© Masson, Paris, 1980. Annales de Parasitologie (Paris) 1980, t. 55, n° 1, pp. 145-146.
NOTES ET INFO R M ATIO N S
PRESENCE DE
G R E G A R IA OPHONITuzet et Ormières 1956 (EUGREGARINA, GREGARINIDAE)
CHEZ
NOTIOBIA (ANISOTARSUS) BRADYTOIDES(Bates) (COLEOPTERE CARABIDAE) EN EQUATEUR
p a r I. De s p o r t e s, P . Jo l iv e t, J. Ma t e u e t J. Th é o d o r id è s
Laboratoire d ’Evolution des Etres organisés, 105, bd Raspati, 75006 Paris
Gregarina ophoni
est une curieuse Grégarine caractérisée par le dimorphisme particulier des individus appariés en associations caudo-frontales. Ce dimorphisme affecte plus particulièrem ent le protomérite du prim ite qui comporte une partie apicale généralement conique et une portion cylindrique séparées l’une de l’autre par un épais bourrelet
(fig. 1 B).
Une forte striation tranversale correspondant à des fibrilles annulaires corticales s’observe sur toute la longueur des individus exception faite de la zone du bourrelet.
Cette Grégarine fut d ’abord décrite par Tuzet et Ormières (1956) chez un Coléoptère Carabique,
Ophonus pubescens
M üll. récolté dans la région de Sète (H érault, France).Depuis ce prem ier travail, Massot et Ormières (1979) ont décrit le kyste et la sporu
lation de
G. ophoni.
Entre-temps, l’un de nous (P. J.) a eu l’occasion de récolter en octobre 1973, à 30 km au nord de Q uito (Equateur) et dans un biotope très sec, une quarantaine d ’exemplaires d ’un Carabique sud-américain,Notiobia (Anisotarsus) bradytoides
(Bates) (Ani- sodactylini) (*). Dix d ’entre eux s’avérèrent héberger des spécimens d ’une Grégarine que nous rapportons àG. ophoni
en raison des dimensions des associations (250 à 300 μm pour la plupart avec toutefois, dans le cas présent, la possibilité pour certains trophozoites d ’atteindre 400 µm et même davantage) et surtout de la morphologie du prim ite dont le protom érite présente le bourrelet bien caractéristique
(fig. 1, A, B, C
). La coloration à l’hémalun a de plus révélé l’existence d ’une structure annulaire fortem ent chromophile au niveau de ce bourrelet.La présence de
Gregarina ophoni
chez 2 Carabiques appartenant à 2 tribus différentes (Ophonini et Anisodactylini) indique qu’il s’agit d ’un parasite plutôt euryxène. Son existence chez des hôtes d ’Europe et d ’Amérique du sud prouve de plus qu’il s’agit d ’une espèce relativement ubiquiste.
Accepté le 23 août 1979.
(*) Notiobia (Anisotarsus) bradytoides (Bates) décrit en 1891 dans le supplément du livre de Whymper E. : Travels amongst the great Andes of Equator est une espèce xérophile, orobionte des Andes de l’Equateur et du Pérou.
Annales de Parasitologie humaine et comparée (Paris), t. 55, n° 1. 10
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I. DESPORTES, P. JOLIVET, J. MATEU ET J, THEODORIDESFig. 1. Gregarina ophoni. Tuz et Orm.
A : association caudo-frontale ; B et C : détail de 2 primites. Les éléments chromophiles visi
bles au niveau du bourrelet protoméritique correspondent à une structure annulaire résultant du regroupement des fibrilles corticales normalement réparties sur toute la longueur des trophozoites. Noter en l’occurrence le développement de ces formations fibrillaires corticales.
Bibliographie
Massot N., Ormières R. (1979) : Eugrégarines de Coléoptères Carabiques. Données et espèces nouvelles. Ann. Parasitol. Hum. Comp., 54, 267-275.
Tuzet O., Ormières R. (1956) : Sur quelques Grégarines de la région de Séte. Ann. Parasitol., Hum.
Comp., 31, 317-330.