ANTOINE BERNARD, C. S. V.
LA GASPÉSIE AU SOLEIL
Ouvrage couronné par l’Académie française
Préface de Pascal Alain Éditions Lambda
Du même auteur
À paraître aux Éditions Lambda, nouvelle édition
Histoire de la Louisiane, de ses origines à nos jours, avec cartes et illustrations, originellement publié par Le Conseil de la vie française en Amérique, Université Laval, Québec, 1953, 446 pages.
Le Drame acadien, depuis 1604, avec cartes et illustrations, Les Clercs de Saint-Viateur, Montréal, 1936, 464 pages.
Histoire de la Survivance acadienne, 1755-1935, avec cartes et illustrations, Les Clercs de Saint-Viateur, Montréal, 1935, 470 pages; ouvrage couronné par l’Académie française, prix Montyon.
Antoine Bernard, Clerc de Saint-Viateur, professeur à l’Université de Montréal de 1926 à 1948.
Antoine Bernard, c.s.v.
La Gaspésie au Soleil
Ouvrage couronné par l’Académie française
Sous la direction de Roger Léger Préface de Pascal Alain
Éditions Lambda
© Les Éditions Lambda 4-125, rue Champlain Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) Canada J3B 6V1 450 741-3388
[email protected] Dépôt légal : octobre 2018
Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives du Canada
Maquette de la couverture : Roger Léger Infographie : Steve Hovington
Date de publication : septembre 2018
Droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
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Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Bernard, Antoine, 1890-1967, auteur
La Gaspésie au soleil / par Antoine Bernard.
Nouvelle édition.
Édition originale : Montréal : Les Clercs de Saint-Viateur, 1925.
Comprend des références bibliographiques.
ISBN 978-2-923255-17-0
1. Gaspésie (Québec) - Histoire. I. Titre.
FC2945.G3B47 2018 971.4’77 C2018-941775-7
Page couverture : carte de la Gaspésie, de la main de l’auteur, au début des années 1960
Préface
Sur les traces d’Antoine Bernard
Antoine Bernard voit le jour à Maria, le 14 avril 1890. Fils de Narcisse Bernard et de Domitilde Audet, le jeune Antoine, comme plusieurs de ses compatriotes à cette époque, se dirige rapidement vers des études religieuses. Âgée de 16 ans, il entre au Juvénat des Clercs de Saint-Viateur d’Outremont. Par la suite, il fréquente l’Académie Saint-Jean-Baptiste de Montréal, le Noviciat des Clercs de Saint-Viateur de Joliette, l’Université de Montréal, l’Institut catholique de Paris, et enfin, le Collège de France. En 1941, après de longues années d’études, de recherches et d’enseignement, il obtient un doctorat ès lettres de l’Université de Montréal.
Ardent défenseur de sa Gaspésie natale, mais également passionné d’histoire, en particulier celle des Acadiens, Antoine Bernard, à peine âgé de 28 ans, prononça, en février 1918, une conférence devant plus de 800 personnes, événement qui l’influencera très certainement dans les années à venir. Bernard s’adressait à une foule captivée, en présence du député fédéral de Bonaventure, Charles Marcil, sa conférence ayant pour titre « L’Acadie, son passé, ses espérances ». Sa conférence venait d’amorcer tout un mouvement de reconnaissance, de sauvegarde et de mise en valeur de la culture acadienne en terre canadienne-française.
Puis, tout s’enchaîne pour cet homme de lettres. De 1926 à 1948, il est titulaire de la chaire d’histoire acadienne de l’Université de Montréal. Juste avant d’accepter cette fonction, le frère Bernard publiait son premier grand ouvrage d’historien. La Gaspésie au soleil, paru en 1925, reçoit en 1926 le Prix Thérouanne de l’Académie française, prix annuel en histoire qui a été remis de 1869 à 1989. Cette même année, on lui décerna le prix David, créé en 1923 par Athanase David, secrétaire de la Province de Québec, à la mémoire de son père, Laurent-Olivier David. Bernard reçoit cette reconnaissance à titre d’écrivain ou de chercheur ayant soumis une œuvre littéraire ou scientifique qui se démarque aux concours littéraires et scientifiques de la Province.
Une dizaine d’année s’écoulent avant qu’Antoine Bernard remette sa plume au service de l’histoire acadienne. En 1935, paraît le grand ouvrage Histoire de la survivance acadienne, 1755-1935, pour lequel il se mérite, l’année suivante, le Prix Montyon de l’Académie française. Ce prix annuel est décerné aux « auteurs français d’ouvrages les plus utiles aux mœurs, et recommandables par un caractère d’élévation et d’utilité morales ». Par la suite, Bernard publie une dizaine d’ouvrages, parmi eux Le drame acadien depuis 1604 (1936), Histoire de l’Acadie (1938), La renaissance acadienne au XXe siècle (1949), Histoire de la Louisiane, de ses origines à nos jours (1953), L’épopée canadienne (1959) et Le Centenaire de la paroisse de Maria : 1860-1960 (1960).
Fort probablement le premier historien de la Gaspésie, le Frère Antoine Bernard revêt aussi par moment la cape du poète, de l’écrivain et du généalogiste. Au cours de sa carrière, il a publié des centaines d’articles dans des revues et journaux, tels que L’Action Nationale, Le Canada français, Le Devoir, la Revue d’histoire de l’Amérique française, Le Travailleur de Worcester et, bien sûr, la Revue d’histoire de la Gaspésie, connue aujourd’hui sous l’appellation de magazine Gaspésie.
Le frère Antoine Bernard décède à Montréal, le 14 décembre 1967, à l’âge de 77 ans. Deux ans plus tard, une école secondaire ouvre ses portes à Carleton, village voisin du lieu de sa naissance. Sans grande surprise, on décide de nommer cette maison d’éducation, École Antoine-Bernard, en hommage à ce grand Gaspésien et homme de lettres, maintes fois reconnu pour la qualité et la portée de son œuvre. Puisse la réédition de La Gaspésie au soleil nous permette de redécouvrir les écrits d’Antoine Bernard.
Pascal Alain, historien.
Carleton-sur-Mer, 12 juillet 2018.
Avis aux lecteurs
Les Éditions Lambda ont l’intention de sortir de l’oubli les œuvres majeures d’Antoine Bernard, c.s.v. « l’historien de la Gaspésie et du peuple acadien. » Né le 14 avril 1890 à Maria, Antoine Bernard fit ses études à l’Université de Montréal, à l’Institut catholique de Paris et au Collège de France, et obtint un doctorat ès Lettres de l’Université de Montréal où il fut directeur de la Chaire d’études acadiennes, de 1926 à 1948. Auteur prolifique, il a entre autres publié La Gaspésie au Soleil en 1925, couronné par l’Académie française en 1926, prix Thérouanne, Histoire de la Louisiane de ses origines à nos jours, en 1953, Le Drame acadien, depuis 1604, et L’Histoire de la Survivance acadienne, 1755-1935, couronné par l’Académie française, prix Montyon, en 1936. Ces œuvres seront rééditées d’ici 2020 aux Éditions Lambda.
« Il faut lire cette émouvante histoire (La Gaspésie au Soleil), écrivait l’auteur de la Tragédie d’un peuple, Émile Lauvrière, à laquelle le talent de son auteur a su donner, en même temps que l’autorité de l’érudition, l’éloquence du verbe, le charme de la poésie et de l’art ».
J’espère que comme moi, cher lecteur, vous tomberez sous le charme, quoiqu’ancien peut-être pour certains, d’Antoine Bernard.
La Providence est partout chez Bernard, un croyant comme on l’était avant 1960 au Québec. Bernard est de sa génération, la langue et la foi, deo et patria, et il n’est pas le seul historien d’ici et d’ailleurs qui croyait à la Providence, à l’époque, dans la conduite des affaires humaines. On n’écrit plus comme cela aujourd’hui. Malgré sa conception providentielle de l’histoire, cela n’entache en rien son œuvre d’historien rigoureux au style élégant. On ne s’ennuie jamais en le lisant. Pour Voltaire, c’était la marque d’un écrivain véritable. Je pense qu’il faut rééditer ses principales œuvres historiques. Quand il a publié son Histoire de la Louisiane en 1953, il a été le premier et le seul au Canada à avoir fait une telle Histoire. Son Drame acadien, depuis 1604, et son Histoire de la Survivance acadienne, 1755-1935, sont des œuvres considérables. La langue et le style sont à la hauteur.
L’historien Antoine Bernard mérite qu’on ne l’oublie pas. Je m’emploierai pour ma modeste part à perpétuer sa mémoire chez les Gaspésiens et chez les Acadiens. Et je souhaite qu’un jour une thèse de doctorat lui soit consacrée et que l’on publie l’œuvre complète de cet historien oublié. Il faut bâtir sur les épaules des géants qui nous ont précédés. Les louanges n’ont pas manqué, de son vivant, à Montréal comme à Paris, à Moncton comme à Lafayette et Bâton-Rouge. Ses articles au Devoir de Montréal, au Travailleur de Worcester, pour ne mentionner que ces deux sources, rempliraient des volumes.
On ne peut que souscrire à la conclusion de la brève étude que René Pageau publiait sur Antoine Bernard aux Éditions Paulines, en 1971 : « Ce que le Frère Bernard a écrit demeure et constitue une somme littéraire et historique passionnante pour ceux qui s’intéressent aux origines des Lettres québécoises. C’est souvent grâce à des historiens consciencieux, comme lui, qu’est née l’histoire scientifique de nos historiens contemporains. » Peu d’études lui ont été consacrées. Michel Le Moignan publiait, en 1966, aux Éditions Gaspésiennes, une brève monographie « Le Frère Antoine Bernard, historien de la Gaspésie et du peuple acadien ». Dans celle de René Pageau, « Antoine Bernard, sa vie, son œuvre, » on retrouve une bibliographie qui fait la liste détaillée des écrits de notre héros, ses livres, ses brochures, les ouvrages auxquels il a collaboré, ses manuscrits, les revues qu’il a enrichies de ses études et analyses, les journaux pour lesquels il a écrit des centaines, près du millier d’articles, tout cela force l’admiration et le respect pour un auteur qu’on ne devrait pas oublier.
Voici in extenso la note d’introduction à la bibliographie que René Pageau a faite à la fin de son étude de la vie et de l’œuvre du Frère Antoine Bernard :
« Laurette Langlois et Monique Wagner ont présenté, à l’École de Bibliothécaires, de l’Université de Montréal, deux bio- bibliographies exhaustives sur l’œuvre du Frère Bernard.
(Langlois, Laurette, Bio-Bibliographie du R. F. Antoine Bernard, C.S.V, Docteur ès lettres, Professeur à l’Université de Montréal 172 pages; Wagner, Monique, Bio-Bibliographie d’Antoine Bernard,
67 pages) La première couvre les débuts à 1945 et la seconde, de 1945 à 1961. Il est visible que ces mémoires ont été rédigés avec précision, sous l’œil intéressé du Frère Bernard. Dans chaque travail, il nous est présenté une courte biographie de l’auteur, suivie d’une bibliographie exacte et menée minutieusement. Les manuscrits, les cours publics universitaires, les conférences en Louisiane, les radio-causeries, les sources à consulter sur l’auteur, aucun détail n’échappe à Laurette Langlois, ni à Monique Wagner.
Et leurs travaux se terminent par deux index alphabétiques : l’un sur « Les titres d’ouvrages de l’auteur » et l’autre sur les « Sources à consulter sur l’auteur ».
Nous ne voudrions pas reprendre le travail si bien fait de ces deux bibliothécaires, mais nous aimerions mettre à la portée de tous et le plus brièvement possible, les grandes lignes de l’Œuvre du Frère Bernard. Alors, nous nous attacherons seulement à ses écrits, laissant de côté, volontairement, ses conférences publiques, ses cours universitaires, ses radio-causeries et les sources à consulter sur l’auteur.
Le Frère Bernard a écrit un très grand nombre d’articles dans la revue Vie Française, pendant ses seize années d’activité (1940- 1956) au Conseil de la Vie française. Nous n’avons pas dépouillé cette revue étant donné que la majorité de ses articles ont été, après quelques retouches, réunis en volumes. L’Histoire de la Louisiane, La Renaissance acadienne, Nos Pionniers de l’Ouest, ont vu le jour dans les pages de la revue Vie Française. Nous n’avons pas fait le relevé d’une soixantaine de Billets du soir publiés dans Le Devoir et réunis en un volume intitulé Coquillages.
Nombreuses sont les biographies sorties de la plume d’Antoine Bernard et publiées dans les revues viatoriennes. Ces biographies avaient parfois plus de cent pages, notamment celle du père Charles Ducharme. Nous n’avons pas, non plus, dépouillé les revues viatoriennes auxquelles le Frère Bernard a collaboré, car ces écrits n’ont qu’un intérêt familial.
Cependant, nous avons retracé tous les écrits du Frère Bernard depuis 1961. Il a particulièrement collaboré au Travailleur et à
la Revue d’Histoire de la Gaspésie. Nous avons en main, tous les articles publiés au cours de la carrière· de l’éminent écrivain, articles qu’il colligeait dans de grands cahiers et qu’il annotait parfois de remarques piquantes se rapportant à l’actualité. » Il y a donc encore beaucoup de travail pour qui voudrait présenter l’ensemble de l’œuvre de cet éminent historien. Et pour compléter le plaisir, il faut lire son Carnet de route publié en 1965, deux ans avant sa mort.
En terminant, permettez-moi de remercier Pascal Alain de son aimable collaboration, en écrivant une Préface, qui est le début d’une longue amitié et d’une heureuse collaboration. Mes remerciements s’adressent aussi à Michel Goudreau, de la Société historique Machault, pour sa collaboration à cette édition de La Gaspésie au Soleil, ainsi qu’à Pierre Berthelet, des Clercs de Saint- Viateur, qui a gracieusement permis la réédition des oeuvres du Fr. Antoine Bernard.
Roger Léger 15 juillet 2018
ANTOINE BERNARD, C.S.V.
Antoine Bernard est né à Maria, le 14 avril 1890. Membre de la communauté des Clercs de Saint-Viateur, il fait ses études au Juvénat d’Outremont, à l’académie Saint-Jean-Baptiste de Montréal, son noviciat Saint-Viateur à Joliette. Il poursuit ses études à l’Université de Montréal et à l’Institut catholique de Paris et au Collège de France. Il obtient finalement un doctorat ès Lettres de l’Université de Montréal.
Tout au long de sa carrière, le frère Antoine Bernard s’est consacré à l’histoire des Acadiens et des Gaspésiens. De 1926 à 1948, il a dirigé une chaire de recherche sur l’histoire acadienne à l’Université de Montréal. En plus d’avoir dirigé quelques établissements scolaires canadiens, il est spé- cialement invité à l’université de Bâton-Rouge durant les années 1940. Il correspond régulièrement avec l’historien Henri d’Arles et le poète Albert Lozeau. Après avoir publié abondamment, il meurt en 1967 après une vie bien remplie.
Ses publications:
- La Gaspésie au soleil, 1925;
ouvrage couronné par l’Académie Française.
- Coquillages, 1922.
- Histoire de la survivance acadienne, 1755-1935, 1935;
couronné par l’Académie française.
- Le Drame Acadien depuis 1604, 1936.
- Histoire de l’Acadie, en 1938.
- Nos Pionniers de l’Ouest, 1939.
- La Vocation de la race française en Amérique du Nord, 1945.
- La Renaissance Acadienne au XXe siècle, 1949.
- Les Clercs de Saint-Viateur au Canada, 1951.
- Histoire de la Louisiane, de ses origines à nos jours, 1953.
- Au Cœur du Canada français, 1956.
- Les sœurs de St-Paul de Chartes, 1957.
- Les Hospitalières de Saint-Joseph et leur œuvre en Acadie, 1958.
- L’Épopée canadienne, 1959.
- Le Centenaire de la Paroisse de Maria: 1860-1960, 1960.
Antoine Bernard est né à Maria le 14 avril 1890. Entré chez les Clercs de Saint-Viateur, il se consacre à l’enseignement. En 1922, la Communauté des Clercs de Saint-Viateur l’envoie compléter ses études à Paris, d’où il revient en 1924, « diplômé d’histoire et de géographie de l’Université catholique de Paris. » Il est nommé directeur de la Chaire d’études acadiennes de l’Université de Montréal en 1926, poste qu’il occupera jusqu’en 1948. Il décède le 14 décembre 1967. Il a publié une œuvre considérable de grande qualité. En 1925, il publiait la Gaspésie au Soleil, ouvrage couronné par l’Académie française. Parmi ses autres œuvres majeures, on compte une Histoire de la Louisiane, de ses origines à nos jours, Le Drame acadien, depuis 1604, Histoire de la Survivance acadienne, 1755-1935, ouvrage couronné par l’Académie française, tous de forts volumes de plus de 400 pages, qui paraitront aux Éditions Lambda en 2019 et 2020.
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« Il faut lire cette émouvante histoire (La Gaspésie au Soleil), écrivait l’auteur de la Tragédie d’un peuple, Émile Lauvrière, à laquelle le talent de son auteur a su donner, en même temps que l’autorité de l’érudition, l’éloquence du verbe, le charme de la poésie et de l’art ».
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« Dans le domaine de la littérature et de l’histoire, le Frère Bernard est notre maître à tous. Quant à moi, je suis fier de me dire son disciple. » Bona Arsenault.
30$
ISBN : 978-2-923255-17-0