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Recherches Actions en Didactique de la Traduction

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Rechercl,es Actions en Didactique de la Traduetion

Lellauchtr BOUI{ADIBA Aniversité d'Oran

'';l;ric, mr-t seur tlme, nr: t't;i.s lu rian

"'enir."

"Je yctis ÿ-enir ou laiil,

ie jlawbeau à ia m;;in.

la solttlian de demain, Dame ilidttctiqtte de ia trudttctiott "

Ce iravaii

s'inscrit dar-ls

le

cadre Ce la didactique de la traduction, ce

qui

laisse supposer

une

réi-lcxion sur i'acie de traduire, phase "prédidactique".

précérlant l'acte

de

fop:.rulation dans

la

langue

cible.

F'-.n efÈt. "cirassons la rraduction,

elle revient au galop".

Cetle t-naril.ne de Ladniirai vaut soii pesanl

d,or, cependant, nous dirons. nous

traducteurs ti''éoricien-praticien. en traduction:

"chassons ia réflexion, elle revieni au galop".

En effet, ia réflexion

peut

porier sur

différents niveaux que ncus

illustrerons par

des exempies concrets,

pris

da,ns

la

pratique

au

quotidien.

Cependant, ceci laisse supposer, ioute une formaiian en recherches actions' et nous ne sommes tlu'à nos premiers pas.

En effet, il

s'agit

d'aller

lentement, mais sûrernent,

ii ne

s'aglt pas comme dit Alain:

"de savoii'mener un cheval à I'abreuvoir et de I'cbliger à s'abreuver'"

ÂL-mrurARÈIM

îf"!

'ÂnÈv-

trtlIN

e§§t 11

(2)

Lelloucha BOUHÀDIBA

Le

traducïeur

se

trouve, avant I'acte de traciuire, cians une situation de perpétuclle réflexion.

Ai.si. si sur ic plan de la ibrine.

nous avo's dans un passé, récent

parlri, de probièires cle

serts.

de

terminologie.

dc

refblmulation, ci'autres problèmes peuvent

surgir

au niveau dr; fond. car c'est ce clernier qui déter-rnine la nature de i'expressiori. la tbrnte en quelcrie sorte.

LES T}ROI]LEN{ES DE,

FGNI}:

La iraduction ne doit être en aucun cas une siinple adaptation. ceorges

Mounin

dans

son

ouvrage.

t.es

Belies

Infldèles,

ne cesse rle iir.er ia sonnette d'alarrne.

et tle

rnettre

un doigt

accusetÈur sLrr ies soj-disant trarlucteurs r-les

XIIème, XIIIèrne er

XiVène

siècle

En

efièt, l'adaptation n'est qu'une sorte de pragiar rcrcé.

o,

rait riire au

texte

cc

qri'or'l

veuI bien lui faire dire. Si

dans I'acte <je traduire. on se ,. oit contraint de forcer ie texte. c'est que ceci est un point de repère qui signifie qu,ii

y

a obsiacle et qu'il v a lieu de porter une rétlexion approfondie sur le probième en question.

si, par

contre,

pour

essayer d'avancer,

on

débloque

ra

sitLratiorr en

mcltant

un

mor. rrne erpression. une tournure ou une slructure sr ntax ique qui paraît

à pcu

près équivalente.

on

garaniir d'avance l'échec, car on a ibrcé ie texte. et on lui a donné Line teinte qr-ri ne lui convient pas.

En eifer. à

titrc d'e xenrpie cr' r'e f1c'lion oLr d'analr se. nous allons voiis confl'onter avec certains obstacles

quc

noLjs a\ Lrns rencontrés

er

noirs r..oLrs

demontrercns coirmeni i'icus les a\ Lrns résoii.1s.

Dans la

rrad:rcit,,)lt

ü,3s

Beiles Inllcièles cie Ceorges Mounrn. un

probièilr' de

r.ecolrsiliictior

-:-it rrlposé.

En el-ler, beaucoup de mots anciens

ont lart

qr:e

le

tradiicteiii- a cû reconstruire le iexte en F'rançais contejnporain,

avarrt

de passer à l'acte de rraJit,re. A titre d,exemDle: le Français étajt inscrit le François. Err Françar: .ùntei-,rporain. ce ierme siqnifie un prén.m Français. Le

possessif etait

r:nrç.senté 1-.at."i1",

au licu

<ie,'son,,.

Le

traciucteur devait procécier

à la

rec.)rrsii:crion cii lexte el par la nrêrne remonier à l,histoire de la langue scirlce.

J1 AT.METTARGIM

N't'ANV. IUIN,OOI

(3)

Recherches Action§ cn Didactiquc de Ia Traduction

Les probièmes de terminologie

Lc traducteur a trouvé. des iiilflcLrltés quant atix ll.iots qui relèvent du clomaine psychanal-vtique

et qui ne

f-lgurent

pas dans

les dictionnaires Français/Ârabc. cornrnent donc

tradgile ces

concepts quand la iart'tue

;\iaht

cffic

trois à cinq nrots mais aLicun ne con"espondant exactemellt au sen§ ciu tnot pris en question, à savoir: dépragmatisation, réification, hlper-éveiilé.'

Darls

ie

mênie Ofdre d'idée,

le

traductettr s'est tiouvé conftonté

à

la ciilf rcuité

ile

l,erntinologie suivante: les termes récents datani de 1996. Exempie

en

techniques narra1ives. les ntodes de iectures de Vitlcent Joui'e, discipie Ce

Philippe F{amon. ies ternics :

Lc "iectanl":

qiii lit

pour-s'instruire

Le

"lu":

iiLlj retrouve dans le terte des repères où

ii

se re'connaît Lc ''lisartt":qtri cont'ond rêrcs et réaiiié-q

Or

aucun'dictionnaire spécialisé ne rend comple de cette terminologie. En effet,

l'auteur

a crée ces concepts théoriques à piirtir de cc-nslructions iinguistiques ne répondant à auçut.ie règle synta.r:iciue conventionnelle.

C'est prcbabiement sur l'exemple de participant qu'il a crée le ''lectant".

Il a donc

substantivé.

un

participe présent. Le participant étant un terme trop concret

pcur servir

I'abstraction,

il

a préféré agir seion l'exemple de Creinias.

qui a

ooposé

"tctatrt" à

"acteur" d'où, pour \rincent Joiive, "lectant" opposé à ',lecteur".

Pcur le

second

et ie troisièrre

terme

ii

a substantir,é uil participe présent

et rin

participe pa.ssé

eit le

rjotant d'une détei'mination:

Le "lir".

le

"lisant".

çtii

ne sont pas substanïii'els dens 1a l:lllgiie silr'li'ce.

Cot'litnent va-l-otl tiatjuire ces

lrci:

conceplsl)

De

ces

frois

notiùns . c'esl le

"lectant"';ui ;'ost

le

niu: ie

Lli-obl.ilres.

En eiIèt

orr a prollos. l'é0Litraleii eit Arabe. à

saroir 'Il

(-:,ri el Benl,.li,r-ti'tie ieCteLir COnStiLiCîil. ESt-Ce la llr L--Clitr ii:iJLlClir)il' L.C':ir,:.

:tll:

i!'S"e pçSe

2ùrne

e;<entple

:

C'est

le

cas oLt

ie i:acticietir Coit

prt-rcédei-

à

utle

adaptation iritralinguale avant i'1e proceier a iacte ile ia traductiotr,

AI..MUTABGTM

N'l

IANV.

'UIN

20§1

(4)

Lelloucha

BOUHADIBA

En eflèt. Ia rraductio,

des Berles rnfrdères dc

ce.rges

Mounin en est

un

exenrple

concret. c'est un t.*t., pi,o

purticLrlièreirent

le

contenu des premiers chapitres.

où il

fait référence sans donner cl,explications au Français du XIlèrne. XIVéme et XVème sièclc.

Des probièmes d'erpressions entières. voire niêr.ne de phrases, d,idées

entières

doivent

être

adaptées ciu Français ciassique archaique aLr L:ra.çais rnoderne. Exemple:

"Toutes les sciences se peuvent en iceile,'.

Il y a une structure t,erbale archalqLre: ,,se peuvent,, En "icelle'' est l'équivalent de ,'cela,, en Français nrcilerne.

''pour ce qu'il est" est pr.is pour ',parce que',

"aussi

peu":'Jantais"

"il

fait Lron de traduire',

:

,,il est faciie de,,

"qui n'est pas raison pour"

:

,,qui n'a pas sa ra!son d,être,,.

Dans ces cas

ià, le

traducteur doit procéder à une adaptation et faire des recherches

en

Français archaique. des rêcherches sur res uut.rru cités par

cet

auteur. remonter en querque sofie le cours de l,histoire pour aboutir en fin à

la

recherche des équivalents,

tant

dans

la

rangue source que dans ra langue cible. c'est un

t'avail

de dLrre haier,e. ie traducteir est Lrn perpétuel chercheur.

3èrle

exernple: C'est

le

cas oLr

le

traiiucteur se troLive confronté à

quatre otl cinq

Iangues.

si ce

n'est

l.lus.

Exemplc: Dans l,ouvrage rj,yves

chevrei, on a

renÇontré nrêrne des prcrbrernes

transcription.

Dins

Ie eue Sais-je,

Yves

Chevrel parre cle théories linguistiques en ér,oquant des exernpres

en

Ebreu,

en

Japonais.

en

Russe, en Espagnor et en Arrgrais. La traduction de

cet

ouvrage s'a.,'ère

diftlcile

dans ia mesLlre où eile exige àes corrpéTences dans le-s 131*r.s sus -citées (bien r_.;ue l,ouvrase rlate de I994)

.

:fème exerr:ple: concernanr rc' cas où aucun équivarent ou bien aucun élément approximatif n'existe. t,ru.iours cians 1e

donaine o. ru rnguisii,rr..

Eremple: "ie mirithrade":

ra traducrricr- a trouvé 1'éqrii,iarenr.n,ont

[u.,;..t .

en Arabe: ''mit.ade".

\'erbe qLiadrilitaire. Ie subsrantif est selon ses recherches inexistant. Eile a donc procéde nar substairtir ation:

"rl iti-acie' I "_r 6i111131;;i1ç11,1 "

34

AI.MUTÀRÈIM N"I

IANV-

'UIN

2OO1

(5)

[echerches Actions en Didâctiqüe de la Traductlon

Or. la

règle s;,ntaxique

de

substaniivation

en

Arabe consiste

à

ajonter le rnoiphème: "nrinr". Elie a aboutit à la conclusion suivante:

SLrbstantif: "moumatride" corresportdant à "rnirithrade".

i-a difficulté.

i'obstacie qu'elie

a

rencontré.

l'a

amené à créer un ierrrie de la

même

fanrille que le verbe. Cleci est intéressant à plus d'un titre. dans la rnesure oùr c'est économique, elle n'a pas eu recours à un conrplément de déternrinarion.

comme c'cst souvent

le

cas.

Et les

pertes

de

sens

soni

minimisées. dans la lnesure ou le sens du verbe transparaît dans le substantilcréé.

Les exemples, quoique d'apparence simplistes. montrent conrbien la

tâche clu traducteur est

difl

rcile et

exige rraintes recherches

et

mainles

rellexions. En effet, lc didacticien

traducteur

ciort

posséder plusieurs

cornpétences, à savoir:

- la competence linguistique dans plusieurs iangues.

- la compétence culturelle et civilisationnelie.

- la competence argulnentative.

- la corrpétence d'adaptation.

- la ccmpétence de reconstruction.

- la compétence de reformr.rlation.

- la cornpétence de reproduction.

- la compétence de création,

PoLrr aboutir' à Ia conrpétence de Traduction.

Il esl ainsi

en perpétuelle recherche. a)'ant p0Lrr souci constant de ne pas trahir I'esprit

du

texte,

de ne llas trahir

l'ob.jectir itcr. rnère cie la transparence . de la fidelité el de Ia comprchension.

En effet, en

faisant une bonne traduction,

le

traCucteur s'érige en véritable Magistr"at. Cont Ies deiibérations ont plaidé, pour la jusre cause.

AI,-MUTANTI}I

NOl IANV.

'UIN

zOOI 35

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