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Marseille, le vendredi 20 novembre 2009
COMMUNIQUE DE PRESSE
Un Aigle de Bonelli victime du braconnage en France.
Le 31 octobre 2009, un agent de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) a découvert un jeune Aigle de Bonelli mort au bord d’une route sur la commune de Saint-Martin de Crau, dans les Bouches-du-Rhône. L’oiseau a aussitôt été confié au Conservatoire Etudes des Ecosystèmes de Provence (CEEP) qui a fait procéder à un examen vétérinaire révélant la présence de plus de 30 plombs dans le corps, tirés à faible distance avec une arme de chasse.
Ce jeune Aigle de Bonelli est né dans le massif des Calanques de Marseille au printemps 2009 et aura donc vécu moins d’un an. Jusqu’à 3 ans, les Aigles de Bonelli ont un mode de vie erratique et leurs principales zones de dispersion en France sont la Plaine de la Crau et la Camargue, toutes deux riches en gibier. A l’âge d’environ 4 ans, ils reviennent généralement dans leur région d’origine pour s’installer en couple sur un territoire et s’y reproduire. Il est important de noter qu’environ 80% des individus ne parviennent pas à l’âge adulte et meurent avant de pouvoir se reproduire.
L’Aigle de Bonelli est un rapace méditerranéen menacé de disparition en France, où ses effectifs ont diminué de près de 40% au cours des 60 dernières années. Depuis le début des années 2000, les effectifs se sont stabilisés et augmentent très lentement. Ainsi, on dénombre 29 couples en 2009 en France et un nombre annuel de jeunes à l’envol inférieur à 30 individus.
Cette dynamique positive ne met pas l’espèce à l’abri des menaces pesant sur sa survie.
Pour éviter la disparition en France de cet oiseau emblématique, l'État s’est engagé dans un Plan National d’Action. Coordonné par la Direction Régionale de l'Environnement Languedoc- Roussillon, ce Plan National a pour objectif d’augmenter les effectifs de l’espèce afin de garantir sa survie sur le long terme. Les principales actions menées portent sur le suivi et la surveillance de la reproduction, l’étude de la dynamique de la population et la réduction des causes de mortalités d’origine anthropique (électrocution, collisions sur les lignes électriques, tirs, dérangements, perte d’habitats…).
L’Aigle de Bonelli s’alimente principalement d’oiseaux de taille très diverses (corvidés, goélands, perdrix, pigeons, hérons…) mais aussi de mammifères (rats, lapins, fouines…) et de reptiles.
C’est pourquoi, il n’est en général pas considéré par le monde de la chasse comme un concurrent, mais bien au contraire, comme un indicateur de la qualité biologique des espaces naturels et des territoires de chasse. Malgré cette prise de conscience, l’actualité montre que des actes de braconnage isolés ont toujours lieu en France, avec des conséquences dramatiques sur la population française d’Aigles de Bonelli.
La DREAL PACA a demandé à l'ONCFS d'établir un procès-verbal et de le transmettre au Procureur de la République en vue de poursuites.