• Aucun résultat trouvé

I I / QUEL ROLE POUR L HOMME?

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2022

Partager "I I / QUEL ROLE POUR L HOMME?"

Copied!
6
0
0

Texte intégral

(1)

1 LIRE Pierre TEILHARD de CHARDIN

Lecture guidée proposée par Chantal AMOUROUX – PARIS – 2019

« L'Homme, non pas centre statique du Monde, - comme il s'est cru longtemps ; mais axe et flèche de l'Évolution, ce qui est bien plus beau. »

(T. I, Le Phénomène humain, 1939/40, p. 30)

I I / QUEL ROLE POUR L’HOMME ?

Les mots-clés : Noosphère, En avant !, agir, goût passionné de grandir, vision commune de l’Humanité, union par unanimité, Dieu transcendant , auto-évoluteur

La vision teilhardienne est une vision anthropocentrique. Nous avons en effet vu dans la première lecture, et l’exergue de ce texte le rappelle, que l’Homme, est le terme actuel, le plus évolué, de l’évolution de l’Esprit-Matière, substance unique constituant le Cosmos. C’est l’être vivant dans lequel l’Esprit – celui de l’Esprit-Matière créé initialement par Dieu – atteint actuellement le point maximal de concentration, générant ce que nous appelons « pensée » ou « conscience réfléchie », caractéristique spécifique du genre humain. Cette conscience l’incitant à se mettre en quête de son Créateur. C’est pourquoi Teilhard écrit "Homme" avec une majuscule de façon à le différencier de l’homme, simple entité issue de l’évolution biologique. Cet Homme, ainsi devenu conscient, va donc se voir attribuer un grand rôle par Teilhard.

A / LA PLACE DE L’HOMME DANS L’ÉVOLUTION CONDITIONNE SON DEVENIR

Un premier texte pour rappeler cette place essentielle de l’Homme, dans notre Monde ...

« Et en effet, dans le domaine accessible à notre expérience, la naissance de la Pensée ne se pose-t- elle pas comme un point critique à travers lequel émerge et se consomme tout l'effort des âges antérieurs -le point critique traversé par la conscience qui, à force de se concentrer, finit par se réfléchir sur elle-même ?

Jadis, avant Galilée, la Science se représentait l'Homme comme centre géométrique et juridique d'un Monde formé de sphères tournant statiquement sur elles-mêmes. Voici que, dans notre néo- anthropocentrisme moderne, l'Homme, à la fois diminué et grandi, devient la tête (terrestre) d'un Univers en voie de déplacement psychique : l'Homme, la dernière formée, la plus compliquée, et la plus consciente des

« molécules ». » (T. V, Réflexions sur le progrès, 1941, p.91)

… et dans l’Univers tout entier !

« Par le simple fait de sa présence dans la Nature, l'Homme impose au Cosmos, d'abord une certaine étoffe, et ensuite une certaine structure et le résultat de cette double condition est de le constituer, lui, Homme, dans le champ de notre expérience, la portion la plus significative et la plus précieuse de l'Univers. »

(T. VI, L’Énergie Humaine, 1937, p.150)

Et comme dans l’Univers, tout se construit par union des éléments préexistants*, l’Homme, de part sa place en tête de l’évolution de la biosphère**, est l’élément de base pour la construction de la phase évolutive suivant. Celle-ci doit donc nécessairement se constituer par l’union des Hommes, c’est-à-dire

(2)

2

par l’union de leurs consciences. Teilhard nomme cette nouvelle étape de l’évolution, la noosphère***ou enveloppe pensante de la Terre.

*T. nommera ce principe « l’Union créatrice » car chaque fusion d’éléments génère un élément de plus grande complexité possédant de nouvelles propriétés que l’on nomme maintenant "propriétés émergentes". Citons par exemple : particules  atome, atomes  micromolécules  macromolécules  cellules  organisme

** Biosphère =terme biologique désignant la sphère de vie entourant la Terre

*** Du terme grec « noos » que l’on peut traduire par « esprit » ou « pensée » - Des réalisations concrètes de cette noosphère sont nettement perceptibles dans le développement mondial de plus en plus rapide des réseaux comme Internet.

« Qu’est-ce à dire sinon ceci (chose toute vraisemblable) que l’Étoffe de l’Univers, en devenant pensante, n’a pas encore achevé son cycle évolutif, — et que, par suite, nous marchons vers quelque nouveau point critique, en avant ? Malgré ses liaisons organiques, dont l’existence nous est apparue partout, la Biosphère ne formait encore qu’un assemblage de lignes divergentes, libres aux extrémités. Sous l’effet de la Réflexion, et des reploiements que celle-ci entraîne, les chaînes se ferment ; et la Noosphère tend à se constituer en un seul système clos, — où chaque élément pour soi voit, sent, désire, souffre les mêmes choses que tous les autres à la fois. Une collectivité harmonisée des consciences, équivalente à une sorte de super-conscience. La Terre non seulement se couvrant de grains de pensée par myriades, mais s’enveloppant d’une seule enveloppe pensante, jusqu’à ne plus former fonctionnellement qu’un seul vaste Grain de Pensée, à l’échelle sidérale. La pluralité des réflexions individuelles se groupant et se renforçant dans l’acte d’une seule Réflexion unanime.

Telle est la figure générale sous laquelle, par analogie et par symétrie avec le Passé, nous sommes conduits scientifiquement à nous représenter dans l’avenir cette Humanité hors de laquelle nulle issue terrestre ne s’ouvre aux exigences terrestres de notre Action.»

(T. I, Le Phénomène humain, 1939-40, p. 279-280)

Ajoutons quelques citations pour décrire cette « noosphère » issue d’une « noogénèse ».

« Jusqu’alors c’était assez de considérer, dans la Nature, une large vibration simple : la montée de Conscience. Maintenant il va s’agir de définir et d’harmoniser dans ses lois (phénomène bien plus délicat !) une montée des consciences. Un progrès fait d’autres progrès aussi durables que lui. Un mouvement de mouvements. » (T. I, Le Phénomène humain, 1939-40, p. 191)

« La Géogénèse, disions-nous, émigrant dans une Biogenèse, qui n’est finalement pas autre chose qu’une Psychogénèse.

Avec et dans la crise de la Réflexion, ce n’est rien moins que le terme suivant de la série qui se découvre. La Psychogenèse nous avait conduit jusqu’à l’Homme. Elle s’efface maintenant, relayée ou absorbée par une fonction plus haute : l’enfantement d’abord, puis ultérieurement tous les développements de l’Esprit, — la Noogénése. Quand, pour la première fois, dans un vivant, l’instinct s’est aperçu au miroir de lui-même, c’est le Monde tout entier qui a fait un pas. »

(T. I, Le Phénomène humain, 1939-40, p. 200)

« Pour avoir reconnu et isolé, dans l’histoire de l’Évolution, l’ère nouvelle d’une Noogénèse, nous voici forcés, corrélativement, de distinguer, dans le majestueux assemblage des feuillets telluriques, un support proportionné à l’opération, c’est à dire une membrane de plus. Autour de l’étincelle des premières consciences réfléchies, les progrès d’un cercle de feu. Le point d’ignition s’est élargi. Le feu gagne de proche en proche. Finalement l’incandescence couvre la planète entière. Une seule interprétation, un seul nom, sont à la mesure de ce grand phénomène. Juste aussi extensive, mais bien plus cohérente encore, nous le verrons, que toutes les nappes précédentes, c’est vraiment une nappe nouvelle, la « nappe pensante », qui, après avoir germé au Tertiaire finissant, s’étale depuis lors par dessus le monde des Plantes et des Animaux : hors et au dessus de la Biosphère, une Noosphère. »

(T. I, Le Phénomène humain, 1939-40, p. 201)

(3)

3

« Flottant au-dessus de la Biosphère dont les nappes s'écoulent sans doute graduellement en lui, le monde de la Pensée, la Noosphère, commence à laisser rayonner sa couronne. »

(T. VI, L’Énergie humaine, 1937, p.149)

« En vérité, pour un géologue imaginaire qui viendrait, beaucoup plus tard, inspecter notre globe fossilisé, la plus étonnante des révolutions subies par la Terre se placerait, sans équivoque, au début de ce que l’on a très justement nommé le Psychozoïque. Et en ce moment même, pour quelque Martien capable d’analyser psychiquement, aussi bien que physiquement, les radiations sidérales, la première caractéristique de notre planète serait certainement de lui apparaître, non pas bleue de ses mers ou verte de ses forêts, — mais phosphorescente de Pensée. »

(T. I, Le Phénomène humain, 1939-40, p. 202)

B / QU’IMPOSE A L’HOMME CETTE PLACE EN TETE DE L’ÉVOLUTION ?

Cette position de l’Homme, en tête du processus évolutif, a pour conséquence qu’il se doit de "regarder EN AVANT" ! ...

« Ceci posé, la conclusion que nous annoncions se découvre d'elle-même. Placée au front d'avancée de l'onde cosmique, l'Énergie Humaine (comprendre ici l’Homme) prend un intérêt sans proportion avec la faiblesse apparente de ses dimensions. La Noosphère est une pellicule presque imperceptible si on la compare aux grandeurs astrales. En réalité, cette mince surface n'est rien moins que la forme la plus progressive sous laquelle il nous soit donné de saisir et de contempler l'Énergie Universelle. Dans cette enveloppe ténue passe la secrète essence des immensités qu'elle frange : la note supérieure atteinte par la vibration des mondes.

Ce qui veut dire deux choses :

La première, c'est qu'en direction la marche jusqu'ici suivie par le Cosmos nous est indiquée par la flèche humaine, - en sorte que par l'analyse des conditions de notre action nous pouvons espérer découvrir les conditions fondamentales auxquelles est assujetti le fonctionnement général de l'Univers.

La seconde, c'est qu'en grandeur nous tenons concentrée dans la masse humaine, la portion la plus vive, la quintessence, le trésor et l'espérance du Monde.

Que faut-il, et que pouvons-nous en faire?

Cette question, dont dépend toute l'opération de nos libertés, ne peut être résolue que par un regard en avant. » (T. VI, L’Énergie humaine, 1937, p.152/153)

... et que sa tâche sur Terre se résume en ce seul verbe : AGIR" ! Mais son action est assortie de deux conditions essentielles : agir, tous ensemble, résolument tourner vers l’Avant.

Teilhard nous engage donc à développer notre « goût passionné de grandir », notre « Etre plus ». C’est le fameux « EN AVANT » teilhardien !! Mais c’est un « en avant » collectif ! Un « en avant », vers toujours plus d’union !

« Si vraiment un champ presque illimité s'ouvre devant nous dans l'avenir, quelles doivent être, pratiquement, nos dispositions par rapport à cette marche en avant ?

J'en vois deux, qui peuvent se résumer en cinq mots : une grande espérance, en commun.

a) Une grande espérance, d'abord. Celle-ci doit naître spontanément dans toute âme généreuse en présence de l'œuvre attendue; et elle représente aussi l'élan essentiel sans lequel rien ne se fera. Un goût passionné de grandir, d'être, voilà ce qu'il nous faut. Arrière donc les pusillanimes et les sceptiques, les pessimistes et les tristes, les fatigués et les immobilistes! La Vie est perpétuelle découverte. La Vie est mouvement. »

(4)

4

b) En commun, ajoutais-je. Sur ce point encore l'histoire de la Vie est décisive. Pour avancer, toutes les directions ne sont pas bonnes. Mais une seule fait monter, celle qui par plus d'organisation mène à plus de synthèse et d'unité. Arrière donc, .ici encore, les purs individualistes, les égoïstes, qui pensent grandir en excluant ou en diminuant leurs frères individuellement, nationalement, ou racialement. La Vie se meut vers l'unification. Notre espérance ne sera opérante que si elle s'exprime en plus de cohésion et plus de solidarité humaine. Ce double point est définitivement réglé par le verdict du Passé. »

(T. V, Réflexions sur le progrès, 1941, p.96-97)

La règle de vie que Teilhard propose à l’Homme est ainsi très simple : confronté à un dilemme, l’Homme se doit de choisir l’Unité à la Multiplicité, ou plus clairement "ce qui unit à ce qui divise". Mais attention… il ne peut s’agir d’une simple unité de faits, au niveau des formes et de la Matière, mais d’une union des Esprits, des Consciences, ce qu’il nomme une "union par unanimité".

« Glorieusement placés par la vie en ce point crucial de l'évolution humaine, que devons-nous faire?

L'avenir de la Terre est entre nos mains. Qu'allons-nous décider ?

A mon avis, la route à suivre est clairement indiquée par l'enseignement de tout le Passé.

Nous n'avancerons qu'en nous unifiant : telle est, avons-nous vu, la loi de la Vie. Or l'unification de coercition ne fait apparaître qu'une pseudo-unité de surface. Elle peut monter un mécanisme : mais elle n'opère aucune synthèse de fond; et, par suite, elle n'engendre aucun accroissement de conscience. Elle matérialise, en fait, au lieu de spiritualiser. Seule l'unification par unanimité est biologique. Seule elle réalise ce prodige de faire sortir plus de personnalité des forces de collectivité. Seule elle représente le prolongement authentique de la Psychogénèse dont nous sommes sortis.

C'est donc par le dedans qu'il nous faut nous rejoindre, en pleine liberté. »

(T. V, Réflexions sur le progrès, 1941, p.98-99)

Il reste à se demander comment atteindre cette "union par unanimité" ? Dans le premier texte de cette parte B, Teilhard nous avait proposé de "regarder vers l’avant". En effet pour lui, l’action ne doit et ne peut se faire qu’à partir d’une "vision commune de l’Humanité"...

« Mais alors nous voici face à face avec la question finale. Pour créer l'unanimité, il faut, disais-je, le liant, le ciment de quelque influence favorable. Où chercher, comment imaginer ce principe de rapprochement, cette âme de la Terre ? »

Sera-ce dans le développement d'une vision commune, C'est- à- dire dans l'établissement d'une science universellement admise, où toutes les intelligences se joindront dans une connaissance des mêmes faits, interprétés de la même façon ?

Sera-ce plutôt les progrès d'une action commune, c'est-à- dire dans la détermination d'un Objectif universellement reconnu comme tellement désirable que toutes les activités convergent naturellement vers lui en l'effluve d'une même crainte et d'une même ambition ?

… mais attention ! « ACTION » et « VISION COMMUNE» ne suffisent pas …

Ces deux premières unanimités sont sûrement réelles; et je les crois destinées à tenir leur place dans le Progrès de demain. Cependant, non complétées par autre chose, elles demeurent précaires, insuffisantes, et inachevées. Une Science commune ne rapproche que la pointe géométrique des intelligences. Un intérêt commun, si passionné soit-il, ne fait se toucher les êtres qu'indirectement, et sur un Impersonnel dépersonnalisant.

…nous avons aussi, et surtout, besoin d’un POLE D’ATTRACTION COMMUN ! Et pour Teilhard, chrétien convaincu, ce Pôle d’attraction ne peut être que "Quelqu’un d’aimant à aimer collectivement", donc un DIEU transcendant. Seul un Dieu extérieur au Monde peut générer le "sur-centrage" collectif nécessaire aux Hommes, en générant en eux une soif d’ABSOLU, la soif d’un "plus grand que soi" !

(5)

5

Mais attention, il ne s’agit pas d’un Grand Tout dans lequel nous nous fondrions tous (ce n’est pas du panthéisme), mais il s’agit d’une union dans un Dieu transcendant où chaque Homme garde sa personnalité. Il aecceptera qu’on le classe dans les panthéistes chrétiens (nous y reviendrons dans la troisième lecture)...

Ce n'est pas d'un tête-à-tête, ni d'un corps-à-corps : c'est d'un cœur-à-cœur que nous avons besoin.

Dans ces conditions, plus je scrute la question fondamentale de l'avenir de la Terre, plus je crois apercevoir que le principe générateur de son unification n'est finalement à chercher, ni dans la seule contemplation d'une même Vérité, ni dans le seul désir suscité par Quelque chose, mais dans l'attrait commun exercé par un même Quelqu'un. D'une part, en effet, capable d'opérer dans sa plénitude la synthèse de l'Esprit (en quoi consiste la seule définition possible du Progrès), il ne reste au bout du compte, tout bien pesé, que la rencontre, centre à centre, des unités humaines, telle que peut la réaliser un amour mutuel commun. Et d'autre part, entre éléments humains, innombrables par nature, il n'y a qu'une manière possible de s'aimer : c'est de se savoir surcentrés tous ensemble sur un même "ultra-centre" commun, en qui ils ne puissent parvenir chacun à l'extrême d'eux-mêmes qu'en se réunissant.

... et pour nous chrétien, seul LE CHRIST peut apporter cette unité…

« Aimez-vous les uns les autres, en reconnaissant au fond de chacun de vous le même Dieu naissant.» Cette parole, prononcée d'abord il y a deux mille ans, tend à se découvrir aujourd'hui comme la loi structurelle essentielle de ce que nous appelons Progrès et Évolution. Elle entre dans le domaine scientifique des énergies cosmiques et des lois nécessaires. En vérité, plus, à la lumière de la Paléontologie, je m'efforce, avec sympathie et admiration, de mesurer les immenses mouvements de la Vie passée, plus je me sens persuadé que ce gigantesque développement, dont rien ne saurait arrêter la marche, n'atteindra son terme qu'en se christianisant. » (T. V, Réflexions sur le progrès, 1941, p.100)

… mais ATTENTION ! c’est un "Christ toujours plus grand" que Teilhard nomme aussi « CHRIST OMÉGA" ou "POINT OMÉGA". Mais nous le verrons plus particulièrement dans la troisième lecture…

C/ NOTRE ROLE ACTIF DANS LE MONDE QUOTIDIEN

Le fait de regarder vers le Christ, origine et terme de l’évolution, va imposer à l’Homme de prendre en main l’évolution elle-même.

« Nous nous imaginions peut être que la Création est depuis longtemps finie. Erreur, elle se poursuit de plus belle, et dans les zones les plus élevées du Monde. « Omnis creatura adhuc ingemiscit et parturit. »

(Latin : la création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement) Et c'est à l'achever que nous servons, même par le travail le plus humble de nos mains. Tels sont, en définitive, le sens et le prix de nos actes. En vertu de l'inter-liaison Matière-Ame-Christ, quoi que nous fassions, nous ramenons à Dieu une parcelle de l'être qu'il désire. Par chacune de nos œuvres, nous travaillons, atomiquement mais réellement, à construire le Plérôme*, c'est à dire à apporter au Christ un peu d'achèvement. »

(T. IV, Le Milieu divin, 1926-27, p.50)

* Le Plérôme dont la traduction dans la bible est "Plénitude de Dieu" est aussi nommé dans le Nouveau Testament : Royaume de Dieu, Communion des Saints, Corps mystique achevé du Christ ou encore Jérusalem céleste

Quand Teilhard attribue à l’Homme le rôle d’"achever le Christ", il nous donne purement et simplement la place exigeante d’ "auto-évoluteur"*, car par notre place, au terme actuel de l’évolution, nous devenons responsables de la poursuite du travail de création de Dieu dans le Monde.

*Ce terme pouvant prêter à confusion actuellement, on peut lui préférer celui de "co-créateur".

« Depuis l’Homme et en l’Homme, l’Évolution simple tend graduellement à se muer en auto-(ou self-) Évolution » (T. III, Note sur la réalité actuelle et la signification évolutive

d’une orthogénèse humaine, 1951, p. 360)

(6)

6

Et Teilhard ne pouvant pas décrire plus en détail notre rôle (ce qui serait trop technique et trop personnel puisque dépendant de la place sociale de chacun de nous), il se contente de nous engager toujours plus avant dans l’action.

« Dans l'action, d'abord, j'adhère à la puissance créatrice de Dieu ; je coïncide avec elle ; j'en deviens, non seulement l'instrument, mais le prolongement vivant. Et comme il n'y a rien de plus intime dans un être que sa volonté, je me confonds, en quelque manière, par mon cœur, avec le cœur même de Dieu. »

(T. IV, Le Milieu divin, 1926-27, p.50)

Et c’est là, dans l’action, réalisée en commun, vers toujours plus d’union, vers le Christ que nous trouvons Dieu.

« Dieu est attingible inépuisablement, dans la totalité de notre action. »

(T. IV, Le Milieu divin, 1926-27, p.53)

Et pour conclure : y-a-t-il des actions meilleures que d’autres ? NON...Pour chaque homme, il y a une action à sa portée, car il suffit de :

« Ajouter un seul point, si petit soit-il, à la magnifique broderie de la vie. »

(T. XI, Réflexions sur le Bonheur, 1943, p. 132)

***

Références

Documents relatifs

- L'eau municipale dont les caractéristiques chimiques sont à retirer auprès du service municipal des eaux doit comporter une teneur en ions sulfate largement inférieure à 100 mg.L -1

À la fin de la séance, il est possible de « jouer à l’oral du CAP », un ou deux élèves volontaires font la présentation de leur dossier et répondent aux questions posées par

Le Mali a su également tirer profit du Cadre intégré renforcé (CIR) grâce à l'opérationnalisation de son Unité de mise en oeuvre, à travers laquelle

Exit, voice and loyalty a ainsi pour objectif d’étudier les conditions de développement, conjoint ou non, des deux modes d’action, leur efficacité respective dans

Pour affiner les détails du diagramme, cliquer sur une tâche, menu contextuel (bouton droit de la souris), propriétés du diagramme de Gantt :.. Exemple de diagramme construit par

Autrement dit, notre souci, par le biais de ces deux textes donc deux discours de deux écrivains, tous deux natifs d’Oran ; tous deux ressentant une appartenance à ce

Mais toute sa vie elle aspire à un ailleurs mythique et quand, enfin, le docteur, à l’indépendance, propose de lui donner sa maison, elle refuse le cadeau malgré

Pour atteindre ce but, B@angr-bulga fournit des ressources historiques de première et de seconde main aux élèves et aux professeurs, afin qu'ils puissent mieux aborder