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A ndré Dodin à Madagascar, 1953-1968.

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L

e médecin-lieutenant des tro u p e s coloniales André-Aimé DO D I N

ayant choisi Madagascar, à sa sort i e de l’Ecole d’Application du Pharo , a rriva avec sa femme à Tananarive le 28 septembre 1953. Après un stage à l’Institut Pasteur local, il fut nommé chef du Groupe mobile d’hygiène n°

2 bis, dont le point d’attache était Manakara, localité de la côte centre - est de la Grande-Ile. Dès les pre m i e r s mois, il eut à intervenir sur le foyer de peste de Befotaka.

Nous nous sommes rencontrés en février 1955 à To l o n g o i n a , station du chemin de fer Fianarantsoa-Manakara. J’avais été envoyé dans la région avec l’entomologiste Alexis GRJEBINE

pour étudier un problème de filariose. Ce premier contact nous permit de sympathiser et ce fut pour moi l’occasion d’apprécier la solidité de la formation de DO D I N, élève du p rofesseur SO H I E Rde Lyon, qui avait su utiliser les temps l i b res de l’enseignement médical pour acquérir une déjà riche c u l t u re biologique à base biochimique. S’y ajoutait une tour- n u re d’esprit “ C a n a rd enchaîné” qui n’était pas pour me déplaire.

Lorsqu’après deux ans de Groupe mobile d’hygiène, le méde- c i n-capitaine DO D I Nput, en octobre 1955, demander une autre a ffectation, je le recommandais vivement au docteur Jean CO U R D U R I E R, d i recteur de l’Institut Pasteur de Madagascar, afin qu’il soit affecté dans notre établissement. Pendant cinq mois, il put préparer l’assistanat de microbiologie tout en serv a n t comme chef du laboratoire des analyses biologiques.

En France, Dodin fut reçu au concours d’assistanat ; après huit mois d’Algérie, il fut, à notre demande, réaffecté à l’Institut Pasteur de Madagascar et débarqua du Labourdonnais le 17 o c t o b re 1957. Au cours d’un séjour de deux ans et demi, il assu- ra avec M. VIAUDla production du vaccin antipesteux E.V., dirigea le service des analyses biologiques et eut, du 15 octobre au 30 novembre 1959, la responsabilité de l’intérim du Serv i c e central de la peste. Lorsqu’il quitta Madagascar, DO D I Na v a i t pris conscience des possibilités de travail scientifique qu’of- frait l’Institut Pasteur local.

Pendant son séjour en France, DO D I Nsuivit le grand cours de l’Institut Pasteur de Paris. Médecin-commandant du 1er avril 1962, il arriva le 1er mai à Tananarive pour un troisième séjour à l’Institut Pasteur de Madagascar. Au départ du docteur CO U R D U R I E Ren janvier 1962, j’étais devenu directeur de l’éta- blissement et j’avais demandé sa réaffectation au docteur Marcel VAUCEL, directeur des Instituts Pasteur Outre-Mer.

Il re t rouva sa place de chef du service des analyses biologiques tout en m'assistant pour les examens histopathologiques.

Le sous-directeur Pierre SU R E A Unous ayant quitté pour d'autres cieux, je demandais au docteur VAUCELde nommer à ce poste André DO D I Net c'est avec ce titre qu'il revint à M a d a g a s c a r, en fin de congé, le 29 novembre 1964.

C o m m e n c è rent alors quatre années d'une étroite et amicale col- laboration, où il assurait avec compétence les intérims de la direction pendant mes absences.

Esprit vif, curieux, inventif, bon expérimentateur, DO D I N, pendant ses séjours successifs à l'Institut Pasteur de M a d a g a s c a r, ne signa pas moins de 125 notes. Pour 23 d’entre elles, il était le seul auteur, et, pour les 102 publiées en colla- boration, nos deux noms étaient associés pour près de la moi- tié (48). Il abordait les thèmes les plus variés, allant jusqu'à étudier la pathologie des caméléons ; mais ce fut la pathologie infectieuse et parasitaire qui fit l'objet de la grande majorité de ses notes (91). A partir de 1963, en collaboration avec les laboratoires Ciba, il étudia tout spécialement le nouvel anti- b i l h a rzien, le niridazol (Ambilar), ce qui lui donna l'occasion de participer au séminaire de Lisbonne (2-4 juin 1965), au congrès sur la filariose de Manille (21 novembre-1er décembre 1965), à celui de Tokyo en novembre 1966 et à un séminaire à New-York (10-13 octobre 1967).

Nous avions l'un et l'autre pu constater par expérience per- sonnelle l'isolement où pouvaient se trouver nos jeunes cama- rades lors de leur pre m i è re affectation dans un poste de bro u s s e et les difficultés qu'ils rencontraient pour la préparation des concours. Nous avons mis sur pied une expérience d'ensei- gnement à distance par le biais d'un échange de bandes de magnétophone. Le futur candidat exposant une question et recevant par retour les critiques que l'audition de son expo- sé nous suggérait. Plusieurs utilisateurs de ce "téléenseigne- ment" nous assurèrent par la suite en avoir tiré bénéfice.

André DO D I Nquitta Madagascar et son Institut Pasteur le 23 s e p t e m b re 1968, médecin lieutenant-colonel, chevalier de

A ndré Dodin à Madagascar, 1953-1968.

E. R. Brygoo

Muséum d’histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie des reptiles et amphibiens, 25 rue Cuvier, 75005 Paris.

Manuscrit n° PF06. Journée en hommage au Professeur A. DODIN. Accepté le 1er octobre 1998.

Madame BRYGOOet A. DODIN(à gauche, M.Solar, pharmacien ?)

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l ' o rd re national malgache, membre associé de l'Académie malgache. Le ministre de la santé publique, M. Jean-François JA R I S O Navait tenu à honorer de sa présence la cérémonie d'adieu. DO D I Nresta toujours très attaché à l'établissement où il avait fait ses pre m i è res re c h e rches. Lorsqu'en octobre - n o v e m b re 1987 nous nous sommes re t rouvés ensemble à Tananarive, à l'occasion du centenaire de l’Institut Pasteur, nous avons partagé la même joie de voir ce qu'avait su faire P i e rre CO U L A N G E Spour le développement de l'établissement de Madagascar.

Ce n'était pas seulement à l'Institut Pasteur local que restait attaché André DODIN. Il n'avait en fait jamais complètement quitté Madagascar ou, plutôt, il avait emporté avec lui une p a rtie de l'île avec ses trois enfants qui y étaient nés. Sans cesse, son laboratoire à l'Institut Pasteur à Paris recevait des Malgaches ou des voyageurs arrivant ou partant pour la Grande-Ile. Il était entretenu dans un climat malgache par la fréquentation régulière du docteur Georges GI R A R Dqui sou- vent le visitait dans son laboratoire du choléra et que Dodin aida, filialement, jusqu'à ses derniers jours.

L'homme était d'un abord chaleureux, toujours prêt à re n d re service. Très apprécié de ses collaborateurs malgaches, il ne cessa d'aider tous ceux qui avaient recours à lui, particulière- ment les membres de sa première équipe du Groupe mobile d'hygiène n° 2 bis. Très attaché à Madagascar, DO D I Nne l'était pas moins à son terroir d'origine, les Vosges. D'Algérie, il ramena des vestiges archéologiques pour le musée de Saint- Dié, et au retour du congrès de Manille, le 15 décembre 1965, il donna dans cette ville une conférence à la Société philoma- tique vosgienne sur le thème “Les épidémies et l'Histoire”.

Le nom d'André DO D I Nrestera attaché aux progrès de la connaissance scientifique de Madagascar et au développement de son Institut Pasteur.

Quant à moi, j'ai perdu un ami fidèle.

E.Brygoo

E. BRYGOOet A. DODIN

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