Nov 2017 Dr G. Truc
Épidémiologie
• Probabilité d’avoir un cancer en France :
• 46,9 % pour un homme (stable)
• 36,6% pour une femme ( en constante augmentation)
• Taux spécifique par tranche d’âge relativement bas dans les deux sexes jusqu’à 39 ans
• Puis augmentation plus rapide chez l’homme
• 2 fois plus de risque / une femme de décéder d’un cancer entre 50 et 59 ans
• Âge médian au diagnostic du cancer du sein estimé en 2012 à 63 ans
Source: F. Ménégoz et al
le cancer en France : Incidence et mortalité Ministère de l et de la solidarité
Etudie la fréquence et de la répartition des problèmes de santé dans la population.
définitions:
-mortalité : nb de décès par an pour 1000000 habitants
-incidence : nb de nouveaux cas par an pour 100000 habitants -prévalence : nb total de cas dans une population donnée, à un moment donné.
-standardisation : consiste à rendre une population comparable à une population de référence (principalement pour l'âge).
Epidémiologie analytique
Mortalité des cancers en France
Évolution du cancer en France
Sources : Binder-Foucard F, 2013. Traitement : INCa 2013
Et par apport aux autres pays ?
Hommes
Femmes
Cancer de la prostate . INCIDENCE et MORTALITE
Evolution de l’espérance de vie en France
Epidémiologie du cancer du sein
L’alcool deuxième cause de mortalité évitable, après le tabac
l’incidence et la mortalité ont diminué
l’incidence a augmenté et la mortalité a baissé
l’incidence et la mortalité ont augmenté
Estomac sein Poumon chez la
femme (+5%/an)
Œsophage prostate Mélanome
malin
ORL Cancer du SNC
Col utérin
Alcool + tabac = effet multiplicatif
Cancers de la cavité buccale
Cancer du poumon et tabagisme
Définition du cancer
• Perte de contrôle accidentelle de la régulation normale des cellules
• Prolifération anarchique par échappement aux mécanismes normaux de différenciation et de régulation de leur multiplication
• Capacité de ces cellules d’envahir les tissus normaux avoisinant, en le détruisant
• Capacité de migration à distance pour former des
métastases
Qu’est ce que le cancer ?
• Notre corps est composé d’une multitude de cellules contenues dans les tissus de nos différents organes
– Tissu épithélial ( muqueuses, épiderme, glandes)
– Tissu conjonctif (tissu de soutien: graisse, muscles, os, cartilage)
– Tissu nerveux
• Chacun de ces tissus va pouvoir se cancériser
– Carcinomes épidermoïdes, adénocarcinomes, sarcomes…
Comment survient le cancer ?
• Toutes les informations des cellules sont dans leur code génétique propre
• Chaque jour les cellules se divisent (mitose) et ce code est recopié pour être transmis aux cellules filles
– Des erreurs se produisent et sont normalement réparées – exceptionnellement, une erreur irrémédiable apparait – Initiation du processus de cancérisation
• Ce risque augmente avec le vieillissement cellulaire
• Mais d’autres facteurs interviennent
Les causes connues
• Origine multifactorielle
• Le risque augmente avec deux notions:
– Association de plusieurs facteurs cancérigènes – Importance de l’exposition au risque dans:
• La quantité (effet /dose)
• Le temps ( précocité et durée d’exposition)
Les facteurs de risque connus (1)
• Professionnels
– Exposition à certaines substances
• amiante, benzène, chlorure de vinyle, goudron…
– Exposition aux radiations ionisantes
– Utilisation d’antimitotiques (chimiothérapie)
• Sociaux
– Tabac ,alcool, alimentation déséquilibrée – Exposition solaire
– Sexualité à risque
• Facteur Infectieux (Virus)
– Hépatite(foie)
– Papilloma-virus(col utérin) – HIV(sarcome, lymphomes)
• Facteur de risque génétique
• Maladies génétiques, certains cancers familiaux
• Autres facteurs
– Certains médicaments (distilbène)
– Environnementaux (pesticides, gaz des voitures ……..)
Les facteurs de risque connus (2)
Les étapes initiales
L’efficacité des traitements décroît au fur et à mesure de la progression du cancer.
progression
La multiplication cellulaire
• Les cellules cancéreuses sont des cellules souches, qui donnent des clones
• Elles se multiplient en donnant naissance à des cellules filles identiques à elles-mêmes et d’autres qui se différencient
• temps de doublement moyen d’environ 50 à 60 jours, pour la plupart des tumeurs humaines
• La plus grande partie de l’histoire naturelle d’un cancer (environ 30 doublements) a lieu sans que ni l’individu porteur, ni le médecin ne puissent évoquer le diagnostic.
– Environ 1 cm ~ 1 milliard de cellules
Multiplication cellulaire et manifestations cliniques
Invasion locale
• ce qui caractérise le cancer, c’est la capacité qu’acquièrent les cellules d’envahir progressivement le tissu voisin
• Perte de cohésion
• Rupture et franchissement de la membrane basale.
• Disparition de limites nettes entre le tissu normal et le tissu cancéreux
• Le chirurgien, devra laisser une marge de sécurité tout
autour de la tumeur cancéreuse pour être sûr d’être
carcinomogiquement complet
Invasion locale
La rupture et le franchissement de la membrane basale représentent un critère formel pour distinguer les cancers invasifs des cancers in situ
La cancérogénèse
Progression
Le processus métastatique
1- Invasion lymphatique
• Au niveau du ganglion, les cellules cancéreuses :
– Peuvent y être détruites,
– Peuvent se fixer en restant quiescentes,
– Se fixer dans le ganglion, s’y multiplier pour donner une métastase ganglionnaire palpable, et éventuellement entraîner une stase sous-jacente importante de la lymphe,
– Traverser le ganglion, et gagner les relais ganglionnaires suivants, soit dans le sens normal du courant, soit à contre-courant, en cas de stase lymphatique
– Infiltrer tout le trajet des vaisseaux lymphatiques (lymphangite carcinomateuse)
Le processus métastatique
(suite)• Facteurs de mauvais pronostic : – Embols lymphatiques
– Ganglions envahis
– Troisier + (dernier relais)
Métastases à distance
1- Invasion vasculaire
•La répartition des métastases hématogènes n’est pas univoque. Cela dépend, au moins en partie :
– du mode de drainage veineux de l’organe atteint.
– du premier filtre capillaire à travers lequel passe le sang en aval.
•Certaines tumeurs ont une prédilection pour certains sites métastatiques:
Autres manifestations du cancer au cours de son évolution
• Amaigrissement, Cachexie
– amaigrissement progressif avec anorexie (ou absence d'appétit)
• Détournement du métabolisme normal par la tumeur
• l'effet de l'alimentation et de la dénutrition (alcoolisme et tabagisme)
• L ’atteinte du tube digestif (sdrs sub-occlusifs à minima)
• la présence de métastases hépatiques.
• l ’effet de masse tumorale et la sécrétion de TNF, IL 1 et 6.
• Fièvre
MEFIANCE si SIGNES D’APPELS
Hémorragie Tumeur Persistance
d’un symptôme
Examen clinique minutieux Examens complémentaires
Examen positif
Bilan - traitement
Examen négatif
se méfier des examens faussement rassurants
Surveillance
jusqu’à disparition du symptôme
Encore polémique !
Dépistage
– Qualités à exiger pour un test de dépistage de masse
il doit permettre de dépister une maladie : - fréquente
- grave
- curable (ce qui n'est malheureusement pas le
cas de tous les cancers)
Dépistage (suite)
Ce test doit être:
– Sensible :
c'est à dire avoir un faible taux de réponses faussement négatives sur des sujets porteurs de la maladie- Spécifique:
c'est à dire avoir un faible taux de réponses faussement positives sur des sujets non porteurs de la maladie- Simple :
le test doit être bien accepté par la population. C'est à dire être de réalisation simple et relativement indolore il ne doit pas entraîner de nuisance physique ou psychologique- A bon rendement
le dépistage doit avoir un bon rendement c’est à dire réduire la mortalité dans le groupe de cancers dépistés- Peu coûteux
Dépistage (suite)
Les principaux moyens de dépistage peuvent être :
- cliniques
- radiologiques (qui sont parmi les plus performants comme la mammographie)
- endoscopiques (bonne sensibilité et spécificité mais acceptabilité faible et coût économique élevé)
- biologiques (peu d'intérêt en pratique quotidienne car les marqueurs tumoraux ne sont généralement élevés qu'à un stade évolué de la maladie)
- cytologiques (frottis cervico vaginal)
Le dépistage en France
• Programme national de dépistage
– Cancer du sein – Cancer colorectal
• Expérience pilote de dépistage
– Cancer du col de l’utérus
• Dépistage individuel
– Cancer de la prostate
– Mélanome malin cutané
– Cancer de la cavité buccale
Le dépistage s’ancre dans le fantasme
• Celui d’une médecine moderne, hyper technique et toute puissante
– Tout prévenir
– Tout dépister
– Tout traiter
– Tout guérir
Anatomopathologie
• Preuve indispensable au diagnostic et au traitement
• C ’est l ’élément le plus objectif et le plus fiable
• Aucun traitement majeur (Chir, RT, CT) ne sera instauré sans certitude anatomopathologique, sauf urgence ou contexte sans équivoque.
– Métas osseuses hyperalgiques d ’un cancer primitif inconnu – compression médiastinale dramatique
Anatomopathologie (3)
• Moyens :
1/ Biopsie
- geste simple si tumeur accessible - geste spécialisé si tumeur profonde ponction profonde (prostate…)
endoscopie (bronche, œsophage …) voire un geste chirugical
2/ Cytologie
- geste simple, peu agressif, importance de la qualité du geste
- inconv = faux négatifs :
Une cytologie normale n’élimine jamais la présence d’un cancer
INTERROGATOIRE INTERROGATOIRE
• Etat psychologique
insomnie
angoisse
Dépression…
• Evaluation sociale
• Intoxications
Tabac
Alcool
médicaments
• Poids du patient (dénutrition fréquente)
• Pathologies associées
artérite des MI
insuffisance respiratoire
insuffisance hépato-cellulaire
angor évoluant à bas bruit vers l’IDM…
Bilan locorégional
• EXAMEN ENDOSCOPIQUE SOUS A.G
– BIOPSIES MULTIPLES +++
– OESOPHAGOSCOPIE
– FIBROSCOPIE BRONCHIQUE
• SCHEMA DATE SYSTEMATIQUE
• Scanner et/ou IRM (RP / échographie)
• BILAN BIOLOGIQUE
Bilan locoregional (suite) Bilan locoregional (suite)
• Scanner (TDM) et / ou IRM
• AVANTAGES TDM
– Meilleure définition des atteintes cartilagineuse et osseuses – Bonne évaluation de l’atteinte ganglionnaire
• AVANTAGES IRM
– Meilleure définition des tumeurs
– Bonne définition de l’infiltration des tissus des tissus mous
• TEP Scanner
Fusion PET/IRM/TDM
Sommaire
Règles de classification valable pour l’ensemble des cancers
T - Tumeur primitive T
N - Adénopathies régionales N
M M - Métastase à distance
Classification clinique TNM
SEIN (simplifiée)
Tcis Carcinome in situ
T1 T ≤ 2 cm dans sa plus grande dimension
T2 2 cm < T < ou = 5 cm dans sa plus grande dimension
T3 T > 5 cm dans sa plus grande dimension
T4 Tumeur de toute taille avec extension directe à la paroi thoracique ou à la peau (T4a à T4d)
N- les ganglions (adénopathies)
N0
Absence de signes d’envahissement ganglionnaire régionalN1
Ganglions lymphatiques métastatiques axillaires homo latéraux mobiles (figure10)
N2 N3
M - Métastase à distance
Mx Détermination impossible de l’extension métastatique
M0 Absence de métastase à distance M1 Présence de métastases à distance
Le point de vue du clinicien
L’annonce est toujours traumatique
• Traumatisme pour le patient mais aussi pour ses proches. La maladie transforme une personne dans son rapport à l’autre
• Répercussions sur:
la vie personnelle la vie du couple la vie familiale la vie sociale
la vie professionnelle
Les cinq moments-clés du traitement
• L’annonce du diagnostic
• La période d’entrée dans les traitements
• Les temps entre deux séances de traitement
• La fin des traitements
• La période de surveillance
Entre deux traitements
• L’angoisse de quitter l’hôpital (lieu sécurisant)
• Garder un contact étroit avec son médecin traitant (référent)
• Se renseigner sur les possibilités d’hospitalisation à domicile (HAD)
• Nécessité fréquente d’adapter son rythme de vie à
la fatigue physique et/ou morale souvent présente
La période de surveillance
• Un rythme est fixé
• La période est longue (10 ans)
• On parle de rémission puis de guérison
• Chaque consultation peut raviver les mêmes angoisses que lors des traitements
• Peur de la récidive
– sentiment de verdict lors des consultations – Ou à chaque symptôme
Les difficultés pour un retour à la vie d’avant
• Désorientation du fait de ne plus être en relation étroite avec un personnel soignant rassurant
• Confrontation a une maladie potentiellement fatale
• Confrontation a des traitements parfois lourds
– Modification de l’image du corps, fatigue trainante
• Difficultés d’être en « surveillance »
– Syndrome de Damoclès (le moindre soucis de santé peut être vécu de façon dramatique)
– Syndrome « d’abandon », le suivi médical est moins fréquent que pendant les traitements
• Proches eux-mêmes perturbés par la maladie
• Ou proches qui ne comprennent pas que tout ne redevienne pas comme avant une fois les traitements terminés
La communication est fonction :
• Des perceptions immédiates
• Des représentations et croyances
• De l’histoire et des valeurs personnelles
• Des connaissances
• De l’environnement
• Du moment (la temporalité)
Nécessité de composer avec les émotions
• Reconnaissables et compréhensibles
– Peur, tristesse, déception, espoir, colère, injustice…
• Leurs raisons sont souvent cachées
– Ne peuvent être interprétées que par rapport à la réalité du patient
– Ne laissez pas médecins ou soignants extrapoler
• 15 % à 20% des patients présentent un trouble de l’adaptation ou une dépression
• Oser parler des sentiments
• Le mensonge
• Les injonctions paradoxales
• Les minimisations
• Les culpabilisations
A PROSCRIRE
PLURIDISCIPLINARITE PLURIDISCIPLINARITE
Le traitement des cancers nécessite un abord pluridisciplinaire, avec la participation:
• d’anatomopathologistes,
• de chirugiens,
• d’oncologues médicaux,
• de radiothérapeutes,
• de radiologues.
LA CHIRURGIE
La chirurgie en cancérologie
• La chirurgie a longtemps représenté le traitement
standard des cancers, et elle conserve une place de choix.
• Elle s’intègre maintenant dans l’ensemble des
thérapeutiques, et son moment a autant d’importance que les possibilités techniques.
• De l’étude des différentes possibilités techniques et de la discussion collégiale va se dégager la meilleure association thérapeutique adaptée à chaque cas particulier.
La chirurgie à visée curative
Principes généraux
• La chirurgie à visée curative s’adresse non seulement à la tumeur primitive, mais également aux territoires ganglionnaires satellites
• Elle consiste en l’exérèse de la tumeur, et en général de tout l’organe lésé
• La grande probabilité d’extension aux ganglions lymphatiques conduit à vérifier l’état des ganglions satellites, même lorsque ceux-ci paraissent indemnes
Exérèse large monobloc
• Le principe de l’exérèse monobloc répond à ce besoin d’enlever en un seul bloc la tumeur et l’organe ainsi que les voies lymphatiques et les relais ganglionnaires principaux
Chirurgie limitée
• La chirurgie large n’est pas toujours techniquement réalisable
• De plus, l’étude de l’évolution des cancers montre que, souvent, la mutilation n’aboutit pas à la guérison, car, en fait, la maladie cancéreuse a dépassé les possibilités thérapeutiques offertes par la seule chirurgie
Orientation de la pièce opératoire
Tumeur et recoupes
Examen Macroscopique
Trram
Mais c’est aussi
Une chirurgie de reconstruction
LA CHIMIOTHERAPIE
LA CHIMIOTHERAPIE
Bases de la Chimiothérapie
• Associer des molécules dont les mécanismes d'action sont différents (cibles cellulaires ≠) et réduire le risque d'acquisition de phénomènes de résistance
• Utiliser des médicaments dont le mécanisme de résistance cellulaire est non croisée
• Associe des médicaments dont le profil de toxicité est différent, permettant d'éviter, le plus possible, des effets secondaires sévères
Les cycles (cures) de chimiothérapie
• Habituellement 4 à 6 cures
• fondé sur les capacités différentes de récupération des cellules souches normales et tumorales et avoir une tolérance acceptable
• Le rythme des cures dépend de ce temps de récupération, et/ou de la rapidité de multiplication tumorale
• Doses moyennement fortes (aplasie très modérée)
• Les tumeurs sont habituellement mal vascularisées
– Surtout si récidive en terrain irradié – Moins d'antimitotiques leurs parviennent
– Moins sensibles à la chimiothérapie car pas en phase de division (quiescentes) – Une chirurgie première peut être une solution
Les lignes de traitements
• La chimiothérapie de première intention (ligne)
– Patient n’ayant JAMAIS reçu de chimiothérapie
– C’est la chimiothérapie de référence basée sur des preuves scientifiques solides
• augmentent la survie
• retardent la progression de la maladie
• La chimiothérapie de seconde ligne
– A la suite d'une chimiothérapie de première ligne dont les résultats ont été jugés insuffisants
– Ou en cas de récidive
• La chimiothérapie de troisième ligne ou de rattrapage
– Après une CT de seconde ligne dont les résultats ne sont pas satisfaisants
La chimiothérapie à visée curative
• Objectifs
– La chimiothérapie représente l'étape majeure du traitement
– Nécessité d'obtenir une rémission complète durable, permettant d'espérer une guérison – On peut être amené à intensifier (Autogreffe)
• Quelles indications ?
– Les leucémies, les lymphomes – Les cancers du testicule
– Les chorio-carcinomes placentaires – Les tumeurs de l'enfant
– Les sarcomes osseux – Les cancers de l'ovaire,
– Les cancers du poumon à petites cellules, – Certains cancers inflammatoires du sein
La chimiothérapie adjuvante
• Objectif (prévenir)
– Détruire les cellules tumorales qui auraient pu échapper au traitement local
– Certains éléments font craindre un risque élevé de récidive locale ou métastatique ( métastases dans les ganglions lymphatiques, grade de la tumeur, marqueurs tumoraux) – Retarde le développement de résistance à la chimiothérapie Si utilisé tôt dans l’histoire de
la maladie
• Pour quelles tumeurs ?
– Les cancers du sein – Les cancers de la vessie – Les cancers colorectaux
– Les sarcomes et les ostéosarcomes – Certains cancers du poumon
– Certaines tumeurs cérébrales
La chimiothérapie néoadjuvante
• Objectifs
– Faire régresser le volume tumoral ou les signes d'inflammation initiaux
– Rendre curables, par la chirurgie et/ou la radiothérapie, des cancers qui se présentent initialement comme avancés – Préserver un organe (Le larynx, le sein, la vessie…)
– Rendre opérable une lésion qui ne l’est pas
• Réalisation
– Evaluation de l’efficacité après 2 ou 3 cures – Retard de l’apparition d’une chimiorésistance
• Les inconvénients
– Les inconvénients de cette technique sont :
• Le retard au traitement chirurgical ou à la radiothérapie
• Risque de progression tumorale
• Augmentation du risque des complications per et postopératoires et des réactions radiques (troubles de la cicatrisation, infections..)
Chimiothérapie / Surveillance
• Surveiller le malade à moyen terme notamment vers le 10-15ème j où surviennent les effets toxiques:
– leucopénie, thrombopénie, mucites, alopécie.
– N'hospitaliser pour traitement que les sujets neutropéniques fébriles, et les malades thrombopéniques qui saignent.
• Surveiller l'efficacité du traitement par la mesure régulière des cibles mesurables
• Surveiller la toxicité retardée ou la toxicité spécifique à tel ou tel composant du traitement (ex. Toxicité cardiaque des Anthracyclines comme l'Adriamycine)
La radiothérapie
Généralités et principes
Gilles Truc CGFL / Dijon Juin 2009
Quelques vérités à connaître
• Le nombre de séance ne signifie rien !
• Le patient n’est jamais radioactif !
• Peu de refus de soin
• Les effets secondaires ne se développent
que là où est irradié le patient
Objectifs de la radiothérapie
• Éradiquer
– Délivrer une dose suffisante, capable de stériliser la tumeur tout en épargnant les tissus sains
• Prévenir la récidive
• Soulager
– les symptômes liés à une maladie évolutive
incurable
Principes de la radiothérapie
Interaction avec la matière
Rupture ou pontage moléculaire Réparation de l’ADN
Phase tissulaire
précoce et tardive
Radiobiologie
Radiobiologie
• Radiosensibilité intrinsèque
• Variable d’un tissu à l’autre et d’une tumeur à l’autre.
• Facteur temps
• ETALEMENT: protège les tissus à renouvellement lent.
• FRACTIONNEMENT: protège les tissu à renouvellement rapide.
• Effet oxygène
• L’O2 augmente les effets des radiations ionisantes.
• Qualité du rayonnement
• Efficacité Biologique Relative
• Cycle cellulaire
– Radiosensibilité maximale en G2 et M.
Paramètres de la radiothérapie
• Dose totale
• Dose par fraction
• Étalement
• Volume irradié
• Efficacité
• tolérance
A définir lors de la première consultation
Accélérateurs de particules Accélérateurs de particules
ELECTRONS de 6 à 15 MeV
– suivant énergie maxi de dose de 1 à 6 cm .
réactions cutanées moyennes
– épargnent les tissus situés sous la tumeur.
– T peu profondes, complément de dose.
PHOTONS X de 6 à 25 MV
– Obtenus en interposant une cible dans le faisceau d’électrons.
– Maxi de dose obtenu à partir de 1.5 à 3.5 cm sous la peau.
réactions cutanées pratiquement nulles
– E de18 à 25 MV: T profondes; abdomen, pelvis, thorax.
– E de 6 à 10 MV: T superficielle; sein, encéphale, membres
Accélérateur linéaire de particules
RT3D IMRT
2D gds chps 2D chps asym
RCMI – cancer de la prostate
Contre Indications de la RT
• Patient qui ne peut rester immobile
• Femme enceinte
• AEG majeure
• Syndromes génétiques prédisposant aux cancers cutanés
– Naevomaoses basocellulaire
– Xeroderma pigmentosum
LES ETAPES DE LA RADIOTHERAPIE
LES ETAPES DE LA RADIOTHERAPIE
SIMULATION (45 SIMULATION (45 mn) mn)
• POSITIONNEMENT DU PATIENT
• MOYENS DE CONTENTION
• REPERAGE
• POSITIONNEMENT DES FAISCEAUX ET DES CACHES
• RELEVE DES PARAMETRES DE L’IRRADIATION
Protection des organes critiques
Collimateurs multilames
Adaptation du faisceau d’irradiation à la forme de la tumeur vue selon l’axe du faisceau d’irradiation
Plombs focalisés
Simulation
Lasers de repérage Cale de contention
Marques à la peau
Contrôle par imagerie
LA CURIETHERAPIE
BUT: Irradier une tumeur en plaçant la source radioactive dans ou au contact des tumeurs.
Irradiation moindre des tissus sains Fin des années 60: - Radium
Actuellement : - Iridium 192 (Ir 192) - Césium 137 (Cs 137)
Technique moderne: chargement différé
LA CURIETHERAPIE
LA CURIETHERAPIE INTERSTITIELLE – Source radioactive placée dans les tissus – Faible débit de dose
– Irradiation en continu sur plusieurs heures – Source: IRIDIUM 192
– Période: 74 jours – Energie: 0.34 MeV
T. cutanées, T. ORL accessibles, T. sein, sarcomes des tissus mous.
Curiethérapie ORL
Curiethérapie mammaire
Curiethérapie de verge BDD
Même pas mal !
• Le débit est faible : 1Gy / heure ou moins
• L'irradiation se fait donc en continue sur plusieurs jours
• Indications
* curiethérapie gynécologique * sein
* rectum, canal anal * ORL
* Peau
LA CURIETHERAPIE
BAS DEBIT DE DOSE
Applicateurs de curiethérapie utéro-vaginale bas
débit de dose
La curiethérapie à source unique avec station programmée pas à pas
HDD
Débit pulsé
Utilise une source miniaturisée d’iridium 192 qui progresse pas à pas dans les applicateurs
Activité de la source 0,5 curie
Le débit instantané en fonction de la durée d’irradiation est > 1 Gy/h, mais le débit horaire est ≤ 1 Gy/h
.
Indications : les indications de la curiethérapie bas débit.
LA CURIETHERAPIE UTERO-VAGINALE BAS DEBIT PULSE
Bas débit de dose 30 Gy en 30 heures en continu
Bas débit pulsé, 1Gy par heure délivré en quelques minutes, 30 heures de traitement
LA CURIETHERAPIE HAUT DEBIT DE DOSE
• Utilise une source miniaturisé d’iridium 192 qui progresse pas à pas dans les applicateurs
• L’activité de la source est de 10 curies. Le débit est élevé de l'ordre de 10 Gy / heure ou plus
• L'irradiation se fait rapidement en quelques minutes
• Indications
* Toutes les indications de la curiethérapie bas débit de dose * bronches, Œsophage, Nasopharynx, voies biliaires
En France : curiethérapies de la voûte vaginale, bronches, œsophage, nasopharynx et plésiocureithérapie
DISTRIBUTION DE DOSE 3D
Curiethérapie de prostate
Par implantation de grain d’iode radioactifs
Doses maximales tolérées par les tissus sains
(en Gy)Doses maximales tolérées par les tissus sains
(en Gy)Moelle osseuse 1 - 5
Ovaire, Cristallin , Testicule 5
Rein, Poumon 20
Foie, Cœur 30 (45)
Grêle, phanères, Moelle épinière 45
Thyroïde, hypophyse 50 – 60
Colon, Rectum, Larynx 60
Vessie, Encéphale, Peau 65
Prostate, Sein 70
Os, Utérus Plus de 70
Peau muqueuses
• Réactions aigues
Epithéliite, Mucite
Enanthème en plaque puis confluent
Puis ulcérations en plaques avec enduit fibrineux Douleur +++ Dysphagie et parfois aphagie
Traitements
Locaux : bains de bouche, antalgiques
Généraux : Antalgiques, antifongiques, anti-inflammatoires
• Réactions tardives
• Atrophie, fibrose, télangiectasies, fragilité, saignement
Moelle Osseuse
Tissu à renouvellement rapide, très sensible à l’irradiation
Supporte environ 5 Gy en fraction unique
Risque à moduler en fonction de la dose et de la longueur du segment traité.
- 25% bassin, 25% rachis lombaire, 15% rachis dorsal
Risque de leuco-thombopénie surtout en association avec la radiothérapie.
A long terme :
Risque d’hypoplasie par fibrose médullaire Leucémies induites
Les Gonades
Lignée germinale extrêmement sensible à l’irradiation Lignée germinale extrêmement sensible à l’irradiation
- Testicules : - Testicules :
Baisse transitoire de la fertilité à partir de 0,10 Gy Baisse transitoire de la fertilité à partir de 0,10 Gy Stérilité définitive au-delà de 6 GyStérilité définitive au-delà de 6 Gy
- Ovaires : - Ovaires :
Risque de ménopause lié à l’âge ( + de 40 ans) Risque de ménopause lié à l’âge ( + de 40 ans)
Castration définitive au-delà de 6 à 8 Gy Castration définitive au-delà de 6 à 8 Gy
Fonction hormonale plus résistante (30 à 40 Gy) Fonction hormonale plus résistante (30 à 40 Gy)
Mesures de prévention + + + Mesures de prévention + + +
Conservation de sperme, transposition ovarienne
Conservation de sperme, transposition ovarienne
Les poumons
Réactions aigues :
- d’irritation:
Toux sèche, puis expectorations
- Pneumonie radique :
avec hyperthermie….
risque + + de surinfection
Réactions tardives
-
Fibrose interstitielle empêchant les échanges - amputation de la fonction respiratoire- Risque d’insuffisance respiratoire chronique
Le Cœur
Réactions aigues :
- d’irritation:
Péricardite : fièvre, anomalies ECG Epanchement péricardique (plus rare)
Réactions tardives
-
Péricarde :
Péricardite séreuse : bénigne
Péricardite constrictive : évolution parfois gravissime -
Myocarde :
Risque d’insuffisance cardiaque chronique Risque d’infarctus si irradiation des coronaires
Les Reins
Réactions aigues :
- Quasiment aucune
Réactions tardives
- Néphopathie radique
Insuffisance rénale aigue puis chronique
Hypertension artérielle
Prévention :
- Epargner totalement un des deux reins
L’estomac
Réactions aigues
-
Gastrite, brûlures….Réactions tardives
- Risque d’ulcères secondaires voir de perforation
L’ intestin grêle
Réactions aigues :
Douleurs abdominales spastiques Diarrhée
Malabsorption, déshydratation dans les formes graves Possibilité de fistules, d’hémorragies, de sténoses..
Réactions tardives
- Diarrhée chronique
- Risques de perforation, sténose, hémorragies digestives
Prévention
- Limiter le volume intestinal irradié et la dose
- En cas d’irritation: pansements digestifs, repos digestif, alimentation IV, discuter ATB, antifongiques…
Le Rectum
Réactions aigues : Réactions aigues :
Douleurs à l’émission des selles Douleurs à l’émission des selles
Poussées hémorroïdaires Poussées hémorroïdaires
Faux Besoins + + + (≠constipation) Faux Besoins + + + (≠constipation)
Emission de glaires…
Emission de glaires…
Réactions tardives Réactions tardives
- - Saignements chroniques ( cautérisation au laser..)Saignements chroniques ( cautérisation au laser..) - Augmentation de la fréquence des selles
- Augmentation de la fréquence des selles
- Incontinence anale (Rare +++) sauf si fonction - Incontinence anale (Rare +++) sauf si fonction
préalablement altérée préalablement altérée
Prévention Prévention
- Limiter le volume rectal irradié et surtout la dose (Max 74 - Limiter le volume rectal irradié et surtout la dose (Max 74 GyGy))
La Vessie
Réactions aigues : Réactions aigues :
Irritation Irritation
Douleurs + + Douleurs + +
Pollakiurie Pollakiurie
Hématurie bcp plus rare Hématurie bcp plus rare
Réactions tardives Réactions tardives
- Fibrose avec perte de l’élasticité vésicale - Fibrose avec perte de l’élasticité vésicale
Mictions plus fréquentesMictions plus fréquentes
Mictions impérieusesMictions impérieuses
- Incontinence (Rare +++) sauf si fonction préalablement - Incontinence (Rare +++) sauf si fonction préalablement
altérée altérée
Prévention Prévention
- Limiter le volume irradié et surtout la dose - Limiter le volume irradié et surtout la dose
- Irradier les patients vessie pleine + + + - Irradier les patients vessie pleine + + +
Surveillance…
• Pendant le traitement
– Cs une fois par semaine
– Gestion des effets secondaires éventuels
• Après la fin du traitement
– Prise en charge des effets secondaires tardifs – Recherche d’une éventuelle récidive
– Deuxième cancer ?
La radiothérapie de très haute
précision
Les avancées en radiothérapie
• Radiothérapie guidée par l’image
• Radiothérapie asservie à la respiration
• Radiothérapie stéréotaxique
Gamma Knife
Varian - Trilogy
Radiothérapie stéréotaxique multifaisceaux intra
et extra crânienne
Repositionnement et asservissement À l’image
Radiothérapie stéréotaxique
multifaisceau intra cranienne
Tumeur cérébrales
• Chez la personnes âgées pour les glioblastome
• RT courte pour les plus de 70 ans, (40 Gy/ 15Fc – Roa 2004)
+/- TMZ (essai EORTC 2008)
Conditions techniques
• L’immobilisation la plus parfaite possible
• Utilisation de moyens de contention efficaces et
adaptés
CyberKnife® Robotic Radiosurgery
Mammosite
• Irradiation partielle du sein par cathéter de curiethérapie avec ballon
• Pour la majorité:
34 Gy à raison de 2 séances /jour de 3,4 Gy, 5 j de ttt
• Pour une équipe:
28 Gy en 4 séances de 7 Gy, 2 jour de ttt
• Contrôle local donné comme excellent – 3 recidives ipsi lat sur 104p
Harper JL et al. Long term disease control outcomes for partial breast irradiation using MammoSite brachytherapy.
Les recours dans la région?
2012…
Stéréotaxie fc Stéréotaxie fc
Protons Protons
Stéréotaxie/ IMRS Stéréotaxie/ IMRS
Ions carbones Ions carbones
CyberKnife CyberKnife
Tomothérapie Tomothérapie
Hadronthérapie Hadronthérapie