HAL Id: jpa-00238045
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Submitted on 1 Jan 1883
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Sur les expériences propres à manifester la rotation de la terre
Ph. Gilbert
To cite this version:
Ph. Gilbert. Sur les expériences propres à manifester la rotation de la terre. J. Phys. Theor. Appl.,
1883, 2 (1), pp.101-112. �10.1051/jphystap:018830020010100�. �jpa-00238045�
101
SUR LES EXPÉRIENCES PROPRES A MANIFESTER LA ROTATION DE LA TERRE;
PAR M. PH. GILBERT.
Pendant bien des
années,
la seule preuvemécanique
que l’onpût
fournir de la rotation de la Terre autour de son axe était ladéviation,
parrapport
à laverticale,
des corps tombant d’unegrande
hauteur.Indépendamment
des théoriesanalytiques
que l’on donneaujourd’hui
de cephénômène,
y ils’explique
par cettesimple
observation que le corpstombant,
par suite de la rotation terrestre, est animé audépart
d’une vitesse horizontale vers l’estsupérieure
à celle dupoint
de la surface duglobe
situé sur lamême verticale : il ira donc tomber un peu à l’est de ce
point.
Ilest assez curieux que cette
conséquence
aitéchappé
àGalilée,
etque Newton ait été le
premier
à lasignaler
et Hooke à la vérifier.Mais le résultat de cette
expérience, qui
nous estinconnu,
devraitêtre assez
grossier,
car elleexige
desprécautions
infinimentplus
minutieuses
qu’on
ne sel’imagine
aupremier
abord.L’abbé
Guglielmini,
en 1790, exécuta lepremier
des recherchesscientifiques
sur cesujet,
dans la tour des Asinelli deBologne.
Iltrouva une déviation de
Oill, 016
pour une hauteur de chute de240 pieds. Malgré
le zèle et lapatience
de cet habileexpérimen-
tateur, ce
résultat,
conforme à lathéorie, perd beaucoup
de savaleur,
par suite d’un défaut grave dans la vérification de la verti-cale
Les travaux de
Benzenberg
dans la tourSaint-Michel,
à Ham-bourg,
en1802,
etplus
tard dans unpuits
de mine abandonné deSchlebusch,
laissèrent encore bienplus
àdésirer;
les déviationsobservées
comportaient
desécarts,
dans tous les sens, debeaucoup supérieurs
à la déviationqu’il
fallait mesurer.Les
expériences
lesplus
célèbres sur cesujet
sont celles dont Reich aconsigné
le détail dansl’opuscule
Fallversiiche über die(1) Pour le détail de ces expériences et pour l’histor ique de ces recherches, je
me permets de renvoyer à un article inséré au Bulletin des Sciences lnathenza-
tiques et astrononâques) 26 série, t. N-1, p. i8ç~; août i8gz.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018830020010100
102
Umdrelitti-t-
derE"’rde)
etc., etqu’il
exécutaprès
deFreiberg
en183 1. Les
précautions
lesplus
minutieuses avaient étéprises
pour éviter les courantsd’air,
les rotations du corpstombant,
les im-pulsions
latérales au moment dudépart, impulsions qui produisent
des déviations bien
supérieures
à cellequi
résulte de la rotationterrestre. Six séries
d’expériences, comprenant
ensemble i o~ chutesobservées,
donnèrent en moyenneo~-, o284
de déviation vers l’estet Oill,
004
de déviation vers lesud,
pour une hauteur de chute dei ~ 8’ll, ~ 4,
tandis que la théorieassigne o"B02~5
pour valeur à lapremière,
etn’indique
aucune déviation vers le sud.Ce résultat fut
regardé
comme très satisfaisant etdonné,
par- tout, comme une confirmation éclatante dusystème
deCopernic;
mais cette
impression
ne se soutient paslorsqu’on
étudie le détailde ces
expériences fameuses,
car la moyenne citée ne donne aucuneidée des écarts
qui
se sontproduits
dans les difl‘érentesexpé-
riences. Les moyennes des diverses séries sont
déjà
fort peu con- cordantes entreelles ; mais,
si l’on examine une mêmesérie,
lapremière
parexernple ( 23 chutes),
la moyenne de0111,027 qu’elle
donne pour la déviation orientale ne laisse pas soupçonner que, dans cette
série,
la déviation à l’est oscille entreo~,
o I g eto~,1
1 79,et
qu’il
y a même des déviations vers l’ouest allantjusqu’à Om,Oj7’
Or, quelle
confiance accorder à une moyenne deom,
027 àl’est,
dans une série
d’expériences qui
encomportent
où la déviation estdu
triple
en sens contraire? Les autres sériesprésentent
des ano-malies aussi
fortes,
etquant
aux déviations dans le sens du méri-dien,
ellespassent
par tous les nombresdepuis
onl,t â7
vers le sudjusqu’à
om~ 15 1 vers le nord. Reich a annexé à son 1BJémoire un tableaugraphique qui manifeste,
de la manière laplus
nette, l’in-certitude des résultats.
Si l’on observe que presque toutes les recherches citées
plus
haut
signalent
une très faible déviation vers lesud,
que la théorien’explique
pas(1);
que laphysique
deprécision dispose aujour-
d’hui de méthodes et
d’appareils
biensupérieurs
à ce que l’onpossédait
eni 830,
que lesprofondeurs
de 300111 et au delà ne sontpas rares dans
les puits
de mine à notreépoque,
on nepeut
s’em-(’ ) Car celle que l’on obtient en tenant compte des grandeurs de l’ordre du carre de la rotation terrestre est absolument inappréciable.
103
pêcher d’exprimer
le désir que cesexpériences,
d’une sigrande portée théorique,
soientreprises
et exécutées enfin d’une manièrequi
ne laisseplus
rien à désirer.Vingt
ansaprès
les recherches deReich,
Léon Foucault trouvai dans la déviation duplan
d’oscillation d’unpendule
libre unemanifestation bien
plus
nette de la rotation duglobe.
Je n’ai pas à m’étendre ici sur cetteexpérience célèbre,
refaite tant de fois etdont la théorie a donné lieu à de nombreux et’solides travaux
( i ).
Le seul
point
surlequel j’insisterai,
c’est quel’expérience
deFoucault suppose au fil de
suspension
une élasticitérigoureuse-
ment constante dans tous les
azimuts,
etqu’il
y a là une condition difficile àréaliser,
àlaquelle
on doit sans doute rattacher de n0111- breux insuccès. Laplus
minime variation d’élasticitéqui
peut exister autour de l’axe du fil constitue une cause déviatrice perlna-nente du
plan d’oscillation ;
la rotation de la Terre en est uneautre, très faible
aussi,
et c’est de lagrandeur
relative de ces deux forcesperturbatrices
que vontdépendre
les effets observés.C’est pour cette raison que l’on a, à diverses
reprises,
tentéd’appliquer
aupendule
de Foucault lasuspension
de Cardan.Les
expériences
du DlGarthe,
effectuées dans cesystème
à la ca-tiiédrale de
Cologne,
sont au nombre desplus parfaites qu’ait inspirées
la belle découverte de Foucault(2),
et sont peu connuesen France.
Dans une
pierre
formant clef de voûte à 50m au-dessus dupavé
de
l’église,
etqui présentait
à sapartie supérieure
une cavité seterminant par une ouverture
cylindrique
vers lebas,
on fixa iné-branlablement un bloc de chêne H
(~Ly. 1 ), percé
d’une ouvertureverticale en
correspondance
avec celle de lapierre.
Cette ouverturesfut
garnie
d’un anneau circulaireA,
encuivre,
vissé dans le bois.Un deuxième anneau
concentrique
Breposait,
par despivots
enacier très
soignés,
sur lepremier,
defaçon
à être mobile autour1’ ) QUET, Journat de Liouville, t. XVIII. - PO~CELr:T, COlnptes rendus, 18l>ü.
- H.B~SE:i, Theorie der Peiidelbeçïeguiig. - DDIBS, Journal de Ci-elle, t. a). --
SERRET et Y. VILL-~RCE.1t’, Conz~tes recz.clzcs, et 1879. - Rcs.m., Traite de Ji£!- C6Ï/M~M6. 2013 Cle DE SI’.1RRL,, Tlzése doctorale, 1882. - nERTR_B~D, Cornptes rendus,.
1882, etc.
(") .F’oueault’s Versllch als direll ter Beweis der Axendrehung clen Erde, Coin, i 85? .
104
d’un diamètre horizontal. Un axe d’acier
C,
y àangle
droit sur cediamètre,
tournait sur des coussinets faisant corps avec l’anneauB,
et à cet axe, dans
l’espace
resté libre au centre del’anneau,
pen-dait la
pièce métallique
P àlaquelle
était attaché le fil suspenseur, Fig. i.de om, oo7
d’épaisseur.
Grâce à la délicatesse de ce mode de s us-pension,
les oscillations dupendule
étaient encoreparfaitement perceptibles
au bout de six heures. La durée d’uneoscillation,
dans les
expériences
du D’Garthe,
était dei3%
5 et il en résultaitune déviation de
om,
oo3 sur legrand
cercle divisé horizontalplacé
au-dessous du
pendule.
Cinq
sériesd’expériences
eurent lieu du 28 mai au14 juin
1852.Dans
chaque expérience,
on mesurait avec soin letemps
que met- tait leplan
d’oscillation à sedéplacer
de5°,
pour en déduire letemps
nécessaire à une déviation de 1 °,temps qui, d’après
lathéorie et abstraction faite des
petites
variations que les étudespostérieures
ontrévélées,
devait être de5m8s, 23, temps
moyen.Cette durée a
varié,
dans lapremière série,
de5m 7s,
6 à5m 1 os, 4 ;
dans la
deuxième,
de5m 6S,
2 à5m lOs;
dans latroisième,
de 5m8s, 4
à
5m IlS, 4;
dans laquatrième,
de 5m~S, 8
à5m 1 18, 4;
dans la cin-quième,
de5m 48,
6 à5- 1 os,
8. La moyennegénérale,
déduite de 36expériences,
a donné5~8% 75,
avec une erreurprobable
n’at-teignant
pas une demi-seconde. On saisira mieux encore l’accordremarquable
entre la théorie etl’observation,
si l’on remarque que,d’après
la moy enne desexpériences,
la déviation duplan
d’oscillation en une heure de
temps
sidéral aurait été de105
11038’ 30",
g, tandis que le calculdonne, d’après
la latitude de la cathédrale etd’après
la loi dusinus, t i ° 38’ S o", 3.
La
question
dupendule
de Foucault a étéreprise récemment,
en
Hollande,
par M. le DrKamerlingh
Onnes(’ ~.
Sans m’arrêter ici à lapartie mathématique,
d’ailleurs très neuve etremarquable,
de son
Mémoire, je
diraiquelques
mots des recherchesexpérimen-
tales
qui
le terminent.La
tige
dupendule
de M. Onnes avait seulement lm, 2 de lon- gueur, et était montée sur couteaux par unesuspension
de Cardan.Le couteau d’acier ou
d’agate
A( fig" 2 ~
est lié à uneplaque
ho-Fig. 2.
rizontale fixe
P;
lecylindre métallique
Bporte
sur ses deux bases deux entailles en biseau àangle
droit l’une sur l’autre. Par lapremière,
lapièce
B repose sur l’arête horizontale du couteauA;
dans la
seconde,
repose l’arête horizontale du couteauC,
avecassez de
jeu
pourpermettre
des oscillations d’une certaineampli-
tude. La
tige
dupendule
est fixée au couteau C parquatre tiges qui
traversent laplaque
P par des ouvertures suffisantes pour lejeu
oscillatoire.Tout ce
système
estlogé
dans uneenveloppe tronconique
que l’onpeut
fermerhermétiquement
en haut et enbas,
et mettre encommunication par un tube latéral avec une machine pneuina-
tique,
de manière à faire mouvoir lependule
dans le vide et àéviter ainsi diverses causes
perturbatrices.
Un mécanismeparti-
culier était nécessaire pour mettre le
pendule
en mouvement danscet espace inaccessible : il consiste en un
doigt qui
vient presser(’ ) Nieume bec~~ij.~e~t voor cle asweenteling der aarde, Groningue, 1879’
106
sur un
levier, leq’uel
écarte la boule dupendule
de saportion
d’équilibre, jusqu’à
ce que, ledoigt
cessantd’agir,
le levier re-tombe par son
poids
et lependule
commence à osciller. Ce méca-nisme est commandé de l’extérieur au moyen d’une vis
logée
dansun tube
qui
traverse laplaque
inférieure del’enveloppe.
L’observation des oscillations se faisait aussi du
dehors,
aumoyen d’un faisceau de lumière fourni par une
lampe,
en trant parune
petite
ouverture à lapartie
inférieure ducône,
subissant la réflexion totale dans unpremier prisme, puis
dans unsecond,
etse rendant par une seconde ouverture à une lunette où se tenait l’observateur. Entre les deux
prismes
passe, àchaque
oscillation dupendule,
y un anneau muni de deux fils croisés relié à la boule dupendule,
etl’image
du réticule observée àchaque
passagepermet
de déterminer avec unegrande précision
l’azimut duplan
d’oscillation et d’estimer la déviation.
De nombreuses
expériences
ont été faites par M. Onnes dansune cave du laboratoire de
Groningue,
pourdéterminer,
à l’aidedes données fournies par
l’observation,
la déviation dugrand
axede
l’ellipse
en une heure detemps
mo~ren. Cettedéviation,
àlaquelle
la théorieassignait
une valeur de12°, 03,
a varié dans les diversesexpériences
entre1 1 °,2
et12~,8,
fournissant une moyennede
12°,04,
très voisine de la valeurthéorique ;
accord que M. Onncs déclare lui-même être un peu fortuit.II.
A côté des
appareils qui,
comme lependule
deFoucault,
accu-mulent, pendant
untemps
suffisant pour les rendrevisibles,
lesminimes effets de la force
perturbatrice
due à la rotation de laTerre,
seplacent
ceuxqui communiquent
une vitesse énorme aumobile pour accroître l’intensi té de cette force. Tels sont les appa- reils à rotation
rapide,
et lepremier
endate,
le ~~~roscope, est dû aussi augénie
de Foucault.Cet
appareil
estaujourd’hui
connu de tout le monde.Rappelons
seulement que les
signes
parlesquels
il rend sensible le mouvezment de la Terre sont basés sur ces deux
principes
deMécanique :
1°
lorsqu’un disque
ou tore en bronze tournerapidement
autourde son axe de
figure,
et que celui-ci est monté de manière à semouvoir librement dans tous les sens autour du centre de
gravité
107 du tore, il oppose une résistance très sensible à tout
changement
de
direction;
2° si l’axe du tore estassujetti
à se mouvoir dans unplan,
et que ceplan
soit entraîne dans une rotation autour d’unaxe fixe
quelconque,
l’axe du tore s’orien te dans leplan
directeurde manière à se
rapprocher
autant quepossible
de la direction de l’axefixe,
les rotations étant dans le même sens.On connaît les nombreuses et intéressantes
applications
queFoucault, Fessel,
M.Sire,
M.Gruey,
etc., ont faites de cesprin- cipes.
C’est aussid’après
ces deux lois que, dans le gyroscope deFoucault, quand
les deux anneauxqui portent
le tore sont libressur leurs axes de
suspension
et que le tore a été mis en rotation excessivementrapide,
l’axe du toregarde
une direction sensible-men t constante dans le ciel et, par son
déplacement
relativementaux
objets environnants,
révèle à l’observateur le mouvement réel de notreglobe
dansl’espace. Lorsque,
aucontraire,
on limite lesmouvements des anneaux de manière à
obliger
l’axe du tore àrester
toujours,
soit dans unplan horizontal,
soit dans leplan
vertical du
méridien,
il s’oriente delui-même,
en vertu de laseconde
loi,
defaçon
à seplacer
soit dans leplan
duméridien,
soit_parallèlement
à l’axe terrestre, et le sens de la rotation du tore sa-tisfera à la condition ci-dessus.
On ne doit pas se
dissimuler, cependant,
les difficultésspéciales
que
présente
la réalisation de cesphénomènes,
etqui
font du gy- roscope un instrument d’unprix excessif,
réservé auxplus
habilesexpérimentateurs.
Le gyroscope doit satisfaire à un certain nombre de conditions
rigoureuses
et trèsdifficiles,
soit àobtenir,
soit à contrôler : il faut que le tore soitparfaitement symétrique
autour de son axe defigure;
il faut que le centre degravité
du tore et celui de l’anneau intérieur soient très exactement sur laligne
d’arêtes des couteauxqui supportent
cet anneau. Si l’on neparvient
pas àremplir
cesconditions en
opérant
sur les vis deréglage,
ou si elles cessentd’être
remplies pendant
lerapide
mouvement du tore par suite dujeu qui
existe forcément entre lespivots
de l’axe et leurs tourillonsconiques,
ilpeut
résulter delà,
à raison de la masse considérable du tore, une causeperturbatrice
assez sensible pour masquer lephénomène principal. Or,
il est bien difficile de s’assurer que l’onéchappe
actuellement à l’influence d’une telle cause.Ajoutons
les108
masses relativement considérables des anneaux, des vis de ré-
glage,
etc.,qui augmentent
notablement l’inertie du systèmemobile,
inertiequi, compliquée
desfrottements,
nepeut
êtrevaincue par la force déviatrice si faible due à la rotation de la Terre que
moyennant
une vitesse de rotationprodigieuse
du tore.Il y a
quelques années, j’ai
été amené àm’occuper
de cettequestion
à l’occasion de recherches deMécanique
pure sur lesmouvements
apparents
et surl’application
à ces mouvementsd’une formule de
Bour,
dontl’interprétation géométrique simpli-
fiait
beaucoup l’usage (1 ).
Cette méthode ~n’a
conduit,
en cequi
concerne le mouvementd’un corps solide de révolution par
rapport
à unsystème
de com-paraison
doué d’une rotationuniforme,
à différents résultats d’un certain intérêt.Ainsi, lorsque
l’anneau extérieur d’un gyroscopeest maintenu en’ rotation uniforme autour d’un de ses diamètres
et que le tore a reçu une rotation autour de son axe de
figure, je
démontre
qu’il existe,
suivant la vitesseimprimée
au tore, deuxou
quatre positions d’équilibre
relatif de son axe; et, sil’équi-
libre n’a pas
lieu,
les oscillations de l’axe du tore, relativement àsa
position d’équilibre,
suivent les mêmes lois que celles d’unpendule simple
dont leplan
d’oscillation tournerait uniformémentautour de la verticale du
point
desuspension.
Ceslois,
assez re-marquables d’ailleurs,
se formulentcomplètement
au moyen des fonctionselliptiques.
Dans le
polytrope
de M.Sire, appareil
connu, destiné à imiterles effets que la
gyration
duglobe produit
sur le mouvement descorps tournant à sa
surface, je signale
ce fait curieux :quand
l’axedu gyroscope est
guidé
dans unplan
fixe parrapport
au méridien tournant, si la rotation initiale du tore estfaible,
il existe pour l’axe uneposition d’équilibre
stablequi
ne coïncide pas avec la direction laplus rapprochée
de celle de l’axe de rotation dugrand cercle,
et l’axe du torepeut
osciller depart
et d’autre de cetteposition d’équilibre singulière.
- ---~-
( ’ ) Ces recherches, qui ont fai l’objet de courtes communications à la Sociéte
scientifique de Bruxelles et au congrès de Paris (18,8), ont été présentées le 3o janvier 1882 à FInstitut, qui, sur un Rapport de lU. Jurc!an, en a voté l’inser- tion dans les _’~Térnoires des savants étrangers.
109 On connaît le
pendule gyroseopz~zce
de 1~1.Sire,
constituépar un tore
suspendu
au moyen d’unechape
à un axe horizontalautour
duquel
lependule
oscillelibrement,
etqui
estemporté
dans la rotation d’un bâti tournant autour d’un axe vertical. Dans
ce curieux
appareil,
étudié avec succès par 81.Resal,
la tendance des axes derotation
auparallélisme produit
des effetssinguliers
quant
à laposition d’équilibre
relatif dupendule.
Je montre queces
positions peuvent
être au nombre de deux ou dequatre,
toutes réalisablesexpérimentalement,
et que leur détermination se ra- mèneélégamment
à la construction d’une droitepassant
par unpoint
donné et surlaquelle
deux axesrectangulaires interceptent
une
longueur
donnée. En dehors des casd’équilibre,
latige
dupendule
exécute des oscillations de même loi que celles d’unpoint
pesant
sur un cercle tournant autour d’une verticale située dansson
plan.
Sous
l’empire
de cetteidée,
que la rotation de la Terre doitproduire,
sur unpendule gyroscopique suspendu
à un axe hori-zontal
fixe,
des effetsanalogues
à ceux que la rotation du bâtidéveloppe
dansl’appareil
de 1B1.Sire, je
voulus soumettre le pro- blème aucalcul,
et commej’avais
trouvé une forme desplus
sim-ples
pour leséquations
du mouvement des corpspesants
à la sur- face de laTerre,
la chose était facile. Je reconnus ainsi que, pourune vitesse suffisante du tore, le
pendule
nepouvait
conserver saposition
verticaled’équilibre stable,
et devait s’en écarter dans un sens ou dans l’autre.Mais comrne les formules mêmes
qui
donnaient ce résultatmon- traient que la déviation serait nécessairement trèsfaible ,
y mêmepour de
grandes
vitesses du tore,je
fus conduit à modifier succes-sivement
l’appareil
et à m’arrêter à la combinaison suivante : D est un tore en bronze dont l’axe d’acier ccpivote
librementsur ses
pointes
fines dans les tourillonsconiques
des vis v et v’.Ces vis traversent une
chape
CC en acieranglais, reposant,
par lescouteaux
A, A’,
sur des surfaces en aciertrempé,
de formecylin- drique,
dont les couteauxoccupent
le fond. Cesystème présente
une
symétrie
exacte parrapport
auplan passant
par l’axe du toreet les arêtes des couteaux, et sa mobilité autour de celles-ci est
telle
qu’ un léger
souffle suffit pour provoquer des oscillations. Enagissant
sur les vis v etv’,
sur d’autrespetites
masses nlobiles il110
et
it,
onamène,
par tâtonnementssuccessifs,
le centre degravité
du tore et de la
chape
à se trouver aussi exactement quepossible
sur l’axe de
suspension,
en sorte que le système du tore et de lachape
serait de lui-même dans un état voisin del’équilibre
indilfé-rient. Mais un
petit poids
curseur p, mobile à frottement dur sur FiS. 3.une
aiguille implantée
dans la visinférietire v,
enprolongement
de l’axe du tore, assure à
l’aiguille, lorsque
le tore est ett re-pos, une
position
verticaled’équilibre stable,
ce don t on s’assureen faisant osciller doucement le
système
sur son axe de sitspen- sion(ligne
d’arêtes descouteaux).
Deuxfourchettes,
mobilesdans des
glissières
verticales et se manoeuvrant par lespédales
Fet
F~,
sontadaptées
ausupport
S des couteaux, pour recevoir ceux-ci et lesdéposer
exactement dans laposition qu’ils
doiventoccuper. Ce
support
S lui-même est monté sur unpied H,
defaçon
à tourner à frottement gras autour d’un axevertical;
onpeut
ainsi amener dans tous les azimuts leplan
verticalpassant
par la ligne
d’arêtes des couteaux.111
L’axe du tore
porte
unpignon
d acier E destiné à être mis enrapport
avec unsystème d’engrenages
ou rouage accélérateur deFoucault,
servant àcommuniquer
au tore une rotation extrê-mement
énergique (150
à 200 tours parseconde).
Après avoir,
au moyen des vis calantesV, V~,
V’~ et d’un ni-veau, assuré l’horizontalité de l’axe de
suspension,
onporte
lachape
sur le rouage moteur et l’onimprime
au tore une rotationrapide,
dans un sensvoulu ; puis
onreporte
lesystème
sur le sup-port
et on le descend enplace
au moyen desfourchettes, après quoi
on l’ahandonne à lui-méme.C’est à cet instant que se manifestent les
phénomènes
très netsqui
accusent la rotation duglohe :
laposition d’équilibre
de l’ai-guille
n’estplus,
engénéral,
dans laverticale,
et la formulequi régit
lephénomène
est la suivante :E est l’inclinaison de
l’aiguille
sur laverticale,
pour quel’équi-
libre ait
lieu; C,
le moment d’inertie du tore parrapport
à son axe def gure ;
c~ la vitesse de rotation de laTerre ;
z2 la vitesse de ro-tation
imprimée
au tore ; L la lati tude dulieu ; x l’angle
que faiu leplan
d’oscillation del’aiguille
avec leméridien ; u,
la masse ducurseur; 8
la distance de son centre degravité
à l’axe de suspen- sion. Cette formule conduit donc aux résultats suivants :1° La déviation de
l’aiguille
est laplus forte,
toutes choseségales d’ailleurs, lorsque 2
est nul ou que leplan
d’oscillation coïncide avec leplan
du méridien.L’aiguille
seporte,
par des oscillationsdécroissantes,
vers le nord ou vers lesud,
suivantque le
tore tourne degctiiche
à droite(n
>o)
oit de droite àgauche (n o),
pour C’obsei~vcctezc~~qui
leregarde
d’en Izuut.La déviation est d’ailleurs sensiblement
plus grande ,
pour une méme valeur absolue de j2, dans lepremier
cas, parce que le dé- nominateur est ladifférence
de deuxquantités positives,
tandisqu’elle
est leur somme dans le second.~° Au
contraire,
ylorsque
leplan
d’oscillation del’aiguille
estperpendiculaire
au méridien(cosa
=0),
ce que l’onpeut réaliser, moyennant
certainesprécautions,
en faisant tourner lesupport
Ssur son
pied pendant
le mouvement du tore,l’équilibre
stable de112
l’aiguille
n’aplus
lieu que dans laposition verticale,
comme lors-que le tore était au repos, et cela
quel
que soit le sens de la gyra- tion du tore.3° Dans les azimuts
intermédiaires,
laposition d’équilibre
del’aiguille
serapporte
à une inclinaison moyenne entre lesprécé-
dentes.
4° Enfin,
l’inclinaison del’aiguille
sur laverticale, lorsque l’équilibre
alieu,
est d’autantplus marquée
que le tore tourneplus vit, qu’il a ~un plus grand diamètre,
quel’expérience
se faiten un lieu
plus
voisin del’équateur,
que la distance du curseur p à l’axe desuspension
estplus petite.
Cet
appareil, auquel j’ai
donné le nom debarogyroscope,
pourrappeler
que sonprincipe
repose sur une combinaison des effets de lapesanteur
avec ceux de la rotation de la ‘Terre et du tore, tient donc à la fois dupendule
de M. Sire et du gyroscope de Foucault. Construit avec soin etintelligence
dans les ateliers de lB1M. E. Ducretet euCie,
il a donné des résultats très nets,parfai-
temen t conformes à la théorie. Celle-ci a,
d’ailleurs,
servi con-stamment de
guide
pour la détermination desdimensions,
de laforme et même de la matière des divers
éléments;
car la sensibi-li té de l’instrument
dépend
de toutes cesdonnées,
et c’est en cal-culant
numériquement,
au moyen de nosformules,
les effetscorrespondant
à des données déterminéesqu’il
a étépossible
dechoisir à l’avance celles
qui
conduiraient aux résultats lesplus
accusés.
Une
disposition
additionnelle consistant en unsystème
de deuxleviers pour maintenir
toujours
les fourchettes à la même hau- teur,disposition qui
s’exécuteactuellement,
Introduira certaine-ment une
plus grande régularité
encore dans lejeu
del’appa-
reil.