NOVEMBRE ET DÉCEMBRE 2020 N° 28
GRAND EST
CONJONCTURE VÉGÉTALE
Les cotations sont en hausse : l’offre limitée de plusieurs cultures rencontre une demande dynamique, avec des perspectives plus optimistes suite au début des campagnes de vaccination contre la Covid-19.
Le bilan de campagne des betteraves est l’un des pires depuis les années 1980 en raison de la jaunisse virale et de la sécheresse. Les résultats des pommes de terre sont en partie préservés grâce à l’irrigation. Une fois encore, la production fourragère est déficitaire, ce qui laisse craindre une poursuite de la décapitalisation des cheptels.
L’état des cultures dans le Grand Est est plutôt satisfaisant à l’entrée de l’hiver. Les premières estimations d’assolement laissent entrevoir une nouvelle baisse du colza, et une hausse notable du tournesol en 2021.
Enfin, les expéditions de vins d’appellation régionaux pâtissent toujours de la pandémie malgré une légère embellie pendant la période estivale.
GRANDES CULTURES
Cotations : progression générale des cours en fin d’année
Blé tendre meunier FOB Moselle En novembre, dans un contexte de demande internationale dynamique, la FAO révise les estimations de la production mondiale en baisse en raison des récoltes inférieures en Ukraine et en Argentine. Le temps sec en Russie est aussi inquiétant. En revanche, les tensions commerciales entre la Chine et l’Australie sont favo- rables aux exportations françaises.
Les acheteurs sont présents sur le marché français, tandis que l’offre est réduite.
Les parutions des rapports des esti- mations des récoltes canadiennes et américaines, inférieures aux attentes des marchés, sont les principaux fac- teurs haussiers des cours du mois de décembre. De même, les stocks mon-
diaux sont revus en baisse à cause de l’augmentation de la consomma- tion chinoise. Par ailleurs, la Russie instaure des taxes à l’importation de 25 €/t pour limiter l’inflation des prix des produits alimentaires. La récolte russe 2021 est estimée à 76,6 Mt contre 85,5 Mt en 2020, car elle rencontre les pires conditions de semis depuis les dix dernières années. La concurrence interna- tionale est intense avec la Russie offensive et l’Australie très compéti-
tive sur les marchés. Cette dernière se positionne plutôt en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. De plus, la hausse de l’euro face au dollar, suite à l’annonce de la commercialisation des vaccins contre la Covid-19, péna- lise l’exportation des blés français et européens.
Entre novembre et décembre, les cours du blé meunier FOB Moselle progressent de 5 €/t et atteignent 199 €/t.
140,00 150,00 160,00 170,00 180,00 190,00 200,00 210,00 190
140 160
€/t
J A S O N D J F M A M J
Moyenne* 2019-2020 2020-2021
Source : Marché de Paris *Moyenne des cinq dernières années hors campagne précédente
180 170 Graphique 1
Cotation blé tendre meunier - FOB Moselle
150 200 210
Orges FOB Moselle
▪ Orges fourragères
Les cotations des orges fourragères FOB Moselle progressent en suivant les cours du blé tendre. En raison des tensions commerciales avec l’Australie, la Chine se fournit en orges françaises, ce qui est favo- rable au marché hexagonal peu dynamique. Cependant, la concur- rence des origines Mer Noire reste forte. On note également l’achat par l’Arabie saoudite de 720 000 tonnes de céréales françaises. Les prix restent stables pour l’ancienne ré- colte en décembre, mais on observe d’importants achats en nouvelle ré- colte. Toutefois, les vendeurs restent prudents, car ils sont déjà bien enga- gés pour la nouvelle récolte.
Ainsi, les cours des orges fourra- gères FOB Moselle évoluent de 172 à 180 €/t entre novembre et décembre (+ 8 €/t).
▪ Orges fourragères
Durant le mois de novembre, la demande chinoise est bonne pour les qualités brassicoles, mais les marchés français et européens sont atones. Les cours de la récolte 2020 sont en nette hausse, car l’offre de- vient rare. En décembre, le marché est toujours calme. Les vendeurs sont présents contrairement aux acheteurs. Toutefois, les malteurs du Nord de l’Union européenne se four- nissent toujours en orges françaises.
Les cotations des orges de brasse- rie de printemps FOB Moselle sont de 209 €/t fin décembre (+ 14 €/t) et celles des orges de brasserie d’hi- ver FOB Moselle atteignent 203 €/t (+ 29 €/t).
Colza FOB Moselle
Les cotations des mois de novembre et de décembre sont marquées par la hausse des cours du pétrole et du soja américain. Les cours du pétrole progressent suite à l’accord entre les pays de l’OPEP pour ralentir la
production d’hydrocarbure jusqu’en janvier. Le début des campagnes de vaccination contre la Covid-19 raffermit encore les cours. Les prix de l’huile de palme malaisienne augmentent à cause de la baisse de production (pluies abondantes) et
de la faiblesse des stocks en Asie du Sud-Est. Le manque d’eau pénalise les semis et la production au Brésil et en Argentine, alors que les usines de triturations américaines tournent à plein régime. Les exportations de canola canadien sont dynamiques et 150140
160170
€/t 180
J J A S O N D J F M A M
Moyenne* 2019-2020 2020-2021
Source : Marché de Paris *Moyenne des cinq dernières années hors campagne précédente
200 190
145 155
€/t
J J A S O N D J F M A M
Moyenne* 2019-2020 2020-2021
Source : Marché de Paris *Moyenne des cinq dernières années hors campagne précédente
165
140 150
€/t
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2020-2021 2019-2020
Source : Marché de Paris **Moyenne des trois dernières années hors campagne précédente
160
340350 400
€/t
J J A S O N D J F M A M
Moyenne* 2019-2020 2020-2021
Source : Marché de Paris *Moyenne des cinq dernières années hors campagne précédente
420410
Moyenne**
430 Graphique 2
Cotation orge de printemps Planet - FOB Moselle 220210
Graphique 3
Cotation orge d’hiver Etincel - FOB Moselle
Graphique 4
Cotation orge fourragère - FOB Moselle
Graphique 5
Cotation colza - FOB Moselle 175
185 195
380370 360 390 190 180 170 215 205
la demande des triturateurs est forte, laissant craindre des stocks bas en fin de campagne. En France, les tri- turateurs sont également actifs, mais les primes sont fermes, car l’offre est peu abondante. La hausse de l’euro face au dollar pénalise la compétiti- vité des origines françaises et euro- péennes sur le marché mondial.
Les cours du colza FOB Moselle at- teignent 415 €/t à la fin du mois de décembre, soit une hausse de 29 €/t depuis le début du mois de novembre.
Maïs FOB Rhin
Les cours du maïs FOB Rhin suivent la tendance des cours du maïs améri- cain. Les écarts de prix avec le blé se réduisent. La Chine effectue d’impor- tants achats pour alimenter son bé- tail. En Ukraine, la sécheresse de l’été dernier a provoqué une importante baisse de production et des défauts de livraison à l’exportation. L’Amé- rique latine souffre également des mauvaises conditions climatiques et du déficit hydrique. En France, les fabricants d’aliments du bétail fran- çais, espagnols et du Nord de l’Union européenne effectuent des achats pour finir l’année 2020. En revanche, en décembre, la hausse de l’euro face au dollar, le retour des pluies en Amé- rique du Sud qui améliore l’état des cultures et des fabricants d’aliments du bétail bien couverts pour le pre- mier trimestre 2021, pénalisent les cours.
Les cours du maïs FOB Rhin sont de 198 €/t (+ 2 €/t) à la fin du mois de décembre.
Conditions de culture favorables en fin d’année
En Grand Est, les céréales d’hiver se développent favorablement. Fin no- vembre, les conditions de culture du blé sont bonnes pour 95 à 98 % des surfaces champenoises, lorraines et alsaciennes. Les cultures d’orges d’hi- ver poussent également bien pour 98 % des surfaces en Lorraine et 87 %
en Champagne. Le stade d’avance- ment des cultures est conforme à la moyenne quinquennale pour le blé tendre et l’orge d’hiver, les semis ayant pu être réalisés cette année aux dates habituelles. La sécheresse d’août et septembre, ayant entraîné des problèmes de levée, l’hétérogé- néité des parcelles de colza demeure et la capacité à passer l’hiver pour les colzas levés tardivement reste dépen- dante du stade de développement de la plante, de son enracinement et de son état sanitaire. Il faudra attendre la reprise de végétation pour décider du maintien ou non des parcelles les plus fragilisées. En Alsace, les colzas semblent se développer convenable- ment, aucun retournement n’a été observé.
La récolte de maïs s’est achevée plus précocement que l’année dernière et avec une à deux semaines d’avance par rapport à la moyenne des cinq dernières années, ce qui a permis aux semis de céréales d’hiver de se dérouler sans décalage en Alsace.
Assolement 2021 : le colza au plus bas, remontée du blé et du tournesol
Les surfaces de colza reculeraient encore en 2021 selon des résul- tats provisoires d’enquête, sachant qu’elles avaient déjà atteint un mini- mum historique dans la région Grand Est en 2020 (234 000 hectares). La baisse serait spécialement marquée en Lorraine (- 50 % à - 60 % en un an) ainsi qu’en Champagne (baisse d’un
tiers à - 50 % en un an). En contrepar- tie, les surfaces de blé tendre d’hiver augmenteraient pour la récolte 2021, hausse comprise entre + 10 % et + 20 % en un an. Les surfaces d’orges d’hiver seraient plutôt stables. Du côté des cultures de printemps qui restent à semer, les professionnels s’attendent à une forte hausse du tournesol (de + 25 % à + 35 % en un an), tandis que les orges de prin- temps seraient moins importantes que l’an passé dans l’assolement.
Les difficultés de la filière bette- rave expliquent le recul attendu des surfaces de - 5 % à - 15 % en Cham- pagne, tandis que la tendance reste incertaine pour l’Alsace. De même, il est difficile d’identifier une tendance pour les surfaces de maïs en 2021 à ce stade de la campagne de culture.
CULTURES INDUSTRIELLES
Betteraves : conclusion précoce d’une campagne très déficitaire La récolte des betteraves s’est ter- minée début janvier dans le Grand Est. La campagne d’arrachage a été raccourcie en raison des rendements fortement réduits par la jaunisse vi- rale, et la sécheresse. Contrairement aux campagnes habituelles, le ren- dement n’a pas progressé au fil des livraisons en usine en novembre et en décembre : le complément autom- nal de rendement n’a pas été réalisé, en raison de l’état des betteraves au sortir de l’été. Ainsi les estimations de rendement annuel 2020 ont été revues à la baisse.
145 155 165
€/t
O N D J F M A M J J A S
Moyenne* 2019-2020 2020-2021
Source : Marché de Paris *Moyenne des cinq dernières années hors campagne précédente
195 185 175 Graphique 6
Cotation maïs - FOB Rhin 205
Le prix du sucre sortie industrie dans l’Union Européenne a légèrement augmenté lors du premier mois de la nouvelle campagne sucrière (+ 5 €/t en octobre 2020) dans un contexte d’offre et de stocks déficitaires suite aux sécheresses successives et à la jaunisse virale en Europe du Nord- Ouest.
La conclusion de l’accord post-Brexit entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni, en vigueur depuis le 1er janvier, a rassuré l’ensemble des professionnels européens du sec- teur betterave-sucre : aucun droit de douane ni quota ne sera appliqué aux transactions entre l’île et le continent, sachant que le Royaume-Uni repré- sente 11 % des exportations de sucre français. De plus, les règles d’origine sont maintenues. Seul paramètre nouveau dans les relations commer- ciales : le Royaume-Uni s’est octroyé un contingent de 260 000 tonnes de sucre brut à raffiner, sans droit de douane, qui sera en concurrence avec les 500 000 tonnes de sucre raffiné vendu par les Européens aux britanniques chaque année, dont les deux tiers en moyenne sont d’origine Française.
Pommes de terre : hausse de la production en Grand Est
Les conditions de la campagne 2020 se caractérisent à nouveau par un été très sec avec des précipitations en net déficit dès le mois de juillet et des températures caniculaires au mois d’août. Le retour de la pluie début septembre a conduit à quelques phé- nomènes de repousse. La récolte des variétés précoces s’est déroulée dans des conditions de dessèchement du sol très importantes, nécessitant souvent l’irrigation pour faciliter le déroulement des chantiers. L’arra- chage des variétés plus tardives a, par contre, été ralenti par les précipi- tations du mois d’octobre. Les fortes températures estivales et la séche- resse ont stoppé le risque de mildiou présent en début de campagne. En
ce qui concerne les ravageurs, 2020 a connu des vols précoces de pucerons qui ont conduit localement à l’appari- tion de viroses dès la fin du mois de mai, et à la recrudescence de taupins et d’acariens. La pression doryphore est restée faible. Comme en 2018, l’ir- rigation a permis de préserver le ni- veau des rendements. La qualité des tubercules est globalement bonne mais des problèmes de germination précoce sont constatés.
Le rendement moyen en pommes de terre de consommation s’établit à 50 t/ha en région Grand Est, soit un rendement plus élevé qu’en 2019 et supérieur de 6 % à la moyenne quinquennale. En Alsace, où la séche- resse a été pénalisante et où des pro- blèmes de taupins ont impacté les volumes commercialisables, le ren- dement moyen se situe au niveau de 2019 à 35,5 t/ha soit 4 % en dessous de la moyenne quinquennale. En Champagne-Ardenne, le rendement moyen avoisine 52 t/ha, soit le meil-
leur rendement de France et supé- rieur de 7 % à la moyenne quinquen- nale. L’augmentation des surfaces se poursuit avec 500 hectares supplé- mentaires. La production de 2020 affiche une forte progression de près de 12 % en Champagne-Ardenne alors que la production alsacienne se maintient au niveau de 2019.
Dans le contexte incertain de cette campagne, le groupement des pro- ducteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen (NEPG) ap- pelle à réduire les surfaces à hauteur de 20 %. Toujours affectée par la pandémie, l’industrie de la transfor- mation de la pomme de terre n’a pas retrouvé son niveau d’activité qui reste limité entre 80 et 90 % de sa ca- pacité. Cette situation pourrait durer jusqu’à la réouverture de de la res- tauration. En l’absence de demande, les pommes de terre sans contrat avec l’industrie de la transformation ne sont pas commercialisables ou à des cours très bas. Elles partent vers
Rendement à 16°S
De référence* 2017 2018 2019 2020
08 – Ardennes 89,0 96,0 81,5 87,0 73,0
10 – Aube 88,1 97,0 74,0 74,0 57,0
51 – Marne 90,0 96,0 80,3 85,0 67,0
67 – Bas-Rhin 86,3 92,3 84,6 85,6 77,0
68 – Haut-Rhin 92,6 99,6 92,2 99,0 95,0
GRAND EST 89,0 96,1 79,1 82,5 65,9
* Moyenne olympique 2010-2019
Source : Agreste, Statistique agricole annuelle 2010 à 2019, GCMens au 1er décembre 2020
Tableau 1
Rendements betteraviers dans le Grand Est
250
Prix du sucre (t/ha)
Prix moyen UE
Zone 1 : Autriche, Tchéquie, Danemark, Finlande, Hongrie, Lituanie, Pologne, Suède, Slovaquie Zone 2 : Belgique, Allemage, France, Royaume-Uni, Pays-Bas
Zone 3 : Bulgarie, Espagne, Croatie, Italie, Portugal, Roumanie Source : Commission européenne
500 450 Graphique 7
Prix moyen du sucre blanc sortie industrie dans l’Union européenne
350 300 400
Oct.
2017
Zone 2
Déc. Janv. Fev. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.
2018
Janv. Déc.Nov.Oct.Sept.AoûtJuil.JuinMaiAvrilMarsFev.
2019
Janv. Sept.AoûtJuil.JuinMaiAvrilMarsFev.
2020
Nov. Oct.
Zone 3 Zone 1
l’exportation, l’alimentation du bétail, l’industrie de l’amidon et le biogaz afin de limiter le risque de stockage.
En effet cette année, première sai- son où le CIPC n’est plus autorisé, les producteurs sont confrontés à des soucis de germination, avec un ren- chérissement du coût de stockage, une moindre efficacité des solutions anti-germinatives alternatives pro- posées aux producteurs et un été chaud suivi d’un automne doux qui ont contribué à une levée rapide du repos végétatif des tubercules.
La consommation domestique de pommes de terre fraîches, poursuit par contre son accroissement. L’ex- portation est également à un bon niveau et se développe notamment vers l’Afrique. Toutefois des difficul- tés supplémentaires sur les marchés d’exportation pourraient apparaître en lien avec le Brexit.
La pomme de terre fécule qui ne bénéficie pas de l’irrigation connaît une nouvelle campagne difficile, alors que les perspectives de mar- ché laissent entrevoir des opportuni- tés. Le rendement moyen se situe à 36 t/ha à 17 % de fécule, soit 4 t/ha en dessous de la moyenne 2015-2019 et 1 t/ha de moins qu’en 2019. La pro- duction dépasse toutefois celle de 2019 de 8 000 tonnes compte tenu d’un accroissement de la surface de 300 hectares. La richesse en fécule a diminué au cours de la campagne et se situe en moyenne à 20,2 %. Le broyage des pommes de terre stoc- kées en silos extérieurs est terminé depuis les fêtes de fin d’année. La campagne devrait s’achever début février beaucoup plus tôt que d’ha- bitude. L’état sanitaire des derniers stockages de pommes de terre est globalement bon. Par contre l’état germinatif de certains lots devient critique avec des problèmes com- parables aux pommes de terre de consommation.
PRAIRIE ET FOURRAGES
Maïs fourrage : nouvelle année déficitaire
Avec des conditions climatiques peu propices au développement du maïs fourrage, les quantités récoltées sont inférieures aux tonnages habituels pour la troisième année consécutive.
Les rendements sont particulièrement hétérogènes sur l’ensemble de la ré- gion, selon les secteurs en fonction des types de sols, des dates de semis et des précipitations. Les maïs implantés tôt (début avril) ou tard ont été les plus impactés et présentent un manque de grains. Le rendement moyen du maïs fourrage non irrigué en Grand Est est estimé à 9,6 t MS/ha, un peu meilleur qu’en 2019 qui se situait à 9,1 t MS/ha.
Ce rendement moyen est par contre inférieur de 6 % à la moyenne quin- quennale 2015 à 2019. La Champagne- Ardenne et la Lorraine se situent à un peu plus de 9 t MS/ha, tandis que l’Alsace, moins affectée par la séche-
resse, affiche un rendement moyen plus élevé à 12,7 t MS/ha.
La qualité présente également une hétérogénéité importante selon la teneur en grains de l’ensilage. En Alsace, la qualité est satisfaisante et le taux d’amidon est plus élevé que l’an dernier. Par contre sur le reste de la région, la qualité des ensilages est impactée. La concentration en ami- don est faible et la teneur en fibres est élevée ce qui rend les ensilages moins digestibles. Cette année en- core, les rations devront être complé- mentées en céréales. Compte tenu du déficit de production, les éleveurs ont semé et récolté davantage de surfaces en maïs ensilage.
Prairies : la production des prairies permanentes chute de 40 % en Grand Est
La région Grand Est connaît une nou- velle année déficitaire avec des condi- tions météorologiques qui ont été préjudiciables à la pousse de l’herbe.
Source : Données conjoncture janvier 2021, SAA 2015 à 2019
Production (milliers de tonnes)
0 100 200 300 2020
2019
Pomme de terre de consommation Fécule 400
Graphique 8
Évolution de la production de pommes de terre de consommation et de fécule en Grand Est de 2015 à 2020
800 700 600
500 2018201720162015
Sources : Enquêtes prairie et terres labourables 2020, SAA 2015 à 2019
Graphique 9
Rendements en maïs fourrage non irrigué en Grand Est
Rendements (tonnes de MS/ha)
0
2020 Rendement moyen 2015 à 2019
Meurthe-et- Moselle
16
24 68 1012 14
Ardennes Aube Marne Haute-Marne Meuse Moselle Bas-Rhin Haut-Rhin Vosges Grand Est
L’arrêt de croissance au début de l’été et l’absence de repousses autom- nales significatives n’ont pas permis de compenser le manque de 20 % de production d’herbe observé dès le printemps en Grand Est. Le déficit de la pousse annuelle par rapport à la pousse de référence concerne la to- talité de la région Grand Est de façon assez homogène. Il se situe à - 40 % avec une variabilité de - 34 à - 47 % selon les départements.
Les prairies temporaires et les prai- ries permanentes sont les plus impac- tées avec des pertes de rendements à l’échelle de la région de - 44 % et de - 38 %. Les prairies artificielles avec la présence de légumineuses sont les cultures fourragères les plus résistantes à la sécheresse, même si le rendement est plus faible qu’en année normale. Le déficit proche de 30 % en Champagne-Ardenne et en Lorraine, est seulement de 17 % en Alsace, où les surfaces sont en partie irrigable notamment pour la luzerne implantée en plaine.
En 2018 et 2019, années également marquées par la sécheresse, la perte de production d’herbe en Grand Est avoisinait les 30 %. La situation est donc plus critique que les deux années précédentes, notamment en Lorraine où 2018 et 2019 étaient déjà déficitaires du tiers de la pro- duction par rapport à une année moyenne. Un affouragement à partir des stocks plus conséquent que 2019 a été nécessaire à partir de début juillet pour les animaux au parc. Ainsi, les bilans fourragers de nombreuses exploitations sont déficitaires malgré l’augmentation des surfaces en maïs et le développement des méteils et betteraves. Par ailleurs, les rende- ments en paille sont faibles de l’ordre de 2 t MS/ha, ce qui crée des tensions supplémentaires pour les éleveurs dont les besoins pour l’alimentation et le paillage des animaux sont ac- crus.
Carte 1
Déficit de production annuelle de pousse par rapport à une année normale à l’échelle des régions fourragères
Graphique 10
Déficit de production annuelle de pousse par rapport à une année normale de 2016 à 2020
Sources : Enquêtes prairie et terres labourables 2020, SAA 2015 à 2019
Déficit (pourcentage)
- 50 - 45- 40
2020 - 35
2019 - 30
- 15- 20 - 25
2018 2017 2016
Champagne-
Ardenne Grand Est
Alsace Lorraine - 50
- 10
© Pascal Xicluna/agriculture.gouv.fr
VITICULTURE
Expéditions Champagne : la pandémie de Covid-19 pénalise toujours la commercialisation La mise en place de nouvelles me- sures de confinement et de couvre- feu au début du mois de novembre 2020 est un coup dur pour la filière viticole champenoise. Les expédi- tions de bouteilles, surtout à desti- nation de l’Union européenne et des pays tiers, ont été fortement pénali- sées depuis le début de la pandémie de Covid-19. Le relâchement de la période estivale n’aura pas permis de rattraper le déficit commercial de cette année et la nouvelle fermeture des bars et des restaurants n’arrange pas la situation.
En novembre, les expéditions s’élèvent à 37,1 millions de bouteilles, soit - 16 % par rapport à l’an dernier et - 22 % par rapport à la moyenne quinquen- nale. Seul l’export est en progression avec une hausse des expéditions de bouteilles de + 3 % vers les pays tiers
(proche de la moyenne quinquennale) et de + 7 % vers l’Union européenne (- 4 % par rapport à la moyenne quin-
quennale). En revanche, les expédi- tions vers le marché domestique sont en retrait de - 32 % par rapport à 2019
Source : Comité Champagne, traitement SRISE Grand Est
Nombre de bouteilles de 75 cl (millions)
05
2020 Moyenne quinquennale
10
2019
Coopératives Maisons Vignerons Total
Source : Comité Champagne, traitement SRISE Grand Est
Nombre de bouteilles de 75 cl (millions)
105
2020 Moyenne quinquennale
15
2019
France Pays tiers UE Total
15 20 Graphique 12
Expéditions de Champagne en novembre par destination
Graphique 13
Expéditions de Champagne en novembre par type d’opérateur 0
3025
3025 20
FOCUS LUZERNE
Malgré son enracinement profond, la luzerne a souffert de la séche- resse et de la canicule cet été. Les floraisons ont été rapides, impac- tant la croissance des plantes. Ainsi, la récolte de la luzerne déshydratée est en recul avec un rendement à 9,4 tonnes de matières sèches par hectare en chute de 17 % par rap- port à la moyenne quinquennale de 2015 à 2019. Les résultats des deux premières coupes sont corrects mais ne compensent pas les faibles récoltes ou l’absence de récolte en troisième et quatrième coupes. La production baisse de 20 % par rap- port à la moyenne quinquennale.
La qualité globale est correcte avec une teneur en protéine au niveau de la moyenne observée ces cinq dernières années. En 2021, les sur- faces devraient rester stables. Pour
la troisième année consécutive, les conditions climatiques estivales ont compliqué la réalisation des semis.
Peu de semis ont été faits à l’été 2020 à cause de la sécheresse. L’avenir de ces parcelles dépendra de la rigueur
de l’hiver et de leur état en l’ab- sence de désherbage à l’automne par manque de croissance. Davan- tage de surfaces devraient donc être implantées au printemps 2021.
Source : Agreste, Statistique Agricole Annuelle 2010 à 2019, estimations d’après données professionnelles pour 2020
Graphique 11
Production et rendement de luzerne
Production (tonnes de MS)
2010 300 350 400 450 500
700 Production Rendement
650
550 600
14
Rendement (q/ha)
5 6 7 8 9 13 12 10 11 15
2020 2019 2018 2017 2016 2015 2014 2013 2012 2011
5045 4035
5045 4035
Source : CIVA, traitement SRISE Grand Est
Nombre de bouteilles de 75 cl (milliers)
0 2 000 4 000 6 000
France
8 000
2016 12 000
10 000 Graphique 16
Expéditions toutes AOC Alsace en octobre par destination Export
2017 2018 2019 2020
(- 36 % par rapport à la moyenne quinquennale). En Europe, les princi- paux débouchés sont la Belgique et le Royaume-Uni. Concernant les pays tiers, les États-Unis, la Japon, l’Aus- tralie, Hong-Kong et la Chine sont les plus grands importateurs de Cham- pagne.
Sur les onze premiers mois de l’an- née, les expéditions sont de 209 mil- lions de bouteilles, soit une baisse de - 20 % par rapport à 2019 et - 22 % par rapport à la moyenne quinquennale.
Ce repli, par rapport à 2019, est de - 15 % vers l’Union européenne (58
millions de bouteilles), de - 20 % vers les pays tiers (58,3 millions de bou- teilles) et de - 23 % pour le marché français (92,7 millions de bouteilles).
Les Maisons et les vignerons sont les opérateurs qui s’en sortent le mieux dans le contexte actuel, malgré un repli des expéditions respectivement de - 19 % (soit 155,3 millions de bou- teilles) et - 20 % (soit 35,6 millions de bouteilles). Les expéditions des coopératives sont les plus touchées, avec une baisse de - 25 % par rapport à 2019 avec 18 millions de bouteilles.
Ces chiffres sont cohérents au regard des marchés privilégiés par les diffé- rents types d’opérateurs (pays tiers pour les Maisons et France pour les vignerons). D’après un communiqué professionnel, l’année 2020 devrait se conclure par une baisse annuelle de 18 %, pour un total de 245 millions de bouteilles.
Expéditions Alsace : en novembre un nouveau coup d’arrêt pour la commercialisation des vins d’Alsace
Le reconfinement partiel en vigueur depuis le premier novembre a for- tement impacté un début de reprise des ventes observé en octobre.
En effet, si globalement, les ventes du mois d’octobre ne retrouvent pas le niveau de 2019, celles à l’export connaissent une belle progression (+ 14 % par rapport à 2019). Avec près
Source : CIVA, traitement SRISE Grand Est
Nombre de bouteilles de 75 cl (milliers)
0 5 000 10 000 15 000
France 20 000
2016 Graphique 17
Expéditions toutes AOC Alsace en novembre par destination Export
2017 2018 2019 2020
Source : Comité Champagne, traitement SRISE Grand Est
Nombre de bouteilles de 75 cl (millions)
0 50
Moyenne quinquennale 2020
100
2019
Coopératives Maisons Vignerons Total
Source : Comité Champagne, traitement SRISE Grand Est
Nombre de bouteilles de 75 cl (millions)
50 100
Moyenne quinquennale 2020
150
2019
France Pays tiers UE Total
150 200 Graphique 14
Expéditions de Champagne sur les onze premiers mois par destination
Graphique 15
Expéditions de Champagne sur les onze premiers mois par type d’opérateur 0
300 250
300 250 200
de 2 880 000 bouteilles commerciali- sées, il s’agit du meilleurs mois d’oc- tobre observé depuis cinq ans.
Le mois de novembre est catastro- phique, avec des ventes en net retrait
par rapport à 2019 tout particulière- ment pour les crémants (- 23 %).
En décembre, la commercialisation à l’export se maintiennent, voire pro- gressent, par rapport à 2019. Cela
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Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt du Grand Est (DRAAF)
Service régional de l’information statistique et économique (SRISE)
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courriel : [email protected]
Directrice régionale : Anne Bossy
Directeur de la publication : Sylvain Skrabo Rédacteur en chef : Philippe Wattelier Rédacteurs : Sultan Baspinar, Cécile Biaudet, Geneviève Boude, Rémi Courbou, Hélène Frumholz
Composition : DRAAF Grand Est/SRISE Châlons-en-Champagne Dépot légal : À parution - ISSN : 2644-9234
© Agreste 2020 Graphique 18
Expéditions toutes AOC Alsace sur l’année 2020 par destination
Source : CIVA, traitement SRISE Grand Est Source : CIVA, traitement SRISE Grand Est
Nombre de bouteilles de 75 cl (milliers)
0 20 000
France
40 000
2016 60 000
Export
2017 2018 2019 2020
140 000
100 000 80 000
Nombre de bouteilles de 75 cl (milliers)
0 5 000 10 000 15 000
France
20 000
2016 30 000
25 000 Graphique 19
Expéditions AOC Crémant sur l’année 2020 par destination Export
2017 2018 2019 2020
120 000
35 000 40 000 n’est malheureusement pas le cas
pour les expéditions à destination de la métropole, notamment pour les crémants (- 19 % par rapport à 2019) En cumulé depuis le début de l’année, les volumes commercialisés sont en retrait de 10 % (- 12 % pour les cré- mants) par rapport à l’année der- nière et s’établissent à 111,5 millions de bouteilles au titre de l’année 2020.