HAL Id: jpa-00237952
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00237952
Submitted on 1 Jan 1882
HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
l’Ohm
G. Lippmann
To cite this version:
G. Lippmann. Sur les méthodes à employer pour la détermination de l’Ohm. J. Phys. Theor. Appl.,
1882, 1 (1), pp.313-317. �10.1051/jphystap:018820010031300�. �jpa-00237952�
313
SUR LES MÉTHODES A EMPLOYER POUR LA DÉTERMINATION DE L’OHM;
PAR M. G. LIPPMANN.
On sait que toute détermination de résistance en valeur électro-
magnétique
absolue repose sur laproduction
d’une force électromo- trice d’induction. C:’estlà uneconséquence
des définitions mêmesqui
constituent le
système électromagnétique ;
l’unité de force électro-motrice y est
définie par
unphénomène d’induction,
et la résistancey est définie comme le
rapport
de la force électromotrice à l’in- tensité.Aussi peut-on classer ces méthodes suivant la nature du
phéno-
mène d’induction
employé :
induction par un courant, induction par laTerre,
par unaimant,
etc. ; ce seraitpeut-être
la meilleureclassification à en faire si l’on se
proposait
soit de les décrire toutesavec
ordre,
soit d’en inventer denouvelles,
cequi
n’est pas diffi- cile(1).
La
plupart
desphénomènes
d’induction donnent lieu à descourants
variables;
il s’ensuit que, dans laplupart
des méthodesenlployées,
on a fait usage de courants variables. Or on sait quel’emploi
de courants variablescomplique
considérablement lamesure des résistances. En
effet,
tout circuit parcouru par un cou-rant variable exerce une induction sur lui-même : il
produit
ceque l’on
appelle
un extra-courant. On a donc à calculer cette induc- tion afin de tenircompte
de l’extra-courant. Cette correction estimportante
et elle nepeut
être faitequ’avec
uneapproximation
difficile à connaître. Pour en donner un
exemple,
lordRayleigh
et NI. Schuster évaluent à 8 pour 100 la valeur à
laquelle
cettecorrection a pu s’élever dans les
expériences
faites par l’Associa- tionbritannique.
D’ailleurs la résistance d’un conducteur de section
finie,
commel’est un fil
métallique,
n’est bien définie que pour le cas des cou-rants constants.
(1) La méthode calorimétrique de Joule repose sur une autre définition de la force électromotrice dérivée de la notion du travail électrique. Nous ne nous en
occuperons pas ici.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018820010031300
Dans ce cas, en
effet,
l’intensité du courant est la même en tousles
points
d’une section du conducteur. _Aucontraire, lorsque
lecourant est
variable,
il délaisse le centre de la section pour lapériphérie (1),
oû sa densité devientplus grande.
C’est pour la méme raison que les courants de la
pile et
les dé-charges
de la bobine d’induction exercent des effetsphysiologiques
bien distincts : les uns intéressent les
parties profondes
du corps, les autres excitent lapériphérie.
D’après
les remarquesqui précèdent,
il est désirabled’employer,
pour la détermination de
l’ohm,
des courants constants.2. La
première
méthode satisfaisant à cette condition de la con- stance du courant est due à 31. Lorenz(1873).
L’éminentphysi-
cien de
Copenhague
se sert de la force électromotrice d’inductionproduite
par un courantélectrique
constant sur undisque
circu-laire de cuivre tournant. On sait
qu’un
courant constant de forme circulaire fait tourner undisque
de cuivreconcentrique
parcouru radialement par un courant;inversement,
si l’oni mprime
audisque
de cuivre un mouvement derotation,
il seproduit
uneforce électromotrice
dirigée
suivant les rayons dudisque,
et que l’onpeut
recueillir au moyen de deux frotteursplacés
l’un aucentr e, l’autre sur la circonférence. Cette force électromotrice est
égale
àCwi,i désignant
l’intensité du courantqui parcourt
la bo-bine,
cola vitesse de rotation constante dudisque,
et C étan t uncoefficient que l’on trouve par le calcul. D’autre
part,
le courantconstant i parcourt la résistance AB dont on cherche la
valeur,
etfait naître à ses extrémités la différence de
potentiel
ri; on réuni tles frotteurs du
disque
auxpoints
A et B par des filsmétalliques,
de manière à opposer l’une à l’autre les deux forces électromotrices dont on vient de
parler (C mi
etii),
et l’on fait croître(D jusqu’à
ce
qu’elles
soientégales :
cetteégalité
estindiquée
par ungalvano-
mètre
qui
estplacé
dans lecircuit,
etqui,
à ce moment, ne doitplus
dévier. On a alors(1) Voir HGLIIIIOLTZ, lVaturhist. Verein zu Heidelberg) 1869. Réimpression, t. 1,
p. 526.
315
Cette méthode est très
élégante,
elle neprésente qu’une
seuledificulté, laquelle
réside dans la déterlnination de C avec uneapproximation
connue. On ne peut calculer C exactement à causedes
intégrales elliptiques qui
seprésentent
au début ducalcul;
ilfaut se contenter
d’approximations
dont la valeur finale n’est pasapparente (1).
Nul doutecependant
que cette difficulté nepuisse
être levée par une étude
plus approfondie.
3. L’induction par la Terre
peut également
fournir des méthodes pour la détermination de l’ohm avec courants constants.Soit un cadre vertical C mobile autour d’un axe
verticale
et au-quel
onimprime
une vitesse de rotation de j2 tours par seconde.Ce cadre porte un fil de cuivre dont le circuit reste
toujours
ouvert :aucun courant
n’y prend
doncnaissance ;
seulement lemagnétisme
terrestre y fait naitre une force électromotrice d’induction
qui
atteint une valeur maxima e au moment oii le
plan
du cadrecoïncide avec le
plan
du méridienmagnétique.
A ce. moment, les extrémités du fil induit mobile sont mises encommunication, pendant
untemps
très court, avec les extrémités de l’étalonE,
par l’intern1édiaire de deux
fils f, f’, disposés
à postefixe ;
on a soin que la force électromotrice d’induction e soit de sens con-el) La valeur de l’ohm étant à peu près connue, de nouvelles déterminations
ne peuvent avoir d’intérét que si l’approximation qu’elles présentent est connue
d’une manière certaine.
traire à la différence de
potentiel rt, qui
a lieu aux extrémités deE;
si l’intensité de i est telle que la différence depotentiel
ri soitégale à e,
aucun courant ne seproduit
dans les filsf, f’.
En obser-vant un
galvanomètrey placé
sur letrajet
d’un de cesfils,
on s’as-sure
qu’il
ne dévie pas et que, parconséquent, l’égalité
e = riest satisfaite. On
cniploie
commegalvanoscope
ungalvanomètre astalique
de sir W. Tlhomson. La marche desexpériences
est doncla suivante : un
premier
observateurs’occupe
de rendre la vitesse de rotation n constante et del’enregistrer ;
un deuxième observa-teur fait varier l’intensité i d’une manière continue au moyen d’un
rhéost,at, j usqu’à
ce que legalvanoscope uy
se maintienne au zéro.Enfin,
une troisième personne note la déviation a de la boussole des tangentes. On a dès lorsS est l’aire
enveloppée
par le fil du cadremobile,
K la constantede la boussole
B;
ces deuxquantités
sont connues par construc- tion.Le succès de cette méthode n1e
paraît
êtreassuré,
car lesquanti-
tés
principales qu’il y
faut déterminer sontprécisément
les mêmesque dans les mesures bien faites par l’Association
britannique,
etelles se
présentent
dans les mémesconditions, ;
les corrections seulesont
disparu.
J’aiproposé
cette méthoderécemment,
sans savoirqu’elle
avaitdéjà
étéimaginée,
en1874,
par 1B1.Carey
Foster(1)
et par Maxwell. M.
Carey
Poster a eu l’idée deplacer
le cadre in-duit en
dérivation,
mais sans sepréoccuper
de la constance descourants ;
puis
Maxwell a inventé l’artificequi
consiste à ne fermerle circuit que
pendant
untemps
très court, de manière à éliminer sensiblement la variation de la force électromotrice et lacomplica-
tion
qui
en résulterait.4. On
peut
encore se servir dumagnétisme
terrestre de manièreà obtenir une force électromotrice d’induction
rigoureusement
constante. Un
disque
decuivre, pareil
à celui de M.Lorenz,
est(1) La communication de 1B1. Poster n’a pas reçu à cette époque toute la publi-
cité qu’elle méritait ; présentée à l’Association britannique ( Belfort, 1874), elle n’a
pas été imprimée dans 1;s Comptes rendus de ce,te AssDciatIon.
317 mobile autour de son axe,
qui
estparallèle
àl’aiguille
de déclinai-son. Sous l’influence du
magnétisme
terrestre, il s’yproduit
uneforce électromotrice d’induction e
dirigée radialement,
et que l’on recueille au moyen de frotteursplacée
l’un au centre et l’autresur la circonférence. On peut substituer un
disque
au cadre Cdécrit
plus
naut. Si S est la surface dudisque
et n le nombre detours
qu’il
fait parseconde,
on aLa force électromotrice
produite
est trèspetite,
mais elle est dumême ordre de
grandeur
que cellesemployées
par M. Lorenz. Jevais d’ailleurs montrer, par une évaluation
numérique, qu’elles
sont suffisantes pour une déterminations au
(fd-:¡o près.
On peut réaliser le cas de n S = 5mq= 5cq, 104;
l’in tensité horizontale ter- restre étantégale à ;§ environ,
la force électromotrice ohtenue estégale
à 10’4 11 . G , S. D’autre part, supposons que la résistance du circuitqui
contient ledisque
soitégale
à iohm,
et que legalvano-
mètre y dévie de i division pour
1 6.108 C.G.S (1).
Il s’ensuit
qu’une
incertitude d’une division entière dans la lec-ture du
galvanomètre y implique,
pour l’exactitude de la compen-sation,
une erreur relativeégale
à 104 6.103 ou à 1 6000,Au lieu d’un
disque
tournant, il estplus
faciale deprendre
unsimple
filrectiligne qui représente
un des rayons dudisque,
et dele faire tourner à l’intérieur d’un anneau circulaire
fixe,
que son extrémité touche constamment.(1) Les nombres que je prends comme exemple sont empruntés à la réalité. Un
galvanomètre particulier, du modèle Thomson, présentant une résistance de
o,376 ohms, et shunté par une résistance égale à la sienne, dévie de 30o divisions lorsque l’on y fait passer le courant d’un élément Daniell, ce courant ayant tra- versé une résistance de 1o0000 ohms. On déduit de là facilement qu’une division correspond à une intensité de