• Aucun résultat trouvé

Maladies et ravageurs du cotonnier en Centrafrique ; expression des dégâts et moyens de lutte

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Maladies et ravageurs du cotonnier en Centrafrique ; expression des dégâts et moyens de lutte"

Copied!
31
0
0

Texte intégral

(1)

Maladies et ravageurs du cotonnier

en Centrafrique :

expression des

dégâts

et 1noyens

de lutte

•· Phytopathologiste, Chef de la Mission de rechercl1es cotonnières et vivrières, de mars 1973 à juillet 1982, à Bangui, actuellement adjoint au Directeur technique LR.C.T. Paris.

*·'

Entomologiste à l'LR.C.T.

(2)

Retour au menu

SOMMAIRE

1. G:ËNÉRALITES

2. LES TECHNIQUES D'l~VALUATION DES DEGATS

3. LES PROBLÈMES DE LEVÊE

La détérioration des semences ... . - Les fontes de semis ... . - Les prélèvements de nourriture des Dipiopodes ... , ... . · · - Conclusions ...•...

4. LES MALADIES ET LES RAVAGEURS DE LA PHASE VEGETATIVE .. - La bactériose et la fusariose du cotonnier ... .

- Le puceron Ap1iis gossypii ... , ... .

- La maladie bleue ... . - Lutte raisonnée contre le puceron et la maladie bleue ... . - L'acariose à Polyphagotarsonemus latus ...•...••..•...•..•

- Les autres ravageurs de la phase végétative ... , ... .

5. LES MALADIES ET LES RAVAGEURS DE LA PHASE REPRODUCTIVE.

- Les différents types de dégâts sur organes fructifères ... .

- Les larves de Lépidoptères ... . - Le Pyrrhocoride Dysdercus vàlkeri ... .

- Les pourritures de capsule ... . - Le devenir des organes fructifères sur des cotonniers sans protection.

6. LA LUTTE CHIMIQUE RAISONNÉE CONTRE LES RAVAGEURS DU COTONNIER ... .

- Les conditions de réalisation des applications ... . - Les principes de la lutte chimique ... , ... , ... .

- Le mode d'application des insecticides au champ ... . - Les matières actives appliquées ... , ... . - La répartition dans le temps des applications insecticides ... . - La pratique des traitements insecticides ... , , . , .. .

7. CONCLUSIONS ...•...

Atmexe 1. - Listes des principaux: micro-0rganismes isolés en Centrafrique dans les différentes parties du cotonnier ... .

Annexe 2. - Maladies attribuées à des virus ou à des mycoplasmes signa-lées sur le cotonnier en Centrafrique ... , , ... .

Annexe 3. - Principaux déprédateurs du cotonnier en Centrafrique .... , .. .

Références bibliographiques ... . Pages

5

5 6 6

6

6 7 7

7

8

10

10

11

12

13

13

15

18

19

21

22

22

24

24

26

26

27

28

29

29

30

31

(3)

Retour au menu

'

l 1. .1 :j

j

1

!\EPU!ll .. !QUE C:ENTRAFRlCAlNE

1SOHYEïES Eï REGIONS COiONNIERE S

Rcscc.u e~perime:ntol tt varl~t!s coîonniérc:1

T CHAD

t~=1i11

l].., \ \ \

D5.

&

•\?.OSSANGOA \

/ \ '" HA~ .. Pf N

li-

l

O U\ H

À

M\ \ /

cr,.ulffo

....

-,

--

\

x -,~

:!..?" &OOmm

j

~ & O ' . ) m m I • ' , 1 /' l,IRAO / D! 1 1 o o o m m ~ / .... ~ ... \ ,;,~-/

\

,. ...

-,

,.,.

\., ,-"

"

-

\ ,/

,

__

\

'

>--

--

- - - "'li oornrn (

i

•NDELE _ _..._,,.

~.,.

/ ~ I 1

l

,

...

,

I • ' .... ~ ' •'\ HAUTE_ KOîîO ~ 1 2 0 0

'

-

...

'

1

'

...

1

\

"

,

'

)

...

\ .SOUDAN 1 ) '

,

...

1 .. "' t · \ •I

·'

Î ' -., ... ..i.. ' ,

•• } • BRIA / " \HAUî - M'BOMOU ' ,

·,

.... ~

~

• • i I'>. ,,,... ,,..._ ' • l .,,- ' - - / ' \ _, llAMÏlAhl '' -" __ _, l ... ' • • • • . ,.:_ !I]· . • • '"1 ,.. ,: 1

'I

J

0

Li~.\

f.ï"'~ \ \

Il' ,~....

-(

1'

\sozl~uiM (

LLLt [

t3Jo

! ,,_A - - - V' ' \ \

z,

, ,

Ko',,

::, '

.

"I

BELLA_M PO \.SISUî

I , _ OM '\ ) ~

0'

_,-- '

',J,

~'

__

,___

~,

/

w

f---~-~--

\

BANGUI ,1

~,-

'

...__~

.

.,

1 • •, • • O - . / 1 ' .._ Nqoul•'i]a N'doj:IJW...:-.• • :.J I \ ...

-I-.'A · • ,

J· • · " - ~ , M'BOMOU " ' } ,"!J, , , , j,u,~;,.; :-( I - . , ,

~

"'='~wrron 1 / I ' • , •J ; Â • • • 1 / ' \

Î

.. · · ,

.r •

m .. •• '

.,.,-"

.. -

\

... "'

;<

J ' ' / • > > • • • . . . QO . / ' ... J '"'- ... uO V .B-,S.'-KOITO - - - ~ - ' - . . - ,'T,) ' : · oe~;.: •

.J-- _..,.

1 , o o m m r n mm >'1 ' / \ 1 ' \ 1!,ERSERA~l 1 {" t.OBAYE , \ '-.._~ I • / MeAfKl J \ HAUTE_ / -•- _-_--. _ _ _ _ \ \ SANGHA (

",r--

----,.

\

'~

/ \ ' , , I C O N G O \\

)

,

'

<t '-' Z A \

,

1 '

v

2h•

--... =.

--L.

)

I

...

_

..

l

w-ECHELLE 1/SOOJOCO varl ete':s Cotonnier~ 1

[JJ]

SR1 F4 R E Fig. l.

Â

li]

0

~.,, , 9

5

P

~op1sm

Point d•appull' cxpcl'Î n\ent<1 I

C ClTtrt d~ mullipli~an an

Ferme de. munlpll~al-lon privé

[SJ

.

.

~

SJAil2. 761 .;,. C') > c::::

g

....

I"" :-0 ~ '."' <: ,_ z (") tl1

tl

6'

§

"'

~

,.,.

l",J ~

ïi!

"'

g

'û ë=ï

i

....

\0

Rl

(4)

Retour au menu

Cotons et Fibres tropicales 1982 CAUQUIL J, et P. VINCENS - 5

1. G:ÉNERALITÉS

La culture cotonnière constitue le principal revenu de plus de 150 000 agriculteurs centrafricains. Elle intéresse essentiellement six Préfectures : Basse-Kotto, Ouaka, Kémo, Gribingui, Ouham et

Oulrnm-Pendé, avec un noyau de quelques centaines d'hec-tares à Gambo, dans le M'Bomou. Malgré une pro-duction fluctuante avec un maximum de 58 700 t de

coton-graine en 1969 et moins de 20 000 t en 1982, 1a

fibre de coton demeure l'une des premières exporta-tions de la République Centrafricaine.

Le climat favorable au cotonnier, les sols variés uvec un niveau de fertilité acceptable désignt:nt comme facteur limitant d'une bonne production les maladies et surtout les ravageurs (cf. annexes 1,

2, 3).

Ils sont fort nombreux, aussi dans cette étude

nous ne nous intéresserons qu'aux affections et aux déprédateurs pouvant atteindre le seuil éco-nomique de façon occasionnelle ou permanente ; nous décrirons l'expression de Jeurs dégâts en mfüeu centrafricain et nous signalerons les techniques de lutte les mieux appropriées aux données biologiques locales.

Après avoir expliqué les techniques d'évaluation des dégâts découlant de 8 années d'observation, les trois étapes de la croissance du cotonnier seront envisagées dans cet esprit: la levée, la phase végé.

tative et la phase reproductive. Enfin, dans un der-nier chapitre sera exposée une technique raisonnée de lutte chimique contre les ravageurs qui rendent nécessaire ce mode d'intervention.

2.

LES TECHNIQUES D'ÉVALUATION DES DÉGATS

Depuis 1973, des observations sont faites sur un double réseau de sept Points d'appui

expérimen-taux (P.A.} et de six Fermes semeridères (C.M.)

couvrant la zone cotonnière centrafricaine (cf.

carte 1). En outre, des sondages réguifors en milieu traditionnel nous renseignent sur les dégâts les plus

marquants.

Des observations détaillées sont réalisées sur les parcelles à trois niveaux de protection : ce sont des rectangles de 240 m de long sur 20 m de large,

isolés ou en bordure d'un champ. Ils sont divisés

en

6 bandes de surface égale dans le sens de la longuem·. Les 2 bandes extérieures ne reçoivent aucune pro-tection contre les ravageurs, Jes 2 bandes centrales bénéficiant d'une protection optimale : une applica-tion hebdomadaire durant tout le cycle de végéta-Lion du cotonnier (20 traitements en moyenne); les bandes intermédiaires relèvent de Ja protection re-commandée en milieu traditionnel : 4 à 5 pulvérisa-tions durant la phase de fructification les 78", 92·, 106", 120' jours après 1e semis dans le Centre.Est (Gounouman, Bambari, Grimarl, Guilfa) et les 64',

78<, 92•, 106•, 12{lc jours après les 5emis dans le Nord-Est (Soumbé, Goffo et Poumbaidi).

L'insecticide utilisé de 1973 à 1981 est le mélange ternaire endosulfan, DDT, méthylparathion ('750-750.

250 g/ha). Les pulvérisations sont effectuées avec l'appareil à dos TECNOMA T 15, équipé d'une rampe

horizontale à 4 jets traitant 2 lignes de cotonniers. Ces parcelles permettent de recueillir chaque année une série de renseignements sur le parasi· tisme de la phase végétative et celui de la phase

reproductive :

- pourcentage de plants hébergeant des pucerons à

différentes dates ( 40 X 2 in') ;

- pourcentage de plants présentant des symptômes de maladie bleue trois mois après les semis

(2 X 40 m");

- floraison journalière pendant 10 semaines (2 X

30 m");

- abscission pré et postf!oraie pendant la période de fructification (15 à 20 semaines) : les boutons floraux et les ovaires sont ramassés à terre sur 2 X 30

m'.

Les organes parasités par des che-nilles sont séparés des autres et les larves identi-fiées sont dénombrées;

- état sanitaire des organes en place: chaque

se-maine pendant la période de fructification, un

échantillon de

10

cotonniers est analysé sur les parcelles sans protection. Les boutons floraux, fleurs et capsules sont ouverts et examinés pour déterminer leur état; !es chenilles identifiées sont comptées;

- état sanitaire des capsules à maturité (2 x 30 m')

sur les mêmes portions de lignes que là où est évaluée la floraison. Les capsules récoltées avec leur carpelle sont triées en saines, parasitées par des chenilles, pourries et momifiées. Cette ana-lyse permet d'obtenir aussi le shedding post-floral, le poids moyen capsulaire et le taux de coton jaune ;

- production de coton-graine (2 X 40 m").

De nombreux: sondages sont effectués aussi en culture traditionnelle, afin de connaître l'impact du parasitisme d~ns ce milieu. L'incidence de la maladie bleue et ceIJe de l'acariose y sont évaluées. Des essais de protection insecticide nous permettent de vérifier l'efficacité des formulations recommandées pour la vulgarisation.

(5)

i

1 :

6 -

CAUoUIL

J.

et

P.

VINCBNS Cotons et Fibres tropicales

1982

3.

LES PROBLÈMES DE LEVÊE

L'obtention de plantules de cotonnier saines et bien développées peut être contrariée par trois types de dégâts : la détérioration des semences, les fontes de semis et les mangeures de Diplopodes.

La

détérioration des semences

En Centrafrique, notamment dans la partie cen-trale du pays, une mauvaise germination des graines de cotonnier est souvent observée. La diminution de la valeur germinative des semences est due à leur détérioration sous l'effet conjugué de la chaleur et

de l'humidité ; les réserves lipidiques de l'amande s'oxydent et lèsent l'embryon. En outre, lorsque les téguments sont blessés, les moisissures pénètrent à

l'intérieur de

la

graine et s'y développent.

Une série de sondages faits à Bambari (1967.1970) ont montré que la détérioration des semences est liée à plusieurs facteurs :

- la variété: BJA B 2 perd plus facilement sa faculté germinative que les autres variétés cotonnières ; - la date et le mode de récolte du coton-graine: un ramassage tardif ou par capsules entières· diminue le pouvoir germinatif ;

- le séchage et le stockage du coton-graine avant l'égrenage ;

- l'usinage (égrenage et délintage mécanique) peut b!es~er les graines lorsque les scies sont mal reglees;

- le stockage des graines après l'usinage: éviter la conservation des semences

en

vrac sur une large épaisseur, ensacher après l'opération du poudrage désinfectant. La distribution aux paysans doit être effectuée le plus tard possible, lorsqu'il n'existe

pas de greniers à l'abri de la pluie et de l'humi-dité.

L'étude systématique des semences de cotonnier livrées par les usines d'égrenage en 1970 donne une faculté germinative variant de 32 à 85 %. Sur 55 échantillons examinés, 25 ont un taux. de germina-tion inférieur à 75 %. Chaque échantillon représen-tant la production d'une usine (zones 0, 1 ou 2) est constitué de

10

échantillons élémentaires de

2

à

3 kg. Les tests de germination sont faits sur 5 000 graines en atmosphère contrôlée (25-30 ° C,

100 % H.R.) durant 4 à 12 jours, selon les règles de

l'« International Seed testing Association».

Les observations faites pendant de nombreuses années signalent que des semences de mauvaise qualité sont produites par les usines du Sud du pays où l'humidité.. de l'air est la plus importante. En revanche, les graines provenant du Nord-Ouest (Pende, N'Dim) sont de bonne qualité.

Les semences les meilleures viennent du coton-graine acheté dans les premiers marchés sur des zones ayant bénéficié d'une bonne protection contre les ravageurs. En effet, les piqûres de Dysdercus, les larves de Pectinop1tora ont une action négative sur la faculté germinative.

Les fontes de semis

Les maladies de plantules sont causées par un ensemble de micro-organismes issus de la graine ou vivant dans le sol. Leurs manifestations sont di·

verses : pourriture de graines, destruction totale de plantules avant ou après la levée, lésions de racines ou du collet. Ces dégâts se concrétisent par une den-sité de plants bien inférieure à celle prévue au mo, ment du semis.

Le

complexe parasitaire observé en Centrao:ique comprend essentiellement des champignons :

p ARASITES DE I'RÉÉMERGENCE

hôtes de la graine . : ... Colletotriclium gossypii, Fusarium monilifonne.

hôtes telluriques ... Pytlziunz spp., Rltizactonia solani, Macropliomina pliaseoli, PARASITES DE POSTÉMERGENCE Colletotric1mm gossypii, Rhiwctmûa solani, Macrophomina phaseoli, Alternatia macrospora.

L'agent de la bactériose Xanthomonas

malvacea-rum participe souvent au complexe parasitaire, même chez les variétés considérées comme résistantes à

cette bactérie. Les dégâts sont variables selon les terrains et les années : les plantations de bas.fond, mal drainées, les terres Jourdes, favorisent les fontes de semis durant les années pluvieuses.

Les semences détériorées ayant une faculté germi-native faible sont plus sensibles aux pourritures de graines et au'{ parasites de préémergence que celles qui sont en bon état.

L'enrobage des semences avec un produit fongicide et bactéricide permet de lutter contre ces divers agents pathogènes. En Centrafrique, les composés organa.mercuriques sont utilisés depuis une vingtaine d'années (acétate et chlorure de phénylmercure). Ce-pendant, ces sels utilisés en poudrage sont très dangereux pour l'homme et les animaux à sang chaud, ils peuvent être remplacés par d'autres composés moins nocifs

et aussi efficaces :

difolatan, thirame, captane.

Les prélèvements de nourriture

des Diplopodes

Ces mille-pattes parasites appartiennent tous à la classe des Myriapodes, ordre des Dlplopodes. Les quatre espèces rencontrées en Centrafrique et déter-, minées par PIERRA.RD sont de

la

famille des

Odon·

topygidés: - Peridontopyge sclzoutedeni; - Haplothysanus ealanus; - Haplothysanus oubanguiensi.s;

-

Tibiomus

gossypii. -~- .--: ----::

(6)

·-Retour au menu

Cotons et Fibres tropicales 1982

Les Diplopodes s'attaquent aux semences de coton-nier dès Jeur mise en terre, pour se nourrir. Ils per-forent les téguments au niveau du hile et pénètrent rlans la graine pour manger l'amande ; ce type de dégât empêche la germination. Lorsque la ,graine a ncrmé, les mangeures se portent sur la radicule et la gemmule

et

le plus

souvent

des agents de pour-riture se développent sur les plaies, provoquant la mortalité avant l'émergence de la jeune plantule. Lorsque la sortie de terre a eu lieu, les ravages se situent sur le collet ou la tigelle qui sont rongés et sectionnés ; des micro-organismes saprophytes se développent à ces niveaux et la mortalité des coton-niers dépend de l'importance des prélèvements de nourriture,

Les Diplopodes sont localisés sur Jes terrains ayant porté l'année précédente, soit des jachères à Petmi-setum purpureum, soit du riz pluvial ou de l'arachide.

La lutte la plus efficace consiste à enrober les semences avec un insecticide du sol : aldrine, dîcl-drine, heptachlore. Ce sont des composés organo· chlorés dangereux à manipuler.

Conclusions

Dans la pratique, pour qu'une bonne levée· ait lieu

après les semis, trois conditions doivent être res-pectées:

1) disposer de semences à bon pouvoir germinatif ; il faut pour cela garder les graines issues des pre-miers marchés et produites ·dans des zones pro-tégées contre les ravageurs du cotonnier;

CAUQUIL J. et P. VINCBNS - 7 2) conserver ces semences dans les meilleures condi. Uons ~ mise en sac, stockage à l'usine, greniers aménagés dans les villages ;

3) avant et après leur émergence, protéger les plan. tules des micro-organismes et des Diplopodes. Le moyen le plus efficace est l'enrobage des graines avant les semis avec un mélange binaire insecti-cide-fongicide,

En réalité, les achats de coton-graine obéissent plus souvent à des impératifs logistiques que techno-logiques, les zones susceptibles de donner les meil-leures semences ne sont pas forcément traitées en priorité ; c'est dommage, car la fibre produite serait aussi de bonne qualité. Le stockage, l'enrobage et la

mise en sac ne sont pas effectués comme ils de-vraien t. Réalisé par un poudrage au Gamoran, mé-lange d'un organo-mercurique et d'heptachlore (0,3 à 0,5 % ), l'enrobage n'utilise des tambours rotatifs que dans de rares cas (usines de Bambari et de Gri-mari). Le plus souvent, le produit est mélangé aux semences par incorporation dans les vis sans fin des goulottes de transport, à la sortie des égreneuses. Dans certaines usines, le mélange est fait à la pelle, avant la mise en sac. Le résultat est une mauvaise répartition du désinfectant, d'autant que le déHntage mécanique des graines n'est pas toujours réalisé. Au niveau des villages, la conservation des se-mences laisse souvent à désirer, car les greniers de conservation sont encore peu nombreux.

En Centrafrique, la climatologie favorise la dété-rioration des semences et les fontes de semis; il est clone nécessaire, pour obtenir une bonne levée, de respecter les règles permettant de réduire ces dégâts.

4.

LES MALADIES ET LES RAVAGEURS DE LA PHASE VJ!GETATIVE

Deux affections

dues

à des micro-organismes ont

eu dans le passé une incidence économique sur la culture cotonnière: la bactériose et la fusariose. Elles ne sont actuellement que mauvais souvenirs, grâce à l'obtention de variétés génétiquement

résistantes.

Les ravageurs du feuillage sont nombreux : dix espèces sont couramment observées et certaines peu-vent avoir un impact sur la récolte de coton-graine. Il s'agit d'un Acarien : Polyphagotarsonemus; de deux Miridés: Helopeltis, Lygus; de quatre Homop-tères : Empoasca, Pallrocephala, Bemisia, Aphis, et de trois larves de Lépidoptères: Spodoptera, Cos,no-phila et Sylepta (cf. Annexe 2).

Les dommages causés sont le plus souvent directs, mais certaines espèces jouent un rôle de vection,

Aphis, Bemisia, Paurocepllala pouvant transmettre une maladie attribuée à un virus ou à un myco· plasme. Nous allons aborder successivement les pro-blèmes les plus importants économiquement:

- La bactériose et la fusariose.

- Le puceron Aphis gossypii et la maladie bleue. - L'acariose due à PolypJwgotarsonemus latus.

- Les autres ravageurs de la phase végétative.

La bactériose

et

1a

fusariose

du cotonnier

La baclériose est due à une bactérie, Xantlzomonas malvacearwn. Elie attaque le cotonnier à tous les stades de son développement. Participant au complexe des fontes de semis sur jeunes plantules, elle provoque sur le cotonnier plus âgé des lésions anguleuses sur les feuilles ; d'abord huileuses, puis brunes, ces taches sont localisées Je long

des

ner. vures et peuvent provoquer la chute du limbe. Des chancres noirs se développent le long de la tige principale et sur les branches fructifères. Sur cap-sules, les lésions circulaires déterminent une pourri-ture externe caractéristique,

La bactérie subsiste dans les graines et les débris végétaux qui assurent la transmission de la maladie d'une année sur l'autre. Le vent, la pluie et divers insectes permettent

sa

dissémination d'un cotonnier à l'autre.

Cette maladie, très grave en Centrafrique où elle est favorisée par la pluviosité, a été jugulée par la création de variétés résistantes sur 1a station I.R.C.T. de Bambari. Ce travail, commencé en 1948

(7)

8 - CAUQUIL

J.

et P. VINCENS

par LAGISRE, a débouché sur l'obtention des lignées

Reba (W 296, B 296, B 50, BTK 12}. Les gènes de résis-tance sont obtenus soit à partir des fonds génétiques Allen (gènes B 91.., B 10), soit à partir des N'Koura1a (gènes B 2, B 3). L'origine de ces gènes de résistance est mal connue ; on l'attribue aux cotonniers G.

1iir-sutwn, race punctatum, d'origine américaine

intro-duits et cultivés en Af,rique de l'Ouest depuis

4

à 5 siècles. La variété la plus célèbre dans ce domaine est Reba B 50, obtenue à partir d'un croisement Allen

x

Stoneville. Elle a été cultivée pendant 15 ans en Centrafrique (1965-1980), et le gène

B 9,.

lui confère une résistance exceptionnelle à X. malvacearum. Cette résistance concerne plusieurs races de la bac-térie, car elle s'est confirmée dans des pays aussi éloignés géographiquement que la Thaïlande, l'Inde, l'Amérique du Sud et l'Afrique au Sud du Sahara.

Actuellement, les trois variétés cultivées dans le pays sont résistantes :

- BJ AB 2, une sélection issue de BJA 592 creee à

Soumbé puis à Bébedjia (Tchad), qui emblave la Ouaka et la Basse-Kotto (gènes B 2, B 3);

- SR 1-F 4, originaire du Tchad et obtenue à partir de croisements multiples avec 7 variétés d'Afrique Centrale. Elle possède les gènes B 2, B

3 ·

àpportés par N'ICourala qui se retrouve plusieurs fois au nombre des ascendants. Elle recouvre la Gribin-gui, la Kémo, l'Oul1am et l'Ouham-Pendé ;

- 761. sortie récemment de Bambari (gènes B 91., B 10), qui est aussi résistante à la fusariose et existe sur quelques centaines d'hectares autour de Gamba, dans le M'Bomou.

La

résistance à la bactériose est considérée comme indispensable pour la vulgarisation d'une variété en Centrafrique. Depuis une quinzaine d'an-nées que les dernières variétés sensible (D 9) ou tolé-rante (Allen 333) ne sont plus cultivées, les symp-tômes foliaires et caulinaires de la maladie ont dis-paru. Cependant, nous avons pu isoler X.

,nalvacea-mm

de capsules pourries issues de variétés ré-sistantes, ce qui permet de penser que la bactérie continue à jouer un rôle dans le complexe des pour-ritures de capsules,

Depuis 1976, les lignées sorties de la section de sélection cotonnière de Bambari ne sont plus systé-matiquement testées par infection artificielle pour leur comportement vis-à-vis de X. malvacearum.

Cette carence est dangereuse pour l'avenir car, bien que 1a presque totalité des géniteurs utilisés dans les croisements soient résistants, des lignées sensi-bles peuvent être retenues. Il paraît indispensable de rétablir cette pratique sécurisante.

La fusariose du cotonnier est une trachéomycose provoquée par un champignon du sol, Fusarium

oxysporum

f,

vasinfectum. Cette maladie vasculaire, qui provoque un flétrissement généralisé du plant, est apparue en 1950 près de Ouango, dans le M'Bo-mou. Elle a rapidement gagné toute ]a préfecture (Bangassou, Gambo, Bakouma, Rafaï) et la

Basse-Cotons et Fibres tropicales 1982

Kotto : environs de Kembé et Sud de cette sous-pré(eclure.

Transmissible par les semences, la fusariose a

cer-tainement été introduite du Zaïre où eUe existait déjà, ce qui explique sa localisation en Centrafrique, le long de !'Oubangui.

A partir de 1967, la fusariose est signalée sur les stations de Bambari et de Grimari-N'Goulinga. Les sols infectés où elle réapparait à intervalle régulier sont actuellement interdits à la culture cotonnière, par mesure de sécurité.

Des sondages effectués entre 1960 et 1965, par

CAUOUIL, ont montré que les racines des cotonniers infectés portent souvent des galles de nématodes (15 % des cas environ). Les échantillons envoyés au laboratoire de Nématologie de l'O.R.S.T.O.M. à

Abid-jan ont bien confirmé qu'il s'agissait de Meloïdogyne incognita. Ce nématode galligène est souvent associé à la fusariose du cotonnier, notamment aux Etats-Unis.

L'LR.C.T. a créé dès 1963, à Bambari, des variétés résistantes à la fusariose, grâce à des tests d'infec-tion artificielle faits en serre. C'est ainsi que Reba W 296 a été mis en culture dans la Basse-Kotto à

cette date, puis remplacé par Reba B 50 (1967) qui a couvert la zone infectée du M'Bomou jusqu'en 1980. Cette affection a perdu de son importance avec la restructuration de la zone cotonnière. En effet, dans le M'Bomou seules quelques centaines d'hectares de cotonnier subsistent sur Gambo et sont cultivés avec la variété 761, qui est résistante. Dans la Basse-Kotto, la partie Sud du secteur de Kembe ne produit plus de coton et le reste de la préfecture est emblavé en BJA B 2, variété sensible à la fusariose.

Toutefois, le coton-gr.aine produit sur la zone in· {ectée par la fusariose est usiné à Alindao, zone in-demne ; il est nécessaire de respecter les mesures prophylactiques indispensables : égrenage en fin de campagne, nettoyage soigneux de l'usine et élimina· tion par le feu des graines qui ne sont pas ren-voyées dans leur secteur d'origine.

Le puceron

Apltis gossypii

Les dégâts dus à A. gossypii

Les dégâts trophiques commencent dès l'émergence de la plantule quand les pucerons s'installent au sommet de la jeune tige et à la face inférieure des feuilles. Ils provoquent par réaction une déforma-tion du limbe qui se crispe entre les nervures. Lorsque l'invasion est trop forte, la plantule est re-tardée dans son développement. En général, avant le debut du programme de protection insecticide, les pullulations de pucerons sont contenues par leurs ennemis naturels: Coccinelidés, Syrphidés, Chamae-miidae, malaêlies fongiques. En outre, la forte plu-viosité des mois d'août et de septembre contribue aussi à maintenir les populations dans des limites raisonnables.

(8)

Retour au menu

Cotons et Fibres tropicales 1982

Cependant, si les cotonniers sont traités avec des insecticides non aphicides, l'équilibre naturel est dé. truit par l'élimination des insectes utiles et l'on assiste à une invasion spectaculaire des plants par les pucerons.

Une estimation des dommages causés par les puce. tons sur la production cotonnière peut être obtenue en comparant les récoltes de parcelles protégées avec une pyréthrinoïde de synthèse seule ( deltaméthrine 12 g/ha, cyperméthrine 35 g/ha, fenvalérate 55 g/ha) ou avec Ia même matière active associée à un aphicide comme diméthoatc 400 g/ha. En effet, les pyréthri· noïdes ont à ces doses une activité aphicide nulle et

une excellente efficacité contre les ravageurs de la phase fructifère. C'est ainsi que la moyenne des 86 essais mis en place sur le réseau expérimental de

1976 à 1981 montre une augmentation de production de 6,5 % lorsqu'on ajoute 400 g de diméthoate aux pyréthrinoïdes. En première approximation, ce chiffre peut être retenu comme représentant les dégâts di,

rects des pucerons.

Un autre type de dégât peu important en Centra, frique est observé dans le Nord du pays : il s'agit de la production de miellats. Ces sécrétions sucrées formées sur les tiges, feuilles et carpelles fréquen-tées par A. gossypii et Bemisia tabaci, permettent le

développement de champignons microscopiques appe-lés fumagines. Leur écoulement sur le coton-graine après la déhiscence, englue les fibres et les tache, ce qui crée de sérieuses difficultés au moment de l'égrenage et de la filature.

Comme nous le verrons plus loin, le puceron est aussi vecteur de la maladie bleue.

CAUQUIL J. et P. VINCENS - 9 La dynamique des popuJations d'AphiJ' gossypii

C'est une espèce polyphage ; en Centrafrique, le puceron est présent sur le cotonnier et Ies autres cultures de l'assolement : arachide, sésame, maïs, sorgho ainsi que sur leurs adventices. Durant l'inter-saison, il se réfugie dans les jardins (Malvacées, Solanacées, Cucurbitacées), les vergers (bananier, citrus) et sur la végétation des bas.fonds. Grâce à

une reproduction parthénogénétique continue, le puceron est très prolifique : longévité de 25 jours environ, développement larvaire de 5 à 6 jours. Il existe quatre types d'individus : femelles ailées et

aptères, larves aptères et proto-ailées (avec des ébauches d'ailes).

Dès les semis, en juin-juillet, Je champ est envahi par une première vague d'immigrants ailés. Ces fe. ruelles virginipares se reproduisent en donnant,

se--Ion les cas, des individus ailés ou aptères. En début

de cycle de végétation, les ailés constituent un tiers à

la moitié des populations; par la suite, les aptères dominent pour constituer la presque totalité des

populations. Une seconde vague d'immigrants ailés,

d'importance variable, peut se situer en août·sep-tembre. Vers la fin de la saison (octobre à dé. cembre), lorsque les cotonniers deviennent sénes, cents, des individus ailés apparaissent (un dixième

à un cinquième des effectifs). Ce sont les émigrants ailés qui vont se réfugier sur la végétation d'inter· campagne.

II résulte de ces observations que les cotonniers hébergent A. gossypii tout au long de leur cycle

végétatif (tabl. 1), et la grande majorité des infesta· tions est constituée par des individus aptères. La

fréquentation maximale se situe en septembre-oc·

Tableau

1. -

Evolution de l'infestation des cotonniers par Aphis gossypii durant la saison et taux de maladie bleue à 3 mois

(parcelles d'observation, programme A sans protection: moyenne 1978--1981.

Les chiffres cités concernent le pourcentage de cotonniers hébergeant des colonies de pucerons)

Age des cotonniers Points d'appui

15 j 1 mois 2 mois 3 mois 4 mois 5 mois

Gounouman • ' • • • • • • > . . . 1,4 8,9 12,7 34,8 27,9 15,0 Bambari

...

'

...

13,B 30,6 32,1 83,2 56,8 31,5 Grimari

.

' .... ~

...

10,3 49,3 51,0 70,4 46,8 39,8 Guiffa

...

5,3 40,9 60,1 76,6 63,2 41,7 Soumbé

...

,

...

18,4 42,3 69,7 66,6 48,8 26,0 Goffo

...

,

..

2,9 31,2 39,l 38,4 23,1 20,5 Poumbaïdi

···

3,9 29,3 68,0 90,0 67,9 30,2 Moyenne ... 8,0 33,2 47,5 65,7 47,8 29,2 Infestation moyenne 16,8 41,3 44,6 48,1 45,3 25,9 43,2 38,6 Maladie bleue % 1,1 8,5 8,2 8,3 2,6 3,2 2,3 4,9

(9)

'

i

l

f

lO - CAUQUIL

J.

et P. Vm:cENS

tobrë: 3 mois après les semis, 65,7

o/o

des cotonniers hébergent des colonies (moyenne des sept Points d'appui).

Lorsque les plants ne sont pas arrachés et détruits après la récolte, ils continuent à abriter des puce-rons, les ailés fonnant la moitié à trois quarts de l'effectif. Ces colonies se multiplient lentement en saison sèche, mais dès tes premières pluies de mars. avril, avec la sortie des nouvelles feuilles, les

pullu-lations reprennent. En mai-juin, plus de 70 % des repousses hébergent des pucerons.

La maladie bleue

Cette maladie, signalée e-n

1945

et attribuée à un virus, possède jusqu'à présent un seul agent vecteur connu, le puceron Apliis gossypii. La gravité des symptômes sur le cotonnier dépend de la date de l'infection et de son intensité. Ceux-ci sont d'autant plus sévères que J'attaque est plus précoce et que les piqûres de pucerons infectieux sont plus nombreuses. Les plants atteints montrent un enroulement des limbes foliaires vers le bas (d'où le nom de o: leaf roll» dans les pays anglo-saxons), un raccourcisse-ment des entre-nœuds et une réduction du nombre des organes fructifères.

Les symptômes de maladie bleue ne sont pas visi-bles sur des cotonniers âgés de

moins

de 25-30 jours. La période d'incubation au champ est de 18 à 22 jours, tandis qu'elle est de 9 à 28 jours sous infec-tion artificielle.

L'infection primaire des cotonniers est déterminée par les ailés immigrants de la première vague qui sont infectieux. L'infection secondaire est liée aux [lénérations successives d'aptères infectieux qui se déplacent de cotonnier malade à cotonnier sain.

L'apparition des symptômes peut s'observer tout au long du cycle de végétation du cotonnier et, en fin de saison, les émigrants ailés quittant le champ sont d'autant plus infectieux que la maladie bleue y est répandue.

Cotons et Fibres tropicales 1982

Aucun des végétaux refuges des pucerons ne pou-vant être retenu comme porteur du virus, les coton-niers non arrachés en inter-saison constituent, à notre connaissance, l'unique réservoir d'infection d'une année sur l'autre, Cette constatation renforce l'importance de leur élimination en tant que mesure prophylactique.

La maladie bleue est observée dans toute

la

zone cotonnière (tabl. 2), elle déborde d'ailleurs dans les pays voisins : Tchad, Cameroun, Zaïre. Les régions les plus infectées sont la Kémo, la Gribingui, la

Quo.ka et l'Ouham. Parmi les variétés cultivées

actuel-lement, BJA B 2 et 761 sont sensibles, tandis que SR l·F 4 est considérée comme tolérante.

Lutte raisonnée contre

le

puceron

et la maladie bleue

Dans lu pratique, la lutte contre Aphis gossypii et celle contre la maladie bleue sont liées et les me-sures à envisager doivent limiter au mieux l'inci-dence de ces deux dégâts.

La destruction du puceron ne relève pas d'une lutte chimique spécifique ; cependant, depuis 1976,

tous les insecticides utilisés en milieu traditionnel doivent posséder une certaine activité aphicide, afin de limiter les populations durant la phase reproduc-tive. C'est donc la protection insecticide de routine de 3 à 5 applications, orientée vers la destruction des ravageurs des organes fructifères, qui a pour charge supplémentaire de contenir l'infestation aphi-dienne. En effet, la recrudescence de la maladie bleue dans les années soixante peut être attribuée à l'uti-lisation continue d'insecticides sans activité aphi-cide: endrine-DDT, puis endosulfan-DDT. Elle peut étre rattachée aussi à l'utilisation de la rampe qui, en traitant de haut en bas, favorise les ravageurs installés sous le limbe des feuilles et protégés lors-que la matière active appliquée n'a pas de propriétés endothérapiques.

Tableau 2. - Evolution de la maladie bleue sur les Points d'appui expérimentaux de

1973

à

1981

(les chiffres cités sont des pourcentages de plants malades

3 mois après les semis, moyenne de tous les essais mis en place chaque année).

Les chiffres

en

italique soulignés concernent la variété SR 1-F 4, les autres la variété BJA B 2) Points d'appui Gounouman . . . ... . Bambari ... . Grimari ... , ... . GuiITa ... . Soumbé ... . Golfo . ... . ... . Poumbaïdi Moyenne 1973 3,2 15,7 8,0 19,0 21,5 19,7 3,2 12,9 1974 2,4 6,5 2,6 27,6 lt,2 24,5 2,7 11,1 1975 3,1 8,3 3,2 16,9 10,0 20,1 7,3 9,8 1976 8,8 14,5 3,9 19,5 8,9 28,6 11,0 13,6 1977 1,9 15,7 5,5 0,8 6,4 16,7 7,1 7,7 1978 2,t 1,9 1,5

.Q

3,6 3,1 1,7 2,2 1979 0,5 4,8 2,7

Q

Y..

!!L

0,3 1,4 1980 2,0 2,3 4,2

J_g

.!.!!..

_B,7 0,4 5,0 1981 0,8 5,4 2,0

M.

4,3 .

Q

0,9 3,5

(10)

Retour au menu

Cotons et Fibres tropicales 1982

Afin d'acquérir l'efficacité nécessaire, les mélanges binaires ou ternaires doivent renfermer des molécules actives contre les pucerons : diméthoate 400 g/ha, monocrotophos 300 g/ha, méthylparation 400 g/ha ...

De cette façon, les dégâts directs attribués à A. gossypii sont fortement diminués ; en outre, les populations infectieuses sont réduites

en

fin de cycle de végétation, de façon à limiter le développement de la maladie bleue l'année suivante.

Cependant, la lutte chimique doit s'appuyer sur des mesures prophylactiques strictes qui éliminent

les cotonniers après 1a récolte. Nous avons

vu,

en effet, le rôle important que jouent les repousses durant l'intersaison.

L'utilisation d'une variété tolérante ou résistante est le troisième volet de lutte contre la maladie bleue. Actuellement, SR 1-F 4, variété considérée comme tolé-rante à la maladie bleue, emblave la Kémo, la Gribin· gui, l'Ouham et l'Oulmm-Pendé. Cette solution n'est cependant pas entièrement. satisfaisante car, depuis 1980, il est observé un changement dans le compor-tement de SR 1-F 4. En effet, dans les zones où cette variété est cultivée depuis longtemps (3 à 4 ans),

l'on constate qu'elle perd sa tolérance à 1a maladie bleue pour devenir plus sensible que BJA B 2. Les essais variétaux confirment ces résultats depuis 2 ans, sans qu'il soit possible d'expliquer ce phéno.. mène.

La solution future réside dans l'utilisation de varié-tés immunes ou résistantes. Les lignées issues des triples hybrides HAR (Gossypium

hirsutwn

X

G.

ar-(wreum

x

G. raimondii) possèdent cette qualité :

l l86, 1135, 972, 968. Leur forte résistance est attribuée

à G. arborewn. Malheureusement, l'utilisation de ces lignées en grande culture s'est révélée impossible,

même après une sélection massale (1186). EI1es sont donc utilisées comme géniteurs de résistance et

croisées avec des variétés d'origine diverse (Afrique Centrale, Etats-Unis, U.R.S.S.), afin de créer des descendances utillsables. Une quinzaine de croise-ments sont actuellement à l'étude sur la station de Bambari, pour obtenir par sélection généalogique des variétés à la fois résistantes à la maladie bleue et adaptées au milieu centrafricain.

L'acariose

à

Polypl1.agotarso11e11uu lat11s

Ce minuscule acarien vit en colonies à la face

inférieure des jeunes feuilles. Les nombreuses man-geures au dépens des cellules épidermiques du limbe provoquent une glaçure de la face inférieure avec des nécroses microscopiques. La feuille s'enroule vers le bas et prend une teinte cireuse et bronzée. Par la suite, l'évolution des dégâts amène un craquel-lement du tissu palissadique et des déchirures pro-fondes; au stade ultime, la feuiUe a un aspect

lacinié puis se dessèche et tombe,

En

conséquence, l'acariose réduit la surface foliaire utile et affaiblit le plan. Elle provoque la diminution du volume de floraison et

1a

chute des organes fructifères. Le plant

« file » et prend un port caractéristique.

D'après CADOU, une inl:estation de début de cycle peut diminuer la production de 40 %.

CAUQUIL J, et P. VlNCB!{S - 11 La récapitulation des essais utilisant des pyréthri-noïdes de synthèse sans activité contre

P. latus

permet le même genre de raisonnement que celui que nous avons exposé dans le cas de pucerons. Le mélange ternaire : pyréthrinoïde

+

diméthoate 250

g/ha

+

tria-zophos 150 g/ha donne, en moyenne, une augmen-tation de production de 12 % par rapport à la pyréthrinoïde seule à la même dose. Ce résultat

est obtenu sur 35 essais répartis sur le réseau

expé-rimental de 1976 à 1981. L'impact des pucerons étant estimé à 6,5 %, celui des acariens sur l'ensemble de la zone cotonnière serait de 5.S % environ.

Les observations faites en 1981 à Gounouman per-mettent d'estimer l'incidence indirecte de l'acariose sur les abscissions pré et postflorales et sur le poids moyen capsulaire. En octobre, 40'% environ des cotonniers sans protection présentent des symp-tômes (10 % de plants avec des feuilles déchirées).

La comparaison des parcelles A ne recevant aucun traitement insecticide avec les parcelies C bénéficiant de 20 applications hebdomadaires ( triazophos-DDT

420·1200 g/ha, alterné avec fenvalérate-diméthoate

55-350 g/ha) donne des résultats démonstratifs: - nombre d'organes non parasités par les chenilles

et ramassés à terre (60 m•):

boutons floraux, parcelles A: 4 151 ; parcelles C :

1103;

capsules, parcelles A: 1966; parcelles C: 588;

- poids moyen capsulaire des fruits sains {60 m•): parcelles A : 2,575 g ; parcelles C : 4,590 g.

La production de coton-graine est de 633 kg/ha pour A, contre 1 781 kg/ha à C, soit de 281,4'%, alors que la moyenne des années 1974--1980 sans grave atta-que d'acariose est de 159.S

%.

P. latus est très prolifique puisque son cycle de

développement ne dure que 4 à 5 jours à 24 ° C. Il

vit sur le cotonnier et de nombreux autres végétaw:

cul!ivés ou sauvages.

Au champ, les attaques sont particulièrement graves

à l'ombre et à l'humidité, ce qui explique le dévelop-pement de l'acariose le long des galeries forestières

et des marigots, Lorsque la parcelle est mal débroussée, P. latus s'installe toujours

en

priorité sous les grands arbres en place ou en bordure des cultures.

En Centrafrique, l'acariose est signalée depuis les débuts de la culture cotonnière dans ce pays ; cepen-dant, une sérieuse recrudescence de cette affection

est observée depuis 4 à 5 ans. Elle sévit de

préfé-rence dans la Kémo, la Gribingui, l'Ouham et la Ouaka. Les dègâts les plus spectaculaires se dévelop-pent depuis 1978 dans le secteur de Kaga-Bandoro où deux sondages faits récemment donnent une idée de son incidence :

- septembre-octobre 1980 : 4 communes, 35 villages,

175 parcelles, taux moyen d'infestation 28,8 % dont

·9,6 % de feuHles laciniées;

- octobre-novembre 1981 : 3 commune, 29 villages,

145 parceiles, taux moyen d'infestation 29,9 % des plants dont 6,5 % de feuilles laciniées.

(11)

12 -

CAUOUIL J, et

P.

VJNCENS

L'infestation débute en août pour des semis de la seconde quinzaine de juin ; elle se développe

len-Lemen t pour atteindre le maximum d'intensité vers fin septembre - début octobre, si aucun traitement chimique ne vient l'enrayer.

CAoou, qui a travaillé sur l'acariose à Soumbé de

1952 à 1956, note un comportement différent des variétés. Pour un inoculum de même importance, les populations d'acariens évoluent plus vite sur cer-taines lignées que sur d'autres ; la pilosité n'aurait rien à voir dans cette différence. A cette époque, Allen 150 et Stoneville 1439 avaient un meilleur clas-sement que Triumph ou A 25 B 9. Actuellement,

SR 1-F 4 se montre régulièrement et significativement plus sensible que BJ AB 2 dans tous les essais compa-ratifs.

L'on peut remarquer que l'incidence de l'acariose en Centrafrique a suivi l'arrêt de l'utilisation du

ternaire endosulfan-DDT-méthyl-parathion en culture traditionnelle ; en effet, cette formulation possédait une certaine activité acaricide qui maintenait les infestations à un faible niveau.

Actuellement, avec l'utilisation de pyréthrinoïdes de synthèse, il est nécessaire d'utiliser des molécules acaricides dans Ies zones infestées. Les tests .faits ces dernières années ont permis de retenir certaines ma-tières actives pour leur efficacité dans ce domaine : triazophos, profénophos, chlorpyriphos 300 g/ha envi-ron, donnent d'excellents résultats, tandis que éthyl-azinphos, dialiphos et dicofol 400 à 500 g/ha 1eur sont inférieurs.

Dans un premier temps, nous nous sommes orien-tés sur des mélanges ternaires à base de pyréthri-noïdes de synthèse avec un aphicide et un acaricide permettant de contrôler la quasi-totalité du parasi· tisme en les utilisant durant tout le programme de protection. Plus récemment, la tendance serait à l'uti-lisation de binaires: triazophos-DDT, profénophos-DDT (450-1000 g/ba) en début de cycle pour une ou deux applications. Les doses utilisées permettent d'avoir, en plus de l'action acaricide recherchée, une efficacité acceptable sur les ravageurs des organes fructifères et les pucerons.

Les observations faites sur l'évolution de l'acariose dans le cours de Ia saison ne justifient pas de faire des applications antérieures au programme nor-mal de protection qui débute 75 à 80 jours après les semis.

Les autres ravageurs de la phase végétative

Les Mirldes

Helopeltis schoutedeni est un insecte piqueur des tissus aqueux et des jeunes organes en début de croissance, dont les larves sont plus actives que les adultes. Chez le cotonnier, il se nourrit au dépens des tiges, des branches, des feuilles et des capsules. La salive est toxique et provoque des réactions tissu-laires noires et typiques ressemblant à des chancres. Atteints très jeunes, les cotonniers dépérissent et se dessèchent. Plus tard, sur tiges et rameaux, les

dé-Cotons et Fibres tropicales 1982

gâts sont caractéristiques avec des bourrelets cica-triciels en relief et peuvent être confondus avec ceux de la bactériose ( « black arm » ). Sur feuilles, les piqûres déforment le limbe qui se crispe et sèche: Les capsules se couvrent de taches noires et

circulaires provoquant une pourriture généraJisée lorsqu'elles sont nombreuses.

Ce Miride est présent de façon permanente dans les forèts-galeries du Centre et de l'Est du pays : le M'Bomou, la Basse-Kotto, la Ouaka. Les dégâts peu-vent s'observer tout au long du cycle du cotonnier et nécessitent un traitement insecticide spécifique dans les champs les plus atteints. Dans le reste du pays, Helopeltis est observé dans les zones boisées près des points d'eau permanents. Les attaques sur cotonnier ont Heu en début de saison et cessent dès !es mois de septembre, octobre; elles portent essentiellement sur rameaux et feuilles. Les foyers d'infestation observés se situent dans la Gribingui (Kaga-Bandoro), l'Ouham (Bakassa}, la Nana-Mambéré (Baboua).

Cc Miride est sensible à tous les insecticides

utili-::;és dans la protection cotonnière et ne justifie pas de protection spécifique, sauf dans le cas particulier cité plus haut.

Lygus vosseled est un piqueur polyphage dont les larves et adultes attaquent les jeunes feuilles, les bourgeons foliaires et les boutons floraux du coton-nier. Les feuilles atteintes en bourgeons se déchirent en s'étalant de façon caractéristique, déterminant une sorte de ,i frisolée », tandis que les organes florifères

tombent.

Lygus est surtout représenté dans les zones boisées du Centre et de l'Ouest (Gribingui, Ouham). A Soumbé, les migrants exogènes arrivent sur cotonnier dans le mois d'août, au moment des premières fleurs. L'invasion dure jusqu'à la fin septembre et la population atteint son maximum à la mi-octobre. Cette époque correspond à la période normale des traitements insecticides qui, lorsqu'ils sont bien faits, éliminent cet insecte peu résistant à la plupart des matières actives utilisées.

Les Homoptères autres qu'Apliis gossypii

Les espèces de Jassides sont nombreuses, mais

Empoasca fascialis et

B.

lybica sont les plus fré-quentes sur cotonnier. Ces ciccadelles piquent la face inférieure des feuilles, principalement sur les ner-vures. La salive toxique introduite provoque un jau-nissement du limbe dont les bords s'enroulent vers le bas. Par la suite, les feuilles rougissent et leur activité chlorophyllienne diminue, ce qui a une répercussion sur la phase reproductive du plant. Ces Homoptères sont polyphages et se développent surtout en bordure des champs, dans les zones boisées. Les dégâts sont importants dans les années peu pluvieuses et sont observés dans toute la zone cotonnière. Selon CADOU, à Bambari, E.

fascialis

aurait son maximum de pullulation en septembre-octobre, tandis que pour E. lybica, ce phénomène se produirait en novembre-décembre. ·

(12)

Retour au menu

- - - -

---·

Cotons et Fibres tropicales 1982

La technique de lutte la plus efficace consiste à développer la pilosité des variétés de cotonnier cultivées. En Afrique Centrale, depuis le début des programmes de sélection, les lignées utilisées dans les croisements sont pileuses et ce caractère est considéré comme indispensable dans le choix d'une nouvelle variété. Les lignées glabres originaires de l'étranger ne peuvent pas être cultivées rnns bénéfi-cier d'une protection insecticide tout au long de leur cycle de végétation.

La mouche blanche Bemisia tabaci est un ravageur très important des pays cotonniers situés au Nord du Centrafrique (Tchad, Soudan, Mali, Sénégal), car il provoque de sérieux dégâts trophiques et indirects (collage par production de miellats). Ici, ce genre de dommages est rare, sauf dans l'extrême Nord du pays.

B. tabaci est vecteur de la mosa'ique du cotonnier, virose qui a causé de graves difficultés au Tchad, en 1969-1970, sur la variété BJA 592. Ces symptômes sont régulièrement observés en Centrafrique, de façon endémique, depuis 1972. Nous avons constaté depuis cette date une quinzaine de foyers comprenant quel-ques dizaines de plants sur Alindao, Bambari et Bossangoa. Cette maladie ne s'est jamais étendue depuis les premières observations.

le psylle Pauroceplzala gossypii, fréquent dans le bassin du Congo au Zaïre, est noté de façon perma-nente dans le M'Bomou.

11

détermine une maladie,

CAUOUIL

J.

et

P.

VrncENS -

13

1a psyllose

du cotonnier,

attiibuée à un mycoplasme.

Quelques pieds atteints de cette affection sont arra-chés chaque année sur Gonouman, Bambari et Grimari.

Dans la région de Bakala (Ouaka), une maladie due à un mycoplasme, selon DELATTRE, serait trans-mise au cotonnier par une cochenille du genre Mar-garodes qui a la possibilité de produire des kystes de conservation dans le sol. Ces symptômes caracté-ristiques sont observés depuis une vingtaine d'années dans la zone infestée. La maladie ne s'est jamais étendue et son incidence économique reste très faible.

Les larves défoliantes de Lépidoptères

Ces chenilles n'ont pas une incidence économique importante. L'enrouleuse Sylepta demgata est canton-née sur les bordures de champ et les zones ombra-gées. L'arpenteuse Cosmophila flava se développe en taches de quelques dizaines de cotonniers, ses dégâts sont très limités et surtout visibles dans l'Ouham et l'Ouham-Pendé.

Spodoptem littoralis (Prodenia litura) cause des défoliations spectaculaires dans la Basse-Kotto, la Ouaka et la Kémo, Heureusement, les zones atteintes sont localisées. Ce ravageur, présent tous les ans à de rares exemplaires sur les parcelles d'observation, joue aussi un rôle dans la destruction des capsules.

5.

LES MALADIES ET LES RAVAGEURS DE LA PHASE REJ>RODUCTIVE

Les différents

types de dégâts

sur organes

f

111ctif

ères

Les dommages sur organes fructifères (boutons floraux, fleurs et capsules) se manifestent de trois façons différentes :

- les chutes d'organes (abscission ou shedding) ; - les arrêts de crofasance ;

- la destruction des tissus carpellaires.

- Les chutes d'organes ont souvent des causes physiologiques, cependant une partie est due aux piqûres d'Hémiptères et aux attaques de larves de Lépidoptères. Le tableau 3 permet d'établir l'inci-dence du parasitisme dans les abscissions pré et post-florales ( boutons floraux et ovaires fécondés) pour les parcelles d'observations des sept Points d'appui expérimentaux (programme A sans protection insec-ticide), Il ressort que l'abscission parasitaire est plus grave dans le Nord-Ouest (Soumbé, Goffo, Poum-baïdi) que dans le Centre-Est {Gounouman, Bambari, Grimari, Guiffa). Elle est plus importante sur bou-tons floraux, 26,6 % du total des chutes, que sur cap-sules, 11,7 %.

Le

tableau

4

établit l'importance de l'abscission postflorale pour les trois modes de protection des

parcelles d'observation. Le taux d'organes qui ont

réellement chuté est calculé par comparaison du nombre de fleurs à celui des capsules à maturité. La

différence entœ le taux d'abscission de parcelles sans protection et celui de parcelles bénéficiant d'une pro-tection subtotale permet d'évaluer le shedding parasi-taire : 12,4 % en moyenne. Les chutes de capsules dues à d'autres causes (climatiques ou physiologi-ques) atteignent 40,2 % du nombre initial de fleurs.

A noter que, dans le cas du tableau 3, les organes parasités sont ceux qui sont visuellement percés par des chenH!es ; en revanche, dans le tableau 4, le

shedding parasitaire calculé fait intervenir la diffé-rence entre deux niveaux de protection insecticide : par conséquent, le taux d'absdssion parasitaire obtenu concerne aussi bien les chenilles que d'autres ravageurs dont l'action peut être directe (Hémip. tères) ou indirecte (Acariens).

- Les arrêts de croissance les plus courants sont Ies momifications. Elles se traduisent par un dessè-chement du fruit en place avant qu'il ait atteint sa taille définitive. Les causes de ce type de dérèglement sont multiples et mal connues: perturbation de la physiologie de la plante, accidents climatiques, para-sites. Cependant, la présence de nombreux micro-organismes à l'intérieur des momies tend à prouver qu'une partie de ces manifestations a une cause pathologique. (les agents en cause sont les mêmes que ceux que l'on retrouve dans. les pourritures de capsules).

(13)

résul-I ·

14 - CAUQUIL J, et P. VINCENS Cotons et Fibres tropicales 1982

Tableau 3. - L'abscission pré et postflorale réelle dans les parcelles d'observation

à trois niveaux de protection

(programme A sans protection insecticide ; moyenne 1978-1981.

Nombre d'organes ramassés à terre pour 1 are et pourcentage d'organes parasités

par

les chenilles)

Boutons floraux Ovaires

Ponts d'appui

Nombre à l'are % parasités Nombre à l'are % parasités

Gounouman

...

2Sl9 12,3 5560 3,6 Bambari

...

1229 21,0 3 709 5,8 Grimari

...

2282 17,8 6122 4,7 Guiffa ~

...

1320 9,7 3 043 16,7 Centre-Est ~

...

1838 15,2 4609 7,7 Sournbé

...

1482 29,8 4 082 10,5 Goffo

...

3743 53,2 6074 22,9 Poumbru'di ... ~

...

~ 2549 42,7 4035 17,8 Nord-Ouest

...

2591 41,9 4 730 17,1 Moyenne générale .. 2161 26,6 4661 11,7

Tableau 4. - Le volume de floraison, la capsulaison et l'abscission postflorale calculés dans les parcelles d'observation. à tmis niveaux de protection

{moyenne 1978-1981. Nombre de fleurs et de capsules comptées pour 1 are

et pourcentage d'ovaires tombés)

Programme A Programme B Programme C

Points d'appui

Fleurs Ovaires abscission ~~ Fleurs Ovaires % Fleurs abscission Ovaires abscission %

---

----

----

---

----

----

----

----Gounournan ... , , .... . Bambarl ... .. Grimari ... , ... . Guiffa ... . Centre-Est •... Soumbé ... . Golfo ... , Pournbaïdi , ... , .. , . Nord-Ouest ... . Moyenne générale ... . 9 098 7 838 9 600 7 8-!5 ll 595 8459 10379 8342 9 060 8 794 3008 3 565 3 863 4258 3 674 4222 4982 46% 4633 4085 66,9 54,5 59,8 45,7 56,ll 51,1 52,0 42,7 48,6 53,5

tat de l'action conjuguée ou séparée d'insectes et de micro-organismes. Les déprédateurs les plus dange.-reux sont les larves de Lépidoptères qui pénètrent dans l'ovaire à différents stades et se nourrissent

aux dépens des valves et des loges de la capsule.

Leurs dégâts propres sont souvent suivis de dé-composition dues à de nombreux germes saprophytes

8203 B 370 9500 B405 8 620 10350 11766 9440 10 519 9433 3 776 54,0 4 042 51,7 4046 57,4 4 952 41,1 4204 5 885 6595 6231 6237 S 075 51,1 43,1 44,0 34,0 40,4 46,5 7921 7682 9 652 8033 8 322 10072 11056 9471 10200 9127 4391 4176 4504 5 470 4 635 6149 6962 6195 6435 5410 44,6 45,6 53,3 31,9 43,9 39,0 37,0 34,6 36,9 40,9

essentiellement des bactéries. D'autres insectes

pui-sent leur nourriture dans le fruit du cotonnier, ce sont surtout des Homoptères: Mirides (Lygus, Helo-peltis), Pentat'amide (Nezara), Pyrrhocoride (Dys-dercus). Ces derniers, les plus nombreux, introdui-sent ou favoriintrodui-sent l'entrée d'agents de pourriture,

en

piquant les capsules.

(14)

Retour au menu

Cotons et Fibres tropicales

1982

En

oulre, avant la maturité, en dehors de toute intervention d'insectes, des micro-organismes agis-sant individuellement ou en association peuvent pé-nétrer dans le fruit et entraîner sa détérioration. Certains de ces agents, sous un climat humide et chaud, sont susceptibles, après la déhiscence des valves, d'envahir les loges et d'empêcher la capsule de s'ouvrir complètement: Je coton ne bouffe pas et la fibre prend une couleur grise et terne.

L'importance relative de ces divers dommages est exprimée dans les tableaux 5 et 6. Le premier établit l'état sanitaire des capsules à maturité pour les par-celles sans protection insecticide. Les taux obtenus différencient le Centre-Est du pays du Nord-Ouest: en effet, les capsules parasitées par les chenilles sont moins nombreuses (24 % contre 44 % ). En revanche, les taux de capsules pourries sont comparables (30 % environ).

II est intéressant de constater que les dégâts dus aux pourritures de capsules sont presque aussi graves que cemc imputables aux chenilles: 29,7 % contre 32,4 %. Dès que les cotonniers bénéficient d'une protection chimique contre les ravageurs, les dégâts de pourritures deviennent par conséquent plus importants que ceux dus aux larves de Lépidoptères: 21 '!,'o contre 17 % pour les parcelles receyant 4 à 5 applications insecticides et 16 % contre 6

% ·

pour les parcelles bénéficiant d'une protection poussée (20 applications environ).

En résumé, trois facteurs principaux provoquent des dégâts sur les organes fructifères:

- les larves de Lépidoptères ; - les Dysdercus ;

- [es agents de pourriture des capsules.

Les larves de Lépidoptères

Les chenilles interviennent dans l'abscission des organes fructifères et dans la destruction des cap-sules en place. Les quatre espèces principales sont, par ordre d'importance décroissante : Pectinophora gossypiella, Diparopsis wateP-si, IJeliothis armigera

et Earias insulana. D'autres chenilles sont observées, notamment Spodoptera littoralis, qui est aussi une défoliante, et Cryptop{!1ebia leucotrcta, identifié de-puis quelques années dans le Nord du pays (cf. fig. 2 et 3 }.

- Le ver rose P. gossypiella (Platyedra gossypiella)

joue un rôle relativement moins important dans l'abscission des organes fructifères que dans l'attaque des capsules sur le plant. Au plan numérique, il do-mine largement les autres espèces. Géographique-menl, il est mieux représenté dans le Centre-Est que dans le Nord-Ouest de la zone cotonnièœ où Dipa-ropsis gagne de l'importance. La chenille attaque boutons floraux, fleurs et jeunes ovaires ; Je plus sou-vent, elle provoque leur chute. Lorsque la larve de-meure dans le fruit, elle mine l'épaisseur de la paroi carpellaire et cherche à s'introduire dans la graine pour se nourrir aux dépens de l'amande. Au cours de son déplacement à l'intérieur de la capsule, la chenille souille la fibre et la colore. Elle introduit de nombreux micro-organismes qui vont se dévelop· pcr en pourritures secondaires. Ce type de dégât

CAUQUIL

J.

et P. VINCENS - 15 est très fréquent en Centrafrique où le climat est humide durant la période de capsulaison. Plusieurs larves de ver rose peuvent cohabiter dans la même capsule. Les dégâts sont rarement apparents de

l'ex-térieur et il est souvent nécessaire d'ouvrir la cap-sule pour les mettre à jour. L'on considère qu'après

20.25 jours, les capsules sont hors d'atteinte du ver rose. Au moment de 1a récolte, de nombreuses che,. nilles entrent en diapause à l'intérieur des graines ou dans les débris végétaux qui constituent un fac-1.eur de dissémination de ce ravageur.

La lutte chimique contre Pectiaoplwra est

diffi-cile ; lorsqu'il se trouve à l'intérieur des organes, le ver rose est protégé contre les applications insecti-cides. Il est aussi nécessaire de respecter des mesures prophylactiques : arrachage et brûlis des cotonniers en fin de campagne, destruction des graines non utilisées. Le non-respect de ces mesures depuis de nombreuses années permet d'expliquer l'extension géographique de ce parasite et l'augmentation de son incidence. Il y a une vingtaine d'années, Pecti-uoplwra avait une incidence faible dans l'Ouham-Pendé et le Nord de l'Ouham; actuellement, il y pro-voque des dégâts importants, alors que la zone coton-nière voisine du Tchad est indemne de ce parasite. La présence d'une huilerie à l'usine de Pendé, près de Paoua, les nombreux transports de graines venant du Sud du pays, leur stockage sans précaution et l'absence de destruction des rebus ont aussi contri-bué au développement du ver rose dans cette région.

Cryptophlebia Leucotreta (Argyroploce leucotreta)

est un endophage comme le ver rose. Il provoque des dégàts similaires et soulève les mêmes difficultés d'élimination. Pratiquement inconnu en Centrafrique, nous l'avons observé pour la première fois, en 1972, dans la vallée de la Lim, au Nord de Bocaranga. De-puis, il est représenté à de faibles exemplaires dans les relevés parasitaires de Poumbaïdi où, en 1979,

il

cause 10 % des dégâts attribués à Pectinop!iora.

Quelques individus ont élé signalés ces dernières années à Soumbé, Goffo (Ouham), à Kaga-Bandoro (Gribingui), Guiffa (Kémo). Ce ravageur potentiel-lement dangereux puisqu'en Afrique de l'Ouest il

constitue l'un des éléments déterminants du complexe parasitaire sur cotonnier, demeure ici d'une impor-tance modeste. Il est cependant nécessaire de sur-veiller son éventuelle extension.

- Diparopsis watersi, contrairement au ver rose, provoque plus de dégMs d'abscission des organes florifères qtie de destruction des capsules en place. Au plan géographique, son activité est plus aiguë dans le Nord de la zone cotonnière que dans Je Sud. Les dégâts sur boutons floraux ou jeunes ovaires sont caractérisLiques, car !'organe perforé est atta-ché par son pédoncule à la tige du cotonnier à l'aide de quelques fils, cc qui lui permet de rester suspendu pm- les soies après sa chute. Ce type de dommage est très précoce en zone sahélienne où l'on peut !'observer dè!j le 45' jour après les semis. En Cen-trafrique, il débute rarement avant le 60" jour, sauf dans la région de Batangafo, Kabo, qui est plus sèche que le reste de la zone cotonnière et où le parasitisme a déjà un profil tchadien.

Références

Documents relatifs

4 Les prières attribuées aux saints avaient une valeur supérieure : les oraisons de sainte Apolline (ill. 1) et de saint Nicaise contre le mal de dents, la prière de sainte

Il s’agit du compte-rendu du séminaire sur les ravageurs et maladies du cacaoyer intitulé : «Cocoa Pests and diseases seminar», organisé par le CRIG* et le Cocoa Board, qui

L'utilisation conjointe de ces facteurs de régulation et des insecticides chim iques est un exe m p le d e lutte intégrée pour la protection phytosanitaire

La SODECOTON (Sociè!e de developpement du coton du Cameroun) a commence à vulgariser cette innovation à partir de 1991 sur 3 720 na. MOTS CLES ; cotonnier. programme

numbers aœ gi venin table 4 for each type of phytosanitary pwtection. For orher years. the observations are dther missing I notfound in the annual activities reports i.

Docmnc'nt lRCT (non publk). - Genéralités -mr la pro rection phytû- sanitaire du cotonnier. - Ll proteccion des cotonniers contre ses d~prèdateurs en Afrique francophone

être ni spécifique, ni limitée dans le temps. En outre, la répartition des colonies sur tout Je plant avec une tendance à privilégier les feuilles les plus

Les auteurs montrent enfin, comment, dans le contexte parasitaire de !a Cote d'Ivoire, les différents facteurs de lutte biologique, lorsqu'ils seront parfaitement