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Symétrie et traitement non conscient des visages : une tâche de priming subliminal

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Academic year: 2022

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Master

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Symétrie et traitement non conscient des visages : une tâche de priming subliminal

ANTILLE, Valérie

Abstract

Les visages sont des stimuli hautement significatifs, biologiquement et socialement parlant, nécessitant peu de ressources attentionnelles et pouvant être traités rapidement et sans conscience. Cet accès prioritaire a été mis en évidence dans la littérature, entre autres, par l'utilisation de paradigmes de recherche visuelle, de masquage ou l'étude de patients cérébrolésés. A ce sujet, les hypothèses suivantes sont souvent rapportées : les visages impliquent des mécanismes de traitement particuliers (traitement holistique) ainsi que des régions cérébrales spécifiques (le gyrus occipital inférieur, le sillon temporal supérieur et la partie latérale du gyrus fusiforme). Un courant de recherche plus récent et dans lequel nous nous inscrivons, tend néanmoins à montrer que la symétrie des visages pourrait également y jouer un rôle. Le but de cette étude est donc de vérifier l'influence de la symétrie sur le traitement non conscient des visages. Pour ce faire, une expérience de priming subliminal a été mise en place, dans laquelle des visages et non visages symétriques et asymétriques [...]

ANTILLE, Valérie. Symétrie et traitement non conscient des visages : une tâche de priming subliminal. Master : Univ. Genève, 2009

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:2627

Disclaimer: layout of this document may differ from the published version.

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Juin 2009 Section de psychologie

Mémoire de Master en Psychologie Cognitive

Symétrie et traitement non conscient des visages : une tâche de priming

subliminal

Travail effectué par Valérie Antille [email protected]

Sous la direction du Professeur Alan Pegna, Université de Genève Jury : Roland Maurer et Michaël Mouthon

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Remerciements

Tout d’abord, je tiens à remercier très sincèrement les personnes qui m’ont soutenue dans l’aboutissement de ce travail, ainsi que celles qui m’ont continuellement fourni une aide précieuse en n’hésitant jamais à me faire part de leurs idées et suggestions quant à l’amélioration de certains points.

Ma gratitude va en particulier au Professeur Alan Pegna, pour sa disponibilité, sa patience et ses conseils avisés quant au suivi de ce mémoire. Je remercie également les personnes ayant consacré quelques heures de leur emploi du temps pour participer à cette expérience.

(4)

Résumé

Les visages sont des stimuli hautement significatifs, biologiquement et socialement parlant, nécessitant peu de ressources attentionnelles et pouvant être traités rapidement et sans conscience. Cet accès prioritaire a été mis en évidence dans la littérature, entre autres, par l’utilisation de paradigmes de recherche visuelle, de masquage ou l’étude de patients cérébrolésés. A ce sujet, les hypothèses suivantes sont souvent rapportées : les visages impliquent des mécanismes de traitement particuliers (traitement holistique) ainsi que des régions cérébrales spécifiques (le gyrus occipital inférieur, le sillon temporal supérieur et la partie latérale du gyrus fusiforme). Un courant de recherche plus récent et dans lequel nous nous inscrivons, tend néanmoins à montrer que la symétrie des visages pourrait également y jouer un rôle. Le but de cette étude est donc de vérifier l’influence de la symétrie sur le traitement non conscient des visages. Pour ce faire, une expérience de priming subliminal a été mise en place, dans laquelle des visages et non visages symétriques et asymétriques étaient présentés à 10 participants. Compte tenu des résultats obtenus dans la littérature concernant le paradigme de priming et le traitement holistique, nous nous attendions à observer des temps de réaction plus courts pour les visages symétriques lors des situations de priming congruent et subliminales. Les résultats de notre étude n’ont néanmoins pas permis de confirmer de telles hypothèses et n’ont pas réussi à répliquer le paradigme de priming rapporté dans la littérature. Trois autres expériences ont donc été menées, dans lesquelles le type de stimuli, la consigne et les temps de présentation ont été modifiés. Aucun effet de priming n’a toutefois pu être mis en évidence. A partir de ces résultats et compte tenu du nombre important de limites rencontrées, il n’est donc pas possible de conclure à un effet ou non de la symétrie dans l’accès à la conscience des visages.

(5)

Table des matières

1. Introduction

...6

1.1. Mécanismes attentionnels et traitement des visages...6

1.2. Le visage, une catégorie de stimuli particulière...8

1.3. Qu’est-ce que la conscience...11

1.4. Comment mesurer la conscience...12

1.5. Conscience et neuroimagerie...14

1.6. Temporalité de l’accès à la conscience...15

1.7. Traitement pré-attentionnel et non conscient des visages...16

1.8. Symétrie et traitement non conscient des visages...18

1.9. Implications et hypothèses...19

1.9.1. Hypothèses opérationnelles...20

2. Méthode

...23

2.1. Expérience 1...23

2.1.1. Population...23

2.1.2. Design expérimental...23

2.1.3. Stimuli...23

2.1.4. Procédure...26

2.1.5. Analyse des données...28

2.1.6. Résultats...29

2.1.6.1. Effet de la condition sur le nombre de réponses correctes...31

2.1.6.2. Mesure de l’effet de congruence sur les temps de réaction...32

2.1.6.3. Effet d’apprentissage...34

2.1.6.4. Vérification de l’influence du stimulus indicé de manière subliminale...36

2.1.7. Discussion...37

2.2. Expérience 2...40

2.2.1. Population...40

2.2.2. Design expérimental...40

2.2.3. Stimuli...40

2.2.4. Procédure...43

2.2.5. Analyse des données...43

2.2.6. Résultats...44

2.2.6.1. Effet de la condition sur le nombre de réponses correctes...45

2.2.6.2. Influence de la symétrie des visages sur les temps de réaction...46

2.2.6.3. Effet d’apprentissage...47

(6)

2.2.6.4. Vérification de l’influence du stimulus indicé de manière subliminale...47

2.2.7. Discussion...48

2.3. Expérience 3...50

2.3.1. Population...50

2.3.2. Design expérimental...50

2.3.3. Stimuli...50

2.3.4. Procédure...52

2.3.5. Analyse des données...53

2.3.6. Résultats...54

2.3.6.1. Effet de la condition sur le nombre de réponses correctes...54

2.3.6.2. Effet d’apprentissage...54

2.3.6.3. Vérification de l’influence du stimulus indicé de manière subliminale...57

2.3.7. Discussion...58

2.4. Expérience 4...60

2.4.1. Population...60

2.4.2. Design expérimental...60

2.4.3. Stimuli...60

2.4.4. Procédure...60

2.4.5. Analyse des données...61

2.4.6. Résultats...62

2.4.6.1. Effet de la condition sur le nombre de réponses correctes...64

2.4.6.2. Effet d’apprentissage...64

2.4.6.3. Vérification de l’influence du stimulus indicé de manière subliminale...65

2.4.7. Discussion...66

3. Conclusion

...67

Bibliographie

...72

Annexes

...75

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1. Introduction

1.1

. Mécanismes attentionnels et traitement des visages

Notre environnement est composé d’une quantité importante d’éléments ne pouvant être traités simultanément par notre cerveau. Notre système attentionnel doit donc effectuer un tri parmi ces différentes informations. Ce tri serait réalisé sur la base de deux types de processus. Des processus que l’on appelle top-down, conscients et dépendant de nos buts ou de nos croyances et des processus plus automatiques ou bottom-up dépendant des caractéristiques de la situation et de la saillance des éléments. Ces deux processus, dont l’influence peut varier selon la situation, permettraient d’expliquer pourquoi certains stimuli sont traités plus facilement que d’autres sans pour autant avoir été sujet d’une attention particulière (Vuillemier & Schwartz, 2007).

Les visages semblent faire partie de ce petit nombre de stimuli, retenant l’attention de tout observateur via des processus automatiques et accédant à la conscience malgré des situations dégradées (Mack, Pappas, Silverman & Gay, 2002). Certains auteurs expliquent ce phénomène par la haute significativité que représente les visages, notamment en termes d’échange social, ainsi que par leur fréquence dans la vie quotidienne et notre niveau d’expertise qui en découle (Mack & Rock, 1998, cités par Mack & al., 2002). En effet, les visages humains contiennent une quantité incroyable d’informations nécessaires aux interactions avec autrui. Bien que d’autres indices que le visage puissent être utilisés pour reconnaître une personne (la voix, la tenue vestimentaire, etc.), le visage reste néanmoins l’indice le plus précis et le plus largement utilisé (Bruce & Young, 1986).

Néanmoins, tous les auteurs ne s’accordent pas sur l’idée d’un traitement automatique des visages. Certains proposent par exemple que l’attention nécessaire au traitement des visages serait la même que pour d’autres stimuli dont le degré de familiarité est équivalent (Jackson & Raymond, 2006). Un courant de recherche plus récent tend également à montrer qu’en réalité ce serait l’expression émotionnelle qui permettrait un traitement automatique des visages.

Dans cette introduction nous aborderons les différents éléments et points de vue allant dans le sens que les visages sont des stimuli particuliers qui attirent notre attention et accèdent à notre conscience, bien plus facilement que d’autres stimuli. Ceci nous conduira à une problématique plus large et plus complexe concernant la définition et la mesure de la

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conscience, pour ensuite déboucher sur les différentes caractéristiques du traitement non conscient des visages.

Rôle de l’ expression faciale émotionnelle dans le traitement non conscient des visages

Différentes études chez des patients cérébrolésés ont permis de mettre en évidence la possibilité d’un traitement non conscient et automatique des émotions, via l’existence d’une voie sous-corticale comprenant le colliculus supérieur, le pulvinar et l’amygdale (Pegna, Katheb, Lazeyras & Seghier, 2005). Le temps nécessaire au traitement des visages émotionnels et principalement ceux exprimant la peur, serait ainsi plus rapide que pour des visages neutres, soit, approximativement 80 ms ou 120 ms selon les auteurs (Calvo &

Esteves, 2005, cités par Palermo & Rhodes, 2006 ; Vuilleumier & Pourtois, 2007). Dans ce sens, Vuilleumier et Schwartz, en 2007, ont observé une diminution de l’extinction1 visuelle chez des patients héminégligents gauches, lorsque des visages avec une expression de peur étaient présentés dans l’espace négligé, alors que ce n’était que très peu le cas pour des visages neutres. Pegna et al., (2005), ont également mis en évidence l’existence d’un patient blindsight2 capable de deviner correctement l’expression faciale des stimuli qui lui étaient présentés, alors qu’il lui était impossible d’émettre un jugement sur des stimuli émotionnels autres que des visages. Ce type de traitement non conscient a principalement été mis en évidence pour des expressions de peur provoquant une activation de l’amygdale droite.

Un traitement facilité pour les expressions émotionnelles a également pu être mis en évidence dans des paradigmes de recherche visuelle. Par exemple, Schubö, Gendolla, Meinecke et Abele (2006), ont montré des temps de réaction plus rapides pour la détection de visages émotionnels de peur parmi des visages présentant d’autres expressions faciales.

Les émotions peuvent donc être traitées de manière non consciente. Mais qu’en est-il des visages neutres ?

Le visage, peu importe son expression, peut être considéré comme un stimulus émotionnel en soi. Il est en effet probablement le stimulus visuel le plus significatif biologiquement et socialement parlant (Palermo & Rhodes, 2006). Compte tenu de son importance phylogénétique et ontogénétique, il se pourrait donc que des processus spécialisés aient évolués au cours des générations afin de permettre une reconnaissance rapide et correcte

1 Dans le cas de l’héminégligence, l’extinction visuelle se manifeste lorsque deux stimuli sont présentés simultanément dans chaque hémichamp visuel et qu’ils sont donc en compétition. On parle de phénomène d’extinction lorsqu’un stimulus est perçu consciemment (celui dans l’hémichamp non négligé), alors que l’autre est délaissé.

2 Notamment un patient ayant une destruction bilatérale des cortex visuels suite à deux attaques cérébrales successives et étant ainsi privé de toute vision consciente

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des visages et de leurs expressions. Selon un tel point de vue, les visages, même neutres auraient donc un accès particulier à la conscience.

Nous reviendrons plus en détails sur ce lien particulier entre visages et traitement non conscient dans la partie 1.7., mais avant tout, nous pouvons nous demander quelles sont les caractéristiques propres aux visages qui font que ces derniers sont reconnus et perçus plus rapidement que d’autres stimuli.

1.2. Le visage, une catégorie de stimuli particulière

L’idée que les visages sont des stimuli à part, impliquant un traitement et des mécanismes différents peut être illustrée de différentes manières.

A

. Tout d’abord, déjà chez le nouveau né, le visage occupe une place très importante.

En effet, Mondloch et al., (1999, cités par Macchi Cassia, Turati & Simion, 2004), ont mis en évidence que les nouveaux nés préféraient des stimuli ayant une structure semblable aux visages par rapport à d’autres stimuli. Chez des enfants d’un si jeune âge, cette préférence s’observe généralement par un temps d’observation plus long pour ces stimuli. Johnson et Morton (1991), ont également mis en évidence, par une mesure du temps de poursuite visuelle, que des enfants de quelques semaines regardaient plus longtemps des visages schématiques dont l’organisation était respectée, qu’une version du même visage mais dont les propriétés avaient été toutes mélangées. Ces résultats renforcent l’idée que déjà très tôt les enfants préfèrent des stimuli dont les propriétés et la configuration correspondent à un vrai visage.

Néanmoins, selon certains auteurs, cette préférence pour les visages, observée chez les nouveaux nés, pourrait s’expliquer par la fréquence de cette catégorie de stimuli déjà chez le jeune enfant (Macchi Cassia & al., 2004). Ainsi, selon ces auteurs, les processus perceptifs impliqués dans l’encodage des visages chez les enfants ne seraient peut être pas très différents de ceux utilisés pour d’autres types de stimuli. Macchi Cassia et al., (2004), ont par exemple mis en évidence que les nouveaux nés préféraient des stimuli avec une configuration top- heavy (une majorité d’éléments dans la partie supérieure de l’image) que bottom-heavy, bien qu’il ne s’agisse pas forcément de visages. Selon ces auteurs, la préférence pour les visages ne serait donc pas innée, bien qu’actuellement, un tel point de vue soit encore remis en question.

B

. Deuxièmement, les visages impliqueraient des mécanismes de traitement particuliers. En effet, la reconnaissance des visages se fonde à la fois sur une analyse

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configurationnelle3 et holistique4 et sur une analyse des caractéristiques. Il semble néanmoins, que le traitement de la configuration joue un rôle plus important dans la reconnaissance des visages que l’analyse séparée des caractéristiques. Ceci a principalement été mis en évidence par l’effet d’inversion, qui consiste en un appauvrissement de la reconnaissance en termes de performance et de temps lorsque les visages sont présentés à l’envers plutôt qu’à l’endroit.

Cet effet d’inversion s’observerait déjà à l’âge de 7 mois et donc sûrement dès la naissance, bien que cette question soit encore sujette à débat (Cohen & Cashon, 2001, cités par Itier &

Taylor, 2004).

Les résultats présentés par Veres-Injac et Schwaninger (2009), permettent d’illustrer l’effet d’inversion via une tâche d’association de visages dans laquelle le temps nécessaire à l’exécution optimale de la tâche pour des visages à l’endroit était de 90ms et ne s’améliorait pas avec un temps plus long. Au contraire pour des visages à l’envers le temps nécessaire était de 150ms. Une telle différence de temps n’a pas été retrouvée lorsque la tâche s’effectuait sur les caractéristiques internes du visages et non sur le visage dans sa globalité. Ces résultats seraient dus à l’impossibilité d’effectuer un traitement holistique lors de la présentation inversée de visages, sous entendant un traitement plus analytique similaire aux autres catégories pour ces derniers (Tanaka & Farah, 1993, cités par Itier & Taylor, 2004).

L’effet le plus souvent rapporté dans la littérature pour illustrer le traitement holistique est l’effet Thatcher (figure 1). Dans ce cas, les traits internes, yeux et bouche, sont inversés à l’intérieur d’un visage gardé à l’endroit. Cet effet met en évidence, entre autres, que lorsqu’un tel visage est présenté à l’envers, il est considéré comme normal, alors qu’à l’endroit il est tout de suite reconnu comme grotesque (Thompson, 1980).

Figure 1 : Illustration de l’effet Thatcher, selon Thompson (1980).

3 Une analyse configurationnelle fait référence à un traitement se basant sur les relations entre les différentes parties et du visage et non sur chaque trait indépendamment.

4 Le traitement holistique considère que le visage est un tout non décomposable. Un traitement holistique n’est pas réalisable sans une analyse configurationnelle.

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Un courant de recherche récent semble également mettre en évidence qu’un traitement similaire (holistique) serait effectué lors du jugement de l’attractivité d’un visage, de la reconnaissance de l’expression émotionnelle, du genre et de la catégorisation selon l’ethnie (Abbas & Duchaine, 2008).

C

. Finalement, la majorité des travaux réalisés ces dernières années dans le domaine de la neuroimagerie, tendent à montrer que certaines régions du cerveau répondent plus préférentiellement à des visages qu’à d’autres stimuli. Notamment, au sein du cortex occipito- temporal, la fusiform face area (FFA) est connue pour être une région dédiée principalement au traitement des visages (figure 2). Cette région regrouperait le gyrus occipital inférieur, le sillon temporal supérieur et la partie latérale du gyrus fusiforme (Haxby, Hoffman & Gobbini, 2000).

Figure 2 : Représentation de l’activation de la FFA (Vuilleumier & Pourtois, 2007).

Un traitement neuronal spécifique pour les visages a également été appuyé par des études en potentiels évoqués mettant en évidence la présence d’une composante propre au traitement des visages, la N170. Cette composante s’observerait dans les régions temporales postérieures et de manière plus importante dans l’hémisphère droit (Bentin, Sagiv, Mecklinger, Friederici & von Cramon, 2002). L’effet d’inversion abordé précédemment, aurait également un effet sur la latence de la N170, traduisant une difficulté à effectuer un traitement configurationnel sur ces derniers (Itier & Taylor, 2004).

La spécificité d’un tel traitement a initialement été observée lors de l’étude de patients prosopagnosiques. Ce trouble se manifeste en effet par la grande difficulté, voire même l’incapacité, à reconnaître des visages familiers suite à une lésion cérébrale généralement localisée dans la région ventrale du cortex occipito-temporale (Haxby & al., 2000). Toutefois, certains patients semblent, de manière non consciente, être capables de distinguer des visages,

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reconnaître leur identité, ou encore apprendre des associations nom-visages (Palermo &

Rhodes, 2007).

1.3. Qu’est-ce que la conscience

La définition de la conscience varie grandement entre les auteurs. En effet, selon Merikle, Smilek et Eastwood (2001), le passage de la non conscience, à la conscience serait séparé par deux seuils : un seuil objectif, marquant la transition entre une absence de traitement et un traitement implicite du stimulus, et un seuil subjectif séparant le traitement implicite et la perception consciente. Ces deux seuils reflèteraient trois différents états de conscience perceptive : 1 : l’absence totale de traitement due à une qualité trop faible du stimulus ; 2 : un état intermédiaire où un traitement implicite serait possible malgré une absence de conscience subjective ; 3 : la conscience perceptive : le stimulus serait de qualité suffisante pour une prise de conscience se traduisant par la possibilité de décrire verbalement le stimulus, le comparer, le mémoriser et agir de manière intentionnelle en fonction de ce dernier.

Dehaene, Changeux, Naccache, Sackur, et Sergent, (2006), proposent une explication différente du concept de la conscience. Ils distinguent en effet plusieurs types de traitements.

Le traitement subliminal, le traitement préconscient et le traitement conscient qui dépendraient de trois facteurs conjoints : la vigilance, la qualité de la stimulation (processus bottom-up) et l’attention du participant (processus top-down). Ces trois facteurs seraient, chacun, des conditions nécessaires pour qu’un traitement conscient puisse avoir lieu. Selon un tel point de vue l’attention serait donc nécessaire mais pas suffisante à la conscience. Un traitement subliminal peut être défini comme un traitement au dessous du seuil de la conscience, dans lequel les informations sont inaccessibles ou pas suffisantes pour qu’une prise de conscience puisse avoir lieu. Le traitement préconscient, selon ces auteurs, correspond aux cas où un stimulus active suffisamment le système pour accéder à la conscience, mais ne peut pas être traité de manière complètement consciente par un manque d’influence de l’attention top-down. L’information est donc présente mais le sujet ne parvient pas à y accéder. Le traitement conscient quant à lui, se caractérise par le fait que le sujet devienne capable de rapporter explicitement ce qu’il a vu.

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1.4. Comment mesurer la conscience

La question de la perception non consciente a été le centre d’intérêt d’un nombre considérable d’études durant ces dernières années. Ces études peuvent en majorité se regrouper selon deux grands critères : l’utilisation de mesures subjectives, consistant à demander explicitement au sujet ce qu’il a vu ainsi que son degré de certitude, versus des mesures objectives, évaluant l’influence d’un stimulus perçu ou non sur le comportement, en termes de temps de réaction ou d’erreurs (Merikle, Smilek & Eastwood, 2001). La question de la mesure subjective versus objective, a été sujet de débats intenses, afin de savoir qu’elle était la méthode la plus efficace pour évaluer la perception consciente ou non d’un stimulus. Il semble néanmoins qu’au final, les mesures subjectives comme objectives, évaluent la même chose et que l’association des deux techniques soit sûrement la méthode la plus appropriée (Merikle et al., 2001).

Marcel, en 1983, a été le premier à mettre en évidence le fait que des stimuli visuels dégradés pouvaient être perçus malgré leur présentation en dessous d’un seuil de conscience objectivement préétabli. Dans son étude, il a mis en évidence la possibilité d’un priming sémantique. Il présentait en effet des mots, à des temps de présentation très courts, déterminés pour chaque sujet individuellement, et ne pouvant être perçus consciemment. Ces derniers étaient suivis d’autres mots, sémantiquement liés ou non au mot indicé. Les résultats de son étude ont montré que les temps de réponse sur le mot cible étaient plus courts lorsqu’il était sémantiquement lié au mot indice même présenté de manière subliminale. D’autres auteurs ont également mis en évidence de tels effets dans le cas d’images (Bar & Biederman, 1998, cités par Merikle et al., 2001).

Plus récemment, Kouider, Eger, Dolan et Henson, (2009), ont mis en évidence que la familiarité vis-à-vis des stimuli serait nécessaire à la présence d’un effet de priming. Dans leur étude, Schubö et Meinecke (2007), ont également montré que l’effet de priming dans une tâche de segmentation de textures, ne pouvait s’observer de manière explicite et directe, que lorsque les participants étaient devenus familiers avec le stimulus et n’étaient donc plus novices dans le domaine.

Le paradigme de priming permet donc de mesurer indirectement le traitement d’un premier stimulus en prenant en considération son influence sur un stimulus consécutif (Schubö & Meinecke, 2007). Dans des tâches de priming typiques, un stimulus masqué et brièvement présenté (généralement 17 ms), est suivi d’un stimulus cible sur lequel une réponse dichotomique est requise. Bien que les participants ne puissent répondre

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explicitement à la tâche, les temps de réaction sont généralement plus rapides et comportent moins d’erreurs, lorsque le stimulus indice et la cible nécessitent la même réponse.

Néanmoins, il est parfois possible d’observer un effet de priming opposé, c'est-à-dire, des temps de réaction plus courts et un taux d’erreurs plus faible dans les cas où indice et cible sont différents. Certains auteurs expliquent cet effet comme un processus d’auto-inhibition généralement consécutif à l’activation engendrée par l’indice (Klapp & Hinkley, 2002, cités par Schubö & Meinecke, 2007).

De manière générale, le masquage fait référence à une baisse de la visibilité d’un stimulus à cause de la présentation consécutive ou précédente d’un masque dans un temps très proche. L’analyse du stimulus serait donc entravée par la présence du masque mais néanmoins menée jusqu’à un niveau de traitement sémantique (Enns & Di Lollo, 2000).

Lorsque le masquage est effectué à l’aide d’un masque antérieurement et consécutivement à la présentation du stimulus, l’on parle généralement de « sandwich masking » (Kouider et al., 2009). Selon ces auteurs il est important que les masques et la cible soient proches temporellement et spatialement afin que le degré d’attention sélective qui leur est apporté soit le même que pour la cible. De plus, ce masque permettrait d’éviter la rémanence à l’écran du stimulus ainsi que la persistance rétinienne.

Dans leur étude, Debner et Jacoby (1994, cités par Merikle et al., 2001), présentaient des mots aux participants (durant 50 ou 150ms), suivis de masques, immédiatement succédés par les trois premières lettres du mot apparu précédemment. La tâche du participant consistait à compléter les lettres avec le premier mot lui venant à l'esprit, excepté le mot qui avait été présenté en indice. Les résultats de cette étude ont montré que les participants avaient des difficultés à suivre les instructions lorsque les mots indices étaient présentés durant 50ms alors qu’ils n’avaient aucun problème pour la présentation à 150ms. Selon les auteurs, ces résultats suggèrent que les participants étaient généralement conscients des mots présentés à 150ms et non conscients de ceux présentés à 50ms bien qu’ils aient été perçus. En effet, une perception consciente permettrait aux participants de contrôler ses actions, alors que la perception non consciente mènerait à des réponses plus automatiques.

Le clignement attentionnel est également un paradigme couramment utilisé pour évaluer la conscience visuelle. Ce paradigme consiste en la présentation successive d’une série de stimuli visuels, en une séquence très rapide. Parmi ces stimuli, certains sont des cibles devant être identifiées par le sujet. On parle de phénomène de clignement attentionnel lorsque deux cibles se succèdent rapidement (entre 200 et 500ms) et que la première est identifiée

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correctement, empêchant le traitement explicite de la deuxième (Shapiro, Arnell & Raymond, 1997, cités par Koivisto, Lähteenmäki, Sorensen, Vangkilde, Overgaard & Revonsuo, 2008).

1.5. Conscience et neuroimagerie

Actuellement, beaucoup d’auteurs tendent à défendre l’idée que le cortex visuel primaire (V1) joue un rôle primordial dans le traitement de l’information, bien que le rôle de cette région dans la perception consciente soit encore largement débattu (Tong, 2003).

L’étude de patients cérébrolésés a néanmoins permis de mettre en évidence l’importance de V1 dans le traitement visuel et conscient de stimuli. Cependant, certains auteurs prétendent que V1 n’aurait qu’un rôle intermédiaire de transmission de l’information et que la conscience dépendrait principalement des régions extrastriées et notamment de la voie ventrale, passant de V1 au cortex inférotemporal (Bar, Tootell, Schachter, Greve & al., 2001). En effet, ces auteurs proposent différentes étapes dans la reconnaissance d’objets. Tout d’abord, une analyse des caractéristiques visuelles serait effectuée par les régions qu’ils nomment de bas niveau, comme V1. Ensuite, l’information serait envoyée vers des régions de plus haut niveau comme le cortex temporal inférieur, où une représentation de l’objet est créée en comparaison des représentations stockées en mémoire à long terme.

De plus, il semblerait que V1 n’ait pas de connexion directe avec le cortex préfrontal, ce qui, pour certains, serait la preuve que cette région ne peut être suffisante au traitement conscient. D’autres modèles, comme les modèles interactifs, affirment que V1 serait directement lié à la conscience par l’intervention de circuits récurrents avec les régions extrastriées. Le cortex visuel primaire semble donc recevoir et envoyer une quantité importante d’informations vers différentes régions dont notamment le cortex extrastrié. La figure 3 représente la complexité de ces connexions.

Figure 3: Représentation des connexions entre V1 et d’autres régions impliquées dans le traitement visuel (Tong, 2003).

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Des études utilisant la technique TMS5, ont également montré que lorsque les feedback des régions extrastriées vers V1 sont interrompus, un traitement conscient devient impossible (Beckers & Homberg, 1992, cités par Tong, 2003). Ce type de technique aurait le même effet que la présentation de stimuli masqués (Tong, 2003).

L’étude de patients cérébrolésés appuie l’idée que V1 et les régions extrastriées ne sont néanmoins pas suffisantes, séparément, à un traitement conscient. En effet, des patients ayant une lésion au niveau de V1 et rapportant une absence totale de conscience dans les régions du champ visuel correspondant, sont parfois capables de percevoir certains éléments de la scène visuelle ou du moins, d’avoir certaines impressions à ce sujet. De plus, certains patients que l’on appelle blindsight peuvent montrer une activité importante dans les régions exstrastriées et la voie ventrale malgré une absence de conscience. Ainsi, le fait que des lésions indépendantes au niveau de V1 ou des régions extrastriées puissent entraver une vision consciente, indique que l’une des deux régions seule n’est pas suffisante pour un traitement conscient et que les régions pariétales et la voie dorsale jouent également un rôle (Tong, 2003).

1.6. Temporalité de l’accès à la conscience

De nombreuses études mettent en évidence que la première manifestation neuronale d’un traitement conscient serait une augmentation d’une réponse négative dans les régions occipito-temporales postérieures, aux alentours de 200ms après la présentation du stimulus.

(Kaernbach, Schröger, Jacobsen & Roeber, 1999, cités par Koivisto & al., 2008). Cette augmentation de la négativité du signal neuronal en potentiels évoqués à été appelée, VAN (visual awareness negativity), (Koivisto & al., 2008). Cette composante serait généralement suivie d’une activation positive dans les régions pariétales nécessaire à la discrimination entre différents types de stimuli. La temporalité du traitement conscient est néanmoins encore sujette à débat et n’exclut pas que conscience et non conscience puissent évoluer parallèlement sur des voies de traitement partiellement distinctes. En effet, Pins et Ffytche (2003, cités par Koivisto et al., 2008), ont montré, dans une étude alliant IRMf et ERP, une importante activation positive précoce (P1) dans les régions occipitales lorsque des stimuli étaient présentés de manière consciente versus inconsciente. Ils en ont conclu qu’une activité 100ms après la présentation du stimulus, a de fortes chances de représenter un premier accès à la conscience (Itier & Taylor, 2004). Néanmoins, il semble actuellement plus probable que la P1 soit en réalité reliée à l’attention et non à la conscience.

5 La TMS est une technique permettant d’inhiber l’activité d’une région corticale, par l’application d’impulsions magnétiques.

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Conscience et attention sont donc deux concepts souvent confondus et semblant être pour certains, étroitement liés. En effet, plusieurs auteurs affirment que l’attention ne peut avoir lieu sans conscience et que la conscience n’existe pas sans attention (Koch & Tsuchiya, 2006). Néanmoins, un point de vue intermédiaire postulant une relative indépendance entre ces deux phénomènes semble le plus approprié. Comme nous l’avons vu précédemment, Dehaene, Changeux, Naccache, Sackur et Sergent (2006) proposent que le traitement conscient soit le résultat de l’interaction de trois facteurs : la vigilance, des activations bottom-up et des informations top-down. Selon ces auteurs, la relation entre conscience et attention serait donc complexe, les propriétés bottom-up des stimuli ainsi que les informations top-down étant nécessaires mais pas forcément suffisantes pour une perception consciente.

1.7. Traitement pré-attentionnel et non conscient des visages

Tous les traitements effectués par notre cerveau n’atteignent pas la conscience. Nous l’avons vu précédemment, l’accès à la conscience se ferait de manière générale, aux alentours de 200ms. Il apparait néanmoins que dans le cas des visages, on puisse observer une réponse représentative d’un accès à la conscience déjà vers 100ms, au niveau des régions temporales droites principalement (Pegna, Khateb, Michel, & Landis, 2004). Ce traitement automatique et non conscient des visages a principalement pu être mis en évidence à l’aide de troubles neuropsychologiques comme la prosopagnosie, l’héminégligence ou le blindsight dans lesquels les patients affirmeront ne pas reconnaître les visages présentés alors que d’autres caractéristiques physiologiques comme par exemple une augmentation du rythme cardiaque ou de la sudation (conductance de la peau) prouveront leur reconnaissance (Tranel &

Damasio, 1985, cités par Palermo & Rhodes, 2006). Des études sur le phénomène d’extinction de l’héminégligence vont également dans ce sens. Il semblerait en effet que ces personnes, affirmant ne pas avoir conscience de ce qui leur est présenté dans leur hémichamp visuel gauche, montrent un phénomène d’extinction moins important lorsque les stimuli en question sont des visages en comparaison d’autres stimuli (Vuilleumier, 2000). Cette même étude a également mis en évidence un effet plus important pour de vrais visages que pour des visages dont les traits internes ont été mélangés, ce qui suggère une certaine importance de la signification du stimulus ainsi que de la configuration des visages dans l’accès à la conscience.

Dans le même sens, Mack et al., (2002), mettent en évidence que les visages ainsi que le nom ou prénom d’une personne peuvent être perçus dans des conditions où tout autre

(18)

stimulus ne pourra l’être. Les résultats de leur étude ont en effet montré que dans des situations de clignement attentionnel, de surcharge attentionnelle et de ce qu’on appelle

« stimulus crowding », qui consiste en la présence d’un stimulus parmi un grand nombre de distracteurs, la perception des visages et des noms était toujours facilitée par rapport aux autres stimuli. Ces résultats ont également montré que des visages à l’envers échappaient plus facilement au phénomène de clignement attentionnel que d’autres stimuli mais moins fréquemment que des visages à l’endroit. Ces visages inversés activeraient en effet les régions dédiées à la reconnaissance des visages mais de manière moins importante. Dans les situations de « stimulus crowding », des visages dont les traits internes avaient été mélangés étaient également détectés moins facilement que des vrais visages.

La preuve de l’existence d’un traitement facilité et pré-attentionnel pour les visages a également été mis en évidence par l’effet que l’on appelle « pop out »6. En effet, dans des tâches de recherche visuelle où les participants doivent trouver une cible parmi un certain nombre de distracteurs, le temps de détection de visages ne semble pas être influencé par le nombre de stimuli ce qui prouverait un traitement rapide, parallèle et ne faisant pas intervenir de ressources attentionnelles (Treisman & Gelade, 1980). Cet effet à été mis en évidence principalement pour des visages humains et non pour des maisons, des voitures ou encore des animaux, bien que ces deux catégories contiennent le même genre de caractéristiques faciales et une configuration très similaire (Hershler & Hochstein, 2005). Cette différence serait due au traitement holistique spécifique à ces derniers. Cependant, tous les auteurs ne sont pas d’accord à ce sujet et certains expliquent le phénomène de « pop out » par différents facteurs, dont, une plus grande expertise pour des visages, l’implication de mécanismes innés dans le traitement des visages ou encore des phénomènes que l’on appelle de bas niveau comme la taille des stimuli, leur contraste ou les fréquences spatiales (VanRullen, 2006).

Plus récemment, Kouider et al. (2009), ont également mis en évidence la possibilité d’un traitement non conscient des visages, allant jusqu’à une analyse sémantique, en terme d’identité. En effet, ces auteurs ont mis en évidence une diminution de l’activité cérébrale dans les régions responsables du traitement des visages7 (Figure 4), lors d’une tâche de priming et plus précisément lors de la présentation d’un visage précédé par la présentation du même visage, de manière subliminale. Selon les auteurs, cette diminution de l’activité due à la présentation répétée d’un même stimulus, permettrait d’illustrer le traitement non conscient

6 Ce terme fait référence à la capacité d’un stimulus d’attirer l’attention de l’individu, de sauter aux yeux, peu importe le nombre de distracteurs qui l’entourent.

7 La fusiform face area, l’occipital face area et le sillon temporal supérieur

(19)

effectué sur le stimulus indice et donc, de manière générale, la possibilité d’effectuer un traitement subliminal sur des visages.

Figure 4: Régions impliquées dans le traitement subliminal des visages (Kouider et al., 2009)

1.8. Symétrie et traitement non conscient des visages

Comme nous l’avons vu précédemment, une des caractéristiques essentielles au traitement des visages est qu’il s’effectue de manière holistique. Ce traitement serait, selon certains auteurs spécifique aux visages présentés à l’endroit (Tanaka & Farah, 1993, cités par Itier & Taylor, 2004), et de face. Mondloch et Maurer, en 2008, mettent en effet en évidence que lorsque les visages sont présentés de profil, la capacité à les reconnaitre chute énormément. Selon ces auteurs, ces observations suggèrent que le traitement holistique est maximal lorsque les visages sont présentés de face et à l’endroit, et diminue jusqu’à une présentation de profil, à partir de laquelle il n’a quasiment plus aucun effet. Nous pouvons donc imaginer que ces résultats soient également dus au fait que de profil, la symétrie propre aux visages n’est plus reconnaissable.

En 1991, Jonhson et Morton avaient également mis en évidence que déjà à quelques semaines de vie, des visages schématiques respectant l’organisation des traits internes, étaient préférés à des visages identiques mais dont les propriétés avaient été mélangées.

De plus, détecter une configuration faciale serait très rapide et efficace. Yamamoto et Kashikura (1999, cités par Palermo & Rhodes, 2006), ont en effet mis en évidence des seuils de détection plus bas pour des visages présentés à l’endroit que pour des visages inversés ou dont les propriétés internes avaient été mélangées. Le traitement holistique propre aux visages semble donc permettre un traitement plus rapide de ces derniers.

1.9. Implications et hypothèses

(20)

En résumé, la reconnaissance des visages nécessiterait un traitement holistique, qui ne serait plus possible lorsque les visages sont de profils et donc lorsque la symétrie n’est plus présente. Ce traitement holistique s’effectuerait de manière très rapide et pourrait expliquer le fait que les visages sont des stimuli pouvant être traités de manière automatique et donc non consciente. Ainsi, lors de la présentation de visages asymétriques, il parait raisonnable de s’attendre à ce que le traitement s’effectue plus lentement que pour des visages symétriques à l’endroit, comme cela est le cas pour des visages inversés.

Cette recherche a donc pour but de vérifier l’influence de la symétrie des visages sur le traitement non conscient de ces derniers. En d’autres termes, nous émettons l’hypothèse que des visages symétriques seront traités plus rapidement et plus facilement que des visages non symétriques malgré des conditions de présentation pouvant entraver un traitement conscient.

Afin de vérifier cette hypothèse, nous avons effectué une expérience composée de deux parties. La première partie utilisant un paradigme de « sandwich masking », consiste en la présentation de stimuli durant 17 versus 250 ms. Ces stimuli peuvent être répartis selon quatre conditions différentes inspirées des stimuli de Macchi Cassia et al., (2004) (figure 5):

1) Le visage est présenté à l’endroit et symétrique. 2) Le visage est à l’envers et symétrique.

Cette condition est considérée comme un non visage, car ce sont les propriétés internes qui on été inversées et non le visage dans sa globalité. 3) Le non visage est à l’endroit mais asymétrique (les propriétés du visage ont été mélangées, créant ainsi une rupture dans la symétrie). 4) Le non visage est à l’envers et asymétrique.

Figure 5 : Stimuli utilisés par Macchi Cassia et al., (2004), correspondant à nos conditions 3 et 4.

Pour chaque présentation, les participants ont pour tâche de déterminer si les yeux du stimulus cible sont en haut ou en bas, puis donner leur degré de certitude. Cette partie a pour but principal de s’assurer que les stimuli ne sont effectivement pas vus consciemment lors de la présentation à 17ms et d’allier des techniques subjectives et objectives lors de la mesure de la conscience (Merikle, Smilek & Eastwood, 2001). La deuxième partie est une tâche de priming. Dans cette dernière, les stimuli indices, les mêmes qu’auparavant, sont masqués en

(21)

sandwich et présentés à nouveau durant 17 ou 250ms. Suite à cet indice masqué, un stimulus cible, toujours faisant partie des mêmes catégories qu’auparavant, apparaît durant 250ms. La tâche des participants consiste à répondre sur la position des yeux de la cible le plus rapidement possible. Ici, deux conditions de priming sont à prendre en considération. Une condition congruente, où l’indice et la cible appartiennent à la même catégorie, et une condition non congruente, lorsqu’il s’agit de deux catégories différentes.

D’après les différents résultats rapportés dans la littérature concernant le paradigme de priming, on s’attend à ce que les temps de réaction des participants ainsi que le nombre d’erreurs commises soient plus petits lors des situations congruentes que non congruentes (Marcel, 1983 ; Schubö & Meinecke, 2007).

1.9.1. Hypothèses opérationnelles

Notre première hypothèse peut se résumer de la manière suivante :

H1 : Les temps de réaction et le nombre d’erreurs concernant la position des yeux de la cible sont plus petits dans les conditions congruentes qu’incongruentes, pour des présentations de l’indice à 17 comme 250ms.

H0 : Il n’y a pas de différence entre les conditions congruentes et incongruentes en termes de temps de réaction et de nombre d’erreurs pour des présentations de l’indice à 17 comme 250ms.

Si H1 est vrai pour les conditions congruentes avec présentation de l’indice à 17ms, alors il sera possible de dire qu’un effet de priming subliminal aura été mis en évidence.

Cette recherche ayant pour but principal de mettre en évidence l’influence de la symétrie des visages sur leur traitement non conscient, nous émettons une seconde hypothèse selon laquelle, à l’intérieur des conditions de priming congruent, les temps de réaction et le nombre d’erreurs seront plus petits lorsqu’il s’agit de la présentation de deux stimuli symétriques consécutifs que des stimuli asymétriques. Cette hypothèse s’appuie, entre autres, sur les résultats de Yamamoto et Kashikura, (1999, cités par Palermo & Rhodes, 2006) rapportés précédemment.

H1 : A l’intérieur des conditions de priming congruent, les temps de réaction et le nombre d’erreurs sont plus petits lorsqu’il s’agit de stimuli symétriques qu’asymétriques, pour des présentations de l’indice à 17ms.

(22)

H0 : A l’intérieur des conditions de priming congruent, on n’observe aucune différence entre la présentation de stimuli symétriques et asymétriques, en termes de temps de réaction et de nombre d’erreurs, pour des présentations de l’indice à 17.

Si H1 est vrai pour les conditions congruentes et symétriques avec une présentation de l’indice à 17ms, il nous sera possible de conclure que la symétrie a un effet facilitateur sur le traitement des visages et plus précisément sur le traitement non conscient des visages.

Néanmoins, sur la base des résultats obtenus par Veres-Injac et Schwaninger (2009), nous nous attendons également à ce que cet effet soit plus important pour des visages symétriques (à l’endroit) que pour les non visages (à l’envers) symétriques.

H1: Dans les conditions de priming congruent et symétrique, les temps de réaction ainsi que le nombre d’erreurs seront plus petits lorsqu’il s’agit de visages présentés à l’endroit qu’à l’envers, lorsque l’indice apparaît à 17ms.

H0 : Dans les conditions de priming congruent et symétrique, aucune différence entre les stimuli à l’endroit ou à l’envers n’est attendue pour des présentations de l’indice à 17ms.

Si H1 est vrai pour la condition où les visages symétriques à l’endroit sont précédés de visages symétriques à l’endroit durant 17ms, nous conclurons que le fait que le stimulus soit un visage, en plus qu’il soit symétrique, favorise son traitement, même s’il est non conscient.

Nos hypothèses s’organisent donc de manière hiérarchique et peuvent encore être résumées de la manière suivante :

Priming congruent avec visages symétriques à l’endroit < Priming congruent avec non visages symétrique à l’envers < Priming congruent avec non visages asymétriques (peu importe l’orientation) < Priming non congruent.

(23)

Résumé des Variables en jeu

Variables indépendantes :

• La condition de priming :

Variables dépendantes :

• Les temps de réaction (ms)

• Le nombre de réponses correctes

Variables contrôlées :

• L'âge des participants

• La latéralité (tous les participants étaient droitiers)

• Le temps de présentation des stimuli

Variables neutralisées :

• Le côté de présentation des yeux ainsi que l’orientation du nez et de la bouche dans les conditions asymétriques ont été contrebalancées entre les stimuli. (lorsque les yeux étaient à gauche, une fois le nez restait droit et la bouche était présentée à la verticale, une fois c’était la bouche qui restait intouchée et le nez qui était incliné).

• Le genre des stimuli (12 hommes et 12 femmes)

• Les touches de réponses étaient contrebalancées entre les participants

(24)

2. Méthode

2.1. Expérience 1

2.1.1. Population

Dix sujets droitiers tout venant, dont 4 hommes et 6 femmes, âgés entre 22 et 30ans (moyenne : 25.2 ans, écart-type : ± 2.82) ont participé à cette expérience. Tous avaient une vision normale ou corrigée à la normale et n’étaient pas informés du but et des hypothèses de l’expérience. Cependant, chacun recevait une explication concernant le type de stimuli utilisés avant le début de l’expérience car aucune phase de familiarisation n’était prévue.

2.1.2. Design expérimental

La tâche était présentée sur un ordinateur PC portable, d’écran de 33 sur 20.5 cm, à l’aide du logiciel E-prime et était constituée de deux parties d’environ quinze minutes, chacune séparées par une pause. Les participants étaient installés à une distance d’environ 55 cm de l’écran et devaient répondre à l’aide des touches « A » et « L » du clavier.

2.1.3. Stimuli

Le matériel consistait en 24 visages neutres de 12 hommes et 12 femmes, issus de The AR Face Database (Martinez & Benavente, 1998), ainsi que d’un masque créé spécifiquement pour cette expérience (figure 6).

Afin de diminuer la possibilité d’effets de bas niveau susceptibles d’engendrer des réponses faussées, les ombres et caractéristiques telles que des moustaches ou les cheveux ont été enlevées à l’aide du logiciel Photoshop pour chaque visage (voir figure 6 pour un exemple de la transformation effectuée). Seuls les traits internes tels que les yeux, les sourcils, le nez et la bouche étaient conservés. Les variations de luminosité ont également été contrôlées par ce logiciel en diminuant le contraste de chaque stimulus de 50% et en ajoutant 60% de bruit monochromatique. Chacun de ces 24 visages retouchés étaient présentés sur fond blanc au centre de l’écran et insérés dans un ovale de 8.479 sur 10.5 d’angle visuel rappelant la forme du visage. Ces visages étaient modifiés selon quatre conditions, inspirées de l’étude de Macchi Cassia et al. (2004), que l’on nommera DS, IS, BH et TH afin de simplifier la compréhension.

1) Condition DS

Les visages ne subissaient aucune transformation supplémentaire et étaient donc symétriques et présentés à l’endroit.

2) Condition IS

(25)

Les mêmes visages que dans la condition DS étaient inversés, c'est-à-dire que les yeux étaient mis à la place de la bouche et la bouche à la place des yeux mais sans les retourner.

3) Condition BH (bottom heavy)

Dans cette condition, l’organisation des traits internes des visages était modifiée et décalée et les yeux étaient disposés dans la partie inférieure de l’ovale.

4) Condition TH (top heavy)

Comme dans la condition BH, l’organisation interne était modifiée mais cette fois-ci, les yeux restaient dans la partie supérieure du visage.

Les conditions BH et TH comportaient également deux possibilités. Soit le nez était mis à l’horizontal et la bouche restait dans sa position habituelle, soit la bouche était présentée à la verticale et c’était le nez qui restait intouché. Pour ces deux dernières conditions, le côté (gauche/droit) de présentation des yeux était également contrebalancé d’un stimulus à l’autre.

Ces différentes variations supplémentaires avaient pour but de contrôler certains paramètres.

Par exemple, le fait de varier le côté de présentation des yeux permettait de contrôler qu’il n’y ait pas un effet du sens de la lecture sur les réponses des participants induisant des temps de réaction plus courts pour la présentation des yeux en haut à gauche.

Le matériel était donc composé de 24 visages x 4 configurations, soit 96 stimuli présentés dans un ordre aléatoire.

Ces stimuli étaient masqués à l’aide d’un ovale de même dimension que celui des visages et contenant des cercles ainsi que des disques noirs rappelant des yeux, disposés

« pseudo-aléatoirement », afin de diminuer la visibilité des stimuli. Les modifications de contraste et de bruit appliquées à ces masques étaient les mêmes que pour les stimuli, soit une diminution de 50% de contraste et un ajout de 60% de bruit monochromatique.

Un exemple de ces différentes conditions ainsi que du masque sont illustrées dans la figure 6.

(26)

(A) (B)

(C) (D)

(E) (F)

(G)

Figure 6 : (A) Visage original non retouché, (B) Visage retouché à l’aide de Photoshop, (C) Exemple de condition DS, (D) Exemple de condition IS, (E) Exemple de condition BH, (F) Exemple de condition TH,

(G) Masque.

(27)

2.1.4. Procédure

L’expérience était composée de deux parties : une évaluation du niveau de perception et une tâche de priming.

A.

Evaluation du niveau de perception

Dans cette phase d’évaluation, les 96 essais étaient constitués d’une croix de fixation de police « courrier new » taille 18 selon le logiciel E-prime, apparaissant au centre de l’écran durant 500ms. Un stimulus (DS, IS, BH ou TH), était ensuite présenté durant 17 ou 250ms, précédé et suivi de deux masques identiques. Les temps de présentation de ces masques étaient complémentaires à celui du stimulus afin que le temps total de présentation soit toujours équivalent à 917ms. Ils correspondaient donc respectivement à 300 et 800ms lorsque le stimulus était présenté 17ms et 500 et 367ms lorsqu’il apparaissait durant 250ms.

Après chaque essai apparaissait un rappel de la tâche et des touches de réponse, ainsi qu’une question concernant le degré de certitude de leur réponse. Ces différents points étaient présentés durant un temps illimité.

Les différents temps de présentation des stimuli et masques ont été déterminés à partir d’essais effectués auprès de cinq participants et en fonction de leur capacité à rendre le stimulus présenté à 17ms non perçu consciemment selon la combinaison entre mesures subjectives et objectives.

A.1. Tâche

Avant le début de l’expérience, les participants recevaient la consigne suivante :

« Vous allez voir apparaître à l’écran différents visages pouvant être présentés de manière très rapides. Ces visages seront précédés et suivis de masques. Votre tâche sera de décider si selon vous, le visage que vous avez vu avait les yeux en haut ou en bas, en appuyant sur les touches

« A » pour haut et « L » pour bas. Vous devrez ensuite préciser le degré de certitude de votre réponse sur une échelle de 1 à 4 où 1 correspond à pas du tout certain (réponse au hasard) et 4 à tout à fait certain ».

Les touches de réponse « A » et « L » n’ont pas pu être contrebalancées entre les participants de manière à ce que « A » corresponde à haut pour la moitié des participants et à bas pour l’autre moitié. En effet, cette expérience a été interrompue après la passation de 10 sujets au lieu de 20 comme il était prévu initialement, pour des raisons méthodologiques et à cause de notre impossibilité à répliquer les effets connus dans la littérature.

B. Priming

La procédure était la même que pour l’évaluation du niveau de perception mais se distinguait par la présence d’un stimulus supplémentaire (stimulus cible) présenté durant

(28)

250ms, directement après la séquence masque-stimulus-masque de la partie évaluant le niveau de perception. La combinaison de ces deux stimuli peut se résumer selon deux grandes conditions et six sous-conditions :

1. Condition congruente :

a. Symétrique : DSDS, ISIS b. Asymétrique : THTH, BHBH 2. Condition non congruente :

a. Symétrique : DSIS, ISDS b. Asymétrique : THBH, BHTH c. Yeux : DSTH, THDS, ISBH, BHIS d. Totale : DSBH, ISTH, THIS, BHDS

Nous parlerons donc de condition congruente lorsque les deux stimuli consécutifs sont identiques et de condition non congruente dans le cas inverse. Le nombre d’essais différait également de la partie évaluant le niveau de perception puisque cette tâche était composée de 3 blocs de 64 essais (4 stimuli indices x 4 stimuli cibles x deux temps de présentation x 2 répétitions de chaque combinaison), séparés par de petites pauses.

B.1. Tâche

Dans cette partie les participants recevaient la consigne suivante. « Vous aller voir apparaître à l’écran des visages pouvant être présentés de manière très rapide qui seront ensuite suivis d’autres visages. Votre tâche sera de répondre le plus rapidement possible si selon vous, le dernier visage vu avait les yeux en haut ou en bas, en appuyant sur « A » pour haut et « L » pour bas ».

Les touches de réponses n’ont à nouveau pas pu être contrebalancées entre les participants. En revanche, ces derniers n’avaient plus à donner de réponse concernant leur degré de certitude. Aucune consigne n’était donnée concernant le visage indicé.

La figure 7 résume la procédure pour les phases de test et de priming.

(29)

Figure 7 : (A) Séquence caractéristique de chaque essai (B) Séquence caractéristique des essais à la tâche de priming lors de l’évaluation du niveau de perception

2.1.5. Analyse des données

Évaluation du niveau de perception

Avant toute analyse plus approfondie, un score z a été calculé sur les réponses aux essais à 17ms pour chaque sujet, afin de déterminer si ces derniers avaient répondus au dessus du hasard. Ce score z a été réalisé à l’aide d’une approximation normale de la distribution binomiale (N=96, p= .5), comparant le nombre de réponses correctes (hits) par rapport au nombre total d’essais.

L’application de ce test a mis en évidence des réponses au dessus du hasard pour uniquement trois sujets sur dix, toute condition confondue. Les réponses à la mesure subjective ont quant à elles montré que lors des présentations à 17ms, les participants rapportaient majoritairement un degré de certitude très bas, allant dans le sens d’une perception non consciente des stimuli pour les trois sujets.

Priming

Pour la tâche de priming, la médiane des temps de réaction ainsi que le nombre de réponses correctes par condition ont été calculés pour chaque sujet, avant toute analyse plus poussée (annexe 1). Pour des raisons inconnues, dans cette tâche, deux sujets avaient des temps de présentation du deuxième masque différents de ceux des autres participants. Ces sujets ont néanmoins été inclus dans l’analyse, car leur présence n’engendrait aucune différence concernant la tendance et la significativité des résultats, suite à une comparaison entre les résultats d’analyses inférentielles effectuées sur dix sujets versus huit sujets.

Les analyses effectuées par la suite étaient des ANOVA à mesures répétées avec un seuil de significativité fixé à 0.05. L’application d’un tel modèle statistique supposant que nos

(30)

données soient normales et sphériques, une vérification de ces postulats à donc été effectuée avant toute analyse supplémentaire, montrant des données normales (test de Kolmogorov- Smirnov >.20) mais pas toujours sphériques (test de Mauchley <.05). Dans les cas de non respect de la sphéricité, les corrections de Geisser-Greenhouse ou Huynt-Feldt ont été appliquées et leur utilisation sera précisée lors de la description des résultats.

De plus, seules les médianes des essais dont les réponses étaient correctes seront rapportées et prises en considération dans les analyses suivantes. Ce choix a été effectué afin d’éviter l’influence de variables parasites telles que l’impulsivité ou l’inattention.

Les analyses incluant les essais erronés sont néanmoins reproduites en annexe (annexe 2).

2.1.6. Résultats

Une ANOVA à mesures répétées 2x4x4, avec comme facteurs le temps de présentation (17 versus 250ms), le stimulus indice (DS, IS, BH, TH) et la condition (congruente, non congruente symétrique ou asymétrique, non congruente yeux, non congruente totale) a mis en évidence une influence significative du stimulus indice (F(3,27)=4.61, p =.02) (graphique 1), ainsi que de la condition (F(3,27)=4.82, p=.03) avec correction G-G, sur les temps de réaction (graphique 2). Le tableau résumant les corrections G-G et H-F est reproduit en annexe (annexe 3). En ce qui concerne l’influence du stimulus indice, une comparaison post-hoc au moyen du test de Fischer (LSD test) a en effet permis de montrer que lorsque l’indice était DS les temps de réaction étaient significativement plus courts que pour tous les autres indices, IS, BH et TH (p=.0023, p=.027, p=.02 respectivement). Le tableau résumant les comparaisons post-hoc au moyen du test de Fischer est reproduit en annexe (annexe 4). Le fait de présenter un vrai visage en première position semblerait donc réellement avantager les participants en termes de temps de réaction.

Concernant l’effet de la condition, les résultats d’une comparaison post-hoc à l’aide du test de Fischer (annexe 5) ont mis en évidence des temps de réaction significativement plus longs pour les conditions congruentes versus les conditions non congruentes symétriques ou asymétriques (p= .02) et les conditions non congruentes totales (p= .003), ainsi qu’une différence marginalement significative avec les conditions non congruentes yeux (p=.058).

Ces résultats ne répliquent donc pas ce qui a été démontré dans la littérature concernant l’effet de priming. Au contraire, il semblerait que le fait que deux stimuli identiques soient présentés l’un après l’autre, augmente les temps de réponse des participants sur la cible.

Ces analyses ont également mis en évidence une interaction significative entre le stimulus indice et la condition, (F(9,81)= 4.18, p =.01) avec correction G-G (graphique 3). A

(31)

ce sujet, seules les comparaisons post-hoc obtenues au moyen du test de Fischer, concernant les conditions ayant un intérêt pour nos hypothèses seront rapportées et interprétées (voir annexe 6 pour le tableau complet des comparaisons au moyen du test de Fisher). Tout d’abord, en ce qui concerne la symétrie, les résultats mettent en évidence des temps de réaction significativement plus courts pour les conditions DSDS, que pour les conditions BHBH (LSD test, p=.008) et THTH (LSD test, p=.0007). Ainsi, dans les situations congruentes, on observerait quand même un avantage des visages symétriques principalement lorsqu’ils sont à l’endroit par rapport aux non visages. Ces résultats vont dans le sens de notre hypothèse concernant la symétrie puisque cette dernière mène à des temps de réaction plus courts que des visages asymétriques dans les situations congruentes. De plus, lorsque deux visages symétriques mais pas identiques sont consécutifs (condition DSIS), les temps de réaction des participants sont significativement plus courts que pour les conditions BHBH (LSD test, p= .001), THTH (p< .001), BHTH (p= .007), THBH (p= .045). En revanche, aucune influence significative de la congruence n’a pu être observée.

INFLUENCE DU STIMULUS INDICE

DS IS TH BH

INDICE 200

300 400 500 600 700 800 900 1000

millisecondes

Graphique 1 : Influence de l’indice sur les temps de réaction (ms)

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