ÉTUDE D’UN GÈNE DE NANISME LIÉ AU SEXE CHEZ LA POULE
II. — FONCTIONNEMENT THYROÏDIEN
P.
MÉRAT J.
GUILLAUMEG. COQUERELLE
Station centrale de Génétique animale,
Centre national de Recherches zootechniques, !8-Joasy-en-Josas
Station de Recherches avicoles,
Centre
de Recherches vétérinaires etzootechniques
Domaine de l’Orjrasière, 37-Nouzilly
Institut national de la Recherche agronomique
SOMMAIRE
L’hypothyroïdisme de poules porteuses d’un gène de nanisme lié au sexe est suggéré.
D’après
VAN TWNxov!rr et al.( 19 66),
l’observationhistologique suggère
une moindre activité
thyroïdienne liée,
chez lapoule,
à laprésence
dugène dw,
récessif lié au sexe réduisant la taille.
Les observations suivantes sur notre
troupeau
deJouy paraissent
concorderavec la
suggestion
de ces auteurs :a)
Lepoids
desthyroïdes,
en pour cent dupoids corporel,
est réduit enpré-
sence de dw : sur 10
couples
de « nains » et de « normaux» âgés
de 12semaines,
en
19 66,
cepourcentage
était de3 , 7 . jo- 4
pour lespremiers,
de5, 1 . 10 - 4
pour les seconds(P
<0 , 05 ).
b)
Lepourcentage
degraisse abdominale,
sur les mêmesanimaux, est,
pour lesnains,
deplus
du double des normaux( 3 , 2 %
contre 1,3%,
P <0 , 01 ).
Par
comparaison,
au mêmeâge,
lepoids
relatif du foie et des surrénales nediffère pas notablement suivant le
génotype.
c)
En novembre19 6 7 ,
nous avons évalué le taux de sécrétionthyroïdienne
sur
40 ! !
dw— et 40 QQ Dw—(apparentées
auxprécédentes)
mises en cages individuelles avecquatorze
heures de lumière à leur entrée enponte
en octobre.La méthode
utilisée,
décrite par MELLENet WENTWORTH(ig6o),
consiste àrépartir
les animaux en deux groupes « témoins
» (Aliment
normal - Aliment à 1 %0 dethiouracile)
et trois lots recevantrespectivement,
outre le deuxièmealiment,
une
injection journalière
de o,5y, i,5y et 2,5y dethyroxine
par 100 grammes depoids
vif. Pourchaque génotype,
la droite derégression
dupoids
desthyroïdes
en fin
d’expérience
sur la dose reçue servait à évaluer le taux normal dethyroxine
excrétée. Les sécrétions estimées sont 2,59y de
thyroxine
par 100 grammes depoids
vif pour les « normales » et une valeurproche
de zéro pour les naines.Quoique
laprécision
des estimations soit assezfaible,
du fait de la taille del’échantillon,
et que les valeurs absolues données par la méthodeprêtent
àcertaines
critiques,
dans le sens d’une sous-estimation(ME LL E N
etW!!TwoKZx, ig6o),
le résultat de lacomparaison
entre les deuxgénotypes
est assez clair. Ilexiste une différence du taux de sécrétion hautement
significative
en faveurdes normales.
d)
Utilisation alimentaire et métabolismecomparés
depoussins
normauxet nains
(GUILLAUME, ig6g,
àpublier).
Nous avons
comparé
despoulettes
« normales » ou « naines » issues d’un croisementpedigree expérimental.
Legain
depoids,
la consommation et divers critères de l’utilisation de l’alimentglobal,
desprotéines
et del’énergie
ont étéenregistrés.
Un seulaliment,
detype usuel,
modifié àcinq semaines,
a été distribuéau cours de
l’expérience qui
a duré neuf semaines.Comparées
à despoulettes
normales de mêmepoids,
lespoulettes
« naines »consomment autant d’aliment et croissent bien entendu moins vite.
I,’indice
de consommation s’en trouve détérioré ainsi que le coefficient d’utilisationproti- dique. L’énergie
métabolisable desrégimes
n’est pas affectée. Le besoind’entretien,
le métabolisme au repos et vraisemblablement le métabolisme
basal,
sont réduits par legène
dw. L’« indice de consommation de croissance » est détérioréplus
encore que l’indice de consommation
global,
mais cephénomène provient
en faitessentiellement d’une
augmentation
de la teneur enlipides
des tissussynthétisés.
L’utilisation énergétique
mesurée par lerapport énergie retenue /énergie
métabo-lisable
ingérée
est en faveur despoulettes
« naines ». Les modifications en sensinverse des coefficients d’utilisation de
l’énergie
et desprotéines
seront discutéesultérieurement en relation avec la nature relativement
boulimique
des indivi- dus dw.On constate que les « naines » ont une consommation
d’oxygène beaucoup plus régulière
dans letemps,
cequi
est l’indice d’un naturelplus calme,
confirmantd’ailleurs une
impression subjective.
Plusieurs des faits observés sontégalement
en faveur d’un
hypothyroïdisme
dessujets
dw.e)
Autres observations :La durée d’incubation ne
paraît
sensiblement différente(du
moins de manièresuffisante pour être
décelable)
ni entreembryons
normaux etnains,
ni entre mèresDw— et
dw—, d’après
nos propres résultats et ceux de COCHEZ auMagneraud
(communication personnelle).
Des dissections faites à l’éclosion
(D!!,p!ECx, 19 68)
montrent unpoids
dupoussin
entierlégèrement
mais nonsignificativement plus grand
pour legénotype
normal
( 3 6,5
contre 35,4g).
Par contre, le vitelluspèse
en moyenne3 ,6
g pour les seconds contre2 ,6
g pour lespremiers.
Larésorption
dujaune paraît
donc sefaire moins vite pour le
poussin
dw. Ceci est confirmé par une deuxième séried’observations,
du moinslorsque
la mère est Dw— et, parlà, apporte
un vitellusde taille normale.
Une observation fortuite
(poules ayant
eu leurplumage mouillé) suggérait
que les
poules
dw— mettaientplus longtemps
à rétablir leurtempérature normale, alors,
que les Dw—. Il semble par ailleurs que, dans les conditionsordinaires,
aucune différence de sensibilité au froid ne se manifeste. Nous l’avons vérifié
sur des
poussins
normaux et nains élevés à unetempérature
inférieure à la normale.Reçu pour publication en mai 1969.
SUMMARY
STUDIES ON A SEX-LINKED a DWARF » GENE IN THE FOWI, II. - THYROID ACTIVITY
Hypothyroidism in sex-linked dwarf fowls is suggested by a reduced thyroid size in per cent, a much higher fat percentage, a lower secretion as estimated by the goiter-prevention method, and finally a lower metabolic rate among young chicks.
Incubation time does not seem to be appreciably modified, but resorption of the yolk is
slower for dwarf chicks.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
COCHEZ L. P. Communication personnelle.
D
ELPECH P. Communication personnelle.
GUILLAUME J., x969. Utilisation alimentaire et métabolisme comparés de poussins normaux et nains (dw).
Ann. Biol. anim. Biock. Biophys. (à publier).
M ELLEN
W. J., WENTWORTH B. C., 1960. Comparison of methods for estimating thyroid secretion rate in chickens. Poult. Sci., 39, 678-686.
V AN
TmNHOVEN A., WnzmmsoN J. H., TOMLINSON M. C., MncIrr!s K. I,., 1966. Possible role of the thyroid and the pituitary glands in sex-linked dwarfism in the fowl. Endocrinology, 78, 950-957.