“
ÉDITORIAL
Aréole et mamelon au bout du sein
Areola and nipple: at the end of the breast
D
ans ce numéro de La Lettre du Gynécologue, nous abordons certains aspects de la pathologie de la plaque aréolomamelonnaire.Le mamelon peut couler… de toutes les couleurs, spontanément ou de manière provoquée, il peut se rétracter, être ombiliqué, en érection.
On peut y voir des lésions à la frontière de la dermatologie et de la sénologie : maladie de Paget, adénomatose érosive, eczéma, maladie de Bowen, mélanome, hidradénite, voire lymphocytome borrélien… ou une localisation de gale…
Les mastites inflammatoires vont souvent entraîner des pertuis au niveau de l’aréole, dont le caractère récidivant est traumatisant pour les patientes…
et les médecins les confondent parfois avec des abcès, qui sont exceptionnels en dehors de la grossesse et de l’allaitement.
Il n’y a pas d’imagerie spécifique de la plaque aréolomamelonnaire, mais on peut, en revanche, explorer l’arbre galactophorique responsable de pathologies à expression mamelonnaire : galactographie, mammographie, échographie et IRM mammaires sont souvent nécessaires.
Il peut être nécessaire de reconstruire la plaque aréolomamelonnaire avec différentes techniques qui, malheureusement, ne permettront pas de rendre la sensibilité, mais seront visuellement satisfaisantes.
Et comme dit le poète :
Mon Dieu ! le beau téton…
Mon Dieu, le beau téton, mon tout, ma doucelette, Que je voy aparoir par dessous ton collet !
Il soupire toujours, las ! qu’il est rondelet, Et garni par dessus d’une peau blanchelette ! Laisse le moi toucher, ma petite garcette, Laisse moy lui donner un baiser doucelet.
Hé, bon Dieu ! quel plaisir ! il est si joliet Que je ne vis jamais charnure si parfaite.
Or, sus, baille le moy, je le veux mignotter, Je le veux manier, je le veux façotter, Pour en sucer le bout de ma langue ravie.
Va-t-en, retire le ! Je suis tout appasté Je suis tout esblouy pour l’avoir façotté
Que de trop de bonheur, je sens couler ma vie.
Pierre de Cornu 1558-1622
La Lettre du Gynécologue • N° 403-404 - juillet-octobre 2016 | 5
M. Espié
Centre des maladies du sein, hôpital Saint-Louis, Paris.
0005_LGY 5 22/09/2016 16:02:21