Novembre 2003
UPDATE
Shannon Brown
Conception graphique:
ONUV, Section de la composition et de l’édition
Groupe des publications électroniques
Illustrations et publications:
Melitta Borovansky-König Distribution:
Marie-Therese Kiriaky
Pour plus de renseignements:
Groupe des relations extérieures Office des Nations Unies contre la drogue et le crime
Centre international de Vienne B.P. 500
A-1400 Vienne (Autriche) Tél.: (+43-1) 26060-4108 Fax: (+43-1) 26060-5866 Mél.:
[email protected] [email protected] [email protected] Page d’accueil: www.unodc.org
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Page de couverture:
Lancement de la campagne mondiale de l’ONUDC par des animateurs de groupes de jeunes à Sofia (Bulgarie).
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tués à Bagdad
L’ONUDC rend hommage aux victimes de l’attentat à la bombe du 19 août.
“Les drogues: parlons-en”
Faisant appel à différents médias pour encourager les adultes à parler avec les jeunes de l’abus des drogues et du VIH/sida, la campagne de l’ONUDC “Les drogues: parlons-en” touche le monde entier.
Entretien avec Andre McLachlan du centre de proximité “Hub”
Andre McLachlan nous fait part de son expérience personnelle en ce qui concerne la meilleure manière de parler avec les jeunes des drogues et de la consommation de drogues.
Les femmes et la drogue:une perspective sexospécifique
Les États musulmans prennent des mesures pour lutter contre l’usage de drogues et ses répercussions sur les femmes.
De nouveaux spots vidéo incitent à agir contre la traite des êtres humains
Les deux spots vidéo encourageant les victimes et le public à combattre la traite des êtres humains sont les derniers éléments de la campagne télévisée que l’ONUDC mène à l’échelle mondiale contre la traite des personnes.
Nouveaux projets opérationnels
Des projets au Bénin, au Nigéria, au Togo et au Viet Nam soutiennent l’action des services de répression contre la traite des êtres humains.
Les stimulants de type amphétamine: un problème mondial qui va en s’aggravant
L’enquête mondiale sur l’ecstasy et les amphétamines de 2003 met en évidence les tendances en matière de fabrication et de consommation de stimulants de type amphétamine et étudie les moyens de maîtriser ce problème grandissant.
Afghanistan: répression et développement alternatif — deux volets de la lutte contre la culture du pavot à opium
Le Directeur exécutif de l’ONUDC, M. Costa, cherche des réponses pour aider à mettre un terme à la culture du pavot à opium en Afghanistan.
“Football sans frontières”: le sport transcende les clivages
Des jeunes footballeurs d’Iraq, de Jordanie, du Koweït et du Qatar ont participé à un camp organisé par l’ONUDC pour promouvoir la bonne volonté, le dialogue et un mode de vie sain.
Des projets pour lutter contre les flux d’héroïne en provenance d’Afghanistan
L’ONUDC et les pays d’Asie centrale engagent ensemble la lutte contre le trafic de l’héroïne.
Nouvelles publications, calendrier des manifestations
Les nouvelles publications comprennent, notamment, le rapport sur les tendances mondiales des drogues illicites 2003 et une publication sur l’utilisation de stratégies de prévention de la toxicomanie par les pairs.
Arrivée en Iraq le 5 août, la mission de l’ONUDC a terminé son travail à Bagdad le 18 août. Le lendemain, un tragique attentat à la bombe visant le bureau de l’Organisation des Nations Unies à Bagdad a fait de nombreuses victimes parmi le personnel de l’Organisation dont le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq, Sergio Vieira de Mello, et son Chef de Cabinet, Nadia Younes.
La détermination et le dévouement avec lesquels Sergio Vieira de Mello et son équipe avaient entrepris de s’attaquer aux nombreux problèmes qui se posaient à la population iraquienne, dont la question urgente du rétablissement de la sécurité dans le pays, ont été une source d’encouragement pour les membres de la mission. Sergio Vieira de Mello a exercé sur eux une impression durable et ses idées continueront à inspirer notre action.
“Le souvenir de ce jour le plus triste de l’histoire de l’ONU éveille en nous un sentiment de perplexité et de douleur.
Cet attentat est le plus meurtrier de l’histoire de notre organisation. Travaillant au service de la paix, nos collègues sont partis avec une mission: aider le peuple iraquien à reconstruire le pays et instaurer la paix et la stabilité. Leur travail était source d’inspiration pour le monde et le peuple iraquien.”
Extrait d’une déclaration d’Antonio Maria Costa, Directeur exécutif de l’ONUDC, lors d’une cérémonie commémorative au siège de l’ONUDC à Vienne (Autriche).
À la mémoire des membres du
personnel de l’ONU tués à Bagdad
L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a envoyé en août une mission en Iraq pour évaluer les conditions générales de sécurité dans le pays et analyser les problèmes posés par la criminalité organi- sée et le trafic de drogues.
Photo: ONUDC/Bernard Frahi.
Photo: UN/DIP, Evan Schneider.
Les bureaux extérieurs de l’ONUDC ont lancé la campagne dans le monde entier, de l’Inde jusqu’au Kenya en pas- sant par la Colombie.
“Ke Moja—No thanks, I’m fine”
Le thème “Les drogues: parlons-en”
faisait partie de la campagne “Ke Moja
—No thanks, I’m fine”lancée en Afrique du Sud par le Bureau régional de l’ONUDC pour l’Afrique australe. Plus de 600 personnes dont 200 enfants ont participé à la cérémonie de lance- ment de la campagne au Cap et plus de 150 manifestations locales ont été appuyées dans des villes, des villages et des prisons. Des brochures, des t-shirts, des affiches, des représenta- tions théâtrales et des films vidéo font partie des moyens utilisés dans le cadre de cette campagne nationale de sensibilisation aux dangers de la drogue — la première en Afrique du Sud depuis 1997.
“Parler de la drogue”
dans les Balkans
Le groupe des opérations hors siège de l’ONUDC pour l’Europe du Sud-Est a mené une série d’activités en Albanie, en Bulgarie, en ex-République
yougoslave de Macédoine, en Serbie- et-Monténégro. En particulier, il a produit des spots radio, des dépliants et des affiches, organisé un atelier à l’intention des Roms ainsi que des concours, et mis en place sur Internet un forum de discussion consacré aux thèmes du jour.
“Les drogues: parlons-en”
En juin, l’ONUDC a lancé une campagne mondiale d’un an sur le thème “Les drogues: parlons-en” afin d’encourager les personnes ayant une influence sur les jeunes à parler avec eux de l’abus des drogues.
Pour appuyer cette campagne, l’Office a produit des spots radio dans 10 langues ainsi que des affiches, des fiches d’informations, une brochure, un manuel et des cartes postales informatives.
La campagne “Les drogues: parlons-en”
adresse à l’Afrique un message sur le VIH/sida
Des spots radio et des fiches d’informations sur le VIH/sida et les drogues constituent les produits les plus récents de la campagne “Les drogues:
parlons-en” de l’ONUDC en Afrique. Disponibles en anglais, français et swahili, ces
documents donnent des informations sur la combinaison dangereuse du VIH/sida et des drogues et réfute un certain nombre d’idées reçues concernant le mode de propagation du virus du sida.
Résultats de l’enquête de l’ONUDC sur Internet
Avez-vous déjà parlé du problème de la drogue avec vos enfants?
Jamais 20 %
Une fois 8 %
Régulièrement 61 %
Je compte sur d’autres moyens pour informer mes enfants des dangers de la drogue (notamment l’école, les médias) 9 %
Quel est selon vous le moyen le plus efficace de réduire l’usage de la drogue chez les adolescents?
Les médias (spots radio, messages diffusés par les chaînes de télévision publiques, publicités dans les magazines, etc.) 15 % Le fait pour les parents d’en parler avec leurs
enfants 38 %
Les programmes d’éducation sur les
drogues à l’école 17 % Les programmes
de proximité 29 %
Tous les documents de la campagne, y compris les spots radio, peuvent être téléchargés depuis le site www.unodc.org.
Photo: The Pixel Foundry. Photo: ONUDC/María M. Dueñas.
Pourquoi est-il important que les parents, les enseignants et d’autres adultes parlent des drogues avec les jeunes?
Il est important que les parents, les enseignants et d’autres adultes parlent des drogues avec les jeunes. Il faut donc être à leur écoute et se tenir au courant de la question de la drogue, afin de comprendre les problèmes auxquels les jeunes font face et de réfuter des idées reçues telles que “les drogues t’aident à mieux t’entendre avec les autres” et “les drogues t’aident à gérer tes problèmes”.
Que devraient-ils dire?
Les adultes ne devraient pas juger ni donner des leçons, mais discuter avec les jeunes, leur demander de raconter leurs expériences. Ils devraient leur parler de ce qu’ils font volontiers et leur demander si le fait d’être
“défoncé” (drogué) serait préjudi- ciable à ces activités. En étant calme et préparé, on crée un climat qui permet aux jeunes de parler de leurs réussites et de leurs erreurs et on se donne ainsi la possibilité de les aider à éviter des situations semblables à l’avenir.
Devraient-ils parler des effets nocifs de la drogue?
Les adultes devraient s’informer des raisons pour lesquelles les jeunes prennent des drogues et en prendre
acte, mais aussi leur signaler que les effets de la drogue sont de courte durée et peuvent avoir un impact négatif sur d’autres choses qui sont importantes à leurs yeux, telles que le sport, les amitiés, l’école, la famille, la santé et les objectifs et aspirations futurs.
Quels moyens de
sensibilisation se sont révélés efficaces à votre avis pour encourager les jeunes à faire de bons choix de vie?
Les collaborateurs du centre font un travail fondamental d’analyse des liens sociaux, des milieux de vie et des
tendances en matière de
consommation de drogues dans les communautés locales, de manière à pouvoir offrir aux jeunes des opportunités au sein de ces communautés.
En branchant deux Playstations et deux téléviseurs à l’arrière d’une camionnette, un membre de nos équipes sur le terrain a créé dans la rue un climat de nature à encourager les jeunes à venir vers lui et à lui parler, amorçant ainsi un processus qui leur permet d’analyser leur situation par rapport à leurs désirs.
Entretien avec Andre McLachlan du centre de proximité “Hub”
Le “Hub”est un organisme d’action sociale à Hamilton (Nouvelle-Zélande) qui offre une série de services d’intervention précoce afin de contribuer à l’épanouissement des jeunes.
“Un bon moyen de parler de l’usage de drogues
avec un jeune est de s’asseoir à côté de lui avec une brochure
d’information sur les drogues, de discuter du contenu
de cette brochure et de lui demander s’il a déjà essayé
une des substances qui y sont mentionnées.”
La culture islamique et son influence sur le développement des sociétés peuvent toutefois offrir des poli- tiques et des stratégies permettant de protéger et de promouvoir à la fois le nouveau rôle et le rôle traditionnel de la femme.
Un des effets de la modernisation sur les sociétés islamiques est l’appari- tion de femmes prenant des drogues.
Une évaluation rapide de situation menée en 1999 par l’ONUDC et le Gouvernement de la République islamique d’Iran a montré que 6 % des 800 000 à 1 200 000 usagers de drogues étaient des femmes. En République islamique d’Iran, les toxicomanes par voie intraveineuse représentent 65 % de l’ensemble des cas de séropositivité diagnostiqués — et comme la majorité sont mariés ou divorcés, leurs femmes et leurs partenaires sont exposées à un risque accru de contamination1.
La pression financière pesant sur les femmes qui vivent avec un toxicomane ou qui sont dépendantes elles-mêmes les pousse à la
prostitution et au trafic de drogues.
Selon la commission d’État tadjike pour le contrôle des stupéfiants, deux tiers
des personnes arrêtées pour trafic de drogues au cours du premier semestre de l’année 2002 étaient des femmes.
Les États musulmans peuvent-ils protéger les femmes?
Le Gouvernement de la République islamique d’Iran soutient
financièrement des associations féminines bénévoles dont
l’organisation non gouvernementale Ehya, qui assure un service
d’assistance téléphonique avec le soutien du Groupe thématique des Nations Unies sur le VIH/sida. Plus de 90 % des bénévoles d’Ehya sont des femmes, et plus de 70 % des personnes ayant déjà appelé ce service d’assistance étaient des femmes inquiètes à propos du VIH et de ses modes de transmission.
Créés pour lutter contre la toxico- manie par voie intraveineuse, le VIH/sida et les infections sexuellement
transmissibles (IST), les “Triangular Clinics”offrent des conseils et des tests non obligatoires aux personnes ayant un comportement à risque. Ces cliniques interviennent aussi dans un certain nombre de prisons, dont une prison pour femmes, où elles conseillent les détenus et leurs familles, ceux-ci étant autorisés à voir leurs conjoints en privé.
Des progrès importants ont déjà été réalisés, mais il est encore possible d’améliorer les politiques et les stratégies de soutien et d’émancipa- tion des femmes. “Il faut promouvoir l’émancipation des femmes si l’on ne veut pas compromettre le développement2.”
Le texte intégral de cet article peut être téléchargé depuis la page Web:
www.unodc.org/iran/en/library_and_links.html
Les femmes et la drogue:
une perspective sexospécifique
En raison des opportunités qu’elles offrent et des pressions qu’elles exercent, les sociétés modernes industrialisées ont progressivement fait disparaître les barrières qui reléguaient les femmes musulmanes au rôle traditionnel de femmes au foyer, ouvrant ainsi à ces dernières de nouvelles perspectives tout en les rendant vulnérables aux effets secondaires néfastes de la modernisation.
R É S U M É
Dans certaines provinces de la République islamique d’Iran, près de 60 % des divorces prononcés par des tribunaux locaux avaient pour motif la toxicomanie du mari.
1Docteur Mohraz — spécialiste des maladies infec- tieuses de l’Université de médecine de Téhéran.
2Rapport mondial sur le développement humain du PNUD, 1995.
Photo: Amir Ali Jaradian. Photo: Darius Habib Khani.
Ces deux spots, d’une durée de 45 secondes, s’adressent aux pays de destination de la traite des êtres humains. Ils montrent aux victimes qu’il est possible de s’émanciper, d’échapper au travail forcé et de recommencer sa vie. Ils visent également à encourager le public à porter assistance aux victimes de la traite.
“La majorité des victimes sont des femmes et des enfants qui, le plus souvent, sont exploités sexuellement.
Nos nouveaux spots vidéo invitent les victimes, ainsi que l’opinion publique à
réagir”, a déclaré le Directeur exécutif de l’ONUDC, Antonio Maria Costa.
L’ONUDC œuvre dans différents pays à la création de partenariats avec des organisations non gouvernementales régionales et locales. Quand c’est possible, les spots vidéo indiquent un numéro de téléphone local que les victimes peuvent appeler pour obtenir de l’aide. Les spots sont disponibles dans toutes les langues officielles de l’ONU, des traductions étant en outre prévues dans les langues d’Europe de l’Est, d’Afrique et d’Asie.
Pour plus d’informations, visitez notre site Internet: www.unodc.org.
Nouveaux projets opérationnels
Viet Nam
L’ONUDC et le Gouvernement vietnamien ont lancé un projet visant à renforcer les institutions juridiques et les services de détection et de répression afin de prévenir et de combattre la traite des personnes.
L’objectif de l’ONUDC est d’améliorer les mécanismes juridiques existants en facilitant la communication au sein
des services de détection et de répression et de la justice et en augmentant les moyens d’investiga- tion et de poursuite grâce à la formation. Bien qu’il ne dispose toujours pas d’informations précises, le Gouvernement considère que la traite des êtres humains est l’un des crimes les plus graves qu’il ait à combattre.
Bénin, Nigéria et Togo
Ce projet a pour objet d’évaluer les flux de victimes de la traite des êtres humains et le rôle des groupes criminels organisés dans ces trois pays afin de mieux planifier et exécuter les actions à mener contre cette traite. Au niveau national, une formation sera
dispensée aux personnels des services de détection et de répression et de justice pénale afin que les systèmes de justice pénale soient davantage en mesure de faire face à la traite des êtres humains. Au niveau régional, une coopération plus étroite sera encouragée entre les principaux organismes concernés dans les pays d’origine, de transit et de destination, et une formation sera offerte, notam- ment à la conduite des enquêtes et des poursuites dans le cas d’affaires criminelles internationales. L’ONUDC coopérera avec des institutions nationales, des organisations internationales et des organisations non gouvernementales présentes dans cette région.
De nouveaux spots vidéo
incitent à agir contre la traite des êtres humains
L’ONUDC a lancé deux spots vidéo en août 2003 invitant les victimes de la traite des êtres humains et l’opinion publique à réagir.
Photo: Pham Trieu Van.
Simples à produire, les stimulants de type amphétamine sont aussi simples à consommer, car ils ne nécessitent pas d’aiguilles, de seringues ou d’autre matériel — et, dans la plupart des cas, les risques de transmission de
maladies par le sang sont minimes. En raison de leur prix modéré, un
“voyage” ne coûte pas plus que deux ou trois bières. Les stimulants de type amphétamine sont également considérés comme moins nocifs que d’autres substances illicites telles que l’héroïne et la cocaïne, mais cela est loin d’être vrai.
Le problème des stimulants de type amphétamine ne se limite plus à la poignée de pays riches où les techniques de modélisation
moléculaire permettant de produire
ces drogues synthétiques ont été mises au point. Un nombre croissant de pays fabriquent des stimulants de type amphétamine et comme plus de 40 millions de personnes en font actuellement abus dans le monde, ce problème atteint des proportions épidémiques alarmantes.
En raison de l’imminence et de la gravité du danger, la prévention est devenue une tâche difficile. Les programmes de traitement ciblés sont limités, car le problème des stimulants de type amphétamine est
relativement nouveau, la portée des programmes est encore réduite et les expériences faites avec l’héroïne et la cocaïne ne peuvent être aisément reprises. Les différentes formes que ces drogues peuvent prendre, les
différents modes d’abus et la diversité des usagers posent des problèmes de prévention et de traitement
particuliers.
De plus en plus de personnes s’exposent aux risques sanitaires liés aux stimulants de type amphétamine soit parce qu’elles ne connaissent pas les dangers, soit parce qu’elles n’en tiennent pas compte. Ce problème concerne tout particulièrement l’ecstasy, dont l’éventuelle neurotoxicité à long terme est un sujet de préoccupation. Des déficits mentaux associés au MDMA (la substance active contenue dans l’ecstasy) ont été constatés dans des groupes plus nombreux d’usagers. Le risque que ceux qui consomment aujourd’hui de l’ecstasy souffrent à l’avenir d’une baisse précoce de la mémoire et des fonctions cérébrales est réelle. Les risques pour la santé augmentent aussi en raison du nombre croissant et de la
diversification des drogues vendues comme l’ecstasy.
Les stimulants de type amphétamine sont de plus en plus répandus et consommés, en particulier parmi les jeunes, les conducteurs de poids lourds et les prostitué(e)s. Il faudra à l’avenir des programmes de
prévention et de traitement
s’inscrivant dans un concept plus large de promotion de la santé pour faire baisser la demande et réduire au minimum les risques pour la santé.
En ce qui concerne l’offre, les
pressions exercées sur le marché et les opportunités qu’il offre, comme l’accès aux substances chimiques de base ou
Les stimulants de type
amphétamine: un problème
mondial qui va en s’aggravant
L’objectif de l’enquête mondiale sur l’ecstasy et les amphétamines de 2003 est de déterminer l’ampleur et la nature des dangers que posent les stimulants de type amphétamine et d’envisager ce que la société peut faire pour maîtriser ce problème.
Abus de stimulants de type amphétamine: changements de 2000 à 2001
Sources: Données tirées du questionnaire destiné aux rapports annuels de l’ONUDC.
Augmentation importante Stable Baisse importante
Augmentation modérée Baisse modérée Aucune donnée disponible
l’action des services répressifs, continuent à déterminer les tendances régionales en matière de production clandestine de stimulants de type amphétamine.
L’amphétamine et la
méthamphétamine constituent la majeure partie de la production, bien que l’abus d’ecstasy ait le plus
augmenté au cours des cinq dernières années. Le mélange et la combinaison de drogues qui simulent les effets de stimulants de type amphétamine (certaines contiennent des drogues complètement différentes), ainsi que les produits et les doses peuvent être adaptés aux besoins spécifiques des marchés.
Les gouvernements doivent élaborer leurs programmes de réduction de l’offre s’ils veulent faire aboutir les initiatives visant à faire baisser la demande. Actuellement, les services de répression ne sont pas bien équipés pour faire face aux nouveaux défis posés par le problème des stimulants de type amphétamine. Il faut de nouvelles stratégies de lutte contre le trafic de drogues, de nouveaux dispositifs et outils de renseignement afin de compléter ceux qui ont déjà été mis en place pour lutter contre le trafic d’héroïne et de cocaïne, eu égard en particulier à la détection de laboratoires
clandestins. Ce qui plus est et comme les efforts entrepris à l’échelle internationale l’ont montré, le renforcement du contrôle exercé sur les précurseurs est l’un des moyens les plus efficaces de limiter l’offre de stimulants de type amphétamine.
En renforçant et en ciblant les efforts en cours, la collectivité peut mettre en place des systèmes et des stratégies qui permettent de venir à bout de la menace des stimulants de type amphétamine.
Le texte intégral de l’enquête peut être téléchargé depuis le site Internet suivant:
www.unodc.org/unodc/publications/
report_ats_2003-09-23_1.html.
Stimulants de type amphétamine — Généralités
Les stimulants de type amphétamine sont un groupe de drogues synthétiques chimiquement apparentées. Les deux sous-groupes principaux sont:
■ Les AMPHÉTAMINES (amphétamine et méthamphétamine) — stimulants puissants qui agissent sur le système nerveux central
■ Les SUBSTANCES DU TYPE ECSTASY (ecstasy, MDMA, MDA, MDE) — drogues de synthèse ayant des effets psychédéliques et stimulants POLYTOXICOMANIE — usage simultané ou successif de plusieurs types de drogues, intentionnellement ou parce que les comprimés de stimulants de type amphétamine peuvent contenir une variété de substances.
Cas de saisie déclarés dans le monde en 2001
(84 pays; près de 1,4 million de cas)
Cocaïne Opiacés 7%
21%
Amphétamines 20%
Cannabis 48%
Ecstasy 2%
Autres 2%
Saisies de stimulants de type amphétamine déclarées
par région, 1990-1991 (N = 4,2 tonnes p.a.)
Autres 23%
Saisies de stimulants de type amphétamine déclarées
par région, 2000-2001 (N = 38,7 tonnes p.a.)
Asie de l’Est et du Sud-Est
32%
Europe de l’Ouest 22%
Amérique du Nord
21%
Océanie 2%
Autres 23%
Asie de l’Est et du Sud-Est
32%
Europe de l’Ouest 22%
Amérique du Nord
21%
Océanie 2%
Les notables de Faizabad, capitale de la province du Badakhchan, où la production d’opium a augmenté cette année, ont invoqué “trois raisons majeures: la pauvreté, la pauvreté et la pauvreté”. Hazrat Ali, important commandant militaire de la province de Nangarhar, a lui aussi indiqué ses trois raisons: “les trafiquants, Al-Qaida et la pauvreté”.
Malgré la similitude des causes de la culture du pavot à opium, ces
provinces avaient un point de vue fort différent en ce qui concerne son éradication. Dans la province du Badakhchan, les habitants ont souligné qu’il leur faudrait “quelque chose” en contrepartie s’ils
abandonnaient la culture. Ils veulent que la communauté internationale
leur propose de nouveaux moyens de subsistance viables. Dans le district de Surkhrod (province de Nangarhar), les agriculteurs ont arrêté de plein gré la culture du pavot à opium. L’année dernière, la superficie cultivée était estimée à environ 1 500 hectares.
Cette année, elle était égale à zéro.
“Nous l’avons fait car c’est illégal et contre notre religion, et nous nous sommes engagés à rester fidèles à notre décision de production zéro.
Mais nous avons besoin de votre soutien, de quelqu’un qui nous aide à construire un réservoir d’eau afin de gérer nos ressources en eau.
Autrement, nous avons des inondations au printemps et pas d’eau en été”, a déclaré un des notables à M. Costa.
L’expérience confirme la pertinence de la perspective à long terme dans laquelle l’ONUDC considère les régions productrices de drogues: aider les États Membres à développer leurs propres moyens de détection et de répression pour contrôler la production et le trafic de drogues illicites et soutenir les communautés locales en leur proposant de
nouveaux moyens de subsistance.
Les activités de l’ONUDC en Afghanistan portent sur 21 projets d’un montant total de 39 millions de dollars des États-Unis, qui intéressent
les quatre domaines principaux du contrôle des drogues:
■ La surveillance — avec des enquêtes annuelles sur le pavot à opium qui fournissent des estimations fiables sur les tendances de la culture;
■ La prévention — aider l’Afghanistan à développer son système judiciaire et ses services de détection et de répression;
■ La réduction de la demande — soutenir la lutte contre les problèmes croissants que pose l’abus de drogues; et
■ Les activités de substitution — mobilisation de la communauté internationale pour aider les communautés tributaires de la culture du pavot à opium.
Récemment, l’ONUDC a également aidé à créer la première Direction antistupéfiants de l’Afghanistan. Les experts de l’ONUDC ont rédigé la première législation contre les stupé- fiants et contribué à l’adoption d’une stratégie nationale de contrôle des drogues qui vise à éradiquer la culture du pavot à opium en l’espace de 10 ans.
AFGHANISTAN
Répression et développement alternatif — deux volets de
la lutte contre la culture du pavot à opium
Lors de sa visite en Afghanistan en septembre, le Directeur exécutif de l’ONUDC, Antonio Maria Costa, a posé à presque toutes les personnes qu’il a rencontrées — les personnalités gouvernementales, gouver- neurs de province, notables de district et commandants militaires — la même question fondamentale:
“Pourquoi les gens continuent-ils à cultiver le pavot malgré l’interdiction du Gouvernement?”
Photo: ONUDC/Miwa Kato.
L’ONUDC et la Confédération asiatique de football se sont associés pour organiser le camp qui, accueilli par le Comité olympique qatarien, a eu lieu à Doha (Qatar) du 16 au 20 octobre.
Quatre-vingts garçons âgés de 12 à 14 ans, reflétant la diversité ethnique et religieuse de leur pays respectif, ont été sélectionnés dans les pays participants pour prendre part au camp. Après leur arrivée, les garçons ont été divisés en quatre équipes multinationales. Ils ont été logés avec leurs nouveaux coéquipiers, ont pris leurs repas ensemble et participé à des ateliers dirigés par l’ONUDC.
L’opération “football sans frontières”
se situait dans le droit fil des camps sportifs que l’ONUDC avait organisés avec succès par le passé. Le basket avait alors servi à réunir des jeunes
originaires de Slovénie, de Croatie, de Yougoslavie, de Bosnie-Herzégovine et de l’ex-République yougoslave de Macédoine en 2001, et de Grèce et de Turquie en 2002.
“Football sans frontières”: le sport transcende les clivages
La reprise, en 2002, de la culture du pavot à opium en Afghanistan, avec une production illicite estimée à plus de 3 400 tonnes, soit près de trois quarts du total mondial, a fait de l’Asie
centrale l’un des carrefours du trafic d’héroïne, qui s’accompagne d’une augmentation de l’abus d’héroïne et de l’infection par le VIH/sida.
Ces nouveaux projets ont pour princi- pal objectif une meilleure application de la loi, une surveillance accrue des frontières et une meilleure coopéra- tion entre les organismes de détection et de répression des pays d’Asie centrale, ainsi que la mise en place d’une coopération avec les services de détection et de répression afghans.
Ces efforts sont aussi conformes à la position du Conseil de sécurité de
l’ONU quant à la menace constituée par les drogues d’origine afghane et à celle adoptée par la Conférence ministérielle sur les routes de la drogue de l’Asie centrale à l’Europe que le Gouvernement français a organisée à Paris en mai 2003. Ces instances ont souligné la nécessité de mener des actions concertées et coordonnées afin d’aider l’Afghanistan à faire face aux problèmes liés à la culture du pavot à opium, et de soutenir les pays voisins dans leurs efforts pour réduire le trafic de drogues illicites, le crime organisé et le terrorisme.
MmeSumru Noyan, directrice de la Division des opérations de l’ONUDC, s’entretient avec le Président kirghize, Askar Akaev.
De jeunes footballeurs originaires de l’Iraq, de la Jordanie, du Koweït et du Qatar ont joué ensemble, partagé leurs particu- larités culturelles et appris un mode de vie sain et équilibré à l’occasion de l’opération “foot- ball sans frontières”, un camp destiné à promouvoir, grâce au sport, la bonne volonté, le sens des responsabilités et un mode de vie sain à travers le sport.
Des projets pour lutter contre les flux d’héroïne en provenance d’Afghanistan
Cinq nouveaux projets de contrôle des drogues d’un montant total de plus de 17 millions de dollars des États-Unis, qui reposent sur des accords entre l’ONUDC et les Gouvernements ouzbek, tadjik, kirghize et turkmène, ont été lancés.
Tendances mondiales des drogues illicites 2003 Le rapport annuel analyse, statistiques à l’appui, l’évolution récente de l’offre et de la demande de drogues illicites dans le monde. Il contient des chiffres détaillés sur la production, le trafic et la consommation de drogues illicites aux niveaux mondial, national et régional et en expose les tendances.
Disponible en anglais, espagnol et français.
www.unodc.org/unodc/en/global_illicit_drug_trends.html
Combating International Terrorism: the contribution of the United Nations
Paru récemment, ce document contient les actes, révisés par la Commission des stupéfiants, d’un colloque organisé par l’ONUDC qui s’est tenu à Vienne (Autriche) en juin 2002.
Utiliser les stratégies du pair à pair dans le domaine de la prévention de la toxicomanie Cette publication est le résultat d’une rencontre de groupes de jeunes et de travailleurs sociaux au cours de laquelle on s’est efforcé d’exploiter les connaissances des participants pour définir la meilleure façon de mettre en place des programmes de prévention par les pairs en matière de toxicomanie.
www.unodc.org/youthnet/youthnet_action.html
Drug Abuse Treatment and Rehabilitation. A Practical Planning and Implementation Guide Ce manuel donne des conseils sur la planification de systèmes efficaces de soins et d’aide aux toxicomanes, en particulier dans les pays où les services et les systèmes ne couvrent pas tout le territoire ou ne sont pas encore très développés.
www.unodc.org/unodc/treatment_toolkit.html
Afghanistan—Community Drug Profile No. 5 Le “Community Drug Profile No. 5” analyse pour la première fois l’étendue, la nature et les caractéristiques de l’abus de drogues à Kaboul. Cette étude révèle que l’usage de stupéfiants est très répandu en Afghanistan et que l’usage de drogues par voie intraveineuse, ainsi que le partage des seringues font croître le risque d’infection par le VIH/sida et par d’autres maladies transmissibles par le sang.
www.unodc.org/afg/en/reports_surveys.html
Estimating Prevalence: Indirect Methods for Estimating the Size of the Drug Problem
La publication est la deuxième d’une série de guides méthodo- logiques élaborés au titre du Programme mondial d’évaluation de l’abus de drogues (GAP) pour aider les États Membres dans les activités de collecte de données. Le module 2 donne une vue d’ensemble des différentes méthodes d’estimation et des directives sur leur utilisation, notamment dans les conditions propres aux pays en développement.
www.unodc.org/pdf/gap_toolkit_module2.pdf
Nouvelles publications Calendrier des manifestations
10-12 novembre 2003
Colloque sur la gestion de crises et l’intervention en cas de crise, Vienne (Autriche)
12-14 novembre 2003
Deuxième concertation internationale sur les politiques de lutte contre le VIH/sida, Varsovie (Pologne)
24 novembre 2003
Colloque international de haut niveau:
“Le rôle des juges dans la promotion et la protection des droits de l’homme — renforcer la coopération entre les agences”, Vienne (Autriche)
26-28 novembre 2003
Reprise de la quarante-sixième session de la Commission des stupéfiants, Vienne (Autriche)
9-11 décembre 2003
Conférence de signature par des personnalités politiques de haut rang de la Convention des Nations Unies contre la corruption, Mérida (Mexique)
United Nations publication Printed in Austria
V.03-88564