂U reste fixe.

Cadre fonctionnel : Soit Θ k l’espace des champs de vecteurs de C k ( d , d ) qui s’an- nulent sur U c et dont les dérivées sont bornées jusqu’à l’ordre k. Muni de la norme usuelle k . k k , Θ k est un espace de Banach. On note

D k := { θ ∈ Θ k , k θ k k < 1 } .

Pour θ ∈ D k , l’application I + θ est un C k -difféomorphisme. I est l’identité dans d

( ∀ x ∈ d , I(x) = x). Pour θ ∈ D k donné, soit D θ , Ω θ , Σ θ et γ θ définis par :

(16)

1.. ENONCÉ DU THÉORÈME DE STRUCTURE 15

D θ = { (I + θ)(x), x ∈ D 0 } , Ω θ = { (I + θ)(x), x ∈ Ω 0 } , Σ θ = { (I + θ)(x), x ∈ Σ 0 } , γ θ = { (I + θ)(x), x ∈ γ 0 } .

Comme D 0 ∈ O k , on a clairement D θ ∈ O k et Σ θ est de classe C k . Etant donné Ω 0 un domaine fissuré avec D 0 ∈ O k , on pose

F k (Ω 0 ) = { Ω θ , θ ∈ D k } (I.4) comme étant l’ensemble des domaines fissurés admissibles. Pour simplifier, comme Ω 0 est donné, on écrit F k au lieu de F k (Ω 0 ).

Fonctionnelle de forme : Soit J : F k → une fonctionnelle de forme donnée. On associe à J la fonctionnelle E définie sur D k par l’égalité

∀ θ ∈ D k , E(θ) := J (Ω θ ) .

Comme Θ k est un espace de Banach, les dérivées au sens de Fréchet de E peuvent être définies. On note E 0 (θ) ∈ L ( D k ; ) la dérivée au sens de Fréchet au premier ordre de E en θ et par E 0 (θ)(ξ) sa valeur dans la direction ξ ∈ Θ k . De même E 00 (θ) ∈ L ( D k × D k ; ) est la dérivée au sens de Fréchet de E du second ordre et E 00 (θ)(ξ, η) désigne sa valeur en ξ, η ∈ Θ k .

Notations : Pour x, y ∈ d , on note h x, y i le produit scalaire dans d .

Etant donné un champ de vecteurs ξ sur Σ 0 , on écrira ξ n au lieu de h ξ, n i et ξ ν au lieu de h ξ, ν i . On notera également ξ Σ = ξ − ξ n n sa composante dans l’espace tangent en un point x de la variété Σ. On définit alors ξ γ := ξ Σ − ξ ν ν la projection de ξ sur l’espace tangent à la variété γ. Notons que ξ n et ξ ν sont des scalaires tandis que ξ Σ et ξ γ sont des vecteurs de d .

Nous pouvons maintenant donner le résultat principal de ce chapitre.

Théorème I.1 . Soit k ≥ 1.

(1) Soit Ω 0 un domaine fissuré avec D 0 ∈ O k+1 . On suppose que E est Fréchet- différentiable dans Θ k en 0, alors il existe deux formes linéaires continues l 1 : C k0 , ) → et l ν 1 : C k0 , ) → , telles que :

E 0 (0)(ξ) = l 1 (ξ n ) + l 1 ν (ξ ν ), ∀ ξ ∈ Θ k . (I.5) (2) Soit0 un domaine fissuré avec D 0 ∈ O k+2 . On suppose que E est deux fois

Fréchet-différentiable en 0 dans Θ k , alors il existe trois formes bilinéaires : l 2 : C k (Σ 0 , ) × C k (Σ 0 , ) → ,

l ν 2 : C k (γ 0 , ) × C k (γ 0 , ) → ,

L 2 : C k (Σ 0 , ) × C k (γ 0 , ) → ,

(17)

16 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

et une forme linéaire l 1 n : C k0 , ) → , telles que pour tout champ de vecteurs ξ, η ∈ Θ k+1 :

E 00 (0)(ξ, η) = l 2n , η n ) +l ν 2 (ξ ν , η ν ) +l 100 (0)(ξ, η)) +l n 100 n (0)(ξ, η)) +l ν 100 ν (0)(ξ, η)) + L 2 (ξ n , η ν ) + L 2 (η n , ξ ν ),

(I.6)

avec Φ 00 (0)(ξ, η), φ 00 n (0)(ξ, η) et φ 00 ν (0)(ξ, η) donnés respectivement par (I.16), (I.19) et (I.20).

Remarque I.2. Si Ω 0 est une forme critique pour E i.e., E 0 (0) = 0 en 0, alors l 1 ≡ 0, l ν 1 ≡ 0, par conséquent l’expression (I.6) de la dérivée seconde se simplifie et devient :

E 00 (0)(ξ, η) = l 2 (ξ n , η n ) +l 2 ν (ξ ν , η ν ) +l 1 n00 n (0)(ξ, η)) + L 2 (ξ n , η ν ) + L 2 (η n , ξ ν ).

(I.7)

2.. Perturbations normale et tangentielle Pour tout l ∈ , 1 ≤ l ≤ k, on pose

G k−l (Σ, Σ) :=

g ∈ C k−l (Σ, d ); g(Σ) ⊂ Σ G k−l (γ, γ) :=

g ∈ C k−l (γ, d ); g(γ ) ⊂ γ

On note Φ(θ) et H(θ) les perturbations normale et tangentielle, respectivement, sur la surface Σ. On note également φ n (θ) et φ ν (θ) les perturbations normales de la courbe γ dans les directions n et ν, et h(θ) les perturbations tangentielles de la variété γ . On utilise le théorème des fonctions implicites pour obtenir le lemme suivant, qui sera utilisé pour la preuve du théorème de structure.

Lemme I.3. On suppose que Σ et γ sont des variétés de classe C k . Pour tout 1 ≤ l ≤ k, il existe un voisinage ouvert U k de 0 dans Θ k et un unique vecteur (H, Φ, h, φ n , φ ν ) de fonctions C l :

(H, Φ, h, φ n , φ ν ) : U k → G k−l (Σ, Σ) × C k−l (Σ, ) × G k−l (γ, γ) × C k−l (γ, ) × C k−l (γ, ) (I.8) telles que (H, Φ, h, φ n , φ ν )(0) = (I, 0, I, 0, 0) et pour tout θ ∈ U k

I + θ = (I + Φ(θ)n) ◦ H(θ) sur Σ 0 (I.9) H(θ) = (I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) ◦ h(θ) sur γ 0 (I.10) De plus, pour tout ξ, η ∈ Θ k on a pour l ≥ 1 :

H 0 (0)(ξ) = ξ Σ , (I.11)

Φ 0 (0)(ξ) = ξ n , (I.12)

h 0 (0)(ξ) = ξ γ , (I.13)

φ 0 n (0)(ξ) = 0, (I.14)

φ 0 ν (0)(ξ) = ξ ν , (I.15)

(18)

2.. PERTURBATIONS NORMALE ET TANGENTIELLE 17

PSfrag replacements

I + θ

I + Φ(θ)n

H(θ)

I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν h(θ)

γ Σ

Fig. 2. Perturbations normale et tangentielle et pour l ≥ 2 les dérivées secondes sont données par

Φ 00 (0)(ξ, η) = −h Dη ξ Σ , n i − h Dξ η Σ , n i − h Dn ξ Σ , η Σ i (I.16) H 00 (0)(ξ, η) = −h Dn η Σ , ξ Σ i n − η n Dn ξ Σ − ξ n Dn η Σ (I.17) h 00 (0)(ξ, η) = h ξ γ , Dn η γ i n + h ξ γ , Dν η γ i ν (I.18)

− η n Dn ξ Σ − ξ n Dn η Σ

+η n h Dn ξ Σ , ν i ν + ξ n h Dn η Σ , ν i ν

− ξ ν Dνη γ − η ν Dνξ γ

+ξ ν h Dνη γ , n i n + η ν h Dνξ γ , n i n

φ 00 n (0)(ξ, η) = − η ν ξ ν h Dn ν, ν i (I.19) φ 00 ν (0)(ξ, η) = −h ξ γ , Dν η γ i (I.20)

−h ν, Dη ξ γ i − h ν, Dξ η γ i

− η n h ν, Dn ξ Σ i − ξ n h ν, Dn η Σ i

− η n h n, Dν ξ γ i − ξ n h n, Dν η γ i . Preuve du lemme I.3.

Comme Σ et γ sont des variétés de classe C k et de dimension respectives d − 1 et d − 2, il existe deux fonctions ζ 0 , ζ 1 ∈ C k ( d , ) et deux voisinages ouverts ω 0 et ω 1

respectivement de Σ et γ tels que

Σ = { x ∈ ω 0 ; ζ 0 (x) = 0 } ∀ x ∈ Σ, ∇ ζ 0 (x) 6 = 0. (I.21)

γ = { x ∈ ω 1 ; ζ 0 (x) = 0, ζ 1 (x) = 0 } ∀ x ∈ γ, ∇ ζ 1 (x) 6 = 0. (I.22)

(19)

18 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

De plus le vecteur normal unitaire sortant à S est donné par

∀ x ∈ Σ, n(x) = ∇ ζ 0 (x)/ |∇ ζ 0 (x) | , (I.23) et on peut choisir ζ 0 et ζ 1 de sorte que (n(x), ν(x)) soit une base orthonormale, avec ν(x) défini comme

∀ x ∈ γ, ν(x) = ∇ ζ 1 (x)/ |∇ ζ 1 (x) | . (I.24) Le plan orthogonal à γ en x ∈ γ est alors donné par la base orthonormale (n(x), ν(x)).

On introduit maintenant Z l = C k−l (Σ, d ) × C k−l (Σ, ) × C k−l (γ, d ) × C k−l (γ, ) × C k−l (γ, ) et

T :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Θ k × Z l → Z l

(θ, (H, Φ, h, φ n , φ ν )) 7→

 

 

I + θ − (I + Φn) ◦ H ζ 0 ◦ H

H − (I + φ n n + φ ν ν) ◦ h ζ 1 ◦ h

ζ 0 ◦ h

 

 

(I.25)

On vérifie que la fonction T est de classe C l . Pour tout (H, Φ, h, φ n , φ ν ) ∈ Z l , on a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

T (0, (I, 0, I, 0, 0)) = (0, 0, 0, 0, 0)

D (H,Φ,h,φ n ,φ ν ) T (0, (I, 0, I, 0, 0))(H, Φ, h, φ n , φ ν ) =

 

 

− Φn − H Dζ 0 H

H − φ n n − φ ν ν − h Dζ 1 h

0 h

 

 

(I.26)

On remarque que Dζ 0 H = |∇ ζ 0 |h n, H i , Dζ 0 h = |∇ ζ 0 |h n, h i et Dζ 1 h = |∇ ζ 0 |h n, h i . Afin de prouver que D (H,Φ,h,φ n ν ) T (0, (I, 0, I, 0, 0)) est un isomorphisme de Z l dans lui-même, on doit d’abord prouver que pour tout (A, u, a, w, v), la solution de

D (H,Φ,h,φ n ,φ ν ) T (0, (I, 0, I, 0, 0))(H, Φ, h, φ n , φ ν ) = (A, u, a, w, v)

est unique. Tout d’abord, on calcule le produit scalaire de la première ligne de (I.26) avec n et on trouve

Φ = −h A, n i − |∇ ζ 0 | −1 u,

H = |∇ ζ 0 | −1 un − A Σ . (I.27)

Ensuite on calcule successivement le produit scalaire de (I.26) avec n et ν et on obtient φ n = |∇ ζ 0 | −1 u − |∇ ζ 0 | −1 v − h a, n i ,

φ ν = −|∇ ζ 1 | −1 w − h A, ν i − h a, ν i ,

h = − A γ − a γ + |∇ ζ 0 | −1 vn + |∇ ζ 1 | −1

(I.28) Ainsi, D (H,Φ,h,φ n ,φ ν ) T (0, (I, 0, I, 0, 0)) est un isomorphisme de Z l dans lui-même, et la fonction T vérifie les conditions du théorème des fonctions implicites au voisinage de (0, (I, 0, I, 0, 0)). Par conséquent il existe un voisinage ouvert U k ⊂ Θ k de 0 et cinq fonctions (H, Φ, h, φ n , φ ν ) de classe C l

(H, Φ, h, φ n , φ ν ) : U k → Z l (I.29)

(20)

2.. PERTURBATIONS NORMALE ET TANGENTIELLE 19

tel que (H, Φ, h, φ n , φ ν )(0) = (I, 0, I, 0, 0) et

I + θ = (I + Φ(θ)) ◦ H(θ), (I.30)

H(θ) = (I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) ◦ h(θ), (I.31)

ζ 0 (H(θ)) = 0, (I.32)

ζ 0 (h(θ)) = 0, (I.33)

ζ 1 (h(θ)) = 0. (I.34)

Quitte à restreindre U k , on peut toujours supposer que H(θ) prend ses valeurs dans ω 0

et que h(θ) prend ses valeurs dans ω 0 ∩ ω 1 , de sorte que (I.32), (I.33), (I.34) impliquent H(θ)(x) ∈ Σ pour tout x ∈ Σ et h(θ)(x) ∈ γ pour tout x ∈ γ. On a donc montré la première partie du lemme .

On peut maintenant différentier les cinq équations (I.30)- (I.34) par rapport à θ au voisinage de 0. Pour tout ξ ∈ Θ k , on a

ξ = H 0 (θ)(ξ) + D(Φ(θ)n) ◦ H(θ)H 0 (θ)(ξ) (I.35) +(Φ 0 (θ)(ξ)n) ◦ H(θ),

H 0 (θ)(ξ) = h 0 (θ)(ξ) + D(φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) ◦ h(θ)h 0 (θ)(ξ) (I.36) +(φ 0 n (θ)(ξ)n + φ 0 ν (θ)(ξ)ν) ◦ h(θ),

Dζ 0 (H(θ))H 0 (θ)(ξ) = 0, (I.37)

Dζ 0 (h(θ))h 0 (θ)(ξ) = 0, (I.38)

Dζ 1 (h(θ))h 0 (θ)(ξ) = 0. (I.39)

En particulier, pour θ = 0, on obtient

ξ = H 0 (0)(ξ) + D(Φ(0)n)H 0 (0)(ξ) + Φ 0 (0)(ξ)n, (I.40) H 0 (0)(ξ) = h 0 (0)(ξ) + D(φ n (0)n + φ ν (0)ν)h 0 (0)(ξ) (I.41)

+(φ 0 n (0)(ξ)n + φ 0 ν (0)(ξ)ν),

Dζ 0 H 0 (0)(ξ) = 0 = |∇ ζ 0 |h n, H 0 (0)(ξ) i , (I.42) Dζ 0 h 0 (0)(ξ) = 0 = |∇ ζ 0 |h n, h 0 (0)(ξ) i , (I.43) Dζ 1 h 0 (0)(ξ) = 0 = |∇ ζ 1 |h ν, h 0 (0)(ξ) i . (I.44) Ensuite, on multiplie (I.40) par n, et en tenant compte de (I.42) on obtient

H 0 (0)(ξ) = ξ Σ , (I.45)

Φ 0 (0)(ξ) = ξ n . (I.46)

(21)

20 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

En multipliant successivement (I.41) par n et ν, et en utilisant les égalités (I.43) et (I.44) on obtient

h 0 (0)(ξ) = ξ γ , (I.47)

φ 0 n (0)(ξ) = 0, (I.48)

φ 0 ν (0)(ξ) = ξ ν . (I.49)

Maintenant, afin d’obtenir la dérivée par rapport au domaine du second ordre, on dérive (I.35)-(I.39) en θ = 0. On en déduit le système d’équations suivant, pour tout ξ, η ∈ Θ k , 0 = H 00 (0)(ξ, η) + D(Φ 0 (0)(η)n)H 0 (0)(ξ) (I.50)

00 (0)(ξ, η)n + D(Φ 0 (0)(ξ)n)H 0 (0)(η),

H 00 (0)(ξ, η) = h 00 (0)(ξ, η) + (φ 00 n (0)(ξ, η)n + φ 00 ν (0)(ξ, η)ν) (I.51) +D(φ 0 n (0)(ξ)n + φ 0 ν (0)(ξ)ν)h 0 (0)(η)

+D(φ 0 n (0)(η)n + φ 0 ν (0)(η)ν)h 0 (0)(ξ),

0 = Dζ 0 H 00 (0)(ξ, η) + D 2 ζ 0 H 0 (0)(ξ)H 0 (0)(η), (I.52) 0 = Dζ 0 h 00 (0)(ξ, η) + D 2 ζ 0 h 0 (0)(ξ)h 0 (0)(η), (I.53) 0 = Dζ 1 h 00 (0)(ξ, η) + D 2 ζ 0 h 0 (0)(ξ)h 0 (0)(η). (I.54) Cependant, comme pour tout k ∈ d , Dζ 0 k = |∇ ζ 0 |h n, k i , alors pour tout l ∈ d

D 2 ζ 0 (k, l) = (D( |∇ ζ 0 | ) l) h n, k i + |∇ ζ 0 |h Dn l, k i (I.55) de sorte que

D 2 ζ 0 (ξ Σ , η Σ ) = |∇ ζ 0 |h Dn η Σ , ξ Σ i . (I.56) En substituant les expressions (I.45)-(I.49) dans (I.50)-(I.54) et en utilisant (I.56) on obtient

0 = H 00 (0)(ξ, η) + D( h η, n i n)ξ Σ (I.57) +Φ 00 (0)(ξ, η)n + D(ξ n n)η Σ ,

H 00 (0)(ξ, η) = h 00 (0)(ξ, η) + (φ 00 n (0)(ξ, η)n + φ 00 ν (0)(ξ, η)ν) (I.58) +D(ξ ν ν) η γ + D( h η, ν i ν) ξ γ ,

0 = h ξ Σ , Dn η Σ i + h n, H 00 (0)(ξ, η) i , (I.59) 0 = h ξ γ , Dn η γ i + h n, h 00 (0)(ξ, η) i , (I.60) 0 = h ξ γ , Dν η γ i + h ν, h 00 (0)(ξ, η) i . (I.61) En multipliant (I.57) par n et en utilisant (I.59) on obtient

Φ 00 (0)(ξ, η) = h ξ Σ , Dn η Σ i − h D(η n n) ξ Σ , n i − h D(ξ n n) η Σ , n i . (I.62) On peut simplifier (I.62) de la manière suivante

h D(η n n) ξ Σ , n i = h Dn ξ Σ , n i η n + h (n ⊗ ∇ η nΣ , n i . (I.63)

(22)

2.. PERTURBATIONS NORMALE ET TANGENTIELLE 21

Le premier terme du membre de droite de (I.63) vaut 0 car h n, n i = 1 implique h Dn k, n i = 0 pour tout k ∈ d . Par conséquent (I.63) devient

h D(η n n) ξ Σ , n i = h∇ η n , ξ Σ i (I.64)

= h Dη ξ Σ , n i + h Dn ξ Σ , η i (I.65)

= h Dη ξ Σ , n i + h Dn ξ Σ , η Σ i . (I.66) Enfin, en injectant (I.66) dans (I.62) on obtient

Φ 00 (0)(ξ, η) = −h Dη ξ Σ , n i − h Dξ η Σ , n i − h Dn ξ Σ , η Σ i . (I.67) En utilisant maintenant les équations (I.57) et (I.67) et en tenant compte de la décom- position (I.63) on obtient

H 00 (0)(ξ, η) = −h Dn η Σ , ξ Σ i n − η n Dn ξ Σ − ξ n Dn η Σ . (I.68) On multiplie (I.58) par n et ν et en utilisant (I.60) et (I.61) on trouve

φ 00 n (0)(ξ, η) = h ξ γ , Dn η γ i − h ξ Σ , Dn η Σ i (I.69)

−h n, D(ξ ν ν) η γ i − h n, D(η ν ν) ξ γ i ,

φ 00 ν (0)(ξ, η) = h ξ γ , Dν η γ i − h ν, η n Dn ξ Σ i − h ν, ξ n Dn η Σ i (I.70)

−h ν, D(ξ ν ν) η γ i − h ν, D(η ν ν) ξ γ i . De la même manière que pour (I.63)-(I.66), on peut écrire

D(η ν ν)ξ γ = η ν Dν ξ γ + h ν, Dη ξ γ i ν + h η, Dν ξ γ i ν. (I.71) De plus, on à la décomposition suivante

h ξ Σ , Dn η Σ i = h ξ γ , Dn η γ i + η ν ξ ν h Dn ν, ν i (I.72) +η ν h Dn ν, ξ γ i + ξ ν h Dn η γ , ν i .

En substituant (I.72) et (I.71) dans (I.69) on obtient finalement

φ 00 n (0)(ξ, η) = − η ν ξ ν h Dn ν, ν i . (I.73) On conclut avec le cas de φ 00 ν (0)(ξ, η). En substituant (I.71) dans (I.70) on obtient le résultat

φ 00 ν (0)(ξ, η) = −h ξ γ , Dν η γ i (I.74)

−h ν, Dη ξ γ i − h ν, Dξ η γ i

− η n h ν, Dn ξ Σ i − ξ n h ν, Dn η Σ i

− η n h n, Dν ξ γ i − ξ n h n, Dν η γ i .

On regroupe maintenant les expressions (I.74), (I.73) et (I.68) et on les insère dans (I.59), on obtient alors

h 00 (0)(ξ, η) = h ξ γ , Dn η γ i n + h ξ γ , Dν η γ i ν (I.75)

− η n Dn ξ Σ − ξ n Dn η Σ

+η n h Dn ξ Σ , ν i ν + ξ n h Dn η Σ , ν i ν

− ξ ν Dνη γ − η ν Dνξ γ

ν h Dνη γ , n i n + η ν h Dνξ γ , n i n.

(23)

22 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

On a donc terminé la preuve du lemme I.3.

3.. Preuve du Théorème de structure

Notre objectif est de prouver que pour θ suffisament proche de 0 dans D k , il existe une fonction F telle que

E(θ) = F (Φ(θ), φ n (θ), φ ν (θ)) (I.76) où F est une fonctionnelle sur C k (Σ, ) × C k (γ, ) × C k (γ, ) et les fonctions Φ, φ n et φ ν sont définies en (I.9)-(I.10).

Lemme I.4 . Soit h 1,ε et h 2,ε deux fonctions de C k (Σ, Σ) munies de la norme usuelle k . k k . Ces fonctions sont proches de l’identité au sens suivant :

k h 1,ε − I k k , k h 2,ε − I k k −→ 0, ε → 0. (I.77) On a alors le résultat suivant :

∃ ε 0 , ∀ ε ≤ ε 0 , h 1,ε (Σ) = h 2,ε (Σ) = Σ et h 1,ε (γ ) = h 2,ε (γ ) = ⇒ h 1,ε (S) = h 2,ε (S) (I.78) Preuve. Tout d’abord, si ε est suffisament proche de 0, alors h 1,ε et h 2,ε sont des C k - difféomorphismes grâce à (I.77). Ainsi on obtient ∃ ε 0 , ∀ ε ≤ ε 0 , h 1,ε (Σ) = h 2,ε (Σ) = Σ.

Comme S ∪ S 0 = Σ \ γ, on a également

h 1,ε (S) ∪ h 1,ε (S 0 ) = Σ \ h 1,ε (γ) (I.79) h 2,ε (S) ∪ h 2,ε (S 0 ) = Σ \ h 2,ε (γ) (I.80) car h 1,ε et h 2,ε sont des C k -difféomorphismes. L’ensemble Σ \ h 1,ε (γ) a deux composantes connexes car Σ \ γ a deux composantes connexes. Comme les unions dans (I.79)-(I.80) sont des unions disjointes d’ouverts, h 1,ε (S) et h 1,ε (S 0 ) sont les composantes connexes recherchées. C’est vrai également pour h 2,ε , par conséquent on a deux possibilités :

h 1,ε (S) = h 2,ε (S) ou h 1,ε (S) = h 2,ε (S 0 ).

Dans le premier cas le lemme est prouvé et on va montrer que le cas h 1,ε (S) = h 2,ε (S 0 ) est impossible si ε est suffisamment proche de 0. Sinon, il existe une suite (ε i ) qui tend vers 0 telle que h 1,ε i (S) ∩ h 2,ε i (S) = ∅ .

Pour simplifier, on écrit ε au lieu de ε i , et pour x ∈ S on définit x 1,ε = h 1,ε (x) et x 2,ε = h 2,ε (x).

h 1,ε (γ) = h 2,ε (γ) = γ ε

Comme h 1,ε (S) ∩ h 2,ε (S) = ∅ , x 1,ε et x 2,ε sont séparés par γ ε , ce qui signifie que pour tout chemin α joignant x 1,ε à x 2,ε , α ∩ γ ε 6 = ∅ . Soit A l’ensemble des courbes régulières joignant x 1,ε à x 2,ε , alors on a

d(x 1,ε , x 2,ε ) = inf

α∈A L (α)

où d est la distance sur la variété Σ et L (α) est la longueur du chemin α. Alors par définition de l’infimum on obtient :

∀ δ > 0, ∃ ε > 0, ∃ α ε d(x 1,ε , x 2,ε ) ≥ L (α ε ) − δ. (I.81) On choisit y ε dans γ ε ∩ α ε tel que

L (α ε ) = L ( _

x 1,ε y ε ) + L ( _

y ε x 2,ε ).

(24)

3.. PREUVE DU THÉORÈME DE STRUCTURE 23

En prenant la limite quand ε → 0 on obtient

lim ε→0 L (α ε ) ≥ 2d(x, γ).

Si on choisit δ = d(x, γ), l’équation (I.81) devient

d(x 1,ε , x 2,ε ) ≥ L (α ε ) − d(x, γ) lim ε→0 d(x 1,ε , x 2,ε ) ≥ 2d(x, γ) − d(x, γ)

≥ d(x, γ) > 0.

ce qui est impossible car lim ε→0 d(x 1,ε , x 2,ε ) = 0. Par conséquent la preuve est terminée.

On applique maintenant le lemme I.3 avec k remplacé par k + 1 et l = 1. On obtient l’existence d’un voisinage ouvert U k+1 ⊂ Θ k+1 de 0, et d’un vecteur (H, Φ, h, φ n , φ ν ) de fonctions C 1 :

(H, Φ, h, φ n , φ ν ) : U k → G k−l (Σ, Σ) × C k−l (Σ, ) × G k−l (γ, γ) × C k−l (γ, ) × C k−l (γ, ).

(I.82) Quitte à restreindre U k+1 , on peut supposer que H(θ) et h(θ) sont bijectifs respective- ment de Σ dans Σ et de γ dans γ pour tout θ ∈ U k+1 . En utilisant l’équation (I.10) on peut écrire

H(θ)(γ ) = (I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) ◦ h(θ)(γ) (I.83)

= (I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν)(γ). (I.84) Soit v une extension continue :

v : C k (γ, Σ) → C k (Σ, Σ),

telle que l’image par v d’un élément de C k (γ, Σ) soit proche de l’identité au sens du lemme I.4. Une telle extension existe, et on en donne une construction explicite dans le cas particulier de la dimension 2. Alors v(I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) ∈ C k (Σ, Σ) peut s’écrire

v (I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) = I + w(φ n (θ), φ ν (θ)))

où w est une fonction de C k (γ, d ) 2 dans C k (Σ, d ). En appliquant le lemme I.4 on obtient l’implication suivante

H(θ)(γ) = (I + φ n (θ)n + φ ν (θ)ν) ◦ h(θ)(γ) = ⇒ H(θ)(S) = (I + w(φ n (θ), φ ν (θ)))(S).

Maintenant soit u une extension continue :

u : C k (Σ, d ) → C k ( d , d ).

En utilisant (I.9) et (I.10) on obtient

(I + θ)(S) = [I + Φ(θ)n] ◦ [I + w(φ n (θ), φ ν (θ))] (S)

= [I + w(φ n (θ), φ ν (θ)) + Φ((θ)n) ◦ (I + w(φ n (θ), φ ν (θ)))] (S)

= [I + u [w(φ n (θ), φ ν (θ)) + Φ((θ)n) ◦ (I + w(φ n (θ), φ ν (θ)))]] (S) (I.85) Comme Ω θ est défini par U \ S θ , on obtient clairement de (I.85) que

E(θ) = E(u [w(φ n (θ), φ ν (θ)) + Φ((θ)n) ◦ (I + w(φ n (θ), φ ν (θ)))]) := F (Φ(θ), φ n (θ), φ ν (θ))

(25)

24 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

qui fournit (I.76). On différentie maintenant (I.76) en θ = 0 dans la direction ξ ∈ θ k+1 . En utilisant le lemme I.3 et la loi de dérivation d’une fonction composée, on obtient

E 0 (0)(ξ) = F Φ (Φ 0 (0)(ξ)) + F φ ν (φ 0 ν (0)(ξ)) + F φ n (φ 0 n (0)(ξ)) = F Φ (ξ n ) + F φ ν (ξ ν ), où F Φ est la dérivée de F par rapport à Φ. Comme Θ k+1 est dense dans Θ k et F Φ , F φ ν

et F φ n sont des formes linéaires continues, on obtient (I.5) avec l 1 = F Φ et l 1 ν = F φ ν . On pose également l 1 n = F φ n .

Pour la preuve de la deuxième partie du théorème I.1, on applique le lemme I.3 avec k remplacé par k + 2 et l = 2. On obtient alors (I.6) de la même manière que pour (I.5).

La preuve est donc terminée.

4.. Le théorème de structure en dimension deux

Le cas de la dimension deux est un cas dégénéré du cas général étudié au chapitre précédent. En effet, en reprenant les mêmes notations, D est un ouvert borné de classe C k de 2 , Σ = ∂D est une courbe fermée de classe C k , et γ est une variété connexe de dimension 0. Autrement dit, γ est réduit à un point ce qui pose plusieurs problèmes par rapport à l’étude précédente. En effet Σ \ γ à maintenant une seule composante connexe. On voit bien que pour obtenir une "vraie" fissure, il est nécessaire que γ ne soit pas réduit à un point, mais soit la réunion de deux points distincts de Σ.

On adapte en fait sans difficulté les résultats précédents au cas de la dimension deux.

Dans la suite, on énonce donc le théorème de structure et sa preuve en dimension deux.

Les résultats obtenus sont plus simples que les résultats dans d , d ≥ 3, toutefois nous gardons dans la mesure du possible les mêmes notations afin de pouvoir faire la cor- respondance avec le cas général. Nous ferons également référence au cas général quand les notions à introduire ou les démonstrations sont redondantes, la différence principale tenant au fait que γ est la réunion de deux points et n’est donc pas connexe.

Dans la suite, U est un ouvert borné de 2 avec une frontière lisse. L’ensemble U est appelé le fourre-tout et les perturbations θ définies plus loin laissent U globalement inchangé. Soit également k ∈ , k ≥ 1. L’ensemble O k est défini comme en (I.1).

Domaines fissurés : Soit D ∈ O k , on note Σ = ∂D. Soient A 1 et A 2 deux points distincts de Σ, on définit γ = { A 1 , A 2 } . Alors Σ \ γ a deux composantes connexes S et S 0 , S est appellé une fissure et on définit Ω = U \ S comme le domaine fissuré.

Soit Ω 0 un domaine fissuré, on a alors

γ 0 ⊂ Σ 0 = ∂D 0 , S 0 ∪ S 0 0 = Σ 0 \ γ 0 , Ω 0 = U \ S 0 ,

et on note n le vecteur normal unitaire sortant de D, et τ le vecteur unitaire tangent à Σ. Le vecteur τ correspond au vecteur ν dans le cas général.

L’espace fonctionnel Θ k , les domaines perturbés Ω θ , l’ensemble des domaines fissurés admissibles F k et la fonctionnelle E sont définis comme dans le paragraphe 1..

Notations : Pour x, y ∈ 2 , on note h x, y i le produit scalaire dans 2 .

Dans la suite, pour simplifier la notation, on utilise la convention d’Einstein pour les

(26)

4.. LE THÉORÈME DE STRUCTURE EN DIMENSION DEUX 25

PSfrag replacements A 1

A 2

U D 0

S 0 n

τ Σ 0

Fig. 3. Le domaine Ω 0

indices répétés i = 1, 2, i.e. on note α i β i := P 2

i=1 β i α i . Etant donné un vecteur ξ dans

2 , ξ = ξ n n + ξ τ τ où ξ n = h ξ, n i et ξ τ = h ξ, τ i désignent les composantes normales et tangentielles, respectivement. On remarquera que ξ n et ξ τ sont des scalaires.

Nous pouvons maintenant donner le résultat principal de ce chapitre.

Théorème I.5. Soit k ≥ 1.

(1) Soit Ω 0 un domaine fissuré avec D 0 ∈ O k+1 . On suppose que E est Fréchet- différentiable dans Θ k en 0, alors il existe une forme linéaire continue l 1 : C k (Σ 0 , ) → et des constantes α i , i = 1, 2, telles que :

E 0 (0)(ξ) = l 1 (ξ n ) + α i ξ τ (A i ), ∀ ξ ∈ Θ k . (I.86) (2) Soit0 un domaine fissuré avec D 0 ∈ O k+2 . On suppose que E est deux fois Fréchet-différentiable en 0 dans Θ k , et notons H la courbure moyenne de Σ 0 alors il existe des constantes β i , i = 1, 2, des constantes α ˜ i , i = 1, 2, et deux formes bilinéaires :

l 2 : C k (Σ 0 , ) × C k (Σ 0 , ) → , L 2 : C k (Σ 0 , ) × 2 → , telles que pour tout champ de vecteurs ξ, η ∈ Θ k+1 :

E 00 (0)(ξ, η) = l 2 (ξ n , η n )

+β i ξ τ (A i )η τ (A i )

+β 12 (ξ τ (A 1 )η τ (A 2 ) + ξ τ (A 2 )η τ (A 1 ))

− l 1 ( H ξ τ η τ + h n, Dξτ i η τ + h n, Dητ i ξ τ ) +α i H (A i )(ξ τ η n + ξ n η τ )(A i )

+˜ α i H (A i )ξ τ (A i )η τ (A i ) + L 2 (ξ n , η τ (A 1 ), η τ (A 2 )) + L 2 (η n , ξ τ (A 1 ), ξ τ (A 2 )).

(I.87)

Remarque I.6 . Si Ω 0 est une forme critique pour E i.e., E 0 (0) = 0 en Ω 0 , alors

l 1 ≡ 0 et α i = 0 i = 1, 2, ainsi l’expression de la dérivée du second ordre se simplifie et

(27)

26 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

devient :

E 00 (0)(ξ, η) = l 2 (ξ n , η n )

+β i ξ τ (A i )η τ (A i )

+β 12 (ξ τ (A 1 )η τ (A 2 ) + ξ τ (A 2 )η τ (A 1 )) +˜ α i H (A i )ξ τ (A i )η τ (A i )

+ L 2 (ξ n , η τ (A 1 ), η τ (A 2 )) + L 2 (η n , ξ τ (A 1 ), ξ τ (A 2 ))

Remarque I.7. Nous avons utilisé la relation spécifique à la dimension deux : h Dnτ, τ i = H , où H est la courbure moyenne de la courbe Σ 0 . Cette égalité permet de faire le lien entre (I.87) et la formule dans le cas général (I.6).

5.. Perturbations normale et tangentielle Pour tout l ∈ , 1 ≤ l ≤ k, on pose

G k−l (Σ, Σ) :=

g ∈ C k−l (Σ, 2 ); g(Σ) ⊂ Σ (I.88) On note Φ(θ) et H(θ) les perturbations normale et tangentielle, respectivement, sur la surface Σ. Contrairement au cas général, il n’est pas nécessaire d’introduire les fonctions φ n (θ) et φ ν (θ) et h(θ) définies en (I.10). On utilise le théorème des fonctions implicites pour obtenir le lemme suivant, qui sera utilisé pour la preuve du théorème de structure.

Lemme I.8. On suppose que Σ est une variété de classe C k . Pour tout 1 ≤ l ≤ k, il existe un voisinage ouvert U k de 0 dans Θ k et un unique vecteur (H, Φ) de fonctions C l :

(H, Φ) : U k → G k−l (Σ, Σ) × C k−l (Σ, ) (I.89) telles que (H, Φ)(0) = (I, 0) et pour tout θ ∈ U k

I + θ = (I + Φ(θ)n) ◦ H(θ) sur Σ 0 (I.90) De plus, pour tout ξ, η ∈ Θ k on a pour l ≥ 1 :

H 0 (0)(ξ) = ξ τ τ, (I.91)

Φ 0 (0)(ξ) = ξ n , (I.92)

et pour l ≥ 2 les dérivées secondes sont données par

H 00 (0)(ξ, η) = −H [(ξ τ η n + ξ n η τ )τ + ξ τ η τ n] (I.93) Φ 00 (0)(ξ, η) = −H ξ τ η τ − h n, Dξτ i η τ − h n, Dητ i ξ τ (I.94) Remarque I.9. Les formules (I.94) et (I.93) dans le cas de la dimension deux sont identiques aux formules (I.16) et (I.17) dans le cas général, certaines simplifications ayant pu être faites en dimension deux, en utilisant notamment la formule h Dnτ, τ i = H .

Preuve du lemme I.8. La décomposition (I.90) est obtenue de manière identique à (I.9) dans le cas général, c’est à dire en utilisant le théorème des fonctions implicites.

Par conséquent la preuve n’est pas répétée ici.

Comme Σ 0 est de classe C k , il existe ζ ∈ C k ( 2 , ) tel que ∇ ζ(x) 6 = 0, ∀ x ∈ Σ 0 , ainsi qu’un voisinage ouvert ω 0 de Σ 0 dans 2 tel que

Σ 0 = { x ∈ ω 0 | ζ(x) = 0 } .

(28)

5.. PERTURBATIONS NORMALE ET TANGENTIELLE 27

La fonction distance orientée ζ(x) = min y∈L 0 | y − x | , voir [18] pour une étude approfon- die, vérifie ces hypothèses. La fonction ζ peut être utilisée pour définir le vecteur normal n à Σ 0 ,

∀ x ∈ Σ 0 , n(x) = ∇ ζ(x)/ |∇ ζ(x) | . On en déduit deux équations pour les applications Φ et H,

I + θ = (I + Φ(θ)n) ◦ H(θ), (I.95)

ζ(H(θ)) = 0 . (I.96)

Quitte à réduire U k , on peut supposer que H(θ) prend ses valeurs dans ω 0 . Dès lors, l’équation (I.96) implique que H(θ)(Σ 0 ) ⊂ Σ 0 . En dérivant (I.95) et (I.96) par rapport à θ au voisinage de 0, il s’ensuit que pour tout ξ ∈ Θ k :

ξ = H 0 (θ)(ξ) + D(Φ(θ)n) ◦ H(θ)H 0 (θ)(ξ) + (Φ 0 (θ)(ξ)n) ◦ H(θ), (I.97)

0 = Dζ(H(θ))H 0 (θ)(ξ). (I.98)

En particulier, pour θ = 0, en tenant compte de H(0) = I, on a

ξ − H 0 (0)(ξ) + Φ 0 (0)(ξ)n = 0, (I.99)

DζH 0 (0)(ξ) = 0 . (I.100)

Comme n = ∇ ζ/ |∇ ζ | , en multipliant (I.99) par n et en utilisant (I.100) on obtient Φ 0 (0)(ξ) = ξ n , H 0 (0)(ξ) = ξ τ τ. (I.101) Maintenant, pour obtenir la dérivée seconde par rapport au domaine, on dérive (I.97) et (I.98) en θ = 0. En utilisant (I.101), on en déduit le système d’équations suivant, pour tout ξ, η ∈ Θ k ,

0 = H 00 (0)(ξ, η) + D(η n n)ξ τ τ + Φ 00 (0)(ξ, η)n + D(ξ n n)η τ τ, (I.102) 0 = D 2 ζ(ξ τ τ, η τ τ ) + h|∇ ζ | n, H 00 (0)(ξ, η) i . (I.103) La valeur de D 2 ζ(ξ τ τ, η τ τ ) peut être obtenue en dérivant Dζh =< |∇ ζ | n.h >. Le calcul nous mène à

D 2 ζ(ξ τ τ, η τ τ ) = |∇ ζ |h Dnτ, τ i η τ ξ τ = |∇ ζ |H η τ ξ τ . (I.104) Ainsi, grâce à (I.103)

h H 00 (0)(ξ, η), n i = −H η τ ξ τ . (I.105) De même à l’aide de (I.102) :

h H 00 (0)(ξ, η), τ i = − ξ τ h D(η n n)τ, τ i − η τ h D(ξ n n)τ, τ i

= − η n ξ τ h Dnτ, τ i − ξ n η τ h Dnτ, τ i

= −H (η n ξ τ + ξ n η τ ).

(I.106) L’égalité h D(η n n)τ, τ i = η n h Dnτ, τ i est confirmée par

D(η n n) = η n Dn + n ⊗ ∇ η n . En tenant compte de h n, τ i = 0, il s’ensuit que

h (n ⊗ ∇ η n )τ, τ i = X 2

i,j=1

n i τ i ( ∇ η n ) j τ j = 0.

(29)

28 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

Finalement on doit calculer Φ 00 (0)(ξ, η) afin de vérifier que le résultat coincide avec (I.94).

On utilise le calcul suivant :

h D(ξ n n)η τ τ, n i = h Dnη τ τ, n i ξ n η τ + h (n ⊗ ∇ ξ n )τ, n i η τ

= h∇ ξ n , τ i η τ

= h Dξτ, n i η τ + h Dnτ, ξ i η τ

= h Dξτ, n i η τ + h Dnτ, τ i ξ τ η τ

et en injectant h D(ξ n n)η τ τ, n i = h Dξτ, n i η τ + h Dnτ, τ i ξ τ η τ dans (I.102) on obtient (I.94).

On a donc terminé la preuve du lemme I.8.

6.. Preuve du Théorème de structure en dimension deux Tout d’abord on introduit la fonction K de D k dans Σ × Σ :

K (θ) =

H(θ)(A 1 ) H(θ)(A 2 )

. (I.107)

La fonction K(θ) joue un rôle équivalent en deux dimensions à la décomposition (I.10) dans le cas général. Notre objectif est de prouver que pour θ suffisament proche de 0 dans D k , il existe une fonction F telle que

E(θ) = F (Φ(θ), K(θ)) (I.108)

où les fonctions Φ et K sont définies respectivement en (I.90) et (I.107).

Lemme I.10. Soit h 1,ε et h 2,ε deux fonctions de C k (Σ, Σ) munies de la norme usuelle k . k k . Ces fonctions sont proches de l’identité au sens suivant :

k h 1,ε − I k k , k h 2,ε − I k k −→ 0, ε → 0. (I.109) On a alors le résultat suivant :

∃ ε 0 , ∀ ε ≤ ε 0 , h 1,ε (Σ) = h 2,ε (Σ) = Σ et h 1,ε (γ) = h 2,ε (γ) = ⇒ h 1,ε (S) = h 2,ε (S) (I.110) La démonstration de ce lemme est identique à celle du lemme I.4. On peut mainte- nant terminer la démonstration du théorème de structure en dimension deux.

On applique le lemme I.8 avec k remplacé par k + 1 et l = 1. On obtient l’existence d’un voisinage ouvert U k+1 ⊂ Θ k+1 de 0, et d’un vecteur (H, Φ) de fonctions C 1 :

(H, Φ) : U k → G k−l (Σ, Σ) × C k−l (Σ, ). (I.111) Quitte à restreindre U k+1 , on peut supposer que H(θ) est bijectif de Σ dans Σ pour tout θ ∈ U k+1 .

Soit v une extension continue :

v : Σ × Σ → C k (Σ, Σ), qui vérifie de plus

∀ ε > 0, ∃ δ > 0, ∀ (B 1 , B 2 ) ∈ Σ × Σ,

k (B 1 , B 2 ) − (A 1 , A 2 ) k ≤ δ = ⇒ k v(B 1 , B 2 ) − I k C k (Σ,Σ) ≤ ε,

(30)

6.. PREUVE DU THÉORÈME DE STRUCTURE EN DIMENSION DEUX 29

où I désigne la fonction identité de C k (Σ, Σ). Une telle extension existe, on peut en donner une construction explicite comme suit. La courbe Σ peut être parametrée par un difféomorphisme ϕ de classe C k vérifiant

ϕ([0, 1]) = Σ, (I.112)

ϕ(0) = φ(1), (I.113)

(I.114) et on pose

a 1 := ϕ(A 1 ), (I.115)

a 2 := ϕ(A 2 ). (I.116)

(I.117) On peut toujours supposer, quitte à changer la paramétrisation, que 0 < a 1 < a 2 < 1.

on construit maintenant une fonction v ˜ vérifiant

˜

v : [0, 1] 2 → C ([0, 1] 2 ) (b 1 , b 2 ) 7→ v ˜ b 1 ,b 2

(I.118) et

k v ˜ b 1 ,b 2 − I k C ([0,1] 2 ) ≤ 2 max( | b 1 − a 1 | , | b 2 − a 2 | ). (I.119) En effet soit f la fonction affine par morceaux définie par

f (x) = b 1

a 1

x sur [0, a 1 ] f (x) = b 2

x − a 1 a 2 − a 1

+ b 1 sur [a 1 , a 2 ] f (x) = x − a 2

1 − a 2

+ b 2 sur [a 2 , 1]

Comme C ([0, 1]) est dense dans C 0 ([0, 1]), et que k f − I k ≤ max( | b 1 − a 1 | , | b 2 − a 2 | ), il existe une fonction ˜ v vérifiant (I.118) et (I.119). En posant ensuite

v := ˜ v ◦ ϕ −1 ,

on a trouvé l’extension recherchée. La fonction v(K(θ)) ∈ C k (Σ, Σ) peut s’écrire v(K(θ)) = I + w(K(θ))

où w est une fonction de Σ × Σ dans C k (Σ, Σ).

En appliquant le lemme I.10, ce qui est possible grâce à (I.119), on obtient l’impli- cation suivante

H(θ)(γ) = K(θ)(γ) = ⇒ H(θ)(S) = I + w(K(θ))(S) Maintenant soit u une extension continue :

u : C k (Σ, 2 ) → C k ( 2 , 2 ).

(31)

30 I. STRUCTURE DES DÉRIVÉES DE FORME DANS DES DOMAINES FISSURÉS

En utilisant (I.90) on obtient

(I + θ)(S) = [I + Φ(θ)n] ◦ [I + w(K(θ))] (S)

= [I + w(K(θ)) + Φ((θ)n) ◦ (I + w(K(θ))] (S)

= [I + u [w(K(θ)) + Φ((θ)n) ◦ (I + w(K(θ))]] (S) (I.120) Comme Ω θ est défini par U \ S θ , on obtient clairement de (I.120) que

E(θ) = E(u [w(K(θ)) + Φ((θ)n) ◦ (I + w(K(θ)))]) := F (Φ(θ), K(θ)),

qui fournit (I.108). On différentie maintenant (I.108) en θ = 0 dans la direction ξ ∈ θ k+1 . En utilisant le lemme I.8 et la loi de dérivation d’une fonction composée, on obtient

E 0 (0)(ξ) = F Φ0 (0)(ξ)) + F K (K 0 (0)(ξ)), (I.121) où F Φ est la dérivée de F par rapport à Φ. Comme Θ k+1 est dense dans Θ k et F Φ , et F K sont des formes linéaires continues, on obtient (I.86) avec l 1 = F Φ et

F K =

α 1 h ., τ i + ˜ α 1 h ., n i α 2 h ., τ i + ˜ α 2 h ., n i

. (I.122)

Pour la preuve de la deuxième partie du théorème I.5, on applique le lemme I.8 avec k remplacé par k + 2 et l = 2. On obtient alors (I.87) de la même manière qu’on a obtenu (I.86).

E 00 (0)(ξ, η) = F ΦΦ (0)(Φ 0 (0)(ξ), Φ 0 (0)(η)) + F Φ (0)(Φ 00 (0)(ξ, η))

+F ΦK (0)(Φ 0 (0)(ξ), K 0 (0)(η)) + F ΦK (0)(Φ 0 (0)(η), K 0 (0)(ξ)) (I.123) +F KK (0)(K 0 (0)(ξ), K 0 (0)(η)) + F K (0)(K 00 (0)(ξ, η))

Par densité de Θ k+2 dans Θ k+1 , et par la continuité des formes linéaires dans cette formule, l 2 et L 2 dans la formule (I.87) sont donnés par l 2 = F ΦΦ (0) et L 2 = F ΦK (0). En ce qui concerne F KK (0), on fait la remarque suivante : on peut écrire la fonction K(θ) de la façon suivante

K(θ) =

K 1 (θ) K 2 (θ)

. (I.124)

on peut alors écrire

F KK (0)(K 0 (0)(ξ), K 0 (0)(η)) = F K 1 K 1 (0)(K 1 0 (0)(ξ), K 1 0 (0)(η)) +F K 2 K 2 (0)(K 2 0 (0)(ξ), K 2 0 (0)(η)) +F K 2 K 1 (0)(K 2 0 (0)(ξ), K 1 0 (0)(η)) +F K 1 K 2 (0)(K 1 0 (0)(ξ), K 2 0 (0)(η)).

Et les fonctions F K 1 K 1 (0), F K 2 K 2 (0), F K 2 K 1 (0) et F K 1 K 2 (0) s’identifient chacune à une matrice carrée d’ordre deux. Avec la notation suivante pour i = 1, 2

F K i K i (0) =

β i δ i

λ i µ i

, (I.125)

F K 1 K 2 (0) = F K 2 K 1 (0) = 1 2

β 12 δ 12

λ 12 µ 12

, (I.126)

on trouve bien la formule (I.87). La preuve est donc terminée.

(32)

CHAPITRE II

Exemples d’application du théorème de structure

31

(33)
(34)

Exemples d’application du théorème de structure

On applique le théorème de structure aux fonctionnelles d’énergie pour des équa- tions elliptiques linéaires et non-linéaires en dimension deux. On considère trois cas : les conditions de Neumann et de Dirichlet sur les faces de la fissure et les conditions unilatérales entre les faces. Dans le dernier cas la fonctionnelle d’énergie est deux fois différentiable par rapport au domaine, cependant, seule la dérivée du premier ordre est Fréchet.

Le cas de l’élasticité peut être traité exactement de la même manière, c’est-à-dire que si on connaît les singularités aux extrémités de la fissure, on peut calculer explicitement les coefficients apparaissant dans le théorème de structure. Dans le cas de l’élasticité linéaire, ces singularités sont connues. Pour simplifier, on préfére considérer ici le cas scalaire.

1.. Conditions de Neumann sur la fissure

1.1.. Différentiabilité au sens de Fréchet. Dans le premier exemple on calcule la dérivée seconde de la fonctionnelle d’énergie associée à une équation elliptique dans un domaine fissuré, et on prouve que la fonctionnelle est dérivable deux fois au sens de Fréchet. On utilise les résultats établis dans [ 22 ], où la différentiabilité au sens de Fréchet du premier ordre de la fonctionnelle d’énergie est prouvée.

On choisit Ω comme dans le paragraphe 4. du chapitre I. Autrement dit soit D ∈ O k+2 , on note Σ = ∂D. Soient A 1 et A 2 deux points distincts de Σ, on définit γ = { A 1 , A 2 } . Alors Σ \ γ a deux composantes connexes S et S 0 , et on définit Ω = U \ S comme le domaine fissuré, U étant un ouvert régulier contenant strictement D. On note Γ = ∂U . Soit également f ∈ C ( 2 ), u est la solution de

 

− ∆u = f dans Ω, u = 0 sur Γ,

∂u/∂n = 0 sur S ± .

(II.1) La formulation variationnelle de (II.1) est donnée par

u ∈ H Γ 1 (Ω) : Z

Ω h∇ u, ∇ w i dx = Z

f w dx ∀ w ∈ H Γ 1 (Ω) , (II.2) où H Γ 1 (Ω) = { v ∈ H 1 (Ω) | v = 0 sur Γ } .

Soit ξ un champ de vecteurs dans Θ k . Pour simplifier, sa norme dans Θ k est notée

| ξ | = k ξ k C k ( 2 , 2 ) . On considère les transformations F ξ = I + ξ et on note Ω ξ = F ξ (Ω).

Pour | ξ | suffisament petit, F ξ est un difféomorphisme. Par conséquent, il existe une unique solution u ξ ∈ H Γ 1 (Ω ξ ) à l’équation variationnelle

Z

Ω ξ

h∇ u ξ , ∇ v i dx = Z

Ω ξ

f v dx ∀ v ∈ H Γ 1 (Ω ξ ). (II.3)

33

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