Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier
Méthodes de lutte contre le psylle commun du
poirier
Baillou Amélie
2018-2019
Mention Biologie Végétale
Sous la direction de M. Lothion Richard
Membres du jury Montrichard Françoise | Enseignant chercheur Montiel Grégory | Enseignant chercheur Guillemette Thomas | Enseignant chercheur Lothion Richard | Ingénieur d’expérimentation
Soutenu publiquement
Le 04 07 2019
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier
Méthodes de lutte contre le psylle commun du
poirier
Baillou Amélie
2018-2019
Mention Biologie Végétale
Sous la direction de M. Lothion Richard
Membres du jury Montrichard Françoise | Enseignant chercheur Montiel Grégory | Enseignant chercheur Guillemette Thomas | Enseignant chercheur Lothion Richard | Ingénieur d’expérimentation
Soutenu publiquement
Le 04 07 2019
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier L’auteur du présent document vous
autorise à le partager, reproduire, distribuer et communiquer selon les conditions suivantes :
− Vous devez le citer en l’attribuant de la manière indiquée par l’auteur (mais pas d’une manière qui suggérerait qu’il approuve votre utilisation de l’œuvre).
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Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier
REME RC IEM ENTS
Je tiens à remercier mon maître de stage, Mr Richard Lothion, qui m’a donné sa confiance en me choisissant pour ce stage et pour m’avoir confié des missions. Cela m’a permis de gagner en expérience ainsi qu’en autonomie. Il m’a permis d’acquérir de nouvelles notions techniques et pratiques en me faisant profiter de son expérience. Merci d’avoir répondu à mes questions, de m’avoir soutenu et aidé pendant ce stage et lors de l’écriture de ce rapport.
J’ai beaucoup appris à La Morinière grâce à toute l’équipe, que je remercie. Ils m’ont accueilli, ont contribué au bon déroulement de ce stage et m’ont fait confiance lors de mes missions.
De plus, je remercie l’équipe des stagiaires pour m’avoir épaulé dans mes missions et m’avoir rapidement intégré parmi eux.
Je suis reconnaissante d’avoir pu partager ces 4 mois à leur coté et pour l’expérience ainsi que les connaissances qu’ils m’ont apportées.
J’adresse mes remerciements à mon tuteur de stage, Mr Thomas Guillemette, pour avoir su répondre à mes questions et m’avoir accompagné lors de la rédaction de mon rapport.
De plus, je remercie l’équipe pédagogique du master biologie végétale d’Angers pour m’avoir fourni les connaissances théoriques nécessaire pour réaliser ce stage.
Enfin, je remercie mon entourage, pour avoir été présent pendant ces 4 mois de stage.
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ENGAGEMENT DE NON-PLAGIAT
Je, soussigné(e) Baillou Amélie
déclare être pleinement conscient(e) que le plagiat de documents ou d’une partie d’un document publiée sur toutes formes de support, y compris l’internet, constitue une violation des droits d’auteur ainsi qu’une fraude caractérisée.
En conséquence, je m’engage à citer toutes les sources que j’ai utilisées pour écrire ce rapport ou mémoire.
signé par l'étudiant(e) le 25 / 06 / 2019
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Glossaire
Agriculture biologique : agriculture fondée sur la valorisation des processus biologiques naturels (Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, 2017).
Agriculture conventionnelle : agriculture fondée sur des bases de production rapide, en grande quantité et avec peu de main d’œuvre (Pervanchon, 2002).
Alternance : Phénomène qui consiste en une production abondante de fruits seulement une année sur deux (Larousse).
Auxiliaire : Organisme détruisant les populations de nuisibles dans les cultures (INRA, 1999).
Eclaircissage : Action qui consiste à supprimer des fruits pour améliorer le développement des autres (Larousse).
Lessivage : Nettoyage des feuilles suite à une pluie (Larousse).
Lymphe : Liquide correspondant à la sève phloémienne de l’arbre.
Mue : Renouvellement partiel ou total de la peau de l’insecte sous l'influence de la croissance, de l'âge et de l’environnement (Larousse).
Nouaison : Chez les arbres fruitiers, début de la croissance et du développement du jeune ovaire en fruit (Larousse).
Parasitoïde : Organisme se nourrissant et se développant sur ou à l'intérieur d'un autre organisme appelé hôte et qui entraîne sa lorsque son propre développement est terminé (Larousse).
Protection intégrée : Protection combinant la lutte biologique, culturale, chimique et physique afin d’améliorer leur action sur les bioagresseurs (Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, 2012).
Ravageur : Organisme animal ou insecte, faisant de gros dégâts sur la plante hôte et entrainant un impact économique important sur la culture (Larousse).
Taille : Action de couper les rameaux et branches d’un arbre afin de lui imposer une forme déterminée et de contrôler la fructification (Larousse).
Voltinisme : Phénomène correspondant au nombre de générations d’une espèce en une année (Cirad).
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Table des matières
Glossaire ... 11
Table des matières ... 13
Table des figures ... 15
Table des tableaux ... 19
Table des annexes ... 21
La lutte contre le psylle commun du poirier ... 1. Introduction ... 1
1.1. Présentation de la structure d’accueil ... 1
1.2. La culture de poirier ... 1
1.2.1. Origine ... 1
1.2.2. Importance économique ... 2
1.2.3. Itinéraire technique ... 2
1.2.4. Les bioagresseurs ... 2
1.3. Le psylle commun du poirier ... 3
1.3.1. Présentation générale ... 3
1.3.2. Cycle biologique ... 3
1.3.3. Symptômes ... 4
1.3.4. Moyens de lutte ... 4
a) Lutte chimique ... 4
b) Biocontrôle et auxiliaires ... 5
Produit de biocontrôle ... 5
Les insectes auxiliaires ... 5
c) Prophylaxie ... 5
1.4. Objectifs et problématiques ... 6
2. Matériels et méthodes ... 7
2.1. Efficacité des substances testées ... 7
2.1.1. En Grandes parcelles... 7
a) Historique parcellaire ... 7
b) Modalités ... 7
c) Observations et mesures ... 8
d) Conditions d’applications des traitements ... 8
2.1.2. En Micro-parcelles ... 8
a) Historique parcellaire ... 8
b) Modalités ... 8
c) Observations et mesures ... 9
d) Conditions d’applications des traitements ... 9
2.2. Suivi biologique des auxiliaires ... 9
2.2.1. Suivi par frappage ... 9
2.2.2. Suivi par piégeage ... 9
2.3. Conditions météorologiques ... 10
2.4. Analyses statistiques ... 10
3. Résultats... 10
3.1. Suivi des populations en végétation ... 10
3.1.1. Evolution de la population en psylles sous l’effet des traitements... 10
3.1.2. Suivi des auxiliaires ... 13
4. Discussion ... 14
4.1. Evolution des populations en psylles dans le verger ... 14
4.1.1. Evolution du cycle biologique en fonction de la température.. ... 14
4.1.2. Efficacité des traitements sur la population de psylles ... 15
4.2. Evolution des populations en auxiliaires dans le verger ... 17
5. Conclusion ... 18
6. Références bibliographiques ... 19 Annexes ...
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Table des figures
Figure 1: Organigramme de la station d’expérimentation : La Morinière.
Figure 2 : La Morinière au cœur des réseaux.
Figure 3: Production en France des différentes variétés de poire.
Figure 4: Diminution de la production de poire en France.
Figure 5: Principaux pays produisant des poires.
Figure 6: Itinéraire technique du poirier.
Figure 7 : Symptômes du Feu Bactérien.
Figure 8 : Symptômes de tavelure.
Figure 9 : Pucerons mauve sur feuille enroulée.
Figure 10 : Symptôme de piqûre de punaise.
Figure 11 : Cycle biologique du psylle commun.
Figure 72 : Œufs au niveau des bourgeons non ouvert.
Figure 13 : Œuf avec son pédicelle.
Figure 14 : Œufs.
Figure 15 : Larve jeune.
Figure 16 : Vue générale des stades du psylle commun.
Figure 17 : Adulte émergeant.
Figure 18 : Symptôme de fumagine.
Figure 19 : Anthocoris nemoralis.
Figure 20: Forficula auricularia.
Figure 21 : Plan de l'essai grandes parcelles.
Figure 22 : Plan de l'essai en micro-parcelle.
Figure 23 : Parapluie japonais et manche servant aux frappages.
Figure 24 : Bande cartonnée : piège à forficules.
Figure 25 : Pot en terre remplis de paille : piège à forficules.
Figure 26 : Planche en bois : piège à forficules.
Figure 27 : Conditions météorologiques à La Morinière du 21 février au 16 juin.
Figure 28 : Evolution des populations en œufs au cours du temps et en fonction des modalités.
Figure 29 : Evolution des populations en larves jeunes au cours du temps et en fonction des modalités.
Figure 30 : Evolution du nombre d'œufs dans chaque modalité de la micro-parcelle.
Figure 31 : Observation du nombre d’œufs pendant 10 jours en fonction des modalités de la micro-parcelle.
Figure 32 : Evolution des efficacités des traitements sur les œufs en fonction du temps.
Figure 33 : Evolution du nombre de jeunes larves dans chaque modalité de la micro-parcelle.
Figure 34 : Observation du nombre de jeunes larves pendant 10 jours en fonction des modalités de la micro- parcelle.
Figure 35 : Evolution des efficacités des traitements sur les larves jeunes en fonction du temps.
Figure 36 : Nombre d'individus recueillis lors des frappages dans la modalité Témoin non traité au cours du temps.
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier Figure 37 : Evolutions du nombre de forficules recueillis lors des frappages dans les 3 modalités.
Figure 38 : Evolution des populations en forficules en fonction du type de piège utilisé.
Figure 39 : Evolution des populations en forficules en fonction des modalités.
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Table des tableaux
Tableau I : Les insectes auxiliaires pouvant être utilisés contre les populations de psylles d’après (Boyer et al., 2017).
Tableau II: Récapitulatif des modalités de l’essai grandes parcelles.
Tableau III: Dates, doses et volumes d’application des traitements pour chaque modalité dans les parcelles.
Tableau IV: Récapitulatif des modalités de l’essai micro-parcelles.
Tableau V : Dates, doses et volumes d’application des traitements pour chaque modalité dans la parcelle 9.
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Table des annexes
Annexe I : Plan de disposition des pièges.
Annexe II : Exemple de résultats d’une analyse de variance réalisée.
Annexe III : Récapitulatifs des résultats du test de Newman Keuls suite aux ANOVA réalisées entre les modalités à chaque date sur le stade œuf en grandes parcelles.
Annexe IV : Récapitulatifs des résultats du test de Newman Keuls suite aux ANOVA réalisées entre les modalités à chaque date sur le stade larve jeune en grandes parcelles.
Annexe V : Récapitulatifs des résultats du test de Newman Keuls suite aux ANOVA réalisées entre les modalités à chaque date sur les stades œufs et les larves jeunes en micro-parcelles.
(La Morinière, 2019)
(La Morinière, 2019)
Figure 2 : La Morinière au coeur des réseaux.
Figure 1 : Organigramme de la station d’expérimentation : La Morinière.
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 1
La lutte contre le psylle commun du poirier
1. Introduction
1.1. Présentation de la structure d’accueil
La Morinière est une station d’expérimentation créée en 1980 à la demande des arboriculteurs des comités économiques du Val de Loire et du Nord de la France. La station est localisée dans la région Centre - Val de Loire à Saint Epain (37), sur une surface de 65 ha dont 36 ha de culture. Cela comprend un verger conventionnel avec des pommiers, des poiriers, des groseillers et des cassissiers, un verger bio de pommiers et de poiriers, un laboratoire, une unité de conservation, une base phytosanitaire et une chambre de mise en culture.
La station est la référence en arboriculture dans le Nord de la France et la plus grande station fruitière de France. Chaque année, il y est réalisé des essais afin de répondre à des problématiques rencontrées chez les producteurs et tester de nouveaux produits et outils pour améliorer les techniques de production ou de conservation. L’un des points forts de la Morinière est sa surface et son équipement qui sont représentatif des vergers de producteurs (verger recouvert de filet anti-grêle, panel variétal élargi…), cela permet d’avoir des résultats applicables chez l’arboriculteur. Pour remplir ses missions, la station d’expérimentation suit trois axes de travail qui sont : une qualité de produit pour le consommateur, des méthodes de production respectueuses de l’environnement et enfin la maîtrise et la réduction des coûts de production (La Morinière, 2019).
La Morinière est gérée par un conseil de gérance désignée par l’assemblée générale et constituée de responsables professionnels. La commission d’Orientation et des Programmes (COP) a pour rôle de définir les actions à mener par la station, en accord avec le conseil de gérance, en réunissant une fois par an les producteurs du Val de Loire. Afin de répondre aux demandes des producteurs, plusieurs groupes techniques ont été constitué tel que : Verger PFI (Production Fruitière Intégrée), Poirier, Petits fruits, Verger agrobiologique, Qualité conservation et Cahier des charges. D’autres groupes existe comme le groupe Conduite ou Maitrise de la charge.
Les groupes se réunissent 1 à 4 fois par an afin d’échanger avec les professionnels et présenter des résultats (Figure 1).
La station fait des bénéfices sur la vente des pommes et poires produites. Elle est considérée comme une coopérative à laquelle les producteurs peuvent adhérer en payant une cotisation. De plus, pour chaque essai des financements leurs sont accordés. La Morinière se trouve au cœur d’un réseau de producteurs et de différents organismes publics ou privés (Figure 2).
1.2. La culture de poirier
1.2.1. Origine
Le poirier commun, Pyrus communis, originaire d’Asie centrale, appartient à l’ordre des rosales et à la famille des rosacées. Il a été introduit en Europe par les grecs et les romains. Aujourd’hui il existe environ 1500 variétés cultivées dans les régions tempérées du monde. Certaines variétés de poire sont bien connues et fortement produites comme la Williams, la Doyenné du Comice, la Guyot ou la Conférence.
(Source : Agreste, 2018)
(Source : Agreste, 2018)
(Source : Agreste, 2018)
Figure 3 : Production en France des différentes variétés de poire.
Figure 4 : Diminution de la production de poire en France.
Figure 5 : Principaux pays producteurs.
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 2 En France, une dizaine de variétés est produite, dont les poires Williams et Guyot qui représentent 70% de la production française (figure 3) (FNPF, 2012; Silva et al., 2014; Agreste, 2018).
1.2.2. Importance économique
La poire est un fruit à pépins charnu et sucré très apprécié dans le monde. Chaque année 22,7 millions de tonnes de poires est produite. La plus grande part de la production dans le monde provient de la Chine qui produit 60%
de la production mondiale avec la variété Nashi (Planestoscope, 2012). La production de poire est en recul. En 2018, la production nationale était de 128000 tonnes alors qu’en 2015, la France produisait 140000 tonnes (figure 4). La France se place comme le 5ème producteur européen derrière l’Italie, l’Espagne, les Pays Bas et la Belgique (figure 5) (FNPF, 2012). En France, le Val de Loire est la 3ème région la plus productrice (environ 11000 tonnes) après la région PACA qui détient 44% de la production et le sud-ouest (56000 tonnes) (Agreste, 2018). La poire est le 3ème fruit le plus consommé après la pomme et la pêche en France, les habitants consomment en moyenne 4kg par an.
1.2.3. Itinéraire technique
La mise en place d’un verger débute par le choix des portes greffes, des variétés cultivées, de la méthode d’irrigation et de pollinisation, de l’écart entre les rangs et de la densité de plantation.
Une fois le verger établi, la floraison d’un poirier se produit entre mi-mars et avril selon les variétés. Environ 6 semaines après celle-ci s’effectue l’éclaircissage*. Il permet d’éviter les phénomènes d’alternances* grâce à la chute artificielle des fruits. Ensuite, la nouaison* peut apparaitre entre 2 et 4 semaines après la pleine floraison, dépendant des conditions météorologiques et de la variété. Les fruits sont récoltés dès le mois d’août pour les variétés précoces. Une fois la récolte effectuée, la taille* débute. Une taille chaque année est nécessaire pour une bonne fructification. Pendant toute la période de production, une fertilisation raisonnée est importante afin d’éviter les excès en azote. De plus, la mise en place d’une protection intégrée* est vitale au verger (Masseron and Trillot, 1991). La figure 6 représente les grandes étapes physiologiques de l’arbre et les principales interventions. Ces dernières sont dépendantes des conditions météorologiques et de l’environnement. Par exemple, l’irrigation est actionnée en complément de la pluie. Dans le cas des traitements, leur utilisation dépend de la pression en ravageurs*, ainsi que de l’historique de la parcelle.
1.2.4. Les bioagresseurs
Les variétés de poires sont plus ou moins sensibles aux bioagresseurs. Ces derniers ont un fort impact sur l’économie du verger. En plus des maladies et ravageurs rencontrés en verger, des maladies de conservation impactent également la vente des fruits. Cette partie est vouée à exposer brièvement quelques bioagresseurs importants de la culture de poirier en France. Le ravageur auquel est dédié cette étude est détaillé dans la partie suivante.
Feu bactérien : Erwinia amylovora (enterobacteriaceae), maladie d’origine bactérienne. Les symptômes sont des noircissements et des flétrissements des pousses et fleurs. (figure 7) (Orts et al., 2006).
La tavelure du poirier : Venturia pirina (venturiaceae), maladie d’origine fongique. Les symptômes sont des petites taches rondes sur feuilles, ainsi que la déformation et la chute des fruits (figure 8) (Orts et al., 2006).
Figure 7 : Symptômes de feu bactérien.
(Source : Syngenta, 2019) https://www.syngenta.fr/traitements/feu-
bacterien
Figure 8 : Symptômes de tavelure.
(Source : La Morinière)
Figure 9 : Pucerons mauve sur feuille enroulée.
(Source : La Morinière)
Figure 10 : Symptôme de piqûre de punaise.
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 3 Le puceron mauve : Dysaphis pyri, (aphidae), présent sur les pousses et les feuilles d’avril à juin. Les symptômes sont un enroulement et un changement de couleur des feuilles. Cela a un impact sur la croissance des pousses et entraine une chute des fruits (figure 9) (Masseron and Trillot, 1991; Orts et al., 2006).
Les Punaises ravageuses : Palomena prasina, Rhaphigaster gonocerus et Halyomorpha halys (Pentatomidae).
Elles font des piqures sur fruits et les déforment (figure 10) (Masseron and Trillot, 1991; Orts et al., 2006).
1.3. Le psylle commun du poirier
1.3.1. Présentation générale
Le psylle est un insecte phytophage faisant parti de l’ordre des hémiptères et de la famille des psyllidae.
Aujourd’hui il existe plus de 2000 espèces de psylles réparties dans le monde, certains préfèrent les climats tropicaux et d’autres les climats tempérés, plus ou moins humides. Chaque espèce de psylles est spécifique d’une plante hôte. Le moyen de détection de ces plantes est aussi spécifique à chaque espèce (Nin et al., 2012). Le voltinisme* diffère aussi selon les espèces pouvant aller de 1 à plus de 10 générations (D. Hodkinson, 2008).
Dans les cultures de poirier (climat tempéré humide), trois espèces de psylles sont retrouvés : Cacopsylla pyri, C. pyrisuda et C. pyricola. Cette étude s’intéresse uniquement au psylle commun du poirier (C.Pyri), ravageur important en Europe et Amérique du Nord (Kocourek and stara, 2006). Celui-ci est un insecte piqueur suceur retrouvé dans les parties aériennes des poiriers, plus particulièrement sur les parties tendres, comme à l’apex des pousses ou au niveau des fleurs, où il se nourrit (Ecophyto, 2018). Le climat, et plus précisément la température est primordiale car elle va influencer le développement de l’insecte. Lorsque la température augmente, les générations vont se développer plus rapidement. Cependant lors de trop fortes températures la longévité du ravageur et la ponte vont diminuer (D. Hodkinson, 2008).
1.3.2. Cycle biologique
Le psylle commun du poirier se développe en 5 stades larvaires de durée variable et dépendant de la température, plus la température est élevée et plus les stades vont être courts (figure 11) (Montanari et al., 2015), chaque stade se termine par une mue* (Kapatos and Stratopoulou, 1999). Il existe une forme de psylle hivernale et une estivale. La forme d’été est plus claire (jaune) et plus petite que la forme hivernale (Lyoussoufi et al., 1994; D.
Hodkinson, 2008). Le cycle de vie débute par la ponte des premiers œufs au mois de février par les femelles hivernantes au niveau des bourgeons (figure 12), puis au niveau des nervures des feuilles et des fleurs (Nin et al., 2012). Les premiers œufs éclosent lorsque la température dépasse 10°C au moins 2 jours consécutifs (Trapman and Bloomers, 1992; Kapatos and Stratopoulou, 1999). Les œufs sont blancs à la ponte puis deviennent jaune/orange. Lorsque les pontes ont lieu, une fois les feuilles développées, le pédicelle des œufs leur permet de rester en contact avec le végétal (figure 13). Le stade œuf dure en moyenne 6 à 28 jours (Figure 14), puis l’œuf éclos. La période des stades larvaires 1 à 3 (figure 15), dure entre 10 et 19 jours, la larve est dite jeune. Le psylle est aux stades 4 et 5 (figure 16), pendant 12 à 18 jours. Après la dernière mue, l’adulte émerge (figure 17), il peut mesurer jusqu’à 2,5mm (figure 16). Les adultes se déplacent par vol très court et en sautant (Montanari et al., 2015). Quelques jours séparent la dernière mue de la reproduction sexuée. Elle sera suivie de la nouvelle ponte (D. Hodkinson, 2008). Ces nouveaux adultes sous formes estivales sont présents dès avril.
Chaque année, 2 à 5 générations sont présentes d’avril à la fin du mois d’octobre. Les adultes de la dernière génération apparaissent au début de l’automne sous forme hivernale.
Figure 11 : Cycle biologique du psylle commun. (Source : AB)
Figure 12 : Œufs au niveau des bourgeons non ouvert.
Figure 13 : Œuf avec son pédicelle.
Figure 14 : Œufs.
(Source : AB)
1-3 semaines
1 semaine
1 semaine
1 semaine
1 semaine 1 semaine
5-6 Jours
Dégât s Dégât s
D’avril à fin octobre : 2 à 5 générations
Œufs : 0,3 mm
Forme ellipsoïdale Blanc/jaune orangé Adulte :
2-3 mm Mini cigale Jaune/marron 2 paires d’ailes transparentes Yeux bruns Une paire d’antenne
Larve I : 0,3-0,4 mm Forme arrondie Paire d’yeux rouge Transparent /jaune
Larve II : Forme arrondie Paire d’yeux rouge Jaune
Larve III : 1mm
Paire d’yeux rouge à brun
Jaune
Contenue dans le miellat
jaune Larve IV :
1-1,5 mm Paire d’yeux rouge à brun
Forme aplatie Brun jaune Larve V :
1,5-1,7 mm Paire d’yeux composés brun Forme aplatie Brun Ébauche alaire jaune
Figure 15 : Larve jeune.
(Source : AB)
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 4 Ces adultes vont passer l’hiver dans les troncs d’arbres ou les plantes non hôtes disponibles seulement pour l’hivernation (D. Hodkinson, 2008). Pendant l’hiver, les femelles ont des ovaires immatures et ne s’accouplent pas, c’est le phénomène de diapause. Cette dernière, sous l’effet de la photopériode ainsi que de la température, va se rompre peu à peu jusque mi-décembre. Fin janvier, toutes les femelles sont fertiles, prêtes pour l’accouplement et les pontes de début d’année débutent. Les conditions requises pour mettre fin à la diapause sont différentes selon les espèces (Nin et al., 2012).
1.3.3. Symptômes
Les principaux dégâts sont causés par les nymphes qui prélèvent la lymphe*(Nin et al., 2012). Elles produisent du miellat suite à la digestion des composés carbonés de la lymphe absorbée. Le prélèvement affaibli l’arbre et perturbe la circulation de la sève, entrainant des cicatrices sur les extrémités des pousses.
Le miellat produit provoque des nécroses sur feuilles et jeunes pousses, et coule vers les fruits. Ces derniers vont être brûlé, c’est le « russet » des fruits. Le miellat est très sucré, attitrant des champignons (Fumago, Capnodium Aureobasidium…) responsable de la fumagine, maladie cryptogamique. Elle est caractérisée par des taches noires sur les feuilles ou les fruits et pouvant aboutir à des nécroses (Figure 18). Ce phénomène fait diminuer la photosynthèse et entraîne une perte importante des fruits qui deviennent incommercialisable (Sanchez and Ortin- Angulo, 2011; Nin et al., 2012). Le second phénomène retrouvé sur poirier est le « shock psylla » (Nin et al., 2012), apparaissant lorsqu’il y a une forte densité de population de psylles au sein du verger. Tout d’abord, les feuilles vont changer de couleur et le calibre des fruits va diminuer, entrainant la chute des fruits et des feuilles.
Une carence au niveau des racines diminuant leur croissance, va apparaitre et entrainer une baisse de vigueur et de rendement de l’arbre. Ces symptômes peuvent se reporter sur deux années, même si la densité de population diminue la deuxième année (Nin et al., 2012). Enfin, le troisième dégât causé par le psylle correspond au « pear decline », le dépérissement du poirier. Il est dû à un phytoplasme (Candidatus phytoplasma pyri), qui est transmis lors de la salivation du psylle pendant qu’il se nourrit. Cela se traduit par des nécroses des tubes criblés qui ne vont plus transmettre les nutriments aux racines et créer une carence. La croissance et la vigueur de l’arbre sont impactées. L’intensité des symptômes dépend de la vigueur du porte greffe et de la densité de population dans la culture (Nin et al., 2012).
Les symptômes dû à l’alimentation du psylle sont moins importants que ceux engendrés par ces lésions secondaires.
1.3.4. Moyens de lutte a) Lutte chimique
En verger conventionnel, des insecticides à large spectre sont souvent utilisés. Cependant, il y a deux effets négatifs à leurs utilisations, qui sont la résistance des psylles aux produits qui augmente et la mort des prédateurs qui contrôle les populations de ravageurs. Ces deux phénomènes amènent à une augmentation des populations (Souliotis and Moschos, 2008). Afin de limiter la résistance aux insecticides, il est primordiale d’alterner les matières actives (Van De Baan and Croft, 1991). Actuellement, certaines résistances sont déjà avérées, comme celles au monocrotophos (Berrada et al., 1995) et à la deltaméthrine (Bues et al., 2003).
Aujourd’hui, les substances actives homologuées sont l’abamectine (Agrimec gold) et le spirotetramate (Movento®) (Civolani et al., 2010).
Œuf Larves jeunes
Larves âgées
Adulte Figure 16 : Vue générale des stades du psylle commun. (Source : AB)
Figure 17 : Adulte émergeant.
(Source La Morinière) Figure 18 : Symptôme de
fumagine. (Source : AB)
Figure 19 : Anthocoris nemoralis.
(Source : AB)
Figure 20 : Forficula auricularia.
(Source : AB)
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 5 b) Biocontrôle et auxiliaires
Produit de biocontrôle
Deux types de produits de biocontrôle sont utilisés en verger. Les produits appliqués en fin d’hiver pour prévenir des dégâts de la première génération, et empêcher le dépôt des œufs et les produits appliqués au printemps afin de réduire les populations de psylles, intervention à partir de la deuxième génération (Loubaresse, 1980).
Les huiles végétales et extraits végétaux sont utilisés en agriculture conventionnelle* comme dans l’agriculture biologique*. Il semble qu’aucune résistance aux huiles ne peut être développée par le psylle. Dans la littérature, les huiles à base de thym sont efficaces. D’autres huiles qui auraient un rôle sur le dépôt des œufs peuvent être testées telles que l’huile de ricin, l’huile de colza ou l’huile de carthame (Erler and Tosun, 2017; Pehlevan and Kovanci, 2018).
Les barrières physiques sont aussi utilisées comme produit de biocontrôle (argile, huile paraffinique...), leur but étant de compromettre la reconnaissance du ravageur avec sa plante hôte. Cela fait diminuer le dépôt des œufs et peut étouffer les larves déjà présentes (Daniel et al., 2005).
Les insectes auxiliaires
Les organismes auxiliaires* vont contrôler les populations de psylle de manière naturelle. Il en a été recensé plusieurs avec des efficacités variables (Tableau I). Les prédateurs de psylle sont présents naturellement dans les vergers. Les principaux auxiliaires du ravageur sont les punaises anthocorides (figure 19) et miridae et les forficules (figure 20).
Anthocoris nemoralis est une punaise prédatrice capable de manger 300 psylles dans sa vie (60 jours) (Nin et al., 2012). Les œufs sont déposés en avril et la deuxième génération débute en juillet (Baudry and Breisch, 2001).
Ortholytus nassatus, Pilophorus perplexus et Campynoleura virgula sont des punaises miridae, présentes en France, et prédatrices du psylle. Il existe 6000 espèces pouvant être prédatrices ou ravageuses (Baudry and Breisch, 2001). Elles sont polyphages, le psylle n’est pas leur première proie (Herard, 1986). Les forficules (Forficula auricularia et F.pubescens) sont également des prédateurs de psylles. Ils sont présents dans les arbres à partir de mai, essentiellement sur les troncs et les rameaux. Le psylle peut être la victime des parasitoïdes*
comme Trechnites psyllae qui s’attaque aux larves 5 en début de printemps et Prionomitus mitratus s’attaque aux larves de stade 4 et 5. Ils font partis de la famille des chalcidiens (Herard, 1986).
c) Prophylaxie
Les populations de ce ravageur étant fortement liées à la vigueur des arbres, une bonne maitrise de la vigueur par une taille ou des utilisations de régulateurs de croissance sont nécessaires. Les gourmands sont favorables au développement des psylles, il faut donc les tailler, de même pour les nouveaux feuillages (Daugherty et al., 2007). L’irrigation et la fertilisation doivent être raisonnées pour éviter les excès d’azote, qui attire les ravageurs.
Une utilisation réduite des insecticides à large spectre ainsi que la mise en place de haies favorisent les prédateurs du ravageur (Orts et al., 2006). Les variétés de poires sont plus ou moins résistantes aux bioagresseurs.
Les variétés résistantes aux psylles sont identifiées et peuvent être utilisées. 37 cultivars sont recensés pour être résistant aux psylles, aucun sont utilisés en France (Fotirić Akšić et al., 2015).
Tableau I: Les insectes auxiliaires pouvant être utilisés contre les populations de psylles d’après (Boyer et al., 2017).
Auxiliaires Potentiel de
régulation
Période de présence et d’activité
Activité intense Présence activité moyenne Présence activité faible Absent
Coccinelles Limité Mai-Sept Avril et Oct Juillet-Avril Mars-Oct + Aout
Anthocorides Important Juin -Sept Avril-Mai + Oct Nov -Mars /
Mirides Important Juil-Sept Juin +Oct Nov-Mai /
Nabides Limité Juil-Sept / Oct-Juin /
Syrphes Limité Mai-Sept Mars-Avr +Oct Oct-Mars /
Cecydomies Limité Juil-Sept Avril-Juin + Oct Nov-Mars /
Forficules Limité
Araignées Limité
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1.4. Objectifs et problématiques
Le psylle commun du poirier (C.pyri) est le plus grand ravageur du poirier. L’utilisation des produits de synthèse étant de moins en moins autorisée et néfaste pour l’environnement, il est nécessaire de trouver des traitements alternatifs contre ce ravageur. Cette étude a pour but d’étudier plusieurs barrières physiques et huiles qui ont montrées leurs effets dans de précédentes études ou dans la littérature. Pour cela des essais en grandes parcelles ainsi qu’en micro-parcelles sont menés. Les produits sont appliqués dans l’objectif d’observer une potentielle diminution des populations de psylles.
La lutte biologique met en avant la faune auxiliaire qui doit être préservée. L’évolution des populations auxiliaires dans le verger est étudiée ainsi que l’effet des traitements sur celles-ci.
Tableau II: Récapitulatif des modalités de l’essai grandes parcelles.
Modalités Spécialités Année de plantation Distances de plantation
T0 - Témoin non traité / 2004 4,00 x 1,00 m
T1 - Huile paraffinique – 400 g/L
Polithiol® 2006 4,00 x 1,25 m
T2 - Huile paraffinique (1ère génération) - 400g/L + Bicarbonate de potassium (2ème génération) - 850 g/kg
Traitement 1 : Polithiol®
2004 4,00 x 1,00 m
Traitement 2 : Armicarb® (Non homologué à cet
usage) T3- Barrière physique -
silicate d’aluminium - 950 g/kg
Surround puis Sokalciarbo
2004 4,00 x 1,00 m
T4 - Insecticide naturel - Extrait de silice - 920g/kg
Terre de diatomée (Non homologué à cet
usage)
2003 4,00 x 1,25 m
T5 - Barrière physique - Talc Invelop® White protect
2003 4,00 x 1,00 m
Figure 21 : Plan de l'essai grandes parcelles.
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2. Matériels et méthodes
2.1. Efficacité des substances testées
2.1.1. En Grandes parcelles a) Historique parcellaire
L’essai a été réalisé à Saint Epain, à la station d’expérimentation de La Morinière. L’ensemble des essais sont réalisés sur la variété Angélys, qui résulte d’un croisement entre les variétés Doyenné d’hiver et Doyenné de Comice. Les parcelles 9 et 10 font respectivement 9888m² et 7041,81 m². Dans la première 7517 m² sont alloués à la variété Angélys et dans la deuxième, 2371m² (Figure 21). Les arbres sont plantés à une distance de plantation de 4,00x1,25m, et il y a plus ou moins 100 arbres sur une ligne.
Certains insecticides à spectre large, utilisés il y a quelques années, ont surement favorisé cette hausse de pression constatée en psylle, en affectant négativement la faune auxiliaire.
b) Modalités
Les deux parcelles étudiées ont été découpées afin d’appliquer les différents traitements. Il y a 6 modalités réparties sur la surface de l’essai (Figure 21, tableau II).
TNT : Témoin non traité, aucune application de produit, ce témoin permet d’observer l’évolution des populations et donc de la pression dans l’essai.
Argile : L’argile est calcinée à haute température, afin de résister au phénomène de lessivage. De plus, elle résiste aux chocs thermiques et aux UV. La fonction recherchée est celle de barrière physique contre les ravageurs (Berud et al., 2013).
Polithiol® : Le polithiol® est une huile paraffinique. Elle est utilisée comme traitement préventif. Elle doit être appliqué avant l’apparition des feuilles, car elle est phytotoxique, mais juste avant la première ponte, pour une meilleure efficacité. C’est une barrière physique recouvrant les feuilles et étouffant les œufs et les larves.
Armicarb® : Composé de bicarbonate de potassium et utilisé couramment comme fongicide contre la tavelure du pommier (Venturia inaequalis) (De Sangosse, 2012). Il est non homologué à l’usage de l’essai mais a montré des efficacités satisfaisantes dans les précédents essais menés au sein de la station.
Invelop® : Barrière physique à base de talc, son abrasivité est moindre que l’argile. Comme cette dernière l’application doit être éloignée de la récolte pour éviter que les fruits ne soient inesthétiques.
Terre de diatomée : Insecticide naturel composé de silice calcinée. La dernière application doit être bien avant la récolte pour éviter de marquer les fruits. De plus, cette spécialité est très abrasive pour le matériel (Tableau II).
Tableau III : Dates, doses et volumes d’application des traitements pour chaque modalité dans les parcelles.
Tableau IV : Récapitulatif des modalités de l’essai micro-parcelles.
Modalités Doses d’utilisation
/ha Volumes/ha
Surfaces d’applications
(ha)
Dates d’application
T0 / / 0,16 /
T1 – Polithiol® 50L 1000 0,88 22 février
T2 – Polithiol®+
Armicarb 30 kg 500 0,40 10 mai
T3 - Argile
50 kg 1000
0,16
21 février
30 kg 500 11 mars
30 kg 500 21 mars, 17 et 29 avril, 10 mai
T4 – Terre de
diatomée 50 kg 500 0,10 11 mars, 17 et 29 avril, 10 mai
T5 - Invelop® 25 kg 500 0,10 21 mars, 17 et 29 avril, 10 mai
Compositions Spécialités Années de plantation Distances de plantation
T0 - TNT Témoin non traité 2006 4,00 x 1,25 m
T1 - Produit de synthèse – 18g/L abamectine Agrimec gold 2006 4,00 x 1,25 m T2 - Champignon insecticide – Beauveria
bassiana 23000000000 UFC/L Naturalis ® 2005-2006 4,00 x 1,25 m
T3 - Huile végétale – 848,24 g/L Nativert ® (non homologuée à
cet usage)
2005-2006 4,00 x 1,25 m
T4 - Huile végétale 100% pure et naturelle – Syzygium
arimaticum
Huile de clou de girofle (non homologuée à
cet usage)
2005-2006 4,00 x 1,25
T5 - Insecticide naturel – spirotétramate
Figure 22 : Plan de l'essai en micro-parcelle.
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 8 c) Observations et mesures
Il y a 4 blocs de 10 rameaux notés, donc 4 répétitions. Chaque bloc est séparé par une dizaine d’arbres (Loubaresse, 1980). Des étiquettes ont été posées sur les rameaux à noter aléatoirement, puis de l’étiquette jusqu’à la fin du rameau sont décomptés les œufs, les larves jeunes (L1-L3), les larves âgées (L4-L5) et les adultes. La notation est réalisée chaque semaine, en condition de beau temps et les résultats sont collectés afin de suivre l’évolution de la population.
d) Conditions d’applications des traitements
Les traitements doivent être appliqués par temps et feuillage sec. Le nombre d’application des spécialités étant réglementé, éviter un lessivage* est primordial afin d’avoir un résultat le plus durable possible.
Les traitements sont appliqués à différents volume hectare (Tableau III). Les modalités Témoin, Argile, Invelop® et Terre de diatomée, mis à part l’Armicarb® et le Polithiol® sont sans cesse appliqués avec un adjuvant (l’Héliosol®), améliorant la pulvérisation et permettant une bonne adhérence du produit sur l’arbre.
Toutes les modalités n’ont pas commencé au même moment, en raison de l’approvisionnement étalé des spécialités. Le Polithiol® et l’Argile sont appliqués le 22 février, avant la ponte des œufs de première génération.
De plus, le Polithiol® est appliqués avant le développement du feuillage car il est phytotoxique pour celui-ci. La Terre de diatomée et l’Invelop® sont appliqués le 11 mars, une première application avant la ponte des œufs est effectuée. Lorsque la 2ème génération de psylle a débuté début mai, le deuxième traitement de la modalité T2 a été lancé (10 mai). L’Argile, l’Invelop® et la Terre de diatomée ont été appliqué à plusieurs reprises, lorsque les spécialités étaient lessivées par la pluie, en respectant les conditions et le nombre d’utilisation autorisé.
Lorsque la densité de population est jugée trop élevée dans les parcelles, un insecticide de référence est appliqué.
2.1.2. En Micro-parcelles a) Historique parcellaire
En parallèle de l’essai précédent, un second essai est mené en micro-parcelle sur les 12 première ligne de la Parcelle 9 (figure 22). Cet essai est mis en place depuis le 28 mai où se trouvait avant le traitement Polithiol® de l’essai en grandes parcelles. L’essai s’étend de la ligne 1 à 12, les 2 premières lignes ont un écart entre les arbres de 4,00 x 1,5 m puis le reste des lignes sont implantés à 4,00x1,25m d’écart.
b) Modalités
Dans cet essai, 6 modalités sont mises en place : T0 Témoin non traité, T1 Agrimec gold, T2 Naturalis ®, T3 Nativert ®, T4 huile de clou de girofle et T5 Movento ® (Tableau IV). L’Agrimec gold (18g/L d’abamectine) est un insecticide, utilisé en France sur plusieurs espèces végétales et notamment le poirier. Il est appliqué sur les feuilles de façon curative ou préventive et est très efficace contre les jeunes stades larvaires des psylles (Kocourek and stara, 2006). Sa dernière utilisation doit être au moins 28 jours avant la récolte et 2 utilisations par culture/ha/an sont autorisées. Il n’est pas nuisible aux punaises prédatrices. (Syngenta, 2015).
Naturalis ® est un champignon Beauveria bassiana. C’est un ascomycète qui va parasiter le psylle grâce à ses spores qui lorsqu’elles sont en contact avec le ravageur vont germer et se nourrir de l’insecte.
Tableau V : Dates, doses et volumes d’application des traitements pour chaque modalité dans la parcelle 9.
Modalités Dose d’utilisation /ha Volume/ha Surface
d’application (ha) Date d’application
T0 - TNT / /
0,08
/ T1 - Produit de
synthèse 0,75L
500L 28 mai
T2 - Champignon
insecticide 2L
T3 - Huile végétale 15L T4- huile végétale 0,3L
T5 - Insecticide
naturel 1,9L
Figure 23 : Parapluie japonais et manche servant aux frappages.
(Source : AB)
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 9 L’huile de colza et l’huile de clou de girofle sont des huiles végétales pouvant avoir un effet sur la ponte des adultes. Et enfin Movento® est un dérivé de l’acide tetronique, qui protège les pousses des ravageurs suceurs. Il est absorbé par les feuilles et se déplace par le système vasculaire, ce qui permet de protéger les nouvelles pousses.
c) Observations et mesures
La méthodologie est similaire à la méthode de notation en grandes parcelles. Cependant, seulement 20 pousses de chaque modalité sont étudiées en micro parcelle contre 40 en grandes. Une première notation est réalisée avant le traitement (J0), puis J+3 et J+9 afin de voir l’efficacité à chaque date. Les résultats sont collectés afin de suivre l’évolution de la population.
Afin de calculer l’efficacité des traitements, le nombre d’œufs ou de larves dans les modalités sont comparés au témoin. Elle est calculée à l’aide de la formule suivante :
𝐸𝑓𝑓𝑖𝑐𝑎𝑐𝑖𝑡é = (1 − (𝐽𝑂𝑡é𝑚𝑜𝑖𝑛 × 𝐽 + 𝑛𝑡𝑟𝑎𝑖𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡
𝐽 + 𝑛𝑡é𝑚𝑜𝑖𝑛× 𝐽0𝑡𝑟𝑎𝑖𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡)) × 100
Avec : J+n = jour n après application du traitement.
d) Conditions d’applications des traitements
Les traitements ont été appliqué le 28 mai avec un appareil de traitement d’expérimentation, à un litrage de 500 L/ha (tableau V).
2.2. Suivi biologique des auxiliaires
2.2.1. Suivi par frappage
Le suivi biologique des auxiliaires débute au printemps par des frappages et des relevés bimensuels permettant de dénombrer le nombre d’individus collecté. Ils sont effectués dans les modalités : TNT (T0), Argile (T3) et Terre de diatomée (T4). Toutes les 2 semaines, par temps beau et chaud, des frappages sont réalisés dans trois blocs choisis aléatoirement dans chaque modalité. Les frappages sont réalisés de la manière suivante : à l’intérieur de chaque modalité, trois blocs de 11 arbres consécutifs sont choisis aléatoirement. Chaque arbre va être frappé 3 fois, 2 fois à l’ouest et 1 fois à l’est, puis alterné à chaque arbre. Par exemple, le premier arbre du bloc sera frappé 2 fois à l’ouest et 1 fois à l’est et le deuxième arbre sera frappé 1 fois à l’ouest et 2 fois à l’est et ainsi de suite.
Pour réaliser ces frappages, un parapluie japonais (0,70 x 1,00m) est utilisé. C’est une sorte de filet dans lequel tombent les insectes, pour ensuite les identifier et relever les résultats (figure 23). Plusieurs auxiliaires sont attendus, A.nemoralis F.auricularia, F.pubescens, O.Nassatus, P.perplexus, C.virgula, P.mitratus et T.psyllae.
2.2.2. Suivi par piégeage
L’espèce F.auricularia est l’espèce prédatrice du psylle commun la plus rencontrée à la station de La Morinière.
Afin de suivre les populations de cet auxiliaire, des pièges sont posés dans l’essai.
Figure 24 : bande cartonnée : piège à forficules
(Source : AB).
Figure 25 : Pot en terre remplis de paille : piège à forficules (Source :
AB).
Figure 26 : Planche en bois : piège à forficules (Source : AB).
Figure 27 : Conditions météorologique à La Morinière de février à mi-juin.
Les applications des traitements sont représentées par des nuages de points. Evolution des populations en œufs au cours du temps et en -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
0 5 10 15 20 25 30
21-févr. 28-févr. 7-mars 14-mars 21-mars 28-mars 4-avr. 11-avr. 18-avr. 25-avr. 2-mai 9-mai 16-mai 23-mai 30-mai 6-juin 13-juin Température (°C)
Pluie (mm)
Pluie (mm) T°C mini T°c maxi
Polithiol Argile Armicarb
Terre de diatomée Invelop Agrimec
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 10 3 types de pièges différents sont utilisés : la bande cartonnée (Figure 24), les pots en terre remplis de paille (Figure 25) et les planches de bois avec des galeries (figure 26). Ces trois types de pièges sont utilisés dans les trois modalités suivantes : TNT (T0), Argile (T3) et Terre de diatomée (T4).
Afin d’avoir des résultats statistiquement viables et homogènes sur l’ensemble de la parcelle, 4 répétitions des 3 types de pièges sont placés. Les différents pièges ont été placé aléatoirement et réparti de façon homogène dans les modalités (Annexe I). Les bandes cartonnées sont placées autour des troncs attachés par un élastique. Les pots en terre cuite ont été préalablement remplis de paille, avant d’être accrochés dans l’arbre. Et enfin, les planches en bois sont maintenues entre elles par un élastique et déposées au pied de l’arbre.
2.3. Conditions météorologiques
Les données météorologiques (température et pluviométrie) sont enregistrées par une station météorologique sur le site de La Morinière.
2.4. Analyses statistiques
Les notations sont analysées statistiquement, si les tests d’homogénéité et de normalité sont vérifiés, une analyse de variance au seuil de 5%, réalisé avec le logiciel statbox (Annexe II). Si l’analyse de variance est significative, un test de comparaison multiple (Newman Keuls) est effectué. Les valeurs appartenant au même groupe (même lettre sur les graphiques) ne sont pas significatives entre elles.
3. Résultats
3.1. Suivi des populations en végétation
3.1.1. Evolution de la population en psylles sous l’effet des traitements
Afin d’évaluer l’influence de la température sur l’évolution des populations en psylle dans les modalités, les températures ont été relevées chaque jour entre le 21 février et le 16 juin. La figure 27 montre une oscillation de la température minimum entre -2,7°C et 14,8°C et de la température maximum entre 2,9°C et 30,8°C. Les pics de chaleur sont enregistrés mi-avril et fin-mai/début-juin.
Pour justifier l’application des différents traitements, la pluviométrie a aussi été relevée. Le maximum de pluie recensé sur la période est de 24,2mm. Le cumul de pluviométrie est de 236,8mm depuis la mise en place de l’essai, concentrés sur les périodes suivantes : début-mars, début et fin-avril, début-mai et début-juin.
Le Polithiol® (T1) est appliqué le 22 février avant la période de pluie de début-mars, puis 5 applications d’Argile (T3) sont appliquées, une avant la ponte de première génération, puis les 4 autres après de fortes périodes de pluie. L’Armicarb® (T2) est appliqué avant la seconde génération. L’Invelop® (T5) et la Terre de diatomée(T4) sont appliquées 4 fois, une fois avant la ponte de la première génération puis après chaque période de pluie.
Figure 28 : Evolution des populations en œufs au cours du temps et en fonction des modalités.
Les courbes représentent le nombre d’œufs dans les modalités et les différents points représentent les dates d’applications des différents traitements.
0 100 200 300 400 500 600 700
21-févr 13-mars 02-avr 22-avr 12-mai 01-juin 21-juin
Nombre d'oeufs
Témoin non traité (T0) Polithiol (T1) Polithiol + Armicarb (T2)
Argile (T3) Terre de diatomée (T4) Invelop (T5)
Polithiol Armicarb Argile
Terre de diatomée Invelop Agrimec
Figure 29 : Evolution des populations en larves jeunes en fonction des modalités du 21 février au 16 mai.
Les courbes représentent le nombre d’œufs dans les modalités et les différents points représentent les dates d’applications des 0
5 10 15 20 25 30
21-févr 03-mars 13-mars 23-mars 02-avr 12-avr 22-avr 02-mai 12-mai
Nombre de larves jeunes
Témoin non traité (T0) Polithiol (T1) Polithiol + Armicarb (T2)
Argile (T3) Terre de diatomée (T4) Invelop (T5)
Polithiol Armicarb Argile
Terre de diatomée Invelop Agrimec
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 11 Dans cette partie, seulement les résultats concernant les œufs et les larves jeunes sont présentés. Le nombre d’adultes n’est jamais mentionné dans les résultats qui suivent, en raison du caractère aléatoire des observations, du fait de leurs déplacements d’une parcelle à une autre. Concernant les larves âgées, des résultats similaires à ceux obtenus pour les larves jeunes sont observés plus tard dans la saison.
La figure 28 montre l’évolution du nombre d’œufs dans l’essai en grandes parcelles, en fonction des différentes modalités. Deux périodes de pontes sont notables, la première du 27 février au 12 avril et la seconde du 2 mai au 13 juin. L’intensité des pics des deux périodes sont différentes, le premier de 0 à 200 œufs et le second de 100 à 600 œufs. Des pics de population, d’intensités différentes sont observés, s’étalant du 8 mars au 4 avril et du 9 mai au 23 mai, selon les modalités étudiées.
Ce premier pic de population correspond à la première génération d’œufs de la saison. Dans la modalité T0, le nombre d’œufs est faible avec un maximum de 20 œufs le 15 mars. Il n’y a pas de premier pic de population dans T1. En effet, une population de 60 larves le 15 février est observée puis une diminution jusqu’à un nombre d’œufs proche de 0 le reste de la période. Les observations dans la modalité T2 commencent au 12 mai. Avant cette date, les applications et les observations de la première génération étaient similaire à celles de T1. Dans la modalité T3, aucun pic de population n’est observé lors de la première génération, le nombre d’œufs reste proche de 0 avec une faible augmentation le 4 avril (25 œufs). La modalité T4, lors du premier pic de population, atteint un nombre de 100 œufs le 15 mars, puis une diminution s’observe. De la même façon, le nombre d’œufs dans T5 atteint un pic d’environ 180 œufs le 9 mars. Lorsque l’on compare le nombre d’individu pour chaque modalité lors de la première génération (15 mars), c’est la modalité T5 qui possède le plus d’œufs, suivie de T4, T0, T1 et T3. Cela est confirmé par les statistiques qui montre que T0, T1 et T3 ne sont pas différentes entre elles, tandis que T4 et T5 sont différentes entre elles et des autres modalités (Annexe III).
La ponte de deuxième génération correspond au deuxième pic visible sur la figure 28. Tout d’abord, T0 montre un pic de population de 410 œufs durant la période précisée précédemment. Pour la seconde génération, T1 montre des résultats similaires à ceux du témoin, mais avec un pic légèrement plus faible (environ 350 œufs). Le traitement est donc plus efficace sur la première génération que la deuxième. Cette modalité a été arrêté le 28 mai afin de mettre en place l’essai en micro-parcelles. La courbe de T2 augmente jusqu’à un pic de population à 370 œufs en moyenne pour la seconde génération, puis diminue. La modalité, T3 à la densité de population la plus faible, avec un maximum d’œufs d’environ 140 le 12 mai, suivi d’une diminution lente observée dans chaque modalité. La courbe correspondant à la modalité T4 augmente fortement à partir de fin avril jusqu’à un maximum de 570 œufs environ. T4 possède pour la deuxième génération le plus fort pic du nombre d’œufs, avant une forte diminution à partir du 28 mai. Pour finir, T5 augmente entre début-mai et début-juin avec un maximum de 430 œufs. Une forte diminution est par la suite observée. Pour conclure, la comparaison du nombre d’œufs au 23 mai montre que T4 possède le plus d’individu, suivi de T5, T0, T1, T2 et enfin T3. Les modalités T0, T1 et T2 ne sont statistiquement pas différent de T5 et T3, alors que T3, T4 et T5 sont toutes trois différentes entre elles (Annexe III). La spécialité T3 a la meilleure efficacité pour les deux générations alors que T4 et T5 sont celles qui montrent une plus faible efficacité sur les œufs.
La figure 29 représente l’évolution des populations en larves jeunes lors de la première génération. Le pic de population est le 4 avril. De plus, une légère augmentation est aussi visible pour T4 et T5 le 18 avril. Le nombre de jeunes larves dans T0 augmente vers un pic de population de 15 individus, avant une rapide diminution.
Figure 32 : Observation du nombre d’œufs pendant 10 jours en fonction des modalités des micro-parcelles.
0 100 200 300 400
16-mai 21-mai 26-mai 31-mai 05-juin 10-juin 15-juin
Nombre de larves jeunes
Témoin non traité (T0) Polithiol (T1) Polithiol + Armicarb (T2) Argile (T3) Terre de diatomée (T4) Invelop (T5)
Polithiol Armicarb Argile
Terre de diatomée Invelop Agrimec
Figure 30 : Evolution des populations en larves jeunes en fonction des modalités du 16 mai au 16 juin.
Les courbes représentent le nombre d’œufs dans les modalités et le point représente la date d’application du traitement.
0 50 100 150 200 250 300
Témoin Agrimec Naturalis Nativert Clou de girofle
Movento
Nombre d'oeufs sur 20 pousses
J0 J+3 J+9 (% d'oeufs en moins après 9 jours)
(74,5%) (50,5 %)
(69,5 %) (43,0%)
(82,7 %) (60,8 %)
-5 0 5 10 15 20 25 30 35
0 5 10 15 20 25 30
Température (°C)
Pluie (mm)
Pluie (mm) T°C mini T°c maxi
Figure 31 : Conditions météorologique à La Morinière du 28 mai au 06 juin.
Baillou Amélie | Lutte contre le psylle commun du poirier 12 De la même façon que dans le témoin, les modalités T1, T3 et T5 montrent respectivement un pic de population d’environ 10 jeunes larves, 2 larves et 8 larves. La modalité T4 montre un pic de présence des larves jeunes débutant le 21 mars et s’étalant jusqu’à début-mai. Le maximum d’individu enregistré est d’environ 5 larves le 18 avril. Il semble qu’au 18 avril, la moins bonne efficacité soit T4, puis T5, T0 et T1. La modalité T3, est celle qui a la meilleure efficacité. Les modalités T0, T1 et T3 ne sont pas différentes entre elles statistiquement, mais différente de T4, alors que T5 est non différents des 4 autres modalités (Annexe IV).
La seconde génération de jeunes larves est montrée sur la figure 30. De nouveau, une population plus importante est rencontrée sur la seconde génération. Pour les 6 modalités l’augmentation du nombre d’individus semble débuter le 21 mai. T0 a un pic de population le 6 juin avec 270 individus. T1 n’est plus suivi au 28 mai, donc la courbe s’arrête avant le pic de population. Le maximum d’individus dans T2 est de 180, de 140 dans T5 et de 220 dans T4. Les 3 pics sont visibles le 29 mai. La modalité T3 possède toujours la courbe la plus faible. Une augmentation du nombre d’individu est observée le 17 mai et le nombre maximum d’individu (70 larves en moyenne) s’étale jusqu’au 6 juin, puis diminue faiblement. Lors du pic de seconde génération le 29 mai, le nombre d’individu est le plus élevé dans T4 puis, T0, T2, T5 et T3. Statistiquement, T3 se démarque des autres modalités.
En effet, T0, T2 et T4 ne sont pas différents entre eux et T5 n’est pas différent des 4 autres modalités (Annexe IV). Pour conclure, le nombre le plus faible de larves est retrouvé dans T3 pour les deux générations et le plus grand nombre dans T0.
Après plusieurs semaines de notation et le début de la deuxième génération de psylle, une très forte densité de population est observée dans les rameaux annotés. Il a donc été décidé d’arrêter le suivi des traitements T4 et T5 et d’appliquer de l’Agrimec gold. C’est un insecticide de référence utilisé pour faire chuter les densités de population, ayant une action larvicide.
Les traitements de l’essai en micro-parcelles sont tous appliqués le 28 mai, la figure 31 montre les conditions météorologiques pendant cet essai. Le 28 mai il y a une pluie de 6mm, puis une forte pluie est visible le 5 juin.
Les précipitations enregistrées sur cette période sont de 32,5 mm. En moyenne, la température maximale est de 16,7°C et la température minimale de 11,3°C.
Cet essai permet de tester d’autres produits sur de plus petites surfaces, afin d’observer les potentielles phytotoxicité sur l’arbre et l’efficacité des traitements sur les populations. A chaque date, le nombre d’œufs dans chaque modalité est représenté sur la figure 32. Tout d’abord, une chute du nombre d’œufs est observée dans le témoin non traité, passant d’une moyenne de 145 à 82 (J+3) puis passant à 25 œufs (J+9). Le traitement avec l’Agrimec gold montre une diminution rapide mais moindre que celle du témoin (de 138 à 60 jusqu’à 54), 60,8%
face à 82,7% de mortalité après 9 jours de traitement. Pour la modalité Nativert®, le nombre d’œufs diminue de 130 (J0) à 90 (J+3), et jusqu’à 40 œufs à J+9. La modalité Naturalis® présente une diminution à J+3 puis une ré-augmentation du nombre d’œuf apparait à J+9, seulement 43% de mortalité, correspondant à la valeur la plus faible. A J+3 une diminution du nombre d’œufs dans l’huile de clou de girofle est visible et encore plus à J+9.
Son pourcentage de mortalité est bien inférieur à celui du témoin (50,5%). Le nombre d’œufs dans la modalité Movento® diminue faiblement à J+3, puis plus rapidement à J+9. La mortalité à J+9 est de 74,5%, valeur supérieure à la référence, l’Agrimec gold, mais inférieure à celle du témoin. Statistiquement, les modalités à chaque date ne sont pas différentes entre elles (Annexes V). Pour conclure, le plus fort pourcentage de mortalité est attribué à la modalité témoin avec 82,7%, suivi de Movento®, Nativert® et Agrimec gold qui ont des valeurs respectives, de 74,5%, 69,5% et 60,8%.
Figure 33 : Evolution des efficacités des traitements sur les œufs en fonction du temps.
Figure 34 : Observation du nombre de jeunes larves pendant 10 jours en fonction des modalités de la micro- parcelles.
-250 -200 -150 -100 -50 0 50
30-mai 31-mai 1-juin 2-juin 3-juin 4-juin 5-juin 6-juin 7-juin
% d'efficacité
Agrimec Naturalis Nativert Clou de girofle Movento
-50 0 50 100 150 200 250 300
Témoin Agrimec Naturalis Nativert Clou de girofle
Movento Nombre de larves jeunes sur 20 pousses
J0 J+3 J+9
(% de larves jeunes en moins après 9 jours)
( 53,3%) ( - 21,0%)
( 52,8%) ( 38,6%)
( 59,5%) (49,9 %)
-160 -140 -120 -100 -80 -60 -40 -20 0 20
30-mai 31-mai 1-juin 2-juin 3-juin 4-juin 5-juin 6-juin 7-juin
% d'efficacité
Agrimec Naturalis Nativert Clou de girofle Movento
Figure 35 : Evolution des efficacités des traitements sur les larves jeunes en fonction du temps.
0 50 100 150 200 250 300
Témoin Agrimec Naturalis Nativert Clou de girofle
Movento Nombre de larves jeunes sur 20 pousses
J0 J+3 J+9
(% de larves jeunes en moins après 9 jours)
( 53,3%) ( - 21,0%)
( 52,8%) ( 38,6%)
( 59,5%) (49,9 %)