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Méralgie paresthésique · BabordNum

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(1)

FACULTÉ

DE

MEDECINE

ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1899-1900 !%° 39

Présentée et soutenue publiquement le 20

Décembre

1899

PAR

ivr

arie-Paul-François LE IV OIR

Né à Rombas (Lorraine annexée), le 18 Novembre 1875

Élève duService de Santé de la Marine

/ MM. PICOT professeur.... Président.

Examinateurs de la Thèse AUCHE

professeur..

agrégé > Juges.

SABRAZÈS agrégé.

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les

diverses parties de l'Enseignement médical.

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU MIDI PAUL GASSIGNOL

91 RUE PORTE-U1JEAUX 91 1899

(2)

Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux

M. DE NABIAS, doyen M. PITRES, doyen

honoraire.

i>rofc»»hur»

MM. M1GÉ \

.y

(

Professeurs honoraires.

DUPIjY (

MOUSSOUS.

MM.

( PICOT. Médecine légale Cliniqueinterne

j

pITREg Physique.

.?

„.. . . \ DEMONS. Chimie

Clinique externe

j

LANELONGUE. Histoire naturelle ...

Pathologie et théra-

Pharmacie

peutique

générales. VERGELY. Matière médicale

Thérapeutique

ARNOZAN. Médecine expérimen-

Médecine opératoire. MASSE.

taie

Clinique d'accouché-

Clinique ophtalmolo-

ments LEFOUR. gique

Anatomie pathologi-

Clinique des maladies

que

COYNE. chirurgicales des

en-

Anatomie CANNIEU fants

Anatomie générale et

Clinique

gynécologique histologie VIAtJLT.

Clinique médicale des

Physiologie

JOLYET. maladies des enfants

Hygiène

LAYET. Chimie biologique...

agrégé» ica i3xi5rc0c1s : section demédecine (Pathologie interneetMédecine

MM. CASSAET. | MM. Le DANTEC,

AUCHÉ. | HOBBS.

SABRAZÈS.

MM.

MORACHE.

BERGON1É.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

de NABI AS

FERRÉ.

BADAL.

P1ECHAUD.

BOURSIER.

A. MOUSSOUS.

DENIGÈS.

légale.)

section de chirurgie et accouchements imm. denucé. |

Pathologie

externe]

yillar braquehaye chavannaz.

Accouchements.(MM. CHAMBRELKNT FI EUX..

Anatomie.

section dessciences anàtomiques et physioi.ou 1ques

JMM, PR1NCETEAU | Physiologie.... MM. PACHON.

•••j N. I Histoirenaturelle BEILUE.

Physique.

section dessciences physiques

... mm. sigalas. | Pharmacie

cour» c 0.11s* i,é19i'1 a t a s ss bc»

M. BARTHE.

Clinique desmaladies cutanées et

syphilitiques

Clinique desmaladies des voies

urinaires

Maladies dularynx,desoreilleset dunez Maladiesmentales

Pathologie interne

Pathologie externe ".

Accouchements Chimie

Physiologie Embryologie Ophtalmologie

HydrologieetMinéralogie

Le Secrétaire de la Faculté:

mm. dubreuilh.

pousson.

Moure.

régis.

rondot.

denucj.

chambrelent.

dupouy.

pachon.

n.

lagrange.

'

cardes.

lemaire.

Pardélibération du 5 août 1879, la Faculté aarrêté que les opinions émisesdans les

Thèsesqui lui sontprésentéesdoivent êtreconsidérées commepropres à leurs auteurs, el qu'elle n'entend leurdonnerniapprobation niimprobation.

(3)
(4)

A. MON ONCLE LE DOCTEUR EDMOND

GUILLEMIN

DIRECTEUR DU SERVICE DE SANTÉ DU 20e CORPS

D'ARMÉE

OFFICIER DE LA LÉGION D'HONNEUR

A MON ONCLE LE DOCTEUR PAUL GUILLEMIN

(5)

A MONSIEUR LE DOCTEUR SABRAZÈS

PROFESSEUR AGRÉGÉ A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX CHEF DU LABORATOIRE DES CLINIQUES

OFFICIER D'ACADÉMIE

(6)

MONSIEUR LE DOCTEUR CABANNES

MÉDECIN DES HOPITAUX

(7)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE DOCTEUR PICOT

PROFESSEUR DE CLINIQUE MÉDICALE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE

DE BORDEAUX

MEMBRE CORRESPONDANT DE l/ACADÉMIE DE MÉDECINE

CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR

(8)
(9)

Notre scolarité médicale terminée, au moment d'entrer dans la vieactive, il nous est doux de jeter un regard en arrière sur les trois années d'études que nous

fîmes dans

cette Faculté. Nous garderons toujours le

souvenir des

leçons quenous

donnèrent

nos

Maîtres, et des exemples de

douceur et de bonté qu'ils nous

montrèrent chaque jour. Si

plus tard, il nous est

donné de pouvoir soulager quelques-

unes des misères humaines, nous en rapporterons tout

le

mérite à ceux qui ont

guidé

nos pas

dans .l'étude de la

médecine.

Si

quelquefois la

vie

matérielle

a eu pour nous

des exigences pénibles,

nous avons trouvé dans des

amitiés solides de

puissants réconfortants.

QueM. le Prof. Sabrazès, médecin des hôpitaux,

veuille

bien recevoir ici, dans toute leur sincérité,

l'assurance de

nos sentiments de parfaite reconnaissance.

L'année

que

nouspassâmesdans son

laboratoire

ne

sortira jamais de

notre mémoire. Nous n'avons jamais

trouvé auprès de lui

que des enseignements surset

étendus

et une

affabilité

sans bornes. C'est lui qui a

bien voulu

nous

donner le sujet de

notre thèse, nous guider dans ce travail et nous

donner les

matériaux nécessaires..Aussi nous le prions

de vouloir bien

accepter ici tousnos remerciements.

Dans l'expression denotre

gratitude,

nous

associerons à

son nom celui deJVl. Cabannés,

médecin des hôpi taux, qui

a daignénous aider de ses conseils et

dont le

secours nous a étéprécieux dans la rédaction de notre

thèse.

Que M. le Prof. Picotnous permette

de lui présenter tous

nosremerciements les plus chaleureux pour

le grand hon¬

neur, qu'il nous fait en cejour,

de vouloir bien présider la

soutenancede notre thèse.

(10)

- 10 -

Nous diviserons cette étude de la

méralgie paresthésique.

en deux parties :

La

première comprendra l'historique de la question.

La seconde sera représentée par

le tableau clinique et sta¬

tistique.

Dans la bibliographie, nous

donnerons toutes les indica¬

tions que nous avons

trouvées, bien

que

toutes n'aient pu

nous servir.

Enfin, l'on trouvera

à la dernière

page une

phototypie

stéréoscopique

reproduite d'après

un

cliché qu'ont bien

voulunous communiquer

MM. Sabrazès et Cabannes.

(11)

HISTORIQUE

La méralgie

paresthésique

a été

décrite

pour

la première

fois et presque simultanément,

le

15 mars

1895,

par M. Ber- nhardt, et le 1er avril de la même année par M. V.-K. Rotli.

Depuis cette

époque,

les

observations

se

sont accumulées,

et, si elles ne sont pas plus nombreuses,

c'est

que,

parfois

inconnue du médecin, cette maladie se borne le plus sou¬

vent à des douleurs faibles, necomporte quelquefois que de

la paresthésie dont le

sujet

constate

rarement l'existence,

et

dans certains cas est absolument

reléguéé

au second plan

par la concomitance

d'une maladie plus sérieuse. Aussi,

depuis le 1er avril 1895,

date de publication des premières

observations par Roth,

jusqu'au 10 novembre 1897, MM.

Sa-

brazès et Cabannes n'ont relevéque 62. observations, qu'ils consignèrent dans un travail paru dans

la Revue de mé¬

decine de novembre 1897.

Gomme l'historiquede

la

question a été

fait à cette

époque

parMM. Sabrazès et Cabannes, avec une

précision et

une concision parfaites,comme

d'autre

part nous

n'y ajouterions

rien que

d'inutile,

et que

retrancher est impossible,

nous

nous contenterons, ne voulant pas copier

textuellement,

de renvoyer purement et

simplement

au

mémoire de

ces

deux auteurs.

Cependant nous mentionnerons

quelques observations

antérieures au mois de novembre 1897, qui avaient

échappé

à MM. Sabrazès et Cabannes.

En 1896, le Dr E. Rapin

(*) cite

sa propre

observation. Il

a (p Journalde 7nédecineet de chirurgie pratiq71.es, 1896,p. 42.

(12)

constaté uneabsence de sensibilité sur une

surface nette¬

ment limitée de la région

antéro-externe de la cuisse droite.

Cette anesthésie commence à sept travers

de doigt environ

du

pli

de

Faine et comprend, à droite de la ligne médiane du

membre, une plaque large

de cinq travers de doigt,.qui des¬

cend* obliquement en

dehors jusqu'à l'articulation du' ge¬

nou,

près

de

la tête du péroné. Sur toute cette surface, le

passage

du doigt, pulpe

ou

ongle, n'est

pas perçu.

C'est au

côté externe, à la partie

inférieure

que

l'anesthésie est le

plus

prononcée. Le sensibilité

au

froid, à la chaleur et au

courant -faradique, est

partout très atténuée. La marche

produitune

sensation d'humidité suivie de brûlure accom¬

pagnant

des tiraillements à la hauteur du tenseur du fascia

la ta.

Le DrR.apin a

constaté

sur sa

plaque d'anestbésie la sup¬

pression du

réflexe pilo-moteur.

En 1896 également, S. Yen

tu ri (*) publiait deux observa¬

tions, dont la seconde s'éloigne

du

type

normal.

Dans la

première observation est consignée l'histoire d'un

homme de quarante-quatre ans,

syphilitique, ayant toujours

joui d'une bonne santé.

En décembre 1893, il commença à

avoir une sensation dechaleur brûlante dans la peau

de la

région externe

de la cuisse droite. Au commencement, cette

surface était limitée à la région infëro-externe

de la cuisse;

actuellement, elle occupe toute

la région externe, à partir de

trois travers dedoigt au-dessus

de la rotule, jusqu'à quatre

travers de doigtau-dessous

de la région trocliantérienne. La

peau y est

engourdie,

comme

si elle avait été précédemment

grattée.

Sensibilité à la douleur et à la chaleur normales ;

sensibilité tactile un peu

diminuée.

Le

frottement fait

avec la main amène la cessation momentanée de la

sensation de

brûlure.

Le malade se souvient qu'il y a

vingt

ans,

quelques mois

avant de contracter la

syphilis, il avait

eu

de temps

en

(!) informa medica, 1890, p.

460.

(13)

temps, sur la région interne de la cuisse droite, des sensa¬

tionssubites d'humidité limitées ça et là, comme dues à la chute de gouttes d'eau sur la cuisse, à tel point que plu¬

sieurs fois il regarda si par aventure il ne lui était pas tombé quelquesgouttes d'urine.

La seconde observation offre des caractèresparticuliers en ce sens que la névralgien'est pour ainsi dire pas accompa¬

gnée de parestjiésie.

Le malade, soixante-deuxans, obèse, pas de syphilis, est souffrant depuis vingt ans. Etant assis

près

du feu, il sentit subitementunesensation de froid à larégion cutanée externe de la cuisse droite, à deux doigts au-dessus du genou jus¬

qu'aux environs du grand trochanter. La surface était large d'environ trois travers de doigt, le longdu trajetdu fémoro-

cutané externe. Sans aucune

période

de rémission depuis vingt ans, la sensation de froid commence peu de minutes après que le malade s'est assis et

disparaît

tout d'un coup, aussitôt que le sujet se met dans la position debout ou dans le décubitus dorsal. Des bains thermo-minéraux, que. le patient prend depuis trois ans, ont rendu la sensation plus modéréeetsupportable. Jamais de sensation de brûlure.

A l'examen physique : sensibilité au froid et au chaud normale aussi bien à droite qu'à gauche; également norma¬

lesles sensibilités tactile, musculaire, topographique, dou¬

loureuse et

électrique.

Pourtant quand il a la sensation de froid, il distingue bien l'humide du sec, cependant pas avec la même facilité que,

lorsqu'étant

debout, il n'a pas cette sensation de froid.

Depuis trois ans environ, le malade ressent cinq ou six fois l'an une douleur

névralgique,

qui dure peu dejours, et qui va de la

région

lombaire droite aupli inguinal du même côté.

En 1897, le Dr J.-C. Sliaw

(i)

rapporte trois observations.

Le premier malade, âgé de cinquante ans, est souvent

(Ô The New-YorkmédicalJournal, 13 février 1897.

(14)

constipé;

il

a

depuis longtemps des accès de rhumatisme

goutteux.

Depuis dix

ans,

il

a

quelquefois remarqué des

troubles de sensibilité

subjectifs

sur

le côté externe de la

cuissedroite; ces

troubles

se

manifestent par une sensation

de cuisson dans le tiers inférieur et

extérieur de la cuisse.

Outre cettesensation de

brûlure, il

y a

aussi

une

sensation d'engourdissement quand

on

touche la cuisse. Sensibilités

tactile et à la douleur un peu

diminuées; sensibilité à la

température

normale. Légère paresthésie à la cuisse gauche

sur un espace de

trois

pouces sur

deux, exactement à la

même région qu'à

droite

; pas

de douleur de

ce

côté.

La deuxième observation parle

d'une dame de trente-six

ans, d'une grosseur

au-dessus de la moyenne, ayant pré¬

senté des

symptômes neurasthéniques. Elle souffre d'une

sensation de brûlure à la face externe

de la cuisse gauche à

peu

près

en son

milieu.

Moinslongue encore

est l'histoire du dernier malade : Un

homme de soixanteans seplaint d'une

sensation de brûlure

sur la cuisse du côté gauche; il

paraît bien portant

par ailleurs.

Le sujet de W.

Osier (*) est

un

homme de soixante ans,

vigoureux;

il

se

plaint d'une sensation étrange dans la

jambe droite.

Il

a

plus

ou

moins constamment une sensation

d'irritation cutanée ou de brûlure,

accompagnée quelquefois

de

picotements et de torpeur. La sensation était presque superficielle, et quand elle était forte il

ne

pouvait supporter

aucun contact sur le membre; elle s'était

tellement aggravée

que le

malade avait inventé plusieurs

moyens

pour prévenir

le contact des vêtements avecla peau.

Le D1'Ad 1er

f§), de Breslau, raconte l'histoire d'un employé

despostes

dequarante-neufans, grand, bien bâti,

sans

aucune

tare nerveuse. Depuis

vingt-quatre

ans,

il est occupé deux

fois parjour,

pendant plusieurs heures de suite, à mettre en

(fi The Journal ofnereousandmental diseases,

février 1897.

(2)NeurologischesCentralblatt, octobre

1897,

p.

082.

(15)

15

casiers les lettres etjournaux suivant leur destination ; pen¬

dant ce travail, il se tient deboutet nefait que quelques pas de-ci de-là dans l'intérieur du wagon. En janvier 1896, le malade remarqua que la face latérale externe de la cuisse gauche était insensible, commeendormie.Lorsque,dansson lit, le sujet se couche sur le côté gauche, il se produit à cette

hauteur une sensation de brûlure et un « fort bourdonne¬

ment » dans la peau. L'examen objectifmontre que la sensi¬

bilité au toucher, à la douleur, au froid, au pinceau faradi-

queest nettement diminuée dans le territoire des deux quarts moyens de la cuisse. L'écrasement entre les doigts d'un pli

de la peau est également moins douloureux qu'à droite.

Lecas de W. Warda

(d)

est assez complexe; nous rapporte¬

rons la plus grande partie de l'observation. Le malade, trente-deux ans, était entré à l'hôpital pour neurasthénie.

Entre temps, il eut une pérityplilite avec mouvements fébriles continus, mais d'intensité moyenne. Il prit de la teinture d'opium, et tout à faitau début de sa maladie on lui appliqua une vessie de glace sur la région iléo-caecale. Au bout de deuxjours

d'application,

il seproduisit des douleurs croissantes dans tout le territoire du nerf fémoro-cutané externe gauche ; pendant les accès, d'une durée d'une ou deux minutes, les douleurs, sourdes et fortes, s'accompa¬

gnaient d'engourdissement et de suppression de la sensibi¬

lité. Acause des gravesphénomènes locaux de l'intestin, on

ne put entreprendre un examen physique sérieux qu'un

mois plus tard. On trouva alors dans le territoire du nerf : une forte diminution de la sensibilité au contact, avec conservation de la localisation à la pression profonde ;

hypoalgésie

à la piqûre d'épingle; 3° diminution considé¬

rable de la sensibilité au froid et à la chaleur, principa¬

lement au centre du territoire en question ; 4° des douleurs spontanées après un frottement trop long de la peau, comme par exemplepar l'examen lui-même; 5° la pression sur le

(')NeurologischesCentralblatt, 17 décembre 1897,p.948.

(16)

16 -

nerf tout

près et

en

dessous de l'épine iliaque antérieure et

supérieure

donne des élancements douloureux dans la zone

de distribution,et le nerf est

à cette place nettement sensi¬

ble, alors

qu'il

ne

l'est

pas

à droite.

M. Féré

(d), qui depuis s'est beaucoup occupé de méralgie

paresthésique,

a

fait paraître, en janvier 1898, l'observation

d'un malade, qui

était atteint

en

même temps d'herpès pré-

putial récidivant. C'est

un

homme de haute taille, vigoureux,

qui ne

présente d'autre anomalie notable qu'une inversion

antérieure de

lepididyme à gauche, et, du môme côté, une

demi-zone horizontale

d'ichthyose passant au-dessus de la

crêteiliaque. Le

malade, cinquante-deux ans, commis aux

écritures, estle

fils unique d'un père alcoolique mort à Bicê-

tre; sa mère a

toujours

eu une

excellente santé.

Convulsions,

rougeole, scarlatine, fièvre typhoïde, rhuma¬

tisme

polyarticulaire unilatéral, tels sont ses antécédents

personnels. Depuis l'attaque de rhumatisme, il a commencé

à être sujet

à

des

poussées d'herpès préputial, qui se renou¬

vellent tous les deux ou

trois mois, quelquefois même plus

souvent. Pendant longtempsces

poussées, toujours situées

à gauche,

étaient constituées par quelques vésicules peu

volumineuses, qui

déterminaient

une

légère sensation de

brûlure, se

vidaient et

se

desséchaient en quelques jours,

sans s'accompagner

d'aucun autre symptôme. A quarante-

quatre ans,

à la suite d'un traumatisme au mollet gauche, il

eut un

gonflement

avec

chaleur et rougeur du genou gauche,

qui

le tint

au

lit pendant plusieurs semaines avec de la

fièvre.

Depuis

celte époque, les poussées d'herpès préputial sont

devenues

plus étendues,

sans

toutefois jamais dépasser la

ligne

médiane, les vésicules plus volumineuses et plus con-

fluentes déterminent des

sensations plus pénibles, s'ulcèrent

souvent et ne

guérissent

que

lentement malgré les plus

grands soins d'antisepsie. Chaque fois que les éruptions lier-

(fi Médecinemoderne,

22 janvier 1898,

p.

49.

(17)

pétiques

s'ulcèrent

et deviennent douloureuses, le malade voitapparaître dans la région antérieure de la cuisse gau¬

che uneplaque douloureuse, quipersiste tantquel'ulcération

du prépuce n'est pas guérie, généralement pendant sept ou huitjours. Cette plaque n'existe jamais pendant la période d'éruption de

l'herpès,

elle n'apparaît qu'avec l'ulcération.

La douleur est généralement provoquée par le frottement

du pantalon oudes objetscontenus dans la poche. Le malade éprouve la sensation d'uncontact sur une surface dénudée de son épiderme. Puis la douleur devient persistante,comme

à la suite de l'application d'unvésicatoire; dans l'immobilité elles'atténue, mais chaque mouvement amène unerecrudes¬

cence; la station debout est aussi douloureuse, ainsi que le décubitus horizontal; la position assiseou le décubitus, les membres inférieurs fléchis, amène un soulagement. La rapidité de la marche peut arriver à une douleur telle que le

malade soit obligé de s'arrêter. La douleur paraît prédomi¬

ner au niveau de l'angle inférieur du triangle de Scarpa, mais elle s'étend jusqu'au milieu de la cuisse. La pression profonde avec le doigt ne provoque pas la douleur, mais le frôlement

répété

est insupportable.

La région douloureuse est le siège d'une diminution con¬

sidérable de la sensibilité au contaét. On peut limiter une

plaque, qui commence en hautsur uneligne

parallèle

au pli

del'aine à 2 centimètres au-dessous de lui, et longue de 12 centimètres, s'étend en bas en se rétrécissant légèrement

sur une longueur de 23 centimètres. Lepincement est moins pénible que du côté

opposé

ou sur les régions voisines. Sen¬

sibilité auchaud et au froid diminuée. Sensibilité électrique

normale.

Le malade de M. Ingelrans

(9

est un

négociant, de cin¬

quante-quatre ans, vigoureux et bien portant mais de tem¬

péramentarthritique. Il se plaint d'éprouver

depuis deux

mois, à la région externe dela cuisse droite, des sensations

0)Echomédical du Nord, 6 février1898, p.63.

Leu. %

(18)

- 18 -

anormales. Il n'y a

rien d'autre à noter dans son état de

santé,

qu'une légère attaque de goutte survenue il y a deux

ans, etqui

n'est plus reparue, à la suite d'une hygiène con¬

venable. A cause de ses

affaires, le sujet, depuis quatre

mois, est

obligé de rester plus souvent debout et de marcher

davantage. A

partir de la Toussaint environ, le tégument des

deux tiers inféro-externes

de la cuisse droite lui semble

n'être plus

le même qu'avant, en même temps qu'une sensa¬

tionde froidsubjective

existe à

ce

niveau. C'est là tout ; ni

la marche, ni lerepos

n'influencent cette paresthésie persis¬

tante et toujours

localisée

au

même endroit. Quand on lui

demande d'indiquer

les limites exactes entre lesquelles

existe cette sensation,

il la .fait partir de quelques travers de

doigt en

dessous du grand trochanter jusqu'au condyle ex¬

ternedu fémur, et

de la ligne médiane de la cuisse en avant

jusqu'au tendon du biceps en arrière. La vue montre la peau

tout à faitnormale

dans

ce

territoire; pas d'amyotrophie;

rien

qui rappelle la névralgie sciatique.

Le contactest beaucoup

moins

perçu

que partout ailleurs ;

il éveilleaussi une

sensation différente, non déterminable.

La sensibilité

thermique est affaiblie; par contre, la sensi¬

bilité au

pincement et à la piqûre est manifestement exa¬

gérée. Ces perversions se passent dans les limites indiquées

etnulle parten

dehors du nerf fémoro-cutané. La pression

du nerfau niveau

de l'échancrure innommée n'est pas dou¬

loureuse.

Nisucre, ni

albumine dans les urines.

Enmars 1898, R.

Traugott (») publiait trois nouveaux cas.

Le

premier sujet, un fermier de soixante ans, que son

métieroblige

à rester souvent debout, ressent depuis vingt

ans un

fourmillement désagréable à la face externe de la

cuisse droite,

qui

au repos

station assise ou décubitus —

devientmoindre

et disparaît souvent complètement. Dimi¬

nution assez

considérable de la sensibilité tactile à la face

(hMonatsschrift fur

Psychiatrie und Neurologie, t. III, p. 416, 1898.

(19)

externe de la cuisse droite, plus marquée

dans

une

étendue

grande environ comme

la

paume

de la main,

que

limite

en

bas une ligne

horizontale

passant

à cinq travers de doigt

au- dessus de l'articulation du genou. La

sensibilité à la dou¬

leur, à la

température et

au

pinceau faradique,

sans

être

considérablement diminuée, l'est cependant

très nettement.

Plusieurs semaines occupées

à l'application du pinceau

faradique et par un

très grand

repos

améliorent considéra¬

blement les signes subjectifs,en

laissant toute leur intensité

aux signesobjectifs.

Le même

phénomène

se

produisit

par

le

repos

seul chez le

second malade, homme de

cinquante-cinq

ans,

rentier, très

grand et assez

corpulent. Depuis longtemps il

a

de la néphro-

lithiase, des névralgies

occipitales, de la podalgie. En

sep¬

tembre 1897. il commence à ressentir une cuisson très

désa¬

gréable dans la peau

de la cuisse gauche

;

cette sensation

est

particulièrement désagréable après

un

frottement léger

aussi bien avec la main que par les

pièces d'habillement.

Dans les deux quarts moyens

de la face externe de la cuisse

gauche, il existe un

trouble général des différends modes de

sensibilité de la peau.

Toutefois la sensibilité tactile est

moins atteinte; la

sensibilité à la douleur est,

au

contraire,

presque

complètement abolie. La piqûre n'est

pas

sentie du

toutou

produit

une

sensation de chaleur à la hauteur d'un

travers de main au-dessus de l'articulation du genou.

La

sensibilitécutanée explorée avec

l'électrode d'Erb est consi¬

dérablement diminuée.

Letroisième cas a rapport

à

une

domestique de quarante-

neufans, qui a

toujours joui d'une bonne santé et

a

accou¬

ché normalementà

plusieurs reprises. En juin 1896, douleurs

dans la

jambe gauche, surtout à la partie antéro-externe de

la cuisse, mais aussi

à la face externe delà jambe. Au com¬

mencement d'octobre 1896, l'examen

montre

que

le nerf

sciatique n'est en aucun

point douloureux à la pression. La

sensibilitéau contact estdiminuée dans

l'endroit où siègent

les douleurs du membreinférieur.

(20)

20

A. Spiller

(x),

sans

donner d'étiologie, rapporte

un cas

de

méralgie. Un

homme, d"un âge

moyen,

avait des troubles de

sensibilité limités strictement à la distribution du nerf fémoro-cutanéexterne de la cuisse droite. Il n'avait aucune sensation

désagréable

quand

il était

au

lit, assis

sur une chaise, ou immédiatement

après s'être

mis

debout. Mais, après

un court

moment de station debout

ou

après avoir

marché, il

éprouvait, dans la

zone

du fémoro-cutané externe,

une sensation nette de brûlure etde rétraction accompagnée d'une douleur

pénible. Sensibilité

en

général normale, ré¬

flexes normaux,muscles sains.

M. Joncheray

(2)

rapporte

ainsi

sa propre

observation

:

« Unjour, en me

mettant debout, je ressentis

une

vive brû¬

lure très superficielle

dans la

peau, comme

si l'on m'eût pi¬

qué avec

plusieurs aiguilles rougies. En même temps, je

percevais

moins tout autour le contact du pantalon, j'étais

comme engourdi, comme recouvert

d'une plaque de carton

; la sensibilitésemblait s'être déplacée, diminuée dans toute la région pour se

concentrer

en un

point où elle était extrême

et transformée en douleur cuisante. Ce point correspondait

à environ 15 centimètres au-dessus du condyle externe.

C'était

parfois vraiment intolérable et, quand j'étais obligé de

mettre mon pantalon,

je prenais bien garde à

ne

point frot¬

ter la peau, car

le léger attouchement de celle-ci

par

les poils

delà laine semblait provoquer

les douleurs, tandis

que, au contraire,je me trouvais

soulagé

en me

pinçant à pleines

mains. Je me levais aussi le moins

possible,

car dèsqueje m'asseyais ou me

couchais la douleur disparaissait brus¬

quement ou

diminuait. J'eus cependant maints accès

au

lit,

mais toujours

moins forts

que

debout. La durée était varia¬

ble, ordinairement

de quelques minutes. Mais j'ai ressenti

vivement ces douleurs pendant

cinq à six semaines

et

de

deux àcinq fois par

jour. Entre

ces

crises, il

y

avait diminu-

(!)Journalofnervousand mental diseases, novembre1898.

(2) Société de médecined'Angers, 9 novembre1898.

(21)

21

tion très nette de la sensibilitéau contactde toute

la région

antéro-externe de la cuisse. En promenant mon

doigt

ou un crayon

je délimitais parfaitement la paresthésie. La tempé¬

rature de la peau était

diminuée très sensiblement et l'épi-

dermesemblaitaffaissé, lisse,comme

tanné... Asci te. Troubles

du plexus

lombaire et du sciatique. Sueurs profuses dans la

région du rameau

fessier du nerf fémoro-cutané.

»

Le médecin que cite

Cora (*) avait longtemps souffert

d'une sciatique

rebelle, et était devenu neurasthénique à la

suite d'un coup de

soleil. Il

y a

sept mois, il

commença

à

sentir un malaise

profond et douloureux dans la région

antéro-externe de la cuisse droite, qui né

tarda

pas

à acqué¬

rir le caractère d'une brûlure, surtout occasionnée par

les

mouvements, et

disparaissant complètement

au repos.

La

nuit, cependant,

la chaleur du lit lui causait

un

certain

malaise. L'examen objectif ne

révéla qu'une notable claudi¬

cation; tout le corps

penchait du côté de la cuisse affectée.

Celle-ci ne

présentait qu'une légère hypoesthésie tactile,

thermique et

dolorifique;

aucun

point douloureux à la pres¬

sion. Pas de sucreni d'albumine dans les urines.

Miecislaus von Nartowski

(2) fournit

un

appoint considé¬

rable à l'étude de la méralgie, en

publiant les cinq obser¬

vations suivantes :

Un garde

forestier de cinquante et

un ans

ressent depuis

vingt-six ansun

fourmillement très désagréable, de l'engour¬

dissement et des picotements

cà la partie antérieure de la

cuisse droite, qui est

très douloureuse à la marche. Pendant

le décubitus ou la station assise ces diverses

sensations

disparaissent

complètement. La sensation de contact est

diminuée et la localisation se fait mal. Diminution

de la

sensibilité à la chaleur, à la douleur et

à l'électrisation

cutanée. La pression

profonde est douloureuse. Guérison

presque

complète des signes subjectifs

par

le massage,

0) Gazzettadegliospeclalie dellecliniche,

30 octobre 1898.

(2) Neiirologisches Centralblcitt, l«rdécembre

1898,

p.

1082.

(22)

l'application du pinceau

faradique et l'iodure de potassium,

celui-ci à l'intérieur.

Le deuxièmesujet,

âgé

de

quarante-cinq

ans,puissamment bâti, est obligé par son

travail de

rester

longtemps

debout.

Il seplaint de

douleurs à la face externe de la cuisse gauche,

sur laquelle il ne peut se

coucher

sans ressentir de la

brûlure et des fourmillements. La douleur n'existe dans

aucuneautre position. Diminution assez

considérable

de la sensibilité tactile, à la douleur, au froid et à l'électricité sur la face externe de la cuisse gauche. Guérison relative par la

faradisation.

Une femme de soixante-trois ans, qui avait accouché quatrefois

normalement,

a

des douleurs considérables

aux deux cuisses, principalement à la face antérieure, à tel point

qu'elle

ne pouvait plus

marcher. Elle

ressent aussi

du picotementdans cette région que limite en haut le pli inguinal eten bas la rotule. Motilité et

réflexes

normaux, ainsi que l'aspect de la peau. La sensation de contact, la localisation, la sensibilité à l'électricité, à la température et à la douleur sont nettement diminuées. Une forte pression,

à 8 centimètres au-dessus de la rotule et à 6 centimètres de la ligne médiane antérieure de la cuisse,donne des dou¬

leursinsuporlables. La pression

prolongée

diminue la dou¬

leur. L'application du pinceau faradique et l'administration

d'iodure de potassium

amènent

une

guérison

presque com¬

plète.

Le

quatrième

malade,unconcierge de cinquante-trois ans,

syphilitique depuis trente ans, vit apparaître, il y a quinze

ans,à la suite d'une entérite, une légère sensation de brû¬

lure etde fourmillement dans la cuissedroite, qui se propa¬

gea ensuite dans la cuisse gauche, aux deux jambes et aux

pieds. Cela se transforma en douleurs que ni la marche, ni le décubitus, ni la station deboutne calmaient. A l'examen objectif : peau normale, pas de diminution de la force, réflexes normaux. La sensibilité au contact, à l'électricité et lesens de la localisation sont considérablement atteints.

(23)

Thcrmoesthésie

normale. Le pincement d'un pli de la peau

est absolument

indolore des deux côtés. .Application du

pinceau

faradique, iodure de potassium; guérison relative

en neufsemaines.

Lecinquième

sujet, quarante-huit ans, prit, il y a huit ans,

des douches froidespourse

soigner d'une maladie inconnue.

Un mois

après

sa

guérison, il ressentit de la faiblesse, du

fourmillement et

de l'engourdissement des deux jambes

après

de longues marches. Diminution de la sensibilité à la

pression, à la douleur; affaiblissement des réflexes de la

peau

et de l'excitabilité électrique des muscles du territoire

du nerf

fémoro-cutané externe. Le même traitement qui

avait amélioré

l'état des malades précédents sont sans effets

sensibles sur lui.

Le 16 décembre 1898,

à la Société médicale des hôpitaux do

Paris, M. P.

Claisse, rapporta trois observations.

C. P...,

trente-huit

ans,

sujet robuste. Aucun antécédent

morbidehéréditaire ni

personnel. M'a jamais eu de maladie

infectieuse grave ; en

particulier ni fièvre typhoïde, ni syphi¬

lis. Le sujet

est

un

buveur d'eau et n'a jamais fait le moin¬

dreexcès alcoolique.

Il

se

souvient d'un traumatisme assez

violent, d'une

chute de bicyclette en 1891 ; le genou droit eut

une large

écorchure, la cuisse porta sur l'angle d'un trottoir

à sa partie moyenne

antér.o-externè,où subsista pendant

quelques

jours

un

léger hématome. Cet accident n'eut pas

de conséquences

immédiates. En 1893, le sujet éprouva à ce

niveau

quelques fourmillements, surtout par le froidet après

une marche

rapide. Ils s'accentuent un peu les années sui¬

vantes, et, en

1895, le sujet remarque, environ à 10 centi¬

mètres au-dessus de

l'angle supéro-externe de la rotule,

une zone d'anesthésie

ovalaire à grand axe vertical d'en¬

viron 5 centimètres.

Cette

zone

augmente peu à peu, prend

la forme d'une raquette,

dont le manche remonte jusque

vers le quart

supérieur de la cuisse. Les fourmillements

toujours assez

légers et supportables disparaissent parfois

plusieurs mois et reviennent en hiver surtout. Un jour, à la

(24)

- 24

suite d'une course rapide, le

sujet

éprouva dans toute la région antéro-externe superficielle de la cuisse, comme une

décharge

violente suivie d'un

endolorissement,

qui persista environ un quart d'heure. En 1898, les fourmillements ont

beaucoup

diminué. Detemps à autre reparaît une sensation dechaleuravec pincement

rapide.

La zone d'anesthésie est unpeu rétrécie; elle affecte la forme d'une raquette, dont le plateau, correspondant à la partie antéro-externe de la cuisse, a environ 12 centimètres de largeur; le manche, montantjusqu'à 30 centimètres de la rotule, a5 centimètres de largeur. A ce niveau, un contact léger n'est pas perçu;

une pression un peu appuyée et un pincement sont un peu

douloureux;

l'impression

d'un corps métallique et froid est perçue,mais avec un retardde plusieurssecondes. Il n'existe

aucun trouble

trophique.

Le réflexe rotulien est intact.

Plus

chargés

sont les antécédents du malade qui fait le sujet de sa deuxièmeobservation.

C. F...,âgé de trente-six ans. Pendant son service militaire

en Algérie, en Annam et au Tonkin, de 1883 à 1886, a con¬

tracté des fièvres

intermittentes,

qui d'ailleurs ontété assez

modérées et ontcédé facilement à la quinine. Eu 1888,

dysen¬

terie et choléra. De retour en France, le sujet a encore, en 1839, quelques accès de

paludisme; depuis

1899, sa santé est excellente. Notons l'absence de syphiliset d'alcoolisme.

Aucun stigmate

d'hystérie.

Dans ces dernières années, il a

éprouvé

plusieurs fois des fourmillements à la cuisse droiteet a

remarqué

l'insensibi¬

lité de la région correspondante. Le 15 octobre 1898, il dit qu'à plusieurs reprises les fourmillements ont été assez

pénibles pour

l'obliger

à s'arrêter quelques instants et à s'asseoir. Ce sont de petites crises passagères caractérisées par une série de

picotements,

de pincements aigus, laissant à leur suite une cuisson superficielle assez durable. Sur la partie antéro-externe de la cuisse, à quelquescentimètres de la rotule, on constate une plaque d'anesthésie en raquette offrant exactement les mêmes caractères que celle del'Obser-

(25)

25

vation I, mais moins étendueet remontant environ à 20 cen¬

timètres au-dessus de la rotule. On constate en outre l'inté¬

grité

des réflexes et l'absence de troubles trophiques.

T. A..., âgé de soixante et un ans. Sujet légèrement atlié- romateux, n'a jamaiseu de longue maladie. Se rappelle sim¬

plement avoir eudans sa jeunesse des blennoragies et des chancres mous. On ne retrouveaucune trace de syphilis; il n'est pas alcoolique. Depuis quelques années, il est gêné

dans la'marche et se fatigue vite. Les réflexes rotuliens sont très diminués des deux côtés. En l'examinant à propos de

cette légère paraplégie, nous trouvons à la partie inféro- externe de la cuisse gauche, à quelques centimètres au-des¬

sus de la rotule, une plaque d'anesthésie ovalaire allongée

dans le sens vertical et mesurant 12 centimètres sur 7. Le malade éprouve de temps à autre sur cette plaque une sen¬

sation de brûlure légère. Depuis qu'il l'a remarquée, elle a toujours la même dimension, et d'ailleurs le gêne si peu qu'il ne s'en est jamais occupé. On constate à ce niveau l'anesthésie complète à la palpation superficielle; la percep¬

tion des.corps froids est conservée, mais retardée. D'après

les renseignements du malade, la plaque

d'anesthésie

serait antérieure à la paraplégie. La paresthésie est stationnaire et la paraplégie progressive.

Dans la même séance où M. Claîsse communiquait ces observations, MM. Legendre, Florand et Dalché rapportaient chacun uneobservation.

M. Florand avait observé sur lui-même et s'exprimait dans les termes suivants : «Je suis atteintdepuis plus de dix ans de môralgie paresthésique bilatéraleavec tous lescaractères

que vient de signaler M. Claisse. Ces troubles douloureux n'existent que dans la station debout prolongée ou à la suite d'une marche qui excède un ou deux kilomètres. Si je veux tenter d'aller plus loin, ladouleur devientintolérable.Jepuis

au contraire faire des promenades prolongées

à

bicyclette.

Ces troubles sont vraisemblablement liés chez moi à un

arthritisme héréditaire trèsaccentué, une tendance à l'obé-

(26)

26 -

sité. J'ai tenté à un moment donné une cure d'amaigrisse¬

ment et il m'a suffi de quelques mois de régime pour

voir

disparaître

complètement

ma

névralgie fémoro-cutanée. Elle

a reparu parce queje n'ai pas eu le courage

de continuer la

cure.'»

M. Le Gendre rapporte ensuite

l'histoire d'un vieux gout¬

teux, qui souffre depuis vingt ans d'une

douleur intermit¬

tente et caractéristique dans la région

antéro-externe de la

cuisse droite. Cette douleur occupe une

surface où la sensi¬

bilité au contact et à la piqûre est

très affaiblie.

Le

malade

fait remonterl'origine decette zone

d'anesthésie douloureuse

à une chute dans unescalier, la cuisse ayant heurté

le rebord

tranchant d'une marche.

C'est encore au traumatisme, mais à un traumatismed'un

genre

particulier, qu'il faut

rapporter

la

cause

de la maladie

observée par Dalché. «Je fus

appelé, dit

ce

dernier, auprès

d'une dame âgée de trente-cinq ans, arrivée au

cinquième

mois de sa quatrième grossesse et

qui, prise de très vives

douleurs dans la cuisse, redoutait une phlébite. Je

constatai

une méralgie paresthésique

fort

nette

à droite. A la partie

antérieure et externe de la cuisse -droite, s'étendant au- dessous du trochanter, existait une zone elliptique

où la

sensibilité au contact, à la piqûre et

à la température

se trouvait extrêmement diminuée. Au niveau de cette région

se manifestaient des crises de douleurs spontanées tout

à

fait aiguës et pénibles, qui

survenaient à la suite d'une

marche même de peu de durée,

de l'ascension d'un escalier,

ou simplement

d'une station debout prolongée. La matrice

gravide était fortement

inclinée à droite. Depuis

son accou¬

chement, la malade n'a plus accusé aucun

symptôme de

méralgie

paresthésique.

»

La dernière observation parue en

1898

est

de A. Good C1).

La malade, infirmière dans un asile d'aliénés, a eu autre¬

fois une scarlatine qui n'a pas

laissé de

traces.

Depuis

qua-

(Û Neurologischrs Centrcilblatt,1898,p.67.

(27)

27

torzeansqu'elle est

infirmière elle n'a jamais été souffrante;

il y a deux

mois qu'elle travaille clans

un

lavoir et qu'elle est

obligéede se

tenir pieds

nus

dans

un

courant d'air. Elle eut

alors une sensation de tension, une suppression

de sensi¬

bilité, de l'état

cotonneux, de la brûlure,

une

sensation

« commesi à cette place il y euteu trop peu

de

peau ».

Puis,

survinrent des douleurs violentes, piquantes et

brûlantes,

qui étaient

toujours plus fortes d'autant plus qu'elle devait

marcher et se tenir debout. Dans le

lit,"elles

étaientdes plus

minimes.

Après trois mois de

repos,

les signes subjectifs

disparurent

laissant persister les.troubles objectifs. Sans

aucune cause connue, l'affection se remontra en

septem¬

bre 1896. A l'examen, on trouve une anesthésie

complète de

la peau innervée par

le fémoro-cutané externe. Au milieu

du territoire anestliésié, la

piqûre d'épingle

assez

profonde

n'était sentie que comme un

léger contact. Le

sens

de la tem¬

pérature est

nettement diminué. Diminution de l'excitabilité

électrique des

muscles

et

nerfs de la région, mais

sans

réac¬

tion de

dégénérescence. Actuellement, quinze mois après le

début de l'affection, la sensibilité tactile, mesurée avec

le

compas de

Weber, est diminuée à gauche de moitié par

rapport à la droite;

le contact léger

avec un

pinceau n'est

pas perçu par

la patiente dans le territoire du nerf fémoro-cutané.

La piqûre

d'épingle est moins sentie et d'une autre façon

qu'à droite. 11 existe de

l'analgésie dans

une

étendue circu¬

laire, au point

d'émergence du nerf à l'intérieur do la partie

malade.

Le 9janvier 1899, au

Congrès de la Société de psychiatrie et

de maladies nerveuses de Berlin, Nawratzki

communique

une observation suivie d'autopsie. Le

malade, quatre-vingts

ans, était dans un asile

d'aliénés

et y

est mort. On n'avait

constaté chez lui que des

signes objectifs,

un

désordre de la

sensibilité dans le territoire des deux nerfs fémoro-cutanés externes, désordre qui

consistait

en une

diminution du

sens, du tact et de la température

accompagnée d'une; exaltation

de la sensibilité à la douleur. Les

symptômes qui,

comme

les

(28)

28

troubles dela vessieou de l'intestin, auraient pu faire croire à l'existence d'une affection du

système

nerveux central, manquaient.A

l'autopsie,

on trouve unedilatation fusiforme, longue cUenviron 1 centimètre,de l'enveloppe des

deux

nerfs, à l'endroit où ils sont en contact avec l'épine

iliaque

anté¬

rieure et supérieure. Au microscope :

périnévrite

et

névrite

interstitielle et parenchymateuse. avec dégénérescence ner¬

veuse secondaire plus forte en remontant qu'en descendant.

Légère augmentation du tissu conjonctifdes cordons posté¬

rieurs de la moelle lombaire.

En 1899, P.-A. Lop

('),

chef de clinique

à

Marseille,

publie

une observation où la fatigue et le froid humide ont joué le rôle

étiologique

principal.

Le malade, trente ans, vigoureux, teint coloré, exerçant

la

profession de capitaine au long cours. Pas d'alcoolisme, ni

de syphilis. Bilieuse hématurique au Dahomey,en 1893.

Fiè¬

vre typhoïde à Madagascar, en 1894. Depuis un an, il s'est aperçu que la moindre fatigue déterminait de vives douleurs comparables à descoups de canif survenantpar accès (six

à

huit dans les vingt-quatre

heures),

dans le tiers

inférieur de

la cuisse droite. Ces crises douloureuses revenaientquelque¬

fois spontanément, sans cause

appréciable.

Mais c'est en -général après être resté plusieurs heures sur le pont

qu'ap¬

paraissent ces douleurs,qui,

d'après

ha description faite par¬

le malade, sonten tout point comparablesaux douleurs ful¬

gurantes du tabès. Jusqu'à ces derniers temps, ces accès douloureux avaient été assez courts, leur durée n'avait pas excédé

vingt-quatre

ou trente-six heures, jamais le malade n'avaitété obligé de s'arrêter. La dernière crise a été des

plus

pénibles.

Après

une traversée mouvementée, pendant laquelle le sujet

était

resté quarante heures debout sur la passerelle, les douleurs, dès le début, eurent un caractère d'acuité tel qu'elles arrachaient des cris au malade, qui est pourtant un homme courageux. Pendant les sixjoursconsé-

(1) Presse médicale, 1ermars 1899.

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