Étude complémentaire sur l’influence de la fertilisation
sur
la qualité du bois de pin maritime (Expérience de Mimizan)
H. POLGE de Thérèse Thérèse HURPEAHURPEAU,
ches sur la Qualité
A. PERRIN des Bois
P. GELHAYE Station cle Recherches sur 1(i Qualité des Bois
Centre de Iteeherches
forestières
cle Naney, Champenoux, F 54280 Seich{lIl1I’"I2ésmné
Sur 105 arbres
répartis
en 5blocs,
7 traitements de fertilisation et 3catégories
degrosseur, ont été
découpées
2 barrettes de7,4
X 7,4 mm, une côté bois decompression
(Est)et une côté
opposé,
subdivisées en échantillons coeur et écorce ; pour la densité du bois, la séparation des traitements avec et sans phosphore n’est pas nette ; les petits arbres donnent le bois le moins dense, et le côté Est leplus
dense ; il existe des différencessignificatives
entre traitements pour l’épaisseur des barrettes débitées avec des scies-fraises
jumelées ;
les retraits radial et tangentiel sont plus faibles côté coeur que côté écorce, et plus forts u l’Ouest
qu’à
l’Est, l’inverse étant vrai pour le retrait axial ; lesengrais agissent
sur les retraits,mais la séparation des éléments fertilisants n’est pas claire.
Sur éprouvettes normalisées, les traitements se séparent assez bien, notamment pour la contrainte de rupture en flexion statique et la
dureté,
où les modalités avec phosphoreont une résistance inférieure.
Une analyse
densitométrique
faite sur des barrettes de 1,6 mm d’épaisseur montre unedisparition
plus précoce v l’Estqu’à
l’Ouest de l’effet favorable du phosphore sur la largeurdes cernes ; l’influence de la grosseur des arbres sur cette largeur augmente avec
l’age ;
-, t’anisotropie des accroissements est plus marquée dans les traitements avec P seul oucombiné ; il existe des différences
significatives
globales entre traitements pour les densités moyennes maximales et minimales annuellcs, sans regroupement en fonction des élémentsapportés ;
cependant, certaines années, l’ensemble des modalités avec P se sépare de l’en- semble sans P,toujours
par des valeurs plus faibles. L’anisotropie deslargeurs
decernes augmentc dans le temps, mais celle des densités moyennes annuelles diminue.
Au total, l’influence de la fertilisation sur la qualité des
bois,
qui n’ajamais
étédramatique,
apratiquement disparu
dans les derniers cernesproduits
sur des arbres de 21 ans.1. Introduction
L’expérience
de fertilisation de Mimizan(département
desLandes)
a été entre-prise
sur desplants
issus de semis effectués auprintemps 1957 ;
ellecomporte
7 traitements
(témoins
etapports d’engrais N, P, NK, NP,
PI! etNPK)
et 5répé-
titions
(blocs complets équilibrés).
Elle a
déjà
faitl’objet
de nombreuxcomptes
rendus :- Une
première
et trèsimportante
étude(G UINAUDEAU
et ol.. 1963) décrivaiten détail le
dispositif
et enanalysait
lespremiers
résultats dans des domaines très variés : croissance en hauteuraprès
2 et 6 saisons devégétation,
couverture vivante.survie au terme de la
première
annéed’expérience, production
de cônes mâles etfemelles,
durée de vie etcomposition chimique
desaiguilles, mycorhization...
- Un bilan
dendrométrique portant
à la fois sur les croissances en hauteur et encirconférence,
ainsi que sur laproduction
en volumedepuis l’origine
a par la suite été établi par Gri.nu & GUINAUDEAU(1974).
En ce
qui
concerneplus particulièrement
laqualité
dubois, plusieurs
étudessuccessives ont été
entreprises,
à différents stades de la vie dupeuplement,
pour voiren
particulier
si unedégradation
tropimportante
descaractéristiques technologiques
ne
risquait
pas de venircontrebalancer,
au moins enpartie,
lesgains
de croissancespectaculaires apportés
par la fertilisationphosphatée :
- Une
première analyse
a été faite àl’âge
de 7 ans sur des carottes desondage prélevées
à 40 cm de hauteur dans les témoins et dans lesplaccaux ayant
bénéficié seulement d’unapport
dephosphore (P OLGE , 1969) ;
la fertilisation entraînait alorsune
perte
de densité du bois de 6g/dn r ’
par rapport à unéchantillonnage systé- matique
de témoins et de 23g/ dm : ’ lorsque
l’on se référait à des témoins de diamètrecomparable,
toutes les différences étantsignificatives ;
les deux traitements ne sedistinguaient
pas l’un de l’autre par les densités minimales ou maximalesannuelles,
mais par lepourcentage
delargeur
de cerne de densitésupérieure
à 500g/dm-’ qui
tombait de 30 p. 100 chez les témoins à 24 p. 100 dans les
placeaux
àphosphore.
- A 9 ans
(même document),
d’autresanalyses
ont été faites sur les arbres enlevés à l’occasion de lapremièrc
éclait-cie, entravaillant,
d’une part sur les pre- miers arbres abattus danschaque ligne (échantillonnage systématique),
et d’autre part sur les 5plus
gros arbrescoupés
danschaque parcelle
unitaire(échantillonnage
se
rapprochant
aupoint
de vue dimensions des arbres restantaprès éclaircic) ;
les 7 traitements se différenciaient mieux les uns des autres aupoint
de vue densitédu bois dans le
premier
cas que dans lesecond,
et le faisaientégalement davantage
sur les 3 derniers cernes que sur la totalité des accroissements ; en
général
lestraitements sans
phosphore
donnaient du bois de densitésupérieure,
les écarts entre les extrêmes variant de 21 à 34g/ dm::;
iln’apparaissait
pas de différencessignifica-
tives de
longueurs
defibres,
mais un rendement en fibres accru desplaccaux
Ppar
rapport
aux témoins.- Une autre étude a été
entreprise
dans ce mêmedispositif
àl’âge
de 12 anset à
l’âge
de 15 ans(O HTA
etal.. 1983) ;
dans lepremier
cas(matériel
constituépar un billon par traitement et par bloc
provenant
d’un arbre de diamètre voisin de la moyenne de laparcelle
unitairecorrespondante),
iln’y
avait aucun effet dutraitement sur
l’hétérogénéité
dubois,
ni sur le retraittangentiel,
mais une influencesignificative
sur les retraits radial etvolumétrique,
sanscependant
que soientregroupés
de
façon
nette les traitements avecphosphore
d’unepart,
et sansphosphore
d’autrepart ; à 15 ans,
l’expérience
aporté
sur 5 billons parparcelle unitaire, représentant
bien la variabilité des diamètres du
peuplement
de chacune d’elles : l’excentricité de la moelle étaitplus marquée
dans lesplaceaux
àphosphore
que sansphosphore, mais, inversement,
la conicité destiges
y étaitplus faible ;
la densité du bois et lesdivers critères de résistance
mécanique
desparcelles
NP et NPK étaient inférieursà ceux des
parcelles N,
NK et destémoins,
mais les traitements P et PK venaient s’intercalerparmi
ces dernières.-
Enfin,
dans un dernier compte rendu(Ort T n et al.,
1985) les mêmes auteurs montrent que lephosphore
amène uneaugmentation
du rendement en fibre dans le bois decompression,
mais une diminution dans le boisnormal,
etégalement
que, dans le traitement NPK par
exemple,
si le bois decompression
a un rendementpar unité de
poids
sec de boisplus
faible que le boisopposé,
ceci estcompensé
par une densité
plus élevée,
en sorte que le rendement par unité de volume estpratiquement inchangé.
Le but de la
petite
étudecomplémentaire
dont il est renducompte
ici est de vérifier à unâge plus
avancé la réalité dequelques
observations relativement sur-prenantes
faitesprécédemment
et de suivre l’évolution dans letemps
de certainespropriétés
du bois designification technologique majeure.
2. Matériel et méthodes
Cette nouvelle
expérience
a étéentreprise
sur du matériel tiré d’arbres abattusau
printemps
1978(donc âgés
de 21ans) ; l’échantillonnage
aporté
sur 3 individuspar bloc et par
traitement,
à savoir un arbre ayant la circonférence moyenne dechaque parcelle
unitaire et deux autresayant
la circonférence moyenneplus
ou moinsune fois
l’écart-type,
soit un total de 105individus,
à lapartie
inférieuredesquels
ont été
prélevés
des billons de 65 à 70 cm delongueur,
en excluant la zonetrop proche
du collet où le fil du bois est fortement dévié.De rondelles débitées à la
partie supérieure
desbillons,
ont été extraites à l’aide de scies-fraisesjumelées,
deux séries de barrettes diamétrales suivant la direc- tion de l’excentricitémaximale, qui
ont par suite fourni côtégrand
rayon des échantil- lons de bois decompression,
et côtéopposé,
des échantillons de bois normal. La pre- mièresérie,
sciée à desépaisseurs
voisines de7,4
mm dans les directionstangentielle
etaxiale,
a servi à des mesures de rétractibilité etd’infra-densité,
enséparant
surchaque éprouvette
radiale les 11 derniers cernesqui
ont fourni les échantillons référencés « écorce » et l’ensemble des autres accroissements(échantillons
« cœur») ;
sur la totalité des 420 échantillons
(7
traitements X 5 blocs X 3 individus X 2 rayons X 2positions)
ont été mesurées à l’aide d’uncapteur micrométrique
automatisé(F
ERRAND
, 1981)
les dimensionstangentielles
et axiales à l’état sec à l’air(après
conditionnement
à 12 p. 100 d’humidité dans une étuvehygrométrique), puis
àl’état
saturé,
dont ont été tirés les retraitscorrespondants ;
on aprocédé
de même pour le retrait radial àpartir
de mesures delongueurs
faites avec uncomparateur
avecune
précision
dumm/100 ;
les infra-densités ont été déterminées sur la base dupoids anhydre
et dupoids
maximum obtenuaprès
saturationintégrale
par le vide.L’autre série de barrettes a été sciée à une
épaisseur
de1,6
mm dans le sensaxial et a
servi, après radiographie,
à évaluer paranalyse densitométrique (PoLCE,
1966)
leslargeurs
de cernes, les densités moyennes, maximales et minimalesannuclles,
ainsi que
l’écart-type
des densités à l’intérieur des cernesqui
caractérisel’hétérogénéité
du
bois,
ceci pour les 13 accroissements de 1965 à 1977 inclusivement.Par ailleurs ont été débitées dans les billons des
éprouvettes
normalisées pour essaismécaniques,
pour la localisationdesquelles
il a étéimpossible
de suivre unschéma
précis,
en raison de laprésence fréquente
de nœuds ou autres défauts de structure ; enrègle générale,
on a obtenu 6éprouvettes
par billon : deux du côté« bois de
compression
», une du côtéopposé
et 3 en directionperpendiculaire,
maisde nombreuses
exceptions
se sontproduites,
nepermettant
pas deprendre
en compte le facteur« position
» dansl’analyse
desrésultats ;
leséprouvettes
ont d’abord été soumises à des essais en flexionstatique
suivant la norme NF B51-008 au termedesquels
ont été mesurées les flèches et lescharges
à larupture,
à des essais encompression
axiale(NF B51-007)
et de dureté(NF B51-013)
sur deséprouvettes
de6 cm de
longueur
débitées dans lesparties
intactes deséprouvettes précédemment
testées en flexion
statique,
enfin à des déterminations de densités suivant NF B51-005.3. Résultats
3.1. Barrettes Je 7,4 X 7,4 mm
Les résultats ont fait
l’objet d’analyses
de variance faisant lapart
de 4 sourcesprincipales
de variation :traitement,
taille des arbres(circonférence
moyenne C = moyens. C + oC = gros, C — aC =petits),
côté(tendu
etcomprimé)
etposi-
tion
(coeur
et écorce). ainsi que des différentesinteractions ;
celles-ci étant, dans tous les cas, rares, faibles(bien
queparfois significatives)
et difficilementintcrpré- tables,
il n’en scra pas 1-ait état ci-dessous.3.11.
Infra-densité
Elle
apparaît
comme soumise à l’influence du traitement(F = 7,47’‘’‘),
de la taille(F
=10,93’:&dquo;’),
du côté(F
=67,91’&dquo;’)
et de laposition (F
=173,87 * = &dquo;).
La
comparaison
des moyennes des traitements par le test de BonrenoNt donne les résultats suivants :NP 1? P N NPK NI< T PK
(dans
un but desimplification,
on se limiteici,
et on se limitera par la suite dans lescomparaisons
de moyennes aux différencessignificatives
au seuil de 5 p.100).
Contrairement aux
premières expériences,
les traitements avec et sansphosphore
ne se
séparent plus
defaçon
nette ; on retrouve, comme dans l’étude de OIITA, KEL t, E
a &
J ANIN (1983),
des intercalations d’autant moinsexplicables qu’elles
concer-nent des traitements
différents,
et que la hiérarchie des diverses modalités de fertili- sation n’est pas lamême ;
onpeut
maintenant dire que l’effetdépressif
duphosphore
sur la densité du bois est peu
marqué,
et observer une certaine tendance à uneinfluence
positive
dupotassium, puisque
dans les troiscouples NP-NP K .
P-PK etN-NK,
le traitement avec K fournit des valeurs d’infra-densitésupérieures.
L’influence de la taille se manifeste comme suit :
Petits Gros
Moyens
La
plus
faible densité despetits arbres, qui surprend
àpremière
vue,pourrait s’expliquer
par le faitqu’après
unepériode juvénile
où leur croissance aurait étéassez semblable à celle des autres
catégories,
ils auraient formé des cernesplus
étroits à
partir
du moment où ils auraient subi leur concurrence, de sorte que, sur des barrettesparallélépipédiques,
le volume de bois adulteplus
dense scrait relative-ment
plus
réduit.En ce
qui
concerne l’effet « côté », on observe sanssurprise
une densitéplus
élevée dans le bois de
compression
(404g/dm ’ &dquo;’)
que dans le boisopposé
(378g/ dm :; ).
De
même,
comme onpouvait s’y attendre,
on trouve une densitébeaucoup plus
forte dans les échantillons « écorce
» (412 g/dm!1)
que dans les échantillons « coeur » (370g/dm&dquo; 1 ).
3.12. Dimensions
tangentielles
et a.xiales deséprouvettes
On
pourrait
croirequ’en
débitant les échantillons à l’aide de scics-fraisesjumelées (donc
à écartementconstant),
on obtienne deséprouvettes
de mêmeépaisseur.
aux erreurs de mesure
près ;
il n’en estrien,
et l’on trouveici,
en directiontangen- tielle,
des effetssignificatifs
du traitement(F
=11,93 y ‘y‘),
du côté(F =
5,33v) et de laposition (F
=3,82 * ),
et, en directionaxiale,
un effet du traitement (F = 4,23!:!!:2). ).La
comparaison
des moyennes des diverses modalités de fertilisation donne les résultats suivants :n:..nont:,...-.. tn...ô...t!,....11,..&dquo;
Direction
tangentielle
Direction axiale
On observe d’abord que,
quel
que soit letraitement,
les dimensions tangen- tielles sontsupérieures
aux dimensionsaxiales ;
cecipourrait
être dû (ARCHER, commu-nication
personnelle)
à la valeur inférieure à 1 du coefficient de Poisson liant une déformation dans le sens du fil du bois à la déformation résultante dans la direction des couchesd’accroissement,
ou encore(Knumnrv,
communicationpersonnelle)
àl’interaction
outil-fibres,
l’action d’une dent de fraise nes’exerçant
pas defaçon identique
dans le sens transversal(où
elle coupe les trachéidesperpendiculairement
à leur
axe)
et dans le senslongitudinal (où
ellepeut,
soit les scctionncrparal-
lèlement àcelui-ci,
soit les écarter les unes des autres à la manière d’uncoin).
Par
aillcurs,
les dimensions axiales ettangentielles
sont liées par une corrélation très étroite (r =0.90 *** ).
cequi
laisse à penser que les déformations par rapporta l’épaisseur théorique correspondant
à l’écartement desscies-fraises, qui
seproduisent
dans les deux directions
considérées,
sont occasionnées par une même cause, la structure dubois ;
on aurait dès lors unphénomène analogue
à celui dont il adéjà
été rendu
compte
(POLGE,1978),
danslequel
les déformations d’une dent-rabot lors de l’enlèvement d’un copeau étaient fortement corrélées à la densité maximale annuelledes cernes successifs (r =
0,65 **
à0,75&dquo;°...&dquo;&dquo;) ; ici,
on nedispose
que d’une seuledonnée,
relativementgrossière,
pour caractériser la structure :l’infradensité ;
ellene donne pas de liaisons
significatives
avec les dimensions deséprouvettes,
mais unetendance
apparaît
pour uneaugmentation
de celles-ci avec la densité (r =0,50
avec
l’épaisseur
dans le senstangentiel qui
est, des deuxconsidérées,
laplus variable).
Les différences observées
quant
aux effets des deux autres sources de variationsur les dimensions
tangentielles
vontégalement
dans le même sens,puisque
l’on atoujours
uneépaisseur plus
fortequand
la densité est elle-mêmeplus
élevée :7 404 microns pour le bois de
compression
contre 7 395 pour le côtéopposé,
et7 403 microns pour les échantillons « écorce » contre 7 395 pour les échantillons
« cceur ».
3.13. L2etruit
tungenticl
Il est soumis à un effet traitement (F = 4,68--’!), à un effet côté (F = 25.5**) et à un effet
position (F = 37 6 ,8 Tr ).
L’influence du traitement de fertilisation se
présente
comme suit :NP N P NK NPK T PK
Pas
plus
que les autres variablcsétudiées,
le retraittangentiel, qui
est unecaractéristique physique
trèsimportante
pour laplupart
desutilisations,
ne permet deséparer
les traitements avec et sansphosphore ;
comme il en estgénéralement,
il suit assez bien les variations de l’infradensité
(r
=0,75),
etparaît également aggravé
par lepotassium,
au vu descomparaisons NP-NPK,
N-NK et P-PK.Le retrait
tangentiel
estplus
faible dans le bois decompression
que du côtéopposé (3,54
p. 100 contre 3,83 p. 100), en accord avec la littérature (Low,1964),
etégalement
moins élevé dans l’échantillon cceur que dans l’échantillon écorce(3,10
p. 100 contre 4,27 p. 100), en conformité avec legradient positif généralement
observé chez les résineux du bois
juvénile
au bois adulte.3.14. Retrait radial
Il
apparaît
commedépendant
à la fois du traitement(F = 57,23!‘°),
de la taille(F
=12,37’!’F),
du côté(F = 98,19!’!«-!)
et de laposition (F
=12,12!:!*).
Les traitements se
séparent
en 4 groupes ne serecoupant
pas, maisl’interpré-
tation des résultats n’en est pas
plus
facile pour autant,puisque,
parexemple,
letémoin occupe une
position
médiane et que les 4 traitements avecphosphore
serépartissent
par groupes de deux dans lesplus
forts et lesplus
faibles retraits.La
comparaison
des tailles d’arbres seprésente
comme suit :Gros
Moyens
PetitsComme le retrait
tangentiel,
le retrait radial estplus
élevé du côtéopposé
que du côtécomprimé (2,70
p. 100 contre 2,31 p. 100) et vers )’écorce (2,57 p.100)
que vers le cœur (2,44 p. 100), avec les mêmes
explications probables.
3.15. Retrait axial
Il est soumis à l’influence de toutes les sources de variation étudiées : traitement
(F
=3,25* !),
taille(F
=5,48 ’wk),
côté(F
=56,33 ** )
etposition (F = 6,16 * ).
La
comparaison
des moyennes de traitement donne :T NK P NPK NP N PK
On n’a
toujours
pas d’effet très net des élémentsfertilisants ;
onpeut
seulement observer que, contrairement à une tendance assezgénérale
suivantlaquelle
les retraitsen direction du fil du bois et
perpendiculairement
à celui-ci varient en sensopposé,
ici le traitement PK
apparaît
comme conférant au bois une forte instabilité dimen-sionnelle,
aussi bien axiale que radiale outangentielle.
L’influence de la taille des arbres est donnée par la
comparaison :
Petits !!- Gros ! . !
Moyens
! ! .On a ici un résultat
opposé
à celui trouvé pour le retraitradial, puisque
ce sontles
petits qui
sedistinguent
des deux autrescatégories,
au lieu des gros.Le retrait axial est
plus
de trois foisplus
élevé du côté « bois decompression
»(0,26
p. 100) que du côtéopposé (0,08
p.100),
et ceci confirme bien que le bois formé en direction duplus grand
rayon dans lepin
maritime (engénéral
àl’Est)
est effectivement du bois de réaction
(P OLGE
&I LLY , 1967).
Le retrait dans le sens du fil du bois est
plus
faible dans la zone « écorce » que dans la zone « cœur x, c’est-à-dire que, comme pour la source de variationprécédente,
il suit ungradient
designe
contraire aux retraits radial ettangentiel.
3.2. Barrettes de 1,6 nim
d’épaisseur
Le but de la
partie
del’expérience
les concernant était de suivre l’évolution descaractéristiques
de structure du bois au cours des 13 années convenablementrcprésentées
sur l’ensemble des échantillons.3.21.
Lttrgeur
desaccroissements
annuelLe tableau
1 indique après
l’année la valeur du test « F »correspondant, puis
les résultats du test de
comparaison
des moyennes au seuil deprobabilité
de 5 p. 100.On retrouve, ce que laissaient
présager
les résultats desexpériences
successives,une
séparation
de moins en moins nette des traitements avec et sansphosphore :
les6
premières années,
nl’exception
de1967,
les deux groupes seséparent complètement
l’un de
l’autre, puis,
même si la croissance desplaceaux
avecphosphore
demeurela
plus rapide,
on observe des cas d’absence de différencesignificative
entre traite-ments
ayant
ou non bénéficié del’apport
de cet élémentfertilisant,
enfin seproduisent
en 1976 et 1977 des
inversions,
avec, enparticulier,
des accroissements très faibles dans la modalité àphosphore
seul.Les valeurs du test « F » de l’effet « côté » pour les différentes années sont les suivantes :
1965 19C!6 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 29
**&dquo; 54**.&dquo;&dquo;
6]
**&dquo;&dquo;.
98&dquo;
*&dquo;&dquo;&dquo; 9 9 &dquo;&dquo; 174** 149** 148** 192** ’&dquo; 1 8 4 ’&dquo;&dquo; 147&dquo;&dquo; 193** g6:a°.:: &dquo;&dquo;&dquo;
Il
apparaît
assez nettement quel’anisotropie,
c’est-à-dire la différence de vitesse de croissance sur deux rayonsopposés,
a, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, tendance àaugmenter
avecl’âge.
Il en est de même pour l’influence de la taille des arbres :
1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 13
T
’
v’&dquo; 12.:::: &dquo;&dquo;&dquo; 9T!< ’&dquo;
1 b &dquo;’ !:: ]4*&dquo; .&dquo;’
31:!:!’,-! 25&dquo;* &dquo;’
33
*
&dquo; &dquo;’
36>!T * 57**&dquo;&dquo;&dquo;
39&dquo;
*&dquo;&dquo;&dquo; 54**&dquo;&dquo;&dquo;
36!:::< &dquo;&dquo;&dquo;
mais,
dans ce cas, on retrouve une notion bien connue dessylviculteurs,
à savoirque les dominants deviennent de
plus
enplus dominants,
et, lesdominés,
deplus
en
plus
dominés.La
figure
1représente
les variations delargeurs
des cernes en fonction de1’âge
pour le bois decompression (côté Est)
et pour le boisopposé (côté Ouest),
d’une part pour les 4 traitements avecphosphore,
d’autrepart
pour les 3 traitementssans
phosphore,
avec les droites derégression correspondantes :
on voit que l’effet de cet élément a cessé d’êtresignificatif
dès 1971 àl’Ouest,
mais seulement en 1976à
l’Est,
etqu’il n’y
aplus
aucune différence entre les deux groupes côté Ouest durant les 4 dernières annéesdisponibles,
alors que les traitements avecphosphore
mani-festent
jusqu’au
bout unesupériorité
côtéEst,
même si le seuil designification
à5 p. 100 n’est
plus
atteint.Sur la
figure
2(partie gauche)
estreprésentée
l’évolution dans letemps
del’anisotropie
deslargeurs
de cernes(rapport
de l’accroissement sur leplus grand
rayon à celui du côté
opposé)
pour les mêmes deux groupes de traitement ; onretrouve, conformément aux observations faites sur les valeurs de «
F »,
une forteaugmentation
avecl’âge,
mais on note aussi, en accord avec les résultats de OHra et collaborateurs( 1983),
que cetteanisotropie
estbeaucoup plus marquée
dans les traitements avecphosphore
que sansphosphore.
3.22. Densités moyennes w1I1uelles
Le tableau 2 donne pour
chaque
année la valeur du « F » dît au traitementsuivi du test de
comparaison
des moyennescorrespondant :
Les valeurs du test « F » ont tendance à être
plus
faibles que pour leslargeurs
de cernes, mais il
n’apparaît
pas d’évolution nette en fonction del’âge ; les
4 traite-ments avec
phosphore
n’ont une densitéplus
faible que les 3 autresqu’en
1965 ; par lasuite,
les 3 dernièresplaces
sontoccupées,
que les différences soientsignifi-
catives ou non, par un
groupement
hétéroclite desplaceaux P,
N et NP.cependant qu’alternent
à lapremière
le témoin et le traitement PK.Si l’on compare ces résultats avec ceux obtenus sur barrettes 7,4 X 7,4 mm, on note ici des valeurs
plus
élevéesqui s’expliquent
par le faitqu’il s’agit
main-tenant de densités à environ 12 p. 100
d’humidité,
et nonplus d’infradensité ;
aureste, les classements se
recoupent
assez bien dansl’ensemble,
et l’onvoit,
enparti- culier,
que la forte densité du bois desplaceaux PK, qui surprenait, s’agissant
d’untraitement avec
phosphore,
est apparue dès 1966 et s’est maintenue avec peud ’cxcep-
tions par la suite.Le test « F » de l’effet côté donne pour les différentes années les valeurs suivantes :
1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 9 ’&dquo; * 35-!!::z &dquo;&dquo;&dquo;
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’&dquo; &dquo;&dquo;&dquo; 16’! * 6!: ’&dquo;
Sans aucune
exception,
la densité estplus
forte du côté bois decompression
que du côté
opposé.
Il
n’y
a que 3 annéesprésentant
un effetsignificatif
de la taille desarbres,
et encore avec des résultats différents : densité
plus
faible que pour les deux autrescatégories
pour lespetits
individus en 1966 et1967,
et pour les moyens en 1974.Sur la
figure
3 sontreportées
lesvaleurs
moyennes des densités côté Ouest etcôté Est pour la moyenne des traitements avec
phosphore
d’unepart
et sansphosphore
d’autre
part ;
les différencessignificatives
sont peunombreuses,
cequi
ne sauraitsurprendre, puisque
les tests decomparaison
des moyennes ont faitapparaître beaucoup
de chevauchements entre les deux groupes ; on doitcependant
observerque,
lorsque
le seuil designification
à 5 p. 100 estdépassé,
lephosphore
entraînetoujours
une baisse dedensité,
que les effets de la fertilisation sur la densité du boissont
plus marqués
du côté Ouest que du côtéEst,
que, contrairement auxlargeurs
de cernes, la dernière différence
significative
recensée estplus
tardive dans lepremier
(1974)
que dans le second( 1971 ),
enfin que, d’un côté comme del’autre,
les deux courbes sont maintenantpratiquement confondues,
montrant que les effets de la fertilisation sur laqualité
dubois, qui
s’étaient manifestés dans lesexpériences
précédentes,
ont maintenant totalementdisparu.
Sur la
partie
droite de lafigure 2,
onpeut
suivre l’évolution dans letemps
del’anisotropie
des densités(rapport
de la densité Est à la densitéOuest) ;
elleest
toujours plus
élevée pour les traitements avecphosphore, mais,
àl’opposé
dece
qui
avait été observé pour leslargeurs
de cernes, celle desplaceaux ayant
reçuce
type
de fertilisation diminue avecl’âge
et atteint pour les dernières années des valeurs très voisines de celles desplaceaux
sansphosphore ;
ceci est très heureuxpuisque,
d’unpoint
de vuetechnologique, l’anisotropie
des densités estbeaucoup plus
grave que celle deslargeurs
de cernes.3.23. Densités nacaximales annuelles
Les valeurs du test « F » pour les différentes années et les résultats des compa- raisons de moyennes sont donnés dans le tableau 3.
La densité
maximale,
contrairement àbeaucoup
d’autresexpériences, n’apparaît
pas comme
particulièrement
discriminante pour différencier lestraitements,
tout aumoins dans les 6 dernières années
étudiées ;
c’est la modalité NPKqui,
dans l’en-semble,
fournit lesplus
fortesvaleurs, cependant
que la dernièreplace
est, defaçon
assez
étonnante, occupée
tantôt par letémoin,
tantôt par le traitement P.La
figure
4 résume les variations dans letemps
de la densité maximale pour les deux côtésopposés,
et pour les deux groupes de traitement : avec et sansphosphore :
Toutes les différences
significatives observées correspondent
à unesupériorité
de la modalité sans
phosphore ;
en outre, comme pour la densité moyenne, le côté Ouest discrimine mieux les deux groupes que le côtéEst, mais,
contrairement àelle,
l’effetdépressif
duphosphore
est encoreapparent
en 1977.3.24. Densités minimales annuelles
Le tableau 4
donne,
par année, la valeur de« F »,
l’indication des différencessignificatives
entre traitements.Dans
l’ensemble,
et surtout les dernièresannées,
la densité minimaleparaît plus
sensible aux effets de la fertilisation que la densité
maximale,
mais la hiérarchie des traitements est à peuprès
la même que pourcelle-ci,
à la nuanceprès
que l’azote seul semble avoir une influencebénéfique plus marquée.
Une remarques’impose
ici : aussi bien pour les minimums que pour les
maximums,
les valeurs des témoins sontparticulièrement faibles,
et se différencient mêmesignificativement
de cellesde
plusieurs
modalités defertilisation ;
or, l’inverse était vrai pour les densités moyennes de cernes ! Le programmed’analyse densitométrique
utilisé neprévoyait
malheureusement pas le calcul des
pourcentages
de boisfinal ;
on en est donc réduitaux
hypothèses
pourexpliquer
ceparadoxe :
celle suivantlaquelle
les témoins auraientune texture
particulièrement
forte est laplus vraisemblable,
et ce d’autantqu’elle
recoupe les résultats obtenus antérieurement sur le
pourcentage
de l’accroissement annuelayant
une densitésupérieure
à 500g/dm ;¡ (P OLGE , 1966).
Sur la
figure
5 sontindiquées
les valeurs annuelles des densitésminimales,
côtéOuest et côté
Est,
pour les traitements avec et sansphosphore.
Comme pour les densités
maxûnales,
les différencessignificatives
sonttoujours
au
profit
des modalités sansphosphore,
et la discrimination est meilleure à l’Ouestqu’à l’Est, mais, ici,
aucun effet du traitementn’apparaît
dans les dernières années del’expérience.
3.25.
Ecart-type
intra-cerne de la densité du bois Les effets du traitement sont résumés dans le tableau 5.Ce
paramètre,
dont on pensequ’il
caractérise bienl’homogénéité
du bois(F
ERRAND
, 1982), apparaît
ici comme peuapte
à différencier lestraitements ; seules,
4 années donnent un « F
» significatif,
et la hiérarchie destypes
de fertilisation varie fortement de l’une àl’autre,
mis àpart
lesplaceaux
NPK à fortsécarts-types,
et lesplaceaux
Pbeaucoup plus homogènes.
3.26.
Effets
secondaires sur les densités maximales et minimales et sur lesécarts-types
Ils sont
regroupés ici,
car ils sont peumarqués
et sansgrande implication pratique ;
seules serontindiquées
les années à différencessignificatives.
- Effet du côté :
Contrairement aux
largeurs
de cernes et aux densités moycnncs, très peu d’années sontconcernées ;
ellesfigurent
sur le tableau 6.Les densités maximales sont
plus faibles,
et les minimalesplus
élevées ducôté
comprimé
que du côtéopposé ; corrélativement,
le bois y estplus homogène.
- Effet de la grosseur :
Il se manifeste très peu sur les maximums et sur les
minimums,
maisdavantage
sur les
écarts-types ;
les résultats sont les suivants :Pour les densités maximale et minimale
annuelles,
on n’a que deux années où la taille des arbresapparaît
comme un facteur discriminant,mais,
dans lepremier
cas, c’est la
catégorie
despetits
arbresqui
se différencie des deux autres par une valeurélevée,
alors que, dans lesecond,
c’est lacatégorie
moyenne, par des valeurs faibles.La situation fluctue
quelque
peu pourl’écart-type
desdensités,
mais la tendancegénérale
est celle d’une amélioration del’homogénéité
enpassant
despetits
auxmoyens,
puis
aux gros.1 3.3. Essais sur
éprouvettes
normalisées 3.31. Flèclze à la; ’ Mp/ M n ?
enflexion slalique
Le résultat des
comparaisons
de moyennes au seuil de5 p.
100(valeurs
donnéesen
mm)
et la valeur du test « F » sont donnés ci-dessous :NP P PK N NK T N PK
L’éventail des moyennes par traitement est
plus
refermé que dans l’étude de OHTA
et
al., 1983 ;
on retrouve une tendancegénérale
à un effetnégatif
duphosphore
sur la flèche à la
rupture, mais,
alors que dans cetteexpérience précédente
laprincipale
anomalie était constituée par laprésence
insolite des témoinsparmi
lestraitements
àphosphore, ici,
on estsurpris
par la forte valeur trouvée pour le traitement NPK.3.32. Contrainte de
rttpture
enflexion statique
Les variations entre traitements se
présentent
comme suit(valeurs
endaN/cm 2 ) :
NP PK NPK P N NK T
Pour cette
caractéristique également,
les chiffres trouvés sont nettement moinsdispersés
que ceux obtenus sur du matérielprélevé
6 ansplus tôt ;
mais on trouvesurtout un meilleur
regroupement
des traitements avec et sansphosphore,
avec, enparticulier
uneséparation complète
de T et NK d’unepart,
et de l’ensemble des modalités de fertilisation avecP,
seul oucombiné,
d’autrepart.
3.33. Dureté
Les résultats sont les suivants
(en
nun delargeur d’empreinte) :
T N PK NK NPK P NP
Les valeurs
indiquées
ne sont pascomparables
à celles données par OHTA et collaborateursqui
avaientpréféré
chiffrer la dureté enprofondeur d’empreinte plutôt qu’en largeur (les
deux sont liées par une relationsimple
faisant intervenir le rayon ducylindre d’appui) ;
ladispersion
est, à nouveau, un peuplus
faibleici,
maisla valeur du test « F
» plus élevée ; ici,
trois des 4 traitements avecphosphore
se différencient
significativement
des trois modalités sansphosphore,
avec des valeurssupérieures
traduisant une moindre dureté.?
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3.34. Contrainte de
rupture
encompression
axialeLa
comparaison
des traitements donne(en daN 1 cm!) :
NP NPK NK P T PK N
Les valeurs trouvées sont
toujours
moinsdispersées
que dans l’étudepré-
cédente
(ce qui pourrait s’expliquer
par le faitqu’il
est de moins en moins difficilede confectionner des
éprouvettes
de bonnequalité
en nombre suffisant au fur et àmesure que les arbres
grossissent), mais, ici,
on trouve enplus
des chiffres de contraintesupérieurs,
cequi pourrait
résulter d’une sensibilitéplus grande
del’essai en
compression
axiale à laprésence
depetits
défauts dans leséprouvettes ;
on doit
cependant
noter que laséparation
des traitements avec et sansphosphore
est maintenant moins bonne que 6 ans