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Prise en compte des savoirs paysans dans un programme de sélection

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Academic year: 2021

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Prise en compte des Savoirs paysans

Prise en compte des Savoirs paysans

dans un programme de s

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•Les variétés améliorées de mil sont très peu cultivées par les paysans du Mali.

•On se demande pourquoi?

•On pense que l’implication des paysans n’a pas été suffisante dans la définition des objectifs de sélection. •La sélection participative peut corriger ce problème et

permettre enfin la création de variétés mieux adaptées aux besoins des paysans.

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Pour définir quelles variétés pourraient correspondre aux besoins des paysans on doit non seulement réaliser des enquêtes, mais aussi étudier les variétés traditionnelles qui sont en général très bien adaptées à l’environnement (saison des pluies et fertilité des sols).

Certains chercheurs ont proposés de créer des variétés qui seraient mieux adaptés aux sols très pauvres que l’on trouve au Mali. A notre avis, cet objectif est difficile à réaliser car les variétés locales se comportent déjà très bien sur des sols

pauvres. Elles produisent mieux dans ces conditions difficiles que les variétés modernes.

En revanche, si le sol est fertile les variétés locales produisent plus de pailles que de grains. En raison des apports d’engrais qui sont devenus fréquents dans la zone cotonnière, les sols sont maintenant plus fertiles et les paysans demandent des variétés capables de produire plus sur ces sols fertiles.

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Les paysans comme les chercheurs pensent que la solution à ce problème est de créer des variétés précoces.

C’est pourquoi un programme de sélection participative a tenté de diffuser des variétés précoces de mil dans la zone de Bougouni et Kadiolo. Après 3 ans de tests, aucune variété améliorée précoce ne s’est montrée meilleure que celles des paysans.

Pour tenter de comprendre les causes de cet échec, nous avons fait de nouvelles enquêtes auprès des paysans des mêmes villages qui avaient été impliqué dans le premier projet.

Les paysans ont de nouveau identifier l’irrégularité des pluies comme leur principale contrainte à la culture du mil.

Il nous a semblé que le problème provenait de l’interprétation des mots « irrégularité des pluies ».

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En réalité quand le paysan parle de

l’irrégularité des pluies il s’agit de la très grande variabilité du début des pluies d’une année sur l’autre. Il arrive que le semis soit possible dès le 15 mai où doit être retardé après le 15 juillet.

Si la pluie arrive en mai ou en juin, les variétés précoces de mil produisent mal car elles fleurissent trop tôt, les oiseaux dévorent le grain et les épis restant sont noircit par la

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Par contre, les variétés locales sont capables de tenir compte de cette incertitude. La plupart des mils cultivés dans le sud du Mali ont la particularité de « s’attendre pour fleurir » (u be nyogon kono). Elles rallongent leur cycle si elles sont semées tôt et le raccourcisse en cas de retard de semis. Ce caractère assure pour ces variétés locales une bonne production du grain quelque soit l’année.

Les variétés modernes ne sont pas capables de « s’attendre pour fleurir », elles sont inadaptées à l’environnement.

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C’est pourquoi, donner un poids exagéré aux croyances des paysans et des chercheurs amène à produire un matériel qui correspond à leurs croyances mais pas toujours à leurs

besoins. Par contre, si on s’appuie sur les variétés locales, un volet essentiel de l’expertise paysanne devient accessible à l’analyse du chercheur.

Nous proposons de baser les programmes de création sur les variétés locales et surtout d’essayer de garder leur adaptation à l’environnement.

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En 2005, Drissa Sangaré de Siramana sélectionne une variété améliorée qui mûrît lorsque sa variété locale est à l’épiaison. Est-ce que sa variété locale est trop tardive pour sa zone ? A - t’il cultivé cette variété précoce en 2006 ?

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