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Images du Haut-Rhône : moissons blanches dans les herbages : [réflexions en marge de l'excursion de la Murithienne dans la vallée de Conches en juillet 1955]

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Texte intégral

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la mesure du possible, les circonstances particulières ayant entouré la rencontre. Ainsi que le rappelait M. VACHON à la fin d'une note récente (1954) : « Le fait de signaler des Pseudoscorpions phorétiques n'a de réelle valeur que si les espèces sont nommées et je tiens à sou- ligner que le sexe des transportés doit être mentionné ».

Qu'il me soit permis en terminant de remercier M. le Dr MAX BEIER de Vienne qui, par l'aimable entremise de M. le Dr E. SUTTER du Musée d'Histoire naturelle de Bâle, auquel j'exprime également ma vive reconnaissance, a bien voulu accepter de déterminer le Cher- nète faisant l'objet de cette note.

Travaux cités

1930. BEIER (M.). — Die Pseudoscorpione des Wiener Naturhistorischen Museums, III, Ann. Wien. Mus., 44, pp. 199-222.

1948. — Phoresie u n d Phagophilie bei Pseudoscorpion, Österr. Zool. Zeitsch. 1, 5, pp. 441-97, 22 fig.

1932. BERLAND (L.). — Les Arachnides (Scorpions, Araignées, etc.), Encyclopédie entomologique, série A, vol. XVI, Paris, pp. 1-48S, 636 fig.

1899. FAVRE (E.). — Faune des Macro-Lépidoptères du Valais et des régions limitrophes, Schaffhouse, pp. 1-318.

1949. RABAUD (E.). — L'instinct et le comportement animal, I, réflexes et tro- pismes, Paris, pp. 1-224, 35 fig.

1934. VACHON (M.). — Sur la ponte et le sac ovigère d'un Pseudoscorpionide (Chelifer cancroides L.), Rev. fr. ent., / , 3, pp. 174-8.

1940. — Remarques sur la phoresie des Pseudoscorpions, Ann. Soc. ent. Fr., 109, pp. 1-18.

1947. — Nouvelles remarques à propos de la phoresie des Pseudoscorpions, Bull.

Mus. hist, nat., 19, 1, pp. 84-7.

1953. — Nouveaux cas de phoresie chez les Pseudoscorpions, Bull. Mus. hist. nat. 25, 6, pp. 572-5.

1954. — Nouvelles captures de Pseudoscorpions (Arachnides) transportés par des insectes, Bull. Mus. hist, nat., 26, 5, pp. 590-2.

Pierre GRELLET: IMAGES DU HAUT-RHONE: MOISSONS BLAN- CHES DANS LES HERBAGES.

En amont et en aval de sa capitale villageoise de Münster, l'ancien dizain de Conches loge sous les toits de grosses ardoises de ses vastes maisons de bois une des populations les plus dynamiques du Valais.

Il n'est que de lire la foule compacte des noms autochtones gravés dans les croix de bois des cimetières pour mesurer la force de résistance

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de cette r a c e des Walser, q u i , n o n e n t a m é e dans sa longue vallée v e r t e , m o d e l é e en auge, a b r a v é tous les r e m o u s d é m o g r a p h i q u e s q u ' a u r a i t p u soulever le sillage d ' u n e r o u t e i n t e r n a t i o n a l e c o m m e la F u r k a , avec ses ramifications vers l'est, le n o r d et le sud.

I l est p e u de régions qui d o n n e n t u n e p l u s n e t t e i m p r e s s i o n de p é r e n n i t é . I l s e m b l e q u e ces villages b r u n s a i e n t é t é toujours posés sur ces conques vertes et q u e le t e m p s ne soit m a r q u é q u e p a r la voie étroite d u c h e m i n d e fer et le large r u b a n r o u t i e r q u i c o u p e les p r é s . Le r a i l ne se r a p p e l l e à l ' a t t e n t i o n q u e p a r le sifflet de la locomotive, q u i se fait e n t e n d r e à longs intervalles. Sa rivale, la r o u t e , est sillonnée de voitures q u i paraissent pressées de se r e n d r e ailleurs. Ces t r a v a u x c o n t e m p o r a i n s s'effacent dans le t r a v a i l a u t r e m e n t grandiose accompli p a r le R h ô n e a u cours d ' u n n o m b r e incalculable de m i l l é n a i r e s en se c r e u s a n t u n e voie à t r a v e r s la b a r r i è r e alpestre. Le fleuve, l u i aussi, est u n génial i n g é n i e u r .

La r a c e est, p l u s q u e d'autres, d e m e u r é e fidèle à son b e r c e a u , mais p l u s q u e d ' a u t r e s aussi, elle a essaimé. E l l e s'est r é p a n d u e sans se dis- perser, f o n d a n t dans les vallées voisines d e l'Italie, dans les Alpes de R h é t i e , dans les replis d u T i r o l , de ces colonies cohérentes, q u i , déta- chées de leurs foyers, ont gardé l e u r l a n g u e et l e u r s coutumes. A s'arrê- ter d a n s ces villages, on voit les traces de leurs ramifications lointaines

vers l'est. Les gens de la vallée descendaient b i e n en v a i n q u e u r s vers Sion et en c o n q u é r a n t s j u s q u ' à Saint-Maurice. R e n t r é s d a n s l e u r vallée, ils p o r t a i e n t leurs r e g a r d s vers les d é b o u c h é s de la F u r k a e t p r o l o n - geaient leurs courants d'échanges au-delà de nos frontières de l'est.

Ces m i g r a t i o n s se lisent d a n s le m o b i l i e r des églises e t des cha- pelles d o n t c h a c u n e s'orne d ' u n ou p l u s i e u r s de ces autels à colonnes torses e t volutes e x u b é r a n t e s q u i t r a n s p o r t e n t le visiteur vers les ori- gines de l e u r s i n s p i r a t i o n s tiroliennes et vorarlbergeoises. Elles sortent p o u r t a n t de divers ateliers locaux, d o n t ceux des artistes menuisiers Sigristen e t de la dynastie des Ritz sont les p l u s connus.

L e u r p r o d u c t i o n fut intense de la fin d u X V I I e a u second tiers d u X V I I I e siècles. E l l e c o r r e s p o n d à u n e p é r i o d e de p r o s p é r i t é éco- n o m i q u e d u e à l'essor de l'élevage et a u x services militaires é t r a n g e r s d o n t la vallée de Conches était u n des réservoirs. E n m o i n s de trois q u a r t s de siècle, ce district où le R h ô n e c o m m e n c e à p e i n e à s'assagir,

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vit s'élever une moisson blanche de plus de septante églises et chapelles.

Ces ateliers exportèrent en grand nombre leurs pieuses menuiseries.

Par la Furka et l'Oberalp, elles vinrent se loger dans une foule d'églises des vallées grisonnes et de leurs débouchés autrichiens.

Cette profusion d'images peintes et dorées, de figures saintes enca- drées de fruits et de feuillages, d'architectures baroques ou rococo, contraste avec l'austérité des vastes maisons de bois, généralement dépourvues d'ornements qui s'élevaient à la même époque. Cette dissemblance correspond à un désir naturel d'échapper à la sévérité d'existences rudes, occupées à lutter contre les intempéries et le dan- ger constant des avalanches. Elles trouvaient une évasion dans une piété peuplée de visions célestes. On dirait un reflet lointain de cette ballade que le poète Villon fit à la requête de son humble mère pour prier Notre-Dame :

Femme je suis, pauvrette et ancienne Qui rien ne sais, oncques lettre ne lus, Au moûtier vois (dont suis paroisienne) Paradis peint, où sont harpes et luths.

La connaissance de cet art indigène s'est développée grâce à plusieurs études, dont une récente, publiée dans l'excellent périodique Vallesia, due à la plume du P. Steinmann, bénédictin de Disentis.

La plus visitée de ces églises conchardes est celle de Münster, qui outre des œuvres de Sigristen et des Ritz, s'orne d'un des plus beaux autels gothiques de Suisse, ouvragé avec une grande finesse, peint et sculpté par le maître George Keller, de Lucerne, en 1509. Il déploie au fond du chœur sa magnifique orfèvrerie de bois. M. le Doyen nous disait l'autre jour qu'il en faisait les honneurs, pendant la saison d'été, à des centaines de visiteurs par jour.

Mais chacune des églises des autres villages enferme dans son enveloppe blanche un ou plusieurs de ces tabernacles fleuris. Il en est dans toutes les chapelles, construites au débouché des vallées latérales en protection contre les avalanches comme dans les sanc- tuaires haut perchés tel celui de Bellwald et ceux qui s'égrènent au long de la route de la Furka. M. André Donnet, le diligent archiviste cantonal, en a dressé un précieux inventaire dans son excellent Guide artistique du Valais. Il en est où un arrêt s'impose, comme à Nieder- wald, patrie d'un autre Ritz, de célébrité universelle, celui qui donna un nom quasi générique aux hôtels de luxe des deux mondes. Sa maison natale est de bois, comme toutes autres et n'en diffère guère que par son

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inscription commemorative. L'église de Reckingen se distingue notam- ment par l'élégance des stucs de son plafond, l'harmonie de sa décora- tion de 1740, complétée par un orgue de la même époque. Nous eûmes le plaisir d'y entendre du Bach, joué par une jeune organiste valai- sanne, Mlle Renée Chèvre.

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A moins d'une portée de fusil du même village, se détache, blanche sur un vert mamelon, la chapelle de Saint-Antoine, peinte à fresque de médaillons du tirolien-conchard Pfefferlé. Elles représentent des scènes de pièces du théâtre religieux. On dirait un coffret, animé d'images où se mêleraient des réminiscences de Watteau et de Tiepolo:

personnages de la comédie italienne curieusement transportés dans une vallée suisse des hautes Alpes.

Ces stations conchardes furent les dernières étapes d'une excur- sion de la Murithienne, qui avait débuté à Fiesch et gagné, par un chemin boisé dominant l'idyllique Fieschertal, les pâturages fleuris du Wilern et de Nessel, pour rejoindre le fond de la vallée à Nieder- wald. Cette échappée dans la nature et dans l'art trouva sa conclusion dans le palais de bois de M. Guillaume de Kalbermatten à Reckingen, qui nous ouvrit les trente pièces de son antique et monumental chalet, édifié en 1754 par l'architecte Taffiner, qui y employa toute une forêt. Sa façade monumentale s'ouvre sur un jardin rustique, fleuri de pivoines, au centre du village et d'où part la charmante perspective d'une rue irrégulièrement bordée de vieux chalets brunis. La réception fut digne du logis.

Pierre GRELLET: LES ROUTES CONDUISENT DANS LA PLAINE.

Aspects de la vie contemptoraine Autrefois, les courants de la civilisation suivaient les côtes mari- times et le cours des fleuves, puis les routes, qui précédèrent le rail.

Aujourd'hui, ils franchissent les obstacles naturels du sol, mais les populations continuent à se concentrer le long des voies de grand trafic.

Plus précisément, dirait-on qu'elles recommencent à s'y grouper, dis- persées qu'elles furent pour les besoins de la culture du sol.

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