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La gestion actuelle des incendies de forêts en Australie
N.P. Cheney
To cite this version:
N.P. Cheney. La gestion actuelle des incendies de forêts en Australie. Revue forestière française,
AgroParisTech, 1990, 42 (S), pp.368-374. �10.4267/2042/26164�. �hal-03425350�
LA GESTION ACTUELLE
DES INCENDIES DE FORÊTS EN AUSTRALIE
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Z
En 1988, l'Australie a célébré le 200° anniversaire du débarquement des premiers émigrants blancs en provenance de l'Europe . Pendant environ 40 000 ans, le territoire avait été occupé par une petite population d'aborigènes qui utilisaient régulièrement des feux modérés intégrés à leur méthode d'exploitation des terres.
Située entre les latitudes 10 et 43° Sud, l'Australie possède une série de formations végétales comprenant des forêts humides tropicales, des forêts tempérées, des espaces boisés semi- arides, des espaces boisés et des brousses arides au Centre et dans le Nord-Ouest . Les zones arides sont normalement peuplées d'une végétation herbeuse clairsemée, mais les années exceptionnellement humides (environ une fois tous les trente ans) une végétation combustible plus abondante est à l'origine d'immenses incendies qui se propagent librement . En 1974, les incendies brûlèrent 117 millions d'hectares, soit 15 % de la superficie totale du continent.
Généralement la partie de l'année la plus fraîche est en juillet et la plus chaude en janvier . La période de « saison des feux ° annuelle (la période pendant laquelle la plupart des incendies importants se produisent) est variable du nord au sud . Dans la plupart des parties septentrio- nales de l'Australie, la saison des feux va de juillet à octobre, alors que dans le Sud, elle est de janvier à mars . La figure 1 montre le « déplacement >, annuel des saisons des feux en Australie . II n'y a pas que cette progression en direction du sud des saisons des feux au cours de l'année ; les saisons elles-mêmes varient en sévérité d'une année à l'autre . Cette variabilité est très importante pour informer l'opinion publique et engager le Gouvernement dans la gestion du feu ; l'intérêt est grand pendant et juste après une saison sévère d'incendies mais il s'efface rapidement des mémoires.
En général, la corne Sud-Est de l'Australie connaît la plus grave suite de dures saisons de feux et de grands incendies . Le risque climatique de feu est ici considéré comme l'un des pires du monde et il a été associé à celui de la Californie.
Etant donné le climat et la longue histoire des brûlages par la population aborigène, il est possible de comprendre qu'une grande partie de la flore et de la faune australienne se soit adaptée aux régimes spécifiques des feux, y compris les incendies sévères occasionnels . Le Frêne géant de montagne (Eucalyptus regnans) (l'arbre le plus grand de l'hémisphère Sud) est facilement tué par le feu, mais le feu est aussi indispensable à la régénération du peuplement.
De nombreuses espèces arborescentes du sous-étage (par exemple Acacia sp .) requièrent un échauffement pour que les graines germent, paraissent disparaître en l'absence de feu, mais se régénèrent abondamment après un incendie . La valeur du bois d'oeuvre cependant peut être
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DE L'ÉTRANGER . . . DE L'ÉTRANGER . ..
diversement affectée, spécialement celle des arbres introduits en plantation qui proviennent habituellement de climats plus tempérés . Les services forestiers australiens ont ainsi investi pour le contrôle effectif de l'incendie et, de nos jours, ils ont bien développé leurs capacités à gérer le feu.
La protection contre l'incendie des terrains agricoles et pastoraux relève normalement des autorités de l'État qui coordonnent les activités des propriétaires ruraux par l'organisation de brigades de volontaires des feux de brousse . Ces brigades sont bien organisées et efficaces dans les régions à populations rurales plus denses, mais elles sont inégalement coordonnées et moins compétentes dans les régions aux populations dispersées des zones arides et subtropi- cales de l'Australie centrale et septentrionale.
Figure 1
CAIRNS TOWNSVILLE
A BRISBANE
SOUTH AUSTRALIA
ADELAIDE PORT HEDLAND
GERALDTON
PERTH
NEWSOUTH WALES
SYDNEY CANBERRA
Mois de la saison des feux Saison des feux
J A S 0 N D J F M A M J
hiver et printemps N N N N 0 0 0 —
printemps 0 N N N N 0 0 — — —
printemps et été — — 0 N N N N 0 0 — — —
été — — — 0 N N N 0 0 — —
été et automne — — — 0 N N N 0 0 —
N = mois où normalement des incendies sérieux risquent de se produire ; - – mois où le risque d'incendie est faible;
O =. mois où occasionnellement des incendies sérieux risquent de se produire.
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LES PRINCIPAUX INCENDIES
Le développement d'un incendie de forêt dépend en premier lieu du type, de la quantité et de la siccité des petits matériaux végétaux morts sur le sol forestier et de ceux de la strate du sous-étage (petit combustible de surface), du terrain (particulièrement de la pente) et des conditions météorologiques de vent, de température, d'humidité relative et d'instabilité atmos- phérique . Le développement dépend aussi de la composition floristique de la forêt qui influe avec des allumages dispersés en avant du front principal du feu : d'assez petits morceaux de matériaux en combustion sont portés par le vent en avant du feu et ils sont à l'origine de nouveaux foyers . Plusieurs espèces d'Eucalyptus ont des écorces fibreuses épaisses qui peu- vent produire des masses de brandons qui, à leur tour, provoquent de nombreux foyers ponctuels jusqu'à 3 km en avant du front de l'incendie ; d'autres espèces ont des écorces qui se desquament en longs rubans et les brandons de ces arbres ont déjà initié des feux ponctuels jusqu'à 30 km du front de feu . Les Eucalyptus à écorces lisses ou à écorces épaisses et dures ne présentent pas le même inconvénient.
L'Australie a souffert de plusieurs énormes incendies, notamment les incendies du Victoria en 1939 (appelés incendies du « Vendredi noir ' parce qu'ils se sont développés sur de grandes surfaces le vendredi 13 janvier), l'incendie de Dwellingup de 1961 dans l'Ouest australien, les incendies de Tasmanie de 1967 et les incendies du « Mercredi des Cendres ,> du 16 février 1983 en Victoria et dans le Sud-Est de l'Australie.
Les facteurs prédisposant aux grands incendies forestiers comprennent les combustibles fores- tiers anormalement secs tels qu'ils résultent d'une ou plusieurs années d'une pluviométrie très en dessous de la moyenne avec quelques jours (peut-être seulement un seul jour) de conditions météorologiques extrêmes : une température de 40°C ou plus, une humidité relative basse (en dessous de 15 %) et de grands vents forts . Heureusement ces conditions se présentent rarement, mais, de tel jour, de sources inhabituelles d'ignition peuvent résulter de grands feux d'herbes ou de forêt qui causent de nombreux millions de dollars en dommages et pertes de vie.
Les incendies de 1939 au Victoria firent suite à l'année sèche de 1938 . Dès le début de janvier 1939, la conjonction d'un temps sec et d'essartages précoces non contrôlés créa une situation où les nombreux feux brûlèrent librement dans des espaces forestiers . Puis le 13 janvier, par un temps à risque d'incendie sévère, nombre de ces feux se développèrent violemment et s'étendi- rent rapidement : 71 vies humaines furent perdues, de grandes surfaces de forêt furent détruites ou gravement endommagées et des biens ont subi des dommages pour des millions de dollars l ' l . L'enquête ultérieure fit des recommandations qui même aujourd'hui relèvent du bon sens, et elle signala qu'un tel désastre était inévitable lorsque tant de feux concomitants étaient prêts à éclater un tel jour . Les recommandations conduisirent à la formation de meilleures organisations des services d'incendie et à une législation sur les feux de brousse qui limita le droit de la population à allumer et à entretenir des feux en période estivale . Cependant, ce ne fut que beaucoup plus tard que l'équipement de lutte capable d'arrêter les incendies de forêts, seulement dans des conditions favorables, devint disponible.
Le feu qui fut connu sous le nom d'incendie de Dwellingup a été initié par les multiples coups de foudre dans le sud-est de l'Ouest australien, la nuit du 19 au 20 janvier 1961 . D'eux partirent de nombreux incendies qui ne purent être contrôlés . Puis le soir du 24 janvier, quand les incendies se rejoignirent et qu'ils brûlèrent sur un large front, une courte période de vent très fort emballa l'incendie vers le sud en direction des communes de Dwellingup, Holyoake et Nanga Brook . Alors même que ces agglomérations étaient entourées de pare-feu, ceux-ci furent inefficaces pour contenir la tempête de feu consumant les combustibles lourds et les villes furent détruites . Une des causes de cet incendie désastreux fut l'écorce fibreuse des arbres de Jarrah (Eucalyptus marginata) qui produisirent des myriades de brandons ; ceux-ci submergèrent les pompiers et causèrent des foyers dispersés qui ne purent être étouffés dans ces combusti- bles lourds de la forêt et mirent le feu aux maisons dans les villes . La superficie totale brûlée fut de 146 000 ha . Un résultat de cet incendie fut que le service forestier australien de l'Ouest se lança dans un grand programme de brûlage dirigé qui aujourd'hui met en oeuvre les techniques d'allumage par voie aérienne de façon extensive . Depuis 1969, le service forestier australien de
(') Dollar australien .
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l'Ouest n'a pas eu à connaître de grand feu en zone forestière bien que des incendies de grand développement aient brûlé les terrains pastoraux et privés entourant les forêts.
Des conditions climatiques de feu sévère et de grands incendies avaient été rares en Tasmanie mais, en 1967, les incendies causèrent des dommages atteignant des millions de dollars et coûtèrent 62 vies humaines . Beaucoup d'hommes en Tasmanie croyaient que ces conditions sévères qui sont plus communes sur le continent, ne pouvaient pas s'y produire, même s'il y a eu cinq ou six événements de cette sorte sur les cent ans passés . Le résultat fut que les services d'incendie furent mal équipés et que la législation insuffisante fut en grande partie
ignorée . De nombreux incendies ont brûlé librement pendant plusieurs semaines mais seulement 1 500 ha ont été détruits jusqu'au début de conditions climatiques de danger extrême de feu le matin du 7 février . Cinq heures et demie plus tard, la zone brûlée était de 228 000 ha . Un feu toucha la ville de Hobart y provoquant le plus de dommages et tuant 20 personnes . Par la suite,
les services d'incendie furent modernisés et la législation remise à jour.
Le 16 février 1983, en dépit de l'équipement moderne et des règlements sur le feu appliqués, des incendies importants se produisirent en Australie du Sud et dans l'Ouest du Victoria . Une fois encore les incendies brûlèrent plusieurs milliers d'hectares en peu d'heures . 21 % de plantations de conifères, propriété du gouvernement australien du Sud, furent détruites, mettant en difficulté une industrie du bois bien développée . D'importantes coupes de récupération de rondins ont dû être exécutées et un grand nombre de tonnes de grumes à sciage furent mises en dépôt sous l'eau . Plusieurs incendies provenaient de pâturages communautaires, traversèrent les forêts et menacèrent alors les zones péri-urbaines des environs de Melbourne et d'Adélaïde.
De nombreux incendies qui brûlèrent ce jour-là provenaient de causes inhabituelles tels les courts-circuits d'installations électriques . Ceci illustre dramatiquement l'aspect de causes inha- bituelles d'inflammation se produisant les jours de conditions climatiques extrêmement sévères lesquelles justifient l'interdiction d'activités comme les travaux forestiers qui peuvent être à l'origine d'incendies de tels jours.
L'ORGANISATION DE LA PROTECTION DES INCENDIES DE FORETS EN AUSTRALIE
En Australie, aussi bien le Gouvernement national que les six États et les deux Territoires ont chacun la responsabilité de leurs propres territoires et forêts et ont chacun leur propre gouver- nement. Comparée à l'Europe, l'Australie a une population dispersée mais un haut niveau d'urbanisation — la plupart des gens vivent dans les villes proches de la côte.
Il faut admettre que l'extinction des incendies les jours de risque très sévère ne sera pas couronnée de succès, ni en forêt ni sur les parcours pâturés . En conséquence, les services forestiers appuient leurs stratégies sur la prévention des dégâts du feu durant ces jours, car environ 90 % des incendies de forêts sont provoqués par l'homme . Cependant, ils sont dans l'impossibilité de prévenir le feu de foudre qui peut résulter de multiples éclairs, quelquefois dans des zones inaccessibles.
De façon caractéristique en Australie, les systèmes de gestion du feu sont basés sur la compréhension du développement de l'incendie . Les systèmes d'évaluation du risque d'incendie basés sur le développement du feu sont utilisés pour alerter le public des jours de risque de feu durant la saison et pour activer les systèmes de détection du feu et ceux des équipements d'extinction . Les risques d'incendie vont du faible (lorsque les feux ne peuvent brûler ou qu'ils sont facilement éteints) au modéré, sévère et très sévère jusqu'à extrêmement sévère (lorsque des feux ne peuvent être contrôlés qu'avec de grandes difficultés même où les combustibles forestiers sont faibles) . Les interdictions totales de feu (lorsqu'aucun feu ne peut être allumé ou entretenu à l'extérieur) sont strictement appliquées les jours d'extrême risque de feu et il est habituel d'interdire les forêts aux opérations forestières et quelques zones à haut risque au public . Toutes les équipes de lutte disponibles sont prêtes à une intervention immédiate ces jours-là . Un exemple typique de la façon dont les forces d'intervention prennent leurs disposi- tions en fonction du risque journalier d'incendie est donné au tableau I (p . 372).
Parce que les incendies de forêts en Australie se développent avec rapidité, l'accent est fortement mis sur une attaque initiale rapide par les forces terrestres ce qui nécessite une détection précoce, mettant en action des tours de guet en position stratégique ou des patrouilles aériennes qui, dans quelques cas, présentent un meilleur coût-efficacité.
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Un exemple d'activation de moyens anti-incendies en fonction de l'indice de risque incendie
Risque d'incendie Faible Modéré Sévère Très sévère Extrêmement sévère Tours de guet en alerte
Petits camions citernes Grands camions citernes Niveleuses
Bouteurs
1 1 7 - -
3 3 10
— 0
3 12 10 1 1
4 13 11 2 2
4 14 11 2 2 Heures de disponibilité
Interdiction totale de feu
5 non
7 non
8 non
9 peut-être
10 oui
De bonnes informations sont conservées par les bureaux forestiers, fournissant des détails comme la superficie moyenne finale, les causes et les faits consécutifs à l'incendie . Cela permet de faire des comparaisons entre les saisons et des districts différents, et facilite la planification des activités de prévention, incluant les campagnes publicitaires orientées vers des catégories particulières de la population.
Parce que les incendies de forêts en conditions peu sévères provoquent peu de dégâts, parce que l'Australie n'est pas bien dotée de lacs ou d'autres étendues d'eau et parce que les incendies s'étendent rapidement en période de risque très sévère et qu'ils sont impossibles à contrôler par quelque moyen que ce soit, les grands avions ne sont pas utilisés pour la lutte . De petits avions ou des hélicoptères peuvent être employés pour larguer des retardants chimiques sur les feux . Sur les emplacements difficiles d'accès où l'arrivée des personnels au sol pourrait prendre plusieurs jours, des hélicoptères sont souvent utilisés pour transporter hommes et équipement sur les incendies les moins accessibles et aussi comme plate-forme aéroportée d'où les commandements au feu peuvent diriger les opérations.
L'autre action majeure qui peut être prise pour limiter les dégâts potentiels qui peuvent être causés par les incendies de forêts est de modifier le combustible . Ceci peut être fait en intervention de prévention des incendies ou en tant qu'opérations particulières de sylviculture ou de récolte . Ainsi le poids de combustibles légers peut être réduit par brûlage dirigé où la distribution spatiale peut être modifiée par des moyens mécaniques . Où des structures pré- cieuses ou des villages sont proches des plantations de pins, « des zones libérées des feux de cimes sont créées par des éclaircies fortes et un élagage sévère du Pin de Monterey et des combustibles de surface réduits . L'efficacité de cette stratégie se fit manifestement en Australie du Sud, en 1983, quand les feux de cimes des plantations de Pin brûlèrent jusqu'à la zone ainsi préparée autour du village de Nangwarry . Les maisons échappèrent aux dégâts du feu parce que l'intensité de celui-ci et son essaimage potentiel furent réduits à un point tel que les équipes de pompiers purent éteindre les quelques foyers dispersés qui se déclarèrent parmi les habitations.
Pour participer à la prévention, les gestionnaires forestiers australiens ont appris à inclure certaines démarches dans leurs opérations de routine . En voici quelques exemples . Dans les projets de plantations, le réseau routier doit éviter les culs-de-sac et autres places où les équipes de pompiers seraient susceptibles d'être piégées par un feu . Si la topographie le permet, les routes et les pistes sont ouvertes dans la même direction que le vent qui accom- pagne les principaux incendies . Ceci permet d'attaquer les feux par les flancs, en admettant que les attaques sur le front de l'incendie ne sont pas assurées de succès avant que les conditions ne s'améliorent.
L'élagage est préconisé pour améliorer la protection contre les incendies — au minimum le feu n'atteindra pas aussi facilement les couronnes si les branches les plus basses sont enlevées.
Les rémanents de l'élagage reposant à plat sur le sol se décomposeront plus rapidement parce qu'ils sont en contact avec le sol et la litière humides . Les rémanents ne devraient pas toucher les troncs des arbres . Les mêmes principes sont à appliquer aux rémanents laissés après Tableau I
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l'éclaircie . De nos jours, les matériels d'exploitation permettent de faire tomber les arbres dans des directions choisies et ainsi les rémanents sont prêts pour les incinérations d'hiver . Ces pratiques permettent aussi aux équipes de mieux accéder aux plantations si elles ont besoin d'y pénétrer pour des opérations de lutte contre l'incendie.
L'expérience a montré les avantages de tenir compte de l'échelle en matière de protection de la forêt . Une grande zone forestière peut supporter de grandes équipes d'ouvriers suffisamment fortes et nombreuses pour mener une lutte efficace contre les incendies . De petites surfaces forestières n'ont pas cet avantage et elles ont été souvent détruites par le feu simplement parce qu'il y avait une disponibilité en hommes insuffisante pour fournir les forces nécessaires à la lutte . Cependant, il a été trouvé que même un important projet de reboisement peut arriver à un stade où la plupart des plantations ont été exécutées, et la main-d'oeuvre nécessaire pour les opérations de routine est moindre qu'au début lorsque les plantations et les entretiens sont les tâches les plus importantes . A ce stade, il devient difficile de trouver assez de travailleurs pour améliorer l'efficacité de la lutte contre le feu.
RÉSULTATS DE LA GESTION DES INCENDIES DE FORÊTS DANS L'AUSTRALIE CONTEMPORAINE
Comme nous l'avons indiqué précédemment, les forêts naturelles australiennes sont souvent adaptées à un environnement de feu . Souvent la végétation et la faune récupèrent rapidement, même à la suite d'incendies assez intenses, et il n'y a que la valeur des bois d'oeuvre à subir des dommages permanents . Ceci conduit à l'opinion parmi certaines fractions du public que le grand incendie puissant peut en effet être accepté en particulier dans les parcs nationaux.
Comme les forêts qui n'étaient aménagées par les services forestiers que depuis vingt ans sont confiées aux services de gestion des parcs qui ont peu d'expérience de gestion du feu, la possibilité apparaît de voir dans l'avenir les grands incendies plus fréquents et probablement plus destructeurs . Le public, au sens large, est privé des compétences de la gestion du feu qui ont été acquises soigneusement et péniblement depuis plus de cent ans.
Beaucoup d'Australiens sont maintenant capables de posséder une petite ferme (jusqu'à 100 ha) où ils vivent leurs week-ends ou d'où ils viennent quotidiennement pour travailler dans des villes éloignées . Essentiellement nés et élevés en ville, ces gens ont peu de connaissances pratiques des incendies et ils peuvent être peu disposés à prendre leur part de responsabilité à la protection rurale contre l'incendie.
Les litiges après de grands incendies sont devenus fréquents, particulièrement contre les grandes autorités publiques qui ont le pouvoir de financer largement des dédommagements une fois la négligence établie . Récemment, il y a eu quelques exemples de propriétaires de forêts privées revendiquant des dédommagements auprès des services de gestion des parcs, alléguant que ces derniers ont entièrement négligé leurs activités de gestion en ne réduisant pas les accumulations de combustible par le brûlage dirigé . En général, les attitudes du public vis-à-vis des dédommagements et des risques changent et ceci peut entraîner des coûts plus importants pour le contrôle des feux.
Sur une note plus positive, la question d'une coopération inter-services en période de désastre (c'est-à-dire de grands incendies) est abordée et des structures de commandement, des termi- nologies et des procédures opérationnelles uniformes sont maintenant introduites.
La mise à feu par voie aérienne est employée pour les brûlages dirigés afin de réduire les accumulations de combustible . De petits projectiles incendiaires chimiques sont amorcés et dispersés automatiquement, faisant que de nombreux petits feux contrôlés peuvent être initiés sur de grandes surfaces (plus de 4 000 ha) en l'espace de quelques heures . Des massifs forestiers sont découpés en zones de façon à ce que des surfaces à quantité réduite de combustible soient stratégiquement réparties sur le massif et ces surfaces sont périodiquement brûlées à la rotation de 5 à 8 ans . Dans quelques États, le programme de brûlage annuel par mise à feu dirigée est organisé de façon à ce que les incendies naturels n'aient que des occasions limitées de s'alimenter en combustible lourd avant de passer sur des surfaces pauvres en combustible .
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Il ne serait pas convenable de clore ce chapitre sans faire mention de quelques changements technologiques car ceci a été le fait le plus important dans les aménagements de gestion opérationnelle du feu ces quinze dernières années . Pour renforcer le rôle de l'aviation, des détecteurs à infrarouge sont maintenant employés pour observer et relever la position des fronts de feu . Ces informations sont transmises électroniquement aux centralisateurs au sol des informations sur l'incendie, rendant possible l'établissement de meilleures tactiques de lutte et leur exécution . Les satellites sont utilisés pour contrôler la dessiccation du combustible des zones pastorales et les progrès en technologie des ordinateurs permettent de simuler les développements de l'incendie et ainsi d'apporter une contribution pour la planification de la prévention.
LE BIEN-FONDÉ DES APPROCHES AUSTRALIENNES DE GESTION DES INCENDIES DE FORETS À D'AUTRES PAYS
L'Australie a développé ses propres approches de la gestion des incendies de forêts ; après que beaucoup aient été transférées à d'autres pays, rien n'a été adopté sans de soigneuses considérations sur les caractères appropriés et les coûts . Le résultat est un système qui est efficace en pratique et en coût . Les principes essentiels des systèmes australiens sont d'être basés sur une bonne connaissance du développement du feu et que les équipements utilisés sont relativement peu sophistiqués (en partie parce qu'il n'y avait jamais une grande quantité d'avions militaires de surplus pouvant être employés pour combattre les incendies) . Il serait possible aux forestiers des autres pays, qui développent des systèmes de gestion des incendies, d'apprendre de ces démarches suivies par l'Australie pour développer leurs propres systèmes.
Dans le passé, les chercheurs forestiers australiens ont développé des systèmes d'évaluation du risque d'incendie se référant à des études du développement du feu pour l'emploi dans des pays en développement et ils pourraient le faire de nouveau à la demande.
Des voyages d'études sur les incendies ont été organisés par le Centre de Coopération international de Recherches (CSIRO) ou par le Département de l'Industrie des Ressources de Base A Canberra . Généralement ceux-ci se déroulent fin printemps (novembre/décembre) avant que la saison du feu n'atteigne son point culminant ; ceci est une période pratique pour de nombreux pays de l'hémisphère Nord qui connaissent alors leur « hors-saison » . Soyez cepen- dant averti que la plupart des Australiens ne parlent que leur propre forme d'anglais et que des interprètes peuvent être nécessaires pour les visiteurs non anglophones.
N .P . CHENEY Principal Research Scientist CSIRO BUSHFIRE RESEARCH UNIT
PO Box 4008 Queen Victoria Terrace CANBERRA ACT 2600
AUSTRALIE
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