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Tests simultanés de permutation des rangs pour bruit-blanc multivarié

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Academic year: 2022

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(1)

Statistique et analyse des données

J EAN F RANÇOIS I NGENBLEEK

Tests simultanés de permutation des rangs pour bruit-blanc multivarié

Statistique et analyse des données, tome 6, no2 (1981), p. 60-65

<http://www.numdam.org/item?id=SAD_1981__6_2_60_0>

© Association pour la statistique et ses utilisations, 1981, tous droits réservés.

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(2)

TESTS SIMULTANES DE PERMUTATION DES RANGS POUR feRUIT-BLANC MULTIVARIE

Jean François INGENBLEEK

Université Libre de Bruxelles Institut de Statistique

1050 BRUXELLES.

RESUME : Sous l'hypothèse nulle de bruit blanc gaussien, les coefficients d'autocorrélation observes d'ordres différents sont asymptotiquement indé-

pendants. Ce résultat est bien souvent utilisé dans les tests de bruit-blanc basés sur une statistique tenant compte de plusieurs autocorrélations d'ordres différents. Nous démontrons ici qu'il peut s'étendre à une classe très générale de statistiques de rangs utilisées dans l'analyse des séries chronologiques.

Cette classe comprend, notamment, les coefficients d'autocorrélation entre les rangs ainsi que les statistiques utilisées dans le test des séquences ou celui des différences premières positives.

ABSTRACT : Under the null hypothesis of white noise gaussian process, the

observed autocorrélation coefficients of différent orders are asymptotically

independent. This property is very helpfull for testing for white noise taking

into account autocorrélations of various orders. We show that this property

is still valid for a large class of rank statistics used in time séries

analysis. This class includes among others the rank autocorrélations

3

the

run test statistics and the difference-sign test statistics.

(3)

• 61.

1 . INTRODUCTION

Il est bien connu [1] que le coefficient d'autocorrélation d'ordre un est asymptotiquement normal de moyenne nulle et d'écart-type l//rî, sous l'hypothèse nulle de bruit-blanc gaussien. Il en est de même pour le coefficient d'auto- corrélation d'ordre deux et, de plus, ces deux coefficients sont indépendants.

C'est un résultat analogue qu'on présente ici, mais portant su:ç de^ statis- tiques de rangs traitant des séries multivariées.

Notons X - (X. ,X0 , ...,X ) ' (a = l,2,...,n) les éléments d'une série a la 2a ma

stationnaire m-variée de longueur n. Soient R.., R.«,.. ,R. , les rangs des in f °

variables X.,, X.n, il i2' Posons :

in

Rn " ( V R2 »• • • « •

*21

ml

l12 22

« 2

lln

*2n

mn J

v = a la '2a

v na J,

Fl( Xla>

F2( X2a>

, F (X ) l_ m ma

(a = 1,2 n) ,

où F. est la fonction de répartition continue de X.. (i = 1,2 m ) .

(4)

2. STATISTIQUE ET PRINCIPE DE PERMUTATION UTILISES

Considérons le vecteur aléatoire S. (R ) à 2m composantes i n n

R R. , j n J j a J2 a + 1

si n , jtj0 = n l

,

J(

^rr > "l^r*

( jl 'j2 = Ï -2. - - - . » ) -

, J1J2 a=l

2 où J(u,,u^) est une fonction donnée définie sur [0,1].

(et Rn . = R etc . . . ) . n+1 n

Pour m = 1, et en particularisant J, il est possible de retrouver le test des séquences autour de la médiane, le test basé sur le nombre de différences pre- mières positives ou le test basé sur le coefficient d'autocorrélation d'ordre un entre les rangs.

Le vecteur aléatoire S, (R ) n'est pas libre sous l'hypothèse nulle de bruit In n ^

blanc : d'une manière générale, la distribution liée de R, , dépend de celle de X, . Par contre sous les permutations des colonnes de la matrice R , S (R ) prend

1 n n n n! valeurs équiprobables.

Pour chaque matrice R , notons R la matrice obtenue en permutant les colonnes

^ n n

de R de manière à faire apparaître sur la 1ère ligne les nombres l,2,...,n dans l'ordre croissant. S (R ) est alors libre dans la distribution condition-

n n

nelle étant donné R* ([3]). Soient ^ S . et >iln» l'espérance et la matrice variance covariance de S, sous les permutations des colonnes de R , ou dans

n * 1 .

la distribution conditionnelle étant donné R . Supposons •£. inversible et considérons la forme quadratique en les composantes de S, :

Dans la distribution conditionnelle étant donné R , L? (R ) est libre sous n in n

l'hypothèse nulle de bruit blanc et permet de construire un test au niveau a

(5)

.63,

Considérons a présent le vecteur S9 à 2m composantes , n J a J«a+1

^11,3^2

=

n J j

J (

ïmr •

n

+i

} (

V

j

2

=

L * . • • • . * > >

et la forme quadratique correspondante :

qui est également libre dans la distribution conditionnelle étant donné R n (sous l'hypothèse nulle de bruit-blanc).

Le test basé sur L^ peut être qualifié d'ordre deux en ce sens, qu'il consi- dère par couple les rangs correspondants aux variables X , X ?, par opposition à L2 qui considère par couple les rangs correspondant aux variables X et X , . On peut montrer (pour plus de détail voir [2]) qu'en probabilité et sous les permutations des colonnes de R , L? (i - 1,2) converge en loi vers une distri-2

Jir

bution chi-carrée à 2.m degrés de liberté. On peut disposer en plus du théorème suivant :

Théorème

Pour une fonction J ( u . , u2) p.s continue à l'intérieur de [ 0 , 1 ]2 > majorée en valeur absolue par H(u1)+H(u ) où H est de toutes puissances sommables, et pour une matrice Z (voir plus loin) inversible, L2 et L2 sont

asymptotiquement indépendants (sous l'hypothèse nulle de bruit-blanc).

D é m o n s t r a t i o n

On a : L *n - ^ ( S ^ - Ç S .n) • En - A ^ "1 ( S ^ S ^ ) & ( i = 1 , 2 )

Basons la démonstration sur le résultat suivant [2]:

Soit J(u,, U j , . . . , u ) une fonction définie pour u« appartenant à (0,1) (il - 1,2,. ..,q ^ 2 ) . Supposons J p.s continue à l'intérieur de [0,1]

majorée en valeur absolue par Eq . H(u 0) où H est de toutes puissances sommables. Définissons la variable

, n Rn Rn_ Rn ^ .

n n \ J Cn + l » n+1 n+1 >* CRn+l " Rl e t c " ^ ' a = l

(6)

On peut alors affirmer qu'en probabilité et sous les permutations des colonnes de R^, T - Ç T est asymptotiquement normale de moyenne nulle et d'écart-type al }/rî. où

2 q-1 o o

a2 = Ë> J(v ,v , ...,v )+2 Z Cov{J(v. ,v0,.. . ,v ) ,J(v. ,.. . ,v ^ )}

l Z q 1 z q 1+s q+s avec

q

J(vj,v2,...,v ) = J(vj,v2,.. . ,v ) - Z IE[J(Vj ,v2,. ..,v ) |vfc]

q k=l "

q

= J ( vrv2, . . . , vq - ^ J( k) < vk> . Appliquons ce résultat au cas où

a=l

J (

^ r H

2

) -

Ï !

<

£ i >

,

2

<

q

^ b^

J I U ^ , » ^ ,

où a,b et b sont des constantes réelles. L'expression de a2 est dans ce cas une forme quadratique en a et b. 1 2

Si le terme en a.b de cette forme est nul, (S, - ^ S . ) et (S0 - Ç S0 ) asympto-

ln In 2n 2n J K

tiquement normales seront indépendants. Un calcul direct montre que, d'une manière générale,

q-1 q

a2 = IE J2+2 Z 1E[J.J. ] - Z ~E [J.J,, N„]+(q-l)m2,

s-1 1 + S k,£=l ( k U °

J 1+s = J ( vl+s 'V2+s - " ' V s5'

W

= Œ[J(v

i-

v

2 V r V

v

k

+

i ••••» V ' V '

mQ = 1E J(vj,v2,...,v ) .

En supposant sans restreindre la généralité, m = 0, il est facile d'obtenir le terme en a.b :

(7)

. 6 5 .

2

2 IE J (V l, v2) J ( v2, v3) + 2 E IE J ( V j , v2) J(v 1 + s» v3 + s) s = l

2

+2 Z IE J ( vl tv ) J ( v1 + s, v2 + s) s = l

3

l

l,

IE J ( V

1 '

V

2

) J

1 ( £ ) " J

1 IE } ( V

1'

V

2

) }

(2H- J ,

Œ

J ^ l « ' 3

) 3

( l ) i ;

- ^ IE J ( vl fv3) J( 2 ) £

- 2 IE - 1 ( ^ + 2 IE J( 2 ) J( 1 ) + 2 IE j 2 + 2 IE J J( 1 )- 2 IE ^ ^ - 2 ¾ J( 1 )J2

- 2 IE J ^ - 2 IE J( 2 ) J . = 0 .

P o u r t e r m i n e r l a d é m o n s t r a t i o n , i l s u f f i t d ' a p p l i q u e r l e r é s u l t a t a u x i l i a i r e ( [ 2 ] )

n 4 , _

W

>Z

In

TP

n-4 *

* E 2n

où E est une matrice 2m * 2m d'éléments

ai i i i = c o v{J(vi i» vi 2)>J ( vn 1>VÎ 2) } +

1

1

1

2

J

1

J

2 V

X

2 V

J

r

+ 2 c o v { J ( v . , , v . 9) , J ( v . 9, v . 9) } + 2 c o v { J ( v . , , v . 9) , J ( v . 9, v . ) }

^ 1 x 2 Jl J2 Jl J2 1 2

^ 1 * * 2 * ^ 1 ^ 2 ~ ^ » 2 , . . . , m )

2. REFERENCES

[1] ANDERSON, T.W.(1971), The statistical analysis of time séries, Wiley.

[2] INGENBLEEK, J.F., Normalité asymptotique d'une classe de statistiques de rang sérielles multivariées . Statistique et Analyse des Données 1981, Vol. 6 n°2 pp. 49-59

[3] PURI, M.L., SEN, P.K. (1971), Nonparametric methods in multivariate analysis, Wiley.

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