HAL Id: jpa-00238049
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Submitted on 1 Jan 1883
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Définition des couleurs complémentaires
A. Rosenstiehl
To cite this version:
A. Rosenstiehl. Définition des couleurs complémentaires. J. Phys. Theor. Appl., 1883, 2 (1), pp.120-
123. �10.1051/jphystap:018830020012001�. �jpa-00238049�
120
surface si faible
qu’elle
n’a pu encore êtreappréciée.
Il faut enconclure,
dansl’hypothèse
deVolta,
que le rayon de lasphèrc
d’activité de la matière sur l’électricité est extrêmement
petit.
Mais,
dans levoisinage
immédiat de la surface deséparation
dedeux substances
dissemblables,
la résultante des actions des deux matières différentes sur l’électricitéqui s’y
trouve peut ne pas être nulle, et peutnécessiter,
pourl’équilibre,
une distribution élec-trique
telle que la forceélectrique dV dn qui
en résulte lui soi tégale
en valeur absolue et ait une direction diamétralement op-posée.
Cette
hypothèse
si naturelle de Voltaexplique
ainsiparfaite-
ment la
possibilité
d’une différence depotentiel
et laprésence
de la couche
double,
yqui
en estinséparable,
au contact de deuxsubstances conductrices.
On remarquera que,
plus
le rayon de lasphère
d’activité de la matière sur l’électricité serafaible, plus
la chute depotentiel
entreles deux corps sera
rapide, plus
les deux couches d’électricitéseront
puissantes,
rnais moins elles serontépaisses
etplus
ellesseront
rapprochées.
M. Helmholtz a admis et
développé l’hypothèse
de Volta.M. Clausius en a reconnu aussi la
probabilité, quoique
lephysi-
cien de Bonn croie
nécessaire,
pourl’explication
duphénomène
dePeltier, qu’une
fraction(en
tout casminime)
de la forceélectrique
soit
équilibrée
par la chaleur.DÉFINITION DES COULEURS
COMPLÉMENTAIRES;
PAR M. A. ROSENSTIEHL.
La
question qui
doit être résolue dans cette Note est celle de savoir si lephénomène
des couleurscomplémentaires
est dù auxpropriétés physiques
de la lumière ou àl’organisation spéciale
del’a>il.
1
Mon
hut~
en posant cettequestion,
est de rendre attentif à une erreurgénéralement
commise par laplupart
des auteursqui
ontdonné une définition des couleurs
complémentaires.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018830020012001
121
Ces définitions non seulement ne sont pas d’accord entre
elles,
mais sont inexactes et prouvent que l’on confond les
phénomènes physiques
avec ceuxqui
sont d’ordrephysiologique.
Or, quand
on étudie les lois de la vision des couleurs1 ’ ), il
fautnettement
distinguer
trois choses : la lumière et le résultat dumélange
deslumières ;
la matièrequi
colore et le résultat du mé-lange
des matièrescolorantes;
l’oeilqui perçoit
et le résultat dumélange
des sensations colorées.Déjà,
en1 829,
lkl. Plateau a fait voirqu’entre le
résultat du mé-lange
des matières et celui des sensations il y a une différenceprofondes.
Mais on n’a pas, à ma connaissance du
moins,
insisté sur la dis-tinction
qu’il
faut faire entre lemélange
des lumières colorées etcelui des sensations.
Bien au
contraire,
dans les Traitésspéciaux,
la confusion entreces deux ordres de
phénomènes
est faite constamment.Je
puis
citer àl’appui
lesexpériences
de Newton sur la compo- sition de la lumi ère blanche(1704).
«
Après
avoir réuni en uneimage blanche,
à 1"aide d’une len-tille,
les différentes rayons colorésséparés
par unprisme,
on faitglisser
devant la lentille un instrument en forme depeigne
àlarges dents,
dontchacune,
en passant,intercepte
nécessairement unepartie
des rayons colorés.»
Alors,
si lepeigne
se meut aveclenteur,
on voitl’image
forméeau
foyer
de la lentille se colorer successivement de teintes di- verses, résultant dumélange
des rayonsqui
passent dans les inter- valles desdents; mais,
si l’on fait mouvoir lepeigne
avec unerapi-
.
dité
suffisante,
toute colorationdisparaît
dansl’image focale, qui
·
redevient
complètement blanche o. (PLAT~AU, Bibliog’raphie
ana-l)rtique)
Section1,
p. 11 .)
Dans cette
expérience
dupeigne,
dont le mouvementrapide
fait
disparaître
toutecoloration,
ce n’est pas la lumière blanchequi
se trouveproduite,
mais la sensation dublanc, qui
résulte dumélange
des sensations de couleur.Si l’oeil ne
possédait
lapropriété
degarder pendant
un temps(t ) Le mot, couleur est employé ici toujours comme synon~rme de « sensation coloriée ».
122
appréciable
sesimpressions,
le mouvemen t dupeigne
eûtproduit
Lun résultat différent.
Cette
expérience
de Newton prouve que la sensation du blancest une sensation
complexe.
Celle
qu’il
fit avec despoudres
colorées est du même ordre.Si le
mélange
de diverses matières colorantes a puparaître
blanc à
distance,
cela tientuniqueinent
à ce que la vue depetits objets
estconfuse ;
ce n’est pas lemélange
des lumières colorées réfléchies par cesparcelles
de matièrequi
arrive à l’oeil sous formede la lumière blanche : ce sont des
images qui
se confondent sur la rétinequi produisent
la sensation du blanc.Cette
expérience
repose encore sur unepropriété physiologique
de l’aeil.
Les
disques
tournantsemployés,
dès1762,
par Muschenbroeckse trouvent cités dans les
Ouvrages
dePhysique
et dePhysiologie
comme un moyen de
mélanger
les ZLCn2zènes colorées.C’est là
l’exemple
leplus frappant
de la confusion queje
tiensà
signaler :
confusionqui
s’est maintenuejusque
dans les Traités lesplus
récents.Il est certain que le
mélange
des couleurs ne se fait pas sur ledisque,
ni dans1"espace intermédiaire,
mais dansl’ceil, gràce
à lapersistance
desimpressions
sur la rétine.Le
disque
tournant ofl’re un moven demélanger
des sensationset non des lumières.
~’
Il faut donc faire une différence entre la lumière
blanche, qui
est de nature
ol~jective,
et la sensation du blanc obtenue par la successionrapide
de sensations de couleursqui
est unphénomène subjectif.
Et pour mettre en relief
l’importance
de cettedistinction, je rappellerai
les faits suivants : Helmholtz a fait de la lumière blanche par lasuperposition
de deux ra3Tons coloréssimples,
Maxwell en a fait en
mélangeant
trois par trois certaines couleurs du spectre.Ces lumières
blanches,
diverses aupoint
de vuephysique,
sontidentiques
à la vue tantqu’elles
tombent sur un écran incolore.__ -__ __ -___ _ _- ---~- - - --- ---- - - __--
(’ ) Voir Hooo, Théorie scientifique des couleurs) l’aris, Germer-l3aillii:re, 1882, p. log.
123
Mais la diversité de leur
composition physiques
devient visible dèsqu’elles
éclairent unobjet
coloré.Une étoffe
teinte,
parexemple,
en rouged’Andrinople, qui
ab-sorberait tous les rayons
colorés,
sauf le rouge et levioler paraî-
trait rouge sombre dans la lumières blanche formée par le
couple
rouge et vert
bleu;
elle serait noire dans la lumière blanche faiteavec un rayon
jaune
et un ravonbleu,
violet foncé dans lecouple jaune
vert et violet.Dans des
éclairages
en apparenceidentiques,
le mêmeobjet
ap-paraîtra
tour à to ur lumineux ounoir,
rouge ou violet.Des
expériences
de cette nature ont été faites autrefoispar Fou- cault ;
elles n’ont pas étépubliées,
mais ses amis en ont con-servé le souvenir. On peut concevoir
qu’un
même corps, blanc dans telle lumiérebinaire, puisse paraître
noir dans telle autre;il suffit
qu’il
ait lapropriété
d’éteindre deux radiations de couleurcomplémentaire.
Cette discussion montre la nécessité absolue de faire la diffé-
rence entrc le
mélange
des lumières et celui des sensation s : elle nous conduit à résoudre laquestion posée
au début de cetteNote.
De Inexistence de lumières blanches
diverses,
il résulte que la notion du blanc m’a rien de définiphysiquement.
C’est une pro-priété
de l’oeil de voir blancs certainsmélanges
de couleurs.C’est donc à
l’organisation
même de l’oeilqu’est
due l’existence de couleurscomplémentaires ;
dès lors on doit les définir ainsi, 1.ce soit les couleurs
qui, mélangées
deux à detix dans clesproportions clétej°n2i~2ées, produisent
la sensation dit blanc.PAPIER POSITIF DIRECT POUR LA PHOTOGRAPHIE ;
PAR MM. CH. CROS ET AUG. VERGERAUD.
Le
papier photographique
ordinaireimprégné
d’m seld’argent donne,
ainsi que d’autrespapiers analogues,
lareproduction
ren-versée d’une