A NNALES DE L ’I. H. P., SECTION A
Y VONNE C HOQUET -B RUHAT N ORBERT N OUTCHEGUEME
Système de Yang-Mills-Vlasov en jauge temporelle
Annales de l’I. H. P., section A, tome 55, n
o3 (1991), p. 759-787
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759
Système de Yang-Mills-Vlasov
en
jauge temporelle
Yvonne
CHOQUET-BRUHAT
Norbert NOUTCHEGUEME Université Pierre-et-Marie-Curie, 4, Place Jussieu, 75006 Paris Cedex 05, FranceVol.55.n3.1991 Physique théorique
RÉSUMÉ. - Nous démontrons pour le
système intégrodifférentiel
deYang-Mills-Vlasov, régissant
parexemple
l’évolution d’unplasma
dequarks
et degluons,
un théorème d’existence d’une solution locale dans letemps
duproblème
deCauchy.
Nous utilisons lajauge temporelle
et desmajorations
dans des espaces avec unpoids approprié
pour lesimpulsions.
ABSTRACT. - We prove a local in time existence theorem of a solution of the
Cauchy problem
for theYang-Mills-Vlasov integrodifferential
sys- tem. Suchéquations
govern the évolution ofplasmas,
for instance ofquarks
andgluons (quagmas),
where non abelian gauge fields andYang-
Mills
charges replace
the usualelectromagnetic
field and electriccharge.
We work with the
temporal
gauge and use functional spaces with appro-priate weight
on the momenta, but no fall off isrequired
in the spacedirection.
INTRODUCTION
On
envisage qu’à
très hautetempérature,
tellequ’elle
se trouvait parexemple
dans l’universprimordial, quarks
etgluons
formentplasma
(quagma) analogue
à celui constitué par des électrons sedéplaçant
libre-ment dans le
champ électromagnétique qu’ils
créent. Lesystème d’équa-
tions
classiques
modelant une telle situation est unsystème
dit deYang- Mills-Vlasov, couplant
leséquations
d’unchamp
dejauge
dont la sourceest
engendrée
par une fonction de distribution departicules chargées,
elle-même solution d’une
équation
de Liouville-Vlasovexprimant
la conserva-tion des
particules qui suivent,
en l’absence decollisions,
lestrajectoires
du
champ
moyenqu’elles engendrent.
Nous montrons dans cet article que le
problème
deCauchy
pour unsystème
deYang-Mills-Vlasov
sur une variétérégulièrement hyperbolique
a une solution locale dans le
temps.
Nous utilisons lajauge temporelle
etdes
majorations,
avecpoids
dans la direction desimpulsions
pour la fonction de distribution. Nous ne faisons par contre pasd’hypothèses
dedécroissance dans les directions
spatiales,
travaillant dans des ouverts bornés dans ces directions(méthode
utilisée dans d’autres cas par[ 13], [11]).
Le théorème démontré ici et la méthode conforme
(cf. [8]) permettent
de démontrer l’existenceglobale
si la variété estl’espace temps
de MinkovskiM4
et lesparticules
ont une masse propre nulle.1. CHAMP DE YANG-MILLS
SUR UNE
VARIÉTÉ
PSEUDO-RIEMANNIENNESoit V une variété
différentiable,
de dimension d = n + 1 munie d’unemétrique
riemannienne g designature hyperbolique (2014, +,..., + ).
Noussupposerons que
(V, g)
estrégulièrement hyperbolique,
c’est-à-dire : 1 ° V est unproduit
S x[~
avecSt
= SX ~ t ~ spatial
et{ x ~ temporel.
Nous
désignerons par xi
des coordonnées surS,
parx°
ou unecoordonnée
temporelle.
Sans restreindre lagénéralité
onprendra
leslignes
de
temps orthogonales
aux sectionsd’espace,
c’est-à-dire lamétrique
sousla forme
Les
métriques gt=gij dxi dx’
induites par g surSt
sontproprement
riema- niennes et uniformémentéquivalentes
à unemétrique g
à rayond’injectivité 30
nonnul,
donccomplète.
On supposequ’il
existe desconstantes
B1, B2 > 0
telles que danschaque
boulegéodésique
de rayon 880
pour gt surchaque St
on a en coordonnées normales2. Il existe des constantes
A
1 etA2 > 0
telles que sur V la fonctionlapse
a vérifieclo Physique ~ théorique
On
désigne
par A unpotentiel de Yang-Mills représenté
par une 1-formesur V à valeurs dans une
algèbre
de Lie G d’un groupe de LieG,
munied’un
produit
scalaire Ad-invariant. Ondésigne
parA~
lescomposantes
de A dans des coordonnées localesx~‘, ~, = o, 1,
... , n, de V et unebase Ea
de r;. On
désigne
par F la2-forme de
courbure deA, représentée
encoordonnées locales xJJ et
base Ea
paroù
c~
sont les constantes de structure du groupe G et V est la dérivée covariante riemannienne dans g. La 2-forme F vérifie les identitésoù
[ , ] désigne
le crochet dansl’algèbre
de Lie r;.2. TRAJECTOIRE D’UNE PARTICULE
La
charge
deYang-Mills q
estreprésentée
par une fonction sur V à valeurs dans~, q = qa
Ea, detype
Ad comme F parchangement
dejauge.
On dénote par un
point
leproduit
scalaire Ad-invariant dans~,
que l’onsuppose
définipositif
bien que ce ne soit pas nécessaire pour l’instant.Les
trajectoires
d’uneparticule d’impulsion
p et decharge q
dans unchamp
deYang-Mills
sur la variété(V, g)
vérifient lesystème
différentiella dernière
équation,
diteéquation
deWong, exprime
que la dérivée covariante dejauge de q
lelong
d’unetrajectoire
est nulle.L’espace
desphases
tP desparticules
aveccharge
deYang-Mills
est leproduit
tensoriel fibre au-dessus de V du fibretangent
T(V)
et du fibrevectoriel de base
V,
fibretype ~
et groupe l’actionadjointe
de G. Cedernier fibre étant ici trivial on
prend [P
= T(V)
x ~ ===~2
X T(S)
x r;. Lesystème
différentiel(2. 1) exprime
que le vecteurtangent
Y à latrajectoire
d’une
particule
dans cet espace dephases
estreprésenté
par letriplet
Si les
particules
considérées ont une massepropre donnée
m, leur espace . dephase
est le sous-ensemble de P défini parLe
champ
de vecteurs Y est tangent a PhyperboloideGm
passant par cepoint :
lestrajectoires
sont contenues dansl’espace
dephase (i.
lapropre est conservée dans le
mouvement),
la normale à est en effet0)
que l’on vérifie êtreorthogonale
à Y. On ades coordonnées locales sur
~m
sontxï, pi, qa.
On a sur
~m
On
donc,
sim > o, x°
est unparamètre
strictement croissantsur une
trajectoire.
Si m = 0 il n’en sera ainsi que tant que Sip° = 0
on a p =
0,
c’est unpoint singulier
pour lesystème
différentiel.Nous écrirons le
système
différentiel destrajectoires
d’uneparticule
demasse m sous la forme
ou le vecteur X est tel que le
système (2.4)
s écrit localementOn déduit de
(2 . 3)
quep°
est une fonction Coo de x°‘ etp‘
sip° ~ 0.
Alors( po)
-1pi,
et aussi(p°)
-1p‘, ( po) -1 Qa
sont des fonctions de classeCk
surs’il en est ainsi de A et F.
On
désigne
parVT [resp.
la variété S x(
-T, T) [resp.
T(V T)
x~].
THÉORÈME. - ,S’i F est
différentiable
surVT
et bornée ainsi que sa dérivéela
trajectoire
i ~ z(i, z°) _ (t°
+ i, y2(z°))
d’uneparticule
de masse m issuede z° _
(t°, y°)
estdéfinie
pour tout i tel que0 ~
i T - t°quel
que soit y°quand
m > o.Si de
plus
A et F sont COOl’application
yo ~ Y-r est C °° .COROLLAIRE. - Si m = 0 et
pô
> 0 latrajectoire
estdéfinie
dans unintervalle tel que
0 ~
i Min(T - t°,
E(zo)),
où ~(z°)
> 0 nedépend
que de la borneC1
de F surVT ,
et depô.
Preuve. - 10 ° Existence et unicité locales: le
champ
de vecteurs X estde classe
Ci
1 sur Pour tout z° E[PT
il existe donc ~(zo)
> 0 tel que lesystème (2 . 4)
ait pour i E(z°)
une solution et une seule telle que z(0) =
z°.On a z =
(t, y),
y E T(S)
x cg. La solution z(i)
est donnée paralors que
to, yo)
est en coordonnées localesprenant
pour i = 0 les valeurs(xô, pô, qô).
Il résulte de. 5 a)
que cettetrajectoire
coupechaque
sous-variétéT(St)
xcg,
avec tTen un
point
yt(zo)
= y(t
- t,to, yo).
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
Ou déduit des
hypothèses faites
sur(V, g)
queK)
nedépend
que desnormes C1 de F
et A surVT
et de|q0|.
2°
L’existence
et unicitéglobales reposeront
sur les lemmessuivants,
LEMME 1. - Toute trajectoire issue d’un point Zodes inégalités
apriori
(~~
On voit surF expression
deQa
que q .Q = 0,
les solutions de(2.4) vérifient
donc(&)
PosonsOn a:
crou,
en utilisant lesystème (2.4)
etl’expresssion
desd’où
(C
et~a~ désignent
des constantes,C~g
est nul pour unemétrique plate)
on en
déduit
par un théorèmeclassique
pour leséquations
différentielles(on
utilise aussi lerésultat ~ ~ ~ ~
Cte sur unetrajectoire)
d’oû l’existence de la
constante C(T)
telle quequand 03C4~T- tQ,
LEMME 2. - Soient xo et xt les
images
dans laprojection
T(S)
-+ S desT
(St)
x ~. Soit d la distance ’ dans(S, g)
on a : .’Considérons la courbe
projection
sur S de latrajectoire
de Xpassant
par(to, yo).
La distancext)
est auplus égale
à la
longueur
lelong
de cettecourbe,
c’est-à-direle
long
de y on ad’où le résultat annoncé.
Preuve du théorème. - On déduit l’existence
globale
de l’existence locale et desmajorations a priori
comme suit :désignons
par ~ le supremum des valeurs de ’t pourlesquelles
lasolution t~z(03C4, zo)
existe.Supposons
~ T - to.
PrenonsT~=~2014~
et posons Lesystème (2 . 4)
admet une solution
z,~),
avecz(0, 211) = 2", K).
Ona
(résultat classique conséquence
del’unicité)
Ilsuffit de
prendre 11
~ 2014 8(T, K)
pour voir que ~T - to
nepeut
pas être le supremum concerné.Preuve du corollaire. - Elle résulte de la minoration sur une
trajectoire
que l’on prouve, avec la
propriété
annoncée deE (zo),
en déduisant de(2 . 7) l’inégalité
obtenue ensoustrayant u1~2 (0)
des deux côtés.3.
ÉQUATION
DE LIOUVILLE-VLASOVSoit
f
une fonction de distribution pour lesparticules Yang-Mills
char-gées
c’est-à-dire une fonctionnumérique positive
surl’espace
desphases fP, physiquement interprétée
commeprobabilité
de densité deprésence
desparticules. L’équation
deLiouville,
aussi dite deVlasov, qui exprime
laconservation du nombre de
particules,
est l’annulation de la dérivée de Lie def
dans la direction du vecteur Ytangent
auxtrajectoires.
Elles’écrit :
Nous supposerons que ~ les
particules
ont une masse ’ donnée m et que ~ leurcharge a
unegrandeur
donnée e, c’est-à-dire "prend
0 ses valeurs dans uneAnnales de ’ l’Institut Henri Poincaré - Physique - théorique
orbite (~ de la transformation
adjointe
dans cg.l’espace
desphases ~
est le sous-espace de défini par(3 . 3).
Levecteur Y en un
point
lui esttangent,
à cause del’antisymétre
des On
désigne
encorepar f
la fonction de distribution surL’équation
de Liouville-Vlasov s’écrit maintenant encoordonnées locales
où les
qA
sont des coordonnées sur~, QA
lescomposantes
du vecteurQ
tangent
à ~.4.
ÉQUATION
DE YANG-MILLSLe courant
engendré
par lesparticules
decharge q
et de fonction de distributionf
estreprésenté
par un vecteur J surV,
à valeursdans
detype
Ad parchangement
dejauge,
donnéau point
x~V parl’intégrale
sur la fibre
.
où
(Op
est l’élémentd’intégration
usuel dansl’espace
desimpulsions
d’uneparticule
de masse m, forme deLeray
induite par l’élément de volume deTx V
et
COq
la forme deLeray
induite sur (!) par un élément de volume Ad invariant dans cg. Sous leshypothèses,
faites on a en coordonnées canoni- ques sur G pour élément de volumedq 1... dqN,
etCOq
est l’élément devolume d’une
sphère SN -1 _
’ ,LEMME. - Si le groupe G admet un
produit
scalaire Ad invariant et sif vérifie l’équation
de Liouville-Vlasov
ladivergence
covariante dejauge
ducourant J est nulle. ’
Preuve. - Cette
divergence
estle calcul montre que cette
expression
s’annule si les constantes de structure ont une tracenulle, c~==0,
c’est-à-dire si le groupe G estunimodulaire,
eten
particulier
si cg admet unproduit
scalaire Ad invariant.Les
équations de
sontL’identité
implique
que(4 . 4)
nepeut
être satisfait que si le courant J est àdivergence
covariante de
jauge
nulle.Le
système de Yang-Mills-Vlasov
sur la variété(V, g),
auxinconnues/
fonction sur P et
A, potentiel
deYang-Mills
surV,
est constitué deséquations (3.2)
et(4.4),
cesystème peut
avoir dessolutions, d’après
lelemme,
sousl’hypothèse
faite sur cg.5.
PROBLÈME
DE CAUCHYLes données de
Cauchy
à l’instantx° = 0
pour lesystème
Y.M.V. sont :1 ° Pour le
champ
deYang-Mills
la donnée d’unpotentiel
deYang-
Mills a sur S = S
x { 0 }
et d’un vecteur Etangent
à S à valeurs dans etde
type
Adqui
serontrespectivement l’image réciproque
dupotentiel
deYang-Mills
par l’inclusion S -~ V et la restriction à S de lapartie électrique
a
F°i
duchamp.
2° Une fonction (p sur le
produit qui
sera la valeur dureprésentant de/pour
Contrainte. - Les données de
Cauchy
doivent satisfairel’équation (4. 3)
d’indice zéro sur
S, qui
s’écrit .où div est la
divergence
covariante dejauge
et riemannienne sur S. Pour la solution de cetteéquation
en Equand a
et cp sontdonnés,
voir[8].
Nous déterminerons le
potentiel
enjauge temporelle,
c’est-à-dire satisfaisant
A
= 0. Alors on aLes
équations (4.4)
d’indice i s’écriventAnnales de , l’Institut Henri Poincaré - Physique - théorique -
on leur
adjoint
commeéquations
unepart
des identités( 1 . 1 )
Il est facile de voir que
LEMME 1. -
Quand f
est connu,(5 . 2), (5 . 3), (5 . 4) forment
unsystème symétrique hyperbolique
dupremier
ordre pourAi, Foi, Fij.
LEMME 2. - ,S’i
(5.2), (5.3), (5.4)
et(3.2)
sontvérifiés
etFij-~i Aj
+~j Ai - AJ vérifient
unsystème hyperbolique
dupremier
ordre
homogène.
Preuve. - Utiliser les identités.
6.
SYSTÈME LINÉAIRE ASSOCIÉ
Supposons donnés], Âi, Foi, Fi
J. Considérons lesystème
linéaireavec
Les données de
Cauchy
pourx°
= o sont: ai,Ei,
cp.On
rappelle
queVT désigne
la variété S x( _ T, T).
Ondésigne
parC~ (V T) [resp. C~ (&>T)] l’espace
des restrictions à[resp. ~T]
des fonc-tions ou tenseurs COO sur V
[resp.
àsupport compact.
THÉORÈME 1. -
Supposons
queÃ
etF
soient dansCp (VT),
alorstion liuéaire
(6 . 1)
a une solution et une seulef~ C~0(PT),
prenant la donnée deCauchy
tp(xt, p~, qa)
EC~ (So),
1 °
quels
que soient T et cp si m >o,
2° pour T assez
petit
etSupport (cp)
c >0 }
si m = 0.Preuve. -
L’équation (6 . 1 )
s’écrit commeéquation
différentielle sur lestrajectoires
Si
Ã
et(VT)
ils vérifient leshypothèses
du lemme1, § 2,
pour tout T’ T. Soit(t, x‘, ~t, qa) - (t, yt)
unpoint
deSt.
Latrajectoire
duchamp
de vecteurs Y
passant
par cepoint
estelle coupe
So
pour la valeur ’"C= 2014 ~
si cette valeur de t est incluse dans l’intervalle dedéfinition,
donctoujours
si ~>0. Lepoint
d’intersectionest
On en déduit les résultats du
théorème,
la fonctionf’E C~ prenant
la donnée deCauchy
cp étant :THÉORÈME 2. -
si ,
etA, FECr(VT),
lesystème
linéaire(6 . 1 ), (6 . 2), (6 . 4)
aux inconnuesA,
F admet une solution dansCô (VT), unique,
prenant les données deCauchy
a, E ECô (S).
Preuve. - Lemme
1, 9 5,
etappartenance
du second membre àCO (VT)-
Nous montrerons l’existence d’une solution du
système
non linéaire àl’aide de
majorations
que nous allons maintenant établir.7. MAJORATION
DEfDANS Lp (St)
Soient 8 une forme élément de
volume,
et Y unchamp
de vecteurs surune variété différentiable
W,
onrappelle
les identitésoù div Y est la
divergence
relative à cette forme8,
c’est-à-dire que si 0 est en coordonnées locales(p
densitétensorielle)
on a, dans ces coordonnées :Soit w une sous-variété de codimension 1 de W.
Supposons qu’en chaque point
de w lechamp
de vecteurs Y lui soittangent. Désignons
par 8 la forme deLeray
induite par 0 sur w. On déduit de(7 .1 )
que si Y a unedivergence
nulle sur(.W, 0)
et esttangent
à w, il a aussi unedivergence
Annales cle l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
nulle sur
(w, 9).
On va en déduire:LEMME. - Le vecteur Y donné par
(2.
1b)
a unedivergence
nulle sur, 8) .
Preuve. - La forme élément de volume sur P
est induite par la forme élément de volume e sur T
(V)
pourlaquelle
il est facile de vérifier que, par suite de
l’antisymétrie
des constantes de structure Y a unedivergence
nulle sur T(V) (la propriété
correspon- dante dans le casélectromagnétique
est bienconnue).
Conservation
Remarquons
d’abord que2y /= 0
entraîne :D’où, d’après (7. 1)
et le lemmeprécédent :
En utilisant à nouveau
(7 .1 ),
enintégrant
sur on obtient :THÉORÈME. - a, pour tout
où
8. MAJORATIONS AVEC POIDS
Soit h une fonction
positive,
de classeCi
1 surV T. L’équation
où b estune fonction donnée
entraîne
vérifie (8.1):
Si on
prend
pour A la fonction donnée en coordonnéesadaptées
à V = S x IRpar
on à
avec
c’est-à-dire
On en déduit que,
quel
quesoit (ôg
n’intervient que par~0 03B1
etOn a
ú’2m.
On surdose, si aucon a alors sur le
support
de~’
On pose
10 Si
&=0,
on déduit de(8.2)
et(8.3), (8.4):
v1 Poincaré - Physique - théorique -
, , .
2° Si
b ~ ~,
on note~ est a
remplacer
paret
implique
9. LOCALISATION
La localisation
permet
d’unepart
de raisonner en coordonnéeslocales,
ce
qui allège
les notations pour lesdérivées,
ellepermet
d’autrepart
d’obtenir des théorèmes(locaux
dans letemps)
sans restrictions sur lecomportement
à l’infinispatial
des données deCauchy.
Soit
Bà, S8~
une boulegéodésique
de rayon Õ de(5, ~)
Prenons surB03B4 des
coordonnéesgéodésiques rapportées
à son centre.Considérons rouvert borné R défini par
La frontière
de 03A9t
estla boule de
Sol
et L
(frontière latérale)
est donnée parCette frontière est
spatiale
siD’après
leshypothèses
sur lamétrique,
il existe surBè)
des nombres A et B > 0 tels que(9 . 5)
est donc vérifié dès queK > A - 1 B.
On pose les coordonnées dansSZt
sontqA).
La frontière dent
estmais
SZt
n’est pas borné : il s’étend à l’infini dans la direction du facteur [R".On a
l’identité,
pour tout élément de volume et toute fonction a :d’où. pour l’élément de volume 8. puisque div Y = 0 dans ce cas.
Nous
désignerons
parC~ l’espace
" des restrictions àSZt
de fonctionsCk
àsupport compact
sur f!JJ. ’ Soit Enappliquant
la formule deStokes à f9. 7l on trouve :
où les
intégrales
sontprises
sur les variétésindiquées
orientées defaçon
que leur volume induit par celui de
t soit positif.
Surrot [resp. coj
on aet sur
t,
vérifiant, ’
,oL
forme deLeray
induite sur L.On a :
Sur
Bô
x~,
il existe des nombresAl
etB1
>0 tels queAnnales l’Institut Henri Poincaré - Physique - théorique
D’où,
en utilisant la relation entrep°
et lespi,
il suffit de
prendre 1 B
pour avoirdonc
(9 . 8)
entraîne doncOn en déduit pour
a = f 2, puisque majoration
localisée10. MAJORATIONS AVEC POIDS Prenons
a = ~p~)2k .~2,
posons maintenantLes calculs faits au
paragraphe
8 etl’inégalité (9. 9)
montrent quel’inéga-
lité
( 8 . 7 )
est valable avec ces définitions pourt ~ ~ 2
le supremumde
1 F étant
maintenantpris
surMajoration
des dérivéesNous
désignons
parDl
une dérivéed’ordre III
+ ... +lp
d’unefonction sur avec
l = (ll,
...,lP) _ (li),
notons parl, l
et7
le nombreL’équation implique,
avec lesCf
desnombres,
et en ordonnantpartiellement
les suites par leurséléments,
on voit par
inspection
que les dérivées de Y vérifient lesmajorations :
Posons
On déduit des
majorations (10.2) :
Posons
Notons
on a
Annales de l’Institut Poincaré - Physique théorique
Normes et espaces
fonctionnels,
définitionsOn
désigne
par[resp. l’espace
des restrictions àQ, [resp. nj
deséléments
de[resp. COO (.9’)]
àsupport compact
dans V[resp.
1 °
L’espace
est la fermeture de dans la normeavec
2°
L’espace E~
est lafermeture
deC~ (S2t),
dans la normeavec
avec |Dr
F( 2 == l (Dr FÀ1.J2.
LEMME 1. - alors
u203C3~Es-|03C3|1(03A9t), fermeture
dedans la norme
avec
Preuve. -
Soit f
EC~ (SZt).
On aor
de même
d’où
Le résultat est
conséquence
del’inégalité
" et des définitions parcomplétion.
LEMME 2. -
,
avecS > n + 1, et r _- l 6,
’
Preuve. - Prenons
Appliquons
le théorème demultiplication
pour les espaces de Sobolev sur rot:avec
Par
intégration
del’équation ( 10 . 1 ),
en utilisant lesinégalités
démon-trées dans les lemmes 1 et
2, puis
le lemme de Gronwall on obtient le théorèmeTHÉORÈME. - Si
,f’
EC~0 (SZt)
et siA,
F EE2 (SZt)
avec S > n +l, vérifient l’équation IY=
b alors on a pours _ S,
i E0, t]
11. MAJORATIONS DU COURANT
LEMME. -
f ’
CE2,
k(SZt),
avec k >n, 2
alors J EE2 (SZt).
Preuve. -
Soit . E Coo (SZr).
On aAnnales de l’Institut Physique théorique
où
d’où
on a
d’où
alors
Dans
Q
on a avec évidemment/=7=0,
d’où,
si A;> -,
donc,
12.
INÉGALITÉS ÉNERGÉTIQUES
POUR LESYSTÈME
LINÉAIRE
EN FOn considère ici
l’opérateur
linéaire L sur F défini par lespremiers
membres de
(6.1), (6 . 2).
On définit la
métrique proprement
riemannienne y par :Elle est
uniformément équivalente
à lamétrique
euclidienne.est un
champ
de tenseurs de classe~~
surnT
et àvaleurs dans
~,
on définit maintenant la norme de aupoint x
par :et on pose :
On a, pour la 2..forme de courbure
F = (F0152f})
deA,
étant données sonet la définition
PROPOSITION. - Si F et d sont
Cf
etvértfient
lesystème
LF = d, alors on a. bour tout t E [0. T]. les inégalités :
.
{on rappelle qu’on désigne
par C des constantes nedépendant
que deV,
g,J,
et par C~g de telles constantesqui
s’annulent avec les dérivées deg).
fl les termes en k-1 ne
figurent
pas dans(12. 1)
Considérons le cas Le
système
avecd ~
{a, bj :
,:Le
produit
scalaire contracté de(12.2)
par~~~
etde (12.3)
parpij donne, compte
tenu del’antisymétrie
deF,
despropriétés
de V et de la forme dela
métrique :
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique théorique
l’on
déduit,
vuesl’expression
Introduisons " du tenseur de
Maxwell :
On a:
(t2.6)
est) comme .prévisible :
On
a parailleurs,
enfixant
On en
déduit
Intégrons
suren utilisant Pidentite
et la
formule
- de Stokes. On obtient :avec sur
L,
donné par(9.4)
avec une normale extérieure orientée vers le futurIl est bien connu et facile à ,
vérifier
que " le vecteurt(O) À
esttemporel (ou
isotrope),
orienté le futur: Ondéduit,
compte
tenu de(9 . 5),
lapositivité
del’intégrale
sur L. D‘ où( 12 . 9)
donnealors, compte
tenu del’inégalité
de Schwarz :et le lemme de Gromwall donne :
( 12 . 10)
estl’inégalité ( 12 . 1 )
pourk = 0,
Remarque. -
On a iciCa9
= 0 si lamétrique g
eststatique.
2°
Supposons l’inégalité ( 12 . 1 )
vraie pour/=0,1,2, ... , k,
et montronsqu’elle
l’est encore pour l = k + 1.Appliquons
auxéquations ( 12 . 2)
et( 12 . 3).
On obtient :où
où on a
posé
dans( 12 . 13)
et( 12 . 13’) :
On déduit de ces
équations
Annales de l’Institut Henri ca - Physique théorique
où M vérifie une
inégalité
de la formeOn introduit alors le tenseur :
On a :
En utilisant
( 12 .14)
on trouveEn
intégrant
cetteégalité sur 03A9t et en utilisant les
expressions et deon trouve :
et le lemme de Gronwall donne :
0 , Pt rie f 12 aue . Fon a nour tout entier
c’est-à-dire la formule
(12. 1).
THÉORÈME. - ,S’i F et d sont dans
C~ (QT)
etvérifient
LF = d alors on apour tout s et pour tout t E
[0, 11
lesinégalités
L’équivalence
uniforme surnT
desquantités 03A3 ~~hF~03C9t
~!=0
donne avec
l’inégalité (12.16)
etquelques manipulations
usuelles13.
INÉGALITÉS
POUR AA étant un vecteur à valeurs dans G de
composantes (A‘, 0),
on va ’montrer
PROPOSITION. - Si A est dans
C~0 (QT)
etvérif ie l’équation ôo Ai
=Foi,
alors on a, pour tout t E
[0, TJ,
lesinégalités
Preuve. - On déduit de
ôo A~
=Fo~
queOn
intègre
la dernière relation sur on utilise la formule de Stokes et lapositivité
deAi . Ai
pour obtenirLa formule ~
générale
~( 13 . 1 )
se démontre ~ comme " dans le cas deF, §
’12,
par récurrence ~ sur k et utilisation du lemme ~ de Gromwall. On a aussi THÉORÈME. - 57
A, F
sont dans COO alors pourchaque s
et pour touttE [0, T]
Annales de , l’Institut Poiucaré - Physique - théorique -
14.
ITÉRATIONS (cas m>O)
Nous allons utiliser les solutions du
système
linéarisé pour construireune suite d’itérées
qui
convergera dans des espacesappropriés
vers unesolution du
problème
nonlinéaire,
nous supposons m > 0 poursimplifier.
Construction des itérées
Soit donné
(F l’ Al, .f’1)
EC~ (QT)
XC~ C~ (5~.1.).
on définit la suite(F v’ A,
par résolution dusystème
linéaire duparagraphe
6 où on faitF=F A = A~, .Î=fv ~
avec les données de
Cauchy (1>,
a,cp)
EC~ (0)0) x
COO xC~
Convergence
des itéréesPROPOSITION. - Pour
chaque
entierpositif
s etchaque k > n
la suite 2(F v’
est deCauchy
dans$~ (t)
=E2
xE2 (SZt)
xE2,
k(S2t)
si testsuffisamment petit.
Preuve. - Choisissons un entier s > n + 1 et un nombre k >
’2.
2
10 ° Montrons que la suite est bornée. Soit
Mo, M’0, No
les bornesIl F 1B
kdéduites
des données deCauchy.
Posons~2 (t) ’
=E2 (~t)~ E2,
k(t)
==E2,
k(~t). Supposons
Compte
" tenu du fait que "E~ (t)
est unealgèbre
sis > ~ 2
et de lamajoration
du courant
paragraphe
" 11 on voit que "On déduit donc de la
majoration ( 12 . 16)
et del’hypothèse ( 14 . 1 )
quel’on a, pour tout
t T
alors que le
paragraphe
13implique
uneinégalité
de la formeLa
majoration (10.2)
donne d’autrepart
Il suffit de choisir
M, M’,
N assezgrands
et t assezpetit
pour que1 vérifient
à leur tour lamajoration ( 14 . 1 ).
2°
Convergence
des itérées. En utilisant les bornesprécédentes
et lesinégalités ( 12 . 16)
on trouve, endésignant
parCo
une constancequi dépend
des bornes
Mo, M~, No
et une
inégalité
encoreplus simple
pourL’inégalité
pourse déduit de
( 10 . 2),
où l’on fait En utilisantl’expression
deYv
et des calculsanalogues
à ceux duparagraphe
10 onvoit que pour s > n + 1
la norme dans
(t)
est bornée si par un nombrequi dépend
des bornes
M 1, N1
définies commeMo, M~, No,
mais pour s + 1.En
regroupant
lesinégalités
on voit que est tel queIl suffit de
prendre pour
que la suite Uv soit une suite deCauchy.
15.
DONNÉES
DE CAUCHY DANS DES ESPACES HSPosons
Désignons
pardes espaces définis comme
E~ [resp. E2, k]
mais avec une normeLoo
en tau lieu d’une norme
CO
pour les dérivées d’ordre s : ces espaces sont des dualsd’espaces
de Banach(cf. [ 10]),
parconséquent
leurs ensembles bornéssont faiblement
compacts.
THÉORÈME. - Le
système
enjauge temporelle (3.4), (5. 3), (5.4)
admetune solution et une seule
(F, A, f )
E~ (t)
=É2 (QJ
xÉ2 (QJ
xE2, k (SZt)
pre’nant les données de
Cauchy (0,
a, si t estsuffisamment petit,
2
Approchons
les données deCauchy
parAnnales ’ -/? l’Institut Henri Poincaré - Physique - théorique
(rappelons
que les éléments de ne sont àsupport compact
que dansV,
ou Construisons la suite comme auparagraphe précédent,
mais avec ces nouvelles données initiales. Lesmajorations
desitérés restent
valables, dépendant
de la normeHsk
de(1>,
a,p),
si s>n+1,
A;> -.
Pour étudier la convergence de la suite Uy onremplace (14.6)
parl’inégalité
valable pour tout s’ >n , 2
avecs’ ~ s
En utilisant
( 10 . 2)
et( 14 . 7)
on a, pour s donnésupérieur
àn + 1,
avec seulements’ _ s -1, puisque fv
n’est borné que dansE2, k (t)
On déduit de
( 15 . 1 ), ( 15 . 2)
la convergence de la suite u~, pour assezpetit,
danss~-1,
vers Cette suite est d’autrepart
bornée dans~ (t)
cJh~ (t),
onpeut
en extraire une sous-suitequi
convergefaiblement dans cet espace, donc
16. EXISTENCE D’UNE SOLUTION DU
SYSTÈME
DE YANG-MILLS-VLASOV
THÉORÈME. - Le
système de
avec admet unesolution sur prenant des données initiales
avec s > n +
l,
k>- ,
si ces donnéessatisfont
la contrainte et si t E, où 2ne
dépend
que de(V,
g,!/)
et des normes des données deCauchy.
Preuve. - On déduit des données initiales
(a, 1>, cp)
E~k
enposant
on résout le
système
enjauge temporelle
avec des données deCauchy.
Onmontre en utilisant le lemme
2, § 5,
que cette solution vérifie lesystème complet
Remarque
1. - Onpeut
déduire duprécédent
un théorème d’existence pour~8B global
dansl’espace, avec
des données initiales dont la restric- tion àchaque
boulegéodésique Bô (chaque Hô
pourp)
est dans avecuniformément bornées.
Remarque
2. - Onpeut
démontrer par des méthodesstandard [20])
un théorème à un
changement
dejauge près.
17.
En utilisant les méthodes
précédentes
etl’expression (6.7)
de on voitque te théorème d’existence du
paragraphe
16s’étend
au cas~=0,
ainsique les remarques 1 et
2,
à conditiond’ajouter
auxhypothèses
la suivante(17.1)
Ce théorème local et les
propriétés
d’invariance conforme dusystème
deYang-Mills-Vlasov
avec(cf. [21]) permettent
de montrer un théo- rème d’existenceglobale
d’une solution duproblème
deCauchy
pour cesystème
surl’espace temps
deMinkovski,
en utilisant la méthode donnée dans[8].
[1] A. ALVES,
Équation
de Liouville pour les particules de masse nulle, C. R. Acad. Sci.Paris, t. 278, série A, 1975, p. 1151-1154.
[2] D. BANCEL et Y. CHOQUET-BRUHAT, Existence, Uniqueness and Local Stability for the Einstein-Maxwell-Boltzman System, Comm. Math. Phys., vol. 33, Springer Verlag, 1973, p. 83-96.
[3] D. BANCEL, Problème de Cauchy pour l’équation de Boltzmann en relativité générale,
Ann. Inst. Henri Poincaré, vol. XVIII, n° 3, 1973, p. 263-284.
[4] F. CAGNAC et Y. CHOQUET-BRUHAT, Solution globale d’une équation d’ondes non-
linéaires sur une variété hyperbolique, J. Maths Pures Appl., t. 63, p. 377-390.
[5] Y. CHOQUET-BRUHAT, Problème de Cauchy pour le système intégrodifférentiel d’Eins- tein-Liouville, Ann, Inst. Fourier, Université de Grenoble, vol. XXI, fasc. 3, 1971.
[6] Y. CHOQUET-BRUHAT, Existene and Uniquenessfor the Einstein-Maxwell-Liouville System Gravitation, volume dédié à A. Petrov, Nankova Dumka, Kiev, 1972.
[7] Y. CHOQUET-BRUHAT, D. CHRISTODOULOU et M. FRANCAVICLIA, Cauchy Data on a Manifold, Ann. Inst. Henri Poincaré, vol. XXIX, n° 3, 1978, p. 241-255.
[8] Y. CHOQUET-BRUHAT et D. CHRISTODOULOU, Existence of Global Solutions od the
Yang-Mills, Higgs and Spinor Field Equations in 3 + 1 Dimensions, Ann. Ec. Norm.
Sup., 4e série, t. 14, 1981, p. 481-500.
[9] Y. CHOQUET-BRUHAT, S. M. PANEITZ et I. E. SEGAL, The Yang-Mills Equations of the
Universal Cosmos, J. Funct. Anal., vol. 53, n° 2, 1983, p. 112-150.
[10] R. J. DIPERNA et P. L. LIONS, Global Weak Solutions of Vlasov-Maxwell Systems,
Comm. Pure Appl. Math., vol. XLII, 1989, p. 729-757.
[11] M. DOSSA, Solutions globales d’équations non linéaires sur des variétés hyperboliques,
C. R. Acad. Sci. Paris, t. 309, série I, 1989, p. 601-604.
[12] D. EARDLEY et V. MONCRIEF, The Global Existence et Yang-Mills Fields in 4-Dimensio- nal Minkovski Space, Comm. Math. Phys., vol. 83, 1982, p. 171-212.
[13] J. GINIBRE et G. VELO, The Cauchy Problem for Coupled Yang-Mills and Scalar Fields in the Temporal Gauge, Comm. Math. Phys., vol. 82, 1981, p. 1-28.
Annales de l’Institut Henri Poincaré - Physique ~ théorique