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La production de semences d'arachide en Afrique de l'Ouest

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(1)

La production

semences d'ara

en Afrique de I'

En A frique de l'Ouest, l'emploi de semences d'arachide

de haute qualité est un des moyens les plus efficaces

pour am éliorer la productivité de la culture. Au Sénégal,

on estime que les semences sélectionnées interviennent

pour 35 % dans le gain de productivité escompté.

D'un côté, la semence doit être garante de la stabilité

génétique de la variété. De l'autre, les quantités

de semences à stocker sont importantes

et d'un coût élevé : la qualité de la

conservation est donc essentielle.

A. H. MAYEUX

G ra d -c a , program m e oléoprotéagineux, projet germplasm a ra chide Afrique de l'Ouest (GGP), BP 6 4 7 8 , Dakar, Sénégal

A. DASYLVA

Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), C n b a , BP 5 3 , Bambey, Sénégal

R. SCHILLING

C irad-ca, program m e oléoprotéagineux, BP 5 0 3 5 , 3 4 0 3 2 M o ntpe llier C ed e x 1,

France

L

a q u a lité des semences revêt deu x critères fo n d a m e n ta u x : - la q u a l i t é g é n é t i q u e , q u i s 'e x p r i m e p ar u n e s t a b i l i t é de la variété au cours du temps et qui est le garant du m aintien des qualités in i­ tialement obtenues par sélection ; - les qualités physiologiques, notam­

ment une bonne faculté germinative et des a p t i t u d e s de t o l é r a n c e à certaines contraintes bioclimatiques.

Les particularités

des semences

d'arachide

L 'a ra c h id e est une p la n te presque strictement autogame, ce qui facilite la production de semences ; le m ain­ tien de la pureté variétale au cours des diverses phases de la m u l t i p l i ­

cation ne présente pas de difficultés spéciales, du moins théoriquement. L'arachide a un faible coefficient de reproduction : il faut, selon les varié­ tés et la q ua lité des semences, 80 à 160 kilogrammes de gousses, parfois plus, p o u r ensem encer un hectare. C o m p t e t e n u des r e n d e m e n t s moyens des cultures, le coefficient de m ultiplicatio n est rarement supérieur à 10 et, pour des niveaux de m ultip li­ cation s'adressant à des agriculteurs peu encadrés ou à faible technicité, il peut descendre à 8 ou au-dessous si d'autres facteurs défavorables inter­ v ie n n e n t (sécheresse par exemple). Cela signifie que, chaque année, au moins 10 % des superficies cultivées en arachide doivent être consacrés à la semence, ce qui est considérable. Les quantités de semences à stocker sont d o n c importantes et d 'u n co ût élevé. Leur c o n s e rv a tio n d o it être > t ■

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Sçrnis cfàfrfeebicfe en zone-sohélienne. ■' |

(2)

de

chide

Ouest

Semences d'arachide décortiquées en magasin réfrigéré (Sénégal). C liché C irad

réalisée dans d 'e x c e lle n te s c o n d i ­ tions car il est d ifficile de prévoir des réserves de sécurité très larges ; une détérioration de la qualité, en cours de s to c k a g e , a b o u t i t à une d i m i ­ nution des surfaces ensemencées qui c o m p ro m e t so uv e nt g ra v e m e n t les objectifs de production.

Choix d'un schéma

de multiplication

En A friq ue , la cu lture de l'a ra c hid e est en général menée par des e xp lo i­ tations fam iliales d'assez fa ible sur­ face. Les agriculteurs conservent des semences personnelles d 'u n e année sur l'autre, mais il n'est pas souhai­ table que celles-ci représentent une proportion trop élevée : le fait de ne pas utiliser des semences sélection­ nées entraîne une baisse progressive de p r o d u c t i v i t é . Les s e m e n c e s conservées par les agriculteurs sont s o u m is e s à des f l u c t u a t i o n s très g ra n d e s p o u r p lu s i e u r s r a is o n s : dégâts d 'in s e c te s , réco ltes in s u f fi­ santes, immatures, vente de toute la récolte car les cours d'achat sont éle­ vés. L 'e x p é r ie n c e m o n t r e q u 'u n e o r g a n i s a t i o n de la d i f f u s i o n des se m e n c e s est n é c e s s a ire , a v ec la généralisation du système de prêt des semences, remboursable à la récolte avec un intérêt qui couvre les frais de

l'organisme semencier ou de la struc­ ture semencière privée.

Nous estimons que l'a g ric u lte u r ne devrait pas garder plus de 20 à 25 % de ses besoins en semences et q u 'il f a u t t e n d r e ve rs u n e d i s t r i b u t i o n totale de semences contrôlées. Ceci est confirmé par la chute de p roduc­ t iv ité enregistrée dans les pays q ui n 'ont pu maintenir un contrôle systé­ matique du capital semencier.

Trois méthodes

Dossibles pour

a multiplication

semencière

Redistribution des prêts

de semences en nature

U n e p re m iè re m é th o d e c o ns is te à redistribuer en nature les re m b o u r­ sements des prêts de semences de l'a n n é e p ré c é d e n te . L 'a g r ic u lt e u r ren d, sur sa r é c o lte , une q u a n t ité d 'arachides é qu iva len te à c e lle des sem ences q u i lu i o n t été fo u r n ie s p o u r la cam pagne, plus un intérêt, é galem ent en nature. La q u a lité de ces semences remboursées est d if f i­ c i le à c o n t r ô le r , c a r il s 'a g it d 'u n g ra nd n o m b r e de p e tits lots. C eci im p liq u e d o n c un p ersonnel n o m ­ breux, formé à reconnaître très rapi­ dem ent la qualité des arachides lors de la liv r a is o n a fin d 'é l i m i n e r les mauvais lots. Cette méthode ne per­ met pas de sécuriser durablem ent le capital semencier.

Production des semences

par des agriculteurs

multiplicateurs

U ne d e u x iè m e m éth od e consiste à f a i r e p r o d u i r e c h a q u e a n n é e l'ensemble des semences nécessaires par des exploitations multiplicatrices d o n t la p ro d u c tio n est s tric te m e n t c o n t r ô l é e à to u s les stades. C ette m é t h o d e est s u i v i e au sud du

(3)

transformation de l'a ra ch ide

Pyramides de semences d'arachide sous bâche pour traitement insecticide gazeux, (Sénégal).

C liché C irad

Sénégal, pour les semences d'arachi­ de de bouche, pour laquelle la q ua li­ té des semences conditionne directe­ m e n t la q u a l i t é de la p r o d u c t i o n commercialisée et donc la valeur de la récolte. Les techniques culturales s o n t d if f é r e n te s p o u r les c h a m p s semenciers par rapport aux champs dont la récolte est destinée à l'indus­ trie : c'est une p ro d u c tio n s p é c ia li­ sée.

M ultiplication de semences

à plusieurs niveaux

U ne troisième méthode est intermé­ d ia ire : e lle consiste à organiser la m ultiplicatio n des semences en deux n iv e a u x à p a r t ir des sem ences de base p ro d u it e s par les sta tio n s de recherche.

Le niveau I est assuré par une organi­ sation spécialisée q ui m u ltip lie les semences de base, d ir e c t e m e n t ou par l'in t e r m é d ia ir e d 'u n réseau de producteurs contractuels strictement c o n trô lé s . Il p r o d u it des semences certifiées, de haute pureté et de hau­ te q u a l i t é , en q u a n t i t é é g a le à 10 %, si on admet un coefficient de m u ltip lic a tio n de 10, des semences d'arachide nécessaires.

Le niveau II assure en une année la m u l t i p l i c a t io n de ces semences et p ro d u it la q ua n tité nécessaire pour ensemencer la surface totale d 'a ra ­ chide de l'année suivante. Cette m ul­ t ip lic a tio n est réalisée par des p ro ­ d u c te u r s c h o is is dans les v illa g e s pour leur degré d'équipem ent et leur te c h n ic ité avancée. Un contrat pré­ v o it les normes de qualité auxquelles le u r r é c o lt e d o i t s a t is f a ir e p o u r q u ' e l l e s o it a c h e té e c o m m e semence ; elles sont m oins sévères que celles des semences certifiées de niveau I. L'o rg an ism e chargé de la g e s tio n c o m p e n s e l 'a c h a t de ces semences en vendant à l'industrie les arachides que lui livre nt l'ensemble des cu ltiv a te u rs en rem boursem ent des semences prêtées avec un taux d'intérêt de l'ordre de 25 %.

Le système à

Dlusieurs niveaux,

e mieux adapté

aux conditions

africaines

En Afrique, le système de production à p lu s ie u r s n iv e a u x est le m ie u x adapté p o u r a b o u tir aux q ua ntité s requises et m a in te n ir la q u a lité du p r o d u it ju s q u 'à u t i li s a t i o n f in a le , même si la semence distribuée n'est pas obtenue en une seule génération de semences de base.

Normes de culture et de

contrôle de la production

semencière de niveau I

La f i g u r e 1 i n d i q u e les q u a n tité s moyennes de semences en coque et les superficies requises pour aboutir, en cinq ans, à une production d'e nvi­ ron 10 000 tonnes à partir d'u n hec­ tare de p ro d u c tio n de semences de base.

La c u l t u r e c o m p o r t e un c e r t a in n o m b re de thèm es te c h n iq u e s q ui obéissent à des exigences précises.

(4)

transformation de l'a ra c h id e

Les contrôles individuels portent sur les points suivants :

- les moyens de travail du m u ltip li­ cateur semencier (cheptel, matériel) ; - le c h a m p s e m e n c i e r ( s u r fa c e , caractères agropédologiques, antécé­ dents culturaux, etc.). S'il convient et si le contrat est correctement honoré, il sera b o r n é et m is en r o t a t i o n permanente ;

- la q u a l i t é et la c o n f o r m i t é des semences mises en terre (rendement au décorticage, tri, traitements fongi­ cides et insecticides) ;

- l'exécution du semis (date, h u m id i­ té du sol, p r é p a r a t io n du te r r a in , écartements et profondeur de semis) ; - l'e ntre tien de la c u ltu re (binages, fumure, amendements) ;

- l'é p u r a tio n (arrachage des pieds non conformes) ;

Figure 1. Multiplication de semences sélectionnées à plusieurs niveaux pour un programme industriel de 10 000 tonnes. Pour l'arachide, on distingue généralement 2 niveaux (N) et 3 générations (R = reproduction) pour aboutir aux quantités requises.

- la réco lte (état de m atu rité, date, conduite du séchage) ;

- la qualité du p ro du it à la collecte, qui permettra de retenir ou de rejeter le lot et, donc, d'attribuer ou non une prime de m ultiplication.

Les contrôles de qualité semencière se font sur échantillons. Un examen r a p id e est e f f e c t u é s u r p la c e au m o m en t de la livraison ; un d o u ble de l'é c h a n t illo n est c o n s titu é p o u r être analysé plus tard en laboratoire. Ce premier examen porte sur la pro­ preté, la maturité et la pureté variétale. La p ro p re té re c o u v re l'a b s e n c e de c a i l l o u x , de te rr e , de tig e s et de débris divers. Ce contrôle est facilité par une bonne organisation du point de c o lle c te , en o b lig e a n t les lots à passer d 'a bo rd au crible, ou m ieux, au tarare à moteur ; cela permet d 'é li­ m in e r en plus les gousses vide s et mal remplies.

Pour la maturité, une estimation rapi­ de peut être faite en pesant un v o lu ­ me de gousses de 20 litres et en se référant à la n o rm e é ta b lie p o u r la variété considérée. Les lots in s u ffi­ s a m m en t denses sont déclassés en s e m e n c e s de n iv e a u i n f é r i e u r (niveau II ou de vulgarisation). La pureté variétale est estimée sur un m i n i m u m de 2 0 0 g r a m m e s de gousses b ig ra ine s prises au hasard dans l'é c h a n t illo n . Cela p erm et de déclasser les lots d o n t la pureté est inférieure à la norme, généralement 98 % pour le niveau I.

La s u it e de l 'a n a l y s e a p o u r b u t d 'ide ntifie r les stocks susceptibles de servir de semences l'année suivante et d'en évaluer la qualité semencière, qui comm ande la valeur culturale de l'année. Sur échantillons individuels d'u n kilogram m e de coques, le taux de p ro p r e t é , la d e n s ité a p p a re n te (p o id s d 'u n lit r e de gousses) et la pureté variétale sont pris en considé­ r a tio n . O n d é t e r m in e e n s u ite , sur 10 % des échantillons pris au hasard, le rendement au décorticage, le ren­ d e m e n t en graines de semence, le poids de 100 graines de semence, le n o m b re de g raines de sem ence au k i l o g r a m m e de g ou sses.

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transformation d e l'a ra ch id e

S e m ences o rd in a ire s S e m e n c e s s é le c tio n n é e s

Réchauffage i progréssif vente en graines de confiserie distribution aux agriculteurs, traitement fongicide

Figure 2. Fabrication des semences sélectionnées.

Ces indications sont complétées par un test de g e r m in a tio n . Il est alors possible de d é fin ir avec une p ré c i­ s io n s a t is fa is a n te la q u a n t i t é de semences nécessaires aux emblave- ments (appelée valeur culturale VC), la f a c u l t é g e r m i n a t i v e é t a n t e x p r im é e p a r le p o u r c e n t a g e de g ra in e s g e rm é e s après 72 heu re s (figure 3).

Figure 3. Calcul de la valeur culturale VC.

Densité recherchée x Poids 100 graines semées (g) x 10

VC = - —

---Rendement au décorticage (%) x ---Rendement en semence (%) x Faculté germinative (%)

Mise en place du niveau II

Le niveau II réalise en une année la production des semences nécessaires p o u r l 'e n s e m b l e des s u rfa c e s à e m b l a v e r l 'a n n é e s u iv a n t e , s o it 1 0 0 0 to n n e s e n v i r o n p o u r 10 000 hectares d 'a ra c h id e au pro­ ducteur. Il occupe 10 à 15 % des sur­ faces totales. Il est réalisé, comm e le niveau I, par des paysans c o n tr a c ­ tuels choisis dans des villages ou des coopératives situés près des magasins de stockage. O n admet qu'une baisse de la qualité est possible par rapport a u x s e m e n c e s de n iv e a u I e t on accepte pour les semences de niveau 11 un taux de pureté inférieur (95 %). En e f fe t , la p r o d u c t i v i t é est peu influencée et la récolte issue de ces semences est destinée à la consom ­ m a tio n ou à la c o m m e r c ia lis a t io n dans le circ u it général. Les normes de c o ntrôle seront d on c allégées et les surfaces autorisées par a g r ic u lte u r contractuel augmentées.

Stockage,

conservation et

conditionnement

des semences

améliorées

Séquences des opérations

La production des semences amélio­ rées (graines décortiquées et traitées prêtes à l'e m p loi) ou conservées sur u n e p lu s lo n g u e d u ré e im p o s e le re c o u rs à des t e c h n iq u e s p a r t i c u ­ lières q u i o n t de n o m b re u x points comm uns avec la filière arachide de bouche (figure 2). O n évite ainsi les inconvénients liés aux semences en coque d o n t la masse v o lu m iq u e est très fa ib le (180 à 300 kilogram m es par m ètre c u be ), le r e n d e m e n t en graines de semences faible (50 % en moyenne) et la mise en terre effective incontrôlable.

(6)

transformation d e l'a ra ch id e

Greniers traditionnels de stockage des gousses d'arachide (Afrique de l'Ouest)

C liché C irad

Conservation en magasins

réfrigérés

Ce mode de stockage, qui est le plus a n c ie n , assure u n e c o n s e r v a t i o n assez lo n g u e des g ra in e s t o u t en maintenant leur faculté germinative. A titre d'exem ple, un complexe réfri­ géré d'u ne capacité de 700 tonnes a été c o n s t r u i t en 1 9 7 5 au n o rd du Sénégal pour un stockage de longue durée ; l'o b je c tif était de compenser les déficits de la p ro du c tion semen­ cière tels que ce pays en avait subi à la suite de graves sécheresses. Les durées et les c o n d it io n s de conser vation sont :

- p o u r 18 m o is , une t e m p é r a tu r e c o m p ris e e ntre 0 et + 2 °C et une h u m i d i t é r e l a t i v e de l ' o r d r e de 60-70 % ;

- pour 6 mois, une température c o m ­ prise entre + 4 et + 6 °C et une h u m i­ dité relative de l'ordre de 60-70 %. D a n s la p r a t i q u e , ces d u r é e s de conservation peuvent être dépassées sans risque. Des semences c o ns e r­ vées p e n d a n t 2 ans à + 6 °C o n t d o n n é des e m b la v e m e n ts co rrects avec une densité moyenne de levée de 107 000 pieds par hectare. Un magasin réfrigéré représente un investissement important et nécessite un c o û t de fo n c t io n n e m e n t éle vé.

Des mesures p a r tic u liè r e s d e v r o n t être prises pour le rentabiliser : - v a l o r i s e r au m a x i m u m les s e m e n c e s a in s i c o n s e r v é e s p a r l'organisation de la distribution ; - d im in u e r les charges par l'e x p o r tation en graines d'arachide de co nfi­ serie dans le cas où il serait inutile de faire appel à ces semences, mais où il est nécessaire de renouveler le stock par des graines fraîches.

Un ce rta in n o m b re de p ré c a u tio n s doivent être prises lors de la sortie du magasin pour valoriser au m aximum ces semences :

- d é s to c k a g e au d e r n i e r m o m e n t a v a n t la p é r io d e de s e m is c a r, c o m m e toutes les graines d é c o r t i ­ quées, elles perdent rapidement leur pouvoir g erminatif ;

- acclim atation progressive du stock aux conditions atmosphériques exté­ rie u re s (te m p é r a tu r e et h u m id ité ) avant de le sortir du magasin car une sortie brutale entraîne ra it la fo rm a ­ tio n d'e au de c o n d e n s a tio n sur les graines.

Semences décortiquées,

enrobées, prêtes à l'emploi

D e n o u v e l l e s t e c h n o l o g i e s s o n t m ainten an t développées pour am é­ liorer la gestion et la sécurisation des semences, à c o u rt terme, sans pré­ senter les inconvénients de la réfrigé­ ration. C'est le cas de la p roduction de semences décortiquées enrobées, c o ns e rv é es en sacs é ta n c h e s sous atmosphère neutre et prêtes à l 'u t ili­ sation. Elle a de multiples avantages. Le c u ltiv a te u r dispose de semences de q u a lité d o n t la v a le u r c u ltu r a le stable c o nd uit à un potentiel de pro­ d u c t i o n é le v é , m ê m e a p rè s u n e année de sécheresse, contrairement à ce qui se p ro d u it avec les semences en coque. Les semences sont parfai­ t e m e n t e n r o b é e s d 'u n m é la n g e fo n g ic id e - in s e c tic id e e ffic a c e ; les graines sont dénaturées par le traite­ ment fongicide d'enrobage et ne peu­ vent par conséquent être détournées au profit de l'alim entation directe.

(7)

transformation d e l'a ra c h id e

Un projet de collection centrale de l'arachide

en Afrique de l'Ouest

La nécessité de la sélection et de la co nservatio n génétique du matériel végétal

La sélection de variétés améliorées a d'abord été orientée sur l'am élioration du rendement, puis les recherches se sont diversifiées, visant la tolérance aux stress biotiques et abiotiques ainsi que les caractéristiques des produits en fonction de leur utilisation. Si certains pays, comme le Sénégal, le Nigeria et le Burkina Faso, continuent à créer du matériel végétal, de nombreux pays se contentent d'utiliser les mêmes variétés depuis très longtemps ; la pression du milieu et de la demande a provoqué dans ces conditions des modifications importantes des caractéristiques variétales.

La création du projet germplasm arachide pour l'Afrique de l'Ouest

Pour mieux répondre à ces nouvelles contraintes, le projet germplasm arachide (Groundnut Germplasm Project, GGP) a été mis en place en Afrique de l'Ouest en juin 1996 (agence d'exécution principale : Centre sahélien de l'Icrisat, BP 12404, Niam ey, N iger ; Chef de projet C irad-ca, BP 6478, D akar-E toile, Sénégal). C'est un projet régional de conservation, d'évaluation et de diffusion du matériel végétal arachidier et de production et distribution de semences de base. Ce projet, commandité par le Groupe intergouvememental pour les oléoléagineux et matières grasses (IGG/OOF) de la Fao, est exécuté par l'institut international de recherche sur les cultures de zones tropicales semi-arides (lcrisat) avec la collaboration de l'institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) et du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

L'objectif du projet GGP

Les objectifs fondamentaux sont de constituer une collection centrale des variétés et du matériel végétal arachide en Afrique de l'O u e s t et de le rendre accessible aux programmes na tionaux. Le p ro je t assure également le lien entre les programmes de sélection et les organismes chargés de la multiplication semencière.

Le projet s'appuie sur l'expertise régionale, pour le criblage de la collection détenue par le Centre sahélien de l'Icrisat (6 000 variétés). Les services nationaux de recherche agricole (Snra) présentant des conditions environnementales spécifiques sont sollicités pour identifier les variétés vis-à-vis de la tolérance aux stress. Les Snra concernés par l'am élioration variétale de l'ara chide, sans tou tefo is disposer d 'un programme de sélection, reçoivent du matériel végétal qui est testé dans leurs propres conditions agroclimatiques.

Les six composantes du projet

Le projet s'articule autour de six composantes :

- collecte, maintenance et conservation du matériel végétal ; - caractérisation et évaluation de la collection ;

- multiplication du matériel végétal ; - formation ;

- transfert de technologie ;

- coordination régionale et internationale.

Le projet participe aux réflexions en cours sur les nouvelles politiques semencières, rendues nécessaires par le mouvement général de libéralisation et de privatisation de ce secteur.

Communication

Le projet édite une lettre d'information semestrielle bilingue fra nçais-anglais : Pro je t g e r m p l a s m a r a c h i d e , b u l l e t i n

d 'in fo rm a ti o n / G r o u nd n u t Germplasm Project, newsletter,

(GGP, BP 6478, Dakar, Sénégal ; adresse électronique : [email protected]).

Le P r o j e t G e r m p l a s m A r a c h i d e

Un Projet de Conservation Evaluation et Diffusion

G r o u n d n u t G e r m p l a s m P r o j e c t

arachide en Afrique de I'

Ce Pro

sen place. L'objectif

du matériel végétal

Ht afin de le» aider a rachide et la durabilité

Maiièret. grasses (IGG/OOF) de la FAO et financé par le Fonds Commun pour les Produits de Base (CFC). est confié à l'International Crups Research Institute for the Setni-Arid Tropics (lCRISATi avec I' institut Sénégalais de Recherches Agricoles t ISR A i et le Centre de Coopération Internauonale en Recher­ che Agronomique pour le Développement (CIRAD)

représentée dans un Comité de Pilotage. I* Conférence des Responsables de Recherche Agronomique

Le Projet bénéficiera des compétences scientifique réunie* sur les deux sues que sont le Centre de rt

cherche de l’ISRA à Bambcy au Sénégal et I

This project, sponsored by the Inter-Govemmental Group on Oilseeds. Oils and Fats (IGG/OOF) of the «(FAO) is financed «(CPC). This

(8)

transformation de l'a ra c h id e

Greniers traditionnels de stockage des gousses d'arachide,

(Afrique de l'Ouest). C liché C irad Tri et d é c o r tic a g e C u ltiv é e s se lo n les schém as c la s ­ siques de m u l t i p l i c a t i o n , p o u r les semences sé lectionnées, ou p ré le ­ vées sur des p ro d u c tio n s de bonne q u a l i t é , p o u r les s e m e n c e s o r d i ­ naires, les semences en co qu e sont décortiquées et triées. Ces deux opé­ r a tio n s p e u v e n t se fa ir e en p e tits chantiers (décortiqueuses à main et tri manuel) ou en ateliers industriels. Aussitôt après la fumigation insectici­ de, d o n t on d im i n u e les doses de 30 % puisqu'on opère sur un produit décortiqué, les graines sont enrobées d 'u n mélange in s e c tic id e -fo n g ic id e pulvérisé sous form e liq u id e . A ces fo rm u la tio n s liquides spéciales non humidifiantes et à fort pouvoir adhé­ sif, on a jo u te un c o lo r a n t b le u ou rouge foncé signalant aux utilisateurs le c a r a c t è r e n o n c o m e s t i b l e des g ra in e s . Les g ra in e s s o n t a u s s itô t séchées par passage dans un tunnel ventilé avant d'être ensachées.

C o n d itio n n e m e n t final

Le type d'ensachage et de c o n d itio n ­ nement final est fonction de la durée de conservation recherchée. Pour un stockage de courte durée (6-8 mois) les semences sont stockées dans des sacs en p o l y é t h y l è n e à p re s s io n atm o sph ériqu e n orm ale. O n utilise un film p o ly é th y lè n e s u ffisam m en t

épais ayant à la fois une bonne résis­ t a n c e m é c a n i q u e et u n e f a i b l e p erm é a b ilité aux gaz. Les sacs sont scellés à chaud après remplissage à 2 5 -3 0 kilo g ra m m es et stockés dans un m a g a s in s t a n d a r d . P o u r un s t o c k a g e de p lu s l o n g u e d u r é e (1 0 à 20 m o is ) les g r a in e s s o n t stockées dans des emballages à fort e ff e t b a r r i è r e , sous v i d e ou sous a tm o s p h è re m o d if ié e . Les e m b a l ­ lages u tilisé s sont des sacs en film com posite — film a lu m in iu m inclus dans deux film s de p olyéthylène ou inclus entre un film de polyéthylène et une feuille de papier kraft — pla­ cés dans un sur-emballage en carton. D e u x ty p e s de c o n d i t i o n n e m e n t peuvent être effectués après remplis­ sage et avant fermeture par th e rm o ­ collage : soit l'em ballage sous vide, s o it l ' é v a c u a t i o n de l ' a i r a v e c compensation par injection d'u n gaz inerte du type N 2 ou C 0 2.

Ces opérations de c o n d itio n n e m e n t se font automatiquement à la m achi­ ne et il ne reste plus q u'à fermer les cartons de sur-em ballage et les é ti­ q u e t e r . Les c a r t o n s r e m p l i s s o n t ensuite entreposés dans des magasins s ta n d a rd , b ie n v e n tilé s . P our une c o n s e rv a tio n de 20 m o is ou plus, n o t a m m e n t l o r s q u ' i l s 'a g it de semences de base de co ût élevé, on peut préférer le stockage en entrepôt climatisé. Dans tous les cas, ce type de c o n d i t i o n n e m e n t p e r m e t une e x c e lle n t e c o n s e rv a tio n . La seule précaution est d'éviter les attaques de rongeurs en protégeant les ouvertures d 'a é r a t i o n des m a g a s in s p a r des grillages à petites mailles. Les résul­ ta ts o b t e n u s au S é n é g a l p o u r la c o n s e r v a t io n de s e m e nc e s d 'a r a ­ chide décortiquées, sous atmosphère m o d ifié e (30 % de C 0 2) en c o n d i­ tions anoxiques sont les suivants : - p r o t e c t i o n p h y s i q u e p ar

l'em ballage entre les facteurs e n v i­ ronnementaux ;

- éra dicatio n totale de la bruche de l ' a r a c h i d e a p rè s 7 à 13 j o u r s de conservation ;

- coûts d 'e m b a lla g e inférieurs à la technique de conservation sous vide simple ;

(9)

transformation d e l'a ra ch ide

- accessibilité du C 0 2 supérieure à c e lle du N 2 p o u r la c o n s e rv a tio n sous atmosphère modifiée ;

- conservation optim ale du potentiel g e r m i n a t i f a u t o u r de 90 % après 36 mois ;

- facilité de mise en œuvre de cette technologie à grande échelle. En c o n c lu s io n , ces nouvelles te c h ­ nologies de c o n d itio n n e m e n t et de stockage, expérimentées au Sénégal, sont adaptées pour mettre en place des u n ité s re n ta b le s s p é c ia lis é e s dans la production de semences en Afrique et en Asie, que ce soit pour l 'a r a c h i d e c o m m e p o u r d 'a u tr e s cultures.

Pour en savoir plus

DPCS (D ire ctio n de la p ro d u ctio n et du c o n t r ô l e des s e m e n c e s ), 1 9 7 3 à 1 9 8 3 . R a p p o r ts a n n u e ls . DPCS, m i n i s t è r e de l'agriculture, Dakar, Sénégal.

O lé a g in e u x , 1 9 8 3 . Les se m e n c e s d ' a r a h i d e . N u m é r o s p é c ia l d e la r e v u e Oléagineux 38 (2), 160 p.

Réseau arachide de la Coraf (Conférence des r e s p o n s a b le s de r e c h e r c h e a g r i c o l e d'Afrique de l'Ouest et du Centre), 1991. Actes du séminaire sur les semences d'arachide, 23- 26 ja n v ie r 1991, Dakar, Sénégal. Cirad-ca, M o n t p e l l i e r , F ra n ce ; C o r a f , D a k a r, Sénégal, 81 p.

R O U Z IE R E A ., 1 9 8 6 . S to c k a g e des s e m e n c e s d ' a r a c h i d e d é c o r t i q u é e s en atmosphère contrôlée. I- Essais préliminaires 1 9 7 9 -1 9 8 2 . O lé a g in e u x 41 (7) : 3 3 9 -3 4 4 ; II- Essais de p r é v u lg a r is a t io n 1 9 8 3 - 1 9 8 5 . Oléagineux 41 (11) : 507-518.

S C H IL L I N G R., 1 9 9 7 . L ' a r a c h i d e en Afrique tropicale. Paris, France, Maisonneuve e t La ro se , c o l l e c t i o n Le t e c h n i c i e n d'agriculture tropicale, 171 p.

S e r v ic e s e m e n c ie r du m in is t è r e de l'agriculture, 1973 à 1980. Rapports annuels. Service semencier, ministère de l'agriculture, Dakar, Sénégal.

Résumé... Abstract... Resumen

A. H. MAYEUX, A. DASYLVA, R. SCHILLING — La production de semences d'arachide en Afrique de l'Ouest.

En Afrique de l'Ouest, l'emploi de semences d'arachide de haute qualité est un moyen efficace pour am élio rer la productivité de la culture. Les semences obéissent à des c ritè re s de q u a lit é g é n é t iq u e et p h y s io lo g iq u e . Si l'arachide est une plante presque strictement aulogame, ce qui facilite la production de semences, elle a un faible c o e f fic ie n t de r e p r o d u c tio n : ou m o in s 1 0 % des su p erficie s en a ra c h id e d o iv e n t ê tre consacrés à la se m en c e. Les q u a n tité s de sem ences à sto cker sont importantes et d'un coût élevé. Trois types de schéma de multiplication sont décrits ; celui à plusieurs niveaux — se m en c es de b ase , c e rt if ié e s et de v u lg a r is a t io n , intervention des stations de recherche et d'un réseau de producteurs contractuels — est retenu pour les conditions d'Afrique de l'Ouest. L'article décrit les normes de culture et de contrôle de la production et la mise en place concrète des différents niveaux. Le stockage, la conservation et le conditionnement des semences améliorées sont présentés, en particulier la séquence des opérations, les conditions de la conservation en magasins réfrigérés et les techniques de tri, d'enrobage et de conditionnement des semences décortiquées, enrobées et prêtes à l'emploi.

Mots-clés : arachide, semence, multiplication, stockage, co n d itio n n em e n t, conservation, S én ég al, A friq u e de l'Ouest.

A. H. MAYEUX, A. DASYLVA, R. SCHILLING — The production of groundnut seeds in W est Africa. In West Africa, using high quality groundnut seeds is an effective way of improving crop yield. These high quality seeds h a v e b e e n se le c te d f o r t h e i r g e n e tic and physiological characteristics. Although the groundnut is almost exclusively self-pollinating, which facilitates seed production, it has a low reproduction coefficient and at least 10% of land used for growing groundnuts has to be set aside for seed production. Large quantities of seed need to be stored, which is expensive. Three propagation methods are described. The multi-level method, where seeds are certified and distributed and which involves research stations and a network of contract growers, has been adopted for conditions in West Africa. The article describes the standard cropping practices and production controls as w ell as the establishm ent of the d iffe ren t levels. The storage, conservation, and conditioning of the improved seeds are described. Details are given of the sequ en ce o f o p e ra tio n s , c o n serva tio n conditions in re frig e ra te d shops, and of the sorting, dressing, and c o n d itio n in g te c h n iq u e s used f o r s h e lle d dressed ready-to-sow seeds.

Key w ords: g ro u n d n u t, seed, p ro p a g a tio n , sto rage, conditioning, conservation, Senegal, West Africa.

A. H. MAYEUX, A. DASYLVA, R. SCHILLING — La producción de semillas de cacahuete en Africa occidental.

En Africa occidental, el empleo de semillas de cacahuete de a lt a c a lid a d es un m e d io e fic a z de m e jo r a r la p ro d u ctivid ad del cu ltivo. Las sem illas responden a criterios de calidad genética y fisiológica. Aunque el cacahuete es una planto casi estrictamente autogama, lo que fac ilita la producción de sem illas, tiene un bajo coeficiente de reproducción, de modo que un minimo del 10% de las superficies de cacahuetes debe ser consagrado a la producción de semillas. Las cantidades que deben a lm a c e n a rs e son cuantiosas y de costo e le v a d o . Se describen tres tipos de esquema de multiplicación, entre los que se ha ad o ptado el de varios niveles (semillas básicas, certificadas y de vulgarización, intervención de las estaciones de investigación y una red de productores contractuales) para las condiciones de Africa occidental. El articulo describe las normas de cultivo y de control de la pro du cció n , así com o la ins talac ió n concreta de los diferentes niveles. Se presentan el almacenamiento, la conservación y el acon d icio n om ien to de las semillas mejoradas, en particular la secuencia de las operaciones, las co n d ic io n e s de c o n s e rv a c ió n en a lm a c e n e s refrigerados y las técnicas de clasificación, recubrimiento y ac o n d ic io n am ie n to de las sem illas descascaradas, recubiertas y listas para el empleo.

P a la b ra s clave: ca ca h u ete , s e m illa , m u ltip lic ac ió n , a lm a c e n a m ie n to , ac on d ic io n am ie nto , conservación, Senegal, Africa occidental.

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