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Mort subite 1. (Lc )

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Texte intégral

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es temps-ci, il ne passe presque pas une semaine sans qu’on entende parler d’attentats.

Douze morts au marché de Noël de Berlin2, une quarantaine dans une discothèque d’Istanbul3, cinq victimes lors d’une fusillade aux Etats-Unis4, cinq autres dans une attaque au camion à Jérusalem5, et il y a des chances que ça continue. Tant de personnes fauchées dans la fleur de l’âge, ça donne à réfléchir, n’est-ce pas ? Il existe, dans l’Evangile de Luc, un petit texte fort à propos. Lisons ensemble dans l’Evangile de Luc, au chapitre 13, les versets 1 à 5 :

1 A ce moment, quelques-uns vinrent lui parler des Galiléens dont Pilate avait mélangé le sang avec celui de leurs sacrifices. 2 Il répondit en leur disant : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient [les plus grands] pécheurs parmi les Galiléens, parce qu’ils ont subi cela ?

3 Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous pareillement.

4 Ou ces dix-huit sur qui est tombée la tour à Siloam, les tuant, pensez vous que c’étaient les [plus grands] débiteurs parmi tous les gens qui habitent à Jérusalem ? 5 Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même. »

Tout commence par de mauvaises nouvelles. On raconte à Jésus un fait divers sanglant6. Des habitants de la Galilée, une région au nord d’Israël, là où habitait aussi Jésus, viennent de se faire tuer. Par Ponce Pilate, le préfet de la Judée, celui-là même qui va condamner à mort Jésus. Nous ignorons les raisons précises de cette tuerie, mais les circonstances sont particulièrement glauques : le sang des victimes s’est mélangé avec le sang des animaux destinés aux sacrifices. Probablement, il s’agit de pèlerins qui ont été tués alors qu’ils s’apprêtaient à faire des sacrifices au Temple de Jérusalem. On peut imaginer que ces gens-là ont été perçus, à tort ou à raison, comme des agitateurs politiques. En tout cas, le pouvoir romain a jugé bon de sévir. L’événement a vivement frappé les esprits, et c’est ainsi qu’on rapporte la chose à Jésus.

La réaction de Jésus est surprenante. Il pose une question, il donne lui-même la réponse à cette question, puis il fait une affirmation solennelle. Ensuite, il cite un autre fait divers tragique et répète sa question, sa réponse et son affirmation, comme pour souligner l’importance de qu’il vient de dire. Regardons cela d’un peu plus près.

1. Faits divers tragiques

Jésus part de deux événements tragiques. D’abord la tuerie provoquée par Ponce Pilate dont nous ne connaissons, je l’ai dit, ni les raisons, ni même les circonstances précises. Quoi qu’il en soit, ce massacre semble lié à la méchanceté d’un homme dont les Evangiles nous apprennent que c’était un homme de pouvoir cynique et sans scrupules. A ce malheur déclenché par la méchanceté d’un homme, Jésus associe un fait divers d’une autre nature : la chute, accidentelle, semble-t-il, d’une tour à Siloam, dans la banlieue de Jérusalem. C’est là que se trouvaient les réservoirs d’eau de la ville. Cette tour est tombée, et elle a provoqué la

1 Prédication transcrite sur la base d’un enregistrement audio.

2 19 décembre 2016

3 1 janvier 2017

4 5 janvier 2017

5 8 janvier 2017

6 Luc est le seul évangéliste à nous rapporter cet événement dont nous n’avons pas d’autre trace historique.

C

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mort de dix-huit personnes. Donc, deux faits divers d’une nature un peu différente, dans la mesure où l’un était provoqué par la méchanceté humaine et l’autre par un concours de circonstances, pourrait-on dire, mais dans les deux cas de figure, des hommes et des femmes ont été brutalement arrachés à la vie.

Ce genre d’événements suscite, naturellement, des réactions les plus diverses, y compris dans les rangs des croyants. Je crois que nos réactions sont assez révélatrices de notre façon de comprendre le monde et l’action de Dieu dans le monde.

Un athée, il ne peut pas dire grand chose. Il s’agit d’événements regrettables, certes, dramatiques pour ceux qui sont concernés et leurs proches, mais au fond, ce sont des choses qui arrivent. Un préfet tue ceux qu’il considère comme un danger pour lui, un peu comme une reine d’abeilles tue une concurrente. Qui s’y frotte s’y pique. Et une tour qui s’effondre, ma foi, pas de chance ! Fallait pas être au mauvais endroit au mauvais moment ! Mais à part ça, que voulez-vous dire ? Circulez, il n’y a pas grand chose à voir.

Pour d’autres, qui croient en un Dieu, c’est plus compliqué. Souvent, ce genre de malheurs les pousse à revoir à la baisse leur catéchisme. Un Dieu qui permet ce genre d’événements, alors ou bien, il n’est pas tout-puissant, ou bien il n’est pas bon. Ou bien il n’est pas tout-puissant, c’est-à-dire il ne peut pas empêcher, ou bien il pourrait empêcher, mais il ne le fait pas, en quel cas, disent-ils, il ne peut pas être bon. Bien entendu, en révisant à la baisse leur catéchisme, ils s’éloignent de l’enseignement biblique, qui affirme haut et fort que Dieu est à la fois bon et tout-puissant.

Mais si on veut rester fidèle à l’Ecriture, que peut-on dire ? Une façon assez élégante de s’en sortir, c’est d’y voir un jugement de Dieu. Si la calamité frappe ceux que Dieu punit, alors tout va bien : ni la toute-puissance de Dieu, ni sa bonté même ne sont alors compromises.

Et du coup, les gens religieux ont toujours été tentés de comprendre les calamités qui arrivent dans ce monde à travers les lunettes du châtiment divin. C’est fort ancien, on voit déjà dans le livre de Job, où les amis de Job adoptent cette position. Si un malheur arrive à Job, c’est que Job doit être un pécheur. Et ce réflexe persiste jusqu’à aujourd’hui. Je me souviens, en 2001, quand les tours jumelles du World Trade Center sont tombées, il y avait tout de suite des pasteurs à la télévision qui expliquaient que c’était un châtiment de Dieu contre les homosexuels américain ou contre l’avortement7. C’est délicat. Les jugements de Dieu, ça existe, et la Bible en décrit, mais je crois qu’il faut être très, très prudent avec nos affirmations dans ce domaine. Parce que ce n’est pas une explication passe-partout. La réaction de Jésus dans notre récit en est la preuve la plus frappante.

2. Une question et sa réponse

En effet, nous l’avons lu, Jésus prend le taureau par les cornes : Pensez-vous que ces Galiléens étaient [les plus grands] pécheurs parmi les Galiléens, parce qu’ils ont subi cela ?

… Ou ces dix-huit sur qui est tombée la tour à Siloam, les tuant, pensez vous que c’étaient les [plus grands] débiteurs parmi tous les gens qui habitent à Jérusalem ? Et à deux reprises, la réponse tombe sans la moindre ambiguïté : Non, je vous le dis ! Ça a le mérite d’être clair.

Ces deux événements, en tout cas, échappent à la lecture de la frappe ciblée de Dieu. Les Galiléens tués par Pilate n’étaient pas plus coupables que les autres. Les dix-huit personnes écrasées par la tour de Siloam ne méritaient pas plus de mourir que leurs compatriotes. Un point, c’est tout. Et quiconque le contesterait se heurte à ce Non ! énergique de la part de Jésus.

7 https://www.theguardian.com/world/2001/sep/19/september11.usa9

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Exit doc la théorie de la frappe ciblée de Dieu. Que dire alors ? Deux stratégies sont assez communes chez des gens qui croient en Dieu :

Les uns se réfugient dans le « mystère ». Les catastrophes de la vie, c’est mystérieux, donc ça ne sert à rien d’y réfléchir. « Laissons cette question à Dieu ! », disent-ils. Et il y a un peu de sagesse en cela. Mais en même temps, ce n’est pas très satisfaisant, on en reste là, et on n’avance pas. C’est un cul-de-sac pour notre pensée. Je ne dis pas qu’il n’existe pas de mystères insolubles, devant lesquels il faut s’incliner. Tout au contraire, il y en a, c’est certain.

L’Ecriture nous en présente. La trinité, par exemple, c’est un mystère de lumière : un Dieu en trois personnes, ça dépasse un peu notre entendement. Il y a aussi des mystères plus sombres, plus opaques8, comme par exemple l’origine du mal dans le monde. Ça aussi, c’est quelque chose que nous ne pouvons pas comprendre, et je crois que l’Ecriture ne propose pas de solution à ce problème. Mais je crois qu’il faut quand même se méfier de cette approche de mystère, parce que il ne faut pas non plus « ranger » ces choses trop vite, car on risque de passer à côté de messages que Dieu nous envoie, en classant ces événements sans suite, en quelque sorte.

Ça, c’est une première stratégie : se réfugier dans les mystères. La deuxième, elle est plus problématique encore : d’autres extériorisent leur malaise, en murmurant contre Dieu. Il a bon dos, n’est-ce pas ? « Comment Dieu peut-il permettre cela ? », s’écrient-ils. En même temps, il ne faut pas se voiler la face : la question se pose parfois, elle nous taraude parfois. Le psalmiste se la pose à plusieurs reprises9, Malachie la pose à Dieu, et Job est en quelque sorte devenu le porte-parole le plus célèbre de cette cause. Qui peut dire qu’il n’a jamais poussé ce soupir ?

Or Jésus, ici, n’adopte aucune de ces deux approches.

3. In cauda venenum10

Ayant clarifié que les victimes n’étaient pas plus coupables que les autres, il continue, et ce qu’il dit est surprenant à plus d’un titre. Que dit-il ? Vous l’avez remarqué ? … si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même.

Il faut prendre le temps de bien comprendre ce que Jésus dit là, car, à y regarder de plus près, c’est une bombe. Il n’affranchit pas les personnes qui sont décédées. Il ne dit aucunement qu’ils sont innocents, il ne dit même pas qu’ils ne méritaient pas de mourir. Il affirme seulement qu’ils n’étaient pas plus coupables que les autres. Et la suite de son propos, à savoir : si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même, va plus loin encore. « Vous êtes tous coupables ! », semble-t-il dire. « Vous méritiez tout autant de mourir à Jérusalem, au milieu des sacrifices, ou au pied de la tour qui s’est effondrée, que ces gens-là. Si vous n’êtes pas morts comme ces gens, prenez-le comme une grâce de Dieu, mais ne vous y trompez pas : le sort de ces malheureux, vous le méritiez pas moins qu’eux. Vous n’êtes pas pour autant sortis du danger. … Si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même. »

Vous noterez que Jésus ne soulève pas le voile qui couvre le choix de Dieu, son choix de mettre un terme à la vie de plusieurs personnes, et pas des autres. Si la tour s’était effondrée

8 L’expression « mystère opaque » est d’Henri BLOCHER. Je l’ai aussi entendu parler de la trinité comme un

« mystère de lumière ».

9 Ps 13, 90, 94 …

10 « Le poison est dans la queue » ; expression latine pour qualifier des propos qui semblent neutres, voire positifs au premier abord, mais dont l'auteur garde le piquant pour la fin.

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cinq minutes plus tard, on peut penser qu’elle aurait tué d’autres personnes. Jésus ne s’attarde pas sur cette question, mais il ne clôt pas non plus le débat. Il invite ses auditeurs à tirer les conséquences de ce qui vient de se passer, et de revenir à Dieu. Il les pousse à voir dans ces catastrophes qui viennent de se produire un message que Dieu leur adresse, en permettant qu’elles se produisent sous leurs yeux, sans les atteindre pour autant. Ces catastrophes devraient leur servir d’avertissement, comme un avant-goût du jugement qui va venir.

Une fausse perspective

Au fond, Jésus montre à ses interlocuteurs que leur approche est mauvaise, leur perspective est faussée. Il y a eu des morts tragiques, et ils se demandent si les victimes étaient plus coupables que les autres, plus grands pécheurs que les autres. Sous-entendu : « Moi, ça ne m’est pas arrivé, je dois être meilleur qu’eux ! » Mais Jésus veut leur ouvrir les yeux sur leur véritable état : « Vous êtes tous en danger de mort, leur dit-il, tant que vous ne faites pas demi-tour. Vous êtes des victimes en sursis, agissez en conséquence, mettez-vous en règle avec Dieu ! »

Face au mal dans le monde, et aux conséquences affreuses qu’il provoque, nous aussi, nous faisons parfois preuve de cette mauvaise perspective. Je vais vous donner un exemple, que je connais bien pour l’avoir vécu moi-même.

Je vis actuellement dans un contexte professionnel assez malsain. Une poignée de personnes a pris le pouvoir et en abuse. Ils se remplissent les poches, ils mentent, ils corrompent, ils détruisent ceux qui s’opposent à eux et ils terrorisent tous les autres. Dans une impunité totale.

Les gens qui pourraient intervenir ferment les yeux, soit parce qu’ils sont indifférents, soit parce que cela sert leurs propres intérêts. Cela fait des mois et des années que je prie pour que Dieu intervienne. Pour qu’il fasse justice. Sans aucun succès. Les choses vont même en empirant, avec le temps. Face au silence de Dieu, je me suis dit : « C’est peut-être moi, il ne veut pas m’entendre, moi ! » J’ai demandé à des gens autour de moi que j’estime et dont j’estime qu’ils ont une stature plus grande que moi, spirituellement parlant, je leur ai demandé de prier avec moi, de se joindre à moi dans cette prière. Est-ce que ça a changé quelque chose ? Rien du tout ! Rien ! Et pour tout vous dire, j’ai fini par douter de l’efficacité de la prière. Et je me suis posé la question comment Dieu pouvait permettre à cette situation de perdurer. Je lui a posé la question, plus d’une fois, j’en ai appelé à sa justice, je l’ai imploré, y compris à genoux, j’ai jeûné, il ne manquait plus que le sac et les cendres. Sans le moindre résultat.

Et puis, Dieu m’a parlé. Enfin, je crois. Je n’ai pas entendu une voix venant du ciel, mais je suis tombé sur un livre11 qui m’a aidé à mieux comprendre ce qui m’arrive. Et à vrai dire, c’était un peu comme la réponse de Jésus dans notre texte du jour : j’ai compris que ma perspective était faussée.

Mon présupposé, mon idée fixe, et c’est le présupposé, c’est l’idée de bien d’autres gens, c’était que nous méritons de vivre dans le bonheur. Que les malheurs qui nous arrivent dans la vie sont une violation insupportable de notre droit à une vie heureuse. Or, à y regarder de près, ce droit n’existe pas.

Ce monde est un endroit marqué par la chute, un endroit profondément détraqué. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas nourrir de faux espoirs à cet égard. Il n’ira pas en

11 Don CARSON, How Long, O Lord ?, Inter-Varsity Press, 1991, 280 p.

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s’améliorant, on ne vole pas de progrès en progrès. Qui croit cela, n’a pas lu sa Bible, ou alors il ne la prend pas au sérieux. Comment Jésus appelle-t-il les chrétiens ? Lumière du monde12. Mais ça veut bien dire qu’autour d’eux, c’est des ténèbres. Comment les appelle-t-il encore ? Sel de la terre13. Que fait le sel ? Il retarde la décomposition de la viande. Il freine la pourriture, mais il ne l’arrête pas. Donc, s’ils sont le sel de la terre, ils vont voir de la pourriture autour d’eux.

Vu sur cet arrière-plan, il paraît quelque peu étrange que nous puissions nous croire en droit de revendiquer une vie sans problèmes, sans souffrance significative, une félicité toujours grandissante. C’est un cadeau, c’est une grâce de Dieu si nous pouvons vivre dans l’abondance, comme nous le faisons aujourd’hui, si notre vie est souvent belle et agréable.

C’est une grâce, mais on ne saurait considérer cela comme un dû, comme un droit ! Et quand le progrès du mal nous atteint, quand nous murmurons contre Dieu, nous nous trompons de cible : le délabrement de ce monde est notre fait, pas le sien. Au fond, c’est une inversion assez perverse, voyez-vous : nous agissons comme si nous méritions un bonheur sans faille, et nous murmurons contre Dieu si cela n’est pas le cas, mais en réalité, nous ne méritons que la destruction et Dieu retarde son jugement pour que nous puissions revenir à lui. Donc, l’accuser de ne pas intervenir, c’est vraiment mettre les choses sens dessus dessous.

Dieu a promis qu’il remettra de l’ordre dans le monde, et que le mal ne prospérera pas toujours, mais il retarde le moment de son intervention décisive, car il veut nous laisser le temps de faire demi-tour14. Quand il interviendra, et il le fera, ce sera la fin de l’histoire, telle que nous la connaissons, et ce sera alors trop tard pour changer de voie.

Si je prie pour que Dieu fasse justice, est-ce que mes prières – qui semblent tomber sur des oreilles sourdes – est-ce que mes prières sont perdues ? Je ne le pense pas. Car le moment viendra où Dieu fera justice, et ma prière sera alors exaucée. Mais le temps de cet exaucement, il appartient à Dieu. Et c’est une bonne chose. Parce que lui, il sait ce qu’il fait.

A cet égard, la prière que Jésus nous a enseignée15 me semble très riche en enseignements.

Selon lui, que devrions nous demander ? D’abord, que la volonté de Dieu se fasse, que son règne vienne. Parce que le plan de Dieu est parfait, et bien meilleur que nos projets. Et en attendant, que Dieu prenne soin de nos besoins, qu’il nous pardonne nos offenses, qu’il nous garde de la tentation et qu’il nous protège du Malin. C’est de cela que nous avons besoin, pas d’une vie sans ombres et malheurs. Et si Dieu a décidé de nous amener à la stature du Christ16 en nous faisant traverser la vallée de la souffrance, ainsi soit-il.

Vais-je continuer à prier pour que Dieu intervienne pour mettre un terme au mal, à l’injustice ? Très certainement ! C’est une façon, c’est ma façon de demander que son règne vienne. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !, dit Jésus17 Vais-je voir cette faim rassasiée, cette prière exaucée ? Peut-être pas dans cette vie. On verra.

Dieu intervient parfois, et parfois il n’intervient pas. C’est sa décision. Ce n’est pas un droit que je peux revendiquer. Moi-même, si je me tiens devant vous aujourd’hui, je le dois à la grâce de Dieu, qui aurait pu me foudroyer pour mon péché … mais qui ne l’a pas fait. Et peut-

12 Mt 5.14

13 Mt 5.13

14 2 Pi 3.9

15 Mt 6.9ss

16 Eph 4.13

17 Mt 5.6

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être, peut-être bien fera-t-il cette grâce à l’un ou l’autre des malfaiteurs dont les agissements me désespèrent aujourd’hui ? Cela aussi doit être ma prière.

Je ne dis pas que je ne serai pas découragé de temps en temps, en voyant le mal progresser.

Je ne dis pas que je ne dirai pas de temps en temps : « Comment Dieu peut-il permettre cela ? » Mais quand cette pensée me frôlera l’esprit, je devrai me rappeler qui je suis, quel est le monde déchu dans lequel nous vivons, et qui est le Maître des temps et des circonstances.

« Mon Dieu, Le mal progresse ! Que fait ta main ? »

Crie ma détresse.

Il dit enfin :

« Mon jugement vient ! En attendant,

Je le retiens.

Rachetez le temps : Revenez à moi ! Repentez-vous ! Changez de voie ! »

Amen.

Eglise Christ pour tous, Munich 15/1/2017

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