HAL Id: tel-00011786
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quantique
Benoît Grémaud
To cite this version:
Benoît Grémaud. Problème coulombien à trois corps en mécanique quantique. Physique Atomique [physics.atom-ph]. Université Pierre et Marie Curie - Paris VI, 1997. Français. �tel-00011786�
APIS 6
KASTLER
BROSSEL
Thèse
dedoctorat
del’Université
Paris 6
Spécialité :
Physique Quantique
présentée
parBenoît Grémaud
Pour
obtenir
legrade
deDOCTEUR
del’UNIVERSITE PARIS 6
Sujet :
Problème Coulombien à
Trois
Corps
en
Mécanique Quantique
Soutenue le 2
juillet
1997 devant lejury composé
de :Mme M. AYMAR rapporteur
M. D. DELANDE directeur de thèse
M. P. GASPARD rapporteur Mme A. SUZOR-WEINER Présidente
M. A. HUETZ
Je remercie les directeurs du Laboratoire Kastler
Brossel,
Jacques
Dupont-Roc et Michèle Leduc de
m’y
avoiraccueilli,
mepermettant
ainsi de menerà bien ce travail de thèse.
Je remercie Mireille
Aymar,
AnnickSuzor-Weiner,
Jean-PaulPique
et Alain Huetz d’avoiraccepté
defaire
partie
dujury
de thèse et d’avoir consacréune
partie
de leurtemps
à lire ce mémoire et pour lessuggestions qu’ils
ont pufaire.
Je remercie vivement Pierre
Gaspard
de m’avoir accueillipendant
deuxannées dans son
équipe
à l’Université Libre de Bruxelles et pour m’avoirini-tié au monde des théories
semi-classiques.
J’ai puapprécier
laqualité
de sesapproches
deproblèmes complexes: garder
unerigueur
mathématique,
tout enfaisant
ressortir clairement le contenuphysique
desexpressions. J’espère
que ces deux années seront le début d’une collaboration étroite entre les deux
laboratoires.
J’ai eu la chance
d’effectuer
ce travail de thèse sous la direction deDo-minique
Delande. Il a été un excellent directeur dethèse,
sachant mediriger
par des conseils
précis
etclairs,
tout en me laissant unegrande
liberté dans mon travail de recherche. Sadisponibilité
et sagentillesse
ontpermis
à cesannées de thèse de se dérouler dans une
atmosphère agréable
et motivante.Au-delà, il
a su me donnerl’exemple
d’unphysicien
dominant de nombreuxdomaines de la
physique
etayant
le soucipermanent
de concilier théorie etexpérience.
Son habileté à extraire les idéesphysiques
deproblèmes
extrême-mentcompliqués
m’a souventimpressionné
et a été pour moi une motivationsupplémentaire.
Pour tout celaje
tiens à le remercier.Je voudrais
également
remercier Andreas et Kuba pour avoirpartagé
leslongues
journées
passées
devant des ordinateursrécalcitrants,
incapables
decomprendre
ce que l’on leur demandait defaire,
restant même insensibles auxpires
invectives extraites des culturesallemandes, polonaises et françaises.
De nombreuses personnes ont contribué indirectement à cetravail,
enm’en
éloignant.
Je remercie Olivier etLaurent,
rencontrés àBruxelles,
qui
m’ont
fait
connaître etpartager
une culture que l’onpourrait
croireidentique,
mais
qui
s’est révéléedifférente
et enrichissante.Sudhir a eu une
influence importante
lors de ces deux annéespassées
à Bruxelles. Toutes nos discussions ont enrichi non seulement ma culture en
physique,
mais surtout mes connaissances sur l’Inde(ce
qui
m’a aussifait faire
desprogrès
enanglais,
mais dont malheureusement leseffets
s’es-tompent
depuis
sondépart).
Je remercie aussi mes amis du
rugby, plus fidèles
aux entrainements quede mon retour sur les
pelouses
(du
moins cequ’il
enreste),
non pas pourévacuer un
trop
plein
d’agressivité,
mais bel et bien pour leplaisir
dujeu.
Mes
parents
ont aussi leurpart
dans cetravail,
même s’ilfaut
remonterquelques
années en arrière. Leurpatience
pour tenterd’éduquer
et defaire
travailler un
gamin
insupportable
et paresseux estfinalement récompensée
(peut-être
pas pourl’éducation...)
Enfin,
par dessustout,
je
tiens à remercier mafemme, Sandra, grâce
àqui
ce travail a pu être cequ’il
est. Elle asupporté
patiemment
mes sautesd’humeur,
elle a su me soutenir etm’encourager
dans mes moments de doute.Elle,
mieux quequiconque,
m’aapporté l’équilibre indispensable
à ce travail1.
INTRODUCTION
De tous les
systèmes quantiques
dont ladynamique classique
n’est pasintégrable
(et
donc éventuellementchaotique),
leproblème
coulombien à trois corps est sûrement leplus
célèbre. Toutphysicien
a au moins une fois entenduparler
des travaux menés sur cesujet
par H. Poincaré auXIX
ème
siècle[1]
etégalement
del’impossibilité
de laquantification
de l’état fondamental l’atome d’hélium par lestechniques développées
par lespionniers
de lamécanique
quantique
au début du siècle[2].
D’unpoint
de vuethéorique
ceproblème
est resté très
longtemps
ouvert et ce n’est que très récemmentqu’il
a étérésolu,
par D.Wintgen
et ses collaborateurs de l’université deFreiburg
[3].
Leurs travaux sont l’aboutissement de ceux initiés dans les années 70 et dans
le cadre
plus
général
du chaosquantique
par M.C.Gutzwiller,
qui
lepremier
a mis en évidence les liens entre la
dynamique
classique
et ladynamique
quantique
dans le cadre desystèmes chaotiques
[4].
S’il a fallu attendre les 15 dernières années pour voir évoluer notablem-ment la
compréhension
duproblème
coulombien à trois corps sur unplan
théorique,
il n’en est pas de même sur leplan expérimental, qui
n’ajamais
cessé de connaître une activité intense :
depuis
lespremières
observations desections efficaces de
photo-ionisation
de l’atome d’hélium par R.P. Maddenet K.
Codling
dans les années 60[5]
jusqu’aux
très récentes observations faites parl’équipe
de G. Kaindl et M. Domke[6,7] (Berlin)
également
surdes sections efficaces. On
peut
également
citer les observations faites parl’équipe
de A. Huetz[8-10]
sur des sections efficaces différentielles de doublephoto-ionisation,
explorant
ainsi unerégion
différente duspectre
[8-10].
Denombreux autres
systèmes
ontégalement
été étudiés comme, parexemple,
l’ionhydrogène
négatif
(H
-
)
[11]
ou bien des atomesplus
lourdspossédant
un coeurélectronique
(Be,
Mg,
Ba...),
pourlesquels
certains effetsspécifiques
comme lecouplage
spin-orbite
deviennentimportants
(voir
la référence[12]
pour une revue
complète
despropriétés
de cesatomes).
Il est bien clair que le
problème
coulombien à trois corps ne se résumepas aux atomes à deux
électrons,
maispeut
aussi se retrouver enphysique
moléculaire avec l’ion
hydrogène
moléculaireH
+
2
ou même dans descomposés
plus
étranges
comme unassemblage
de deuxprotons
et d’unanti-proton
[13].
sys-tèmes
quantiques
dont ladynamique classique
estchaotique,
c’est surtout àl’étude des atomes à deux électrons dont l’atome d’hélium est le
prototype
que nous allons nous consacrer. Plusparticulièrement,
les états intéressantssont ceux pour
lesquels
les deux électrons sont très excités et avec desde-grés
d’excitationcomparables,
de telle sorte que les effets de larépulsion
coulombienne soient
importants,
engendrant
unedynamique chaotique.
Si cetravail de thèse a pu être
accompli
au Laboratoire KastlerBrossel,
c’est parcequ’il
s’est inscrit en continuité des travaux de recherche effectués au sein dugroupe
"Dynamique
desSystèmes Complexes"
dirigé
par D. Delande. L’ac-tivité du groupe est centrée sur l’étude desystèmes
atomiques
simples
dontla
dynamique classique
estchaotique.
Avant le début de cetravail,
les deuxsystèmes
étudiés étaient l’atomed’hydrogène
soit enchamp
magnétique
soit enchamp électrique
micro-onde : onprend
unsystème intégrable,
l’atomed’hydrogène,
et on leperturbe
fortement pour obtenir du chaos. L’atomed’hydrogène
enchamp magnétique, après
avoir tenucompte
de l’invariancepar rotation autour du l’axe défini par le
champ, possède
deuxdegrés
deli-berté,
le minimum pour observer unedynamique chaotique
dans unsystème
indépendant
dutemps.
L’atomed’hydrogène
enchamp
micro-onde atoujours
deux
degrés
deliberté,
mais ladépendance temporelle
ajoute
une dimensionsupplémentaire.
Pour continuer dans le sens d’unecomplexité
deplus
enplus
grande
et donc d’unedynamique
deplus
enplus riche,
une despossibilités
est de
perturber
l’atomed’hydrogène
par laprésence
d’un deuxièmeélec-tron,
cequi
mène donc naturellement auproblème
coulombien à trois corps.La
dynamique classique
est alorsbeaucoup plus
riche,
notamment du fait de la dimension del’espace
desphases
(6
degrés
de liberté apriori),
maisaussi parce
qu’elle
n’estjamais
entièrementchaotique.
Cettecomplexité
est lacontrepartie
del’exigence
de travailler sur unsystème réel,
au contrairede
beaucoup
d’études du chaosquantique.
Cettecomplexité
se retrouve biensûr dans la
dynamique quantique,
aussi bien dans la résolutionnumérique
du
problème
que dansl’interprétation
des résultats(et
même de leur présen-tation : la fonction d’ondedépend
des 6degrés
deliberté).
Ce mémoire de thèse expose de nombreuxaspects
de cettecomplexité,
d’unepart
dans larésolution et d’autre
part
dans les effets dus au chaos.Dans le
premier chapitre,
nous faisons tout d’abord desrappels
sur lespropriétés
générales
des atomes à deux électrons. L’accent est mis surl’im-possibilité
apriori
de trouver des bons nombresquantiques
du fait de lanon-intégrabilité
de ladynamique
classique. Néanmoins,
il estpossible
pardes considérations de théorie des groupes et dans le cadre
d’approximations
raisonnables d’exhiber des
systèmes
de classificationpermettant
un accordqualitatif
avec les observationsexpérimentales
[14].
Finalement,
onévoquera
très certainement d’une
pierre
blanche les avancées dans ceproblème.
Pour
pouvoir
analyser
les effets du chaos dans leproblème
à trois corps, il est nécessaire de résoudre de manière exacte ladynamique
quantique.
Ilfaut
incorporer
tous lesdegrés
de liberté et traiter de manière exacte les interactions coulombiennes. Une difficultésupplémentaire
s’introduit du faitdu caractère auto-ionisant des états doublement excités de l’atome d’hélium.
Enfin,
nous ne tenons pascompte
des effetsd’électrodynamique
quantique,
ni des effets
relativistes,
notre centre d’intéret étant l’étude du chaos. Ilspourront
éventuellement être traitésperturbativement
àpartir
de nos calculsexacts. Le deuxième
chapitre
est donc entièrement consacré aux différentesméthodes que nous avons combinées pour la résolution
numérique
dupro-blème
quantique.
Cestechniques
sonttoujours
expliquées
dans un cadre leplus
général
possible, puis
leurapplication
auproblème
à trois corps estpré-sentée en détail. Ces méthodes
s’inspirent
de cellesemployées
par le groupede D.
Wintgen
(Freiburg),
mais tout cequi
estprésenté
dans cechapitre
aété entièrement
développé
au cours de ce travail de thèse. Ceci estjustifié
afortiori par la
complexité
des programmes obtenus. Eneffet,
il est presqueimpossible
depouvoir
les utiliserparfaitement
sans les avoir écritssoi-même,
notammment pour en connaître les limitations. Celles-ci sont discutées à la
fin de ce
chapitre.
Le troisième
chapitre
s’inscrit en continuité avec leprécédent puisqu’il
met en valeur la
précision
de noscalculs,
en lescomparant
avec desrésul-tats
expérimentaux
obtenus très récemment.Ainsi,
les sections efficaces dephoto-ionisation
dans l’atome d’hélium et l’ionhydrogène négatif
que l’on apu calculer
reproduisent
parfaitement
les courbesexpérimentales.
Dans le casde
l’hélium,
nous montrons ainsi que lesexpériences
actuelles sont à la limited’atteindre un
régime
fortementchaotique
où descomportements
différentsde ceux observés
jusqu’à présent
sont attendus. Nous montrons aussi que les programmesdéveloppés
permettent
de résoudre dessystèmes
très différentscomme la molécule
H
+
2
,
mettant en évidence les effets des termeshabituelle-ment
négligés
dans le cadre del’approximation Born-Oppenheimer.
Enoutre,
nous
expliquons
comment nous pouvons tenircompte
des correctionsrelati-vistes
d’électrodynamique
quantique
et de structurefine,
cequi permettrait
à terme de donner une base
théorique
pour desexpériences
demétrologie
(mesure
durapport
masseélectron/masse
duproton).
Le dernier
chapitre, qui
est la motivation initiale de ce travail dethèse,
est consacré aux effets du chaos dans les atomes à deux électrons. Une
rapide
introduction est faite concernant les
propriétés
de ladynamique classique
chaotique
et les liensqui
peuvent
exister avec lamécanique quantique.
Puisdans une
première
partie
on montre comment onpeut
retrouver lespropriétés
c’est la "scaled
spectroscopy"
(spectroscopie d’échelle).
Dans une deuxièmepartie,
nous nous intéressons à ladynamique
desniveaux,
c’est-à-dire auxvariations des
énergies
propres dusystème
en fonction d’unparamètre
mesu-rant la force relative du
couplage inter-électronique.
On montrenotamment,
commentaprès
demultiples
croisements ou anti-croisements avec d’autresniveaux,
les résonances lesplus
fines se construisent. Leparallèle
est faitavec la
mécanique classique,
mettant en valeur le rôle des orbitespériodiques
2.
LES
PROPRIÉTÉS
QUANTIQUES
Dans ce
chapitre,
nous décrivons l’évolution desapproches
duproblème
coulombien à trois corps en
mécanique quantique.
Sauf mentioncontraire,
toutes les commentaires sont fait par
rapport
à l’atome d’hélium. Engé-néral,
ces théoriess’appliquent
relativement bien aux autres atomes à deuxélectrons,
notamment H-. Enrevanche,
nous ne traiterons pas le cas de lamolécule
H
+
2
,
dont la structure estparfaitement
connue.2.1
Constantes
du
mouvement,
nombres
quantiques
exacts
Comme il l’a été
déjà
mentionné dansl’introduction,
l’atome d’hélium aété un des
premiers
échecs de laquantification
à la Bohr. C’est Einstein[15],
en
1917,
qui
a montré que cesrègles
dequantification
nécessitaient laprésence
de tores invariants dans
l’espace
desphases,
c’est-à-dire que lesystème
devaitposséder
autant de constantes du mouvementindépendantes qu’il
y avait dedegrés
de liberté.Or,
à la fin duXIX
ème
siècle,
Poincaré avaitdéjà
mis enévidence le charactère
chaotique
duproblème
à trois corps et a finalementconclu
qu’il
n’existait pas de constante du mouvement autre que le momentangulaire
etl’énergie
totale.Ainsi,
laquantification
à la Bohr de l’atome d’hélium s’avéraitimpossible.
Or,
enmécanique quantique,
la classification des états d’unsystème
estrelié à la
diagonalisation
simultanéed’opérateurs représentant
desgrandeurs
physiques
conservées. Ainsi les trois nombresquantiques
(n, l,
m)
de l’atomed’hydrogène
sontrespectivement
reliés à ladiagonalisation
del’hamiltonien,
du momentangulaire
total et de saprojection
sur un axe fixe. Dans le casde l’atome
d’hélium,
mis àpart
le momentangulaire
total etl’énergie,
l’ab-sence de
quantité
conservée rendimpossible
toute classification naturelle.Néanmoins,
en se basant sur des considérationsexpérimentales
etthéoriques,
Lorsqu’on néglige
les structures fines ethyperfines
(dans
le cas de l’atomed’hélium,
ledéplacements
des niveaux est auplus
de l’ordre de la fractionde
meV),
le momentangulaire
orbital total et saprojection
lelong
d’un axe fixe sont des bons nombresquantiques.
Laparité
est elle aussi un bonnombre
quantique.
L’identité entre les deux électrons nouspermet
deséparer
les états selon la
symétrie
(paire
ouimpaire)
de la fonction d’ondespatiale
lors de
l’échange
des deux électrons. Leprincipe
de Pauliimpose
alors à la fonction d’onde despin
des’adapter
enconséquence
afin que la fonctiond’onde totale soit
antisymétrique.
La notation habituellement utilisée est la suivante:où S =
(0,1)
est la valeur duspin
total(états
singulets,
étatstriplets),
03C0 =
(e, o)
est laparité
(paire, impaire)
et L =0, 1, 2, ...
est le momentangulaire
orbital total(états
S,
P,
D,...)
Ce sont donc les seuls nombresquantiques
exacts de l’atome d’hélium. Laprojection
du momentangulaire
total sur un axe fixe du laboratoire n’est pasprise
encompte
dans cettenotation,
car lesénergies
propres dusystème
n’endépendent rigoureusement
pas.
Enfin,
on notera que laparité
des états S est nécessairementpaire
(voir
chapitre
3).
2.2
Structure
schématique
du
spectre
La classification la
plus simple
des états de l’hélium est baseé surl’ap-proche
perturbative.
Les deux électrons sont considérés comme deuxparti-cules
indépendantes perturbées
par larépulsion
coulombienne.Chaque
élec-tron
possède
donc ses propres nombresquantiques
habituels(n, l, m)
et unétat de moment
angulaire
total est donné par lesrègles
d’addition de deuxmoments
cinétiques.
Un état s’écrit donc :les combinaisons ±
correspondent
respectivement
aux étatssingulets
ettri-plets.
Laparité
est alors(-1)
l
1
+l
2.
Implicitement, on
ne tient donc pascompte
des
couplages
avec les niveaux de nombresquantiques
ni etl
i
différents(tout
en restant à
L,
S, 03C0
fixés).
La notationqui
ressort de cetteapproche
est fina-lement :Cette classification nous
permet
de donner une allureschématique
duspectre
de l’hélium. Le zéro
d’énergie
est fixé comme étantl’énergie
de l’atomedou-blement ionisé
He
++
.
Lorsqu’on
luiajoute
unélectron,
on obtient l’ionHe
+
simplement
ionisé dont les niveaux forment une série deRydberg
convergeant
vers le seuil de double ionisation. A chacun de ces niveaux vient segreffer
d’autres séries de
Rydberg
qui correspondent
aux niveauxhydrogénoïdes
dudeuxième électron. On a donc cette structure d’une infinité de séries de
Ryd-berg,
dont les seuils de convergence forment eux-mêmes une série deRydberg
(voir
figure
2.1),
qui
elle converge vers la limite de double ionisation. Au-delàdu
quatrième
seuil desimple
ionisation,
lespremiers
niveaux d’une série semélangent
aux séries issues du seuilprécédent.
Il faut évidemment raffiner cette allure
grossière
en tenantcompte
de larépulsion
inter-électronique.
Unpremier
effet est de décalersystématique-ment les niveaux vers les
énergies
plus
élevées,
tout en levant la dégénéres-cence entre les niveaux de mêmes nombresquantiques principaux
n1 et n2. Le deuxième effet ne concerne que les séries au-delà dupremier
seuil,
pourlesquelles
les deux électrons sont dans des états excités. Tous les étatsde-viennent en fait des résonances. En
effet,
du fait de l’interaction entre lesdeux
électrons, chaque
état estcouplé
au(x)
continuum(continua)
issus duou des seuils
plus
bas enénergie.
Ces résonancescorrespondent
auphéno-mène
physique
d’auto-ionisation : un électron en tombant dans un niveauplus
bas,
cède suffisammentd’énergie
à l’autre électron pour luipermettre
de s’ioniser. Cephénomène
estimpossible
pour les états en dessous dupre-mier seuil d’ionisation et donc ces états restent des états
liés,
la série est discrète(voir
figure
2.1).
Ainsi,
les niveaux deHe
+
donnant les limitesd’ac-cumulation des différentes séries de
Rydberg
deviennent les seuils desimple
ionisation. Si l’ondésigne
par N le nombrequantique
principal
associé auxniveaux de
He
+
,
tous lesniveaux
contenus dans les seriesconvergeant
versce seuil seront de la forme
Nl
1
nl
2
,
avecn ~
N. La notation(2.3)
estparfois
modifiée et
présentée
sous la forme la suivante :avec
n ~
N. N est alorsappelé
nombrequantique principal
etcorrespond
à l’électron"interne", n correspondant
à l’électron externe. Onpeut
donnerquelques
ordres degrandeurs :
la différenced’énergie
entre le fondamental et le seuil de double ionisation est d’environ 79 eV. Lepremier
seuil desimple
FIG. 2.1 - Allure
schématique
duspectre
de l’atome d’hélium. Lesspectres
(a)
et(a’)
correspondent
au cas où iln’y
pas derépulsion
entreles deux
électrons,
tandis que(b)
et(b’)
correspondent
à He . Les échelles sont en unitésatomiques (1
u.a.=27.2eV).
Les deuxcolonnes de
gauches
donnent la totalité des deuxspectres,
cellesde droites la
partie
correspondant
aux états au-delà ducinquième
seuil de
simple-ionisation,
les seuils N =5, 6, 7, 8
sont visibles.On voit clairement les
différentes
séries deRydberg
s’accumulantvers le seuil de double ionisation. Dans le cas
intégrable
les sériessont
parfaitement régulières,
tandis que dans le cas de l’atomed’hélium,
non seulement les états ont été décalés vers lesplus
hautes
énergies,
mais la levée desdégénérescences
coulombiennesdonne lieu à un
spectre
irrégulier,
traduisant lanon-intégrabilité
ionisation est situé à 24.6 eV au-dessus de l’état fondamental. Le
premier
état auto-ionisant est à environ 60 eV au-dessus du fondamental. Ces écarts
d’énergie expliquent
les difficultésexpérimentales
pour faire des transitions à unphoton
vers les états doublementexcités,
car leslongueurs
d’onde sontde l’ordre de
grandeur
de 20nanomètres,
donc dans l’ultraviolet lointain.2.3
Premières observations
En 1963 R.P. Madden et K.
Codling
ont pu observer lespremiers
états auto-ionisants de l’atome d’héliumcorrespondant
à N = 2[5].
Cetteexpé-rience consistait à exciter le niveau fondamental de l’hélium
(1s
2
1
S
e
)
par unrayonnement
synchrotron
pour effectuer une transition à unphoton
vers desétats doublement excités du
type
2l
1
nl
2
1
P°.
Alors que l’on s’attend àobser-ver trois séries
convergeant
vers le seuil N = 2(i.e.
2snp,
2pns
et2pnd),
uneseule a pu être observée et a été
interprétée
par J.W.Cooper,
U. Fano et F.Prats
[16]
comme étant en fait unmélange
des deuxpremières
2snp
+2pns .
Ils ont en fait
proposé
une nouvelle classificationplus
élaborée pour lesétats de N = 2
(et
1
P°),
mélangeant
entre eux les différents(l
1
, l
2
)
possibles
mais
toujours
à(n)
fixé, plus précisement :
leur
interprétation
était la suivante : les états de la série(sp, 2n+)
sontsymé-triques
(en
l
1
etl
2
)
et de ce fait laprobabilité
de trouver les deux électronsà une même distance du noyau est bien
plus
élevée que pour les états de lasérie
(sp, 2n-).
La série(sp, 2n+) (resp. (sp, 2n-))
correspondrait
alors à unmouvement en
phase
(resp.
enopposition
dephase)
des deux électrons.De cette
classification,
ils ont pu déduireplusieurs conséquences.
Lesélec-trons
ayant
uneprobabilité plus
élevée de se trouver à courte distance l’un de l’autre pour les états de la série(sp, 2n+)
que pour ceux de la série(sp,
2n-),
la
répulsion
entre les deux électrons y est doncplus
forte en moyenne. Lesétats
(sp, 2n+)
sont à un niveaud’énergie
plus
élevée que les états(sp, 2n-).
De
plus,
le recouvrement des états(sp,
2n+)
avec le fondamental(pour
lequel
les deux électrons sont simultanément très
près
dunoyau)
est bienplus
im-portant
que pour les états(sp, 2n-).
De cefait,
laprobabilité
de transitionà un
photon
est favorisée vers les états(sp,
2n+),
cequi explique
les sectionsCette nouvelle classification est certes un pas
important
pourpouvoir
expliquer
lesexpériences
del’époque,
mais elle reste basée sur la théorie desperturbations,
négligeant
lemélange
entre les niveaux de différents n.Bref,
elle suppose
implicitement
unequasi-régularité
dusystème,
évidemment endésaccord avec la
dynamique chaotique
dusystème classique.
2.4
La
classification d’Herrick
2.4.1
Les
origines
Il faut attendre l’année 1975 pour
qu’une
nouvelle classification soitin-troduite. Elle fait suite à des
expériences
deplus
enplus précises, atteignant
des niveaux de
plus
enplus
excités pourlesquels
la classificationNl
1
nl
2
estcomplètement inadaptée.
Demême,
la classification de Fano estincapable
deprédire
defaçon précise
les différences dans lesprobabilités
de transi-tions observées. Cette nouvelle classification estproposée
par O.Sinanoglu
et D.R. Herrick
[17]
et a étéplusieurs
fois améliorée et reconsidérée dans uncadre
plus
général
[14,18-21].
Elle trouve sesorigines
dans lespremières
mé-thodes de calculs
quantiques
nonperturbatives développées
dans ces années.Les outils
informatiques disponibles
à cetteépoque
rendaient néanmoins né-cessaires certainesapproximations.
Laplus
fructueuse etqui
a conduit cettenouvelle classification est de ne pas considérer les
mélanges
entre les niveaux de Ndifférents,
c’est-à-direqu’on diagonalise
une sous-matrice danslaquelle
l’électron interne
appartient
à un niveaud’énergie
bien déterminéN,
tandisque les autres nombres
quantiques
n,l
1
etl
2
prennent
"toutes" les valeurspossibles
("toutes"
signifiant
dans la limite de la taille mémoiredisponible).
Or,
en unitésatomiques,
l’hamiltonien d’un atome héliumdïde(un
noyaude
charge
Z et deuxélectrons)
peut
se mettre sous la forme suivante(voir
chapitre
3 pour uneexplication plus
détaillée) :
avec 03BB =
1/Z.
Onpeut
séparer
H en troisparties,
pour tenircompte
deH
1
estdiagonal
et constant(= -1 2N
2
).
H
2
n’agit
que sur lapartie
radiale en r2 et ne
couple
pas les différentes valeurs del
1
etl
2
.
Lecouplage
important
vient donc del’opérateur
V,
dontl’expression
devientquand
r2 » r1 :le seul
couplage
à l’ordre1/r
2
2
entre
les différentes valeurs del
1
etl
2
provient
donc de
l’opérateur
 =203BBr
1
cos 03B8
12
+ l
2
2
.
Diagonaliser
cetopérateur
permet
d’obtenir un hamiltonien effectif ne
portant
plus
que sur la variable radiale r2
,
Chaque
valeurdiagonale
de Â
donnant unpotentiel
effectif différentcor-respondant
à une voie ouverte différente. Lapartie
de la fonction faisantintervenir les
cinq
degrés
de liberté autre que r2 estappelée
" channel state"(fonction
devoie).
C’est àpartir
de cette idéequ’Herrick
a pudévelopper
sanouvelle classification et la
replacer
dans le contexte du groupedynamique
de l’atome
d’hydrogène.
2.4.2
Le
groupe
de
symétrie
dynamique
SO(4)
de
l’hydrogène
On
peut
considérer ce groupe comme une extension naturelle du groupeSO(3)
desrotations,
qui
pour(n,l)
fixéspermet
dechanger
le nombrequan-tique magnéquan-tique
m. Dans le groupeSO(4),
seul n est fixé et tous les états(l, m)
sont considérés de manièreéquivalente.
Ce groupe est relié à la constantedu mouvement du
problème coulombien,
le vecteur deRunge-Lenz
[22,23] :
plus précisement,
le groupedynamique
est formé des deuxopérateurs
1 et b =En outre
l’opérateur
l
2
+b
2
est un invariant du groupe(opérateur
deCasimir)
et on a : l
2
+ b
2
= n
2
- 1.
On
peut
montrer enparticulier qu’à
l’intérieure de la couche n, on a leségalités
suivantes(Remplacement
de Pauli[24]) :
La
diagonalisation
deb
z
permet
donc,
parexemple,
un calcul direct del’ef-fet Stark linéaire. La relation entre la base
"sphérique"
(l
2
, l
z
diagonaux)
et la base Stark(l
z
,
b
z
diagonaux)
est la mêmequ’entre
lesbases
|j
1
j
2
JM)
et|j
1
m
1
> |j
2
m
2
>,
et est donnée par des coefficients deClebsch-Gordan
usuels[25,
26].
2.4.3
L’atome
d’hélium :
SO(4)
1
~
SO(4)
2
C’est
justement
l’effet Stark induit par l’électron externe sur l’électroninterne dont Herrick a voulu tenir
compte.
Pourcela,
il a construit unenou-velle base notée
|NnKTLM>,
àpartir
de la basesphérique
|Nl
1
, nl
2
LM),
soit :où
D
KTL03C0
Nl1,nl2
est uneexpression compliquée
faisant intervenir un coefficient9 -
j.
Dans
cette nouvellebase,
L
2
etL
z
sont bien évidemmentdiagonaux,
mais aussi
l’opérateur
B =b
2
-
b
1
.
Plusprécisemment,
pour
N,
n,L,
Mfixés,
on a:Dans le cas où n » N
(l’électron
externe est dans un état trèsexcité),
lesdeux
expressions
précédentes
conduisent auxégalités :
la dernière
égalité
a tenucompte
de la relationl
2
.r
2
= 0. Les nombresquan-tiques
T et Kreprésentent
donc dans cette limite laprojection
desopéra-teurs
SO(4)
1
l
1
etb
1
de l’électron interne lelong
de la direction donnée par l’électron externe. Lechangement
de base effectué au début duparagraphe
correspond
donc d’unepart
au passage dans le référentiel mobile lié àl’élec-tron
externe,
puis
d’autrepart
au passage dans la base Stark de l’électroninterne
(toujours
relativement à la direction donnée par l’électronexterne).
Le lien entre ces états et les fonctions de voie introduitesprécédemment
estmis en
valeur,
si l’on considère les deuxopérateurs
suivants :On reconnait
l’opérateur
Â
introduitplus haut,
mais réécrit en termed’opé-rateurs du groupe
SO(4)
1
.
a été construit de telle sortequ’il
commute avecL et
Â.
Ces deuxopérateurs
(Â
et)
n’agissent
pas sur lapartie
radiale r2 dela fonction d’onde. En ce sens, ils sont donc deux invariants dans
chaque
voie.Avec les nombres
quantiques
N,
L, M,
ils forment une classificationcomplète
de
chaque
fonction de voie("channel state").
Leurinterprétation
physique
apparaît
plus
clairementlorsque
l’on considère le cas N03BBgrand,
c’est-à-direle cas où les deux électrons sont très excités et fortement
couplés.
On a alors :Les
expressions
précédentes
secompliquent
dans le casgénéral.
Néanmoins,
en considérantl’opérateur cos 03B8
12
,
Herrick a pu déterminer desrègles
ap-proximatives
régissant
aussi bien l’auto-ionisation que laphoto-excitation
enpour n
grand.
Cette relationsignifie
pour les états K > 0 les deux électrons sontplutôt
depart
et d’autre du noyau, tandis que pour les états K <0 les deux électrons sont
plutôt
du même coté. Il s’ensuit queplus
K estgrand, plus
les deux électronspeuvent
s’approcher
simultanément du noyau(celui-ci
servantd’écran)
et ainsi le recouvrement avec les niveaux de Ninférieur est favorisé. Par
conséquent,
l’auto-ionisation est favorisée pour lesétats de
grande
valeur de K. Demême,
lors d’une transition à unphoton
du fondamental
(K
= T =0)
vers un état doublement excité(N,
n,K’,
T)
(
1
P°),
la force d’oscillateur sera maximale pour les K’ maximum.Finalement,
des deux valeurs de
T,
0 ou1,
ce sont les états T = 1qui
sont lesplus
favorisés
(pour
des raisons desymétrisation
entre les deuxélectrons)
et doncc’est la série K = N - 2
qui
sera laplus peuplée
dans lesexpériences
dephotoexcitation
[18].
2.5
Nouvelle
interprétation
des nombres
(K, T)
L’approche
théorique
précédente
est sans conteste une avancéeconsidé-rable dans la
compréhension
des atomes à deux électrons et sesprédictions
ontdepuis
étélargement
vérifiées. Ceciétant,
les considérationsthéoriques
impliquées
ne sont pas d’unelimpidité
totale. Ce n’est queplus
récemmentqu’elles
ont été finalementrepensées
dans un cadrelégèrement
différent,
ex-pliquant l’origine
des deux nombres K et T[27-30].
L’approche utilisée,
aussisurprenant
que celapuisse paraître,
est dutype
moléculaire : on considère quela distance entre les deux électrons est
adiabatiquement
découplée
des autresdegrés
de liberté. Lajustification
d’une telleapproximation
est donnée dansla référence
[31].
La distance entre les deux électrons étant fixée et en se
plaçant
dans leréférentiel lié à l’axe
passant
par les deuxélectrons,
on est ramené à résoudre leproblème
d’uneparticule
dans lechamp
coulombien créé par deuxcharges
fixes. Or ce
problème
estparfaitement séparable
en coordonnéeselliptiques
(03BB,
03BC,~) (voir
figure
2.2).
Les états propres se factorisent alors en unproduit
d’une fonction
de 03BB,
d’une fonctionde 03BC
et d’une fonctionde ~
(f(03BB)g(03BC)h(~))
et sontrepéés
par trois nombresquantiques
(n
03BB
,
n03BC,m),
représentant
en faitle nombre de noeuds de chacune des trois fonctions
f, g
et h. Lapropriété
FIG. 2.2 -
Systèmes
de coordonnéeselliptiques
(à
gauche)
etparaboliques
(à
droite).
Les coordonnéeselliptiques
apparaissent
naturelle-ment pour
séparer
leproblème
à deux centres(placés en -R/2
etR/2
sur l’axe des X. Lacoordonnée ~
du texte décrit alorsla rotation autour de cet axe. 03BC est
défini
par(r
1
-
r
2
)/R
et 03BB par(r
1
+r
2
)/R.
Lesystème
de coordonnéesparaboliques,
s’ob-tientschématiquement
enenvoyant
l’axe des Y à -~. Lesdemi-ellipses
03BB =Cste, 03BC
> 0 donnent lesparaboles
03C1
1 =
Cste,
tan-dis que les
hyperboles 03BC
= Cste setransforment
enparaboles
03C1
2 = Cste.
distance R entre les deux électrons varie.
Finalement,
outre ces trois nombresquantiques,
deux autres nombresquantiques proviennent
de ladépendance
angulaire
(factorisée
enpassant
dans le référentielmobile) : (L, M)
donnantles valeurs propres du moment
angulaire
total et de saprojection
sur un axe fixe du laboratoire. On montre aussi que m est la valeur propre de laprojection
du momentangulaire
total sur l’axepassant
par les deux électronsLa relation entre ces nombres
quantiques
et les nombresquantiques
in-troduits par Herrick est faite en considérant le cas où l’électron 2 est
placé
à l’infini. Dans ce cas, les coordonnées
elliptiques
se transforment encoor-données
paraboliques,
qui
sont les coordonnées naturelles pour calculer lesétats Stark de l’atome
d’hydrogène
(voir
figure
2.2).
m reste bien sûr un bonnombre
quantique.
La transformation entre ces deuxsystèmes
de coordonnéesest
schématiquement
faite enenvoyant
l’axe des y à -~.Ainsi,
la familled’hyperboles 03BC
=Cste se transforme en la famille deparaboles
03C11 =Cste et la famille dedemi-ellipses
03BB=Cste, 03BC
> 0 se transforme elle-aussi en uneest alors
égal
à n03BB, tandis que celui de la fonction en , 03C12 n2, vaut(n
03BC
-
1)/2
oun
03BC
/2
selon que l’axe(Oy)
est ou non un n0153ud de la fonctiong(03BC).
L’état|n
1
n
2
m>
est donc un étatStark, plus précisemment,
on a pour cet état :où N est le nombre
quantique principal.
Comme dans la limite r2 ~ ~ ladirection donnée par l’électron 2 est
pratiquement
confondue avec celle del’axe
passant
par les deux électrons et que dans cette limite là les nombres(K, T)
sontsimplement
laprojection
lelong
de cette direction desopérateurs
b
1
etl
1
,
on a alors naturellement:On a tenu
compte
du fait quel’opérateur
b de la formule(2.19)
estégal
à-b
1
.
Etainsi,
laséquence
de valeurs de Kpermises
parl’expression
(2.14),
est laengendrée
par laséquence
n2 - ni où n2 et n1prennent
toutes les valeurspermises
à N et|m|
fixés.On retrouve donc non seulement la classification mise en évidence par
Herrick,
maisaussi,
en considérantl’égalité
suivanteet utilisant la conservation des nombres
quantiques
(n
03BB
, n
03BC
, m)
lelong
d’unemême courbe moléculaire pour toutes les valeurs de
R,
on en a une nouvelleinterprétation qui
reste validequelque
soit ledegré
d’excitation de l’électronexterne. La classification donnée par
Feagin
etBriggs
a ainsi le mérite d’êtreplus
facile àinterpréter
[28].
2.6
Du
qualitatif
auquantitatif
Les
approches précédentes
ont certes été desétapes
importantes
dans lacompréhension
de l’atome d’hélium d’unpoint
de vuethéorique,
maistout en rendant
compte
apriori
des observationsexpérimentales,
l’accordà la lumière
d’expériences
deplus
enplus précises,
permettant
d’atteindredes niveaux de
plus
enplus excités,
enparticulier
dans le domained’énergie
où les recouvrements entre différentes séries sont
importants.
D’autrepart,
avec
l’émergence
des études dans le domaine du chaosquantique,
il devenaitnécessaire de
développer
desapproches
de calculsnumériques
tenantcompte
de manière exacte de l’interaction entre les deux électrons. Parmi toutes lesméthodes
employées,
onpeut
en citer troisprincipales
selon letype
deco-ordonnées utilisées :
hypersphériques,
Hylleraas
etpérimétriques.
Le derniertype
de coordonnées est celuiqui
a donné naissance à la méthode de calcul laplus
efficace et c’est celle que nous utiliserons par la suite. Elle est entièrement décrite dans lechapitre
3. Dans cettepartie
duchapitre,
nous décrirons doncles deux
premières
en faisant ressortir leurs faiblessesqui
nous ont conduit àemployer
lesystème
de coordonnéespérimétriques.
Il fautégalement
citer les méthodes dutype
R-matrix, qui
ontpermis
deproduire
d’excellents résultatspour des états doublement excités d’atomes
plus lourds,
(voir
la référence[12]
pour une revue d’ensemble de cetteméthode).
Mais cette méthodeprésente
les mêmes
types
de limitations que la méthode des coordonnéeshypersphé-riques
(voir
plus
loin),
à savoir le raccordement entre des solutions internes(r
1
~r
2
)
et des solutions externesapprochées
(r
1
»r
2
).
Enparticulier
cetteméthode est mal
adaptée
au calcul d’états où les deux électrons sont très excités(N = 8,9,10).
2.6.1
Les
coordonnées
hypersphériques
Le
système
des coordonnéeshypersphériques
a été introduit par J.Ma-cek
[32]
et a été maintes fois utilisé pour décrire les états de l’atomed’hé-lium
[33-39].
C’est aussi uneapproche moléculaire,
mais différente de celledé-crite par
Feagin
andBriggs.
Elle consiste en un"hyperrayon"
R =r
2
1
+
r
2
2
et un
"hyperangle"
03B1 défini par tan 03B1 =1
.
2
/r
r
Lesquatre
degrés
de libertérestant
correspondent
auxangles
définissant les directions des vecteurs r1 et r2. Dans cetteapproche,
le mouvement de la coordonnée R estadiaba-tiquement séparé
du mouvement des autres coordonnées.On
obtient doncdes
potentiels
moléculaires pour la fonction d’onde"hyperradiale",
classi-fiés
grâce
aux nombresquantiques
obtenusaprès
la résolution del’équation
de
Schrôdinger
à R fixé.Chaque
courbe moléculairereprésentant
une voie("channel"),
on ne sera passurpris
de retrouver des nombresquantiques
dumême
type
que ceux introduits par Herrick. D’unpoint
de vuethéorique,
cette
approche
apermis
de raffinerlégérement
les conclusions émises parHerrick,
notamment en introduisant un troisième nombrequantique A
pou-vant
prendre
les valeurs 0 et±1,
caractérisant les corrélations radiales[38],
-1)
correspond
à un maximum(resp.
unnoeud)
de la fonction de voie(R
fixé)
pour 03B1= 03C0/4.
La valeur 0 étant donnée aux fonctions de voies neren-trant pas dans l’une des deux
catégories
précédentes.
Mais comme les auteursle
soulignent
eux-mêmes,
desexceptions
à leursrègles
peuvent exister,
tra-duisant une fois deplus
lanon-intégrabilité
dusystème
et la nécessité defaire un calcul exact...
Ces coordonnées
hypersphériques
ont été utilisées en tant que méthodenumérique
efficace en 1992 par J.Z.Tang
(entre autres)
et al.[40-43],
sous le nom"hyperspherical close-coupling
method"(HSCC).
Dans cetteapproche,
l’espace
est divisé en deuxrégions,
unerégion
intérieure r1 ~r
2
et
unerégion
extérieure r1 » r2.
Dans la
première région,
la fonction d’onde totale estdécomposée
sur labase
hypersphérique :
03A9 est la coordonnée
angulaire
généralisée
,
2
,03B8
1
,~
1
(03B1,03B8
~
2
). 03A6
03BC
(R, 03A9)
estso-lution de
l’équation Schrôdinger
à Rfixé,
dont les valeurs propres sont lesdifférents
potentiels
moléculairesU
03BC
(R),
03BCreprésentant
le nombrequantique
d’une courbe moléculaire. Les différentes fonctionsF
03BC
(R)
sont doncuni-quement
couplées
par des termesnon-adiabatiques. Malheureusement,
cescouplages
varient trèsrapidement
auvoisinage
d’anticroisements entre lespotentiels
moléculaires,
causant des difficultésnumériques
quant
à lapréci-sion
requise
sur la base03A6
03BC
.
Ceproblème
a été contourné en modifiant trèslégèrement
la base03A6
03BC
(R,
03A9),
dontl’expression
devient :Y
l1l2LM
est obtenu par lecouplage
habituel desharmoniques sphériques
[26].
La fonction
g
03BC
l1l2
est alors la solution de lapartie
diagonale
(en
l
1
, l
2
)
del’équation
deSchrödinger adiabatique. Après
discrétisation de la variable 03B1,le calcul de la fonction
g03BC
l1l2
est
ramené à ladiagonalisation
d’unsystème
tri-diagonal,
pourlaquelle
il existe desalgorithmes
très efficaces. De cettefaçon,
les corrélations radiales sont mieuxprises
encompte,
notamment par un choixpertinent
de la discrétisation. Lesystème d’équations
différentiellescouplées
pour les fonctions
F
03BC
peut
alors être résolu avec une meilleureprécision.
Pourdes raisons
numériques
évidentes,
on nepeut
conserverqu’un
nombre fini devoies