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variabilité du front d’Ouessant et évaluation des échanges cross-frontaux
Gildas Cambon
To cite this version:
Gildas Cambon. Etude numérique de la mer d’Iroise : dynamique, variabilité du front d’Ouessant et évaluation des échanges cross-frontaux. Physique Atmosphérique et Océanique [physics.ao-ph].
Université de Bretagne occidentale - Brest, 2008. Français. �tel-00976378�
Spéialité: Oéanographie Physique
présentée par
Gildas Cambon
Etude numérique de la mer d'Iroise :
Dynamique, Variabilité du front d'Ouessant
et Evaluation des éhanges ross-frontaux
soutenue le9 avril 2008 devantle jury omposé de :
Alain Colin de Verdière Président LPO, Brest
Florent Lyard Rapporteur LEGOS,Toulouse
Yves Morel Rapporteur SHOM, Toulouse
Eri Desmond Barton Examinateur CSIC-IIM, Vigo
Sabrina Speih Responsable Sientique LPO, Brest
Laurent Memery Direteurde thèse LEMAR,Brest
Thèse réalisée ausein du Laboratoirede Physique des Oéans
UMR
n o
6523 CNRS-IFREMER-IRD-UBOJe tiens à remerier la Région Bretagne, qui a nané ette thèse intégralementainsi
queXavierCartonetAlainColin de Verdièrepour leur aueilauLPO. Jeremerie éga-
lement Laurent Memery d'avoirété mon direteur de thèse durant es trois années.
MesremeriementsvontensuitenaturellementàSabrinaSpeihquiaassurél'enadre-
mentsientique de la thèse, jela remerie aussi pour sa bonne humeur, son dynamisme
ainsi quepour laonaneet lesenouragements qu'ellem'a toujoursportés, mêmedans
lesmomentsdiiles.
Je tiens à remerier sinèrement Patrik Marhesiello pour l'enadrement sientique
qu'il a mené lors de la première partie de ma thèse, en m'aueillant au entre IRD de
Brest. Meri pour ton aide, tes expliations, notamment ave ROMS, tes onseils avisés
et enntes nombreux enouragements.
Je remerie les membres de mon jury, Alain Colin de Verdière et Des Barton pour
l'intérêt qu'ils ont porté à mon travail ainsi que les rapporteurs, Yves Morel et Florent
Lyard, pour la letureapprofondie de mon manusritet leurs ommentaires détaillés.
Au entre IRD, je remerie Claude Roy qui a permis mon aueil dans les meilleures
onditions, ainsi que Daniel Corre etMihel L'Hostis, au servie informatique,pour leur
disponibilitéet gentillesse.Je prote également de es lignes pour adresser un lind'oeil
amialàGabyetKolo,ompagnonsdethèseàl'IRDainsiqu'àPhilippeEstradeetOlivier
Aumont,pour lesdisussions en tous genres,qu'elles furent sientiques ouautres!
La seonde partiede mathèse s'est déroulée àlafa, auLPO/UBO, je tiensà remer-
ier Gilberte pour le fontionnement, Laurent, Patrie, Tristan pour l'info, Pierre pour
l'impressionnale.MeriàGuillaumeRoulletpourlesonseilsetexpliations(autableau
veleda! ),à Louis Marié, àBernard LeCann, à Niolas Grima (pour lesrépet'! ). Meri
àBruno Blanke pour sadisponibilitéetson aide lorsdes travauxave ARIANE. Meri à
Alain Colin de Verdière pour lesdisussions etonseils sientiques, pour l'intérêt porté
àmonsujetetpourm'avoirsoutenuetenouragé,notammentdanslesmomentsdedoutes.
Un meritout partiulieràSteven Herbette etStephanieLouazelpour lareleture de
mon manusrit entre déembre 2007 etjanvier 2008, meri enore!
Meri à Yves Du Penhoat pour le temps qu'il m'a aordé pour nir le manusrit et
les potes de l'Aber Wrah' : Nio, Karol, SoFi, Big Mat, meri à es deux vieux potes
d'enfane : Yann et Jeou, dèles à la soutenane! , Miky Willis (salut papa! ), meri
Steph', Anne, Nat Cariou,Pierrig,Anouk, Nat Bal',NioRasle (et son anap'... ), Mis-
ter Leboyer (essaye ave un squeeze ...) etpuis aussi eux renontrés au labo, kenavo à
vous:NikDuousso,RatheRoker, XavierleFanfarone,UltimateAirMaxime, Milaye,
FranisDufois,SteveAustin,Bruno, lepetitRudy,legrandRudy,Yann,Lianke,Philipe,
Florian,Andrea...etaussitouseux quej'oubliemalheureusementenérivantes lignes...
Meri àLogonna..., à ses belles grèves, à labaie de Daoulas...
Enn, un immense meri à ma famille pour son soutien de toujours! Je ne pourrais
exprimer ii tout e que je vous dois... Meri Papa! , meri Maman! , meri Perrine! ,
meri Jojo!
1 Introdution 9
1.1 Caratéristiques de lamer d'Iroise . . . 11
1.1.1 Lamarée . . . 12
1.1.2 Lesonditions météorologiques . . . 12
1.1.3 Lairulationrésiduelleenmerd'Iroiseetdanslarégionenvironnante 14 1.1.4 Lastratiation thermiqueen Merd'Iroise etle front d'Ouessant . . . 15
1.1.5 Lesproessus assoiés à e front . . . 18
1.2 Objet de la thèse . . . 22
2 Outil numérique de l'étude 23 2.1 Desriptiondu modèle . . . 23
2.1.1 Généralités . . . 23
2.1.2 Equationsprimitives etonditions aux limites . . . 24
2.1.3 Coordonnées vertiales suivant latopographieetoordonnéeshori- zontales urvilignes . . . 27
2.1.4 Disrétisation spatiale . . . 28
2.1.5 Shéma d'advetion . . . 28
2.1.6 Disrétisation temporelle . . . 29
2.1.7 Problèmedu gradient de pression . . . 30
2.1.8 Paramétrisationdu mélangehorizontal . . . 32
2.2 LaongurationIroise . . . 33
2.2.1 Grilleetbathymétrie . . . 34
2.2.2 Paramétrisationdu mélangevertial :lemodèle KPP,surfae etfond 40 2.2.3 Frontièresouvertes . . . 41
2.2.4 Lesux de surfae . . . 49
2.2.5 Fritionsur lefond . . . 52
2.3 Validationsde lasimulation . . . 55
2.3.1 Stabilitéde la simulation . . . 55
2.3.2 Lesourantsde marée . . . 55
2.3.3 Hydrologie . . . 57
3 La simulation de référene 67 3.1 Hydrologiesaisonnière et yle de viedu front . . . 67
3.2 Lairulation résiduelle . . . 78
3.2.1 Cirulationsrésiduelles totales . . . 79
3.2.2 Lairulation résiduelle de marée: onde M2 . . . 81
3.2.3 Lairulation résiduelle assoiée au vent . . . 88
3.2.4 Lairulation résiduelle assoiée au front en été . . . 93
4 Bilans dynamiques et thermodynamiques en Mer d'Iroise 99 4.1 Analyse diagnostique de quantité de mouvement . . . 99
4.1.1 Méthodologie . . . 99
4.1.2 "Cartographie" des régimesdynamiques en Merd'Iroise. . . 104
4.1.3 Synthèse . . . 112
4.2 Analyse du bilan de haleur . . . 115
4.2.1 Lesanalyses saisonnières . . . 116
4.2.2 Contenu thermique . . . 121
5 Variabilité saisonnière du front d'Ouessant 127 5.1 Détetionet diagnosti du front . . . 128
5.1.1 Leritère de Simpson-Hunter(1974) . . . 128
5.1.2 Leparamètre diagnosti S . . . 130
5.2 Variabilitéde lapositiondu front . . . 132
5.2.1 Lesforçages . . . 141
5.3 Etudede sensibilité: rle des forçages externes. . . 146
5.3.1 Desriptiondes expérienes . . . 146
5.3.2 Rlede la tensiondu vent . . . 147
5.3.3 Rledes ux de haleur latente . . . 150
5.3.4 Rledu yle mortes-eaux/vives-eaux . . . 153
6 Ehanges ross-frontaux en mer d'Iroise 161 6.1 Introdutionet Problématique . . . 161
6.2 Tehnique de suivi lagrangien . . . 162
6.2.1 Desriptiongénérale de l'outil ARIANE . . . 162
6.2.2 Spéiités etmise en oeuvre de notre étude . . . 163
6.3 Exports ross-frontaux diagnostiqués . . . 166
6.3.2 Sensibilitédesexportsross-frontauxauxparamètresdesexpérienes
lagrangiennes: dates d'injetionet durée d'intégration . . . 167
6.3.3 Sensibilité des exports auyle de maréemorte-eaux/vives-eaux et
à latension de vent . . . 172
6.3.4 Distribution dans le plan latitude-profondeur : une vision 2D syn-
thétique . . . 176
6.4 Conlusionset Perspetives . . . 177
7 Conlusion générale & Perspetives 181
Introdution
Que l'on seplae d'un pointde vueéonomique, démographiqueouenvironnemental,
l'organisation de l'espae tier onstitue un des enjeux ontemporains de notre soiété.
L'améliorationdela gestiondeszones tièrespassepar laompréhensiondu fontionne-
ment des éosystèmes tiers dont la dynamique est omplexe et l'évolution dépendante
denombreuxfateurs.EnEuropeoidentale,la"merd'Iroise"onstitueunsiteprivilégié
pour e typed'étude. Eneet, e système subit à lafois :
lesutuations àlong termede l'interationoéan-atmosphèredans lebassin Nord
Atlantique,
lavariabilitéde la irulation oéaniquedu large,
lesperturbationsanthropiques résultantde l'urbanisation.
Cette régionse situeà laonuenedes eaux venantde l'Atlantiqueet de laManhe,
elle onnaît des marées très importantes ave de puissants ourants de marée. La mer
d'Iroise est une zone ave une bathymétrie omplexe présentant des bans très peu pro-
fondset des îles:l'Arhipelsde Ouessantet de Sein. De plus,étantsituée aux moyennes
latitudes, sur la trajetoire de fronts de dépressions, les tempêtes y sont fréquentes en
période hivernale.Noussommesainsienprésene d'unsystèmefortementénergétiquequi
subit des forçages externes très importants, lesquels interagissent entre eux e qui rend
l'étude de ette zone omplexe.
Près delate,en périodede stratiation,entremaietotobre,es violentsourants
demaréeempêhentlathermolinesaisonnièredes'établiretonassistealorsàl'apparition
d'un front de marée, délimitant des eaux homogènes et brassées près de la te et des
eaux stratiées aularge. Ce front est appelé le Front d'Ouessant etonstitue l'un des
phénomènes physiquesmajeursde lazone.
Auniveaudufrontd'Ouessant,larenontredeseauxfroidesetbrassées delateave
les eaux haudes et stratiées situées plus au large induit de forts taux de produtions
primaires(phytoplantons etzooplantons)(Birrien, 1987)etfontde lamer d'Iroise,une
région partiulièrementrihe biologiquement.
L'étude etle suivi de e front de marée, de part son impatbiologique et de manière in-
direte,soio-environnementale (pêhes, tourisme, ...),sont donde première importane
pour les zones littoralesbretonnes situées à proximité de lamer d'Iroise.
Les premières observations de e front remontent aux débuts du XX
ime
sièle (Mat-
thews,1905,1909,1911).Lespremierstravauxtraitantexpliitementdufrontd'Ouessant
onteu lieunettementplustard, eneete n'est qu'audébutdes années70qu'ont débuté
les premières études oéanographiques de e front de marée ave notamment lestravaux
de Le Fèvre et Grall(1970)et LeMagueresse (1974).
Ces études, ainsi que l'intérêt sientique porté aux fronts de marée en générale, et
don au Front d'Ouessant se sont ensuite poursuivis, de manière très ative, jusqu'au
milieu des années 80 tant du point de vue dynamique que du point de vue biologique
(Simpson et Hunter (1974); Simpson et al. (1978); Pingree et Griths (1978); James
(1977); Mariette(1977, 1983); Marietteet LeCann (1985), ..).
Néanmoins, à l'époque, les herheurs ne disposaient pas des modèles numériques
hydrodynamiques3D dontnousdisposons aujourd'huiquinouspermettentde simuler de
manièrepréise,àlafoislesphénomènesméso-éhellesetlesfortesmaréesprésentes dans
larégion.
Le adre général de e projet est don d'aner notre ompréhension de l'impat de
ladynamique sur lefontionnementde l'éosystème de la mer d'Iroise,notammentgrâe
aux moyens modernesde simulationsoéaniques.
Dans e travail,nousproposons donde poursuivreet deompléter laompréhension
des proessus physiques et dynamiques du front d'Ouessant, en mettant en oeuvre une
démarhe de modélisation tridimensionnelle, à haute résolution, dans une onguration
réalisteetdérivantlamer d'Iroiseainsiqueleyle de viedu frontd'Ouessant àl'éhelle
annuelle et es travaux viennent ainsi s'insrire dans le adre d'étude "amont"aux na-
litésplus générales, d'ordre biogéhimique; éologiqueet environnementale.
Avantdeprésenterleplanetlesobjetifsdelathèse,nousallonsdanslaseondepartie
de e hapitre présenter lesaratéristiquesde la régionainsi quelesproessusphysiques
80
80
80
80
80
80
80 80
80 100
100 100
100 100
100
100
100
100
100 100
120 120 120 120
120
120 120
140 140 140 140
140
30’
6 o W 30’ 5 o W 30’
40’
48 o N 20’
40’
49 o N 20’
C.I 20 m Bathymetrie en [m]
Situation geographique Domaine d’etude
a) b)
Fig. 1.1 A droite, la situation géographique de la Mer d'Iroise. A droite, un zoom sur
larégion d'étude présentantla bathymétrie.
1.1 Caratéristiques de la mer d'Iroise
La région d'étude est présentée par sabathymétrie sur la gure (1.1). Elles'étend de
laBaiedeMorlaixauxîlesdes Glénansetledomainevade47.5
◦
Nà49.5
◦
Netde6.5
◦
W
à4
◦
W, inluantlargementlamerd'Iroise dontleslimites,ausens strite,sesituent ente
la te et5.5
◦
Wet entre le Nordde l'îled'Ouessant et le Sud de l'îlede Sein (CfCadre
Fig.1.1). Dans la suite du manusrit, nous nommerons par Mer d'Iroise, la zone d'étude
présentée (Fig.1.1)
Lamerd'Iroiseest unerégiondenavigationtrès empruntée("railsmontantetdesen-
dant d'Ouessant") ar elle onentre le tra maritime entrant et sortant de la Manhe.
Cette zone peut se révéler dangereuse lorsque le vent s'oppose aux puissants ourants de
marée e qui peut lever une mer forte et de e fait, il s'agit d'une région où les risques
de pollutions par l'homme sont partiulièrement élevés. Comme je l'ai indiqué en début
de hapitre,lamer d'Iroiseest une zonetière fortementénergétique, sousl'inuene de
forçagesexternes puissants:vent,maréeetyle saisonnier des uxde haleurdontnous
allons donner les aratéristiques prinipales en nous appuyant sur les travaux prélimi-
1.1.1 La marée
Le plateauontinentalNordeuropéen est une des régions du mondeoùla dynamique
estlaplusinuenéepar lamarée.L'ondedemaréelaplusimportanteenmer d'Iroiseest
l'onde semi-diurne lunaire
M 2
de période 12 heures 24minutes. Parordre d'importane, vient ensuite l'onde semi-diurne solaireS 2
de période 12 heures et d'amplitude environ deux fois moindreque l'ondeM 2
. Lesharmoniques suivantes sont nettement plus faibles etdans etterégion, 'estla ompositionlinéaire de es deux ondesprinipales,M 2
etS 2
qui faitl'essentielde lamodulationà 14.7 joursdu signal de marée.
Enmer d'Iroise,lavitesse du ouranten périodede vives-eaux atteintrespetivement
6 noeuds et8 noeuds (artesde navigationsdu SHOM) dans leRazde Sein etle Chenal
du Fromveur. L'amplitude moyenne de l'onde de marée en entrée de Manhe est de 5m
en entrée de Manhe et elleatteint 9men Baiedu montSt Mihel(données SHOM).
Lesourantsalternatifsréésparlamaréebarotropepeuventêtre violents,ladistane
parourue par des partiules d'eau au ours d'un yle de marée, dite exursion de la
marée,estdel'ordredequelques kilomètresenmoyennemaisl'amplitudedudéplaement
d'une partiule uide peut, par exemple, atteindre 15km entre Bréhat et Rohe Douvre
(Garreau (1993)).
Par petits fonds, lorsque le ourant de marée devient important, les termes non-
linéaires des équations régissant la irulation sont alors non-négligeables, des harmo-
niques d'ordre supérieure (par exemple
M 4
,S 4
...) de fréquene plus élevée (doubles desharmoniques
M 2
etS 2
) sont alors générées et peuvent modier lesignal de marée.L'énergiede lamarée,rééeparlesforçagesastronomiquesestestiméeà2,35TWpour
l'onde
M 2
etelleestdissipéeparfritionsur lefonddesprinipauxplateauxontinentaux de part le monde (Pingree, 1983; Pingree et Griths, 1987; Simpson et Bowers, 1981).Leplateau nord-ouest européen ontribuede manière importanteà ette dissipationet il
est intéressant de noter par exemple que l'Atlantique Nord, qui ne représente que 12%
de la surfae ouverte par les oéans et qui ne reçoit que 9% de ette énergie tidale, en
dissipe 40% (Le Provost et Lyard, 1997). La mer d'Iroise onstitue ainsi, omme le rest
de la Manhe, mais aussi par exemple omme le Georges Bank sur la te Est des USA,
une région de forte dissipation d'énergie tidale.
1.1.2 Les onditions météorologiques
Lesonditionsmétéorologiquesreprésententun élémentimportant,aumêmetitre que
la marée,de ladynamique de la zone. Les surtes et détes (diérenes entre la marée
observée etla marée astronomique prévue), témoignent d 'ailleurs de l'inuene des fa-
teursmétéorologiquessur leniveaude l'eau(Williamset al.,2001)).Leventdominantde
lesventspassentdu Sud auNorden passantpar l'ouest. Lors de es tempêtes, onassiste
à un important transfert de quantité de mouvement entre l'atmosphère et l'oéan par le
biaisdelatensiondevent
τ S
ressentieàlasurfaedel'oéanetsur uneertaineépaisseur,l'épaisseur de laouhe d'Ekman D (Eq.1.1).
D =
s 2Ak v
f
(1.1)Ak
v
étant le oeient de diusion de quantité de mouvement sur la vertiale et f, leterme de Coriolis.
Lors d'épisodes dépressionnaires ou antiyloniques importants, des phénomènes de
surteet détede parfois plus de 50mpeuvent seproduire ave les onséquenes que
l'on peut imaginer(Bouligand etPirazzoli,1998; Pirazzoli,2000).En hautemer, larègle
du baromètre inversé :
1mbar → 1cm
,1dbar → 10cm
, s'applique. Mais en zone tière, en raison des eets hydrodynamiques, de la bathymétrie et de la forme de la te, etteréponse peut être atténuée ou aentuée. De plus, une tempête modie la struture des
ourants sur la vertiale : en zone tière, le vent de mer "pousse" l'eau vers la te et
provoque une pente de la surfae libre, un ourant de retour sur le fondéquilibre le gra-
dientde pressionainsi réé (Davies etJones, 1992; Heaps et Jones, 1987).
La gure 1.2 suivante donne l'intensité et la diretion du vent mesuré au sémaphore
d'Ouessant au ours de l'année 1995. L'intensité moyenne du vent et la fréquene des
tempêtes sont beauoup plus fortes en hiver qu'en été. En automne, l'intensitémoyenne
augmenteetdes sautes de vents parfois extrêmessontenregistrées (moisde septembre et
d'otobre).
Maislesonditionsatmosphériquesnesemanifestentpasuniquementparlevent,ainsi
laouverturenuageuseinuesurlesuxdehaleurinidentsetlatempératuredel'airàla
surfaede l'oéanfaitvarierlatempératuredel'eaupar ondutionthermique, l'intensité
desuxde haleurlatente,de l'oéanvers l'atmosphère,par lebiaisde l'évaporationainsi
que lerayonnement infrarougede l'oéan.
L'évaporation de l'eau en surfae et le ux de haleur latente qui en déoule sont
essentiellement ausés par le vent et équilibrent presque totalement le bilan radiatif, e
phénomène est responsable de la plus grandepartie des pertes de haleurà la surfae de
lamer, laonvetion et lerayonnement infrarougene jouant qu'un rle seondaire.
Sur le plateau, les forçages de surfae (ux de haleur inidents) et l'advetion hori-
zontale ontribuent de façondominanteàl'évolutionde latempératurefaeàl'advetion
vertiale(upwelling,downwelling),lemélangehorizontaletladiusionvertiale.Denom-
breux auteurs:James (1977),MarietteetLe Cann(1985)ouenoreUmoh etThompson
Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec Jan 0
2 4 6 8 10 12 14 16 18
1995
m.s −1
(a)
Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec Jan
0 50 100 150 200 250 300 350
1995
degres
(b)
Fig.1.2a):IntensitéduventmesuréàOuessantauoursdel'année1995.b):diretion
du vent à Ouessant au ours de l'année 1995. Une diretion du vent de 0
o
en ordonnée
orrespond à un vent de nord, 90
o
orrespond à un vent d'est. Données initialement tri-
horaires,moyennées sur 24heures. D'après Pelou (2003)
sont faiblesfaeaux variations de températuredues aux réhauements et auxrefroidis-
sements en surfae.
1.1.3 La irulation résiduelle en mer d'Iroise et dans la région
environnante
AunorddelaMerd'Iroise,enManhe,l'éoulementmoyen sefaitd'OuestenEstave
des eaux venant de l'Atlantique, de la mer Celtique ainsi que de la Mer d'Irlande, dans
ertaines onditions (GarreauetBaillydu Bois, 1997).Cet éoulementressort en mer du
Nord par le Pas de Calais où le transport est estimé à
120.10 3 m 3 .s −1
(Salomon et al.,1993).Lelongdu littoralNord-Bretagne,lesourantsrésiduelspeuventêtretrès forts,de
l'ordrede
0.2 m.s −1
typiquement(Garreau, 1993)etletemps de transitdes massesd'eau entre l'îled'Ouessant et lePasde Calais(i.e. temps de résidene de l'eau en Manhe) estestimé àun an.
Au Sud de la Mer d'Iroise, le long de la te Sud du littoral breton, les ourants de
marée sont nettement moins puissants (oeient de 70, de l'ordre de
20 cm.s −1
) et lairulation moyenne résiduelle y est don nettementplus faible(Fig.1.3).
Lamarée joueun rle importantdans etteirulation résiduelle.Elle induitd'autres
proessusphysiquesquelesimpleva-et-vientbiquotidiendes partiulesd'eau.Ainsi,tout
omme les ondes quart-diurnes (
M 4
etS 4
), le ourant résiduel de marée a pour origineles non-linéarités des équations de la méanique des uides : elles apparaissent lorsque
(a) Marnage (b) Courantsmax.en
m . s − 1
Fig. 1.3 a) : A gauhe, le marnage sur le littoral breton. b) : les ourants maximums
le long des tes bretonnes. Graphes pour une marée moyenne de oeient 70. D'après
Obaton(1996).
lorsque la variation du ourant devientrapide dans les zones de topographie mouvemen-
tée. Ces ourants résiduels de marée sont d'une importane apitale dans la dynamique
des masses d'eau de la région.
Le vent prend aussi une part importante dans ette irulation résiduelle (Heaps et
Jones,1987;Prandleet al.,1993)en "poussant"l'eaude surfaeapproximativementdans
lamêmediretionquelui.Lerledu ventpeut mêmeêtredominantetuneestimation de
Salomonet al. (1993) indique que
75%
du transports passant par lePas de Calais seraitdû au vent.
1.1.4 La stratiation thermique en Mer d'Iroise
et le front d'Ouessant
La struture saisonnière la plus importante en mer d'Iroise est le front thermique
d'Ouessant etelleest diretement liée àla formationde la thermoline saisonnière, dont
la formation et la persistane vont dépendre des ations antagonistes du ux de haleur
inident, de l'intensité de la maréeet de l'ation du vent.
Cefrontthermiqueséparedeseauxhomogènesentempératuresurtoutelaprofondeur
près de la te d'eaux stratiées au large. En surfae, les eaux sont par onséquent plus
froides près de late qu'au large (et inversement en profondeur). Pour être plus préis,
en Iroise, il existe deux fronts (Fig. 1.4) : un interne, pas toujours observable selon les
t
Sein Island Ushant Island
External front
Internal front Open Sea
Stratified Water OSSW
Fresh Well−Mixed Water
FWMW
Fig.1.4Image satelliteRSDASdelatempératurede surfaede l'oéandu 24juin1995
à 3h26 GMT.
baie de Douarnenez, stratiée, de la zone homogène plus au large. Et un autre front,
externe elui là, qui passe à l'ouest des îles d'Ouessant et de Sein pour se prolonger en
entrée de Manhe. On note dans la littérature que le positionnement du front externe
d'Ouessant est approximativement le long de l'isobathe 100 m et se déplaerait aussi à
la fréquene des yles de marée (Le Corre et Morin, ommuniation personnelle) mais
toutes lespubliations ne s'aordent pas sur e point.
Enété,latempératurede surfaeatteint
18
à19◦
Caularge,voireplus danslesbaies.Enzone homogène,ellenedépasse pas les16
◦
Cetdesend même,dans ertainsendroits
autour de Ouessant,jusqu'à 12.5
◦
C(Le Corre,ommuniation personnelle). Sur lereste
de laolonned'eau,latempératurevarie entre 10
◦
Cen zone stratiéeet 13
◦
Cen zone
homogène.Enhiver,lamassed'eauestpartouthomogèneavedestempératurede l'ordre
de 10
◦
C(Mariette, 1983).
De nombreuses études se sont onsarées à dérire et à modéliser les proessus phy-
siques régissant l'apparition de e front et ses onséquenes sur la dynamique oéanique
environnante. Lespréédentes études ayanteu pour objetif la ompréhensionde lamise
en plae du front d'Ouessant remontent à un artile de Mariette et Le Cann (1985). Les
Niller et Kraus (1977) auquel ils ont ajouté leseets de turbulene dus aux frottements
de la marée sur le fond (Altazin-Pihon, 1981) et un modèle de marée développé par
Mariette et al. (1982).Cet artile est orientésur l'étudedes proessus quientrent en jeu
lorsdelaformationdufrontd'Ouessantpendantlapériodeprintempsetdébutd'été1980.
Auparavant,denombreusespubliationss'étaientintéresséesaufrontd'Ouessant(Altazin-
Pihon,1981;Garzoli,1978)etdesampagnesdemesuresavaientétéeetuées (LeCorre
et Mariette,1985)).
Parlasuite, d'autres ontnéanmoins faitréféreneauphénomène(Jégou(1993);Langlois
(2000),...), notamment pour des études entrées sur lesaratéristiques de lairulation
et de la stratiation autour de la Bretagne (Garreau, 1997, 1993; Obaton, 1996) ainsi
que d'autres, essentiellement axées sur labiologie (Birrien, 1987).
Formation :
L'apparition d'un front thermique en mer d'Iroise est due à la ompétition entre le
mélangeengendréparfrottementdesourantssurlefondetleuxdeottabilitéengendré
parlehauagedelasurfae.Eneet,d'unoté,surleplateauontinental,lesourantsde
maréeexerentunetensionsur lefondtrès forte,produisantunniveau d'énergieinétique
turbulenteélevée qui onduitàun importantmélangevertial.D'un autreoté, de maià
septembre, lesuxde haleurde surfaedeviennentpositifsetl'oéanreçoitdelahaleur
de l'atmosphère.Danslesrégionsoùlaprofondeurest susamment importantepour que
le mélange de fond n'atteigne pas la surfae, es ux de haleur permettent l'apparition
d'une thermoline saisonnière. Les régions peu profondes sont par ontre mélangées sur
toute laolonne d'eau etl'on n'y renontre pas de thermoline. Cette période de l'année
est également nomméepériode de stratiation.
Historique et prédition du front :
C'est Bigelow (1927) qui avança en premier le proessus présenté pour expliquer le
front thermique observé sur le Georges Bank dans le Golfe du Maine aux Etats-Unis.
Dietrih (1950), suggéra que le front, à travers la partie Ouest de la Manhe existait en
raison d'une augmentation du mélange vertialdans lesrégions peu profondes. En1974,
Simpson et Hunter donnèrent une théorie basée sur des aluls de bilans énergétiques
unidimensionnelsvertiauxetdéveloppèrentun ritère 1
,basé sur etteompétitionentre
mélange vertial et ux de ottabilité pour évaluer la position de front. Ce ritère se
présentesous laformesuivante:
S = log 10 hU h 3 i
,ave h:profondeurde laolonned'eau,
h U i
:amplitude du ourant de marée barotropepour une maréemoyenne.1
Fig. 1.5 Shéma présentantle front de marée. A droite larégion stratiée, à gauhe la
region homogène etpeu profonde.Tirée de Simpson(1981)
Tehniques d'études des fronts :
Lameilleurefaçonde visualiserlesfrontsest l'utilisationd'imagessatellitesinfrarouges
(SimpsonetBowers,1979).Ellesdonnentunevisiondelasurfaedel'ensembledu phéno-
mène.Ellessontparontreinutilisablesen asde ouverturenuageuse, equipeut rendre
le suivi de l'évolution du front parfois déliat sous nos latitudes. Sur le terrain, les me-
sures CTD(Allenet al., 1980;Farmer et al.,1995; Marié et al.,2008),ADCP 2
(Pershing
et al., 2001;Marié et al.,2008), àl'aide de traeurs (Houghton etHo, 2001),de otteurs
dérivants(DrinkwateretLoder,2001;Naimieetal.,2001;Marié etal.,2008)donnentune
idée de la struture ourantomérique sur l'horizontale et la vertiale de la zone frontale.
Ces ampagnes ont un oût importantet n'orent une visiondu phénomène que durant
la période de la ampagne. Il reste les modèles numériques qui sont un outil idéal pour
e genre d'étude, fournissant un résultat synoptique tout à fait omplémentaire ave les
données d'observations itéespréédemment.Notons néanmoinsqu'ilsne permettent pas
de s'aranhird'une validationà l'aide de données issues de mesures.
1.1.5 Les proessus assoiés à e front
Jet géostrophique le long du front : Sur la gure (Fig. 1.5), à droite, nous avons
une eau plus froide en surfae mais plus haude au fond qu'à gauhe du front. Un fort
gradient de densité existe don entre es deux région atteignant de l'ordre de 1
o C/km
2
(Simpson et al., 1978).Un jet frontalse développe alors longitudinalementaufront pour
ontrebalanergéostrophiquementetéartdedensité.Enréantesourantshorizontaux
intenses mesurés à plusieurs dizaines de entimètres par seondes (Farmer et al., 1995)
et estimésd'après alulà 30
cm.s −1
(Simpson, 1981),les frontsaetent grandement lesshémas de irulation sur leplateauen introduisantde fortsourants résiduelsdans des
régions de faibleétendue spatiale.
Cellule vertiale de onvergene : Des ourants vertiaux, d'intensité moindre,
existent également (Farmer et al., 1995) dans ette zone frontale : upwelling en zone
mélangée,régiondeonvergene(downwelling)prohedufront(James,1978)ouauniveau
du plus fort gradient horizontalde température (Simpson et al., 1978).
Tourbillons : Le front représente une interfae entre deux zones aux propriétés hy-
drologiques diérentes, ette interfae osille et il naît des perturbations de l'ordre du
premierrayoninternede Rossby R
i
.Nées de l'instabilitédu jet(Huanget al.,1991),elles roissent et forment des strutures "en forme de rohets" (hook-like strutures) qui sedéveloppent du oté stratié. En se détahant du front, elles emprisonnent des lentilles
d'eauhomogèneréantainsides tourbillonsde 20à40kmdediamètreayantuneduréede
vie de 1à7jours en zonestratiée. Ces tourbillons, d'originebaroline bienque d'autres
origines soient envisagées (Garret et Loder, 1981), sont pratiquement tous yloniques
(Pingree et Griths, 1978), on les repère aisément sur une image satellite et elles sont
shématiséessur lagureFig.1.5.Uneétuderéentede lanaturedesinstabilitéstrouvées
en mer d'Iroise est onsultable dans lathèse de Mar Pave (Pave, 2007).
Uneéhelle de grandeur horizontale des frontsetautresphénomènes dynamiquessus-
eptibles de se développer dans le domaine est donnée par le premier rayon interne de
déformation de Rossby 3
. Après aluls, nous trouvons
R int− Iroise = 6km
. Une valeur de7,4 km est donnée par Emery et al. (1984) pour une région plus Nord située à l'ouest
immédiatde l'Irlande, Huang et al. (1991) donnent 5,8 kmpour ette mêmerégion.
Ces instabilitéspartiipent ainsi aux éhanges entres les deux régions séparées par le
front. En formant une sorte de frontière pour les masses d'eau loales, es fronts sont
suseptibles de ontrler les éhanges entre les zones mélangées et stratiées par le biais
d'instabilités etde génération de tourbillons.
3
Dans le as d'un modèle simplié à deux ouhes homogènes séparées par une thermoline, nous
avons:
R int = 1 f ∗
r g ′ H 1 H 2
H 1 + H 2
(1.2). Ave
g ′ = g ∗ ∆ ρ/ρ
,∆ ρ/ρ = − α T ∆ T
. Le∆ T
, diérenedetempératureentre ledessus et ledessous de lathermolineest de l'ordrede7,5o C
,g = 9 . 81 m.s − 2
,etα T = 1 . 79 . 10 − 4
. A l'extérieurdufront, la profondeur est del'ordred'une entaine demètres don:H 1 = 100 m
, laprofondeur dela thermolineestdel'ordrede20mdon
H 2 = 20 m
etf lat=45 o = 1 . 027 . 10 − 4
.Front d’Ouessant Filaments de déstabilisation
Fig.1.6Imagesatellitedufrontd'Ouessant,lesrohets ettourbillons,du otéstratié
sont visibles. D'après Pingree(1978b)
Impat sur la biologie : Lesfrontsde maréeetdonelui d'Ouessant ontun impat
signiatif sur la biologie. En zone stratiée, nous avons une eau de surfae haude, en
ontat diret ave les rayons lumineux. Lors du bloomprintanier, le phytoplanton s'y
développerapidementmais lesréserves en nutrimentssont faiblessur ettene épaisseur
d'eau. La ouhe de fond en revanhe est rihe en nutriments mais froide et isolée du
soleil, e qui ne permetpas auxdiérentes espèes d'y roître.
En région homogène, la ouhe d'eau est mélangée sur la vertiale, la température n'est
pas très élevée maisstatistiquement,touteslespartiulesd'eau passentprès de lasurfae
et la zone est par ailleurs rihe en nutriments (mélange intense depuis le fond par la
marée),le planton peut s'ydévelopper.
Dans es onditions, 'est au niveau du front que l'on trouve le meilleur rendement ar
uneeau mélangéeetriheen nutrimentsestauontat diretdel'eauhaudede larégion
stratiée (Fig.1.7).
Après ette desription des diérents proessus à l'oeuvre au niveau du front, mais
plus généralement en mer d'Iroise, nous présentons un résumé de quelques grandeurs
aratéristiques.
Résumé de quelques grandeurs aratéristiques en mer d'Iroise
•
Lavitesse du ourant dans le raz de Sein et lehenal du Fromveur en période de viveseaux:respetivement6noeudset8noeuds(artesdenavigationsduSHOM).L'amplitude
moyenne de l'onde de marée en entrée de Manhe est de 5m, elle est de 9m en Baie du
montSt Mihel (données SHOM).
•
La gamme de températurede l'eau en été est de 18à 19o C
en zone stratiée aularge,Fig. 1.7 Bloomphytoplantonique auniveau du frontd'Ouessant en période de strati-
ation
plus en zone tière dans lesbaies, 15 à16
o C
aumaximum en zone homogène et12,5o C
au minimum dans ertains endroits autour de Ouessant (Le Corre, ommuniation per-
sonnelle). Sur le reste de la olonned'eau, latempératurevarie entre 10et 13
o C
selon lazone (stratiée oumélangée). En hiver, au large, lamasse d'eau est homogène autour de
10
o C
.•
L'éart de température en été,∆T
, de part et d'autre du front est de 4 à 6◦
et legradient horizontale est de l'ordrede 1
◦
C
/km
.•
Lasalinitéosilleentre35.5 et35.1psu enhiverlorsde fortesrues (LeCorreetMorin,ommuniationpersonnelle).
•
Uneéhelle de grandeurhorizontaledes frontssuseptiblesde se développer est donnée par le premierrayoninternede déformationde Rossby,de l'ordreR int− Iroise = 6km
.1.2 Objet de la thèse
Objetifs de la thèse
Lesobjetifsdeettethèsesontmultiples:ils'agitde manièregénéralede omprendre,
modéliser et quantier les proessus physiques majeurs en Mer d'Iroise et au niveau du
frontd'Ouessant,eidans unedémarhe de modélisationréaliste3D,àhauterésolution.
Enpremierlieu,ils'agitdereproduire,àl'aided'unmodèlehydrodynamique,lairu-
lationgénéralemoyenneen Merd'Iroiseainsiquelesdiérentsmotifsthermodynamiques.
Sur ette base, il s'agit ensuite de dresser une artographie préise de la mer d'Iroise en
terme de régimes dynamiqueset bilans de haleur moyen.
Le seond objetif onerne l'évaluation de variabilité et de la sensibilité du front
d'Ouessant (strutureetposition)etdela thermolinesaisonnièreaux diérentsforçages
externes auxquels e système est soumis.
Enn,ledernierobjetifonerne l'évaluationdestransportsetdeséhangesdemasse
à travers lefrontd'Ouessant. Ce dernierpointa un double objetif :
1)d'abord mettre en plae des outils etune méthode d'analysepour diagnostiquer,dans
des simulationsnumériqueles ux ross-frontaux.
2)établir des analyses synthétiqueset pertinentes pour la ommunauté "biogéohimie".
Plan du manusrit
Le plan du manusrit reprend don ses diérents éléments et s'artiule omme suit :
danssonseondhapitre,nousprésenteronslemodèlenumériqueoéaniqueemployé,puis
détaillerons la ongurationréaliste mise en plae et enn nous présenterons lestravaux
de validationeetués.
Ensuite, dans le hapitre 3, nous dérirons la struture thermodynamique de la mer
d'Iroise, à l'éhelle saisonnière et analyserons la irulationmoyenne.
Unefoisettedesriptiongénéralede lamerd'Iroiseeetuée, nousnousappliquerons
dans lehapitre4,à diagnostiquerles diérents régimesdynamiques identiablesen mer
d'Iroise etnotammentl'impatdu frontde marée.Danse hapitre,lesbilansde haleur
sontégalementanalysésetlerle des uxlatérauxadvetifsest omparéeàelui des ux
de haleurair-mer vertiaux.
Danslehapitre5,nousprésentons l'impatdesforçages externessuivant:vent,yle
de marée morte-eaux/vives-eaux et ux de haleur turbulents, sur la variabilité de la
position du frontet sur l'étendue de lazone mélangée en mer d'Iroise.
Enn danslesixième etdernierhapitre,nous présentons uneméthodologied'analyse
ainsiquelespremiersrésultatsonernantl'évaluationdestransportsdemasseàtraversle
frontd'Ouessant,àl'aidedel'outildesuivilagrangienARIANE. Cesrésultatsdemandent
à être omplétés mais semblent indiquer que les zones d'export de masse depuis la zone
Outil numérique de l'étude
Ce travailde thèse s'insritdansleadred'une étuded'oéanographierégionale,dans
laquelle nous reherhons, en premier lieu, à reproduire les aratéristiques prinipales
de la région de manière réaliste. Nous avons abordé ette étude régionale par une ap-
prohe de modélisation réaliste à l'aide d'un modèle numérique d'oéan aux équations
primitives. Cette approhe nous permet alors d'avoir un outil apable de représenter
un maximum d'ingrédients physiques et de simuler la dynamique et les aratéristiques
oéanographiques de la régiond'étude. Toutefois, l'une des diultés assoiées à e type
d'approhe réaliste est la rihesse de la physique modélisée et des proessus dérits de
sorte qu'après avoir réussi à représenter et simuler la région d'étude de manière satisfai-
sante, l'un des objetifs prinipaux de et exerie de modélisationest la ompréhension
du rle partiulierjoué par haun des diérents proessus en interation.
Dans e hapitre, le modèle est d'abord présenté de manière générale pus nous dé-
rivons sa onguration"Iroise". Laseonde partie s'attahe àprésenter laonguration
"Iroise" mise en plae, an de permettre au leteur de bien appréhender le reste du ma-
nusrit.
2.1 Desription du modèle
2.1.1 Généralités
Le modèle hoisi est Roms (Regional Oeanographi Modelling System), 'est une
évolution du ode numérique SPEM (Semi Spetral Primitive Equation) développé à
l'Université de Rutgers par Haidvogel (1991) et aratérisé par des oordonnées
σ
. Parla suite, une version plus élaborée appelée Srum (S-Coordinate Rutgers Model) a été
développée par Song et Haidvogel en 1994 : elle assoiait surfae libre et oordonnées
vertialesgénéraliséess épousant latopographieetpermettant d'augmenter larésolution
près de la surfae et du fond.
Roms est une évolution de Srum, inluant des shémas numériques plus robustes et
moins oûteux, améliorant notamment la préision du alul de la irulation tière. Il
a été onçu initialement pour simuler la irulation tière et 'est aujourd'hui un outil
polyvalent grâe aux développements réalisés par sa ommunauté internationale d'utili-
sateurs : outils de pré et post-proessing eae, possibilité de simuler le déploiement
de "traeurs passifs", lâhé de otteurslagrangiens, mouillagesnumériques, modulesbio-
géohimiques, sédimentologiqueset...
Son système de oordonnées vertiales épousant la topographie est partiulièrement
adaptée àl'étude de proessusdépendant de labathymétrie etilpossède un sous-modèle
de turbulene performant, KPP (non-loal K-Prole Planetary boundary layer paramé-
trisation.)(Largeetal,
1994
).Parailleurs,leode estparallélisé,lesalulsétantdès lors réalisables ave les protooles MPI (Message Passing Interfae), mémoires partagées ouOpenMP (Open MultiProessing, mémoiresdistribuées).
Nos travaux ont été eetués ave la version AGRIF (Adaptive Grid Renement in
Fortran)de Roms, développée et maintenue notammentpar P.Marhesiello etP.Penven
au entre IRD de Nouméa et de Brest. Cette version de Roms est le fruit d'une olla-
boration ave L. Debreu de l'INRIA (Institut National de Reherhe en Informatique et
Automatique) àGrenoble etJ.C. MWilliams,A. Shhepetkin, X. Capet, M. BlaasetH.
Frenzel de l'UCLA (Univeristy of LosAngeles).
2.1.2 Equations primitives et onditions aux limites
Leshypothèseslassiquesetfondamentalespourlamodélisationdeséoulementsoéa-
niques qui permettent d'obtenir les équations hydrodynamiques de Roms, à partir des
équations de Navier-Stokes, sont les suivantes :
L'approximation hydrostatique:onsuppose quel'oéanest uneouhe d'eaupeu pro-
fonde et ononsidère alors queleséhelles horizontales sonttrès supérieures auxéhelles
vertiales.L'équationde Navier-Stokessuivantlavertialeestonsidérablementsimpliée
et se résume alors à l'ériture de l'équilibre hydrostatique. Les vitesses vertiales, dont
leséhelles spatialeset temporelles sont supposées petites, ne sont pas expliitemental-
ulées et sont déduites de l'équation de ontinuité. Les proessus faisant alors intervenir
des vitessesvertiales(ondes internes,onvetion...) doiventalorsêtre paramétrisésviale
sous-modèle de fermetureturbulente.
L'approximation de Boussinesq : la densité de l'eau et la pression sont supposées
varier peu dans l'espae etletemps autourde leur valeurmoyenne. Cetteapproximation
permet de négligertoutes les variations de densité dans l'équation de Navier-Stokessauf
pour la fore de gravité. Ces variations n'interviennent don qu'a travers de l'équilibre
L'hypothèse d'inompressibilité : on onsidère que la masse d'une partiule uide ne
varie pas ave la pression. Cette hypothèse transforme l'équation de ontinuité en une
ondition de non-divergene du hamp de vitesse.
Ces hypothèses permettent de dériver les équations de Navier-Stokes en des équa-
tionsplus simples,diteprimitives,dérivantlaonservationde laquantitéde mouvement
horizontale,l'équilibrehydrostatique, laonservationdelamasse,l'évolutiondelatempé-
ratureet de salinité.On obtient alors un système de
7
équations,à7
inonnues, présentéi-dessous en oordonnées artésiennes(x, y, z ave z roissantvers lehaut) :
∂ t u + u. ∇ u − f v = − ∂ x φ + F u + D u
(2.1)∂ t v + u. ∇ v + f u = − ∂ y φ + F v + D v
(2.2)∂ z φ = − ρg
ρ 0
(2.3)∂ t T + u. ∇ T = F T + D T
(2.4)∂ t S + u. ∇ S = F S + D S
(2.5)∂ x u + ∂ y v + ∂ z w = 0
(2.6)ρ = ρ(T, S, z)
(2.7)qui ont pour onditions aux limites en surfae (
z = ζ
)et aufond (z=− h
, hétant laprofondeur) :
z = ζ
A v ∂ z u = τ s x A v ∂ z v = τ s y K v T ∂ z T = ρ 0 Q C p K v S ∂ z S = (E−P ρ 0 )S
w = ∂ t ζ + u∂ x ζ + v∂ y ζ
z = − h
A v ∂ z u = τ b x A v ∂ z v = τ b y K v T ∂ z T = 0 K v S ∂ z S = 0
w = − u∂ x h − v∂ y h
ave :
u, v et w sont les omposantes de la vitesse en oordonnées artésiennes (x,y,z) et
u =(u,v).
Test latempératurepotentielle
S est lasalinité
ζ
est l'élévation de surfae P est la pressiontotale
ρ 0 + ρ
est ladensité totale in-situ
φ = ρ P 0
est la pression dynamiquef est le paramètre de Coriolis
F u
,F v
,F T
etF S
représentent lestermes de forçagesD u
,D v
,D T
etD S
représentent lestermes de dissipation
A v
,K v T
,K v S
sont les oeients de mélange vertiaux : visositéA v
, diusivitéthermique
K v T
et diusivité halineK v S
.A v
est egalement notéAk v
,K v T ≡ Ak T
etK v S ≡ Ak S
τ s x
,τ s y
sontlesomposantesde latensionvisqueuseexeréepar leventsurlasurfaelibre
τ b x
,τ b y
sont lesomposantes de la tensionde fondQ et
E − P
désignent respetivement les ux de haleur et d'évaporationnette en surfaeh laprofondeur
La fermeture turbulente nous fournit les oeients de mélange vertiaux
A v
,K v T
,et
K v S
à l'intérieur de la olonne d'eau. En surfae et au fond, es oeients ne sont pas alulés par le sous-modèle turbulent, e sont les ux vertiaux (quantité de mou-vement et traeur) qui sont imposés diretement via les onditions aux limites dérites
préédemment. En surfae, es onditions permettent de forer l'oéan par la tension de
vent, les ux de haleur éhangés ave l'atmosphère et les ux de salinité par évapora-
tion/préipitation. Au fond, es onditions permettent de presrire des ux de haleurs
et de salinité nuls au fond de l'oéan (notons toutefois que pour ertaines appliations,
des uxde haleursont presrits, par exemplepour modéliser des souresgéothermales).
Il reste alors le ux de quantité de mouvement sur le fond faisant intervenir la tension
exerée par le ourant. Ce stress de fond doit être paramétrisé en fontion du ourant
lui-même.Il existe alors trois types de paramétrisations utilisablesdans le ode :
"Frition linéaire"
(τ b x , τ b y ) = − r (u b , v b )
ontrlée par la "vitesse de frition"r
(homogène àune vitesse).
"Fritionquadratique"
(τ b x , τ b y ) = C d
q u 2 b + v b 2 (u b , v b )
ontrlée par le oeient defrition
C d
(sans dimension)."FritionquadratiqueaveouhelogarithmiquedeVonKarman-Prandtl":frition
detypequadratiqueave unoeientde frition
C d = ( log[∆z κ
b /z r ] ) 2
siC d min < C d <
C d max
et l'une des deux valeurs limitesC d min
ouC d max
siC d
est en dehors de etintervalle. L'utilisateur ontrle dans e as l'éhelle de rugosité
z r
et les valeursextrêmes
C d min
etC d max
du oeient de frition.κ = 0.41
représente la onstantede VonKarman et
∆z b
, l'épaisseur du premier niveau au fond.La "Frition quadratique" et "frition quadratique Von Karman" ont les mêmes formu-
lations,la diérenedans le as de la paramétrisationde Von-Karmanréside dans lefait
que le oeient de traînée
Cd
est variable et dépend de l'épaisseur du premier niveau vertial, atteignant sa valeur maximalesi la résolution vertiale près du fond est prohede l'éhelle de rugosité,
z r
. La desription des onditions aux limites horizontales seraabordée dans lasetion 2.2.3
2.1.3 Coordonnées vertiales suivant la topographie et oordon-
nées horizontales urvilignes
Roms est un ode dit "en oordonnées
σ
généralisés, s", 'est à dire que les niveaux vertiaux épousent la forme du fond en suivant exatement la topographie et que larésolution peut être augmentée en surfae et au fond. Ces oordonnées vertiales s sont
ompriseentre [-1;0℄ etorrespondent aux niveaux z telque :
z = ζ(1 + s) + h c s + (h − h c )C(s)
ave
C(s) = (1 − b) sinh[θs]
sinh θ + b tanh[θ(s + 1 2 )] − tanh[ 1 2 θ]
2 tanh[ 1 2 θ]
Lesparamètres
θ > 0
,0 < b < 1
eth c
permettentde ontrlerlarésolutionde lagrillevertialeet son "étirement".
h c
dénitdon l'épaisseur sur laquelle on souhaiteaugmen- ter la résolution en surfae de lagrille vertiale, (il vaut mieux queh c
soitinférieur à laprofondeur minimale dénitdans ledomaine),
θ
denit le tauxd'augmentation de la ré- solutiondansetteouhe desurfae.b dénitquantàluil'augmentationdelarésolutiondans la ouhe de fond (
b = 1
équivaut à une augmentation de résolution identique à la surfaeetb = 0
,àauunranementderésolution aufond). Onretrouve desoordonnéesσ
lassiques,sans étirement de surfae et de fond quandθ → 0
, ona alorss = σ = z−ζ h+ζ
.Sur l'horizontale, Roms est un modèle quiutilise lesoordonnées urvilignesorthogo-
nales(Fig.2.1).Celapermetd'avoirunegrillehorizontalequisuitlafrontièreetpermetde
mieux représenter des frontières latéralesirrégulières, ei permet également d'avoir une
résolution spatiale variable latéralement. Par exemple, on peut augmenter la résolution
aufuretàmesurequel'onserapprohede lateetplaerlemaximumde ressoures de
alul sur les zones d'intérêt. Ces nouvelles oordonnées urvilignes (
ξ
,η
) sont obtenuespar une transformation ad ho des oordonnées artésiennes (x,y) sur l'horizontale. Ces
nouvelles oordonnées sont obtenues en alulant les distanes urvilignes
dξ
etdη
entre2points.Ces distanessontliées auxlongueursd'ar parlesfateurs d'éhelles
m(ξ, η)
etn(ξ, η)
suivant la relation Eq. (2.8-2.9). Ces fateurs d'éhelles dépendent de lagrille dumodèle ainsi que de la sphériité de la Terre
ds ξ = 1
m dξ
(2.8)ds η = 1
n dη
(2.9)η 2
η 1
ξ 2
ξ 1
Fig.2.1 Coordonnées urvilignes
Dans e système de oordonnées
s
, lavitesse vertiale est dénie omme :Ω = 1
H z
[w − ∂z
∂t − mu ∂z
∂ξ − nv ∂z
∂η ]
(2.10)Les onditions aux frontières inématiques dans e système de oordonnées deviennent
alors : en
s = 0
,Ω = 0
ets = − 1
,Ω = − 1
2.1.4 Disrétisation spatiale
Danslesdiretionshorizontales,lesdérivéessontapproximéespardesdiérenesnies,
alulées sur une grille déalée d'Arakawa du type "C" (Fig. 2.2, a). Cette grille est
partiulièrement bien adaptée pour des problèmes ave une résolution plus ne que le
rayon interne de Rossby 1
(Hedström, 1997). Sur la vertiale, les dérivées sont également
aluléesen utilisantégalementunegrilledéalée(Fig.2.2,b), ave lespoints
ρ
interalésentre deux points
Ω
.L'utilisation des es grilles déalées permet d'érire les équations sous forme de ux
en limitantlenombre d'opérationsde moyennesetdon d'optimiserlaonservation de la
quantité de mouvement etde traeurs dans le domaine.
2.1.5 Shéma d'advetion
Uneapprohe lassiqueenmodélisationoéaniqueest letraitementde l'advetionpar
un shémaentré d'ordre
2
.Engénéralassoiéàun shématemporelde type leapfrog,eshémaestdispersifetinduitdu bruitnumériquepardispersion.Pouratténueretlissere
1
(a) GrilleCd'Arakawa (b) GrilleCd'Arakawa
Fig. 2.2 Déalage des variables sur la grille C d'Arakawa (à gauhe) et sur la grille
vertiale(à droite).
bruitnumérique,onfaitalorsappelàdesopérateursdiusifsd'ordreassezélevé(laplaien,
bilaplaien) qui vont avoir la double fontion de modéliser les eets visqueux de l'oéan
mais aussi de lisser et de limiter e bruit numérique. Généralement la dissipation alors
néessaire pour lisser lebruit numérique est tropimportanteonférant àl'éoulementun
aratèreartiiellementvisqueux. DansRoms,lesshémasd'advetionsontd'ordreplus
élevés etont été odés an de limiter aumaximum leseets dispersifs.Sur l'horizontale,
il s'agit d'un shéma upstream biaisé quasi-monotone d'ordre3 (du type Quik) (Shhe-
petkine etMWilliams, 1998). Sur la vertiale, il s'agit d'une reonstitutiondes dérivées
vertiales, via des "splines" paraboliques, équivalentes à un shéma onventionnel très
préis d'ordre 8. Ces shémas d'advetion possèdent en fait une partie diusive intrin-
sèque leurpermettantde limiterladispersionetles"overshooting".Ladiusion expliite
utiliséelassiquementn'estdès lorsplus néessaireetseule ladiusionimpliitedes shé-
mas d'advetionagit. Agrilleéquivalente, grâeàette optimisationdispersion/diusion
des shémas d'advetion, larésolution eetive de lasolutionest alors augmentée.
2.1.6 Disrétisation temporelle
An de limiter lesoûts de alul,les équationsprimitiveset l'équationde ontinuité
utilisent un shéma temporel dit "split-expliit". Cela onsiste à séparer le alul de la
dynamique rapide barotrope (2D) de elui de la dynamique baroline(3D), plus lente
puis de les reoupler en n de alul. Cettetehnique permeten eetun gain numérique
à résoudre mais permettent, en raison du ritère CFL, des pas de temps
δt bc
plus élevésqueeux du mode rapidede ladynamiquebarotrope.Pour eetuerette séparation, les
équationsprimitivessontintégréessurlavertialeandefournirlesvariablespronostiques
du mode barotrope :
ξ
,u
,v
. Ces variables sont alors aluléesN bt
fois entre2
pas detemps"barolines"avantd'être réinjetées dans lemodèle 3D. Ande limiterleserreurs
assoiées à "l'aliasing"des hautesfréquenes résolues par lemodèle 2D mais pas 3D, les
variables,
ξ
,u
,v
dumodèle2Dsontmoyennéessurunpasdetempsbarolineavantd'êtreinjetées dans le modèle 3D (Shhepetkine et MWilliams, 2005). Les équations, 2D et
3D, sont disrétisées dans le temps suivant un shéma trés robuste du type préditeur
(Leap-Frog) / orreteur (Adams-Moulton) d'ordre 3. La stabilité assoiée à e shéma
temporel permet des pas de temps plus grands, d'un ordre 4, que eux permis par des
shémas plus "lassiques", le suroût de l'algorithme préditeur/orreteur étant alors
largementompensé.
2.1.7 Problème du gradient de pression
L'avantagemajeurdes modèlesenoordonnées sigmaest latransformationdu fondet
de la surfae libre en surfaes de oordonnées, permettant de représenter préisément les
onditionsauxlimitesensurfae,
s = 0
etaufond,s = − 1
.Néanmoins, ettetransforma- tion est également la soure du prinipal inonvénient de e type de modèle : leserreursassoiées aux aluls du gradient de pression. La fore de pression s'exprime omme la
somme de
2
termes:− 1 ρ 0
∂P
∂x | z = − 1 ρ 0
∂P
∂x | s + 1 ρ 0
∂z
∂x | s ∂P
∂z
(2.11)= − 1 ρ 0
∂P
∂x | s + 1 H z
1 ρ 0
∂z
∂x | s ∂P
∂s
ave
H z ≡ ∂z
∂s
(2.12)Lepremiertermereprésentelegradientdepressionlelongdessurfaes
s = cste
,leseondestuntermeorretifdestinéàéliminerlegradientvertialontenudanslepremierterme,
etappeléorretionhydrostatique.Prèsdesfortespentes,esdeuxtermessontimportants
et omparables en amplitude. Dés lors, une petite erreur dans leur alul, en diérenes
nies,peut entraînerune erreurimportantesur lealul dugradientde pression:'est e
que l'on nomme l'erreur de tronature (Song, 1998). Pour que ette erreur soit ontrlée
ondoit respeter la ondition suivante:
ǫ = | ∂P ∂x | s − ∂z ∂x | s ∂P ∂z |
| ∂P ∂x | s | + | ∂x ∂z | s | ≪ 1
(2.13)Cette erreur est visible quand on fait une expériene non-forée en stratiation neutre.
Dans le as d'erreur de tronature dans le gradient de pression, des ourants "numé-
riques", artiiels apparaissent, au-dessus des pentes. Cette expériene a été onduite
pour notre onguration etsera présentée par lasuite. L'utilisation de shémas d'ordres
élevés permet de pallier,ou du moins de limiter,ette erreur de tronature. Par ailleurs,
an de réduirees erreursde gradient de pression, latopographieest lissée. Leniveau de
lissageàappliquerest de latopographieelle-mêmemaisaussi de larésolutionhorizontale
du modèle et un ritère de lissage
r = ∆h h
est utilisée pour dénir le niveau de lissagesouhaité. Des résultatsempiriques (Haidvogel et al., 2000) montrent que les erreurs sont
bien limitéeset que lesrésultats sont robustes pour des lissage tels que
r ≤ 0.2
niveaux S aux niveaux Z Correction pour passer des
Niveaux sigma
Niveaux Z
Fig. 2.3 Shéma présentant le alul du gra-
dient de pression suivant les surfae iso-
S
et laorretion pour passer des niveaux
S
aux niveauz
L'autre soure d'erreur est l'inonsistane hydrostatique (Haney, 1991), ette erreur
est suseptible d'apparaître lors de la disrétisation de l'équation (Eq. 2.11), surtout
ave des shémas d'ordre peu élevés. Cette erreur peut apparaître quand les surfaes de
oordonnées
s
sont très rapprohées et que leur pente est importante, l'interpolation de la pression entre2
niveaux iso-s
peut alors se transformer en extrapolation, rendant dès lorsleshéma inonsistant (KliemetPiertrzak, 1999).Pour limiteres erreurs, plusieurssolutionsontété proposées (KliemetPiertrzak,1999; Song,1998),nous ne parlerons que
elles utilisées dans Roms. D'abord un shéma d'ordre élevé, (disrétisation spatiale du
4 eme
sur la formulation jaobienne de la fore de pression) est implémenté dans Roms pour le alul du gradient de pression (Shhepetkine et MWilliams, 2003). Une autresolutiononsisteà interpolerladensité vertialementautourdu niveau
z
onsidéré avantde aluler le gradient de pression, il est alors néessaire d'eetuer une extrapolation
pour les niveaux
s
de surfae et de fond.2.1.8 Paramétrisation du mélange horizontal
Lesproessus demélangeturbulentshorizontauxsontlassiquementparamétriséspar
des termes de dissipation/diusion de type laplaien harmonique ou biharmonique. Ces
termes ont un double rle, ils permettent de lisser et atténuer les eets de bruits nu-
mériques assoiés aux termes d'advetion mais également de représenter les proessus
physiquesde mélangeshorizontauxturbulentssous-mailles. Toutefois,onxe des valeurs
relativement importantes à es termes de dissipation/diusion pour pallier aux bruits
numériques des shémas numériques et généralement, es valeurs sont surévaluées par
rapport aux proessus de mélanges horizontaux turbulents et leur rle prinipal est de
lisser le bruit numérique des shémas d'advetion. Cei induit une dissipation trop im-
portantepour des raisons numériques. Dans Roms, étantdonnée lespropriétés diusives
etpeu dispersivesdu shéma d'advetion, nousavons hoisi de ne pas introduirede dissi-
pation/diusion expliitement, elle-i étant générée de manière impliite par le shéma
d'advetion.Onobtientainsidesoeientsdevisosité/diusivitéhorizontauxoptimaux
induisantun lissage des strutures horizontales minimal.Ilest toutefois ànoter quedans
e type de paramétrisation nous n'avons pas la onnaissane expliite des oeients de
mélangeturbulents horizontaux.