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Direction du développement de la faune

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Texte intégral

(1)

ANALYSE DU SUIVI DE L’EXPLOITATION ET DES TENDANCES DE POPULATION DU PÉKAN (Martes pennanti) AU QUÉBEC

DE 1984 À 1999

par Clément Fortin

Yves Leblanc et Yves Garant

Société de la faune et des parcs du Québec Avril 2004

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Référence à citer :

FORTIN, C., Y. LEBLANC et Y. GARANT. 2004. Analyse du suivi de l’exploitation et des tendances de population du pékan (Martes pennanti) au Québec. Société de la faune et des parcs du Québec, Direction du développement de la faune, Québec.

31 pages.

Dépôt légal – Bibliothèque nationale du Québec, 2004 ISBN : 2-550-41400-4

(3)

RÉSUMÉ

Afin d’identifier le ou les indicateurs du niveau d’exploitation les mieux adaptés pour le suivi de l’état des populations de pékan au Québec, nous avons réalisé un suivi de l’exploitation de cette espèce sur une période de 16 ans. Les données de récolte utilisées pour établir le rendement proviennent des rapports soumis par les commerçants de fourrure. Les données spécifiques à un terrain de piégeage, tels l’effort de piégeage, la date de capture et le sexe étaient consignées dans le carnet du piégeur.

Les données sur l’âge et de nouveau le sexe, sont issues de l’analyse des carcasses remises par les trappeurs sur une base volontaire.

Au cours des années, la récolte a augmenté dans la plupart des régions, alors que le rendement moyen était de 1,8 capture/100 km2, au cours des sept dernières années documentées. Quelques régions ont atteint des rendements moyens supérieurs au rendement maximal soutenu (RMS) estimé à 2,9 captures/km2 (Garant 1995). Sauf pour une région, l’effort de piégeage est demeuré stable au cours des années. Des corrélations significatives furent observées entre le rendement moyen et le succès de piégeage dans seulement deux régions, alors que la corrélation entre le rendement et le rapport des sexes n’était significative que dans une seule région. Le rapport juvénile/adulte différait de façon significative entre les années dans la plupart des régions, bien qu’il n’y ait pas de différence significative entre celles-ci. L’effort investi dans l’analyse des carcasses n’a pas donné le résultat escompté; il n’y avait pas de relation évidente entre le rendement moyen, l’âge et le rapport des sexes. Cependant, le rendement moyen semble être le meilleur indicateur du niveau d’exploitation, dans la mesure où cette valeur peut être comparée au RMS. L’utilisation du carnet du trappeur devrait être maintenue alors que la cueillette de carcasses devrait être remise en question. La densité de population devrait être estimée lorsque le rendement moyen dépasse le RMS. La récolte potentielle pour le pékan pourrait alors être estimée sur une base régionale et être utilisée par la suite dans les Unités de Gestion des Animaux à Fourrure (UGAF) pour suivre les tendances des populations.

(4)
(5)

TABLE DES MATIÈRES

RÉSUMÉ ... iii

TABLE DES MATIÈRES ...v

LISTE DES TABLEAUX... vi

LISTE DES FIGURES ... vii

1. INTRODUCTION ...1

2. MATÉRIEL ET MÉTHODES...3

2.1 Source des données ...3

2.2 Analyse des données ...3

3. RÉSULTATS...6

3.1 Liens entre les indicateurs et les données issues des carnets du trappeur...6

3.1.1 Peaux vendues, prix et rendement ...6

3.1.2 Succès et effort de piégeage...10

3.1.3 Rendement et effort de piégeage...10

3.1.4 Abondance et tendance du pékan...14

3.1.5 Abondance et tendance du lièvre d’Amérique...14

3.1.6 Rapport des sexes...14

3.1.7 Rendement et succès versus le pourcentage de mâles ...14

4. LIENS ENTRE LES INDICATEURS ...18

4.1 Liens entre les indicateurs et les données issues de l’analyse des carcasses ...18

4.1.1 Rapport des sexes...18

4.1.2 Proportion de juvéniles ...18

4.1.3 Proportion de mâles adultes ...18

4.1.4 Rapport juvéniles/femelle adulte ...20

4.1.5 Rendement et succès versus les paramètres issus des carcasses...22

5. DISCUSSION...25

6. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS...27

REMERCIEMENTS...28

LISTE DES RÉFÉRENCES ...29

(6)

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1. Régions administratives FAPAQ... 4

Tableau 2. Évolution du nombre de peaux de pékan transigées de 1984 à 1999 ... 6

Tableau 3. Évolution du nombre de peaux vendues par permis de 1984 à 1999... 9

Tableau 4. Évolution du rendement (captures/100 km2) de 1984 à 1999 ... 10

Tableau 5. Évolution du succès de piégeage de 1989 à 1999 ... 12

Tableau 6. Évolution de l’effort de piégeage de 1989 à 1999... 12

Tableau 7. Relation entre le rendement, le succès et l’effort de piégeage ... 13

Tableau 8. Relation entre le rendement et les indices d’abondance et de tendance du pékan ... 15

Tableau 9. Relation entre le rendement et les indices d’abondance et de tendance du lièvre d’Amérique ... 15

Tableau 10. Relation entre le sexe et l’année de capture... 16

Tableau 11. Relation entre le pourcentage de mâles , le rendement et le succès de piégeage ... 17

Tableau 12. Relation entre le rapport des sexes, la proportion de juvéniles, le rapport des sexes chez les adultes et l’année de capture. ... 20

Tableau 13. Relation entre le rapport juvéniles/femelle adulte et l’année de capture... 20

Tableau 14. Relation entre le rendement et les paramètres issus des carcasses... 24

Tableau 15. Relation entre le succès du piégeage et les paramètres issus des carcasses ... 24

(7)

LISTE DES FIGURES

Figure 1. Répartition du pékan au Québec ... 5 Figure 2. Évolution du rendement (captures/100 km2) de 1984 à 1999 dans les régions du Bas-

Saint-Laurent, de l’Estrie et de l’Outaouais... 7 Figure 3. Évolution du rendement (captures/100 km2) de 1984 à 1999 dans les régions de

Chaudière-Appalaches et de la Montérégie... 8 Figure 4. Évolution du succès de piégeage (captures/1000 nuits-pièges) de 1989 à 1999 dans

le Bas-Saint-Laurent et l’Outaouais ... 11 Figure 5. Évolution du nombre d’individus selon le sexe de 1989 à 1999 dans le Bas-Saint-

Laurent et l’Outaouais ... 19 Figure 6. Évolution du nombre de juvéniles de 1989 à 1999 dans le Bas-Saint-Laurent et l’Outaouais ... 21 Figure 7. Évolution du nombre de juvéniles et de femelles adultes de 1996 à 2000 dans le Bas-

Saint-Laurent et l’Outaouais... 23

(8)
(9)

1. INTRODUCTION

Les représentants du genre Martes, dont fait partie le pékan (Martes pennanti), sont surtout répartis dans la zone tempérée et celle de la forêt boréale du Vieux et du Nouveau Monde (Proulx et al. 2003). En Amérique du Nord, les populations de pékan et de martre d’Amérique (Martes americana) ont connu des déclins importants allant même jusqu’à des extinctions locales dans certains cas (Strickland 1994). Au cours du siècle dernier, les populations de pékan ont presque disparu des États-Unis (Powell 1979). Le pékan a été réintroduit en Nouvelle-Écosse d’où il était disparu (Dodds and Martell 1971). L’espèce serait en hausse dans cette province (Potter 2002), alors qu’elle serait très rare au Nouveau-Brunswick (Dilworth 1974). Toutefois, c’est à l’échelle mondiale que ce phénomène s’est manifesté chez l’ensemble des espèces du genre Martes (Helldin 2000). La surexploitation, la perte d’habitat, la vulnérabilité au piégeage, la valeur de la fourrure et le faible potentiel reproducteur expliquent ces déclins (Mead 1994).

Le pékan est un animal à fourrure qui a une résilience intermédiaire dont le taux d’exploitation ne devrait pas dépasser 25 % (Banci and Proulx 1999). Au Québec, la récolte annuelle de pékan depuis 1917 a connu un sommet historique lors de la saison 2001-2002 avec 7 388 captures, alors que les récoltes enregistrées au cours des sept dernières années constituaient des années exceptionnelles.

Le piégeage des animaux à fourrure représente au Québec une activité économique dont les retombées directes et indirectes sont estimées annuellement à plus de 10 millions de dollars (Bouchard et al. 1990). L’instauration d’une politique sur le piégeage et une mise à jour majeure des modalités d’exploitation ont eu lieu en 1984 (Québec 1985a, 1985b). Au cours de la dernière décennie, le marché des fourrures a subi d’importantes fluctuations entraînant une diminution du nombre de permis de piégeage émis annuellement. De 17 223 qu’il était en 1988, alors que la valeur de la fourrure était à son apogée, le nombre de permis a chuté à 8 269 en 2001, et ce, malgré une nette reprise du marché de la fourrure. Malgré cette situation, l’activité de piégeage continue de susciter un intérêt auprès de la population québécoise puisque, à ce jour, plus de 21 000 personnes ont obtenu leur certificat du trappeur.

(10)

Le système de suivi des populations d’animaux à fourrure est toutefois relativement récent puisqu’il a été véritablement instauré dans toutes les régions du Québec en 1989.

Pour la plupart des régions administratives, la collecte de données chez le pékan a débuté en 1989 avec l’apparition des carnets de piégeage dans lesquels les trappeurs pouvaient indiquer le nombre, le sexe, les dates et les lieux de capture ainsi que leur effort de piégeage. Par ailleurs, des données sur la structure et la productivité des populations ont été recueillies de 1989 à 1999. La présente démarche consiste à identifier les indicateurs qui pourraient le mieux caractériser l’état des populations et leur niveau d’exploitation sur une base régionale afin de prendre les mesures nécessaires pour en assurer une utilisation durable.

(11)

2. MATÉRIEL ET MÉTHODES

2.1 Source des données

Les données de récolte sont issues des transactions de fourrures fournies par les commerçants de fourrure, alors que les autres données utilisées proviennent de deux banques informatisées de la Société de la faune et des parcs du Québec : le « Système Fourrure » (SF) et le « Système d'Information sur les Animaux à Fourrure » (SIAF). Les données historiques relatives aux ventes de permis, aux prix moyens des fourrures et à la récolte proviennent d'anciens registres sur les statistiques de fourrures. Depuis 1984, les données les plus récentes sur les ventes de permis proviennent, soit du Système Fourrure ou du système qui gère les permis. Les indicateurs d’abondance et de tendance du pékan et du lièvre (Garant 1995), ainsi que les données relatives à l’effort de piégeage et la récolte du pékan qui y sont associées, proviennent des carnets de piégeage. Ces carnets sont complétés sur une base volontaire par les trappeurs et retournés aux responsables régionaux.

Les indicateurs du niveau d’exploitation, tels que le pourcentage de mâles dans la récolte et le rapport juvéniles/femelle adulte (Strickland 1994), ont été obtenus soit par le biais des carnets de piégeage ou par l’analyse des carcasses. Tout comme les carnets, les carcasses ont été remises volontairement par les trappeurs. D’autre part, les données de récolte de lièvres proviennent de certaines zones d’exploitation contrôlée (Zecs) et des réserves fauniques. À l’échelle régionale, les données sont affectées à 17 régions (tableau 1). La superficie utilisée pour le calcul du rendement régional est tirée de Garant (1995).

2.2 Analyse des données

Les analyses réalisées dans le cadre de cette étude ont été effectuées sur une base régionale plutôt que sur une base provinciale, puisque les objectifs du présent travail sont d’identifier des outils ou des indices permettant aux gestionnaires de suivre ces populations à l’échelle régionale. D’autre part, certaines régions très urbanisées ou nordiques, situées en dehors de l’aire de répartition du pékan, ont été retranchées des analyses, soit les régions de Montréal (06) et de Laval (13), correspondant respectivement à l’Île de Montréal et à Ville de Laval, ainsi que les régions de la Côte- Nord (09) et du Nord-du-Québec (10) (figure 1). Toutes les informations ont été

(12)

consignées dans SIAF (Cantin et Fortin 1994), qui sert à constituer le répertoire de données sur les animaux à fourrure. Les prix moyens des fourrures brutes pour la période 1917 à 2001 ont été actualisés sur la base de la valeur du dollar établie en février 1995, tels que disponibles dans Canac-Marquis (1995). Les tests statistiques ont été réalisés à l’aide du logiciel SPSS (1999) et de Sokal et Rohlf (1981). Des analyses de régression linéaire simple, de corrélation et des tableaux de contingence ont été utilisés pour examiner les associations entre les diverses variables issues du carnet. Par ailleurs, les nombres de mâles et de femelles, juvéniles et adultes, ont été utilisés dans les analyses afin de déterminer si des changements étaient perceptibles dans les séries historiques. Les tests d’association ont été réalisés à l’aide de tableaux de contingence, sauf pour le rapport juvéniles/femelle adulte où l’analyse de corrélation fut utilisée.

L’utilisation de statistiques non paramétriques a été privilégiée lorsque possible, compte tenu des distributions non normales de plusieurs variables. Le seuil de probabilité a été fixé à 0,10 permettant ainsi de repérer plus facilement les indicateurs de suivi prometteurs.

Tableau 1. Régions administratives FAPAQ

Région Numéro Bas- Saint-Laurent

Saguenay - Lac-Saint-Jean Capitale-Nationale

Mauricie Estrie Montréal Outaouais

Abitibi–Témiscamingue Côte-Nord

Nord-du-Québec

Gaspésie - Îes-de-la-Madeleine Chaudière-Appalaches

Laval Lanaudière Laurentides Montérégie

Centre-du-Québec

01

02

03

04

05

06

07

08

09

10

11

12

13

14

15

16

17

(13)

Figure 1. Répartition du pékan au Québec

(14)

3. RÉSULTATS

3.1 Liens entre les indicateurs et les données issues des carnets du trappeur 3.1.1 Peaux vendues, prix et rendement

Dans plusieurs régions du Québec, le nombre de peaux de pékan transigées sur le marché de la fourrure a augmenté entre 1984 et 1999 (tableau 2). Les augmentations ont été plus remarquables dans les régions administratives de Chaudière-Appalaches, de l’Outaouais, du Bas-Saint-Laurent, de l’Estrie et de la Montérégie (figures 2 et 3). Le nombre de fourrures de pékan transigées par permis de piégeage a également augmenté dans la quasi-totalité des régions (tableau 3). Les augmentations les plus importantes ont été notées dans les régions de l’Estrie, de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent, de l’Outaouais et de la Montérégie.

Tableau 2. Évolution du nombre de peaux de pékan transigées de 1984 à 1999 Paramètres de la régression Région Nom de la région Nb moyen

de peaux/an

Pente r2 dl Signification Tendance

01 Bas-Saint-Laurent 461 32,53 0,77 15 0,000 ± variable 02 Saguenay - Lac-Saint-Jean 39 0,95 0,06 15 0,351

03 Capitale-Nationale 41 3,90 0,49 15 0,002 constante

04 Mauricie 133 5,08 0,29 15 0,032 constante

05 Estrie 278 23,70 0,55 15 0,001 ± variable

07 Outaouais 507 41,94 0,50 15 0,002 variable

08 Abitibi-Témiscamingue 175 10,41 0,75 15 0,000 constante 11 Gaspésie - Îles-de-la-

Madeleine

107 5,72 0,47 15 0,003 ±

constante 12 Chaudière-Appalaches 466 46,26 0,60 15 0,000 ± variable

14 Lanaudière 78 8,52 0,76 15 0,000 constante

15 Laurentides 180 21,66 0,73 15 0,000 ±

constante

16 Montérégie 110 14,69 0,69 15 0,000 ±

constante 17 Centre-du-Québec 14 3,46 0,61 15 0,000 constante

(15)

Figure 2. Évolution du rendement (captures/100 km2) de 1984 à 1999 dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de l’Estrie et de l’Outaouais

Année

2000 1998 1996 1994 1992 1990 1988 1986 1984

Nb de pékans/100 km2

10

8

6

4

2

0

Année

2000 1998 1996 1994 1992 1990 1988 1986 1984

Nb de pékans/100 km2

10

8

6

4

2

0

Année

2000 1998 1996 1994 1992 1990 1988 1986 1984

Nb de pékans/100 km2

10

8

6

4

2

0

Estrie

Limite supérieure de l’intervalle de confiance Limite supérieure de l’intervalle de confiance

Bas-Saint-Laurent

Limite inférieure de l’intervalle de confiance

Outaouais

Limite supérieure de l’intervalle de confiance

Limite inférieure de l’intervalle de confiance

Limite inférieure de l’intervalle de confiance

(16)

Figure 3. Évolution du rendement (captures/100 km2) de 1984 à 1999 dans les régions de Chaudière-Appalaches et de la Montérégie

Année

2000 1998 1996 1994 1992 1990 1988 1986 1984

Nb de pékans/100 km2

12

10

8

6

4

2

0

Année

2000 1998 1996 1994 1992 1990 1988 1986 1984

Nb de pékans/100 km2

10

8

6

4

2

0

Chaudière-Appalaches

Limite supérieure de l’intervalle de confiance

Limite inférieure de l’intervalle de confiance

Limite inférieure de l’intervalle de confiance

Montérégie

Limite supérieure de l’intervalle de confiance

(17)

Tableau 3. Évolution du nombre de peaux vendues par permis de 1984 à 1999

Nombre moyen de

peaux transigées annuellement

Paramètres de la régression Région Nom de la région Par permis vendu Pente r2 dl Signification

01 Bas-Saint-Laurent 0,78 0,094 0,87 15 0,000

02 Saguenay - Lac-Saint- Jean

0,04 0,004 0,50 15 0,002

03 Capitale-Nationale 0,05 0,007 0,65 15 0,000

04 Mauricie 0,17 0,015 0,62 15 0,000

05 Estrie 0,95 0,153 0,87 15 0,000

07 Outaouais 0,53 0,074 0,74 15 0,000

08 Abitibi-Témiscamingue 0,15 0,018 0,89 15 0,000

11 Gaspésie - Îles-de-la- Madeleine

0,33 0,034 0,65 15 0,000

12 Chaudière-Appalaches 0,76 0,126 0,80 15 0,000

14 Lanaudière 0,19 0,030 0,86 15 0,000

15 Laurentides 0,32 0,052 0,84 15 0,000

16 Montérégie 0,33 0,059 0,85 15 0,000

17 Centre-du-Québec 0,10 0,027 0,61 15 0,000

Le rendement (nombre de captures/100km2) d’habitat a augmenté dans la quasi-totalité des régions, mais particulièrement en Montérégie, Chaudière-Appalaches, Estrie, Outaouais et Bas-Saint-Laurent (tableau 4 et figures 3 et 4). L’augmentation annuelle dans ces cinq régions a varié de 0,20 à 0,45 capture /100 km2. En ne considérant que les régions où le nombre moyen de fourrures de pékan transigées annuellement fut supérieur à 20, le rendement moyen se chiffre à 1,8 capture/100 km2 pour la durée de l’étude. Les régions de l’Estrie, de l’Outaouais, de la Chaudière-Appalaches et de la Montérégie ont vu leur rendement augmenter et dépasser la valeur de récolte maximale soutenue (RMS) estimée à 2,9 captures/100 km2 par Garant (1995), et cela, durant plusieurs années dans certains cas.

(18)

Tableau 4. Évolution du rendement (captures/100 km2) de 1984 à 1999

Rendement Paramètres de la régression Région Nom de la région Moyenne

annuelle

Maximum observé

Pente r2 dl Signification 01 Bas-Saint-Laurent 3,02 5,09 0,211 0,77 15 0,000 02 Saguenay-Lac Saint-

Jean

0,17 0,31 0,010 0,31 15 0,026

03 Capitale-Nationale 0,14 0,33 0,013 0,51 15 0,002

04 Mauricie 0,65 1,01 0,027 0,40 15 0,008

05 Estrie 3,78 7,92 0,322 0,55 15 0,001

07 Outaouais 2,60 5,67 0,215 0,50 15 0,002

08 Abitibi-Témiscamingue 0,48 0,78 0,030 0,82 15 0,000 11 Gaspésie-Îles-de-la-

Madeleine

0,58 1,05 0,030 0,47 15 0,003

12 Chaudière-Appalaches 4,40 10,25 0,435 0,60 15 0,000

14 Lanaudière 0,99 2,23 0,118 0,77 15 0,000

15 Laurentides 1,03 2,59 0,121 0,72 15 0,000

16 Montérégie 3,39 8,25 0,452 0,69 15 0,000

17 Centre-du-Québec 0,36 1,34 0,076 0,61 12 0,000

3.1.2 Succès et effort de piégeage

Une augmentation significative du succès a été enregistrée pour les régions du Bas- Saint-Laurent et de l’Outaouais (tableau 5 et figure 4). Aucune relation significative n’a été détectée pour cette variable dans les régions de la Mauricie et de l’Abitibi- Témiscamingue où la série historique valide comprenait au moins 10 points. Il n’y a pas eu de changement détectable dans l’effort de piégeage pour le pékan au fil des ans pour la quasi-totalité des régions (tableau 6).

3.1.3 Rendement et effort de piégeage

Des corrélations significatives entre le rendement et le succès ont été observées pour les régions du Bas-Saint-Laurent et de l’Outaouais (tableau 7). Aucune corrélation significative ne fut détectée entre le rendement et l’effort pour l’ensemble des régions où un nombre suffisant de données était disponible.

(19)

Figure 4. Évolution du succès de piégeage (captures/1000 nuits-pièges) de 1989 à 1999 dans le Bas-Saint-Laurent et l’Outaouais

Année

2000 1998

1996 1994

1992 1990

1988

Succès (capture/1000 nuits-pièges)

20 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0

2000 1998

1996 1994

1992 1990

1988

Succès (capture/1000 nuits-pièges)

20 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0

Bas-Saint-Laurent

Outaouais

Limite inférieure de l’intervalle de confiance Limite supérieure de l’intervalle de confiance

Limite supérieure de l’intervalle de confiance

Limite inférieure de l’intervalle de confiance

(20)

Tableau 5. Évolution du succès de piégeage de 1989 à 1999 Succès

(captures/

1000 nuits- pièges)

Paramètres de la régression

Région Nom de la région Moyenne annuelle

Pente r2 dl Signification

01 Bas-Saint-Laurent 7,77 0,79 0,74 10 0,001

03 Capitale-Nationale 2,73 0,21 0,15 8 0,310

04 Mauricie 4,24 -0,11 0,04 9 0,573

05 Estrie 12,57 -1,74 0,40 3 0,365

07 Outaouais 8,24 0,95 0,68 10 0,002

08 Abitibi-Témiscamingue 4,03 -0,08 0,05 9 0,531

12 Chaudière-Appalaches 8,90 -0,02 0,00 4 0,974

14 Lanaudière 5,94 -0,80 0,36 3 0,401

1) nombre de carnets ≥ 20

Tableau 6. Évolution de l’effort de piégeage de 1989 à 1999 Effort

(nuits-pièges)

Paramètres de la régression Région Nom de la région Moyenne

annuelle

Pente r2 dl Signification

01 Bas-Saint-Laurent 324,62 2,49 0,02 10 0,649

03 Capitale-Nationale 232,39 -6,83 0,22 8 0,209

04 Mauricie 306,26 25,55 0,37 9 0,063

05 Estrie 389,87 57,58 0,66 3 0,189

07 Outaouais 250,87 4,30 0,07 10 0,417

08 Abitibi-Témiscamingue 230,71 11,53 0,16 9 0,258 12 Chaudière-Appalaches 760,39 49,07 0,36 4 0,285

14 Lanaudière 339,96 -17,92 0,05 3 0,783

1) nombre de carnets ≥ 20

(21)

13

Tableau 7. Relation entre le rendement, le succès et l’effort de piégeage

Rendement Succès Effort

(Captures

100 km2)

(Captures 1000 nuits-pièges) (nuits-pièges) Région Nom de la région Moyenne

annuelle

Moyenne annuelle

r N Signification Moyenne annuelle

r N Signification

01 Bas-Saint-Laurent 3,0 7,8 0,64 11 0,006 325 -0,55 11 0,815 03 Capitale-Nationale 0,1 2,7 0,22 9 0,404 232 -0,33 9 0,211

04 Mauricie 0,6 4,2 -

0,07

10 0,788 306 0,42 10 0,089

05 Estrie 3,8 12,6 -

0,33

4 0,497 390 0,67 4 0,174 07 Outaouais 2,6 8,2 0,67 11 0,004 251 0,16 11 0,484 08 Abitibi-Témiscamingue 0,5 4,0 -

0,33

10 0,180 231 0,24 10 0,325 12 Chaudière-Appalaches 4,4 8,9 0,00 5 1,000 760 0,00 5 1,000 14 Lanaudière 1,0 5,9 0,67 4 0,174 340 0,00 4 1,000

1) nombre de carnets ≥ 20

(22)

3.1.4 Abondance et tendance du pékan

L’indice d’abondance du pékan, tel qu’évalué par les trappeurs, est corrélé avec le rendement en Mauricie, en Chaudière-Appalaches et dans le Bas-Saint-Laurent (tableau 8). Des corrélations significatives ont également été obtenues entre le rendement et l’indice de tendance du pékan pour les régions de l’Outaouais et de la Mauricie (tableau 8).

3.1.5 Abondance et tendance du lièvre d’Amérique

Le rendement en pékan de la région de l’Estrie a montré une association positive avec l’indice d’abondance du lièvre d’Amérique noté dans les carnets du trappeur (tableau 9).

En Outaouais, l’association était également significative mais inverse, c’est-à-dire que plus le rendement était élevé, plus l’indice d’abondance du lièvre d’Amérique était faible.

Aucune relation significative n’a été détectée pour les autres régions. L’indice de tendance des populations de lièvre d’Amérique était positivement corrélé avec le rendement dans le Bas-Saint-Laurent mais négativement dans le cas de l’Outaouais (tableau 9).

3.1.6 Rapport des sexes

La proportion d’individus mâles et femelles, telle que déterminée dans les carnets du trappeur, a varié significativement selon les années pour les régions du Bas-Saint- Laurent, de la Mauricie, de l’Estrie et des Laurentides (tableau 10). À l’exception des Laurentides, aucune association significative existe entre la proportion de mâles et les années. Dans le cas de la région des Laurentides où deux paires de données étaient disponibles (1993-1994 et 1999-2000), une plus grande proportion de mâles furent capturés en 1999-2000.

3.1.7 Rendement et succès versus le pourcentage de mâles

Aucune corrélation significative ne fut détectée entre le rendement et le succès d’une part et le pourcentage de mâles estimé selon les données du carnet (tableau 11). La seule exception concerne la région de la Montérégie où les variations de la proportion de mâles étaient associées à celles du succès.

(23)

15

Tableau 8. Relation entre le rendement et les indices d’abondance et de tendance du pékan

Indice d'abondance

Corrélation Indice de tendance

Corrélation Région Nom de la région Moyenne

annuelle

r N Signification Moyenne annuelle

r N Signification 01 Bas-Saint-Laurent 1,67 0,46 9 0,092 0,19 0,42 9 0,116 04 Mauricie 1,67 0,91 4 0,071 0,45 0,91 4 0,071

05 Estrie 1,74 0,68 4 0,174 0,26 -0,18 4 0,718 07 Outaouais 1,76 0,33 4 0,497 0,06 1,00 4 0,042

12 Chaudière-Appalaches 1,79 0,80 5 0,050 0,11 0,60 5 0,142 14 Lanaudière 1,65 0,33 3 0,602 0,08 0,33 3 0,602 1) nombre de carnets ≥ 20

Tableau 9. Relation entre le rendement et les indices d’abondance et de tendance du lièvre d’Amérique Indice

d'abondance

Corrélation Indice de tendance

Corrélation Région Nom de la région Moyenne

annuelle

r N Signification Moyenne annuelle

r N Signification 01 Bas-Saint-Laurent 2,07 0,13 11 0,586 0,26 0,60 11 0,010

03 Capitale-Nationale 1,90 0,20 5 0,624 0,05 0,60 5 0,142 04 Mauricie 2,04 0,11 10 0,655 0,17 0,16 10 0,531 05 Estrie 1,90 1,00 4 0,042 0,19 0,33 4 0,497 07 Outaouais 2,00 -0,71 11 0,002 0,08 -0,67 11 0,004

08 Abitibi-Témiscamingue 2,13 -0,29 10 0,245 0,09 0,07 10 0,788 12 Chaudière-Appalaches 2,20 0,00 5 1,000 0,28 0,00 5 1,000 14 Lanaudière 1,93 0,00 4 1,000 0,08 -0,33 4 0,497 1) nombre de carnets ≥ 20

(24)

16

Tableau 10. Relation entre le sexe et l’année de capture

Proportion

de femelles

Tableau de contingence Paramètres de la régression Tendance

Région Nom de la région Moyennea nnuelle

X2 dl Signification Pente r2 dl Signification 01 Bas-Saint-Laurent 0,45 23,55 10 0,009 10,35 0,06 10 0,473 aucune 03 Capitale-Nationale 0,46 1,87 1 0,172 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o.

04 Mauricie 0,43 16,86 9 0,051 25,12 0,17 9 0,246 aucune 05 Estrie 0,40 13,03 7 0,071 6,34 0,01 7 0,780 aucune 07 Outaouais 0,48 14,54 10 0,150 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o.

08 Abitibi-Témiscamingue 0,51 5,14 8 0,743 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o.

11 Gaspésie-Îles-de-la- Madeleine

0,54 7,82 6 0,254 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o.

12 Chaudière-Appalaches 0,52 11,10 8 0,196 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o.

14 Lanaudière 0,46 3,38 3 0,336 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o.

15 Laurentides 0,55 6,23 1 0,013 s.o. s.o. s.o. s.o. plus de mâles 16 Montérégie 0,41 1,24 3 0,751 s.o. s.o. s.o. s.o. s.o.

1) nombre de carnets ≥ 20

(25)

Tableau 11. Relation entre le pourcentage de mâles, le rendement et le succès de piégeage

% de mâles Rendement1 Succès1

Région Nom de la région Moyenne Moyenne r N Signification r N Signification 01 Bas-Saint-Laurent 55,0 3,44 0,13 11 0,586 7,77 0,06 11 0,815

04 Mauricie 56,7 0,74 -0,07 10 0,788 4,24 -0,33 10 0,180

05 Estrie 59,6 4,48 -0,43 8 0,138 11,17 0,07 8 0,805

07 Outaouais 51,6 2,87 0,20 11 0,392 8,24 0,02 11 0,938

08 Abitibi-

Témiscamingue

49,1 0,57 0,22 9 0,404 4,18 0,17 9 0,532

11 Gaspésie-Îles-de-la- Madeleine

46,1 0,76 -0,05 7 0,881 11,40 0,33 7 0,293 12 Chaudière-

Appalaches

48,5 5,83 0,06 9 0,835 9,03 -0,39 9 0,144

14 Lanaudière 54,4 1,97 -0,67 4 0,174 5,94 -0,33 4 0,497

16 Montérégie 59,0 6,77 -0,33 4 0,497 13,52 1,00 4 0,042 1) Calculs excluant les années où le sexe a été déterminé sur moins de 20 individus

(26)

4. LIENS ENTRE LES INDICATEURS

4.1 Liens entre les indicateurs et les données issues de l’analyse des carcasses 4.1.1 Rapport des sexes

Le rapport des sexes différait selon les années dans la région du Bas-Saint-Laurent (tableau 12, figure 5). Toutefois, ces différences ne démontraient pas une tendance temporelle à la baisse ou à la hausse; les variations suivaient plutôt un patron en dents de scie. Il est à noter que pour la région de l’Outaouais, les deux dernières années ont été caractérisées par un grand nombre de femelles. Cependant, l’analyse de la série historique de 5 années n’a pas montré de variations significatives du rapport des sexes à p=0,10.

4.1.2 Proportion de juvéniles

Ce paramètre a varié significativement dans les séries historiques pour la quasi-totalité des régions où un nombre suffisant de données était disponible (tableau 12). Les écarts annuels ont été les plus marqués dans les régions du Bas-Saint-Laurent et de l’Outaouais (tableau 12, figure 6).

Il est difficile d’associer ces variations à des tendances temporelles. Il est également difficile de percevoir une quelconque tendance avec les années malgré des fluctuations significatives de la proportion de juvéniles dans les carcasses examinées. Ainsi, pour la région du Bas-Saint-Laurent, les fluctuations de la proportion de juvéniles ont été irrégulières et quelquefois à l’opposé pour deux années consécutives. Dans le cas de l’Outaouais, il est également difficile de percevoir une quelconque tendance avec les années malgré des fluctuations significatives de la proportion de juvéniles dans les carcasses examinées.

4.1.3 Proportion de mâles adultes

Seule la région du Bas-Saint-Laurent présente une association significative, au seuil de 0,10, entre les années et la proportion de mâles dans le contingent adulte (tableau 12).

Tel que précisé à l’examen du rapport des sexes pour l’ensemble des carcasses, les variations ne suivent pas un patron clair au fil des ans qui permettrait de conclure à une tendance à la hausse ou à la baisse.

(27)

Figure 5. Évolution du nombre d’individus selon le sexe de 1989 à 1999 dans le Bas- Saint-Laurent et l’Outaouais

Saison de piégeage

1999-2000 1998-1999

1997-1998 1996-1997 1992-1993

1991-1992 1989-1990

Nombre

300

200

100

0

1999-2000 1998-1999 1997-1998 1996-1997 1995-1996 1992-1993 1991-1992 1990-1991 1989-1990

Nombre

140

120

100

80

60

40

20

0

Bas-Saint-Laurent

Outaouais

femelle mâle

(28)

Tableau 12. Relation entre le rapport des sexes, la proportion de juvéniles, le rapport des sexes chez les adultes et l’année de capture.

Rapport des sexes Proportion de jeunes Rapport des sexes - adultes1 Région Moyenne X2 Dl Signification X2 dl Signification X2 dl Signification 01 0,94:1 14,6

0

7 0,041 0,63 22,08 7 0,002 1,17:1 10,94 6 0,090 07 0,98:1 6,75 4 0,150 0,65 18,27 4 0,001 1,23:1 2,15 3 0,542 11 1,97:1 0,62 3 0,893 0,52 11,43 3 0,010 s.o. s.o. s.o. s.o.

12 1,04:1 4,76 6 0,575 0,63 9,71 6 0,137 1,31:1 3,75 3 0,290 1) Un minimum de 20 carcasses d'adultes était requis pour ce test

Tableau 13. Relation entre le rapport juvéniles/femelle adulte et l’année de capture

% Juv/ FA

Région Nom de la région Moyenne annuelle r N Signification

01 Bas-Saint-Laurent 76,5 -0,22 9 0,404

07 Outaouais 78,8 -0,15 13 0,464

11 Gaspésie-Îles-de-la- Madeleine

64,1 0,05 7 0,881

12 Chaudière-Appalaches 77,7 -0,71 8 0,013

4.1.4 Rapport juvéniles/femelle adulte

Contrairement à la proportion de juvéniles dans la récolte, il n’y avait pas d’association significative entre les années et le rapport juvéniles/femelle adulte dans les régions examinées, sauf pour celle de Chaudière-Appalaches (tableau 13, figure 7). Dans ce dernier cas, le ratio a diminué au cours des six années où il fut possible de suivre ce paramètre. Toutefois, le faible nombre de femelles adultes qui faisaient partie des carcasses de 1989 à 1993, rend l’estimation de ce paramètre plus sujette à des effets aléatoires. D’ailleurs, cette tendance disparaît si on élimine les années où moins de 20 femelles adultes ont été identifiées dans les carcasses (Tau-B de Kendall=-0.333, N=4, p=0,497).

(29)

Figure 6. Évolution du nombre de juvéniles de 1989 à 1999 dans le Bas-Saint-Laurent et l’Outaouais

Saison de piégeage

1999-2000 1998-1999 1997-1998 1996-1997 1992-1993 1991-1992 1989-1990

Nombre

300

200

100

0

1999-2000 1998-1999 1997-1998 1996-1997 1992-1993 1991-1992 1990-1991 1989-1990

Nombre

200

150

100

50

0

Adultes Juvéniles

Outaouais

Bas-Saint-Laurent

(30)

4.1.5 Rendement et succès versus les paramètres issus des carcasses

En imposant des contraintes sur le nombre minimal de carcasses ayant été examinées, une seule corrélation significative a été détectée entre le rendement et les paramètres issus des carcasses (tableau 14). Cette association négative a été notée dans la région de Chaudière-Appalaches, entre le rendement et le rapport juvéniles/femelle adulte.

Cette relation semble également caractériser la région de l’Outaouais, quoique non significative. Il est intéressant de noter que la proportion de juvéniles et le rapport juvéniles/femelle adulte ont tous montré une tendance négative avec le rendement, peu importe la région considérée. Dans le cas du succès de piégeage évalué à l’aide des carnets, aucune association significative n’a été détectée avec les paramètres issus des carcasses (tableau 15).

(31)

Figure 7. Évolution du nombre de juvéniles et de femelles adultes de 1996 à 2000 dans le Bas-Saint-Laurent et l’Outaouais

1999-2000 1998-1999

1997-1998 1996-1997

1992-1993 1991-1992

1989-1990

Nombre

70

60

50

40

30

20

10

0

Saison de piégeage

1999-2000 1998-1999

1997-1998 1996-1997

Nombre

110

100

90

80

70

60

50

40

Juvéniles Femelles adultes

Bas-Saint-Laurent

Outaouais

(32)

24

Tableau 14. Relation entre le rendement et les paramètres issus des carcasses

% Mâles % Juvéniles Mâles adultes Juvéniles/femelles adultes

Région Moy. R N Signification Moy. r N Signification Moy. r N Signification Moy. r N Significatio n 01 52,16 -0,71 8 0,805 63,19 -0,07 8 0,805 46,99 -

0,29

8 0,322 76,30 -0,286 8 0,322 07 51,24 -0,60 5 0,142 64,83 -0,60 5 0,142 43,10 0,20 5 0,624 76,02 -0,600 5 0,142 11 33,90 0,18 4 0,718 51,83 -0,33 4 0,497 30,17 0,00 4 1,000 59,40 -0,333 4 0,497 12 49,43 0,05 7 0,881 62,75 -0,33 7 0,293 42,76 -0,24 7 0,453 74,57 -0,619 7 0,051

1) nombre de carcasses ≥ 20

Tableau 15. Relation entre le succès du piégeage et les paramètres issus des carcasses

% Juvéniles % Mâles adultes Juvéniles/femelles adultes Région Moy. r

N Signification Moy. r N

Signification Moy. r N

Signification Moy. r N

Signification

% M

01 52,16 -0,71 8 0,805 63,20 0,214 8 0,458 46,99 - 0,14

8 0,621 76,30 0,00 8 1,000 07 51,24 -0,60 5 0,142 64,83 -0,600 5 0,142 43,10 0,20 5 0,624 76,02 -0,60 5 0,142 11 33,90 s.o. s.o

.

s.o. 51,83 s.o. s.

o.

s.o. 30,17 s.o. s.

o.

s.o. 59,40 s.o. s.

o.

s.o.1 12 49,43 -0,33 4 0,497 62,75 0,333 4 0,497 42,76 -

0,68

4 0,174 74,57 -0,33 4 0,497 1) sans objet

2) nombre de carcasses

(33)

5. DISCUSSION

Parmi les indicateurs évalués, le rendement semble le plus prometteur pour estimer le niveau d’exploitation. Cet indicateur a démontré, au cours des 15 dernières années, une hausse significative dans la majorité des régions. Le rendement moyen est de 1,8 capture/100 km2 au cours de cette période, alors qu’il variait de 0,42 à 0,75 capture/100 km2 de 1981 à 1992 (Garant 1995). Par ailleurs, quatre régions démontrent des valeurs nettement supérieures au RMS calculé par Garant (1995). Cette augmentation témoigne sûrement d’une hausse des effectifs, puisque le nombre de trappeurs et le prix de la fourrure de pékan étaient relativement stables au cours de la période d’étude.

De plus, le rendement était associé de façon significative avec des paramètres d’abondance et de tendance. En Ontario, Voigt et al. (2000) attribuent la hausse des populations de pékan à l’augmentation de l’abondance du porc-épic, du lièvre d’Amérique et du cerf de Virginie, proies principales du pékan. Le même phénomène existe au Québec où on assiste à des augmentations importantes du cerf de Virginie, la population aurait presque doublé entre 1993 et 2000 ( Huot et al. 2002), et du lièvre d’Amérique qui serait en haut de cycle présentement (Fortin et Tardif 2003). D’autre part, Douglas and Strickland (1987) rapportent un rendement soutenu de 3,9 captures par 100 km2 sur une période de 5 ans dans le parc Algonquin, situé en Ontario, où un système de quota était en place. Powell (1979) affirme qu’un rendement supérieur à 1 à 4 captures par 100 km2 pourrait entraîner la disparition du pékan dans l’État du Michigan. En Ontario, Strickland (1994) soutient qu’à un niveau d’exploitation de 20 à 25 % est associée une récolte annuelle soutenue de 4 captures/100 km2. Raphael (1994) souligne dans une revue des outils de suivi des populations de pékan et de martre que la comparaison des récoltes annuelles, si on connaît l’effort de piégeage, pourrait fournir de bons estimés des tendances de population à l’échelle régionale. Le succès de piégeage et les indices d’abondance et de tendance du pékan sont des indicateurs complémentaires valables puisqu’ils sont souvent associés étroitement au rendement. D’autre part, les indices d’abondance et de tendance chez le lièvre d’Amérique étaient associés de façon positive au rendement dans une seule région du Québec. Le rapport des sexes issu du carnet a varié considérablement entre les années ne démontrant pas de lien significatif entre celles-ci. Il en est de même des relations entre le rendement, le pourcentage de mâles et le succès de piégeage.

(34)

L’analyse des paramètres issus des carcasses indique que le rapport des sexes et le rapport JUV/FA ne sont pas associés significativement avec les années, sauf pour une région dans le cas du rapport JUV/FA seulement. La proportion de juvéniles varie toutefois significativement entre les années sans que l’on puisse en expliquer la cause.

Une seule corrélation significative existe entre le rendement et le rapport JUV/FA, indiquant que ce paramètre ne semble pas dépendre de l’intensité de l’exploitation.

D’autre part, la relation entre le rendement, la proportion de juvéniles et le rapport JUV/FA est négative, peu importe la région, ce qui suppose que la valeur de ces rapports diminue avec l’intensité de l’exploitation. Finalement, l’absence de liens significatifs entre le succès de piégeage, qui est une mesure indirecte de l’abondance de population, et les paramètres issus des carcasses, indique que ces paramètres ne seraient pas tributaires de la densité. À cet effet, Krohn et al. (1994) mentionnent que le rapport JUV/FA peut être affecté par plusieurs facteurs qui nécessitent d’être évalués avant d’être utilisés comme outil de gestion. Toutefois, Douglas and Strickland (1987), soutiennent que le fait de conserver un rapport supérieur à 3 JUV/FA âgée de 1,5 an ou plus représente un niveau d’exploitation sécuritaire. Selon Kohn et al (1993), le rapport JUV/FA ne reflète pas le niveau d’exploitation du pékan au Wisconsin. Finalement, Garant (1995) qui a utilisé les équations de Strickland (1994) pour estimer le taux d’exploitation du pékan au Québec de, 1989 à 1992, mentionne que « les coefficients associés aux trois mesures annuelles du taux d’exploitation (rapport des sexes, rapport JUV/FA et rapport JUV/FM) varient de 9 à 50 % », ce qui rend ces indicateurs peu utiles pour le Québec.

(35)

6. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Le rendement est sans doute l’indicateur le plus utile pour le suivi des populations de pékan au Québec puisqu’il témoigne, au cours des quinze derrières années, d’une hausse significative des effectifs et qu’il est associé positivement aux valeurs d’abondance et de tendance de population de cette espèce. De plus, cet indicateur peut être comparé au rendement maximal soutenu (RMS) sur la base de l’UGAF et de la région. Cette approche a d’ailleurs été privilégiée par l’assemblée des gestionnaires des animaux à fourrure lors de l’atelier sur les animaux à fourrure de décembre 2002, qui en a fait une proposition appuyée par le comité de suivi. Ce comité demande implicitement au comité scientifique de proposer, pour le prochain atelier, un ajustement au plan de suivi de cette espèce. Cependant, l’analyse des carcasses n’a pas donné les résultats escomptés, puisqu’il y a absence de relation claire entre le rendement et les paramètres issus des carcasses. Par ailleurs, les séries historiques étaient souvent trop courtes pour livrer de l’information utile. Par contre, la récolte maximale soutenue établie initialement semble sous-estimée. Il faut toutefois être prudent car les effets d’une surexploitation pourraient se manifester deux ou trois ans plus tard. Ceci est pertinent lorsqu’on examine l’augmentation observée du rendement. En effet, l’absence d’augmentation de l’effort de piégeage dirigé sur cette espèce renforce l’hypothèse que l’augmentation parfois substantielle du rendement reflète une croissance tout aussi substantielle des effectifs de pékan pour les régions concernées. Nous proposons le maintien du carnet du trappeur et l’abandon de la cueillette des carcasses. Pour en arriver à l’établissement des potentiels par UGAF, on devra estimer la densité du pékan dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de Chaudière-Appalaches, de l’Estrie, de la Montérégie et de l’Outaouais, régions où la majorité des captures sont réalisées. Par la suite, on devra reviser le RMS calculé par Garant (1995) à la lumière des nouvelles données bientôt disponibles dans SIAF.

(36)

REMERCIEMENTS

Nous désirons remercier MM. Gilbert Proulx, Christian Pilon, Ian Thompson et Gilles Lamontagne pour leurs commentaires judicieux du manuscrit. Nos remerciements s’adressent également à M. Jean Berthiaume, pour la production graphique, et à Mmes Raymonde Pomerleau, Jacinthe Bouchard, Christiane Picard et Louiselle Beaulieu pour la révision et la mise en forme du texte.

(37)

LISTE DES RÉFÉRENCES

BANCI, V. et G. PROULX. 1999. Resiliency of furbearers to trapping in Canada. Pages 175-203. In G. Proulx. ed. Mammal trapping. Alpha Wildlife Reasearch and Management Ltd. Sherwood Park, Alberta, Canada.

BOUCHARD, P., P. BOUCHER et D. BOURRET. 1990. Les activités reliées à la faune au Québec. Profil des participants et impact économique en 1990. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche du Québec, Service de la recherche et de l'analyse de marché. 5 p.

CANAC-MARQUIS, P et Y. DUBOIS. 2000. Données sur l'exploitation commerciale des animaux à fourrure sauvages au Québec de 1917 à 1998. Société de la faune et des parcs du Québec, Direction du développement de la faune. 206 p.

CANTIN, M. et D. FORTIN. 1994. Guide de l’usager du Système d’Information sur les Animaux à Fourrure. Version 3.0. Ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec. 72 p.

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